Enfants dans les prisons syriennes: les violations continuent … et sont terrifiantes


Enfants dans les prisons syriennes: les violations continuent … et sont terrifiantes

Al-Modon 12/12/2019

L’organisation des « Avocats et médecins pour les droits de l’homme LDHR » a publié l’un de ses rapports les plus importants sous le titre: «Non aux témoins silencieux: Violations contre les enfants dans les centres de détention en Syrie», coïncidant avec la célébration de la Journée mondiale des droits de l’homme 2019.

Il s’agit du quatrième rapport de la LDHR dans sa série de rapports sur la détention en Syrie. Ce rapport met en évidence les violations sexuelles et physiques contre les enfants dans les centres de détention syriens. Basé sur des examens effectués par des médecins experts de LDHR.

Le rapport est basé sur 10 cas d’enfants et 25 rapports de témoins adultes, et se concentre sur les violations contre les enfants pendant la période de détention. Le rapport montre des preuves de violations graves contre des enfants dans les lieux de détention syriens, notamment des meurtres, des tortures, des violences sexuelles, des détentions arbitraires et la possibilité de disparitions forcées. En outre, la protection des enfants prévue par la Convention relative aux droits de l’enfant, que la Syrie a ratifiée, était pratiquement inexistante avec des violations réelles de toutes les dispositions de la Convention relative aux droits de l’enfant en détention et aux normes internationales minimales de détention, notamment les Règles Mandela, les Règles de Bangkok et les Règles de La Havane.

Parmi les dix rapports médicaux de LDHR pour les survivants qui étaient des mineurs en détention. Neuf d’entre eux avaient dix-sept ans en détention et l’un d’eux avait environ dix ans.
Quatre filles ont subi des violences sexuelles. Trois garçons sur cinq et quatre filles sur cinq sont victimes de nudité forcée.

Neuf sur dix ont subi des violences physiques. Le jeune de 10 ans a été menacé de mort.

Ils ont tous été détenus avec des détenus adultes pendant la majeure partie de leur détention.

Le jeune de 10 ans a été détenu à deux reprises et pendant une semaine à l’isolement.

Durée moyenne de la détention: 438 jours, ce qui constitue une violation flagrante de la deuxième règle de La Havane, qui stipule que la détention des enfants est un dernier recours, et que c’est pour la durée la plus courte possible.

Les conditions de détention mettaient en péril la vie, où les enfants étaient entourés par la maladie et la mort de toutes parts.
Seuls quatre d’entre eux ont comparu devant le tribunal pendant leur détention et aucun d’entre eux n’a comparu immédiatement après leur arrestation.

Aucun d’entre eux n’était en contact avec sa famille à l’extérieur du centre de détention et n’a appelé, parlé ou reçu aucune assistance juridique d’un avocat.

Bien qu’il s’agisse d’un petit groupe de survivants, les résultats sont toujours inquiétants et pourraient nous aider à mieux traiter les mineurs détenus. 100% de ces mineurs souffrent encore d’anxiété, de peur, de troubles du sommeil et de cauchemars. 90% d’entre eux ont déclaré avoir connu des flashbacks, des souvenirs de prise d’assaut fréquents, en plus des effets négatifs sur leurs relations familiales et des conséquences physiques résultant de certains des événements auxquels ils ont été confrontés pendant leur détention. Des symptômes de dépression ont également été observés chez 80% d’entre eux, et étonnamment, 50% d’entre eux ont signalé des pensées ou tentatives de suicide.

La LDHR demande instamment à tous les acteurs de prendre des mesures rapides et énergiques pour protéger et prévenir de telles violations contre les enfants qui se poursuivent en Syrie.

الأطفال في السجون السورية: الانتهاكات مستمرة.. ومرعبة

المدن – عرب وعالم | الخميس 12/12/2019

أصدرت “منظمة محامون واطباء من أجل حقوق الإنسان LDHR” أحد أهم تقاريرها تحت عنوان: “لا للشهود الصامتين: الانتهاكات ضد الأطفال في مراكز الاعتقال في سوريا”، بالتزامن مع احياء اليوم العالمي لحقوق الإنسان للعام 2019.

وهذا هو التقرير الرابع لـLDHR في سلسلة تقاريرها حول الاحتجاز في سوريا. ويسلط هذا التقرير الضوء على الانتهاكات الجنسية والجسدية ضد الأطفال في مراكز الاحتجاز السورية. بناءً على تقييمات التي اجراها الأطباء الخبراء في LDHR.

يستند التقرير على 10 حالات لأطفال و25 تقريراً لشهود عيان بالغين، ويركز على الانتهاكات المرتكبة ضد الأطفال أثناء فترة الاحتجاز. ويُظهر التقرير أدلة على ارتكاب انتهاكات جسيمة ضد الأطفال في أماكن الاحتجاز السورية، بما في ذلك القتل والتعذيب والعنف الجنسي والاعتقال التعسفي واحتمال الاختفاء القسري. بالإضافة إلى ذلك، كانت الحماية المفروضة للأطفال والمنصوص عليها في اتفاقية حقوق الطفل، التي صادقت عليها سوريا، غير موجودة تقريبا مع انتهاكات فعلية لجميع أحكام اتفاقية حقوق الطفل المتعلقة بالأطفال رهن الاعتقال والمعايير الدولية الدنيا للاحتجاز بما في ذلك قواعد مانديلا، وقواعد بانكوك وقواعد هافانا.

من بين عشرة تقارير طبية لـLDHR للناجين الذين كانوا أحداثاً أثناء احتجازهم. كان تسعة منهم قد بلغوا السابعة عشرة من العمر أثناء احتجازهم، وكان أحدهم في سن العاشرة تقريباً.
أربعة من الفتيات تعرضن للعنف الجنسي. تعرض ثلاثة من كل خمسة من الصبية، وأربعة من كل خمس فتيات للعري القسري.

تسعة من عشرة تعرضوا للعنف الجسدي. تم تهديد الفتاة البالغة من العمر 10 سنوات بالإعدام.

تم احتجازهم جميعاً مع السجناء البالغين للقسم الأكبر من فترة احتجازهم.

تم احتجاز الطفلة البالغة 10 سنوات من العمر لمرتين منفصلتين ولمدة أسبوع في الحبس الانفرادي.

متوسط مدة الاحتجاز: 438 يوماً، ما يعتبر انتهاكا صارخا لقاعدة هافانا الثانية والتي تنص على أن يكون احتجاز الأطفال فقط ملاذاً أخيرا، وأن يكون لأقصر مدة ممكنة.

كانت ظروف الاحتجاز مهددة للحياة، حيث كانت تحيط الأمراض والموت بهم من كل الجهات.
مثل أربعة منهم فقط أمام محكمة خلال فترة احتجازهم، ولم يمثل أي منهم أمام محكمة مباشرة بعد اعتقالهم.

لم يكن أي منهم على اتصال مع عائلته خارج المعتقل، كما لم يتصل أو يتحدث أو يتلقى أي منهم أي مساعدة قانونية من أي محام.

على الرغم من أنها مجموعة صغيرة من الناجين، إلا أن النتائج لا تزال مثيرة للقلق، وقد تساعدنا على التعامل بشكل أفضل مع المحتجزين الأحداث. ما زال 100% من هؤلاء الأحداث يعانون من القلق والخوف واضطرابات النوم والكوابيس. كما أفاد 90٪ منهم بالمعاناة من لقطات استرجاعية، وذكريات اقتحاميه متكررة، بالإضافة إلى الأثار السلبية على علاقاتهم العائلية، والعواقب الجسدية التي نتجت عن بعض الأحداث التي واجهوها أثناء فترة احتجازهم. كما لوحظت أعراض الاكتئاب عند 80% منهم، والمثير للدهشة هو أن 50% منهم أبلغوا عن أفكار أو محاولات انتحارية.

تحث LDHR على اتخاذ إجراءات سريعة وقوية من جميع الجهات الفاعلة لحماية ومنع مثل هذه الانتهاكات ضد الأطفال المستمرة في سوريا.

La vérité sanglante du goulag syrien


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La vérité sanglante du goulag syrien

Pendant sept ans, les journalistes du New York Times ont interviewé des dizaines de survivants des prisons syriennes et de parents des détenus et des disparus. Ils ont analysé les documents officiels du régime et examiné des centaines de pages de témoignages judiciaires ou provenant d’autres sources. Un portrait glaçant de la thanatocratie de Bashar al-Assad et de son univers de terreur.

 

GAZIANTEP, Turquie – Muhannad Ghabbash est resté suspendu par les poignets pendant des heures pendant que des agents des services de sécurité syriens le battaient jusqu’au sang, l’électrocutaient et le menaçaient en lui mettant une arme dans la bouche.

Ghabbash, un étudiant en droit d’Alep âgé de 31 ans, confessa son crime à plusieurs reprises : il avait organisé des manifestations pacifiques contre le gouvernement. Mais les séances de torture continuèrent pendant douze jours, jusqu’à ce qu’il rédige des aveux fictifs dans lesquels il se déclarait coupable d’avoir planifié un attentat à la bombe.

Ce n’était qu’un début.

Il fut alors transporté par avion dans la prison surpeuplée de la base aérienne de Mazzeh, à Damas, la capitale syrienne. Lui et d’autres détenus y furent suspendus nus à une clôture où les gardes les arrosaient d’eau froide pendant les nuits d’hiver. D’après son témoignage, corroboré par d’autres survivants, un officier qui se faisait appeler Hitler avait eu une idée ingénieuse pour distraire ses collègues à l’heure du dîner : il forçait les prisonniers à imiter des animaux ; ceux qui n’aboyaient pas, ne miaulaient pas ou ne brayaient pas correctement étaient battus

Dans un hôpital militaire, il vit un infirmier gifler violemment un amputé qui suppliait qu’on lui donne des analgésiques. Dans une autre prison encore, en un seul mois, dix-neuf de ses compagnons de cellule ont succombé à la maladie, à la torture ou à la simple négligence sanitaire.

« J’ai eu de la chance », estime Ghabbash, qui a survécu dix-neuf mois en détention jusqu’à ce que ses proches réussissent à le faire libérer en soudoyant un juge.

Au terme de huit ans de révolte, le régime du président syrien Bashar al-Assad est aujourd’hui proche d’obtenir la victoire sur les insurgés. Le succès de la répression doit beaucoup à la mise en place d’un gigantesque système clandestin d’arrestations arbitraires et de centres de torture. Tandis que l’armée syrienne, soutenue par la Russie et l’Iran, disputait le territoire aux rebelles armés, le gouvernement menait une guerre impitoyable contre les civils, jetant des centaines de milliers de personnes dans des cachots répugnants où des milliers d’entre elles ont été torturées et assassinées.

Près de 128 000 Syriens n’en sont jamais sortis et sont présumés morts ou toujours incarcérés, selon le Réseau syrien pour les droits humains (Syrian Network for Human Rights, SNHR), un organisme indépendant qui tient le compte le plus rigoureux et le plus crédible des victimes. Près de 14 000 d’entre eux sont « morts sous la torture ». De nombreux prisonniers succombent dans des conditions si terribles qu’une enquête des Nations Unies a qualifié ce processus de véritable « extermination ».

Aujourd’hui, alors que la guerre semble toucher à sa fin, que l’opinion publique internationale relâche son attention et que nombre de pays commencent à normaliser leurs relations avec la Syrie, le rythme des arrestations, des tortures et des exécutions s’accélère. Les chiffres de la répression avaient déjà connu un pic dans les premières années du conflit, les plus sanglantes, mais l’année dernière (2018), le SNHR a enregistré 5 607 nouvelles arrestations qu’il qualifie d’arbitraires – soit plus de 100 par semaine et presque 25 % de plus que l’année précédente.

Des détenus ont récemment réussi à faire sortir de prison des messages clandestins selon lesquels des centaines de personnes sont envoyées dans un site d’exécution, la prison de Saidnaya. Des prisonniers récemment libérés signalent eux aussi que les assassinats s’y accélèrent.

Les enlèvements et les assassinats commis par l’État islamique en Syrie ont davantage retenu l’attention en Occident, mais le nombre des victimes du système carcéral syrien est très largement supérieur à celui de Daesh. Elles constituent environ 90 % des disparitions recensées par le SNHR. Le gouvernement syrien nie l’existence d’abus systématiques, mais des documents officiels récemment découverts prouvent que de hauts responsables syriens répondant directement à Bashar al-Assad ont ordonné des détentions massives et sont au courant de nombre d’atrocités.

Les enquêteurs sur les crimes de guerre de la Commission pour la justice et la responsabilité internationale (Commission for International Justice and Accountability, CIJA), une association à but non lucratif, ont eu accès à des notes de service du gouvernement ordonnant des mesures de répression et faisant référence aux décès en prison. Ces notes sont signées par de hauts fonctionnaires des services de sécurité syrien, y compris des membres de la Commission centrale de gestion des crises, qui est directement sous les ordres de Bashar al-Assad.

Un document du service de renseignement militaire fait référence aux décès sous la torture et à l’abjection des conditions de détention. D’autres notes de service font état des décès de détenus, dont certains ont été ultérieurement identifiés parmi les photos de milliers de cadavres de prisonniers exfiltrées clandestinement par un transfuge de la police militaire syrienne. Deux d’entre elles autorisent explicitement le traitement « sévère » de certains détenus.

Une note de service du chef du renseignement militaire, Rafiq Shehadeh, laisse entendre que les cadres du régime sont préoccupés par la possibilité de futures poursuites judiciaires : elle ordonne aux officiers de lui signaler tous les décès et de prendre des mesures pour assurer l’« immunité judiciaire » des agents des services de sécurité.

Lors d’une interview dans son bureau située dans un palais ottoman de Damas en 2016, Bashar al-Assad a mis en doute la véracité des récits des survivants et des familles des disparus. Interrogé sur des cas précis, il a rétorqué : « Parlez-vous d’allégations ou de cas concrets ? ». D’après lui, les membres des familles des supposées victimes mentent lorsqu’ils prétendent avoir vu des agents des services de sécurité enlever de force leurs êtres chers.

Pour le président syrien, tous les abus sont des erreurs isolées qui sont inévitables dans une guerre : « C’est arrivé en Syrie comme cela est arrivé partout dans le monde, dans n’importe quel pays. Mais ce n’est pas une politique délibérée. »

Pendant sept ans, le New York Times a interviewé des dizaines de survivants et de parents de détenus morts ou disparus, a analysé des documents officiels syriens décrivant en détail les décès en prison et la répression de la dissidence et examiné des centaines de pages de témoignages dans contenus dans les rapports sur les droits humains et les archives judiciaires.

Les récits de survivants recueillis dans cet article confirment les témoignages d’autres prisonniers des mêmes centres de détention et sont étayés par des documents officiels du gouvernement syrien et par les photos susmentionnées prises dans les prisons syriennes.

Le système carcéral fait partie intégrante de l’effort de guerre de Bashar al-Assad. Il a permis d’écraser le mouvement de protestation civile et a entraîné l’opposition dans un conflit armé où elle ne pouvait pas l’emporter. 

Au cours des derniers mois, le gouvernement syrien a tacitement reconnu que des centaines de personnes sont mortes en détention. Sous la pression de Moscou, Damas a confirmé le décès d’au moins plusieurs centaines de prisonniers en délivrant des certificats de décès ou en les inscrivant comme morts dans les dossiers d’enregistrement des familles. Pour le fondateur du SNHR, Fadel Abdul Ghany, cette démarche envoie un message très clair aux citoyens : « Nous avons gagné, nous avons bien commis ces exactions, et elles resteront impunies. »

Il y a peu d’espoir de pouvoir demander des comptes aux responsables de ces actes dans un avenir proche. Mais il existe un mouvement croissant visant à obtenir justice par le biais des tribunaux européens. Des magistrats français et allemands ont fait arrêter trois anciens officiers de services de sécurité et émis des mandats d’arrêt internationaux contre le chef de la sécurité nationale syrienne, Ali Mamlouk, le directeur du renseignement de l’armée de l’air, Jamil Hassan, et d’autres hauts fonctionnaires responsables de la torture ou du décès en prison de citoyens ou résidents de leur pays.

Reste que Bashar al-Assad et ses lieutenants sont toujours au pouvoir, à l’abri des poursuites, protégés par la Russie, sa puissance militaire et son veto au Conseil de sécurité des Nations Unies. Parallèlement, les États arabes sont en train de rétablir leurs relations avec Damas et les pays européens envisagent de faire de même. L’aspiration du président étatsunien Donald Trump à retirer la plupart des 2 000 soldats américains stationnées dans l’est de la Syrie réduit encore plus la capacité d’influence déjà faible de Washington dans un conflit qui en est à sa neuvième année.

L’impunité n’est pas seulement un problème interne syrien. Sans changements garantissant leur sécurité, les cinq millions de réfugiés syriens au Moyen-Orient et en Europe ne se risqueront pas à rentrer chez eux sous peine d’y subir une arrestation arbitraire. Et à une époque où l’autoritarisme est en vogue, de l’extrême-droite européenne à l’Arabie saoudite, Bashar al-Assad a démontré que l’usage d’un maximum de violence contre la dissidence civile peut être une stratégie gagnante.

Pour Mazen Darwish, un avocat syrien résident à Berlin, où il prête assistance aux magistrats allemands travaillant sur les violations des droits humains en Syrie, « il ne s’agit pas d’une affaire exclusivement syrienne. Les gens ont oublié ce qu’est une dictature, parce que nous avons joui de 70 ans de paix après la Seconde Guerre mondiale. Mais les droits humains ne sont pas dans l’ADN des États ou des politiciens. La recherche de la justice n’est pas un luxe réservé aux Syriens. C’est un problème du monde entier. »

Un goulag en expansion

Le système carcéral syrien contemporain est une version considérablement renforcée de celui édifié par le père de Bashar al-Assad, le président Hafez al-Assad. En 1982, en réponse à un soulèvement armé des Frères musulmans à Hama, al-Assad père a rasé une bonne partie de la ville et fait arrêter des dizaines de milliers de personnes : des islamistes, mais aussi des dissidents de gauche et de simples citoyens capturés au hasard.

Pendant deux décennies, près de 17 000 détenus ont disparu, dévorés par un système mettant en œuvre un répertoire de torture emprunté aux colonialistes français, aux dictatures de la régiona et même aux nazis : au nombre des conseillers en sécurité de Hafez al-Assad, on comptait Alois Brunner, collaborateur en fuite d’Adolf Eichmann.

Lorsque Bashar al-Assad a succédé à son père en 2000, il a maintenu en place le même système carcéral.

Chacun des quatre services de renseignement syriens – le renseignement militaire, la police politique, le renseignement de l’armée de l’air et la sécurité d’État – a des antennes locales dans toute la Syrie. La plupart ont leur propre prison. Les enquêtes de la CIJA montrent qu’il en existe des centaines.

C’est la détention et la torture de plusieurs adolescents accusés d’avoir peint des graffitis critiques à l’égard de Bashar al-Assad qui ont poussé en mars 2011 les Syriens à se joindre aux soulèvements alors en cours dans les pays arabes. Les manifestations protestant contre le traitement infligé à ces jeunes gens ont bientôt débordé leur ville natale, Deraa, entraînant encore plus d’arrestations, lesquelles galvanisaient à leur tour les protestations.

Un flot de détenus venus de toute la Syrie a bientôt rejoint les dissidents enfermés dans la prison de Saidnaya. Il y avait de tout parmi les nouveaux détenus, « de l’éboueur au paysan en passant par l’ingénieur et le médecin, toutes les classes de la population syrienne », explique Riyad Avlar, un citoyen turc détenu pendant vingt ans après avoir été arrêté en 1996, à l’âge de 19 ans, alors qu’il était étudiant, pour avoir interviewé des Syriens sur un massacre ayant eu lieu en prison.

D’après son témoignage, la torture est devenue de plus en plus fréquente ; les nouveaux arrivants sont agressés sexuellement, frappés sur les parties génitales, et forcés de se battre entre eux ou même de s’entretuer.

Personne ne sait exactement combien de Syriens sont passés par ce système depuis lors ; les estimations des groupes de défense des droits humains vont de plusieurs centaines de milliers à un million. Le gouvernement de Damas ne publie pas de chiffres sur ses prisons.

De l’avis général, le système est débordé. Certains détenus politiques ont atterri dans des prisons ordinaires. Les forces de sécurité et les milices progouvernementales ont créé d’innombrables geôles de fortune dans les écoles, les stades, les immeubles de bureaux, les bases militaires et les postes de contrôle de l’armée.

Le chiffre de 127 916 personnes actuellement victimes du système avancé par le SNHR est probablement en deça de la réalité. Il repose sur le nombre d’arrestations signalées par les familles des détenus et d’autres témoins et ne comprend pas les personnes libérées par la suite ou dont le décès a été confirmé.

En raison du secret maintenu par les autorités, personne ne sait combien de gens sont morts en détention, mais les documents officiels et les photographies disponibles montrent que les décès se comptent par milliers.

Un ancien officier de la policier militaire, connu uniquement sous le sobriquet de César pour des raisons de sécurité, avait pour tâche de photographier les cadavres. Il a fui la Syrie avec des images d’au moins 6 700 cadavres émaciés et portant des traces de torture qui ont choqué l’opinion internationale lorsqu’elles ont été diffusées en 2014.

Mais il a pu aussi photographier sur le bureau de son chef des notes de service rapportant des décès à ses supérieurs hiérarchiques. À l’instar des certificats émis ces derniers temps par les autorités, ces notes de service mentionnent la cause du décès comme étant un « arrêt cardiaque ». L’un de ces documents identifie un détenu qui apparaît également sur l’une des photos de César ; son œil a été arraché.

Une étrange épidémie de maladies cardiaques semble avoir frappé les prisons syriennes, souligne Mazen Darwish, l’avocat spécialiste des droits humains : « C’est sûr, quand ils meurent, leur cœur s’arrête. »

Une visite guidée de la torture

Muhannad Ghabbash, l’agitateur d’Alep, a survécu à la torture dans au moins douze établissements carcéraux, ce qui fait de lui, selon ses propres dires, un véritable « guide touristique » du système. Son odyssée a commencé en 2011, alors qu’il avait 22 ans. Ce sont les manifestations pacifiques de la banlieue damascène de Daraya qui inspirèrent à ce fils aîné d’un entrepreneur du bâtiment bénéficiaire de contrats publics l’idée organiser des manifestations à Alep.Il fut arrêté en juin 2011, puis relâché après s’être engagé à ne plus manifester.« Je n’ai pas tenu ma promesse », dit-il avec un sourire.Au mois d’août, il fut de nouveau appréhendé – la semaine même où, comme le signale un rapport de la CIJA, les proches de Bashar al-Assad ordonnèrent un durcissement de la répression, critiquant le « laxisme » des autorités provinciales et les exhortant à arrêter « tous ceux qui incitent les gens à manifester ».Muhannad Ghabbash fut donc systématiquement suspendu, battu et fouetté dans une série de centres de détention appartenant à l’armée et aux services de renseignements. Finalement, ses persécuteurs lui rendirent sa liberté, non sans l’accompagner d’un sévère avertissement, le même qu’ils transmettaient à de nombreux jeunes gens comme lui : il avait tout intérêt à quitter le pays.Alors même qu’elles relâchaient les détenus les plus radicaux de la prison de Saidnaya, des islamistes condamnés à de longues peines qui n’allaient pas tarder à passer à la tête de groupes rebelles, les autorités cherchaient à se débarrasser de l’opposition civile. Selon les critiques du régime, cette double stratégie aurait eu pour but de déplacer le conflit sur le terrain militaire, où Bashar al-Assad et ses alliés étaient en position de force.Alors que les civils qui partageaient ses vues fuyaient le pays ou étaient incarcérés et que les forces de sécurité tiraient sur les manifestants, Ghabbash s’efforçait de dissuader ses alliés de prendre les armes et de faire le jeu du gouvernement.Il fut bientôt arrêté une troisième fois, à Alep, par les services de renseignements de l’armée de l’air. Ce qui l’a le plus marqué lors de cette captivité, c’est l’insistance surréaliste de ses interrogateurs sur les formalités de la procédure judiciaire. L’accusant d’un attentat à la bombe apparemment imaginaire – à une époque où aucun groupe insurgé n’avait encore frappé Alep –, ils avaient tout le pouvoir de l’inculper à leur guise, mais n’en insistaient pas moins pour obtenir de lui des aveux en bonne et due forme.Parfois, ses tortionnaires l’entravaient dans un pneu pour le battre. Il s’évanouissait, puis se réveillait nu dans un couloir glacial, et les coups reprenaient de plus belle. Un agent introduisit une arme dans sa bouche ; un autre prétendit que les cris d’une femme qu’on entendait hors de la pièce était ceux de sa mère.Son récit est très similaire à ceux d’autres personnes détenues dans le même centre, mais certains témoignages sont encore plus terrifiants. Un survivant, qui nous a demandé d’être cité comme Khalil K. pour protéger sa famille vivant toujours en Syrie, a vu l’agonie d’un adolescent se prolonger pendant vingt-et-un jours après que ses interrogateurs l’aient arrosé d’essence et lui aient mis le feu.« En mon âme et conscience, je ne pouvais pas avouer un acte que je n’ai pas commis », se souvient Ghabbash. « Ils s’y mettent à cinq pour t’interroger. Tu meurs de froid, tu meurs de soif, tu as du sang sur les lèvres, tu ne peux pas te concentrer. Tout le monde crie, tout le monde te frappe. »Récupérant les ongles arrachés de ses orteils et les lambeaux de peau de ses plantes de pied suppliciés, il les conserva dans sa poche dans l’espoir de les montrer un jour à un juge. Jusqu’au moment où on lui confisqua son pantalon.

Le douzième jour, il rédigea ses aveux.

« Il faut que ça ait l’air convaincant, lui recommanda un certain capitaine Maher. Un chauffeur t’a conduit sur place. À quoi ressemblait-il ?  Il était plutôt grand, petit, gros ? »Ghabbash décrivit une automobile de couleur gris argent et « un grand type avec des lunettes et des cheveux tirant vers le blond ».« Je me suis dit que j’avais un certain talent d’écrivain. ».

Des châtiments surréalistes

En mars 2012, Muhannad Ghabbash fut transporté par avion à la base militaire aérienne de Mazzeh, qui jouxte un quartier aisé de Damas.D’après son témoignage et celui de nombreux autres survivants, il existait alors un vaste système de transport entre les prisons. Les détenus étaient torturés à chaque étape de leur voyage, que ce soit en hélicoptère, en autobus ou en avion. Certains disent avoir passé des heures enchaînés par un bras à des crochets à viande dans des camions de boucherie normalement utilisés pour transporter des carcasses d’animaux. La nouvelle cellule de Ghabbash était d’un modèle courant : un peu moins de quatre mètres sur trois, et tellement surpeuplée que les prisonniers devaient s’organiser pour dormir en alternance.Dans le couloir, il y avait un homme menotté et les yeux bandés. C’était Mazen Darwish, l’avocat spécialisé en droits humains. Il était puni pour avoir voulu expliquer à un juge les lois syriennes garantissant un procès équitable. Il nous a décrit la nature de sa punition : « J’étais nu, privé d’eau et de sommeil, forcé à boire mon urine. »Au fur et à mesure que les forces insurgées gagnaient du terrain et que l’aviation du gouvernement bombardait les quartiers rebelles, les formes de torture dans les prisons devenaient plus brutales et plus perverses. Les survivants parlent de traitements sadiques, de viols, d’exécutions sommaires et de détenus qu’on laissait agoniser sans soigner leurs blessures ou leurs maladies.Ghabbash eut bientôt droit à son propre châtiment sur mesure. Il fut interrogé par un homme se faisant appeler Suhail Hassan – peut-être s’agissait-il de Suhail Hassan Zamamam, qui était à la tête des prisons de l’armée de l’air, d’après une une base de données gouvernementale –, qui lui demanda comment il voyait la solution du conflit syrien.« Il faut organiser de vraies élections, répondit-il. Tout ce que le peuple voulait c’était des réformes, mais vous avez réagi par la force. Le problème, c’est que si on n’est pas d’accord avec vous, on se fait massacrer. »Résultat : un mois de torture supplémentaire, qui atteignit parfois des sommets de bizarrerie.Un garde qui se faisait appeler Hitler organisait à l’intention de ses collègues des séances de divertissements sadiques à l’heure du dîner. Il apportait de l’arak et des narguilés « pour mettre l’ambiance ». Forcés à se prosterner, des prisonniers étaient transformés en tables ou en chaises vivantes. D’autres devaient se faire passer pour des animaux. « Hitler » dirigeait ses « acteurs » en les frappant brutalement.« Le chien devait aboyer, le chat miauler, le coq chanter, raconte Ghabbash. Tout ça sous les ordres de Hitler. Quand il caressait un chien, l’autre chien devait se montrer jaloux. »Le « public » incluait les prisonniers des cellules voisines ou les détenus suspendus les yeux bandés à des grillage en mailles métalliques, dont les témoignages confirment le récit de Ghabbash. Les gardes obligeaient ces derniers à les supplier de leur donner à boire, après quoi ils les aspergeaient avec des tuyaux.Au bout de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, les prisonniers avaient souvent enfin droit à être jugés dans des procès d’à peine quelques minutes, sans bénéficier d’un avocat. En témoigne l’expérience de Ghabbash, traduit en 2012 devant un « tribunal militaire d’urgence » en 2012. Le juge l’inculpa d’« acte de terrorisme ayant entraîné la destruction de biens publics » et le condamna à mort.« Mon procès a duré une minute et demie », se souvient Ghabbash.Il s’attendait à être transféré à Saidnaya, qui fonctionnait alors comme centre d’exécution massive. Selon un rapport d’Amnesty International, des milliers de personnes y ont été pendues à l’issue de procès sommaires.Il était persuadé que c’était la fin. Mais ce ne fut pas le cas. Il allait endurer une nouvelle année de sévices quotidiens.Son dernier séjour en captivité eut lieu dans une prison de fortune des environs de Damas, un bunker souterrain appartenant à la IVe division, un corps d’élite sous les ordres de Maher al-Assad, frère du président syrien. D’après les survivants, des officiers portant l’insigne de cette unité venaient de temps à autre examiner les conditions des prisonniers. Mais en réalité, ajoutent-ils, ce sont les services de renseignement de l’armée de l’air qui s’en servaient pour remédier à la surpopulation de la prison de Mazzeh, un fait confirmé par les dossiers de la CIJA.

L’heure n’était plus aux interrogatoires.

« On vous torturait juste pour vous torturer », explique Mazen Darwish, qui fut aussi transféré dans ce centre souterrain. « C’était pour se venger, pour vous tuer, pour vous briser. »Lorsqu’ils narrent leur expérience, les survivants font souvent preuve d’humour noir, ne serait-ce que parce qu’ils savent que d’autres ont souffert bien pire.« Bon, oui, j’ai été battu, j’ai dû aboyer à quatre pattes comme un chien, admet Muhannad Ghabbash, mais il y en a qui sont morts ou qui ont été violés. » 

Viols et agressions sexuelles

D’après le rapport publié en 2018 par une commission d’enquête des Nations Unies, des femmes et des jeunes filles ont été violées et agressées sexuellement dans au moins une vingtaine de locaux des services de renseignement syriens. Dans quinze d’entre eux, ce sont des hommes et de jeunes garçons qui ont été victimes de sévices analogues.L’agression sexuelle est doublement traumatisante dans les communautés musulmanes traditionnelles, où les survivants sont souvent stigmatisés, voire victimes de soi-disant « crimes d’honneur ». D’après diverses sources, il est arrivé que des membres de la famille tuent de leurs propres mains d’ex-détenues, parfois sur la simple présomption qu’elles avaient été violées.Mariam Khleif, une jeune femme de 32 ans originaire de Hama et mère de cinq enfants, a été violée à plusieurs reprises pendant sa détention. Elle avait aidé des manifestants blessés et livré des fournitures médicales aux rebelles, actes que le gouvernement qualifia de terrorisme.En septembre 2012, des agents de sécurité l’ont enlevée à son domicile. Dans le bureau 320 de la sécurité de l’État, à Hama, l’enquêteur en chef s’est présenté comme le colonel Suleiman. Les archives du CIJA montrent que Mme Khleif a bien été détenue et qu’un certain colonel Suleiman Juma était à la tête des services à Hama.Mariam Khleif habite aujourd’hui un petit appartement à Reyhanli, en Turquie, où elle nous a accordé un entretien : « Il mangeait des pistaches et nous crachait les coques dessus. Il ne nous a épargné aucune obscénité. »Elle était détenue avec six autres femmes dans une minuscule cellule souterraine. Les gardiens l’ont suspendue aux murs et l’ont tabassée, lui faisant perdre toutes ses dents. Elle vit un prisonnier qui se plaignait d’avoir faim être trainé de force aux toilettes, où on lui remplit la bouche d’excréments, une méthode confirmée par les témoignages d’autres survivants.« À minuit, ils emmenaient les plus belles filles chez le colonel Suleiman pour les violer. Je me souviens du colonel Suleiman et de ses yeux verts », raconte Mariam Khleif en reconnaissant l’officier sur les photos des funérailles d’un de ses collègues, avant de fondre en larmes.Le colonel et ses amis – des hommes en survêtement – agressaient les femmes sur un lit dans une chambre attenante à son bureau et décorée du portrait de Bashar al-Assad. Ils aspergeaient leurs victimes d’arak, un sacrilège supplémentaire pour des femmes musulmanes qui ne boivent pas d’alcool.Il n’y avait pas de toilettes dans la cellule des femmes, dont le sol était tâché du sang des victimes de ces viols brutaux. Une codétenue de Mariam Khleif fit une fausse couche. Lorsque sa cousine réussit à négocier sa libération un mois plus tard, la jeune femme avait perdu un tiers de son poids. Après sa sortie de prison, elle s’enfuit en territoire rebelle pour y travailler comme aide-soignante.Interrogée séparément, une autre survivante a elle aussi raconté aux enquêteurs de la CIJA avoir été violée par le colonel Juma à la même époque, dans la même prison. Les détails de son récit confirment celui de Mme Khleif.Même les femmes qui n’ont pas été violées rapportent avoir été d’attouchements, d’insultes à caractère sexuel, de menaces de viol visant à obtenir des aveux et de prétendues « fouilles » des cavités corporelles.Plusieurs survivantes ont témoigné séparément que, dans un centre d’interrogation de Damas, l’enquêteur en chef s’était réservé la tâche de les pénétrer avec ses doigts. Il était surnommé Sharshabîl, le nom arabe de Gargamel, le sorcier maléfique des Schtroumpfs. Une de ses victimes, qui porte un hijab, rapporte que Sharshabîl caressait ses cheveux et son corps nu pendant l’interrogatoire, détails qu’elle a cachés à sa famille.Parce qu’elle avait « perdu son honneur » et à cause de ses opinions politiques, la famille de Mariam Khleif l’a reniée. Son frère, qui est partisan du régime, lui a envoyé des menaces de mort par SMS ; son mari a divorcé.Mais le conflit a fait changer d’attitude certains hommes pourtant conservateurs. D’après les témoignages de plusieurs survivantes et de leurs parents de sexe masculin, il existe des familles qui honorent maintenant les victimes d’agression sexuelle comme des blessés de guerre.Mme Khleif n’a rien caché de ses épreuves à son nouveau mari, un ancien rebelle. « Tu es une médaille sur ma poitrine, tu es la couronne sur ma tête », lui a-t-il dit. « Il a cuisiné pour moi, il m’a massé le visage avec de l’huile. Il m’a rendue à moi-même. »

Des conditions de détention épouvantables

Outre les cas de torture, l’insalubrité des conditions de détention est si extrême et systématique qu’un rapport des Nations Unies les a définies comme une forme d’extermination et un crime contre l’humanité.Bien souvent, il n’y avait pas de toilettes dans les cellules, rapportent d’anciens détenus, qui n’avaient droit qu’à quelques secondes par jour dans les latrines. Atteints de diarrhée et d’infections urinaires endémiques, ils se soulageaient dans des cellules surpeuplées. En général, les repas se limitaient à une ration insuffisante d’une pitance infecte. Certains détenus s’effondraient psychologiquement et se laissaient pratiquement mourir. Les médicaments étaient délivrés au compte-goutte et les blessures n’étaient pas traitées.Mounir Fakir n’a que 39 ans, mais après ce qu’il a vécu à Mazzeh, à Saidnaya et dans d’autres prisons, il fait au moins dix ans de plus. Vétéran de la dissidence, il a été arrêté alors qu’il se rendait à une réunion de l’opposition non-violente. Les photos d’avant et d’après sa détention sont éloquentes : jadis plutôt corpulent, il était si maigre lors de sa libération que son épouse ne l’a pas reconnu.À Saidnaya, se souvient Fakir assis devant un thé fumant dans un café d’Istanbul, le châtiment pour avoir simplement parlé ou « s’être endormi sans autorisation » était la torture par le froid. Une fois, pendant plus d’un mois, ses compagnons de cellule se sont vus confisquer toutes leurs couvertures et tous leurs vêtements ; ils étaient condamnés à dormir nus par des températures glaciales. Parfois, les gardiens refusaient de leur donner de l’eau. Ils essayaient de se laver en se frottant la peau avec le sable déterré par les fourmis qui creusaient les fissures du sol.Le jour de notre rencontre, Mounir Fakir commémorait l’anniversaire de la mort d’un compagnon de cellule victime d’une infection dentaire non traitée. Sa mâchoire était tellement enflée qu’elle doublait presque la taille de son crâne.  Mais le « traitement » médical lui aussi peut être mortel. D’après les témoignages de Fakir, d’autres survivants et de déserteurs, tortures et assassinats sont pratiqués dans les mêmes hôpitaux où, à quelques couloirs de distance, des dignitaires du régime rendent visite à des officiers blessés,Fakir fut conduit à deux reprises à l’hôpital militaire 601, un bâtiment de l’époque coloniale avec de hauts plafonds et une vue sur Damas. À chaque lit étaient enchaînés jusqu’à six prisonniers complètement nus.« Quand il y en a un qui meurt, ça fait une place de plus, explique Fakir. Et parfois, on désire qu’il meure, pour pouvoir récupérer ses vêtements. »Un jour, il a vu le personnel hospitalier refuser sa dose d’insuline à un diabétique, un jeune serveur de 20 ans, jusqu’à ce qu’il en meure. Régulièrement, la nuit, un homme qui servait à la fois d’infirmier et de gardien et se faisait appeler Azraël – l’ange de la mort – entraînait un patient derrière une porte en verre dépoli : « On voyait juste une silhouette qui assénait des coups, on entendait des cris, et puis c’était le silence – un silence étouffant. Le matin, on butait sur un corps dans le couloir menant aux toilettes. Il y avait des corps empilés. On piétinait les corps de nos camarades, pieds nus. »Muhannad Ghabbash se souvient lui aussi d’« Azraël ». Il avait été transporté dans le même hôpital avec une infection qui lui a laissé une profonde cicatrice sur la jambe. Un soir, il a entendu les gémissements d’un amputé qui implorait qu’on lui donne des analgésiques. Un homme lui a répondu : « T’inquiète, je vais m’occuper de toi. »Faisant semblant de dormir, Ghabbash plissa les yeux pour voir ce qui se passait. L’homme brandit un bâton à pointe métallique : « Je suis Azraël ». Il frappa alors le patient à la tête jusqu’à transformer son visage en une bouillie de chair ensanglantée. Ghabbash dut transporter le cadavre dans un cabinet de toilettes donnant sur le couloir. Il y avait déjà deux corps à l’intérieur.Les codétenus de Mounir Fakir lui expliquèrent qu’il fallait transporter les cadavres d’abord dans les toilettes, puis sur le parking de l’hôpital, où César les prenait en photo. « Les gens ne voulaient pas me croire. Et puis les photos de César ont été rendues publiques. »Un survivant d’une autre prison, Omar Alshogre, raconte qu’il avait reçu l’ordre d’inscrire des numéros sur le front des cadavres, comme on peut le voir sur les photos de César. Mais comme les cadavres ne cessaient de s’accumuler et commençaient à se décomposer, il devait écrire les numéros sur des bouts de papier et dégager des lambeaux de corps à la pelle.Des documents officiels obtenus par la CIJA montrent que le chef du renseignement militaire, un membre du Bureau de la sécurité nationale de Bashar al-Assad, était au courant du nombre croissant de décès en prison.Une note de service datant de décembre 2012 faisait état de l’augmentation du nombre de décès de prisonniers et mentionnait les piles de cadavres en décomposition s’entassant dans les hôpitaux. Elle ordonnait aux fonctionnaires d’informer la hiérarchie des causes de ces décès et du contenu des aveux obtenus – si possible en termes suffisamment vagues pour protéger les dits fonctionnaires de toute responsabilité face à « une quelconque autorité judiciaire future ».Un an plus tard, une autre note de service indiquait que le nombre de décès continuait d’augmenter et soulignait qu’il était « impératif de veiller à la propreté, à l’hygiène et à la santé des détenus pour préserver des vies et réduire le taux de mortalité qui a considérablement augmenté ces derniers temps ».L’auteur de ce document se plaignait d’une pénurie d’interrogateurs. Au terme d’une longue liste d’« erreurs » citant entre autres le temps perdu au  niveau de la paperasse administrative, il mentionnait « le passage à tabac et la torture des détenus ».« Ils ont l’air de dire aux gens de bien se comporter, explique Nerma Jelajic, porte-parole de la CIJA, mais nous savons bien dans quel contexte tout ça fonctionne. » Les documents de la CIJA montrent que des officiers ont été sanctionnés pour des délits tels que « non obéissance aux ordres », mais on y trouve aucun cas de mesures disciplinaires contre d’éventuels tortionnaires.

Des noms écrits en lettres de sang

Des détenus et des transfuges ont risqué leur vie pour raconter leur histoire tragique à leur famille et au monde entier.

Dans les geôles de la IVe Division, un groupe de détenus décida de faire parvenir au monde extérieur les noms de tous les prisonniers qu’ils pouvaient identifier.

« Même si nous sommes à trois étages sous terre, nous pouvons continuer à résister », rapporte l’un d’entre eux, Mansour Omari. Omari avait été arrêté alors qu’il travaillait pour une organisation locale de défense des droits humains.

Un autre détenu, Nabil Shurbaji – un journaliste qui, par coïncidence, fut la première personne à inciter Muhannad Ghabbash à militer en 2011 avant de partager sa cellule à Mazzeh – essaya d’écrire sur des morceaux de tissu avec de la sauce tomate, mais cet ersatz d’encre ne tenait pas. Finalement, Shurbaji se servit du sang qui coulait des gencives mal nourries des détenus en le mélangeant à de la rouille. Un tailleur emprisonné avec lui cousit les morceaux de tissu dans la chemise d’Omari, qui put ainsi les faire sortir clandestinement.

Ce message écrit en lettres de sang finit par atteindre les capitales occidentales ; les lambeaux de la chemise d’Omari furent exposés au Musée de la Shoah à Washington. Mais Shurbaji était toujours en prison.

« La fatigue s’est répandue sur les pores de mon visage », écrivait-il à sa fiancée lors d’un bref répit dans une prison qui autorisait la correspondance personnelle. « J’essaie de rire, mais j’ai le cœur brisé, alors la seule chose qui me reste c’est toi et la patience. »

Deux ans plus tard, un détenu libéré rapporta que Shurbaji avait été battu à mort.

« Ne nous oubliez pas ! »

En Syrie, au Liban, en Turquie, en Jordanie, en Allemagne, en France, en Suède et ailleurs, les familles et les survivants persistent dans leur combat.

Après sa libération en 2013, Muhannad Ghabbash a atterri à Gaziantep, en Turquie, où il dirige des programmes de défense des droits des femmes et d’aide aux réfugiés dans le dernier lambeau de territoire syrien tenu par les rebelles.

Mme Khleif travaille dans une école de réfugiés et anime des programmes d’aide psychologique aux autres femmes survivantes. Mounir Fakir, qui a retrouvé ses joues rebondies grâce aux petits plats cuisinés par son épouse, a rejoint une association d’entraide d’anciens détenus. Les survivants de la prison de Saidnaya y témoignent de leurs expériences, apprennent à surmonter leurs traumatismes et s’y assistent mutuellement dans leurs recherches d’emploi.

Mazen Darwish souffre d’insomnie et de claustrophobie, mais il poursuit sa quête de justice. Il a récemment porté témoignage sur la prison de Mazzeh devant un tribunal français enquêtant sur la mort de deux détenus ayant la double nationalité syrienne et française : un étudiant et son père enseignant dans une école française de Damas. C’est entre autres grâce à lui que les magistrats français ont pu émettre des mandats d’arrêt contre Ali Mamlouk, le chef de la sécurité nationale syrienne, Jamil Hassan, le directeur du renseignement de l’armée de l’air, et contre le directeur de la prison de Mazzeh. Mamlouk ne peut plus se rendre en Europe sous peine d’arrestation.

La menace de poursuites, explique Darwish, est la seule chose qui puisse encore permettre de sauver des détenus : « Ça me remplit d’énergie, mais c’est une lourde responsabilité. J’ai l’espoir de pouvoir sauver des gens, dont certains sont mes amis. Quand j’ai été libéré, ils m’ont dit : “S’il te plaît, ne nous oublie pas.” »

L’année dernière, l’Assemblée générale des Nations Unies a voté la création et le financement d’un nouvel organisme, le Mécanisme international indépendant et impartial, ou IIIM (dont le nom complet en anglais est « International, Independent and Impartial Mechanism to Assist in the Investigation and Prosecution of Those Responsible for the Most Serious Crimes under International Law Committed in the Syrian Arab Republic since March 2011 »), censé préparer les dossiers concernant les crimes de guerre en Syrie. Mais l’IIIM n’a pas le pouvoir d’inculper ou de faire arrêter les responsables sur lesquels il enquête.

Il n’y a toujours pas de perspective de solution politique dans le conflit syrien. Les pourparlers de paix sont au point mort, et Moscou exhorte l’Occident à normaliser ses relations avec Damas et à financer la reconstruction quoi qu’il advienne, ce qui revient à renvoyer les réformes à plus tard.

D’après les confidences récentes d’un haut responsable du régime dont l’anonymat a été préservé pour des raisons de sécurité, il n’y a aucune chance que les pratiques des services de sécurité syriens soient réformées dans le sens du respect des droits humains. On peut tout au plus espérer que les Russes incitent leurs alliés à promouvoir une certaine rationalisation du système carcéral.

Des millions de parents de détenus disparus vivent dans une espèce de purgatoire social et psychologique. Sans certificat de décès, les veuves présumées ne peuvent pas se remarier. Les enfants ne peuvent pas hériter.

Fadwa Mahmoud, qui vit aujourd’hui à Berlin, ne sait absolument pas si son mari, Abdelaziz al-Khair, est vivant ou mort.

Il y a six ans, al-Khair, une figure importante de la dissidence réfugié à l’étranger, était rentré à Damas avec des garanties de sécurité pour participer à des pourparlers entre le gouvernement et l’opposition non violente. Le fils de Mme Mahmoud est allé le chercher à l’aéroport, qui est contrôlé par les services de renseignement de l’armée de l’air. Les deux hommes n’en sont jamais sortis et, depuis lors, on n’a plus aucune nouvelle d’eux.

« Nous n’avons pas le droit d’être déprimés », nous dit Mme Mahmoud en tricotant au crochet une couverture dans son salon. « Nous devons perséverer. »

Dans un coin de la pièce, il y a une pile de couvertures de laine de toutes les couleurs : lavande, jaune, bleu layette. La pile ne cesse de grandir. Son mari doit avoir froid en prison. C’est pour lui qu’elle tricote.

 

Source : Anne Barnard, « Inside Syria’s Secret Torture Prisons : How Bashar al-Assad Crushed Dissent », New York Times Magazine, 11 mai 2019, https://www.nytimes.com/2019/05/11/world/middleeast/syria-torture-prisons.html.

En complément de cet article, on peut lire le témoignage non moins bouleversant d’une des anciens prisonniers interrogés par les journalistes du New York Times, Omar Alshogre, auquel l’hebdomadaire The Nation a lui aussi consacré un très bel article :  Hisham Aidi « How One Man Survived Syria’s Gulag », The Nation, 30 mai 2019, https://www.thenation.com/article/how-one-man-survived-syrias-gulag/.

للجدران آذان: أدلة تفضح الإجراءات الداخلية للمخابرات السورية


Les murs ont des oreilles: Des preuves révélant les procédures internes du renseignement syrien

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Dans un nouveau rapport analysant les documents des services de renseignement syriens, le Centre syrien pour la justice et la responsabilisation SJAC a déclaré que « les plus hauts responsables du gouvernement syrien étaient au courant de la détention injustifiée de femmes et d’enfants, ont autorisé le recours à la force meurtrière contre des civils et ont délibérément discriminé la minorité kurde ».

Le Centre syrien pour la justice et la responsabilisation SJAC est une organisation de la société civile syrienne à but non lucratif qui œuvre pour « un État syrien où la population jouit de la justice, du respect des droits de l’homme et de la loi, où des citoyens de toutes les composantes de la société syrienne vivent dans la paix et sans crainte ». La mission du Centre est de « promouvoir la justice et la responsabilisation en Syrie en veillant à ce que les violations des droits de l’homme soient bien documentées et à ce que les données de documentation soient gardées en sécurité, cataloguées et analysées afin de promouvoir la justice transitionnelle et la consolidation de la paix ».

Le rapport, « les murs ont des oreilles : est l’analyse de documents confidentiels du secteur de la sécurité syrien », est basé sur une analyse du Centre syrien de 5 000 pages de documents provenant de bureaux de renseignements abandonnés par le gouvernement pendant la guerre en Syrie. Les documents analysés fournissent un registre unique et synchronisé des processus de prise de décision dans les services de renseignement syriens, qui révèle non seulement de graves violations des droits de l’homme, mais également la mesure dans laquelle ces dispositifs pénètrent tous les aspects de la vie en Syrie.

« Alors que les Syriens connaissent les pratiques des services de sécurité, c’est la première fois dans l’histoire de la Syrie que des preuves concernant les plus hauts niveaux du gouvernement syrien sont révélées », a déclaré Mohammed al-Abdullah, directeur exécutif du Centre syrien pour la justice et la responsabilisation. Dans des violations flagrantes des droits de l’homme, comme en témoigne l’écriture de ces mêmes responsables ».

Le rapport de 52 pages, accompagné d’exemples de documents de renseignement originaux, décrit comment, après mars 2011, les services de renseignement syriens ont activé des réseaux d’informateurs qui créaient une frénésie collective de suspicion. « Les officiers ont commencé à se dénoncer et les soldats ont commencé à moucharder contre les officiers, voire même les membres de la famille commencent à dénoncer leurs proches ». Les services de renseignement ont publié de nombreuses listes de personnes recherchées et de nombreux noms ont été radiés, ce qui signifie que certains ont été tués. Les documents ont également permis de mieux comprendre les pratiques de détention, notamment les informations et les ordres passés entre les bureaux de renseignements.

Le rapport met en évidence de solides preuves de l’implication du gouvernement syrien dans des crimes de guerre et de graves violations des droits de l’homme. Les hauts responsables des services de renseignement qui figurent dans ces documents admettent que des enfants ont été arrêtés, que des minorités ont été persécutées et que les envois d’aide ont été retardés ou délibérément détournés. Il est clair que les Kurdes sont la cible de mauvais traitements, de surveillance et d’intimidation. Enfin, le rapport identifie la manière dont le gouvernement a utilisé sa propagande pour inciter à la panique et à la méfiance et pour publier un récit selon lequel un complot international est né pour saper le gouvernement syrien.

« L’Envoyé spécial des Nations Unies devrait donner la priorité à une véritable réforme du secteur de la sécurité en intégrant un contrôle civil sur les institutions du secteur de la sécurité et en l’éloignant des aspects quotidiens de la vie civile », Abdullah a ajouté : « Les gouvernements doivent également en faire une condition préalable à la mise à disposition de fonds de reconstruction ».

للجدران آذان: أدلة تفضح الإجراءات الداخلية للمخابرات السورية

المدن – عرب وعالم | الثلاثاء 21/05/2019

قال ” المركز السوري للعدالة والمساءلة”، في تقرير جديد يحلل وثائق المخابرات السورية، إن “أعلى مستويات الحكومة السورية كانت مطلعة على الاحتجاز غير المبرر للنساء والأطفال، وسمحت باستخدام القوة المميتة ضد المدنيين، وميّزت بصورة متعمدة ضد الأقلية الكردية”٠

المركز السوري للعدالة والمساءلة منظمة مجتمع مدني سورية غير ربحية، تعمل من أجل “دولة سورية ينعم فيها الناس بالعدالة واحترام حقوق الإنسان وسيادة القانون، حيث يعيش المواطنون من جميع مكونات المجتمع السوري بسلام ودونما خوف”. وتتمثل رسالة المركز “في تعزيز العدالة والمساءلة في سوريا من خلال ضمان توثيق انتهاكات حقوق الإنسان بشكل شامل، وحفظ بيانات التوثيق بشكل آمن ومأمون، وفهرستها وتحليلها للنهوض بالعدالة الانتقالية وبناء السلام”٠

ويستند تقرير “للجدران آذان: تحليل وثائق سرية من قطاع الأمن السوري”، إلى تحليل المركز السوري لخمسة آلاف صفحة من الوثائق التي تم الحصول عليها من مكاتب أجهزة الاستخبارات التي هجرتها الحكومة خلال الحرب السورية. وتوفر الوثائق التي تم تحليلها سجلاً فريداً ومتزامناً لعمليات صنع القرار في أجهزة المخابرات السورية، والذي لا يكشف عن انتهاكات خطيرة لحقوق الإنسان فحسب، بل وأيضاً عن مدى تغلغل هذه الأجهزة في كل جانب من جوانب الحياة السورية٠

وقال المدير التنفيذي لـ”المركز السوري للعدالة والمساءلة” محمد العبدالله: “في حين أن ممارسات الأجهزة الأمنية معروفة لدى السوريين، إلا أن هذه هي المرة الأولى في تاريخ سوريا التي يتم فيها الكشف عن أدلة متعلقة بأعلى مستويات الحكومة السورية. وإن الحكومة السورية متورطة بعمق في انتهاكات جسيمة لحقوق الإنسان كما يظهر بخط يد هؤلاء المسؤولين أنفسهم”٠

ويصف التقرير الذي يرد في 52 صفحة، مصحوباً بأمثلة من وثائق المخابرات الأصلية، كيف أنه بعد آذار/مارس 2011، قامت المخابرات السورية بتنشيط شبكات من المخبرين الذين يخلقون جنون ارتياب جماعي، إذ “بدأ الضباط يشون ببعضهم البعض وبدأ الجنود يشون بالضباط، بل حتى أن أفراد الأسر بدأوا يشون بأقربائهم”. وأصدرت أجهزة المخابرات قوائم عديدة بالأشخاص المطلوبين وقد تم شطب العديد من الأسماء، مما يدلّ على أن البعض قد قُتل. كما ألقت الوثائق الضوء بشكل كبير على ممارسات الاعتقال حيث تضمنت معلومات وأوامر تم تمريرها بين مكاتب المخابرات٠

ويسلط التقرير الضوء على أدلة قوية على تورط الحكومة السورية في جرائم الحرب والانتهاكات الخطيرة لحقوق الإنسان. ويعترف مسؤولون رفيعو المستوى في أجهزة المخابرات في هذه الوثائق بأن هناك أطفال تم اعتقالهم، وأن هناك أقليات تم اضطهادها، وأن شحنات المساعدات تم تأخيرها أو تحويلها عن مسارها عن قصد. ويوجد أدلة واضحة على استهداف الأكراد بسوء المعاملة والمراقبة والترهيب. وأخيراً، يحدّد التقرير كيفية استخدام الدعاية الحكومية المغرضة لغرس الذعر وعدم الثقة ونشر رواية تفيد بوجود مؤامرة دولية لتقويض الحكومة السورية٠

وقال العبدالله: “على المبعوث الخاص للأمم المتحدة إعطاء الأولوية لإصلاح حقيقي لقطاع الأمن من خلال دمج السيطرة المدنية على مؤسسات القطاع الأمني وإبعاد القطاع الأمني عن الجوانب اليومية للحياة المدنية”. وأضاف: “على الحكومات أيضاً أن تجعل هذا شرطاً مسبقاً لتقديم أموال إعادة الإعمار”.

 

le régime de Bachar al-Assad publie des listes de détenus morts dans ses prisons


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SYRIE : PAS DE RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC UN ÉTAT DE BARBARIE

https://www.change.org/p/syrie-pas-de-relations-diplomatiques-avec-un-%C3%A9tat-de-barbarie

Avec cynisme, le régime de Bachar al-Assad publie des listes de détenus morts dans ses prisons (…). Des dizaines de milliers de prisonniers – hommes et femmes, parfois très jeunes – sont morts sous la torture ou par suite des conditions inhumaines de leur détention.

Le gazage des populations, les viols systématiques d’hommes et de femmes dans les prisons du régime, les destructions d’habitations, d’écoles et d’hôpitaux, l’usage d’armes prohibées comme les barils de poudre et les bombes au phosphore, sont des crimes de guerre et des crimes contre l’Humanité (…).

Devant l’ampleur des crimes commis en Syrie par le régime Assad, la réal-politique doit s’effacer devant l’attitude de justice et d’humanité que nous devons à un peuple martyrisé.

– Pas d’impunité pour Bachar al Assad et ses complices.

– Par respect pour les victimes, et pour l’honneur de la France,

PAS DE RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC UN ÉTAT DE BARBARIE.

Texte complet : https://bit.ly/2MoRdIc


Amnesty international

Campagne: Aidez-nous à retrouver les disparu.es en Syrie

ساعدونا في العثور على المختفين في سوريا

منذ بدء الأزمة في سوريا في عام 2011، فُقد ما يربو على 75,000 شخص، أو اختفوا قسراً، داخل سوريا.

وبينما تبحث العائلات عن أحبائها المختفين، تُخضِع الحكومة السورية عشرات الآلاف من المدنيين والعاملين في مجال المساعدات الإنسانية والناشطين السلميين للاختفاء القسري أو الاعتقال التعسفي -لا لشيء إلا لنشر الخوف وسط المدنيين ومعاقبتهم جماعيًا.

ويتعرض الكثيرون للتعذيب أو لغيره من ضروب سوء المعاملة في السجون، وقد فارق ما يزيد على 15,000 شخصٍ الحياة في الحجز نتيجة لذلك.

وتتحمل جماعات المعارضة المسلحة المسؤولية أيضاً عن الاختفاء القسري لمئات الأفراد في المناطق الخاضعة لسيطرتها، وإخضاعهم للتعذيب، ولضروبٍ أخرى من سوء المعاملة.

“تمرّ الأيام ثقيلةً وصعبةً جدًا. أعيش على الأمل الذي يساعدني على الاستمرار، ويدفعني إلى العمل الحثيث من أجل الإفراج عنهما. لا أفقد الأمل بعودتهما أبداً. ودائماً ما أتخيل تلك اللحظة التي أسمع فيها بأنه قد تم الإفراج عنهما.”

– فدوى محمود، الناشطة السورية والعضوة المؤسسة لجمعية “عائلات من أجل الحرية”، وهي أم وزوجةٌ لرجلَين مختفيَين هما عبد العزيز الخير وماهر طحان.

وتتم هذه الممارسات كجزءٍ من حملةٍ واسعٍة النطاق ومنظَّمة ضد السكان المدنيين من جانب الحكومة السورية والجماعات المسلحة. وهي تمثّل انتهاكًا واضحًا للقانون الدولي، وتشكّل في العديد من الحالات، جرائم حرب.

نحن لن نقف مكتوفي الأيدي، ولن نسمح باستمرار هذا الوضع.

لذا، نحثكم على المبادرة بالتحرك فوراً، وعلى دعم عائلات المفقودين والمختفين في سوريا، وذلك من خلال حثّ روسيا والولايات المتحدة على ممارسة الضغط على الحكومة السورية والجماعات المسلحة كي تكشف النقاب عن مكان وجود ومصير أحبائهم المختفين.

منذ بدء الأزمة السورية في عام 2011، ُفقد ما يربو على 75,000 شخص أو اختفوا قسراً على يد الحكومة والقوى المسلحة السورية. نحثكم على الضغط على الحكومة السورية كي تكشف عن مكان وجود أو مصير المختفين.

Le raid mené par l’armée près d’Ersal le 30 juin est le dernier d’une longue série de raids menés par l’armée libanaise


 

الجيش اللبناني يقتحم مخيمات للنازحين السوريين في بلدة عرسال ويعتقل العشرات منهم كما قام بتخريب المخيمات ومصادرة بعض أملاك اللاجئين – L’armée libanaise mène des raids dans les camps de réfugiés syriens à Ersal, arrêtant des dizaines de réfugiés, elle a également procédé à des actes de vandalisme dans les camps et a confisqué des biens appartenant aux réfugiés.

EXCLUSIF : L’armée libanaise accusée de torturer des réfugiés syriens
Middle East Eye
18 juillet 2017

Des images choquantes montrent la gravité des blessures de quatre hommes décédés après avoir été détenus lors de raids menés par l’armée dans des camps de réfugiés près d’Ersal

BEYROUTH – L’armée libanaise a été accusée de torture généralisée contre des prisonniers syriens, dont quatre sont morts en détention après avoir été arrêtés lors de rafles dans des camps de réfugiés près d’Ersal, à la frontière entre la Syrie et le Liban.

Ces quatre hommes sont morts après avoir apparemment passé plusieurs jours sous la garde de l’armée libanaise après la rafle, ce qui a poussé cette dernière à ouvrir une enquête. Les premiers rapports médico-légaux, consultés par Middle East Eye, ont indiqué qu’il n’y avait « aucune preuve de violence » contre les prisonniers et que les quatre hommes étaient morts de causes naturelles.

Cependant, les photos, également vues par Middle East Eye, montrent d’énormes entailles et contusions sur les corps de trois des quatre hommes, identifiés comme Mustafa Abdel-Kareem Absi, Anas Hussein al-Hsaikeh, Khalid Hussein Moulays et Othman Merhi Moulays.
Les victimes ont été attachées avec des menottes en plastique pendant des jours, « au point que cela a causé des dommages physiques extrêmes – sur leurs mains et leurs jambes », a déclaré une source judiciaire qui avait vu les corps avant leur enterrement le 11 juillet.

Une photo obtenue par Middle East Eye montrant les blessures de l’un des hommes décédés (MEE)
Cette source a déclaré à MEE que les blessures profondes sur les cadavres étaient des indicateurs manifestes de torture.
« Il y a aussi des blessures sur l’ensemble de leurs corps – sur les épaules, les bras, les genoux – en particulier aux genoux. Les personnes qui ont été détenues puis relâchées m’ont dit qu’elles avaient également été torturées. »
Notre source, qui ne peut être nommée pour des raisons de sécurité, a remis en question la version officielle de l’armée selon laquelle les défunts sont morts de crises cardiaques et d’un accident vasculaire cérébral provoqué par la chaleur.
« Comment le rapport de décès de l’armée peut-il répéter à maintes reprises qu’il n’y a pas eu la moindre violence ? Comment un médecin peut-il affirmer qu’il n’y a pas la moindre source de violence ? », s’interrogeait la source. « Il est clair qu’il y a eu des blessures à la tête qui ont entraîné des saignements. »

Une deuxième source ayant une grande expérience dans l’examen d’images de victimes de torture a déclaré que les images présentaient « suffisamment de preuves manifestes de torture ».
« Cela ne fait aucun doute. Il y a des signes évidents de tension et de traumatisme sur les poignets, ce qui pourrait indiquer que les victimes ont été pendues par les poignets », a affirmé cette source.
« Il ne peut pas s’agir de marques de menottes ordinaires, l’ampleur du traumatisme et de la pression indique clairement que les victimes ont été pendues par les mains. »
« Nous pouvons également voir des traumatismes ronds intenses sur l’abdomen et le bas du dos, qui ne sont pas des signes de chute. Si quelqu’un tombe, le traumatisme se situe au niveau des extrémités, et non sur la partie centrale de l’abdomen. »
Les proches des personnes décédées ont également déclaré qu’ils étaient troublés par la version des événements présentée par l’armée.
« Il n’y avait pas de problème de santé préexistant », a rapporté à MEE un parent de l’une des victimes, qui a partagé des images de l’enterrement.

« Il allait parfaitement bien. »
Lorsqu’on leur a demandé s’ils pensaient que les défunts avaient été torturés, les proches ont déclaré : « Dieu seul le sait… mais les images parlent d’elles-mêmes. »

Une source médicale dans un hôpital d’Ersal a déclaré que l’un des défunts était un médecin qui ne vivait pas dans le camp.
« Il était anesthésiste », a déclaré cette source à MEE. « Lorsque la déclaration [de l’armée] a indiqué qu’il avait des problèmes de santé préexistants, nous étions choqués parce que ce n’était pas le cas. Il est mort en bonne santé. »
Les avocats représentant les familles de trois de ces hommes avaient obtenu la permission d’examiner indépendamment les corps, mais les services de renseignements militaires sont intervenus et ont confisqué les échantillons médico-légaux avant qu’ils ne puissent être étudiés.
« Nous ne sommes pas convaincus que le rapport initial [du médecin désigné par l’armée] soit exact », a déclaré Wissam Tarif, un défenseur des droits de l’homme représentant trois des familles.

« Il n’y a pas encore eu d’analyse indépendante, ils y ont fait obstacle. »
De profondes entailles sur le poignet de l’une des personnes décédées en détention (MEE)
« Nous avons obtenu une ordonnance d’un juge de Zahlé pour obtenir un avis médico-légal indépendant et les échantillons médico-légaux ont été emmenés à l’Hôtel-Dieu [un hôpital de Beyrouth], mais les renseignements militaires sont intervenus et les ont pris ainsi que les [échantillons d’]organes. »
Des défenseurs des droits de l’homme ont envoyé des photos des corps à l’étranger pour un examen indépendant, craignant que les résultats de l’enquête de l’armée ne soient pas rendus publics.
« Nous avons envoyé des photos de trois des corps à un médecin spécialisé dans la documentation de la torture pour examen, afin de voir si elles indiquent la cause de la mort », a déclaré à MEE Bassam Khawaja, chercheur pour l’ONG Human Rights Watch Liban.
« Il est arrivé au Liban que les services de sécurité ouvrent des enquêtes mais ne publient pas les conclusions, de sorte que le public et les familles ne connaissent pas les résultats », a-t-il poursuivi.

Raids sur Ersal
Les quatre hommes ont été arrêtés lors de raids de l’armée dans deux camps de réfugiés syriens à Ersal, al-Nur et al-Qariya, à la recherche de prétendus « terroristes ». Elle a été accueillie par une série d’attentats suicides et une attaque à la grenade qui a blessé plusieurs soldats.
L’armée a officiellement reconnu qu’une enfant syrienne de 4 ans était décédée dans l’un des attentats suicides et que quatre autres Syriens avaient perdu la vie ultérieurement en détention.
Toutefois, des sources présentes à Ersal affirment qu’au moins sept autres ont été tués, ce qui porterait le nombre de victimes à douze.
Une source médicale à Ersal a indiqué que l’armée libanaise et les hôpitaux environnants de l’est du Liban avaient envoyé plusieurs corps avant et après les opérations militaires.
« Quatre jours après l’opération [le 4 juillet], nous avons reçu quatre corps de la municipalité de Baalbek », a affirmé la source.
« Trois ont été enterrés immédiatement et le quatrième, qui était décapité et dont les bras avaient été amputés, a été conservé pendant une semaine pour pouvoir être identifié. Il a été enterré une semaine plus tard. »
Ils n’ont reçu les corps des quatre Syriens explicitement identifiés dans le communiqué de l’armée que le 11 juillet.
Tandis que l’armée affirme que la fillette syrienne a péri lors des attentats suicides, d’autres sources prétendent qu’elle a été écrasée par un véhicule blindé. Les militaires ont empêché les médecins d’examiner le corps.
« Nous avons également reçu le corps d’une enfant de 4 ans, mais nous n’avons pas pu l’examiner », a indiqué la source.
« La plupart des familles des camps ont affirmé qu’elle avait été écrasée, mais je ne peux évidemment pas en témoigner. »
Un autre corps aurait été transféré à l’hôpital universitaire Rafic Hariri de Beyrouth, puis à Ersal pour être enterré. On ignore la raison de son isolement.

Des antécédents de torture
Ces potentiels décès sous la torture de personnes détenues par l’armée libanaise font suite à plusieurs rapports de maltraitances de la part des services de sécurité libanais.
En décembre dernier, Human Rights Watch avait publié le témoignage poignant d’un réfugié syrien affirmant avoir été battu, agressé verbalement et violé à l’aide d’une barre introduite dans l’anus dans la prison militaire de Rehanieh car on le suspectait d’être homosexuel.

Human Rights Watch a rigoureusement documenté dix cas de civils ayant affirmé avoir été torturés alors qu’ils étaient détenus par l’armée libanaise, y compris lors des interrogatoires réalisés en l’absence de leur avocat ou de leur famille.

« Il est indéniable que la torture est employée [dans les services de sécurité libanais] », a indiqué George Ghali, directeur des programmes de l’organisation libanaise de défense des droits de l’homme Alef, à MEE.
« Il n’y a pas eu de suivi judiciaire adéquat pour ces cas, ce qui engendre une culture d’impunité, de tolérance et d’acceptation. »

Le Comité contre la torture des Nations unies a exprimé des préoccupations similaires.
Le raid mené par l’armée près d’Ersal le 30 juin est le dernier d’une longue série de raids menés pour des raisons de sécurité et au cours desquels 350 réfugiés ont été arrêtés.
Les défenseurs des droits de l’homme craignent que les services de sécurité ne respectent pas la dignité des réfugiés lors de leurs opérations.
Le raid du 30 juin a suscité la colère et renforcé les accusations de maltraitance des réfugiés par les forces de sécurité libanaises suite à la diffusion de photos montrant des réfugiés allongés face contre terre sous la garde de soldats armés.

MEE a également appris que certains prisonniers n’étaient pas informés du motif de leur arrestation.
« Les mettre face contre terre, à plat ventre – cela n’accroîtra pas la protection ou la sécurité », a affirmé George Ghali.
« Nous pensons que les violations constantes et systématiques des droits de l’homme alimentent un environnement propice à la radicalisation. »
Depuis le raid du 30 juin, les médias et les défenseurs des droits de l’homme se sont vu refuser l’accès à Ersal, que l’armée libanaise considère comme une zone de sécurité.
Si certaines des personnes arrêtées ont été libérées, les observateurs sont préoccupés par le sort des nombreux prisonniers qui risquent de disparaître dans l’appareil de sécurité opaque du Liban.
« Il ne fait aucun doute qu’il y a encore des prisonniers », a affirmé Bassam Khawaja de Human Rights Watch.
Bien qu’il n’existe aucune preuve de retours forcés vers la Syrie, il indique que l’accès des avocats ou des familles aux personnes détenues par l’armée libanaise est systématiquement « très difficile ».
Le 10 juillet, le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a précisé que l’enquête de l’armée sur les décès en détention serait terminée dans « deux ou trois jours ».
Mais les résultats n’ont pas encore été divulgués.
« L’armée mène une enquête claire et transparente sur cette question et personne ne devrait en douter car l’armée est plus préoccupée par la sécurité des citoyens et des civils que quiconque », a-t-il affirmé.
« Par ailleurs, toute remise en question de l’enquête menée par le commandement de l’armée est inacceptable. »
Une source militaire libanaise a indiqué à MEE n’avoir aucune autre information à communiquer que celles fournies par les déclarations émises précédemment. L’armée a jugé que les allégations de torture étaient « infondées ».
Elle a refusé de répondre aux questions de MEE quant à la confirmation du nombre de victimes suite au raid sur Ersal, au nombre de personnes toujours en détention ou aux éventuelles mesures visant à améliorer la transparence.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/exclusif-l-arm-e-libanaise-accus-e-de-torturer-des-r-fugi-s-syriens-1885927646

 

Et il en reste des centaines de milliers


Bachar al-Assad a promulgué un décret d’amnistie … à l’insu du nombre de détenus dans les prisons

Voulant se présenter, maintenant qu’il a été réélu pour un nouveau mandat de sept ans, comme le champion de la “réconciliation” et de la main tendue, Bachar Al-Assad a décrété, selon la télévision d’Etat, une “amnistie générale” pour tous les “crimes” commis jusqu’à ce lundi

Syria Torture (Report 2011-2013)

Syria Torture (Report 2011-2013) –

 

 

Deux jours après son élection, Bachar al-Assad promulgue  un décret accordant une amnistie générale pour les “crimes” commis avant la 9 Juin 2014.
Le décret est venu après la libération de centaines de détenus retenus dans les prisons du régime, la plupart des habitants des faubourgs de Damas.
Une source du ministère de l’Administration locale à Damas a annoncé : que Bachar al-Assad a promulgué un décret pour libérer les détenus, il y a deux jours, afin de donner de la crédibilité aux « comités de réconciliation » des faubourgs de Damas.
La source a ajouté: la récente libération des détenus ont eu lieu à travers les comités dit de réconciliation qui étaient en contact avec « Hussein Makhlouf » le gouverneur de la campagne de Damas, qui exécute un plan délibéré pour faire respecter l’armistice, coordonné avec le commandant de la Garde républicaine et les chefs des services de sécurité.

La source a, cependant, minimisé l’importance de l’arrêté, pour quelque raison, qui est que Bachar al-Assad personnellement ne possède pas de statistiques complètes des nombres de détenus, ainsi que ceux se trouvant dans les prisons des « Shabeeha » et des « comités populaires » dont les moukhabarat d’Al-Assad eux mêmes ne connaissent pas parfois leurs nombres exact.

 

Prison centrale d'Alrp une fillette de 5 -6 ans s'y trouve depuis avant la révolution - 2014.

Prison centrale d’Alep une fillette de 5 -6 ans s’y trouvait depuis avant la révolution – Alep 2014.

 

 

 

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