Soleimani: une opération sans précédent pour l’armée américaine


Non-à-lingérence-iranienne-dans-le-monde-arabe

Suleimani-apparait-dans-les-décombres-de-la-ville-d'Alep-17-décembre-2016Soleimani-apparait-dans-les-décombres-de-la-ville-d’Alep -à-côté-d’un-gradé-de l’armée-du régime-de-Bachar-Al-Assad-17-décembre-2016

Soleimani: une opération sans précédent pour l’armée américaine

AFP-3 janv 2020

AFP / AHMAD AL-RUBAYE Un slogan en arabe “mort à l’Amérique” est dessiné sur le sol à Bagdad, le 3 janvier 2020

Le raid américain sans précédent dans lequel le général iranien Qassem Soleimani a été tué vendredi à Bagdad ouvre une période d’incertitude pour les Etats-Unis et leurs alliés dans la région, et suscite de nombreuses questions.

Comment l’opération a-t-elle été menée?

Le Pentagone est resté vague sur l’opération elle-même lorsqu’il a reconnu dans un communiqué avoir mené cette action sur ordre du président Donald Trump. Mais selon plusieurs médias américains, elle a été menée par un drone américain qui a frappé deux véhicules convoyant Soleimani, dirigeant des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la république islamique, sur une route d’accès à l’aéroport international de Bagdad.

Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires majoritairement pro-Iran désormais intégrés à l’Etat irakien, est également mort dans ce bombardement.

Ce style d’assassinat de militaires étrangers fait davantage penser aux méthodes de l’armée israélienne qu’à celle des militaires américains, qui organisent d’habitude avec précision des opérations de leurs forces spéciales quand ils veulent éliminer des personnes recherchées comme Oussama Ben Laden ou, plus récemment, le leader du groupe Etat islamique Abou Bakr Al-Baghdadi.

Pourquoi aujourd’hui?

Les Etats-Unis suivaient depuis des mois les déplacements du général Soleimani de près et auraient pu le tuer bien avant. Le Pentagone a expliqué que le général iranien “préparait activement des plans pour attaquer des diplomates et des militaires américains en Irak et à travers la région”.

AFP / Janis LATVELS Mini bio du général Qassem Soleimani, en charge des opérations extérieures de la République islamique, tué à Bagdad dans un raid américain.

Plus tôt, le ministre américain de la Défense Mark Esper avait prévenu que les États-Unis n’hésiteraient pas à prendre des mesures “préventives” s’ils avaient vent de nouvelles attaques en préparation.

Il avait prévenu que la mort la semaine dernière d’un sous-traitant américain dans une attaque à la roquette sur une base de Kirkouk (nord) attribuée à une faction pro-iranienne avait “changé la donne”.

Quelles conséquences?

D’ores et déjà, les prix du pétrole ont bondi de plus de 4% après l’annonce de la mort de Soleimani, les marchés craignant une escalade des tensions dans la région.

AFP / Les relations et interventions de l’Iran au Moyen-Orient

L’Iran a promis de se venger, de même que le mouvement chiite libanais Hezbollah qui s’est engagé à “apporter le juste châtiment aux assassins criminels (…) dans le monde entier”.

Les nombreux groupes pro-iraniens de la région, pourraient lancer des attaques contre des bases américaines dans les Etats du Golfe, ou contre des pétroliers ou des navires marchands dans la région du détroit d’Ormuz que Téhéran peut fermer à tout moment

Ils pourraient viser les nombreuses bases où l’armée américaine est déployée en Irak, en Syrie, d’autres ambassades américaines dans la région, ou s’attaquer à des alliés des Etats-Unis comme Israël ou l’Arabie saoudite, voire des pays européens.

Pour Kim Ghattas, du Carnegie Endowment for International Peace, il est difficile de savoir comment la situation va évoluer.

“Une guerre? Le chaos? Des représailles limitées? Rien? Personne ne sait vraiment, ni dans la région, ni à Washington, parce que ceci est sans précédent.”

Quelles mesures de sécurité?

Les États-Unis ont envoyé plus de 14.000 militaires en renfort dans la région ces derniers mois, et ils ont annoncé l’envoi de 500 hommes de plus après l’attaque contre leur ambassade à Bagdad.

Jeudi, M. Esper a indiqué qu’un bataillon de 4.000 hommes avait reçu l’ordre de se tenir prêt et qu’ils pourraient être déployés dans les prochains jours.

AFP / Ali DIA Des véhicules des Nations Unies patrouillent dans la région du Golan, frontalier avec le Liban et la Syrie, le 3 janvier 2020

Les Etats-Unis ont actuellement 5.200 militaires déployés en Irak, officiellement pour “assister et former” l’armée irakienne et pour éviter une résurgence du groupe Etat islamique. Leurs effectifs globaux au Moyen-Orient s’élève à 60.000 personnes.

L’ambassade américaine a appelé les ressortissants américains résidant en Irak à quitter le pays au plus vite.

Israël a fermé une station de ski sur les flancs du Golan, une région annexée à la frontière de la Syrie et du Liban.

The Guardian: l’Occident a laissé l’Irak une terre à conquérir à l’Iran


Khamenaï-Hors-de-Syrie-2

Le journal britannique Guardian s’est attaqué à l’Occident, en particulier aux Etats-Unis et à l’Angleterre, affirmant qu’ils avaient laissé l’Irak une terre à conquérir à l’Iran, qui contrôle désormais les vies en Irak, en particulier après le départ de la plupart des troupes américaines en 2011.

Elle a ajouté que l’Occident manifestait une indifférence vis-à-vis des manifestations en Irak, qui exigent des réformes politiques et luttent contre la corruption et la démocratie, malgré l’assassinat de plus de 250 personnes et des milliers d’autres blessés.

La détermination de l’Iran à soutenir le gouvernement impopulaire irakien ne présage rien de bon pour la démocratie au Moyen-Orient.

Elle a ajouté que, bien que les responsables iraniens aient affirmé ne pas avoir l’ambition de restaurer l’empire persan au Moyen-Orient et que contrairement aux États-Unis, il n’est pas une puissance impériale, cela ne semble pas être le cas pour de nombreux observateurs.

Au Liban, l’Iran entretient des liens financiers et militaires étroits avec le Hezbollah, qui a été au centre des manifestations de rue en colère la semaine dernière.

Il n’est pas facile non plus de croire que l’Iran soit un pays ami travaillant pour aider ses voisins, avec son soutien à l’insurrection houthie au Yémen, où le bilan des morts en quatre ans atteint 100 000 personnes.

Le contrôle des Gardes de la révolution sur les institutions de l’Etat iranien et ses relations étroites avec le guide suprême Ali Khamenei et les principaux dirigeants du brigadier général des gardiens de la révolution Qasem Soleimani, qui dirige la corps Al-Qods, la main exécutante de la garde hors d’Iran.

(…)
La responsabilité de l’Occident
Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, nombreux sont ceux qui pensent que la page de l’Irak a été tournée, mais ce n’est pas le cas. Les pays occidentaux qui ont agi cruellement et illégalement d’imposer un changement de régime à l’Irak, et donc de contrôler et de gérer ses affaires, ont la responsabilité constante de contribuer à son intégrité démocratique et sa libération du terrorisme et sa viabilité économique et sociale.

Cette responsabilité concerne principalement le peuple irakien, qui réclame avec force un nouveau départ. Quelque 250 personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées, les manifestants insistant sur la démocratie juste promise en 2003.
Le Guardian a déclaré qu’un tel massacre, s’il se produisait à Hong Kong ou à Barcelone, les cris auraient assourdi les oreilles, et s’est demandé: Où est cette revendication d’un grand intérêt pour l’Irak?

Non-à-lingérence-iranienne-dans-le-monde-arabe

الغارديان: الغرب ترك العراق لقمة سائغة لإيران

متظاهرون في بغداد يغلقون الطرق ويشعلون إطارات السيارات (رويترز)
متظاهرون في بغداد يغلقون الطرق ويشعلون إطارات السيارات (رويترز)

هاجمت صحيفة الغارديان البريطانية الغرب، وتحديدا الولايات المتحدة وبريطانيا، وقالت إنهم تركوا العراق لقمة سائغة لإيران، التي باتت تسيطر بشكل كبير على مفاصل الأمور في العراق، خاصة بعد خروج معظم القوات الأميركية منه عام 2011.

وأضافت أن الغرب أبدى عدم مبالاة للاحتجاجات في العراق، التي تطالب بإصلاحات سياسية ومحاربة الفساد وتحقيق الديمقراطية، رغم مقتل أكثر من 250 شخصا وإصابة آلاف آخرين.

وتقول الصحيفة إن تصميم إيران على دعم حكومة العراق غير الشعبية لا يبشر بالخير للديمقراطية في الشرق الأوسط.

وأضافت أنه رغم تأكيد المسؤولين الإيرانيين أنه ليست لهم مطامع لإعادة الإمبراطورية الفارسية في الشرق الأوسط، وإنها عكس الولايات المتحدة ليست قوة إمبريالية، فإن الأمر لا يبدو كذلك بالنسبة للعديد من المراقبين.

ففي لبنان -حسب الصحيفة- لإيران صلات مالية وعسكرية وثيقة بحزب الله، الذي كان محور الاحتجاجات الغاضبة في الشارع الأسبوع الماضي.

وأضافت الصحيفة أنه ليس من السهل أيضا تصديق كون إيران دولة صديقة تعمل من أجل مساعدة الجيران، مع دعمها حركة التمرد الحوثي في اليمن، حيث بلغ عدد القتلى في أربع سنوات في الحرب مئة ألف شخص.

وأكدت سيطرة الحرس الثوري على مؤسسات الدولة الإيرانية، وعلاقته الوطيدة بالقائد الأعلى الإيراني علي خامنئي، وأن من أبرز قادة الحرس الثوري اللواء قاسم سليماني الذي يقود فيلق القدس؛ يد الحرس خارج إيران.

سليماني في بغداد
وترى الصحيفة أن ظهور سليماني في بغداد الأسبوع الماضي لم يكن غريبا، بعد أن طالبت مظاهرات حاشدة في بغداد ومدن عراقية أخرى بالإطاحة بالحكومة التي يرأسها عادل عبد المهدي، والتي تعزو الفضل لطهران في وصوله للمنصب.

وكان التفسير الرسمي الإيراني لزيارة سليماني لبغداد، هو أن أمن العراق مهم بالنسبة لإيران، وقال مسؤول إيراني (طلب عدم الكشف عن هويته) “إن سليماني يزور العراق ودولا إقليمية أخرى بانتظام، خاصة عندما يطلب حلفاؤنا المساعدة”.

وقالت الصحيفة إن سليماني في الواقع جاء للتقريع في أعقاب تهديدات زعماء الشيعة الرئيسيين بالتخلي عن عبد المهدي.

وبدا للصحيفة أن سليماني نجح في إصلاح بعض الأمور، مستدلة على ذلك بتراجع طرح استقالة عبد المهدي، وهو ما رأت أنه لا يبشر بالخير، حيث خرجت بعد يومين من تدخله في بغداد أكبر مظاهرة مناهضة للحكومة حتى الآن.

النخبة الحاكمة
وقالت الصحيفة إن المتظاهرين طالبوا هذه المرة بالتخلص بصورة جذرية من النخبة الحاكمة في العراق، بغض النظر عن الولاءات الطائفية والعرقية، وبوضع حد للتأثير الإيراني.

وهذا التحدي الذي تطرحه المظاهرات لم يسبق له مثيل في مرحلة ما بعد سقوط الرئيس الراحل صدام حسين، وأنه لا يطرح مشكلة لطهران فحسب، بل هو مشكلة وجودية لنظام تقاسم السلطة الثلاثي (شيعة وسنة وأكراد) الهش في العراق، الذي تم تأليفه بعد الغزو الأميركي عام 2003، كما ترى الصحيفة.

ويأتي هذا التحدي –حسب الصحيفة- بعد أن فشل قادة العراق في توفير الضروريات الأساسية، مثل المياه النظيفة والكهرباء، وفي وقت يفتقر فيه شباب العراق إلى الفرص والوظائف، وأصبح السياسيون، سواء كانوا من العرب السنة أو الشيعة أو الأكراد ينظر إليهم على نطاق واسع باعتبارهم فاسدين وغير أكفاء.

وعلقت الصحيفة بأن مثل هذه الإخفاقات المستمرة يصعب تبريرها في بلد يمثل ثاني أكبر منتج للنفط في منظمة أوبك، ولديه 12% من احتياطي النفط العالمي، وإن كان العراق ما زال في مرحلة التعافي من الاحتلال الأميركي ومحاربة تنظيم الدولة الإسلامية.

مسؤولية الغرب
ومع أن كثيرين في الولايات المتحدة وبريطانيا يرون أن صفحة العراق قد طويت، فإن الأمر ليس كذلك، إذ إن الدول الغربية التي تصرفت بقسوة وبشكل غير قانوني لفرض تغيير النظام على العراق، ومن ثم السيطرة على شؤونه وإدارتها، تتحمل مسؤولية مستمرة للمساعدة في ضمان سلامته الديمقراطية، وتحريره من الإرهاب، وقابليته الاقتصادية والاجتماعية للحياة.

وقالت الصحيفة إن هذه المسؤولية تمتد في المقام الأول إلى الشعب العراقي الذي يطالب بصوت عال ببداية جديدة، حيث قتل نحو 250 شخصا وجرح الآلاف بسبب إصرار المتظاهرين على نيل الديمقراطية العادلة التي وعدوا بها عام 2003.

وعلقت غارديان بأن مثل هذه المذبحة لو حدثت في هونغ كونغ أو برشلونة لأصمت الضجة الآذان، وتساءلت: أين هذا الادعاء بالاهتمام الكبير من العراق؟

المصدر : غارديان

Khamenei accuse des manifestants Irakiens et Libanais et menace


 

Non-à-lingérence-iranienne-dans-le-monde-arabe

Khamenai accuse des manifestants Irakiens et Libanais et menace

Téhéran (Reuters) – Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a accusé mercredi les Etats-Unis et l’Arabie saoudite d’alimenter les troubles au Liban et en Irak, affirmant que Téhéran était au courant de la situation dans ces pays, car il devait contrecarrer une ingérence étrangère similaire dans son pays.

Il a été transcrit sur son site internet : “Les services de renseignement américains et occidentaux provoquent des troubles, avec le soutien financier de pays réactionnaires de la région”, son intervention devant des diplômés des collèges militaires.

خامنئي يتهم متظاهري العراق ولبنان ويهدد

اتهم الزعيم الأعلى الإيراني أية الله علي خامنئي يوم الأربعاء الولايات المتحدة والسعودية بإذكاء الاضطرابات في لبنان والعراق قائلا إن طهران تدرك الوضع في هاتين الدولتين لأنها اضطرت لإحباط تدخلات أجنبية مشابهة في الداخل.

ونقل عنه موقعه الالكتروني قوله لخريجين من الكليات العسكرية ”أجهزة المخابرات الأمريكية والغربية، تثير الاضطرابات، بدعم مالي من دول رجعية في المنطقة“.

Après le « califat » de l’EI en Irak et en Syrie, l’Iran, maître du jeu régional – كيف ترسخ إيران نفوذها في سوريا


20170111-hommes-au-pistolet-d-or-2

Après le « califat » de l’EI en Irak et en Syrie, l’Iran, maître du jeu régional

« Après le califat » (3|5). La guerre engagée depuis juin 2014 contre l’organisation Etat islamique a permis à Téhéran d’étendre fortement leur influence en Syrie et en Irak.

LE MONDE | le | Par Allan Kaval (Erbil, correspondance) et Louis Imbert

Le commandant  Ghassem Soleimani lors de l’offensive contre les troupes de l’Etat islamique à Tal Ksaiba (Irak), le 8 mars 2015.

« Le roi Soleiman ». En ce 21 novembre, le quotidien iranien Afkar tressait une couronne au général Ghassem Soleimani à sa « une ». Cet officier iranien, figure éminente des gardiens de la révolution et patron de la force Al-Qods, un contingent d’élite voué aux opérations extérieures, venait de se rendre maître d’Al-Boukamal, une bourgade syrienne située aux confins de la vallée de l’Euphrate. A la tête d’une troupe expéditionnaire, il avait chassé l’organisation Etat islamique (EI) de la dernière ville de Syrie : ses hommes pouvaient multiplier les selfies en faisant jonction avec des forces irakiennes alliées, sur la frontière.

Ce « corridor terrestre » relie trois capitales arabes sous emprise iranienne – Bagdad, Damas, Beyrouth –, selon un axe orienté vers la MéditerranéeAprès trois ans de combats contre l’EI dans ces deux pays, Soleimani avait l’honneur de proclamer la « victoire » finale contre les djihadistes, dans une lettre ouverte adressée au Guide suprême iranien, Ali Khamenei.

Quelques jours plus tôt, Javan, le quotidien des gardiens, avait publié une tribune résumant l’enjeu de cette bataille : « La libération d’Al-Boukamal signifie l’achèvement du corridor terrestre de la résistance, qui ouvrirait à Téhéran un accès terrestre à la mer Méditerranée et à Beyrouth : un fait notable dans l’histoire millénaire de l’Iran. » Entre les lignes du texte triomphal, pointait comme une nostalgie impériale…

Ce « corridor terrestre » relie trois capitales arabes sous emprise iranienne – Bagdad, Damas, Beyrouth –, selon un axe orienté vers la Méditerranée. C’est une zone d’influence plutôt qu’une véritable autoroute, comme certains critiques de Téhéran aiment pourtant le laisser croire. Il est d’ailleurs étonnant de lire ce terme aux accents coloniaux dans un journal iranien.

L’Etat islamique, menace pour le « croissant chiite »

(….)
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/12/28/l-iran-maitre-du-jeu-regional_5235123_3218.html

لوموند: كيف ترسخ إيران نفوذها في سورية بعد القضاء على “داعش”؟ 

باريس ــ محمد المزديوي

29 ديسمبر 2017

الحرب التي اندلعت في شهر يونيو/ حزيران 2014 ضد تنظيم “داعش” الإرهابي أتاحت لإيران توسيع تأثيرها في سورية والعراق، تلك الخلاصة التي يحاول مقال طويل في صحيفة “لوموند” تحليل مساراتها. وينطلق المقال من تخصيص صحيفة “أفكار” الإيرانية غلافها للجنرال قاسم سليماني، بهذا العنوان الموارب: “الملك سليمان”، مبرزة صورة للمسؤول عن العمليات الخارجية في الحرس الثوري، أثناء زيارته لمنطقة البوكمال السورية٠
وكان الجنرال الإيراني على رأس قوات ساهمت في طرد تنظيم “داعش” من آخر مدينة في سورية، وهو ما عبّرت عنه صُوَر “سيلفي” تبادلها جنودُ هذه القوات مع قوات عراقية حليفة على الحدود مع سورية. وترى الصحيفة الفرنسية أنه بعد ثلاث سنوات من القتال ضد “داعش” في هذين البلدين، منح الجنرال الإيراني نفسَه شرَف الإعلان عن “نصر” نهائي ضد التنظيم المتطرف، في رسالة “مفتوحة” موجهة إلى المرشد الأعلى الإيراني٠
وكانت صحيفة “جافان”، المقربة من الحرس الثوري، قد نشرت قبلها بأيام، مقالاً يُلخّص رِهان هذه المعركة، حين كتبت: “إن تحرير البوكمال يعني الانتهاء من المسلك البري للمقاومة، الذي سيفتح أمام طهران ممراً برياً إلى البحر المتوسط وإلى بيروت: إنه حدث كبير في تاريخ إيران الألفي”. وهو ما جعل صحيفة “لوموند” ترى ما بين سطور النص “حنيناً إمبراطورياً”٠
هذا المسلك البري يربط بين ثلاث عواصم عربية تحت التأثير الإيراني: بغداد، دمشق، بيروت، ضمن محور مُوجَّه نحو البحر المتوسط. ويتعلق الأمر بمنطقة نفوذ أكثر مما يتعلق بطريق سيّار حقيقي، كما يحلو لبعض المعلقين في طهران أن يقول. وتتعجب صحيفة “لوموند” الفرنسية من ورود “هذه التعبيرات ذات الرنة الكولونيالية في صحيفة إيرانية”٠
وتعود الصحيفة الفرنسية إلى الماضي، حين أطلق العاهل الأردني، الملك عبد الله الثاني، تعبير “الهلال الشيعي”، بعد سقوط صدام حسين، سنة 2003. وتكتب أن “الهلال” مثل “المسلك”  تقريباً، الأمر سيان؛ أي صعود كبير لقوة إيران، المتنافسة مع ممالك الخليج العربي. وتضيف بأن الإيرانيين يطرحون، بإلحاح، منذ سنوات الثمانينيات من القرن الماضي، “محور المقاومة لإسرائيل، العدو الأصلي، وللولايات المتحدة، وحلفائها العرب في الخليج”٠ 
وترى الصحيفة الفرنسية أن عناصر “داعش” أوشكوا أن يدمروا، سنة 2014، هذا المخطط الإيراني الكبير، حين اكتسحوا محافظات تقطنها غالبية من السنّة في العراق. وكانت بغداد وكردستان، حينها، مهددتين، فأرسلت إيران على الفور مساعدتها ومستشارين عسكريين وأسلحة. أما الولايات المتحدة الأميركية، التي سحبت قواتها من هذا البلد سنة 2011 والتي سمحت لإيران أن تفرض نفسها كقوة وصيّة، فانتظرت ثلاثة أشهر قبل أن تقرر التدخل٠
تنظيم “داعش”، كما يرى معدّ التقرير، يمثل بالنسبة للإيرانيين “تهديداً وجودياً”، ولكن ما إن تجاوزت إيران فزَعَ الأشهر الأولى حتى منحتها هذه الحربُ فرصة تاريخية. فالدعوة التي أطلقها علي السيسيتاني للتعبئة ضد “داعش”، في يونيو/ حزيران 2014، منحت للمليشيات العراقية الوفية لإيران فرصة التقدم كطليعة لاستعادة الأراضي.

هؤلاء “الأوفياء” (أفراد المليشيات الشيعية) الذين تكوّنوا مطلع الألفية الثانية خلال مقاومة الاحتلال الأميركي، ثم في الحرب الأهلية التي نشبت إثر ذلك؛ كان العراقيون، إلى وقت قريب، يَعتبرونهم “مُجرمين ومثيري فتن”، كما تشرح الصحيفة، “ولكن السيستاني، الذي لا يحبهم، منحهم بركته، فحصلوا على شرعية وطنية، وبعد ثلاث سنوات من الحرب هزموا خلافة داعش”٠
وبعد أن عادت الحكومة العراقية إلى المناطق السنية في البلد، فإن وجود هذه المليشيات الشيعية رسم محيط منطقة تأثير إيرانية جديدة بصدد التشكل، وهي تمتد من محافظة ديالى، على الحدود الإيرانية، إلى محافظة الموصل، المتاخمة لسورية. وهي تغطي قطاعات سنية في أغلبها، أو مختلطة تمتد من الجنوب الشرقي إلى الشمال الغربي، على تخوم إقليم كردستان. تلك ما تصفها “لوموند” بـ”المراحل الأولى من المسلك الإيراني في الشرق الأوسط”٠
وهنا، يقول عضو استخبارات كردي عراقي وثيق الصلة بالنظام الإيراني، للصحيفة الفرنسية: “إن إيران ورجالها في العراق، من الناحية السياسية، هم الفائزون الرئيسيون في الحرب ضد داعش”، ويضيف: “في المناطق المحرَّرة، تختار المليشيات المؤيدة لإيران زعماء القبائل أو الوجهاء المحليين، الذين ينشئون مجموعاتهم المسلحة الخاصة بهم في إطار الحشد الشعبي، وهو ما يسمح لهم بإدارة المؤسسات المحلية، مقابل خدمة المصالح الإيرانية. وفي المناطق التي تنهشها الصراعات، لا يوجد حلّ من أجل الحصول على راتب سوى العمل في المليشيا المحلية”٠

أرخبيل من الأقليات الشيعية
ترى الصحيفة، كذلك، أن إيران تنشر استراتيجية تأثيرها، أحياناً، على مستوى “ميكروسكوبي”، أي داخل القبيلة والبلدة أو الحي، وتسهر على ذلك الكوادر العليا لـ”الحشد الشعبي”، مثل هادي العامري وأبو مهدي المهندس. وتضيف “لوموند” أن النتائج التي يريدها العامري تكرّست في ولاية ديالى، على الحدود الإيرانية، حيث تسببت هزيمة “داعش” في إنهاء ما بدأه سنة 2003، وهو “تقليم أظافر السُنّة في هذه المُحافَظَة المختلطة”٠
والنتيجة، هي كما يرويها عضو استخبارات كردي مرتبط بعلاقات وثيقة مع وجوه قبليّة سنية معارضة للتوسع الإيراني: “العنصر القبلي استخدم في ديالى من قبل السنة لطرد بعض العائلات المعارضة أو للتوليف بينها. ولكن بعد هزيمة داعش، أصبح رؤساء القبائل مرغمين على الخضوع أو الرحيل”. وهي سياسة جرت أيضاً في ولاية صلاح الدين، المجاورة، بعد الاستيلاء على عاصمتها تكريت، في ربيع 2015. ويضيف هذا المسؤول الكردي: “لقد سهّل القتال ضد داعش المهمة، إذ يكفي تقديم الشخصيات السنية التي لا تتحالف مع الشيعة باعتبارها داعمة للإرهاب حتى تتعرض للتهميش أو التصفية”٠
إذن، اعتمد المعسكر الموالي لإيران على أرخبيل من الأقليات الشيعية المتفرقة في شمال العراق، خصوصاً في المناطق المتنازع عليها بين الأكراد والحكومة المركزية. وهو ما يدفع مقاتلين شيعة، لإخراج رؤوسهم، والجهر بالوضع الجديد: “قبل مجيء داعش كان الأكراد يسيطرون على المنطقة، ونحن، اليوم، مسلحون ومنظمون، ونمثل سلطة الحكومة المركزية العراقية في مواجهتهم. فإما أن يتعاونوا وإما أن يطردوا، في يوم أو آخر”٠
كما أن كوادر كتائب “بدر”، التي تترك مهمة السيطرة على الشوارع للجيش والشرطة العراقيين، تهتمّ بملء الفراغ السياسي الذي تركه الأكراد، حكام المدينة منذ سقوط صدام حسين، سنة 2003. وهم من سيقوم بتنظيم شبكات جديدة من الزبائنية بين القبائل السنية. في انتظار أن توطد الانتخابات المقبلة سيطرتهم على المؤسسات المحلية، وتقوي مكانتهم في المنطقة٠ 

لمعسكر المنتصرين جاذبية
وبعد أن كان بترول كركوك تحت الهيمنة الكردية، يُصدَّر نحو تركيا عبر أنابيب، فقد وقع الآن، في قسمه الأكبر، تحت سلطة بغداد. وهو ما يدفع مدير تحرير المجلة المتخصصة “Iraq Oil Report”، بِين فان هوفيلين، إلى القول: “هذا التطور يصب في مصلحة العراق، أولًا، ثم مصلحة إيران، ثانيًا”. لأن كردستان العراق “أكثر ضعفًا وأقل ارتباطًا بالمصالح التركية منذ أن أعادت الحكومة الفدرالية السيطرة على الحقول النفطية في كركوك. إنه تطور إيجابي من وجهة نظر طهران”٠

ولكن في اتجاه الغرب، تقطع مدينة الموصل المسار التوسعي لإيران وحلفائها نحو الصحراء السورية العراقية. فالمعقل السني، وهو ثاني مدينة في العراق، والعاصمة السابقة لـ”داعش”، لم يكن لقمة سهلة، ودامت معركة استعادته تسعة أشهر٠
وتتحدث الصحيفة الفرنسية عن خليط من المليشيات التي شاركت في معركة الموصل، التي تشتغل لديها الأيديولوجية الإيرانية بشكل سريع، والتي أصبح أفرادُها يُقسمون بوفائهم للمرشد ولعقائد الثورة الإيرانية. كما أن إيران، باعتمادها على حكام محليين، تستطيع أن تلعب دورَ الوسيط، وتساهم في حل الصراعات التي لا يمكن تلافيها بين شركائها٠

مواقف الرئيس ترامب
لم يُخفِ دونالد ترامب، منذ وصوله إلى البيت الأبيض، إرادته في طرد التأثير الإيراني من المنطقة. ولكن لم يظهر للعلن أي إجراء محسوس في العراق، ولا في سورية، على الرغم من نشر الولايات المتحدة للقوة الجوية الرئيسية في المنطقة ضد “داعش” الإرهابي. وهذه القوة النارية تنتظر أن تصوغَ أميركا سياسة جديدة من أجل سورية، بداية 2018٠

ولكن دبلوماسيًا في باريس يصرح للصحيفة: “الصقور في الولايات المتحدة الأميركية يريدون وضع إيران في علبتها. ولكنه موقف أيديولوجي لا يعني شيئاً. ومن الطبيعي أن إيران تمارس تأثيراً”٠

تأثير إيران و”حزب الله” في أوضاع سورية
هذا التأثير، كان ثمرة خمس سنوات من دعم إيران لرئيس النظام السوري، بشار الأسد، ضد الثورة، إلى جانب حليفها اللبناني، “حزب الله”، الذي يستمد بقاءه من سلاح وأموال وعتاد إيران الذي يصله عن طريق سورية منذ ثمانينيات القرن الماضي. وتكتب الصحيفة الفرنسية، نقلاً عن نائب إيراني سابق، هو إسماعيل كوثري، أن نصر الله سافر إلى طهران، سنة 2012، أي بعد 9 أشهر من بداية الحرب الأهلية في سورية، لإقناع المرشد بوضع كل ثقله في معركة، حُكِمَ عليها، حينئذ، بأنها خاسرة٠ ومنذ هذا التاريخ، خسرت إيران 500 جندي في سورية، فيما تعتبر خسائر حزب الله أكبر: أكثر من 1200 قتيل، بحسب مركز أبحاث أميركي. إضافة إلى نحو ألف شخص من المليشيات الأفغانية والباكستانية التي تعمل تحت قيادة إيرانية، ومائة عراقي على الأقل٠
ولعل دور هذه المليشيات الحاسم في سورية هو الذي جعل الجنرال الإيراني لا ينسى، في 20 نوفمبر/ تشرين الثاني، وهو يعلن الانتصار على “داعش”، أن يُشيد بـ”تضحيات” القتلى من مختلف المليشيات. ولكن الصحيفة الفرنسية ترى أن الجنرال نسي أن يشير إلى أن هؤلاء حاربوا، قبل كل شيء، مُعارضي الأسد، ثم حاربوا “داعش”، في وقت متأخر، وبدرجات أقل٠
وفي الوقت نفسه، تتساءل المعارضة السورية وداعموها الأجانب وإسرائيل: “هل ستسحب إيران تشكيلاتها العسكرية؟”، وهو ما عناه رئيس الحكومة الإسرائيلي، في خطابه في سبتمبر/أيلول، حين حذّر طهران من أن “إسرائيل ستتحرك من أجل منع إيران من إقامة قواعد عسكرية دائمة في سورية، تنتج فيها أسلحة فتاكة، وتفتح جبهات جديدة من الرعب ضد إسرائيل على طول حدودنا الشمالية”٠
ولم تتأخر التهديدات الإسرائيلية، كما تقول “لوموند”، ففي 2 ديسمبر/ كانون الأول ضربت صواريخ إسرائيلية مخازن عسكرية في مدينة الكسوة، على بعد عشرة كيلومترات جنوب دمشق. وحسب مصدر استخباراتي غربي فإن إيران بصدد تشييد قاعدة دائمة هناك، على موقع للجيش السوري٠

أهداف وسياسات إيران في سورية

وتتساءل صحيفة “لوموند”: “هل كانت إيران، حقًا، في حاجة إلى بذر ثكنات عند كل كيلومتر في هذا المسلك؟ وتجيب: لقد خاض مقاتلوها الحرب من دون منشآت عسكرية خاصة بهم، بالاعتماد على قواعد الجيش السوري”٠
وتكشف أنه “منذ سنة 2012، لم يوفر الإيرانيون جُهداً من أجل الولوج في الجهاز الأمني لهذا البلد. ومثل ما حدث في العراق، ضمّوا مليشيات سورية تعمل في مختلف الأجهزة الأمنية في دمشق”٠

ذلك ما يؤكده الباحث السوري خضر خضور، حين يقول: “لقد استثمر الإيرانيون في شبكات النظام. ولم يكن هدفهم هو الحفاظ على حضور عسكري، وعلى قواعد في البلد على المدى الطويل، بل الحفاظ على وجود في هذه الأجهزة”٠
وأما الدبلوماسي الذي سألته “لوموند” والذي لم تكشف الصحيفة اسمه، فرأى أن “الإيرانيين ليست لديهم الرغبة في اجتياح سورية، بل يأملون في أضعف حضور عسكري ممكن”، حتى ولو اضطرهم الأمر إلى ممارسة ضغوط على بشار الأسد لضمان أماكن جيدة لحلفائهم المحليين. وفي نهاية نوفمبر/ تشرين الثاني، أكد قائد الحرس الثوري، محمد علي جعفري، أن الأسد يعرف أنه “مَدينٌ للمليشيات الشعبية”. ويرى العسكري الإيراني، في تصريحه، الذي تورده “لوموند”، أن “الدكتاتور يدرك أن دعمهم له أصبح، من الآن فصاعدًا، لا غنى عنه”، وهو ما يعني أنه “سيمنح، بالتأكيد، صبغة مؤسسية، لهذه المليشيات، حتى تظل مفيدةً في وجه تهديدات مستقبلية”٠
ويأمل حرس الثورة، كما يقول جعفري، أن يقوم حلفاؤه بتأمين ورشات إعادة البناء في سورية. لأن الشركات التابعة للحرس تمتلك مُعايَنَةً مشهوداً لها في ما يخص الأشغال العمومية. وتنقل “لوموند”، في هذا الصدد، مقولة لبيير رازو، مدير أبحاث في معهد البحث الاستراتيجي في المدرسة العسكرية في فرنسا: “إن مستوى توسع حرس الثورة في سورية يطرح نقاشاً داخل الدولة الإيرانية نفسها. فبعضهم يرى أن على حرس الثورة أن يركز جهوده في إيران، إذ قام داعش بأول هجوم إرهابي له في يونيو/ حزيران، في طهران”٠

حزب الله
قليل من المراقبين فقط من يتوقع أن يغادر “حزب الله” سورية، ما دام أن الجيش السوري لا يزال ينقصه مقاتلون. وتكتب لوموند أن “محور المقاومة يمرّ عبر القصير، قرب الحدود اللبنانية. كما أن حزب الله حاضرٌ، أيضاً، على الطريق التي تربط دمشق ببيروت، كما يراقب، منذ فترة طويلة، المطار”٠
ذلك ما يعني أن “حزب الله يمتلك، بفضل حضوره في سورية، عمقًا استراتيجيًا ثمينًا في حال نشوب صراع جديد مع إسرائيل؛ ولهذا فإن حجم “الحدود” مع الدولة العبرية تضاعف، بفضل الحرب الأهلية في سورية”٠
وفي نوفمبر/ تشرين الثاني، تفاوضت موسكو مع واشنطن وعمّان حول “منطقة حظر” جنوب سورية، وهو ما يمنح حدودًا لأول اتفاق أبرم في يوليو/ تموز. ذلك ما توضحه “لوموند” بكونه “يضمن لإسرائيل أن يبقى حزب الله وحرس الثورة الإيراني بعيدين عن المنطقة التي تمتد إلى حدود ثلاثين كيلومترًا من هضبة الجولان، الواقعة تحت السيطرة الإسرائيلية”، إلا أن إيران، كما تؤكد “لوموند”: “تحافظ على روابط مع مجموعات محلية حليفة، وهو ما جعل إسرائيل تهدد بضربها”٠
ولا يقتصر القلق على إسرائيل، فمحللون عسكريون أميركيون يخشون أن “تطور إيران القدرة على نشر قوات لها في هذه المنطقة، من أعماق مسلكها”٠
وترى الصحيفة الفرنسية أنّ “هذا القلق الأميركي يدغدغ كبرياء الإيرانيين، ولكن يبدو أنه يبالغ في تقدير طموحاتهم”. والسبب هو أن “القوات الإيرانية، سيئة التجهيز والمتأخرة، من الناحية التكنولوجية، بسبب عقود من العزلة والعقوبات، كما يؤكد بيير ريزو، تشكّلت في ظل منطق دفاعي”. وأن إيران “تحتاج إلى جهود كبيرة من أجل سدّ فجوات هذا المسلك، الذي يتمدد في الوقت نفسه، غربًا، حتى أفغانستان”٠

https://www.alaraby.co.uk/politics/2017/12/29/لوموند-كيف-ترسخ-إيران-نفوذها-بعد-القضاء-على-داعش

A l’instigation de l’Iran et avec l’aval de Bachar al-Assad, les chiites se comportent en maîtres à Damas


 

La-veuve-noire

Parmi les multiples phénomènes qui attisent en Syrie le mécontentement de l’ensemble des Damascènes, et de manière particulière celui de la majorité sunnite de la population, il en est deux qui occupent en ces jours une place particulière. Ils sont liés au caractère de plus en plus ostensible et provocateur de la présence chiite dans une ville où, communauté minoritaire avec moins de 1 % de la population, les Syriens chiites ont depuis toujours veillé à ne pas se faire remarquer.

Un chef de milice chiite irakienne inspectant ses troupes à Damas (mai 2014)

Comme leurs concitoyens, les sunnites supportent mal les bombardements qui affectent tour à tour les différents quartiers de la ville, qu’ils soient le fait des forces régulières tenant les sommets du Qassioun ou de l’opposition retranchée dans certaines localités « libérées » de la Ghouta. Comme eux, ils ravalent leur colère face à la perte de temps, aux prélèvements arbitraires et aux humiliations que les soldats, moukhabarat et chabbiha installés à un nombre incalculable de points de contrôle infligent, au gré de leurs humeurs, à ceux qui ne peuvent faire autrement que de se déplacer dans la ville. Comme eux, ils protestent… à voix basse, faute de pouvoir s’exprimer publiquement, contre les coupures d’eau et d’électricité répondant à des critères illisibles, contre l’augmentation constante du prix des produits de première nécessité, contre la complaisance des responsables pour les prévaricateurs en tous genres, contre les enlèvements crapuleux dont se rendent coupables des protégés du pouvoir…

(…)

Tirant parti des difficultés économiques des propriétaires, de la connivence des édiles locaux et de la protection des plus hautes personnalités de l’Etat, ils ont récemment multiplié les acquisitions de biens, concentrant leurs efforts sur les hôtels situés au cœur de la capitale, dans le quadrilatère délimité par le pont Victoria, la gare du Hijaz, la Place Merjeh et la rue al-Bahsa… soit autour du Centre culturel iranien, principal lieu de distribution des publications religieuses et de diffusion de la doctrine chiite. Parmi les établissements dont ils assurent désormais la gestion directement ou indirectement, figurent les hôtels al-Iwan, Kinda, Asia, Damas International, Venezia, Pétra… et le Sémiramis, propriété de la Société du Chemin de Fer du Hijaz, dont le nouvel investisseur est un membre de la famille Nazha qui travaillait jusqu’alors dans le secteur du fret.

Emplacement des hôtels acquis par les Iraniens au centre de Damas

De nombreux témoignages attestent aussi que, depuis la mosquée de Sayyida Roqaya, au nord de la mosquée des Omeyyades, les Iraniens ont encouragé avec la complicité des responsables syriens un programme de récupération de maisons dans la vieille ville de Damas. Il a d’ores et déjà abouti à renforcer et à concentrer la présence des chiites dans la partie orientale de la ville intra muros. Ayant fait la jonction, en direction de Bab Touma, avec leur quartier historique de Joura, ils se sont déployés vers le sud pour rejoindre le quartier al-Amin, et, en suivant la rue Midhat Bacha (rue droite), ils s’approprient désormais l’espace délimité par les porte al-Kisan et al-Charqi. La relation avec l’Iran ayant définitivement supplanté dans les priorités du régime la « protection des chrétiens », ceux-ci n’ont pu s’opposer ni à la « chiisation » de leur centre traditionnel de Bab Touma, ni à l’expulsion sous la contrainte de fidèles de différentes Eglises habitant ou travaillant du mauvais côté de cette nouvelle frontière.

Pour lire l’intégralité de l’article: http://syrie.blog.lemonde.fr/2014/11/10/a-linstigation-de-liran-et-avec-laval-de-bachar-al-assad-les-chiites-se-comportent-en-maitres-a-damas/

Al-Assad, Netanyahu, Suleimani, Maliki et Daech même contexte


Reflet-de-miroire-Etat-du-Kalifat-islamique

Reflet-dans-le-miroir-Etat-du-Kalifat-islamique

 سياق واحد للأسد ونتانياهو وسليماني والمالكي و «داعش»٠

عبد الوهاب بدرخان

الحياة، الخميس، ١٧ يوليو/ تموز٢٠١٤

(…)
من فلسطين الى سورية والعراق وليبيا واليمن، شعوب تعاني ولم تعد تشعر بأي تضامن في ما بينها، فعندما لا تكون الأنظمة المارقة في اسرائيل وجوارها مَن يفرّق بينها، فإن جماعات الارهاب و «الواجب الجهادي» هي التي تتولّى تأجيج التفرقة مذهبياً وعِرقياً. هناك وطنٌ للفلسطينيين يُمنع من أن يبصر النور، وهناك أوطان لعرب آخرين ممعنة في الذوبان وتتفسّخ فيها الروابط والوشائج. في المقابل، ينشأ تضامنٌ مذهل بل يتوطّد بين الأعداء، الاسرائيلي – الاميركي والسوري – الايراني – الروسي والعراقي – الايراني و «القاعدي» – «الداعشي»، فيتبادلون الخدمات ضمناً أو علناً ويلعبون اللعبة على النحو الذي يناسبهم جميعاً. وعندما يعودون، في وقت مستقطع، الى صراعاتهم فلكي يصوّبوا تطبيق «قواعد» اللعبة. فلا أحد في معسكر ما يسمّى «الممانعة» (ولا معسكر «الاعتدال» على أي حال)، يزعج اسرائيل أو يقلقها حين تفلت مئات الغارات الحربية على غزّة وتقتل عائلات بأكملها من المدنيين، لكن طهران ترسل إشارات الى أنها مصدر صواريخ «حماس» وأنها أُطلقت في التوقيت المناسب لسياسات ايران. ولا أحد أزعج بشار الأسد حين كان يغيّر المعادلة الميدانية لمصلحته، بل على العكس قدّمت له اميركا وإسرائيل خدمة استراتيجية حين منعتا تسليح المعارضة، لكنهما اعترضتا حين استخدم السلاح الكيماوي واستعانتا بروسيا لحمله على تسليم المخزون الكيماوي، وتم تعويضه بالسكوت عن تدخل ايران واستدعائها «حزب الله» والميليشيات العراقية لإنقاذه، كذلك بالسكوت عن دوري الأسد وإيران في استدراج «داعش» الى داخل سورية. وعلى رغم أن واشنطن كانت مدركة مدى الأخطاء التي يرتكبها المالكي في العراق، إلا أنها تركته يفعل، عملاً بتفاهماتها مع طهران، وعندما تصدّر «داعش» المشهد في المناطق السنيّة العراقية ليزيل الحدود ويربطها بمناطق سورية، تُرك يفعل أيضاً وتفرّج عليه الآخرون كأنه ينفذ أجندة وُضعت بعنايتهم.
لا يتشارك «الأعداء المتضامنون» في الأهداف فحسب، بل في الكتاب الذي يستمدّون منه أساليبهم، وفي الأيام الأخيرة كان ممكناً أن تُرصد في اللحظة نفسها عمليات متماثلة: قصف وتهجير اسرائيليان للسكان في غزة، هجمات لقوات الأسد لتهجير مزيد من السوريين من بلداتهم، عمليات لقوات المالكي لا تميّز بين مدنيين وإرهابيين، معارك بين «داعش» وأخواتها لإخضاع دير الزور كاملةً مع إعدامات ميدانية، قتال بين «دواعش» ليبيا للسيطرة على المطار، زحف لحوثيي ايران للهيمنة على اليمن… وإذ انهالت براميل الأسد على معظم مدن سورية (التي ينصّب اليوم «رئيساً» لها)، فإن براميل المالكي (المطالب بـ «حقّه» بولاية ثالثة) دخلت ترسانة قواته ودشّنت انجازاتها في الفلوجة بتدمير ثمانية أبنية دفعة واحدة. وطالما أن حكومته طلبت مساعدة الاميركيين ووصل منهم خبراء في «مكافحة الارهاب»، فقد بات هؤلاء مطالَبين بتوضيح ما اذا كانت البراميل (وهي اختراع سوفياتي) من بين نصائحهم، وهل إن حكوماتهم لا تزال ترفض استخدام هذه الوسيلة في سورية أم اقتنعت أخيراً بجدواها. لكن براميل الأسد والمالكي ضربت المدنيين ولم تُرمَ أبداً على موقع لـ «داعش»٠
قيل سابقاً ان مستقبل الشرق الاوسط وشعوبه يبدأ بالضرورة بحلّ قضية الظلم في فلسطين إن لم يكن لإنصاف شعبها فلتصحيح خطيئة المجتمع الدولي. لا يزال هذا صحيحاً، لكن قائمة الظلم طالت، كذلك قائمة المستبدّين والعقول المتعفنة تطول أكثر. كانت الدول الكبرى، لا سيما الولايات المتحدة، تدعم هؤلاء لأنهم أقاموا «استقراراً» بالترهيب، وتبدو مقبلة على تجديد العهد لهم لمكافأتهم على القتل والدمار وتخصيب الارهاب الى مستويات عليا. وفيما يشتد التكالب الاسرائيلي والايراني والتركي على أشلاء الشرق العربي، نجحت الجامعة العربية في اصدار بيان يدعو الى «حماية فلسطينيي غزة»، لكن اسرائيل ترفض، ونجح مجلس الأمن في إصدار قرار آخر «يسمح» بإدخال مساعدات انسانية الى سورية «من دون موافقة حكومتها» لكن الاسد يرفض، وقد ينجح «التحالف الشيعي» في تسمية بديل من المالكي لكن طبعاً بموافقة سليماني ومرشده، وسيُعلن قريباً فوز غالبية من الليبراليين والمستقلّين في انتخابات ليبيا، لكن هذا لا يغيّر شيئاً في الواقع الميليشيوي، وقد ينسحب حوثيّو ايران من عمران لكن ليعودوا في المرّة المقبلة الى صنعاء…

* كاتب وصحافي لبناني

%d bloggers like this: