Ankara et Washington font un pas vers une “zone de sécurité”


Syrie : Ankara et Washington font un pas vers une “zone de sécurité”

AFP/Archives / DELIL SOULEIMAN Des drapeaux turc (G) et américain (D) flottent le 17 septembre 2016 au-dessus du village syrien de Tal Abyad, à l’extrême nord du pays près de la frontière turque

La Turquie et les Etats-Unis ont décidé mercredi d’établir un “centre d’opérations conjointes” pour coordonner la création d’une “zone de sécurité” dans le nord de la Syrie, une mesure visant à prévenir un affrontement entre forces turques et kurdes.

Cette annonce, chiche en détails, intervient après trois jours d’intenses négociations avec les Etats-Unis, qui cherchent à éviter une nouvelle opération militaire turque contre les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qui contrôle des zones du nord de la Syrie.

Soutenues et armées par les Etats-Unis contre le groupe Etat islamique (EI), les YPG sont toutefois considérées par la Turquie comme une “organisation terroriste” menaçant sa sécurité.

Selon deux communiqués publiés séparément par le ministère turc de la Défense et l’ambassade américaine à Ankara, les deux pays se sont entendus pour mettre “rapidement” en place “un centre d’opérations conjointes en Turquie pour coordonner et gérer la mise en place de la zone de sécurité”.

Aucun détail n’a cependant été dévoilé sur ce projet de “zone de sécurité”, ni sur sa profondeur, ni sur les forces qui en auraient le contrôle, deux points où les divergences entre les deux parties étaient particulièrement fortes.

D’après la presse turque, Ankara réclamait une bande de 30 km de profondeur d’où les YPG devraient se retirer, bien plus que la formule proposée par Washington. En outre, la Turquie demandait à avoir le contrôle exclusif de cette zone.

La Turquie conçoit cette “zone de sécurité” comme un tampon entre sa frontière et les positions des YPG situées à l’est de l’Euphrate en Syrie, jusqu’à la frontière irakienne.

Interrogé lors d’une conférence de presse au sujet de l’annonce mercredi, le président Recep Tayyip Erdogan a indiqué que l’ouverture du centre d’opérations marquerait “le début du processus” visant à créer une “zone de sécurité”.

“Ce qui est important, c’est que nous prenions des mesures pour l’est de l’Euphrate. Et c’est ce qui est en train d’être fait avec les Américains”, a-t-il ajouté, se refusant toutefois à avancer un calendrier.

– Menaces d’intervention –

La Turquie avait multiplié ces derniers jours les menaces d’intervention contre les positions kurdes situées à l’est de l’Euphrate en Syrie, après des mois de négociations infructueuses avec les Etats-Unis.

Mardi encore, M. Erdogan affirmait qu’il lancerait “très bientôt” une opération si les discussions n’aboutissaient pas.

La situation semble s’être brusquement débloquée mardi. M. Erdogan a dit mercredi que les discussions avaient suivi une progression “vraiment positive”.

Le ministère turc de la Défense a indiqué mercredi que la “zone de sécurité” devait à terme devenir un “couloir de paix” où pourraient s’installer les réfugiés syriens, qui sont plus de 3,6 millions à avoir rejoint le Turquie.

Le soutien de Washington aux YPG empoisonne depuis plus de trois ans les relations entre la Turquie et les Etats-Unis, alliés au sein de l’Otan.

Les YPG sont l’épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition kurdo-arabe que les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux, comme la France, ont appuyée et armée contre les jihadistes de l’EI.

Mais Ankara considère les YPG comme une “organisation terroriste” en raison de ses liens étroits avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

La Turquie redoute que l’implantation d’une zone autonome kurde à sa frontière ne galvanise les velléités séparatistes sur son sol.

En 2016, l’armée turque a lancé une offensive terrestre dans le nord-ouest de la Syrie contre l’EI et les YPG. L’an dernier, elle a mené une deuxième offensive contre les combattants kurdes, s’emparant de l’enclave d’Afrine.

Cette fois, ce sont les territoires contrôlés par les YPG à l’est de l’Euphrate qui sont dans le collimateur d’Ankara.

Ces dernières semaines, les médias turcs ont fait état de l’envoi de véhicules militaires et d’unités de commandos vers des localités turques à proximité de la frontière syrienne.

Carte SyrieCommunautes

Advertisements

Après une visite officielle, Al-Moallem demande à la Corée du Nord des travailleurs pour la reconstruction !!!


Statistiques-ٍRéfugiés-syrien-mars-2018

Après une visite officielle, Al-Moallem demande à la Corée du Nord des travailleurs pour la reconstruction !!!

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Moallem, a déclaré après une visite en Chine et en Corée du Nord que la Corée du Nord était prête à envoyer des travailleurs en Syrie.

« Les Coréens sont prêts à envoyer les travailleurs compétents pour la construction et le réaménagement, et sont prêts à le faire immédiatement si les procédures légales sont terminées », a-t-il déclaré sur la page de la présidence du conseils de ministres dimanche 30 juin.

(…)

La main-d’œuvre en Syrie est l’un des problèmes « importants » que la Russie cherche à résoudre par le rapatriement des réfugiés syriens et des travailleurs se trouvant actuellement à l’étranger par le biais de la coordination avec les pays voisins et les appels en cours au retour des réfugiés syriens à l’étranger.

Il n’y a pas de statistiques précises sur le nombre de travailleurs syriens qui ont quitté la Syrie, mais dans une déclaration du président du syndicat des travailleurs syriens, Jamal al-Qadri, dans laquelle il a déclaré que le marché syrien souffrait d’une « grave pénurie » de main-d’œuvre en raison des fuites de cette main-d’œuvre hors des frontières sous la pression de la guerre et de la crise économique actuelle.

En avril dernier, Al-Qadri avait déclaré à Spoutnik que « les entreprises et les institutions se plaignaient du manque de travailleurs », ajoutant que le syndicat comptait un million et 200 000 anciens travailleurs, alors qu’il compte actuellement environ 950 000 travailleurs.

 

قال وزير الخارجية السوري، وليد المعلم، عقب جولة له في الصين وكوريا الشمالية، إن كوريا الشمالية جاهزة لإرسال العمالة إلى سوريا.

وأضاف المعلم، في تصريحات، على صفحة رئاسة مجلس الوزراء، الأحد 30 من حزيران، “الكوريون جاهزون لإرسال العمالة المختصة بالبناء وإعادة التطوير، ومستعدون للمباشرة فورًا حال استكمال الإجراءات القانونية لذلك”.

(…)

وتعتبر العمالة في سوريا، من المسائل “المهمة” التي تسعى روسيا لحلها عن طريق إعادة اللاجئين السوريين واليد العاملة من الخارج، من خلال التنسيق مع دول الجوار والدعوات المستمرة لعودة اللاجئين السوريين في الخارج.

ولا توجد إحصائيات دقيقة عن عدد العاملين الذين غادروا سوريا، ولكن في تصريح لرئيس اتحاد العمال في سوريا، جمال القادري، قال فيه إن السوق السورية تعاني من “نقص شديد” في اليد العاملة نتيجة تسرب العمالة خارج الحدود تحت ضغط الحرب والأزمة المعيشية.

وأضاف القادري، في تصريح لوكالة “سبوتنيك” في نيسان من العام الماضي، أن “الشركات والمؤسسات تشكو من نقص العمالة”، موضحًا أن عدد المنتسبين للاتحاد كان مليونًا و200 ألف عامل سابقًا، في حين يبلغ حاليًا ما يقارب 950 ألف عامل.

Promotion russe: des «Couloirs humanitaires» … La Russie encourage la sortie des réfugiés d’Idleb


Enfants réfugiés dans la nature région d'idleb- Syrie 2019-.jpg

Des «Couloirs humanitaires» … La Russie encourage la sortie des réfugiés d’Idleb

1er juillet 2019

Le « centre de réconciliation » russe en Syrie a déclaré avoir distribué de l’aide à des réfugiés qui auraient quitté la région de « réduction de l’escalade » d’Idleb et auraient été reçus par un centre d’accueil pour réfugiés dans la région de Tartous.

Cette nouvelle s’inscrit dans le cadre d’une campagne médiatique en faveur de la sortie des réfugiés, lancée par la Russie depuis son annonce en mai de l’ouverture du régime syrien à ce qu’il a qualifié de « couloirs humanitaires ».
La Russie a adopté les mêmes mécanismes et a lancé des campagnes d’information similaires avant les opérations militaires de grande envergure dans lesquelles elle soutenait le régime syrien et aboutissait à la restauration du contrôle de plusieurs zones et à la sortie de millions de civils par ces couloirs, seule option permettant d’échapper à une mort certaine sous des tirs violents.

En dépit de la complexité de la situation à Idleb, de l’incapacité du régime syrien et de ses partisans à faire de réels progrès, et du fait que la Turquie est présente dans la région, dont certains considèrent qu’elle a contribué à geler une vaste opération militaire dans laquelle le régime menaçait de reprendre le contrôle d’Idleb, il parait que Moscou et Damas, semblent se préparer à toutes les possibilités, y compris à des contextes qui pourraient, sous certaines conditions favorables, lancer le processus, d’autant plus qu’elles ne le cachent pas, d’autant plus que Moscou a toujours insisté sur la nécessité pour le régime syrien de reprendre le contrôle de tout le territoire du pays.

Vladimir Ladev, un représentant du Centre Hmeimim, a déclaré hier que des aides ont été distribuées par le « Centre pour les réfugiés » russe aux réfugiés arrivés d’Idleb et ont été emmenés dans un camp près de Tartous. Il a souligné qu’ils avaient reçu des « paniers de produits alimentaires » contenant tous les principaux produits alimentaires et n’avait pas manqué d’insister sur le fait que « l’aide ne provient pas seulement de la partie russe, mais également fournie par le gouvernement syrien ». Il n’a pas précisé quand et comment ils sont sortis de la province, mais il ressort clairement de ses déclarations que le nombre de personnes ne dépasse pas 400 personnes et indique qu’environ 20 familles vivent actuellement dans le camp, le nombre de chacune allant de 10 à 20 personnes.

La campagne en faveur de la sortie d’Idleb a débuté depuis l’annonce, fin mai, de l’ouverture de deux « corridors humanitaires » à la frontière de la zone de réduction de tensions d’Idleb. Viktor Kubcichin, directeur du centre de réconciliation à Hmeimim, a déclaré alors que « les autorités syriennes ont achevé les préparatifs en vue de l’opération du passage de Souran dans le gouvernorat de Hama et du corridor d’Abou al-Douhour dans le gouvernorat d’Idleb ».

À Idleb, quelque 3 millions de réfugiés syriens venus de villes et de régions syriennes sont arrivés dans la province après avoir rejeté les « réconciliations » et les « accords de règlement » conclus avec le régime. Ils risquent donc de refuser de quitter la province. Moscou semble être consciente de ce fait, elle ne s’attend donc pas à un nombre élevé d’émigrés et promeut par le biais de ses médias que « le nombre de réfugiés qui devraient quitter la région est compris entre 40 et 80 000 ».

La campagne s’est poursuivie en juin. Les agences de presse officielles russes portaient des déclarations de responsables du régime concernant des réfugiés venus d’Idleb et reçus dans des camps spéciaux. Le 13 juin, l’agence de presse RIA Novosti a cité le directeur du district de Harjala dans la région rurale de Damas qui aurait déclaré qu’un camp de réfugiés dans la région avait accueilli 1 500 réfugiés qui étaient sortis de la zone d’escalade à Idleb. Cependant, contrairement à ce qui s’est passé lors de l’exode des réfugiés des zones précédentes, il n’existait pas de caméras pour surveiller le processus de sortie «d’un grand nombre» de la région, et l’agence n’a pas clarifié les choses, ni le porte-parole en ce qui concerne le moment et la date de leur sortie. Ainsi, dans un intervalle de quatre à six jours entre la première diffusion de la nouvelle et le mois dernier, les médias russes ont commencé de parler de réfugiés qui avaient quitté Idleb et avaient été emmenés dans des camps spéciaux, parfois dans un camp situé près de Tartous, et près de Lattaquié ainsi que dans des camps dans la campagne de Damas.
En outre, les factions d’Idleb n’ont fait aucune déclaration confirmant le départ des citoyens de ce pays vers les zones de contrôle du régime.

Source: Al-Charq Al-Awsat

 

٠«الممرات الإنسانية»… روسيا تروج لخروج اللاجئين من إدلب

1er juillet 2019

قال «مركز المصالحات» الروسي في سوريا إنه وزع مساعدات على لاجئين زعم أنهم خرجوا من منطقة خفض التصعيد في إدلب، واستقبلهم مركز إيواء اللاجئين في محافظة طرطوس (مناطق سيطرة النظام). يأتي هذا الخبر في إطار حملة إعلامية تروج لخروج اللاجئين، أطلقتها روسيا منذ إعلانها في مايو (أيار) الماضي عن فتح قوات النظام السوري ما وصفتها بأنها «ممرات إنسانية» هناك. وكانت روسيا اعتمدت الآليات ذاتها وأطلقت حملات إعلامية مماثلة قبل العمليات العسكرية الواسعة التي قدمت فيها الدعم للنظام السوري، وانتهت باستعادة السيطرة على مناطق عدة وخروج ملايين المدنيين عبر تلك الممرات، التي شكلت خياراً وحيداً للنجاة من موت مؤكد تحت القصف العنيف.

ورغم تعقيدات الوضع في إدلب، وفشل النظام السوري وداعميه في تحقيق تقدم فعلي فيها، ومع وجود تركيا في المنطقة بوصفها عاملاً يرى البعض أنه ساهم في تجميد عملية عسكرية واسعة هدد النظام بشنها لاستعادة السيطرة على إدلب، فإنه يبدو أن موسكو ودمشق تستعدان لجميع الاحتمالات، بما في ذلك توفر ظروف مناسبة في أي لحظة لإطلاق تلك العملية، سيما أنهما لا تخفيان ذلك، وتؤكد موسكو دوماً على ضرورة استعادة النظام السوري السيطرة على جميع الأراضي في البلاد.

ضمن تلك الحملة، أعلن فلاديمير لادييف، ممثل «مركز حميميم»، في تصريحات، أمس، عن مساعدات قدمها المركز الروسي للاجئين قال إنهم وصلوا من محافظة إدلب وتم نقلهم إلى مخيم بالقرب من طرطوس. وأشار إلى أنهم حصلوا على «سلات غذائية» تضم جميع المواد الغذائية الرئيسية، ولم يفته التأكيد على أن «المساعدات لا تصل من الجانب الروسي فقط، بل وتقدمها كذلك الحكومة السورية». ولم يوضح متى وكيف خرج هؤلاء من المحافظة، لكن يتضح من تصريحاته أن عددهم لا يزيد على 400 شخص، وقال إن نحو 20 أسرة تعيش حالياً في المخيم؛ عدد أفراد كل واحدة منها يتراوح بين 10 أشخاص و20 شخصاً.

حملة الترويج للخروج من إدلب بدأت منذ الإعلان في نهاية مايو الماضي عن فتح «ممرين إنسانيين» على حدود منطقة خفض التصعيد في إدلب. حينها، كانت روسيا هي التي أعلنت عن تلك الخطوة، على لسان فيكتور كوبتشيشين، مدير «مركز المصالحات» في حميميم، الذي قال إن «السلطات السورية أنهت التحضيرات لبدء عمل ممر صوران في محافظة حماة، وممر أبو الظهور في محافظة إدلب، وذلك بهدف ضمان خروج طوعي دون عقبات للمدنيين من منطقة خفض التصعيد في إدلب».
ويوجد في إدلب حاليا نحو 3 ملايين لاجئ وصلوا إلى المحافظة من مدن ومناطق سورية، بعد أن رفضوا «المصالحات» و«اتفاقيات التسوية» مع النظام، لذلك يرجح رفضهم الخروج من المحافظة. ويبدو أن موسكو تدرك هذه الحقيقة لذلك فلا تتوقع خروج أعداد كبيرة، وتروج عبر وسائل إعلامها أن «عدد اللاجئين المتوقع خروجهم من المنطقة يتراوح بين 40 و80 ألفاً».

واستمرت الحملة خلال شهر يونيو (حزيران) الماضي. وأخذت وكالات الأنباء الرسمية الروسية تنقل تصريحات مسؤولين من النظام، عن لاجئين خرجوا من إدلب وتم استقبالهم في مخيمات خاصة. ففي 13 يونيو (حزيران) الماضي، نقلت وكالة «ريا نوفوستي» عن مدير ناحية حرجلة في ريف دمشق، قوله إن مخيماً للاجئين في الناحية استقبل 1500 لاجئ خرجوا من منطقة خفض التصعيد في إدلب. إلا إنه، وعلى غير ما جرى خلال عمليات خروج اللاجئين من مناطق سابقة، لم تكن هناك كاميرات ترصد عملية خروج «هذا العدد الكبير» من المنطقة، ولم توضح الوكالة ولا المتحدث من ناحية حرجلة، متى وكيف خرج هؤلاء. ومن ثم، وبفاصل من 4 إلى 6 أيام بين الخبر والآخر طيلة الشهر الماضي، أخذت وسائل الإعلام الروسية تتحدث عن لاجئين خرجوا من إدلب وتم نقلهم إلى مخيمات خاصة، تارة إلى مخيم بالقرب من طرطوس، وتارة بالقرب من اللاذقية، فضلاً عن مخيمات أخرى في ريف دمشق.
إلى ذلك، لم تصدر أي تصريحات من جانب الفصائل في إدلب تؤكد خروج مواطنين من هناك باتجاه مناطق سيطرة النظام.

المصدر: الشرق الأوسط

AMNESTY: Une vague d’hostilité contredit l’idée que les réfugié·e·s syriens rentrent de leur plein gré


 

Amnesty---Liban-et-les-réfigié.e.s-syrien.ne.s-rentrer-de-leur-plein-grès-2019

Liban. Une vague d’hostilité contredit l’idée que les réfugié·e·s syriens rentrent de leur plein gré

L’attaque qui a forcé des centaines de réfugié·e·s syriens à quitter Deir al Ahmar, un camp informel de la plaine de la Bekaa la semaine du 3 juin 2019 illustre clairement l’escalade des hostilités qui amène de nombreuses personnes réfugiées au Liban à rentrer en Syrie, malgré les violations du droit international humanitaire qui ont cours dans ce pays, a déclaré Amnesty International le 12 juin.

Depuis juillet 2018, les autorités libanaises organisent le retour de réfugié·e·s en Syrie et soutiennent qu’il s’agit d’une démarche totalement volontaire. Cependant, l’analyse réalisée par Amnesty International montre que des personnes sont poussées vers la Syrie sous l’effet conjugué de politiques gouvernementales restrictives, de conditions humanitaires déplorables et d’une discrimination endémique.

« Pour de nombreux réfugié·e·s syriens, la vie au Liban est marquée par la peur, les manœuvres d’intimidation constantes et un sentiment de désespoir. Bien que l’État libanais affirme que les retours en Syrie sont volontaires, des événements comme l’attaque de Deir al Ahmar montrent que le quotidien des réfugié·e·s devient insoutenable, ce qui ne laisse d’autre choix à beaucoup d’entre eux que de rentrer dans leur pays », a déclaré Lynn Maalouf, directrice de la recherche sur le Moyen-Orient à Amnesty International.

Pour de nombreux réfugié·e·s syriens, la vie au Liban est marquée par la peur, les manœuvres d’intimidation constantes et un sentiment de désespoir.
Lynn Maalouf, directrice de la recherche sur le Moyen-Orient à Amnesty International

L’organisation a constaté que les expulsions forcées, les couvre-feux, les raids constants dans les camps et les arrestations collectives rendaient la vie insupportable à de nombreuses personnes réfugiées au Liban, obligeant nombre d’entre elles à retourner en Syrie malgré les dangers.

« En ne protégeant pas les réfugié·e·s des attaques, du harcèlement ni des manœuvres d’intimidation et en appliquant des politiques iniques et restrictives qui leur rendent la vie plus difficile, les autorités libanaises alimentent une situation qui, de fait, contraint des réfugié·e·s à rentrer en Syrie, où ils risquent d’être interrogés dès leur arrivée, torturés et victimes de disparition forcée ou d’autres violations », a déclaré Lynn Maalouf.

Pour que le retour de réfugié·e·s en Syrie soit véritablement volontaire, il doit reposer sur un consentement libre et éclairé. Or, Amnesty International est convaincue que de nombreux réfugié·e·s syriens qui émettent le souhait de quitter le Liban ne sont pas en mesure de prendre une décision libre et éclairée, ce pour plusieurs raisons : les conditions déplorables dans lesquelles ils vivent au Liban, notamment la difficulté d’obtenir ou de renouveler leur visa de résidence, ce qui les empêche d’accéder pleinement aux services essentiels, et l’impossibilité d’obtenir des informations objectives et à jour sur la situation des droits humains en Syrie.

Par conséquent, les autorités libanaises ne respectent pas leur obligation de ne pas renvoyer de réfugié·e·s dans un endroit où ceux-ci risqueraient de subir des persécutions ou d’autres graves violations des droits humains (obligation de non-refoulement) car elles leur imposent des conditions qui, en réalité, les forcent à quitter le Liban.

Deir al Ahmar

Le 5 juin, les autorités libanaises ont ordonné l’évacuation du camp de Deir al Ahmar, qui accueillait 600 réfugié·e·s, car la situation était tendue depuis qu’un incendie avait eu lieu. Les personnes qui y vivaient s’étaient plaintes de l’arrivée tardive des secours, ce qui avait donné lieu à une altercation avec la population locale. Les travailleurs et travailleuses d’organisations non gouvernementales (ONG) qui étaient présents ont indiqué à Amnesty International que des hommes de Deir al Ahmar avaient menacé de brûler des réfugié·e·s dans leur tente, poussant nombre d’entre eux à fuir immédiatement.

Plus tard dans la soirée, au moins 50 hommes avaient attaqué le camp : ils avaient incendié trois tentes et en avaient démoli deux autres au bulldozer. Ils avaient hurlé des menaces aux réfugié·e·s : « Vous souillez notre sol – dégagez d’ici – brûlez ici et en enfer. » Aucun agent des forces de sécurité en faction n’était intervenu pour arrêter l’attaque. Un jour plus tard, les municipalités de Deir al Ahmar, de villages environnants et de la ville voisine de Baalbek avaient publié une déclaration ordonnant aux réfugié·e·s syriens de quitter Deir al Ahmar « pour leur propre sécurité ».

Aucun village des alentours n’a accepté d’accueillir les réfugié·e·s mais quelque 90 familles sur 120 ont finalement été autorisées, le 10 juin, à s’installer dans le village reculé de Mekna. La grande majorité d’entre elles vivent dehors dans les champs, sans électricité, eau, nourriture ni tentes, et sans aucun service essentiel à proximité.

En ne protégeant pas les réfugié·e·s des attaques, du harcèlement ni des manœuvres d’intimidation et en appliquant des politiques iniques et restrictives qui leur rendent la vie plus difficile, les autorités libanaises alimentent une situation qui, de fait, contraint des réfugié·e·s à rentrer en Syrie.
Lynn Maalouf

Des conditions déplorables

Autre élément illustrant à quel point l’atmosphère est devenue hostile aux personnes réfugiées au Liban, le Courant patriotique libre, un parti politique libanais, a organisé une réunion le 8 juin pour mobiliser l’opinion publique contre les réfugié·e·s et demander leur retour dans leur pays. Il a distribué des tracts portant le slogan « La Syrie est un pays sûr et le Liban ne peut plus faire face » et des affiches exhortant la population à « protéger les travailleurs et travailleuses libanais en dénonçant les réfugié·e·s qui violent le droit du travail ».

En avril, le Haut Conseil de défense, un organe militaire libanais, a fixé la date butoir du 10 juin pour la démolition de « toutes les structures semi-permanentes » en ciment et d’une hauteur supérieure à 1,5 mètre construites par des réfugié·e·s syriens dans des camps informels à Arsal, une ville du nord du pays. Selon un travailleur humanitaire en poste à Arsal, les autorités font pression sur les réfugié·e·s pour qu’elles démolissent elles-mêmes ces structures afin d’éviter les images de militaires détruisant de force des logements. Une vidéo examinée par Amnesty International semble montrer une réfugiée en train de démolir à la masse un mur en béton.

Par ailleurs, un document publié le 10 juin par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a révélé que les autorités libanaises avaient durci les restrictions imposées aux réfugié·e·s syriens et aux enfants de moins de 15 ans sollicitant un titre de séjour. Elles ont également émis un nouveau décret ordonnant l’expulsion de toute personne de nationalité syrienne entrée au Liban de façon irrégulière après le 24 avril 2019.

Environ 73 % des réfugié·e·s de Syrie vivent au Liban sans visa de résidence valable, soit parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer les 200 dollars de frais, soit en raison d’un retard de traitement des demandes par les autorités locales. Les réfugié·e·s en situation irrégulière risquent d’être placés en détention et de se voir imposer des restrictions d’accès à des services comme l’éducation et la santé.

Mettre fin aux « retours volontaires »

Amnesty International estime que, compte tenu du contexte coercitif dans lequel les retours en Syrie s’inscrivent, ils ne peuvent être volontaires. Par conséquent, les autorités libanaises ne respectent pas leur obligation au regard du droit international de ne pas renvoyer de réfugié·e·s dans un endroit où ils risqueraient véritablement de subir des persécutions ou d’autres graves violations des droits humains.

À ce jour, les civils qui rentrent chez eux doivent se soumettre à une « vérification de sécurité » qui comprend notamment un interrogatoire par les forces de sécurité syriennes, responsables de violations des droits humains généralisées et systématiques constituant des crimes contre l’humanité, y compris d’actes de torture, d’exécutions extrajudiciaires et de disparitions forcées.

« Il faut que l’État libanais élimine de toute urgence l’ensemble des facteurs coercitifs, comme l’impossibilité pour les réfugié·e·s d’obtenir des documents de résidence officiels et d’autres restrictions, ou cesse purement et simplement de renvoyer des réfugié·e·s en Syrie. La communauté internationale, pour sa part, doit mettre à disposition des fonds et des ressources suffisants pour réinstaller les réfugié·e·s et faire pression sur les autorités libanaises pour qu’elles ne renvoient pas de réfugié·e·s en Syrie tant qu’il ne sera pas établi clairement que le pays est sûr et que les droits des personnes qui rentrent seront protégés », a déclaré Lynn Maalouf.

Complément d’information

Le Liban accueille actuellement 938 531 réfugié·e·s syriens enregistrés auprès du HCR et 31 000 réfugié·e·s palestiniens venus de Syrie et enregistrés auprès de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

En outre, l’État libanais affirme qu’environ 550 000 réfugié·e·s vivent sur son territoire sans être enregistrés.

En mars 2019, la Direction générale de la sécurité a annoncé que 172 046 réfugié·e·s étaient rentrés en Syrie depuis décembre 2017 du fait de l’assouplissement des restrictions administratives et de la facilitation et de l’organisation des retours.   

Out of Syria…


 

*

 

*

Syrie: 23 civils tués dans des frappes du régime sur l’ultime grand bastion jihadiste


Statistiques-ٍRéfugiés-syrien-septembre-2017

Des raids aériens du régime syrien ont tué mercredi 23 civils, dont une dizaine sur un marché très fréquenté, dans le dernier bastion jihadiste du nord-ouest de la Syrie, selon une ONG.

La province d’Idleb et des segments des provinces voisines de Hama, Alep et Lattaquié, dominés par Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche d’Al-Qaïda), sont le théâtre depuis fin avril d’affrontements meurtriers entre jihadistes et forces loyales au président syrien Bachar al-Assad, soutenues par Moscou.

Depuis mardi soir, des combats intenses entre les deux camps autour de la ville de Kafr Nabuda ont tué 87 combattants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), à savoir 51 soldats et 36 jihadistes.

En outre, 23 civils sont morts dans des raids aériens du régime menés dans la nuit, dont 12 sur un marché bondé dans la ville de Maaret al-Noomane, a indiqué l’Observatoire.

Selon des témoins sur place, de nombreux habitants se trouvaient à une heure tardive dans le souk après la rupture du jeûne du ramadan quand le bombardement a eu lieu.

Les façades de bâtiments adjacents ont été soufflées par l’explosion et les stands du marché pulvérisés, a constaté un correspondant de l’AFP mercredi.

“Beaucoup de magasins ont été détruits et le sol était jonché de morceaux de corps et de cadavres”, a déclaré à l’AFP Khaled Ahmad, propriétaire d’une échoppe dans le secteur visé.

“Les habitants ont toujours peur”, a-t-il ajouté. Au moins 18 personnes ont également été blessés, et “plusieurs sont dans une situation critique”.

Les 11 autres civils tués l’ont été lors de bombardements aériens du régime dans diverses zones du bastion jihadiste. Cinq d’entre eux sont morts lors d’une frappe visant la ville de Saraqeb.

– Accord russo-turc menacé –

Casques blancs évacuent des blessés après des frappes aériennes sur la ville de Maaret al-Noomane 22 mai 2019
 AFP / Abdulaziz KETAZ Des Casques blancs évacuent des blessés après des frappes aériennes sur la ville de Maaret al-Noomane, dans le dernier bastion jihadiste du nord-ouest de la Syrie, dans la nuit du 21 au 22 mai 2019

Idleb et ses environs ont fait l’objet en septembre 2018 d’un accord entre Moscou et Ankara sur une “zone démilitarisée” devant séparer les territoires aux mains des rebelles et jihadistes des zones gouvernementales attenantes.

Cet accord, partiellement appliqué, avait permis d’éviter une offensive d’envergure de l’armée syrienne.

Mais le régime et la Russie ont intensifié leurs frappes depuis la fin avril. Leurs forces se sont emparées de plusieurs villes dans le sud de la province d’Idleb et le nord de celle de Hama.

Mais HTS a contre-attaqué dans le nord de la province de Hama. D’après l’OSDH, le groupe jihadiste est parvenu à prendre la majeure partie de la ville de Kafr Nabuda, que les forces du régime avaient reconquise le 8 mai.

Les médias d’Etat ont eux affirmé que le régime avait repoussé l’assaut.

“Des unités de l’armée ont riposté à l’attaque menée par les terroristes” dans le nord de Hama et le sud d’Idleb, “tuant et blessant des dizaines” de combattants, a affirmé l’agence de presse officielle syrienne Sana.

Mardi, le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a accusé le régime syrien de menacer l’accord russo-turc de cessez-le-feu à Idleb et ses environs.

“Le régime fait tout ce qui est en son pouvoir pour briser le statu quo, notamment en utilisant des barils d’explosifs, (et en menant) une offensive terrestre et aérienne”, a déclaré M. Akar.

– “Pires craintes” –

Les appels à un arrêt des hostilités se succèdent pour éviter un bain de sang.

Carte Syrie - Maaret al-Nooman
 AFP / Carte de localisation de Maaret Al-Noomane où des civils ont été tués mercredi dans des frappes aériennes contre le dernier bastion jihadiste en Syrie

Vendredi, l’ONU a sonné l’alarme sur le risque d’une “catastrophe humanitaire” à Idleb.

Depuis fin avril, au moins 200 civils ont été tués, selon l’OSDH, tandis que plus de 200.000 personnes ont fui les combats, d’après le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

Selon l’Ocha, les frappes russes et syriennes ont déjà visé 20 centres médicaux– dont 19 sont depuis hors service– ainsi que 17 écoles et trois camps de déplacés.

La région abrite plus de trois millions de personnes vivant dans des conditions particulièrement difficiles.

“Malgré nos avertissements répétés, nos pires craintes se réalisent”, a regretté le porte-parole de l’Ocha, David Swanson.

Le pouvoir syrien, appuyé par ses alliés indéfectibles, Moscou et Téhéran, a multiplié ces dernières années les victoires jusqu’à asseoir son contrôle sur près de 60% du pays.

Mardi, les Etats-Unis ont fait état d'”indications” selon lesquelles Damas aurait mené une nouvelle “attaque” chimique deux jours plus tôt dans le bastion jihadiste, menaçant de représailles.

Le lendemain, l’OSDH a affirmé ne détenir “aucune preuve” d’une attaque présumée au chlore.

Parallèlement, l’otage italien Alessandro Sandrini a été libéré en Syrie après plus de deux ans de captivité, ont annoncé le gouvernement italien et un représentant des autorités locales d’Idleb.

La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts.

 

370 000 morts !!! Le compteur des victimes s’est arrêté depuis plus de 4 ans, lorsque l’ONU a annoncé l’arrêt total de recenser le nombre de morts en Syrie

Quinze bébés et enfants morts de froid


Quinze bébés et enfants morts de froid

 

SyrieAu moins 15 enfants, dont l’immense majorité avait moins d’un an, ont péri en Syrie ces dernières semaines en raison du froid hivernal et du manque de soins.

Au moins 15 enfants, dont la majorité âgés de moins d’un an, ont péri en Syrie en raison du froid hivernal et du manque de soins, a annoncé mardi l’ONU. Le nouvel émissaire de l’ONU pour la Syrie Geir Pedersen a entamé dans ce contexte sa première visite à Damas.

«Avec les températures glaciales et le manque de soins», au moins huit enfants sont morts ces dernières semaines à Rokbane, un camp de déplacés dans le sud de la Syrie. Sept autres ont péri alors que leurs familles fuyaient un bastion djihadiste dans l’est du pays en guerre, a indiqué l’Unicef dans un communiqué. «Treize d’entre eux avaient moins d’un an», note le communiqué.

«Des vies de bébés continuent d’être coupées net par des problèmes de santé qui peuvent être prévenus ou traités. Il n’y a pas d’excuses à cela au XXIe siècle», clame Geert Cappelaere, le directeur régional de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Des jours dans le froid sans rien

Le conflit qui ravage la Syrie depuis 2011 a fait plus de 360’000 morts et provoqué une grave crise humanitaire, jetant sur la route de l’exil des millions de personnes, déplacées à l’intérieur du pays ou réfugiées à l’étranger.

Dans le camp de déplacés de Rokbane, où vivent des dizaines de milliers de personnes qui reçoivent des aides humanitaires au compte-gouttes, au moins huit enfants, la plupart d’entre eux âgés de moins de quatre mois, ont péri en un mois seulement, assure l’Unicef.

Dans l’est de la Syrie, des milliers de civils ont fui un ultime réduit tenu par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), cible d’une offensive militaire dans la province de Deir Ezzor. «Les familles en quête de sécurité (…) attendent des jours dans le froid, sans abri ni produits de première nécessité», déplore l’Unicef.

«Sans des soins de santé accessibles et fiables, une protection et des abris, davantage d’enfants vont mourir jour après jour à Rokbane, à Deir Ezzor et ailleurs en Syrie. L’Histoire nous jugera pour ces morts qui sont absolument évitables», avertit M. Cappelaere.

4e médiateur de l’ONU

Le nouvel émissaire de l’ONU pour la Syrie est arrivé mardi dans ce contexte à Damas, pour sa première visite dans le pays depuis sa nomination, a constaté un photographe de l’AFP.

Le diplomate norvégien, qui a officiellement pris ses fonctions le 7 janvier en remplacement de l’Italo-Suédois Staffan de Mistura, est le quatrième médiateur de l’ONU depuis le début du conflit syrien en 2011.

Staffan de Mistura avait occupé le poste de médiateur entre juillet 2014 et décembre 2018, une période marquée par l’ascension fulgurante du groupe Etat islamique (EI) et la lutte anti-EI ainsi que les reconquêtes successives du régime syrien suite à l’intervention militaire russe à partir de 2015.

Avant son départ, le diplomate a reconnu devant le Conseil de sécurité son échec à former un comité chargé d’élaborer une nouvelle Constitution pour la Syrie. M. Pedersen succède à trois envoyés spéciaux de l’ONU dont les efforts pour mettre fin aux hostilités se sont soldés par des échecs.

Manque de soutien des grandes puissances

En août 2012, l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, avait démissionné de son poste de médiateur après cinq mois d’efforts infructueux, fustigeant le manque de soutien des grandes puissances à sa mission.

Il avait été remplacé par l’ex-ministre algérien des Affaires étrangères, Lakhdar Brahimi, qui avait jeté l’éponge à son tour moins de deux ans plus tard. (ats/nxp)

Créé: 15.01.2019, 10h43

 

 

Liban: dix réfugiés syriens meurent dans une tempête de neige

Monde

Photo de réfugiés syriens dans un camp de la vallée de la Bekaa, au Liban, le 31 janvier 2017
© AFP/Archives

Dix réfugiés venus de Syrie sont morts de froid dans les montagnes du Liban, où ils ont été surpris par une tempête de neige après avoir traversé la frontière entre les deux pays de manière illégale, a annoncé vendredi l’armée libanaise.

Six femmes et deux enfants figurent parmi les victimes, a confirmé à l’AFP Georges Abou Moussa, responsable des opérations de la Défense civile libanaise.

Cinq réfugiés ont survécu et deux Syriens, des passeurs, ont été arrêtés par les militaires, qui ont retrouvé le groupe au niveau de la frontière, selon un communiqué de l’armée libanaise.

Le conflit qui ravage la Syrie depuis 2011 a fait plus de 340.000 morts et jeté des millions de déplacés et réfugiés sur la route de l’exil. Près d’un million d’entre eux ont trouvé refuge au Liban où ils vivent dans une extrême pauvreté, selon l’ONU.

“Une patrouille de l’armée (…) a retrouvé neuf corps de réfugiés, morts en raison d’une tempête de neige”, selon le communiqué, qui précise qu’une dixième personne est décédée après avoir été transportée à l’hôpital.

“Les forces de l’armée continuent de chercher d’autres réfugiés qui pourraient être bloqués”, d’après la même source.

Fin novembre, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a recensé 997.905 réfugiés syriens enregistrés au Liban, en grande majorité des femmes et des enfants.

Durant les six dernières années, la pauvreté s’est accentuée chez ces réfugiés étranglés par les dettes, selon le HCR, avec 58 % des ménages vivant dans une extrême pauvreté -soit avec moins de 2,87 dollars par personne et par jour.

 

Conflit en Syrie: 15 enfants déplacés sont morts en raison du froid hivernal

Un enfant syrien dans le camp de déplacés d'Abou Al-Khashab, dans la province de Deir Ezzor, le 10 janvier 2019
Un enfant syrien dans le camp de déplacés d’Abou Al-Khashab, dans la province de Deir Ezzor, le 10 janvier 2019 – © Delil souleiman
AFP –

Au moins 15 enfants, dont l’immense majorité étaient âgés de moins d’un an, ont péri en Syrie ces dernières semaines en raison du froid hivernal et du manque de soins, a annoncé mardi l’ONU.

Newsletter infoRecevez chaque matin l’essentiel de l’actualité.

Avec les températures glaciales et le manque de soins“, au moins huit enfants sont morts à Rokbane, un camp de déplacés dans le sud de la Syrie, tandis que sept autres ont péri alors que leurs familles fuyaient un bastion jihadiste dans l’est du pays en guerre, a indiqué l’Unicef dans un communiqué.

Treize d’entre eux avaient moins d’un an“, note le communiqué. “Des vies de bébés continuent d’être coupées net par des problèmes de santé qui peuvent être prévenus ou traités. Il n’y a pas d’excuses à cela au XXIe siècle“, clame Geert Cappelaere, le directeur régional de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Plus de 360.000 morts en huit ans

Le conflit qui ravage la Syrie depuis 2011 a fait plus de 360.000 morts et provoqué une grave crise humanitaire, jetant sur la route de l’exil des millions de personnes, déplacées à l’intérieur du pays ou réfugiées à l’étranger.

Dans le camp de déplacés de Rokbane, où vivent des dizaines de milliers de personnes qui reçoivent des aides humanitaires au compte-goutte, au moins huit enfants, la plupart d’entre eux âgés de moins de quatre mois, ont péri en un mois seulement, assure l’Unicef.

Dans l’est de la Syrie, des milliers de civils ont fui un ultime réduit tenu par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), cible d’une offensive militaire dans la province de Deir Ezzor.

Les familles en quête de sécurité (…) attendent des jours dans le froid, sans abri ni produits de première nécessité“, déplore l’Unicef.

Sans des soins de santé accessibles et fiables, une protection et des abris, davantage d’enfants vont mourir jour après jour à Rokbane, à Deir Ezzor et ailleurs en Syrie. L’Histoire nous jugera pour ces morts qui sont absolument évitables“, avertit M. Cappelaere.

%d bloggers like this: