Les FDS détiennent des dizaines de membres de tribus … et des campagnes de recrutement forcé


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Arabe 21 – Yaman Neama
09 juillet 2020

Mercredi, les FDS ont lancé une campagne d’arrestation massive contre des dizaines d’éléments arabes dans ses rangs dans ses zones de contrôle à Manbej et Al-Cheyoukh dans la campagne orientale d’Alep.

Des sources privées ont déclaré à « Arabi 21 » que les arrestations comprenaient des dirigeants arabes, dont Saïd Abdul-Razzaq, un chef de la « Brigade des révolutionnaires de Manbij » affiliée aux «  »FDS ».

Le journaliste, Adnan Al-Hussein, a confirmé l’arrestation de plus de 50 membres des tribus arabes dans la ville de Manbej et sa campagne, l’attribuant à « la crainte des FDS que les éléments arabes traitent avec les forces de l’armée nationale de l’opposition ».

Il a poursuivi dans son entretien, faisant référence à l’actualité concernant la possibilité pour l’armée nationale, soutenue par l’armée turque, de lancer une opération militaire sur des sites dans la campagne d’Ain al-Arab (Kobané) dans la campagne orientale d’Alep, qui est sous le contrôle de « FDS ».

Selon Al-Hussein, dès le début de sa formation, les « FDS » avaient l’intention d’exclure la composante arabe et de la marginaliser en l’excluant des articulations militaires importantes. Il a déclaré: « Ces arrestations ne sont pas les premières du genre, car « FDS » travaille de temps en temps pour lancer des arrestations contre des membres de tribus arabes, sachant qu’ils sont intégrés dans ses rangs ».

Une source locale de la ville de Manbej a confirmé que la majorité des détenus étaient membres du clan « Bani Saïd », et a dénoncé un état de colère qui régnait dans la communauté clanique à la suite des arrestations, soulignant la possibilité que le clan appelle à une grève générale dans la ville de Manbej.

Cela survient, un jour après que la Turquie a brandi une nouvelle opération militaire contre les « FDS » comme le ministère turc de la Défense a déclaré mercredi dans un communiqué que la Turquie n’autoriserait aucune activité d’unités terroristes kurdes visant à établir un couloir terroriste dans le nord de la Syrie.

La déclaration a poursuivi que la lutte contre le terrorisme se poursuivra résolument jusqu’à ce que la sécurité des frontières de la Turquie et de son peuple soit garantie, ainsi que la sécurité et la paix des frères syriens.

Intensification des campagnes de recrutement
En revanche, « FDS » a intensifié ses campagnes de recrutement forcé dans ses zones de contrôle, dans les gouvernorats de Hassakah, Deir Ez-Zor et Raqqa.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a déclaré qu’environ 4 000 jeunes hommes avaient été arrêtés par les « FDS » aux fins de recrutement forcé depuis le début de juillet.

Il a ajouté que la grande majorité des personnes arrêtées venaient de la ville de Hassakah et de sa campagne.

Selon le directeur du réseau « Al-Khabour », Ibrahim al-Habach, les arrestations dénotent de réelles inquiétudes des « FDS » contre le lancement d’une opération militaire contre lui, que ce soit de Turquie, ou de Russie et du régime.

Il a ajouté que « les campagnes de recrutement se poursuivent de manière intensive à Hassakah, Al-Raqqa et dans la campagne de Deir Ez-Zor, notant également les enlèvements d’enfants en vue du recrutement.

Le commandant des forces russes en Syrie visite les FDS et rencontre son commandant


Auto-Gestion-Kurde

Salam Hassan
Al-Arabi Al-Jadeed – 07 juillet 2020

Le commandant en chef des forces russes en Syrie a visité les milices des « Forces démocratiques syriennes » (FDS), au cours desquelles il a rencontré le commandant en chef des milices, afin de discuter de l’évolution de la situation dans la région et de l’accord signé entre Ankara et Moscou sur les zones de contrôle des « FDS » en octobre dernier.
Le commandant en chef des FDS, Mazloum Abdi, a annoncé mardi qu’il avait eu des entretiens avec le commandant des forces russes en Syrie, qui ont notamment discuté de l’accord russo-turc sur les zones de contrôle des milices.
En octobre dernier, la Russie et la Turquie sont parvenues à un accord stipulant un cessez-le-feu et l’arrêt de l’opération militaire turque contre les « FDS », ce qui avait conduit l’armée turque à prendre le contrôle de vastes zones dans les provinces de Raqqa et Hassakah.

Le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes, Mazloum Abdi, a déclaré sur son compte Twitter: « Aujourd’hui, nous avons reçu le commandant des forces russes en Syrie, le général Alexander Shoygu, pour discuter de questions communes, notamment des violations par la Turquie de l’accord du 23 octobre, en particulier de l’assassinat des trois militants kurdes à Kobané ».
Abdi a ajouté dans son tweet: « Il a été convenu d’élever le niveau de coordination et de travail conjoint, et nous avons remercié pour sa réponse en travaillant à relever les défis ».

Cette visite fait suite à des spéculations selon lesquelles la Turquie lancerait une nouvelle action militaire contre les « FDS » à Raqqa, en particulier avec la fréquence élevée des bombardements turcs sur les sites des milices dans la région d’Ain Issa, et l’armée turque continue d’apporter des renforts dans cette région.

« Mouvement d’indépendance d’Al-Jazira/la Mésopotamie »


Mouvement-d'indépendance-de-la-Mésopotamia-juil-2020“Mesopotamia Independence Movement‎

Déclaration du « Mesopotamia Independance Mouvement »

3 juillet 2020

Dans une clarification de la presse publiée par le Conseil de communication du mouvement d’indépendance d’Al-Jazira, le mouvement a déclaré: « Commentant l’article publié dans Al-Quds Al-Arabi le 2 juillet 2020 intitulé {« Mouvement d’indépendance d’Al-Jazeera » est une idée lancée par des militants syriens sur les sites de communication} et la confusion créée par certaines phrases, ainsi que l’organisation du contexte du rapport, en commençant par le titre; nous tenons à préciser que le mouvement d’indépendance de la Jazira est établi depuis plusieurs années et lors de fréquentes rencontres personnelles entre ses fondateurs et principaux partisans, et rien dans nos documents n’indique qu’il s’agit d’une idée lancée par des militants dans l’espace de la communication du réseau social, mais il existe des publications pour les membres fondateurs du mouvement proposant une idée d’indépendance de la Jazira bien avant le lancement du mouvement. Ce que nous avons écrit, c’est que nous avons recueilli les signatures sur le document d’indépendance par le biais des moyens de communication sociales. Nous avons également appelé les partisans du mouvement à soutenir la diffusion de l’idée d’indépendance dans les médias, et ce ne sont que des outils et des moyens utilisés par la plupart des mouvements.

Nous tenons également à souligner que le mouvement ne se présente pas comme un mouvement arabe, ni même un mouvement dirigé par les Arabes, comme le suggère le rapport, mais plutôt comme un mouvement pour l’ensemble de la population de la Jazira et du bassin de l’Euphrate avec toutes ses composantes, races, ethnies, religions et groupes. C’est un mouvement basé sur l’identité commune de la population quelles que soient ses identités subsidiaires.

Nous affirmons également que nous n’avons pas été une réponse au dialogue inter-kurde que nous saluons et saluons tout dialogue entre l’une des composantes de la Jazira. Nous voudrions ajouter que nous nous considérons d’abord comme un mouvement social. Nous ne discutons pas de la politique sous sa forme actuelle dans le bourbier syrien, et cela ne constitue aucune de nos priorités. Nous sommes une idée fondamentale basée sur la société qui lui permet de formuler sa propre voix qu’elle exprime ».

Conseil de communication
Mouvement pour l’indépendance de la Jazira
3 juillet 2020

 

« Mouvement d’indépendance d’Al-Jazira/la Mésopotamie » est une idée lancée par les militants syriens sur les réseaux sociaux

2/7/2020

Antakya – Deir Ez-Zor – «Al-Quds Al-Arabi»: après un accord politique entre le Parti de l’Union Démocratique (PYD) – la branche syrienne du Kurdistan Parti Démocratique des travailleurs (PKK) et le Conseil National Kurde (SNDS), sous le patronage américano-français, de nombreux journalistes syriens kurdes ont exprimé leur bénédiction pour cette étape, et certains d’entre eux ont parlé de l’approche de la déclaration de la fédération kurde de l’est et du nord de la Syrie, «Rojava», dans les gouvernorats de Hassaka, Raqqa et les régions de la Jazira syrienne dans la province de Deir Ez-Zor. De l’autre côté, des voix arabes ont émergé de la région orientale gouvernée par « FDS », appelant à l’indépendance ou au fédéralisme arabe dans les régions de l’est de la Syrie, dirigé par des chefs Arabes et non Kurdes.

Le premier de ces appels a commencé sur la page Facebook, appelée « Raqqa notre peuple », et c’est l’une des plus grandes pages spécialisées du gouvernorat de Raqqa sur Facebook, où il a commencé par un « Post » parlant du manque d’avantages des résidents de Raqqa, Hassaka et Deir Ez-Zor de « Syrie » à travers l’histoire de l’État syrien, et que la région orientale n’était pas, selon la description de l’auteur, qu’une région où les gouvernements successifs profitent du pays et épuisent ses ressources, en particulier pendant la période du règne du parti Baas, une région marginalisée et son peuple oublié, perçu de façon inférieure par le reste des composantes du peuple syrien selon l’article qui a motivé des milliers de commentateurs, la plupart des commentaires étaient en faveur de l’idée de sécession ou de fédéralisme avec les dirigeants arabes, et non comme le veut « FDS ».

En réponse aux appels kurdes à la séparation de l’Est

Les réponses, même si elles sont sur un post simple sur Facebook, mais elles suggèrent beaucoup, l’idée a des oreilles attentives, et pas absurdes, d’autant plus que les commentateurs venaient des trois provinces de l’est, de classes et d’âges différents, et il n’y a que quelques jours pour qu’un nouveau mouvement apparaisse sur les sites de communication sous le titre « Le mouvement pour l’indépendance de la Jazira » appelle à la création d’un État indépendant pour tous les habitants de la région al-Jazira et du bassin de l’Euphrate.
Le mouvement a déclaré « qui n’est toujours actif que sur le réseau social », selon un communiqué, « Cette terre est devenue une partie des terres syriennes selon l’accord Sykes-Picot de 1916 », le mouvement a appelé ses partisans à manifester leur soutien au « droit à l’autodétermination » pour les résidents de la Jazira et du bassin de l’Euphrate réunis. Indépendamment de leur race, origine ethnique, religion ou culture, le mouvement a appelé les militants à transférer leurs photos et couvertures de leurs comptes personnels sur les plateformes de communication dans la langue de leur choix, tout en promouvant ce qu’il a appelé le « document d’indépendance » que le mouvement a lancé, en mobilisant et rassemblant des signatures de tous les habitants de la région qui paient le coût le plus élevé du pillage et de la marginalisation, comme décrit.

«Al-Quds Al-Arabi» a contacté l’un des promoteurs de ce projet, au sein du conseil de communication « Mouvement pour l’indépendance d’Al-Jazira et le bassin de l’Euphrate », qui a refusé de révéler son nom, et a déclaré que le motif de la création du « Mouvement pour l’indépendance » est le fait de l’exclusion de la population locale de tout développement symbolique depuis la création de l’entité syrienne moderne, à savoir il y a cent ans, le militant ajoute: « Nous avons une identité différente de l’identité syrienne, où aucune identité syrienne n’a été formée qui rassemble ce mélange hétérogène formé par Sykes et Picot. Notre identité est enracinée et basée sur des traditions agricoles qui ont produit des valeurs et des traditions communes pour la population générale à Al-Jazira, nous sommes une identité basée sur une fondation géographique qui accepte et coexiste avec l’autre, aucune identité nationale ethnique, religieuse ou même fermée qui n’accepte que son peuple, nous avons vécu l’histoire comme des identités contiguës et l’État moderne ne nous a apporté autre que la haine. Il est vrai que l’idée est choquante mais la réponse est bonne et plus élevée que prévu, en particulier de la jeune génération qui a découvert l’exclusion et la marginalisation, et n’accepte plus de rester sur la touche et veut décider de son sort sans tutelle. Un membre du Conseil de la communication de ce mouvement estime que l’avenir du « mouvement d’indépendance d’Al-Jazira »  dépend de la foi et de la compréhension des gens à son égard, en particulier de la jeune génération, qui est toujours la créatrice du changement, et le jeune militant explique ce qu’il a décrit comme le calendrier pour l’achèvement des documents fondateurs comprenant:

– Le document d’identité, qui est un document qui définit, fixe et explique l’identité des habitants de la région al-Jazira et du bassin commun de l’Euphrate, dans le cadre de la diversité et de la richesse des cultures et des sous-identités,
– le document de géographie et de population, un document qui confirme les frontières de l’État de la Jazira et du bassin de l’Euphrate, ses villes et ses résidents et leur répartition géographique,
– le document d’égalité et les droits des individus et des groupes, ce document fixe les droits civils, politiques et économiques fondamentaux de la population, des individus et des groupes, d’une manière qui garantit les droits de l’ensemble de la population en tant qu’individus en premier lieu, et en tant que groupes distincts dans ses cultures, religions et langues en second lieu, et interdit la transgression de toute autorité dirigeante par sa soumission à des déterminants supra-constitutionnels.
– Le document sur le droit au retour, un document qui garantit le droit de citoyenneté des résidents dont les origines reviennent sur Al-Jazira et sont partis depuis l’accord Sykes-Picot jusqu’à présent.
– Le document sur le droit aux ressources et l’élimination de la pauvreté; c’est un document qui montre les ressources et les richesses de la région insulaire et du bassin public de l’Euphrate, et les moyens de les dépenser pour que la pauvreté soit finalement éradiquée dans une période ne dépassant pas une décennie car c’est l’une des zones les plus riches en ressources.

Ces appels à l’indépendance dans l’est de la Syrie peuvent être considérés par certains comme des tentatives vaines, tandis que d’autres le voient comme le résultat de la discrimination kurde contre la population arabe dans les provinces orientales, dans un pays déchiré par la guerre, et a exacerbé la fracture ethnique et religieuse entre les composantes de la population.

Syrie. Négociations secrètes entre la Turquie et les « SDF » sous les auspices internationaux


Turquie-FDS

Adnan Ahmed – 13 juin 2020

Deux jours après la tenue d’une réunion tripartite de sécurité au nord de Raqqa, dans l’est de la Syrie, qui comprenait des officiers russes et turcs et des représentants des forces du régime syrien, des rapports indiquent que des négociations secrètes ont lieu entre les « Forces démocratiques syriennes » (FDS) et des responsables turcs dans le but de discuter de questions litigieuses entre les deux parties.

Un responsable kurde a déclaré sur le site kurde « Walati News » que les négociations se déroulaient en secret entre la direction des « SDF » et les responsables du gouvernement turc, dans le but de parvenir à des solutions politiques pour mettre fin au conflit militaire entre les deux parties.

La source, qui a préféré ne pas être nommée, a déclaré que les deux parties ont tenu ces derniers jours deux réunions, au cours desquelles elles ont discuté de questions litigieuses, sans révéler le lieu de la réunion. La même source a révélé que les deux réunions n’avaient pas encore donné de résultats, mais a estimé que les négociations se déroulaient bien, indiquant que d’autres réunions auraient lieu entre les parties dans les prochains jours, et il est probable qu’une troisième partie internationale y participerait, si les questions fondamentales étaient convenues.

L’ « Observatoire syrien des droits de l’homme » a déclaré jeudi dernier qu’il y avait des contacts secrets entre les parties russe et turque d’une part, et le régime syrien d’autre part.

L’observatoire a déclaré avoir appris de sources fiables qu’une réunion avait eu lieu jeudi dans le village de Taghlib, situé dans la campagne orientale d’Ein Issa, au nord de Raqqa, entre la police russe et des officiers turcs ainsi que des représentants des forces du régime, et qu’une autre réunion similaire avait eu lieu dans le village de Gharib, dans la campagne orientale d’Ain Al Arab (Kobané). .

Selon l’OSDH, les officiers turcs sont arrivés à bord d’un hélicoptère et de véhicules blindés, alors que la nature et le contenu de cette réunion n’étaient pas connus. Mercredi dernier, les forces russes ont fermé la route internationale Hassakah-Alep, de la campagne nord de Raqqa à Hassakah, coïncidant avec la tenue d’une réunion entre officiers russes et officiers turcs, dans la région des silos Chirkrak, dans la campagne nord de Raqqa.

D’autre part, le chef du représentant du « Conseil démocratique syrien » à Washington, Sinem Muhammad, a déclaré vendredi que le premier et dernier responsable des souffrances économiques du peuple syrien à cause des sanctions « César » est le président du régime syrien, Bachar Al-Assad. Elle a ajouté, dans une interview avec le site kurde « North Press », que de hauts responsables américains pensent que « la levée des sanctions est possible si Bachar Al-Assad est convaincu qu’une solution militaire n’est pas possible, et engage un processus de négociation politique et accepte un véritable partenariat avec les forces démocratiques en Syrie avec les différentes directions politiques ».

Controverse syrienne sur les négociations inter-kurdes sur le partage de l’est de la Syrie


Image Ocalan à Raqqa jeudi 19 oct 2017

Al-Modon – 10/6/2020

Le Conseil national kurde (CNK) a vivement critiqué une déclaration signée par des centaines d’opposants syriens, critiquant les négociations inter-kurdes concernant la région orientale de la Syrie, que les signataires considéraient comme confisquant les droits d’autres composantes de la région.

Bien que la déclaration, qui a été signée par un grand nombre de personnalités de l’opposition, représentait diverses composantes ethniques, sectaires et les tendances politiques, en plus d’un certain nombre d’opposants kurdes indépendants, le Conseil national kurde a estimé que « la préemption en rejetant les résultats des négociations avant de les atteindre, indique leur rejet principalement pour toute entente ou accord kurde, quels que soient ses résultats et ses objectifs, qui reflète la tendance inhérente de certains anti-kurdes et le rejet de l’autre avec une logique nationaliste suprémaciste et haineuse.

Le CNK a ajouté que « la persistance de ceux qui ne pouvaient pas se débarrasser du passé et des maladies du passé, et adhérer à l’inclusivité et au centralisme qui ont apporté des tragédies au pays et au peuple, ne seront pas en mesure de saper la ligne nationale du CNK, ni le rôle des Kurdes nationaux depuis le début de la formation de l’État syrien jusqu’à présent ».

Le célèbre dissident syrien Michel Kilo, l’un des signataires de la déclaration, a été surpris, dans une déclaration à Al-Modon, de la réaction du Conseil national kurde, des accusations de chauvinisme et de fanatisme nationaliste de personnalités qui se sont battues contre les baasistes et pour les droits des Kurdes.

Il a ajouté que « le CNK aurait pu enregistrer sa position sur la déclaration signée par un très grand nombre de Syriens sans tension ni accusation », expliquant que « la déclaration que nous avons signée voulait clairement rappeler qu’un dialogue a lieu entre un parti syrien et un parti non syrien a un projet régional, et je crains donc que le projet régional ne l’emporte, ce qui ne résoudra pas le problème kurde, qui est d’ailleurs la position de nombreuses personnalités nationales kurdes qui ont écrit sur ces négociations et critiqué des points fondamentaux.

La déclaration, dont le nombre de signataires a dépassé 750 personnalités de l’opposition syrienne, a critiqué le dialogue entre le Conseil national kurde et le Parti de l’Union démocratique (PYD/PKK), qui devrait commencer son deuxième tour dans quelques jours, concernant l’avenir de la zone sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS) au nord-est de la Syrie.

Le communiqué indique que « des informations divulguées » sur les accords entre le Conseil national kurde et les milices du Parti de l’Union démocratique « indiquent un consensus entre les deux parties pour maintenir l’auto-administration comme une situation de facto, afin de la transformer en une autonomie fédérale ou menaçant l’unité de la Syrie ».

Étant donné que ces ententes sont exposées à des problèmes cruciaux, elles affectent généralement les intérêts du peuple syrien et menacent l’existence du reste de la région, et parce qu’elles ignorent le rôle de la majorité des Arabes, des Syriaques, des Assyriens, des Turkmènes, des Arméniens, des Circassiens et du reste des Kurdes; Compte tenu de la position sur l’alliance historique de l’Union démocratique avec le régime Assad et l’Iran, et sur son association organique avec le PKK, et son comportement systématique dans la commission de crimes de guerre, et l’état de corruption et de persécution qui a imprégné la région au cours des dernières années, nous dénonçons ces accords et rejetons leurs résultats, selon la déclaration.

Ibrahim al-Jabin, journaliste et écrivain dissident, qui a signé la déclaration, a estimé que « ce qui se passe entre les partis kurdes n’est pas seulement un dialogue politique et une entente idéologique. Les négociations tournent autour de la manière de partager le règne de la région orientale occupée par les forces du PKK et leurs annexes ».

Il a ajouté dans une interview à “Al-Modon”, que « ces accords sur les quotas et sur le façonnement de l’avenir de trois gouvernorats syriens (Raqqa et Deir Ez-Zor, et avant eux Hassakah) se déroulent au milieu de l’absentéisme total de son peuple et des résidents arabes, qui composent la majorité, en plus des syriaques, des Turkmènes et d’autres, et c’est inacceptable. Il est naturel qu’une position rejetant les résultats de ces dialogues soit émise. “

« Nous faisons confiance au Conseil national kurde CNK, mais nous ne faisons pas confiance au processus de négociation demandé par la milice du PKK, même s’il est supervisé par les États-Unis et les parties européennes. La déclaration est basée sur des faits déclarés par des représentants du Conseil et a inauguré la transition dans la deuxième phase des négociations vers les dossiers de base, et donc par conséquent on ne peut pas dire que ce ne sont que des dialogues politiques inter-kurdes ». Il a souligné que « des millions d’Arabes dans la région orientale n’accepteront pas d’être gouvernés par des parties isolées, qui s’entendent à l’écart des autres ».

Le Conseil national kurde, qui est proche d’Ankara et du gouvernement régional du Kurdistan en Irak, et l’une des formations de la Coalition nationale d’opposition, est entré, au début d’avril dernier, en négociations avec le Parti de l’Union démocratique qui domine l’auto-administration et les Forces démocratiques syriennes FDS contrôlant de vastes zones du nord-est de la Syrie, sous le parrainage américain et français.

Le secret avec lequel les deux parties ont entouré la première étape des négociations a provoqué la colère de l’opposition syrienne en général, et des représentants de la région en particulier, tandis que le Conseil national kurde affirme que le but du dialogue est de parvenir à un accord mettant fin aux divergences kurdes-kurdes.

Un parachutage de la coalition cause la mort de 15 personnes dans la campagne de Deir Ez-Zor


Embarquement-Deir-Ez-Zor

Enab Baladi-16/16/2019

La coalition internationale dirigée par les États-Unis d’Amérique a effectué un parachutage dans la campagne orientale de Deir Ez-Zor, après quoi 15 personnes ont été tuées alors qu’elles tentaient d’arrêter un ancien chef de l ‘”État islamique”.

Le réseau local « Deir Ez-Zor 24 » a annoncé mardi 16 juillet, que la coalition, avec la participation des « Forces démocratiques syriennes » (FDS), avait effectué un largage à l’aube à la périphérie du village d’Al-Tukaihi, près de la ville de Bassira dans la campagne orientale de Deir Ez-Zor.

Le réseau a indiqué que 15 civils ont été tués lors de l’opération de débarquement, après le bombardement par la coalition de la maison d’un ancien chef de “l’Etat”, qui a refusé de se rendre.

Selon le réseau, l’opération de largage a visé le chef de l’organisation connue sous le nom de Hassan al-Ibrahim, et les forces se sont affrontées avant l’opération, ce qui a entraîné la mort d’un élément des « FDS » et la blessure de deux autres.

Le refus du chef à se rendre ouvrant le feu sur les forces de la coalition internationale a poussé la situation à l’escalade, et a conduit les assaillants à bombarder sa maison après avoir été encerclées par les «  »FDS ».

L’opération de débarquement s’inscrit dans le cadre de la campagne de balayage annoncée par les « FDS » dans la campagne orientale de Deir Ez-Zor, ces derniers jours, pour arrêter les cellules de « l’Etat », déclaré, alors, complètement éliminé dans la région.

Ce n’est pas la première fois que la coalition internationale effectue des opérations de débarquement dans l’est de la Syrie pour arrêter des cellules et des éléments appartenant à « l’Etat », dont le dernier était le 19 juin.

En novembre 2018, les « FDS » ont déclaré qu’un chef de l ‘«État» a été arrêté, avec une opération de parachutage, à proximité de la ville de Raqqa, avec la participation des hélicoptères de la coalition, lors de laquelle des dirigeants éminents de l’organisation ont été arrêtés.

Le responsable des médias des « FDS », Mustafa Bali, avait déclaré à l’époque que des unités « spéciales » avaient lancé une opération de débarquement d’hélicoptères, dans les environs de Raqqa, et avaient arrêté des dirigeants éminents de l’organisation.

Les « FDS » sont conscient du danger que des cellules dormantes que l’organisation avait laissé dans plusieurs zones auparavant, et selon ce que le leader Jia Furat a déclaré à Reuters en février dernier, « les FDS passera bientôt à l’étape suivante, qui consiste à chasser les cellules dormantes et les restes de Daech déployés dans toutes les zones pour sécuriser la zone ».

 

إنزال جوي للتحالف يتسبب بمقتل 15 شخصًا في ريف دير الزور

عنب بلدي 16/07/2019

نفذ التحالف الدولي الذي تقوده الولايات المتحدة الأمريكية عملية إنزال جوي في ريف دير الزور الشرقي، قتل إثرها 15 شخصًا في أثناء محاولة القبض على قيادي سابق في تنظيم “الدولة الإسلامية”.

وذكرت شبكة “دير الزور 24” المحلية اليوم، الثلاثاء 16 من تموز، أن التحالف وبمشاركة “قوات سوريا الديمقراطية” (قسد) نفذ مع ساعات الفجر إنزالًا جويًا على أطراف قرية الطكيحي، بالقرب من مدينة البصيرة في ريف دير الزور الشرقي.

وأوضحت الشبكة أن 15 مدنيًا قتلوا في أثناء عملية الإنزال، بعد قصف التحالف منزل قيادي سابق في تنظيم “الدولة”، رفض تسليم نفسه.

وبحسب الشبكة فإن عملية الإنزال الجوي استهدفت القيادي في التنظيم المعروف باسم حسن الإبراهيم، واشتبكت القوات فيما بينها قبيل العملية، ما أدى إلى مقتل عنصر في “قسد” وجرح اثنين آخرين.

وما صعّد الموقف هو رفض القيادي في التنظيم تسليم نفسه لقوات التحالف الدولي وفتحه النيران على القوات المهاجمة، ما دفع قوات التحالف لقصف منزله عقب أن حاصرته “قسد”.

وتأتي عملية الإنزال في إطار حملة التمشيط التي أعلنت عنها “قسد” في ريف دير الزور الشرقي، في الأيام الماضية، للقبض على خلايا تنظيم “الدولة”، الذي أعلن القضاء عليه بشكل كامل في المنطقة.

وليست المرة الأولى التي ينفذ فيها التحالف الدولي عمليات إنزال في المنطقة الشرقية من سوريا للقبض على خلايا وعناصر يتبعون لتنظيم “الدولة”، وكان آخرها في 19 من حزيران الماضي.

وكانت “قسد” أعلنت، في تشرين الثاني 2018، القبض على قيادي في تنظيم “الدولة”، بعملية إنزال جوي في محيط مدينة الرقة.

وقال المسؤول الإعلامي في “قسد”، مصطفى بالي، حينها، إن وحدات “خاصة” قامت بعملية إنزال في محيط الرقة بالمشاركة مع مروحيات التحالف، وألقت القبض على قادة بارزين في التنظيم.

وتعي “قسد” خطورة الخلايا النائمة التي تركها التنظيم في عدة مناطق كان يعمل بها سابقًا، وبحسب ما قال القيادي جيا فرات لوكالة “رويترز”، شباط الماضي، “ستنتقل قسد قريبًا للمرحلة المقبلة وهي ملاحقة الخلايا النائمة وفلول داعش المنتشرين في كل المناطق لتأمين المنطقة”.

Raqqa recherche toujours ses morts dans les charniers de Daech


 

[Reportage] Syrie: Raqqa recherche toujours ses morts dans les charniers de l’EI

media Les équipes de la Défense civile de Raqqa déterrent des corps d’un charnier à Raqqa pour tenter de les identifier en décembre 2019. RFI/Thibault Lefébure

En Syrie, deux ans après sa libération, la ville de Raqqa compte toujours ses morts : 2 500 victimes sont toujours recherchées par leurs proches et des équipes travaillent sans relâche pour identifier les dépouilles dans les charniers.

Avec notre envoyé spécial à Raqqa, Noé Pignède

En Syrie, Raqqa, l’ancienne capitale de l’organisation État islamique (EI), occupée pendant près de quatre ans, a été le théâtre de la sauvagerie du groupe djihadiste : exécutions massives, décapitations, otages brûlés vifs dans des cages sur la place publique. Leurs restes étaient ensuite enfouis dans des charniers. Deux ans après la libération de Raqqa, près de 5 000 cadavres seraient encore enfouis dans la région.

Aujourd’hui, les équipes de la Défense civile de Raqqa travaillent sans relâche pour déterrer les dépouilles et les identifier. Au milieu d’un champ brumeux : une vingtaine d’hommes exhument des victimes de l’organisation État islamique. Il s’agit du 34e charnier à être découvert depuis la libération de Raqqa. Une centaine de corps serait encore enterrée ici.

« Il faut nettoyer la ville de ses morts »

Pour Abou Ahmed, affublé un masque chirurgical sur le visage, ce travail est avant tout un devoir moral. « Nous devons déterrer ces corps pour leur donner une sépulture digne, car ils ont été enterrés sans suivre le rite musulman, explique-t-il. C’est un travail très difficile, le plus difficile qui soit. Les cadavres, l’odeur de la mort, psychologiquement, c’est dur. La nuit, j’ai peur, je fais beaucoup de cauchemars. Nous travaillons avec la mort. Elle nous tue à petit feu ».

« On prélève des échantillons : le radius, des poils et ses vêtements… », décrit le médecin légiste Mahmoud Hassan. Ce docteur de 61 ans devrait être à la retraite. Il est l’un des deux seuls médecins légistes de Raqqa. « Aucun médecin ne veut faire ce travail, déplore-t-il. Il faut bien que quelqu’un le fasse ! Notre mission est essentielle pour que la vie reprenne à Raqqa. Il faut nettoyer la ville de ses morts ».

►À lire aussi : Syrie : environ 200 corps découverts dans un charnier à Raqqa

 

Syrie: à Tall Tamer, après Daech, une milice chrétienne combat la Turquie


 

Syrie: à Tall Tamer, après Daech, une milice chrétienne combat la Turquie

mediaUne milice chrétienne défend ses terres face à l’offensive turque après avoir combattu contre l’EI.RFI/Thibault Lefébure

Au nord-est de la Syrie, le long de la zone occupée par la Turquie, les chrétiens du Khabour n’ont pas vraiment le cœur à fêter Noël. La plupart sont partis de cette zone mais certains restent et tentent de défendre leur territoire.

Avec notre envoyé spécial en Syrie,Noé Pignède

Avant le début de la guerre civile il y a  neuf ans, cette région comptait 20 000 Assyriens, une minorité chrétienne d’Orient. Ils ne seraient aujourd’hui plus qu’un millier. La majorité d’entre eux a fui face à l’avancée de Daech, acronyme arabe du groupe État islamique, en 2015. L’invasion turque en octobre 2019 a contraint la plupart des autres à l’exil.

« Je me bats depuis que j’ai 15 ans »

Sur la ligne de front du nord-est syrien se trouve une mosaïque de groupes armés. « Là, il y a des snipers, russes et turcs. Là-bas, c’est le régime de Bachar. Et ici, c’est chez nous, les gardes du Khabour. »

Depuis le mois d’octobre, cette milice chrétienne, soutenue par les Kurdes et l’armée syrienne se bat contre les forces. Pour Nino, 21 ans, défendre cette terre est un devoir. « Nous nous battrons jusqu’au bout contre les Turcs et ses milices, et nous les vaincrons comme nous avons vaincu Daech, déclare-t-il. Mais nous sommes fatigués. Je me bats depuis que j’ai 15 ans. Beaucoup de mes amis sont partis à l’étranger. Nous devons rester nous battre pour nos maisons et pour notre peuple ».

►À lire aussi : Syrie : deux ans après avoir été libéré de Daech, Raqqa peine à se reconstruire

Le front de Tall Tamer est une zone morte où se succèdent villages fantômes et églises à l’abandon. Dans le village de Om Alkief, dernier hameau avant la zone contrôlée par la Turquie, seules deux familles chrétiennes sur 30 sont restées. Malgré les combats, Touma Moshé refuse de quitter sa maison.

« Pendant des décennies, nous pouvions vivre notre foi ici, se souvient-elle. Normalement, nous aurions dû fêter Noël ! Mais dans le contexte actuel, nous ne pouvons même plus aller à l’église. Depuis la fin de Daech, la vie avait repris. Le village se préparait à fêter la naissance du Christ, mais soudainement, une nouvelle guerre est arrivée avec ces groupes soutenus par la Turquie. L’histoire se répète. Pour moi, il n’y a aucune différence entre ces gens et Daech ».

L’avenir semble plus que jamais incertain pour les chrétiens du Khabbour. Depuis 2012, 90 % d’entre eux ont quitté la région.

L’auto-administration impose un couvre-feu à Raqqa


Auto-Gestion-Kurde

Circulaire: L’auto-administration impose un couvre-feu à Raqqa

30/11/2019-JesrPress.com

L’auto-gestion du nord et de l’est de la Syrie a imposé un couvre-feu à Raqqa à partir du samedi 30 novembre jusqu’à nouvel ordre, ont rapporté les médias locaux.

Selon une circulaire du Comité de l’intérieur de Raqqa et de ses environs, «un couvre-feu est imposé à la ville de 12 heures à 5 heures du matin»,

La circulaire justifiait l’imposition de couvre-feux en maintenant “l’intérêt public et les impératifs de sécurité”, appelant la population à s’engager sous peine de responsabilité juridique.

 

تعميم: اﻹدارة الذاتية تفرض حظر تجول في “الرقة”

 

أفادت مصادر إعلامية محلية أن اﻹدارة الذاتية لشمال وشرق سوريا فرضت حظر التجول في مدينة الرقة ابتداءا من اليوم السبت 30 تشرين الثاني/نوفمبر وحتى إشعار آخر.

وجاء في تعميم صادر عن لجنة الداخلية في الرقة وريفها “يُفرض حظر تجوال على المدينة من الساعة الثانية عشرة مساء لغاية الساعة الخامسة صباحا”,

وبرر التعميم فرض حظر التجول بالحفاظ “على المصلحة العامة وللضرورات اﻷمنية”، مطالبا اﻷهالي باﻻلتزام تحت طائلة المساءلة القانونية.

attentat meurtrier à Tal Abyad et violents combats près d’Ain Issa


 

Attentat meurtrier à Tal Abyad et violents combats près d’Ain Issa

mediaNeuf personnes ont été tuées et 22 autres blessées ce 23 novembre 2019 dans l’explosion d’une voiture piégée à Tal Abyad.Zein Al RIFAI / AFP

Neuf personnes ont été tuées et 22 autres blessées samedi matin dans l’explosion d’une voiture piégée à Tal Abyad, dans le nord de la Syrie sous contrôle turc, alors que de violents combats opposent des milices syriennes supplétives d’Ankara et des forces kurdes près de la ville d’Aïn Issa.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

La puissante explosion a provoqué un cratère et d’importants dégâts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme et des médias proches de Damas. Des images montrent des voitures calcinées, des bâtiments endommagés et une rue jonchée de débris.

C’est le troisième attentat qui frappe en moins d’un mois la région de Tal Abyad, qui est la première ville prise par l’armée turque au début de son offensive destinée à établir une zone tampon à l’intérieur de la Syrie.

→ À lire aussi : Syrie: intensification des raids aériens dans la province d’Idleb

Les trois attaques n’ont pas été revendiquées, mais la Turquie accuse les milices kurdes d’en être responsables. Les combattants kurdes, soutenus par l’armée syrienne qui s’est déployée dans le nord-est du pays, opposent une forte résistance à l’offensive de l’armée turque et de ses supplétifs syriens.

De violents combats se sont déroulés toute la journée de samedi autour de la ville clé d’Aïn Issa, située à 50 kilomètres au nord de Raqqa, l’ancienne capitale du califat auto-proclamé du groupe État islamique. Il s’agit des combats les plus violents depuis l’annonce d’un cessez-le-feu sous l’égide de la Russie, fin octobre.

Les rebelles pro-turcs, soutenus par l’artillerie et des drones chargés d’explosifs, se trouvent à un kilomètre d’Aïn Issa, selon le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, Rami Abdel Rahmane.

شمال سوريا.. عشرات الضحايا بتفجير مفخخة في تل أبيض واتهامات للوحدات الكردية

الجزيرة نت – 23 نوفمبر  2019

Tal Abyad attentat 23 nov 2019 - Ankara accuse les unités kurdes

مقاتلو المعارضة ينقلون جثة أحد الضحايا بعد انفجار سيارة في تل أبيض (الأناضول)

انفجرت صباح اليوم السبت سيارة ملغمة بريف الرقة شمال سوريا، وخلفت عشرات القتلى والجرحى المدنيين، وسط اتهامات من المعارضة وتركيا لوحدات حماية الشعب الكردية. كما شهد شرق الفرات استكمال الدورية البرية المشتركة العاشرة بين القوات التركية والروسية.

وقال مراسل الجزيرة إن انفجار سيارة ملغمة في المنطقة الصناعية بمدينة تل أبيض شمال شرقي سوريا أسفر عن سقوط 13 قتيلا، معتبرا أن الهجوم تعقبه تحديات أمنية جديدة تواجهها القوات التركية وقوات المعارضة في المنطقة التي تم طرد وحدات حماية الشعب الكردية منها.

وفي وقت سابق، أعلنت وزارة الدفاع التركية مقتل ثلاثة مدنيين سوريين، وإصابة عشرين، بينهم أطفال، في تفجير سيارة ملغمة زرعتها وحدات حماية الشعب. كما أكدت نقل عدد من الجرحى إلى تركيا لتلقي العلاج.

وقالت شبكة شام إن الانفجار وقع في منطقة قريبة من المشفى الوطني في تل أبيض، وأدى إلى سقوط عشرة قتلى وعشرات الجرحى، مشيرة إلى أن الوحدات الكردية سبق أن نفذت عمليات مشابهة في المنطقة منذ سيطرة القوات التركية والمعارضة عليها.

ونقلت وكالة الأنباء الألمانية عن قائد في الجيش الوطني التابع للمعارضة أن “الانفجار يحمل بصمات وحدات الحماية الكردية، وكالعادة يتم وضع السيارة في الشارع الرئيسي وتفجيرها عن بعد، وقد عثر الجيش الوطني على كمية كبيرة من العبوات الناسفة والمتفجرات داخل خنادق في الأحياء السكنية”.

وتعد هذه السيارة الرابعة التي يتم تفجرها في تل أبيض خلال شهر تقريبا، فقد انفجرت أول سيارة مفخخة في 24 أكتوبر/تشرين الأول الماضي، وكان الانفجار الأكبر في الثاني من الشهر الحالي حيث أسفر عن مقتل 18 شخصا على الأقل وإصابة أكثر من ثلاثين آخرين.

Il n’y a pas de guerre contre les Kurdes en Syrie – لا حرب ضدّ الأكراد في سورية


 

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Il n’y a pas de guerre contre les Kurdes en Syrie…

al-Arabi al-Jadid – 9 novembre 2019

Mohannad al-Qate’

Depuis l’annonce du lancement de l’opération militaire turque « Source de Paix » dans le nord de la Syrie, il est apparu dans le milieu des partisans de la politique kurde du PKK, et ceux qui s’y opposent, des voix qui condamnent la bataille comme une « guerre contre les Kurdes ». En fait, la tentative de jumelage entre les forces démocratiques syriennes FDS et tous les Kurdes au sein de cette équation est trompeuse, et une tentative d’investir des événements dans la promotion de la propagande du « ciblage des Kurdes », en tant qu’un des outils de la mobilisation nationale, qui semble avoir eu des effets plus négatifs que ceux attendus. Cette propagande a renforcé les craintes des Kurdes eux-mêmes et a incité des centaines de familles à se diriger vers les frontières du Kurdistan irakien pour échapper à cette bataille qui « les éliminerait » », comme présenté.

Franchement, de facto et loin de tout emploi politique, les allégations d’actes armés visant les Kurdes en Syrie ne sont absolument pas véridiques et il est absolument faux que l’ampleur des combats qui se sont déroulés dans le cadre de Source de paix (Tal Abyad – Ras al-Aïn) visait les Kurdes, Les Kurdes ne représentent pas plus de 5% de la population de Tal Abyad, alors qu’ils ne constituent pas plus de 15% de la population de la ville de Ras al-Aïn, avec une nette majorité kurde dans la campagne de l’est de Ras al-Aïn en direction de Darbasiyah, par conséquent, le déplacement qui a naturellement eu lieu pendant les combats a été largement imputable aux Arabes, en raison de la démographie de ces zones, preuve que la plupart des plaintes déposées contre des violations de la propriété à Ras al-Aïn et dans ses campagnes occidentales en particulier ont été documentées à l’encontre des Arabes décrivant ainsi l’opération comme étant uniquement contre les Kurdes, comme si les Kurdes vivaient dans des îles isolées du reste du peuple syrien dans le nord-est de la Syrie, ce qui est faux. Malheureusement, certains Syriens qui ignorent la composition de la population l’ont saisie.

Les forces et personnalités kurdes syriennes (souvent affiliées à Massoud Barzani), exclues de force du projet du PKK, après avoir refusé de partager le pouvoir avec elles, après des négociations et des accords parrainés par Barzani en 2013, justifient le rejet du processus qui a effectivement interrompu le projet de ce parti, sous prétexte de sauvegarder la souveraineté syrienne, Mais ce sont des affirmations contradictoires, tout en accueillant à la fois les Américains, les Russes et même encourageant l’entrer du régime dans la région !! Sans compter que les cartes «imaginées» d’une entité kurde en Syrie contredisent également le prétendu souci de la souveraineté qui a été violé pendant un demi-siècle.

En cas d’exclusion de la position adoptée par l’Association des kurdes indépendants en Syrie, qui soutenait les efforts visant à éliminer le parti des « travailleurs du Kurdistan » de Syrie, les raisons de la position du reste des forces et des personnalités kurdes en Syrie qui ne sont pas affiliées à ce parti, mais ont soudainement commencé à chanter le héroïsme de ces éléments, fuyant vers l’adoption de la propagande qui repend: que les Kurdes en Syrie sont tous visés, et qui pourraient être résumé comme suit:
Premièrement, déplorer les gains militaires expansionnistes des FDS sur un territoire auquel les Kurdes n’avaient jamais rêvé, et même leurs cartes imaginaires ne s’étendaient pas jusqu’à la colline des vastes étendues d’un tiers de la Syrie, abondante en richesses où les Arabes représentent plus de 85% de la population. Ils (les partisans de Barzani) espéraient pouvoir renverser la situation à un moment donné et intégrer leurs éléments de « Peshmerga de Rojava », qui est maintenant entièrement commandé par des éléments du Peshmerga Barzani, entrainés militairement depuis le début de la révolution dans le nord de l’Iraq.
Deuxièmement, ce que la Turquie représente en particulier pour les Kurdes syriens, c’est un ennemi national associé à la mémoire des incidents collectifs de déplacement de leurs terres à l’époque de « Kemalist Ataturk » et la privation du Kurdistan telle que définie par l’Accord de Sèvres sur la carte turque actuelle, qui s’est étendue aux Kurdes tribaux en Syrie touchés par le premier mouvement de réfugiés kurdo/turc en Syrie, qui a été adopté par les Français depuis la fin des années 1920 en Syrie.

Au milieu de tous les événements qui s’accélèrent dans le nord de la Syrie, la position en faveur de l’éradication de FDS est traitée comme une position lâche vis-à-vis de l’occupation étrangère du territoire syrien par la partie turque. La ruée vers les erreurs, sur ces points, pourraient être résumés comme suit:

– Premièrement, les forces de la Turquie étaient les dernières à entrer en Syrie avec les factions de l’opposition, bien des années après l’intervention iranienne, russe, américaine et française, qui étaient toutes des armées d’États non frontaliers avec la Syrie.
– Deuxièmement, en ce qui concerne la révolution syrienne, la Turquie est le pays le plus lourdement touché, ayant ouvert ses frontières à des millions de réfugiés, ce qui a également causé des problèmes internes.
– Troisièmement, la Turquie a mené une guerre contre le PKK depuis 1978, dont les victimes étaient plus de 30 000 Kurdes et a détruit plus de 4 000 villages kurdes, qui ont été incendiés par les milices du « Travailleur de Kurdistan », sous accusation de soumission à l’État turc.
– Quatrièmement, le peuple syrien a intérêt à éliminer le projet des travailleurs kurdo/turcs (PKK), qui ne le représente pas ni à travers ses dirigeants, ni ses slogans, ni ses objectifs, ses pratiques, ses violations, son autoritarisme et ses relations avec le régime.
– Cinquièmement, la prétendue victoire sur l’État islamique (Daech), outre qu’elle a exagéré sa taille, était, également, à l’origine de la destruction de 80% du gouvernorat de Raqqa, selon le rapport de l’ONU, et de la perpétration de massacres de guerre contre des civils, selon le rapport d’Amnesty International, dont 22 massacres documentés, selon divers rapports de commissions locales des droits de l’homme et le déplacements ethniques de centaines de villages voire même de zones entières déplacées, comme ce fut le cas dans les régions de Chouyoukh et de Hol par les milices « FDS » du PKK.
– Sixièmement, accepter le fait que les Syriens ont un intérêt commun à contrecarrer le projet du PKK avec les Turcs, ce qui ne signifie pas que la bataille est contre les Kurdes car les FDS sont multiethniques, et que les Arabes y constituent plus de 70% de ses membres, mais ils servent le programme du PKK et agissent sous la direction militaire du « Mont Qandil ».
– Septièmement, reconnaître le danger du projet « PKK » ne signifie pas, en contrepartie, se féliciter du remplacement d’une force étrangère par une autre force étrangère sur le sol syrien. Que cela, quelles que soient les excuses. L’auteur, cependant, considère la situation sous l’angle d’une intervention temporaire pour un intérêt commun, suivie du retrait de toutes les forces étrangères de la Syrie, et aucun Syrien ne peut accepter une condition inférieure, quel que soit le prétexte.

Enfin, nous devons souligner le fait que nos choix, le peuple syrien, est aujourd’hui dans un état de faiblesse indéniable, avec l’occupation de notre territoire par diverses armées et milices, limitée, dans l’espoir de plaider sérieusement pour un processus politique conduisant à l’isolement d’Assad et mettant fin à l’ère de la tyrannie et à la restauration du pouvoir du peuple syrien. Plus important encore, que la composante du peuple syrien, en particulier les minorités, puissent absorber les leçons des révoltes irakienne et libanaise, et comprendre que les quotas ne construisent pas le Patrie et n’offrent aucun avenir à aucun groupe ethnique, religieux ou sectaire.

لا حرب ضدّ الأكراد في سورية

مهند الكاطع – 9 نوفمبر 2019

منذ الإعلان عن بدء عملية نبع السلام، العسكرية التركية في شمال سورية، ظهرت في الوسط الكردي المؤيد لسياسات العمال الكردستاني، أو المخالفة لها، أصوات تندد بالمعركة بوصفها “حربا ضدّ الأكراد” بحسب رأيهم. والواقع أنّ محاولة التوأمة بين قوات سورية الديمقراطية (قسد) وجميع الكرد ضمن هذا المعادلة مضللة للواقع، بل ومحاولة لاستثمار الأحداث في ترويج دعاية “استهداف الكرد”، كإحدى أدوات الحشد القومي التي يبدو أن تأثيراتها العكسية كانت أكبر من المكاسب التي توقعها أصحاب تلك الدعاية، فقد ساهمت هذه الدعايات بتعزيز مخاوف الأكراد أنفسهم، ودفعت مئات العائلات إلى الاتجاه نحو حدود كردستان العراق، للهروب من هذه المعركة التي “ستقضي عليهم”، وفق ما جرى تصويره.

بصراحة، وبحكم مجريات الأمر الواقع، وبعيداً عن التوظيف السياسي، لا صحة البتة لمزاعم وجود عمل مسلّح يستهدف الأكراد في سورية، وغير صحيح بالمطلق أن نطاق المعارك التي جرت ضمن إطار عملية نبع السلام (تل أبيض – رأس العين) استهدفت الأكراد، إذ إن عدد الأكراد لا يتجاوز 5% من سكان تل أبيض، في حين أنهم لا يشكلون أكثر من 15% من سكان بلدة رأس العين، مع أغلبية كردية واضحة في الريف الشرقي لرأس العين باتجاه الدرباسية، وبالتالي فعمليات النزوح التي حدثت بشكل طبيعي في أثناء المعارك كانت من العرب بغالبيتها العظمى، بحكم ديمغرافية تلك المناطق، بدليل أن معظم الشكاوي التي تم تسجيلها عن انتهاكاتٍ على الأملاك في رأس العين وريفها الغربي خصوصا، جرى توثيقها بحق العرب، لذلك فتصوير العملية أنها ضد الأكراد فقط، كما لو كان الأكراد يعيشون في جزر معزولة عن باقي مكونات الشعب السوري في الشمال الشرقي السوري غير صحيح. وللأسف، تلقفها بعض السوريين الذين يجهلون تركيبة المنطقة السكانية.

القوى والشخصيات الكردية السورية (غالبا التابعة لمسعود البارزاني)، والمستبعدة قسراً من مشروع حزب العمال الكردستاني، بعد رفضه تقاسمه السلطة معها، بعد مفاوضات واتفاقيات رعاها البارزاني سنة 2013، تبرر موقفها الرافض العملية التي أجهضت عملياً مشروع هذا الحزب، بحجة الحرص على السيادة السورية، لكنها مزاعم متناقضة مع ترحيبها، في الوقت نفسه، بالوجودين، الأميركي والروسي، بل وحتى التهليل لدخول النظام!! ناهيك عن أن الخرائط “المتخيّلة” لكيان كردي في سورية أيضاً تناقض الحِرص المزعوم على السيادة المنتهكة بالأساس منذ نصف قرن.

وفي حال استثناء الموقف الذي تبنته رابطة المستقلين الكرد في سورية، والتي أيدت جهود اجتثاث “العمال الكردستاني” من سورية، فإن الأسباب الكامنة وراء موقف باقي القوى والشخصيات الكردية في سورية غير المحسوبة على هذا الحزب، وعلى الرغم من هذا، بدأت فجأة تتغنّى ببطولات عناصره، وتهرب باتجاه تبنّي دعاية استهداف الأكراد في سورية، يمكن تلخيصها بالآتي:
أولا، التحسّر على مكاسب “قسد” العسكرية التوسعية على الأرض التي لم يكن يحلم بها الأكراد يوماً، ولم تكن حتى خرائطهم المتخيلة تمتد لتقضم كل تل المساحات الشاسعة التي شملت ثلث سورية، الغني بالثروات الذي يشكل العرب فيه أكثر من 85% من السكان، حيث كان هؤلاء (أي التابعون للبرزاني) يأملون أن تؤول إليهم الأمور في لحظة معينة، ويستطيعون إدخال عناصرهم التي تدعى “بيشمركه روجافا” والتي تخضع حاليا لقيادة عناصر من بيشمركة البرزاني بشكل كامل، وتخضع لتدريبات منذ بدء الثورة في شمال العراق.

ثانيا، ما تمثله تركيا لأكراد سورية تحديدا من عدو قومي يرتبط بذاكرة جمعية تتعلق بحوادث التهجير الكمالي الأتاتوركي لهم من أرضهم، وحرمانهم من كردستان التي حدّدتها اتفاقية سيفر ضمن الخريطة التركية الحالية، كانت هذه العداوة قد انتقلت إلى الأكراد العشائريين في سورية الذين تأثروا ببواكير الحركة الكردية/ التركية اللاجئة إلى سورية، والتي احتضنها الفرنسيون منذ أواخر عشرينيات القرن الماضي في سورية.

وفي خضم كل ما يحدث من مجرياتٍ تتسارع وتيرتها في الشمال السوري، يتم تناول الموقف المؤيد لعمليات اجتثاث تنظيم “قسد” بأنه موقفٌ متخاذل اتجاه احتلال أجنبي تركي للأراضي السورية، في الوسع إيجاز النقاط التي توضح تهافت هذه المغالطات من خلال الآتي:
أولا، كانت تركيا آخر القوات التي دخلت في سورية جنباً إلى جنب مع فصائل المعارضة، بعد سنوات على التدخل الإيراني والروسي والأميركي والفرنسي، وكلها جيوش لدول غير حدودية مع سورية.
ثانيا، من الناحية المتعلقة بمجريات الثورة السورية، كانت تركيا الدولة التي تتحمّل الشطر الأكبر من الأعباء، بعد أن فتحت حدودها أمام ملايين اللاجئين، الأمر الذي سبب لها أيضاً مشكلات داخلية لا تخفى على أحد.

ثالثا، خاضت تركيا حربا مع منظومة العمال الكردستاني منذ عام 1978، ذهب ضحيتها أكثر من 30 ألف كردي، وتم خلالها تدمير أكثر من أربعة آلاف قرية كردية، كانت تتعرض للحرق على أيدي مليشيات “العمال الكردستاني”، بتهمة الخضوع للدولة التركية.
رابعا، للشعب السوري مصلحة بالقضاء على مشروع العمال الكردستاني/ التركي الذي لا يمثل في مرجعيته وقادته وشعاراته وأهدافه وممارساته وانتهاكاته وتسلطه وعلاقته مع النظام، ثم الأميركان أدنى مصلحة الشعب السوري ومستقبله.

خامسا، الانتصار المزعوم على تنظيم الدولة الإسلامية (داعش)، بخلاف المبالغة بتصوير حجمه، إلا أنه كان يخفي وراءه تدمير 80% من محافظة الرّقة، وفق تقرير الأمم المتحدة، وارتكاب مجازر حرب بحق المدنيين، وفق تقرير منظمة العفو الدولية، وارتكاب أكثر من 22 مجزرة موثقة بحق المدنيين، وفق تقارير مختلفة للجان حقوقية محلية، وتهجير عرقي لمئات القرى، بل ونواح بأكملها، كما حدث في نواحي الشيوخ والهول على يد مليشيات “قسد” التابعة لحزب العمال الكردستاني.
سادسا، قبول حقيقة المصلحة المشتركة للسوريين مع الأتراك في إحباط مشروع العمال الكردستاني لا يعني أن المعركة ضد الأكراد، فمليشيات “قسد” متعدّدة الأعراق والجنسيات أيضا يشكل العرب أكثر من 70% من عناصرها، لكنها تخدم أجندة “العمال الكردستاني”، وتعمل تحت قيادة عسكرية من جبل قنديل.

سابعا، إدراكنا خطر مشروع “العمال الكردستاني” لا يعني في المقابل الترحيب باستبدال قوة أجنبية أخرى على الأرض السورية، بمعنى أن الكاتب ينظر إلى الأمر من زاوية التدخل المؤقت لمصلحة مشتركة، يعقبه انسحاب كل القوات الأجنبية من سورية، ولا يمكن لأي سوري القبول بأدنى من ذلك، مهما كانت الذرائع.

أخيرا يجب التأكيد على حقيقة أن خياراتنا، نحنُ أبناء الشعب السوري، اليوم في حالة ضعف لا يمكن إنكارها، وفي ظل احتلال أرضنا من مختلف الجيوش والمليشيات، محدودة، مع أملنا بدفع جدي لعمليةٍ سياسيةٍ تفضي إلى عزل الأسد وإنهاء حقبة الاستبداد واستعادة الشعب السوري قراره. والأهم أن تستوعب مكونات الشعب السوري، وخصوصا الأقليات من الثورات المشتعلة في العراق ولبنان، بأن المحاصصات لا تبني أوطاناً، ولا تحقّق مستقبلاً لأي مجموعة إثنية أو دينية أو طائفية.

Les forces russes acheminent des dizaines de camions chargés d’équipement militaire et logistique dans leur nouvelle base militaire à Aïn Issa…


Patrouille russe de la police militaire à Manbij octobre 2019

Les forces russes acheminent des dizaines de camions chargés d’équipement militaire et logistique dans leur nouvelle base militaire située dans la ville d’Ain Issa, au nord de Raqqa.

6 novembre 2019 – OSDH

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a appris que les forces russes avaient acheminé au moins 40 camions (remorques) vers sa nouvelle base militaire située dans la ville d’Ain Issa, au nord de la ville de Raqqa, qui était une base qui appartenait à la coalition. L’Observatoire syrien a publié il y a de nombreuses heures que des renforts appartenant à la police militaire russe, comprenant au moins 15 véhicules, étaient arrivés à la base militaire russe située dans la zone Al-Iza’a à l’ouest de la ville d’Ain al-Arab (Kobané), à environ 4 km.

L’Observatoire syrien a suivi mardi le passage d’une patrouille conjointe turco-russe dans la ville d’Ain al-Arab (Kobané) et sa campagne orientale,
Des sources de l’OSDH ont signalé qu’un certain nombre de personnes de la ville avaient lancé des pierres sur la patrouille, exprimant leur mécontentement face à l’accord russo-turc sur la «zone de sécurité».

 

القوات الروسية تستقدم عشرات الشاحنات المحملة بالمعدات العسكرية واللوجستية نحو قاعدتها العسكرية الجديدة في بلدة عين عيسى شمال الرقة

علم المرصد السوري لحقوق الإنسان أن القوات الروسية عمدت إلى استقدام ما لا يقل عن 40 شاحنة (قاطرة مقطورة) نحو قاعدتها العسكرية الجديدة في بلدة عين عيسى شمال مدينة الرقة والتي كانت قاعدة تابعة للتحالف، حيث تحمل الشاحنات التي وصلت قبل ساعات أسلحة وذخائر بالإضافة لمعدات عسكرية ولوجستية، ونشر المرصد السوري منذ ساعات، أن تعزيزات تابعة للشرطة العسكرية الروسية، ومؤلفة من ما لا يقل عن 15 آلية ومركبة وصلت إلى القاعدة العسكرية الروسية في منطقة الإذاعة غرب مدينة عين العرب (كوباني) بنحو 4 كلم، وكان المرصد السوري رصد يوم أمس الثلاثاء، تسيير دورية تركية – روسية مشتركة في مدينة عين العرب (كوباني) وريفها الشرقي، وأبلغت مصادر المرصد السوري أن عدد من أهالي المدينة قاموا برشق الدورية بالحجارة كتعبير منهم عن استياءهم من الاتفاق الروسي – التركي حول “المنطقة الآمنة”،

Daech S’attaque aux camions citernes pétroliers à Raqqa


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L’Organisation de « l’Etat » s’attaque aux camions citernes pétroliers propriétés de la famille d’Al-Qatarji à Raqqa

5.11.2019 – Enab Baladi

L’Organisation de l’Etat islamique (Daech) a annoncé qu’il a ciblé des ciblait des citernes appartenant à la famille Qatarji, fidèles au régime syrien, transportant du pétrole des zones des Forces démocratiques syriennes (FDS) à Raqqa vers des zones sous le contrôle du régime syrien.
Hier, lundi 4 novembre, selon l’agence du média de l’organisation, ses combattants ont visé plusieurs citernes de transporter du pétrole dans des zones contrôlées par le régime syrien, près du village de Khas Ajeel, district de Karama, à l’est de la ville de Raqqa, avec des mitraillettes.
Ils ont également visé un citerne en lançant des grenades près du village de Mazraat al-Qahtaniya, à l’ouest de la ville de Raqqa, ce qui a entraîné l’incendie du citerne.
L’agence a souligné que les citernes visés appartenaient à la famille de Qaterji, en référence à l’homme d’affaires Hossam Qatarji, membre de l’Assemblée du peuple syrien.

تنظيم “الدولة” يستهدف صهاريج نفط لعائلة القاطرجي في الرقة

ألسنة النيران الناتجة عن احتراق صهاريج وقود في الشركة السورية للنفط بحمص - 1 من أيار 2019 (حيدر رزوق)

ألسنة النيران الناتجة عن احتراق صهاريج وقود في الشركة السورية للنفط بحمص – 1 من أيار 2019 (حيدر رزوق)

أعلن تنظيم “الدولة الإسلامية” استهداف صهاريج تابعة لعائلة القاطرجي، الموالية للنظام السوري، تنقل النفط من مناطق “قوات سوريا الديمقراطية” (قسد) في الرقة إلى مناطق النظام.

وبحسب وكالة “أعماق” التابعة للتنظيم أمس، الاثنين 4 من تشرين الثاني، فإن مقاتلي التنظيم استهدفوا عددًا من الصهاريج المخصصة لنقل النفط إلى مناطق سيطرة النظام السوري، قرب قرية خس عجيل التابعة لناحية الكرامة شرق مدينة الرقة، بالأسلحة الرشاشة.

كما استهدفوا صهريجًا بإلقاء قنابل يدوية عليه قرب قرية مزرعة القحطانية غرب مدينة الرقة، ما أدى إلى إحراق الصهاريج بالكامل.

وأوضحت الوكالة أن الصهاريج المستهدفة تعود ملكيتها إلى عائلة القاطرجي، في إشارة إلى رجل الأعمال حسام القاطرجي وعضو مجلس الشعب.

وتأتي العملية بعد اعتراف التنظيم بمقتل زعيمه، “أبو بكر البغدادي”، والمتحدث باسمه، “أبو حسن المهاجر”، خلال غارة أمريكية على ريف إدلب، الأسبوع الماضي، وتنصيب “أبو إبراهيم الهاشمي القرشي” زعيمًا جديدًا للتنظيم.

وبرز اسم عائلة القاطرجي خلال السنوات الماضية كوسيط بين تنظيم “الدولة الإسلامية” (في أثناء سيطرته على الآبار) و”قسد” من جهة، والنظام السوري من جهة أخرى لنقل المحروقات من المنطقة الشرقية.

حسامقاطرجي تعاون مع “داعش” وأسس شركة نفط في سوريا

وفرضت وزارة الخزانة الأمريكية عقوبات على شركة “القاطرجي” النفطية في سوريا، في أيلول عام 2018، كونها لعبت دور الوسيط بين النظام السوري وتنظيم “الدولة الإسلامية”، عبر تسهيلها نقل شحنات نفطية بين الطرفين، بالإضافة إلى تزويد النظام بالفيول وشحنات أسلحة وتقديم الدعم المالي.

ويأتي ذلك في ظل إعلان الولايات المتحدة الأمريكية هيمنتها على آبار النفط في المنطقة عبر إبقاء قوات حولها بهدف حمايتها.

وكان الرئيس الأمريكي، دونالد ترامب، أكد  الجمعة الماضي، في خطاب مع أنصاره في ولاية ميسيسيبي الأمريكية رغبته في عودة الجنود الأمريكيين الموجودين في سوريا إلى منازلهم، لكنه استدرك، “لقد قمنا بتأمين حقول النفط، فأنا أحب النفط”.

وجاء ذلك عقب تهديدات وجهها وزير الدفاع الأمريكي، مايك إسبر، بحسب ما نقلت وكالة “رويترز”، في 29 من تشرين الأول الماضي، إلى كل من روسيا والنظام السوري بالتصدي لأي محاولة انتزاع للسيطرة على حقول النفط من أي طرف كان.

La solidarité arabo-kurde est la base du projet national syrien


Boussole-بوصلة-سوريا

La solidarité arabo-kurde est la base du projet national syrien


La responsabilité nationale oblige les élites arabes et kurdes à intervenir pour faire face à cette situation artificielle imposée par la volonté des autres.

َalarab.co – Abdelbasset Sida* – 2019/11/03

*Syrien Kurde, ancien président du CNS

Pendant des décennies, le régime syrien, malgré sa politique et ses mesures de persécution adoptées contre les Kurdes, en les privant de leurs droits et exposés à toute une série de projets discriminatoires, n’a pas pu créer un fossé entre les communautés arabe et kurde, autant qu’aujourd’hui.
Cette politique oppressive reste au niveau de la superstructure autoritaire et n’affecte pas la structure des relations profondes entre les cercles kurde et arabe, en particulier dans les régions de la Jazirah, Damas et Alep, où le mélange de la population et le chevauchement des relations à divers niveaux social, économique et culturel et même au niveau politique appartenant aux mêmes partis politiques, en particulier le Parti communiste, puis les partis communistes et de gauche avec leurs différentes orientations.
Ceci en dépit du fait que le régime essayait, par tous les moyens, de briser le tissu social national afin de pouvoir contrôler tout le monde. Son approche a été clairement reflétée dans les événements survenus au stade Qamechli en 2004 et dans son traitement du soulèvement kurde, qui visait à protester contre le fait que le régime ait tiré de sang-froid sur des civils manifestant et non armés.
Face à l’escalade des manifestations, le régime a donné le feu vert à une poignée de membres de la sécurité de la région qui ont détruit les magasins appartenant aux Kurdes, pillé et volé leurs biens, causant des blessures au tissu social, mais grâce à l’intervention et à l’influence des sages des deux côtés, la situation ne s’est pas détériorée selon le désir et la planification voulu du régime.

Le régime a passé un accord avec le Parti de l’Union démocratique (PYD), la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), afin de lui céder les régions kurdes, et puisse les contrôler et empêcher son interaction avec la révolution par tous les moyens et à tout prix.
Dès le début de la révolution syrienne, des jeunes kurdes de diverses régions, en particulier de ceux qui n’étaient pas affiliés à des partis politiques, participaient à la révolution dès ses débuts. Des manifestations dans les régions kurdes étaient actives et remarquables. Mais ce qui s’est passé, c’est que le régime l’ait prévu et qu’il était conscient que son intervention directe pour réprimer les manifestations dans les zones concernées entraînerait une escalade de l’interaction entre les Kurdes et la révolution et renforcerait la cohésion des Syriens face à lui.
Cela s’ajoutait à la crainte de positions internationales qui auraient sans doute été différentes, et il lui était alors difficile de faire passer sa stratégie consistant à lier la révolution et le terrorisme et à tenter de dépeindre ce qui se passe en Syrie comme un conflit entre les courants islamistes sunnites extrémistes et le système laïc « protecteur des minorités» face au sectarisme et nationalisme en Syrie.
Pour éviter tout cela, le régime a passé un accord avec le Parti de l’Union démocratique (PYD), la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), afin de céder les zones kurdes afin qu’elles puissent les contrôler et empêcher à tout prix leur interaction avec la révolution, les détails de ce sujet sont connus de tous.

Avec l’émergence de Daech, qui est essentiellement un cocktail de renseignements fabriqué par les services de sécurité multinationales, y compris le régime lui-même, à travers lequel, le régime a cherché à créer le chaos et à placer le monde devant deux options corrompues: soit le régime corrompu et tyran, soit l’extrémisme radical qui menace la région voire même terrorisant le monde entier.
Il était clair que des partis travaillaient sous diverses formes pour faire éclater les relations entre Arabes et Kurdes, comme en témoignaient les attaques perpétrées par les forces du PYD contre certaines villes et villages arabes tels que Tall Hamis et Tall Barak sans raisons convaincantes. Certains militants ont également attaqué la ville de Tal Maarouf, où le siège du tribu du cheikh Al-Khaznawi, et des factions affiliées à l’opposition ont attaqué la ville de Ras al-Ayn, où ses membres ont volé des biens publics et privés et commis plusieurs violations contre des citoyens.

Par la suite, l’attaque par Daech sur Senjar et les régions yézidis environnantes a résulté de massacres horribles, d’enlèvements massifs d’enfants et de femmes et de pillages de biens. Des partisans et des bénéficiaires ont tenté de relier les Arabes sunnites à cette organisation, ce qui a profondément choqué la conscience populaire kurde, donnant un pretexte supplémentaire aux Kurdes indécis, à ceux qui s’étaient alignés sur des intérêts opposés avec le régime, pour justifier leurs positions et même à accuser d’autres Kurdes, ceux qui s’étaient engagés dès le début dans la révolution, de s’opposer à leur peuple, de s’allier aux islamistes radicaux, ce qui coïncidant littéralement avec la stratégie adoptée par le régime depuis le début, comme mentionné ci-dessus.

Avec l’attaque de Kobané et de sa région par Daech, les partisans de l’isolement des Kurdes de la révolution syrienne et des efforts de ceux qui envisageaient et envisagent encore de créer une rupture de la communauté entre Kurdes et Arabes se consolident, et même enracinent les causes de la haine et de l’hostilité entre eux.
Les choses ont évolué et l’intervention américaine en Syrie est intervenue en coordination avec l’intervention russe. On s’est appuyé sur les forces du PYD pour lutter contre le projet « Daech », après l’échec de l’expérience de formation des factions de l’Armée Syrienne Libre (ASL) en raison de l’insistance de la partie américaine selon laquelle le but est de combattre Daech sans le régime.
L’implication des forces (Kurdes) impliquées dans les combats dans les zones arabes, à Raqqa, à Deir Ez-Zor, et dans la campagne méridionale d’Al-Hassakah, a entraîné une escalade du discours de haine entre Arabes et Kurdes, un discours basé sur des crimes programmés par des partis qui ne veulent pas le bien ni pour le Kurdes ni pour les Arabes, mais souhaitent que les deux parties s’entretuent, afin qu’ils puissent appliquer leurs plans et parvenir à leurs objectifs.

Les abus commis par les factions militaires introduites par les forces turques dans Efrin sous le nom d’Armée Libre, ou ceux qui ont accompagné la récente campagne turque dans les régions de Tall Abyad et Ras al-Ayn sous le nom d’Armée nationale, ont encore aggravé la situation et suscité des tensions, des tensions entre Kurdes et Arabes. Dans le même temps et dans diverses régions, tout cela ne sera pas dans l’intérêt des Syriens, mais dans l’intérêt du régime et des forces qui altèrent le sort de la Syrie et des Syriens.

La responsabilité nationale oblige les élites arabes et kurdes à intervenir pour faire face à cette situation artificielle imposée à tous par la volonté des autres. Rester silencieux dans ce cas ne sert que les extrémistes, des deux côtés, et finalement, sert le régime syrien.

(…)

 

التضامن العربي الكردي أساس المشروع الوطني السوري

المسؤولية الوطنية تلزم النخب العربية والكردية بالتدخل لمواجهة هذه الوضعية المصطنعة التي فرضت على الجميع بإرادة الآخرين.

Abdelbasset Sida – الأحد 2019/11/03

لم يتمكن النظام السوري على مدى عقود من اعتماده سياسة اضطهادية رسمية مبرمجة مزدوجة ضد الأكراد، تمثلت في الحرمان من الحقوق، والتعرض لجملة من المشاريع التمييزية، من إحداث شرخ بين المجتمعين العربي والكردي مثلما هو حاصل في يومنا الراهن.

فالسياسة الاضطهادية تلك تبقى في المستوى السلطوي الفوقي، ولا تؤثر في بنية العلاقات العميقة بين الوسطين الكردي والعربي، خاصة في مناطق الجزيرة ودمشق وحلب، حيث الاختلاط السكاني، وتداخل العلاقات على مختلف المستويات الاجتماعية والاقتصادية والثقافية، وحتى على المستوى السياسي عبر الانتماء إلى الأحزاب السياسية ذاتها، لاسيما الحزب الشيوعي، ومن ثم الأحزاب الشيوعية واليسارية بتوجهاتها المختلفة.

هذا رغم أن النظام كان يحاول، بكل السبل، تفتيت النسيج المجتمعي الوطني من أجل التمكن من السيطرة على الجميع. وقد تجسّد توجهه هذا بصورة واضحة في أحداث ملعب القامشلي عام 2004، وتعامله مع الانتفاضة الكردية التي كانت احتجاجاً على إقدام عناصر النظام على إطلاق الرصاص الحي على المدنيين العزل المتظاهرين بدم بارد.

ومع تصاعد الاحتجاجات والمظاهرات، أعطى النظام الضوء الأخضر لحفنة مرتبطة به أمنيا من أبناء العشائر في المنطقة الذين حطموا المحلات العائدة بملكيتها للأكراد، ونهبوا وسلبوا ممتلكاتها، الأمر أحدث جروحاً في النسيج المجتمعي، ولكن بفضل تدخل وتأثير العقلاء والحكماء من الجانبين، لم تتطور الأمور نحو الأسوأ الذي كان النظام قد خطط له، ويريده.

عقد النظام صفقة مع حزب الاتحاد الديمقراطي، الفرع السوري لحزب العمال الكردستاني، من أجل تسليمه المناطق الكردية، ليتمكن من ضبطها، ومنع تفاعلها مع الثورة بكل الوسائل وبأي ثمن

ومع انطلاقة الثورة السورية شارك الشباب الكردي في مختلف المناطق، خاصة من غير المنتمين إلى الأحزاب السياسية، في الثورة منذ أيامها الأولى؛ وكانت المظاهرات في المناطق الكردية فاعلة، ولافتة للانتباه. ولكن الذي حصل هو أن النظام كان قد تحسّب للأمر، فهو كان يدرك أن تدخله المباشر لقمع المظاهرات في المناطق المعنية سيؤدي إلى تصاعد التفاعل الكردي مع الثورة، وسيعزز تماسك السوريين في مواجهته.

هذا إلى جانب الخشية من المواقف الدولية التي كانت ستختلف من دون شك، وكان من الصعب حينئذ بالنسبة إليه أن يمرر استراتيجيته التي كانت تقوم على الربط بين الثورة والإرهاب، ومحاولة تصوير ما يجري في سوريا وكأنه صراع بين التيارات الإسلامية العربية السنية المتشددة، والنظام العلماني “الحامي للأقليات” المذهبية والقومية في سوريا.

ولتحاشي كل ذلك، عقد النظام صفقة مع حزب الاتحاد الديمقراطي، الفرع السوري لحزب العمال الكردستاني، من أجل تسليمه المناطق الكردية، ليتمكن من ضبطها، ومنع تفاعلها مع الثورة بكل الوسائل وبأي ثمن؛ وتفاصيل هذا الموضوع قد باتت معروفة من قبل الجميع.

ومع ظهور داعش، الذي هو في الأساس كوكتيل مخابراتي أسهمت في صناعته وترويجه أجهزة أمنية متعددة الجنسيات، ومن ضمنها أجهزة النظام نفسها، سعى النظام لخلق حالة من الفوضى العاتية، ووضع العالم أمام خيارين فاسدين: إما النظام بفساده واستبداده أو التطرف الإسلاموي المتشدد الذي يهدد المنطقة، بل والعالم بإرهابه.

وكان من الواضح أن هناك جهات تعمل بمختلف الأشكال من أجل تفجير العلاقات العربية- الكردية، وقد ظهر ذلك واضحا من خلال الهجمات التي قامت بها قوات حزب الاتحاد الديمقراطي على بعض المدن والقرى العربية مثل تل حميس وتل براك دون أسباب مقنعة. كما هاجم بعض المسلحين بلدة تل معروف حيث مقر مشيخة آل الخزنوي، وهاجمت بعض الفصائل التي كانت محسوبة على المعارضة مدينة رأس العين، حيث قامت عناصرها بسرقة الممتلكات العامة والخاصة، وارتكبت جملة من الانتهاكات بحق المواطنين.

بعد ذلك كان الهجوم الداعشي المفاجئ على سنجار والمناطق الإيزيدية المحيطة بها، وهو الهجوم الذي أسفر عن مجازر مروعة، وحالات خطف جماعية للأطفال والنساء، ونهب متوحش للممتلكات. وكانت هناك محاولات مشبوهة من قبل الداعمين والمستفيدين للربط بين العرب السنة والتنظيم المذكور؛ الأمر الذي أحدث صدمة عميقة في الوجدان الكردي الشعبي العام، ومنح ذريعة إضافية للكرد المترددين، أولئك الذين كانوا قد اصطفوا بناء على المصالح مع النظام، لتسويغ مواقفهم، بل واتهام الكرد الآخرين الذين كانوا قد التزموا خط الثورة منذ البدايات بأنهم ضد شعبهم، يتحالفون مع الإسلاميين المتشددين، الأمر الذي كان يتطابق حرفياً مع الاستراتيجية التي اعتمدها النظام منذ البداية كما أسلفنا.

الربيع المنتظر يظل هدف الأكرادالربيع المنتظر يظل هدف الأكراد

ومع الهجوم الداعشي على كوباني ومنطقتها، توفر المزيد من الحجج لأنصار عزل الأكراد عن الثورة السورية، وتعززت جهود أولئك الذين كانوا يخططون، وما زالوا، لإحداث قطيعة مجتمعية بين الكرد والعرب، بل وترسيخ أسباب الكراهية والعداوة بينهم.

وتطورت الأمور، وجاء التدخل الأميركي في سوريا بالتنسيق مع التدخل الروسي، وتم الاعتماد على قوات حزب الاتحاد الديمقراطي في محاربة مشروع داعش، وذلك بعد إخفاق تجربة تدريب فصائل الجيش الحر بسبب إصرار الجانب الأميركي على أن يكون الهدف محاربة داعش من دون النظام.

وكان إقحام القوات المعنية في القتال ضمن المناطق العربية سواء في الرقة أو في دير الزور، وريف الحسكة الجنوبي، من الأسباب التي أدت لاحقاً إلى تصاعد وتيرة خطاب الكراهية بين العرب والكرد؛ خطاب مبني على جرائم خططت لها الأطراف التي كانت، وما زالت، لا تريد الخير للكرد وللعرب، وإنما تريد إشغال الطرفين ببعضهما البعض، لتتمكن من تنفيذ خططها، والوصول إلى أهدافها.

وقد أسهمت انتهاكات عناصر الفصائل العسكرية التي أدخلتها القوات التركية إلى عفرين تحت مسمى الجيش الحر، أو تلك التي رافقت الحملة التركية الأخيرة في منطقتي تل أبيض ورأس العين تحت اسم الجيش الوطني، في تفاقم الأمور بصورة أسوأ، ورسخت حالة من التوتر والتشنج والترقب لدى الأكراد والعرب في الوقت ذاته، وفي مختلف المناطق؛ وكل ذلك لن يكون في مصلحة السوريين، بل سيكون في مصلحة النظام ومصلحة القوى التي تعبث بمصير سوريا والسوريين.

المسؤولية الوطنية تلزم النخب العربية والكردية بالتدخل لمواجهة هذه الوضعية المصطنعة التي فرضت على الجميع بإرادة الآخرين. التزام الصمت في هذه الحالة لا يخدم سوى المتطرفين، سواء في هذا الجانب أو في ذاك، وفي المحصلة النهائية يخدم النظام.

ما نحتاج إليه هو أن نلتزم الصبر والهدوء، ونتناول الموضوع من جوانبه بجرأة وحكمة بعيدة النظر. نبحث بموضوعية عن الأسباب التي أدت إلى ما نحن فيه، ونعمل على تجاوز النتائج السلبية التي لا تخدم قطعاً المشروع الوطني السوري الذي ثار الشعب السوري لتحقيقه، هذا المشروع الذي تمكنت القوى المضادة بفعل عوامل عدة لسنا بصدد الإسهاب في شرحها بتفاصيلها هنا، من عرقلته، حينما دفعت بالثورة نحو مسارات لا تتقاطع من بعيد أو من قريب مع تطلعات السوريين، بل تتناقض معها بالمطلق.

ولكن مهما يكن، فإن الربيع المنتظر سيظل هو هدف السوريين، كل السوريين، رغم كل ما حصل ويحصل.

وما تشهده عدة دول عربية في أيامنا هذه من تحركات شعبية تطالب بإبعاد الفاسدين عن الحكم ومحاسبتهم، بل تدعو إلى تفكيك الأنظمة الفاسدة المفسدة، واحترام إرادة الشعوب، يؤكد أن التغيير بات خياراً استراتيجيا بالنسبة إلى شعوب المنطقة، وكل الأدوات التي استخدمت، وتستخدم لمنع أنصار التغيير لن تتمكن من منع حصول المنتظر المطلوب.

ربما تمكنت من تشكيل عرقلة هنا أوهناك، أو أفلحت أحيانا في تكريس إحباط هنا وهناك، ولكن في نهاية المطاف ستكون الكلمة للشعوب بعد أن تحررت من أوهامها؛ أوهام الأيديولوجيات التي لم تتناسب يوماً مع طبيعة مجتمعاتها وحاجاتها الحقيقية، كما تحررت تلك الشعوب من مخاوفها بعد أن وصل السكين إلى العظم كما يقول المثل، نتيجة تراكمات الفساد والاستبداد.

لقد أثبتت العقلية الماضوية النكوصية بكل توجهاتها فشلها الذريع، الأمر الذي يفتح الطريق أمام الجهود المتوجهة نحو مستقبل أفضل، يضمن لمجتمعنا وأجيالنا المقبلة حياة إنسانية كريمة، ويوفر أسباب نمو مستدام، أساسه الاستثمار الرشيد لمواردنا البشرية والطبيعية.

Syriens et Russes accélèrent leur déploiement à la frontière syro-turque


 

Syriens et Russes accélèrent leur déploiement à la frontière syro-turque

Le régime syrien et son allié russe ont accéléré vendredi le déploiement de leurs troupes à la frontière syro-turque, au moment où les Américains ont annoncé l’envoi de renforts militaires dans une zone pétrolière plus à l’est sous contrôle kurde.

Selon un photographe de l’AFP, un long convoi de transports de troupes, avec à bord des centaines de soldats agitant des drapeaux syriens, a fait son entrée dans la ville de Kobané, à l’extrême nord du pays en guerre depuis 2011.

Ils ont paradé dans les rues en chantant: “Un, un, un, le peuple syrien n’est qu’un!”

Près de la ville à majorité kurde de Qamichli, dans le nord-est, des véhicules blindés arborant des drapeaux russes ont quitté une base du régime syrien en direction de l’ouest pour une nouvelle journée de patrouilles près de la frontière turque, conformément à un accord conclu entre Moscou et Ankara.

AFP / Les champs pétroliers en Syrie

Conclu pour permettre un arrêt définitif d’une offensive turque contre les forces kurdes, l’accord s’est traduit par l’abandon de positions tenues depuis des années par les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les combattants kurdes).

Il signe aussi la fin du rêve d’autonomie des Kurdes syriens dans cette région frontalière de la Turquie.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), environ 180 véhicules de l’armée du président syrien Bachar al-Assad sont arrivés vendredi à Kobané.

L’OSDH a par ailleurs fait état vendredi d’affrontements sporadiques dans la zone sous contrôle turc, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 octobre entre les FDS et les forces d’Ankara. Une attaque de drone turc a blessé cinq membres d’une même famille dans leur voiture près de la ville d’Ain Issa.

L’évolution du conflit en Syrie profite largement au régime Assad, qui récupère sans combattre de larges portions d’un territoire qui lui échappaient depuis des années.

– Soldats russes venus de Tchétchénie –

Selon Moscou, près de 300 militaires russes basés en Tchétchénie ont été envoyés en renfort dans le nord-est de la Syrie.

Ils appuieront les troupes russes déjà présentes sur le territoire, Moscou prêtant main forte depuis 2015 à Assad, son allié, dans la guerre.

Ces renforts seront déployés dans la zone de 30 km de large à la frontière syro-turque définie par l’accord russo-turc sur le retrait des forces kurdes. Selon l’armée russe, 20 véhicules blindés supplémentaires ont été envoyés en Syrie.

AFP / Delil SOULEIMAN Un véhicule blindé arborant un drapeau russe patrouille le long de la frontière syro-turque près de la ville syrienne de Darbasiyah (nord-est), le 25 octobre 2019

L’offensive turque avait été déclenchée le 9 octobre après un feu vert de facto du président américain Donald Trump qui avait alors spectaculairement lâché les FDS, forces qui avaient été déterminantes pour vaincre sur le terrain le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Les Américains se sont retirés de plusieurs bases du nord de la Syrie, mais M. Trump a annoncé jeudi l’envoi de renforts militaires dans une zone pétrolière dans l’Est toujours sous contrôle kurde. Quelque 200 soldats américains y sont actuellement postés.

L’opération se fera en coopération avec les FDS, qui restent présentes dans l’Est au delà de la zone frontalière “neutralisée” par les Turcs.

“L’objectif est d’empêcher que les champs pétroliers tombent aux mains de l’EI ou d’autres groupes déstabilisateurs”, a expliqué un responsable militaire. “Nous devons interdire à l’EI cette source de revenus pour prévenir toute résurgence” du groupe jihadiste.

– Civils renvoyés par la force –

Washington, largement critiquée par les capitales occidentales à propos de l’offensive turque dans le nord-est de la Syrie, où les Kurdes assuraient la garde de camps de détenus de l’EI, a reconnu que plus de 100 prisonniers du groupe jihadiste s’étaient échappés depuis le lancement de l’opération turque.

L’offensive visait à éloigner de son territoire les milices kurdes -que la Turquie qualifie de “terroristes”- et à faciliter le retour dans leur pays d’une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens présents sur son sol.

Pour les Kurdes, cela impliquera d’importants déplacements de populations à leur détriment. Selon l’OSDH, quelque 300.000 civils ont été chassés depuis le 9 octobre.

Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Ankara d’avoir déjà renvoyé par la force des civils syriens dans leur pays en guerre pendant les mois ayant précédé le déclenchement de l’offensive turque.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit syrien s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes et a fait plus de 370.000 morts.

Les troupes américaines poursuivent leur retrait du nord de la Syrie vers l’Irak voisin


 

Retirés de Syrie, des soldats américains ont rejoint une base en Irak

AFP – 21 octobre 2019

AFP / SAFIN HAMED Des véhicules militaires américains arrivent dans la ville de Bardarach, dans la province kurde irakienne de Dohouk, le 21 octobre 2019

Des dizaines de blindés américains avec à leur bord des soldats sont arrivés lundi dans une base américaine du nord-ouest de l’Irak, après être entrés sur le territoire depuis la Syrie, par le Kurdistan irakien, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Les troupes américaines sont d’abord passées sur le pont du poste-frontière de Fichkhabour, aux confins des territoires irakien, syrien et turc avant de traverser la province kurde de Dohouk et de rejoindre une base américaine près de Mossoul (nord-ouest).

Le 13 octobre, les Etats-Unis avaient annoncé le retrait de quelque 1.000 militaires américains déployés dans le nord et l’est de la Syrie en guerre, cinq jours après le début d’une offensive turque dans ce secteur contre une milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG), considérée comme “terroriste” par Ankara.

C’est un premier retrait, le 7 octobre, de soldats américains des abords de la frontière turque dans le nord de la Syrie, après une annonce du président américain Donald Trump en ce sens, qui avait ouvert la voie à l’offensive de la Turquie contre les combattants kurdes.

L’offensive d’Ankara est suspendue depuis jeudi par une trêve négociée par Washington, qui expirera mardi à 19H00 GMT.

Dimanche, plus de 70 véhicules blindés arborant un drapeau américain, transportant du matériel militaire et escortés par des hélicoptères sont passés par la ville syrienne de Tal Tamr (est), a constaté un correspondant de l’AFP.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), ce convoi s’était retiré de la base de Sarrine, près de la ville de Kobané, plus à l’ouest, et se dirigeait vers la province de Hassaké, frontalière du Kurdistan irakien.

Ces derniers jours, les Américains se sont retirés de trois autres bases en Syrie, dont celle de la ville clé de Minbej et d’une autre située aussi près de Kobané, près de la frontière turque.

Les Etats-Unis ont actuellement 5.200 militaires postés en Irak, déployés dans le cadre de la coalition internationale antijihadiste emmenée par Washington. Leur présence sur plusieurs bases dans le pays fait débat en Irak alors que de nombreuses forces politiques et armées chiites pro-Iran réclament régulièrement leur expulsion.

 

Les troupes américaines poursuivent leur retrait du nord de la Syrie vers l’Irak voisin

Au départ de ce convoi des forces américaines, les Kurdes de Syrie ont manifesté leur mécontentement en brandissant des pancartes accusant le président Donald Trump de les avoir trahis.

 

Le Monde avec AFP, AP et Reuters Publié aujourd’hui à 15h31

 

Des véhicules blindés américains arrivent dans la ville de Bardarash, dans le Kurdistan irakien, lundi 21 octobre.
Des véhicules blindés américains arrivent dans la ville de Bardarash, dans le Kurdistan irakien, lundi 21 octobre. SAFIN HAMED / AFP

Un convoi de l’armée américaine d’une centaine de véhicules jusqu’ici stationnés en Syrie a pénétré, lundi 21 octobre, dans le nord de l’Irak par le poste-frontière de Sahela, dans la province de Dohouk, selon des journalistes de l’Agence France-presse sur place. Un responsable des services de sécurité du Kurdistan irakien a confirmé que les troupes américaines étaient arrivées dans le territoire autonome.

Au départ de ce convoi, les Kurdes de Syrie ont manifesté leur mécontentement en brandissant des pancartes remerciant les soldats américains mais accusant le président Donald Trump de les avoir trahis. D’autres ont lancé des projectiles sur les véhicules américains. L’annonce du retrait des troupes américaines du nord de la Syrie a ouvert la voie à une offensive turque dans la région, contre les alliés kurdes de la coalition internationale de lutte contre l’Etat islamique. Les forces kurdes des Unités de protection du peuple sont considérées comme des terroristes par Ankara.

« Des moments déchirants alors que les forces américaines ont ordre de quitter le nord de la Syrie, laissant derrière elles des Kurdes, des Arabes, des syriaques et des yézidis sans défense », commente Mutlu Civiroglu, un expert des affaires kurdes.

« Lorsque les troupes américaines sont arrivées pour la première fois dans le nord de la Syrie, les Kurdes les ont accueillies comme des héros avec des fleurs et des ululations. Aujourd’hui, des Kurdes de Syrie terrifiés lancent des tomates et des pierres sur les forces américaines qui s’en vont », écrit Jenan Moussa, journaliste de la chaîne de télévision Al Aan TV, à Dubaï.

Cessez-le-feu temporaire

Carte de situation de l’offensive turque en Syrie, au mercredi 9 octobre.
Carte de situation de l’offensive turque en Syrie, au mercredi 9 octobre. Infographie Le Monde

Jeudi, un accord de cessez-le-feu temporaire a été annoncé par la Turquie et les Etats-Unis, prévoyant la suspension pour cent vingt heures (jusqu’à mardi 21 heures, heure de Paris) de l’offensive pour permettre un retrait des combattants kurdes de zones frontalières du nord syrien.

Dimanche, plus de 70 véhicules blindés arborant un drapeau américain, transportant du matériel militaire et escortés par des hélicoptères sont passés par la ville syrienne de Tell Tamer, au nord du pays, à près de 200 km à l’ouest de la frontière avec l’Irak. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, le convoi s’était retiré de la base de Sarrine, près de la ville de Kobané, à environ 200 km plus à l’ouest, et se dirigeait vers la province de Hassaké, frontalière du Kurdistan irakien.

Ces derniers jours, les Américains se sont retirés de trois autres bases en Syrie, dont celle de la ville-clé de Manbij et d’une autre située aussi près de Kobané, près de la frontière turque.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Un accord de cessez-le-feu temporaire en trompe-l’œil en Syrie

Poursuite de la lutte contre l’EI depuis l’Irak

Le secrétaire américain à la défense, Mark Esper, affirme discuter d’une option qui consisterait à maintenir une petite force militaire américaine dans le nord-est de la Syrie pour sécuriser les champs de pétrole et poursuivre la lutte contre les militants du groupe Etat islamique. Mais l’essentiel des quelque 1 000 soldats américains déployés dans le nord de la Syrie devrait rejoindre l’ouest de l’Irak au cours des prochaines semaines pour continuer de lutter contre les combattants de l’EI.

Les Etats-Unis ont actuellement 5 200 militaires postés en Irak, déployés dans le cadre de la coalition internationale antidjihadistes emmenée par Washington. Leur présence sur plusieurs bases dans le pays fait débat en Irak alors que de nombreuses forces politiques et armées chiites pro-Iran réclament régulièrement leur expulsion.

Les inexactitudes autour de la “question kurde en Syrie” – مغالطات “القضية الكردية في سورية”٠٠٠


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Les inexactitudes autour de la “question kurde en Syrie”

Mohannad Alkati – 21 octobre 2019

Depuis l’invasion de l’Irak en 2003 notamment, le discours kurde en Syrie s’oriente à traiter de la question de la présence kurde en Syrie et de son avenir en tant que «problème kurde en Syrie». Il s’agit d’une description qui supporte plusieurs erreurs politiques, historiques et géographiques. D’un point de vue politique, l’enjeu est généralement une terre et un peuple, un peuple vivant sur leur terre, qui a été soumis à une certaine circonstance historique, représentée par une invasion ou une occupation qui a entraîné son expulsion et son déplacement, et les nouveaux envahisseurs prennent le contrôle des peuples autochtones privés de leurs droits souverains, réprimer toute tentative militante de gagner leur liberté, en conséquence, le peuple reste en lutte jusqu’à ce que les facteurs externes et d’urgence qui ont contribué à l’émergence de sa cause aient disparu. Cette description s’applique à la cause palestinienne, par exemple, et ne s’applique en aucune manière à la réalité kurde en Syrie, pas en termes d’existence de persécution ethnique contre les Kurdes en Syrie, car tout le peuple syrien était opprimé, ainsi que pour plusieurs raisons et facteurs, cela ne peut pas faire de la situation des Kurdes en Syrie un problème politique distinct de celui du peuple syrien.

En ce qui concerne le facteur historique, la Syrie, avec ses frontières actuelles ou historiques (Bilad al-Sham), ne faisait pas partie des terres traditionnelles des groupes kurdes de l’histoire. Des sources historiques ont unanimement déclaré que les zones historiques kurdes sont situées dans le territoire appelé Baladians médiéval (région montagneuse) et situées dans les montagnes iraniennes dans la zone située entre l’Iran et l’Azerbaïdjan. Mais la nature de la construction de l’État islamique et diverses autres circonstances ont contribué au mouvement des peuples musulmans tout au long de leur vie. La présence kurde en Mésopotamie a commencé depuis la période abbasside, les Kurdes ont également servi dans les divisions des armées islamiques, leur présence au Levant et en Egypte a augmenté pendant les périodes d’Illuminati et d’Ayyubidisme. Ils font désormais partie de la culture des communautés dans lesquelles ils se sont installés et ont complètement perdu leurs caractéristiques nationales: on peut les appeler «Kurdes de l’intérieur» dans la langue du chercheur syrien Jamal Barout et ils diffèrent des «Kurdes des faubourgs» qui se propagent dans le nord de la Syrie, par exemple. Ceux-ci ont commencé leur présence sous forme de tribus nomades depuis le XVIIIe siècle dans ces régions. Ils sont devenus arabisants à la suite de l’influence du milieu arabe dans cette région. La présence kurde dans le nord de la Syrie s’est renforcée au début du XXe siècle dans le contexte des germes du conflit national opposant les Turcs et les Kurdes. cela a contribué à alimenter la région avec des éléments kurdes qui ont contribué à renforcer la conscience nationale kurde parmi les Kurdes syriens. L’activité de l’exil national kurde en Syrie s’est poursuivie depuis l’ère française et a augmenté avec l’émergence du mouvement du mollah Mustafa Barzani en Irak. Elle est devenue le premier mouvement kurde en Syrie en 1957 à développer l’émergence de mouvements kurdes sous la présidence de Hafez al-Assad en Syrie à 12 partis et à ce jour où l’arène kurde en Syrietémoigne la présence de plus de 70 noms de partis et courants divisés en deux blocs principaux: l’un affilié à Massoud Barzani dans le nord de l’Irak (représenté par le Conseil national kurde en Syrie CNKS) et le second appartenant au système du PKK, qui a formé les unités de protection du peuple YPG, son aile militaire en Syrie, ces unités constituaient le principal nerf des Forces démocratiques syriennes (FDS) créées par les États-Unis en octobre 2015 lors de la déclaration de guerre contre l’Etat islamique (Daech) dans la ville de Raqqa.

Malgré les changements démographiques dans la région nord de la Syrie à l’époque du mandat français, du fait de la politique ethnique menée par la France, le facteur démographique reste le défi le plus important auquel sont confrontés les Kurdes de Syrie dans leurs revendications de nature nationale, car rien n’est appelé en Syrie une zone kurde, Selon la répartition démographique nationale en Syrie, nous montrons ici les différences les plus importantes entre eux et les Kurdes d’Irak, qui constituent une majorité écrasante dans les régions du nord de l’Irak.

Al-Hassakah constitue la plus grande communauté kurde en Syrie. Malgré cela, ils ne constituent la majorité de la population que dans quatre régions frontalières avec la Turquie: Amuda, Darbasiyah, Malikiyah et Jawadiyeh, sur 12 districts de la province, et la proportion de Kurdes dans cette province, entre 26% et 28%, et à l’est d’Euphrates.

Parmi les trois provinces principales (Deir Ez-Zor – Al-Raqqa – Al-Hassakah), les Kurdes représentent environ 12% – 15% de la population totale de l’est de l’Euphrate, ce qui explique pourquoi les Arabes constituent la plus grande partie des éléments du FDS.

Les Kurdes constituent également la majorité de la population dans deux zones de la campagne d’Alep, Efrin et Ain al-Arab.
Un petit nombre de Kurdes se trouvent à Alep, ainsi que dans un quartier de Damas
La population kurde totale en Syrie représente moins de 6% de la population totale (voir: Étude de géographie humaine pour les Kurdes de Syrie, World Institute for Studies, 6 juillet 2016).

(…)

Ainsi, des phrases telles que la question kurde en Syrie sont devenues le peuple kurde qui vit sur son territoire historique, une partie essentielle du discours et de la littérature de tous les partis kurdes, car toute définition différente des Kurdes en tant que “partie du peuple syrien” ne servira pas les revendications de “question kurde en Syrie”. Ils justifient les exigences des Kurdes en matière de respect de la vie privée dans la constitution, ou du “droit à l’autodétermination” indépendamment du peuple syrien.

Le meilleur accord avec la question des Kurdes syriens et toutes les questions spécifiques liées au reste des minorités (religieuses, ethniques ou sectaires) est qu’il s’agit de questions et de problèmes qui doivent être examinés et précisés dans le cadre d’une question syrienne plus vaste et globale, dans le cadre des intérêts de tous les Syriens, et pour préserver leur avenir et leur unité. La Syrie ne fait pas exception parmi les pays dotés de minorités religieuses, sectaires ou linguistiques. Par conséquent, il faudrait remédier à cette réalité en intensifiant les efforts pour promouvoir les possibilités d’intégration sociale de toutes les composantes syriennes. Il ne vise pas à intégrer la fusion ni à abolir par la force les formes de différenciation qui doivent également être établies, et à les respecter dans le cadre des libertés publiques qui doivent être garanties à tous par la Constitution, telles que la liberté de conviction, le droit d’apprendre la langue maternelle et d’autres droits garantissant le sentiment de sécurité, la stabilité et la participation effective de toutes les minorités à la société. La majorité a également une grande responsabilité en donnant aux minorités des points de vue positifs et optimistes, en les rassurant et en les encourageant à mettre en pratique leur culture et à préserver leurs convictions et leur vie privée, exemptes d’application et de pratique réelle sur le terrain.

 

مغالطات “القضية الكردية في سورية”٠٠٠

تتّجه السردية الكردية في سورية، ومنذ غزو العراق سنة 2003 تحديداً، نحو تناول موضوع الوجود الكردي في سورية ومستقبله بوصفه “قضية كرديّة في سورية”، وهذا وصف يحتمل عدة مغالطات سياسية وتاريخية وجغرافية، إذ إن القضيّة، من المنظور السياسي، تكون عادة قضية أرض وشعب، أي شعب يعيش على أرضه، تعرّض لظرف تاريخي معين، تمثل بغزو أو احتلال، أدى إلى تهجيره وتشريده، وبات الغزاة الجدد يفرضون سيطرتهم وسيادتهم على السكان الأصليين الذين يتم حرمانهم من حقوقهم السيادية، ويقمعون أي محاولاتٍ نضاليةٍ لنيل حريتهم، وبالتالي يبقى الشعب في حالة نضال إلى أن تزول عوامل التغيير الخارجية والطارئة التي ساهمت في نشوء قضيته. ينطبق هذا الوصف على القضية الفلسطينية مثلاً، ولا ينطبق، بأي شكل، على الواقع الكردي في سورية، لا من حيث وجود اضطهاد عرقي ضد الأكراد في سورية، إذ إن جميع أبناء الشعب السوري كانوا مضطهدين، وكذلك لعدة أسباب وعوامل لا يمكن أن تجعل من وضع الأكراد في سورية يشكّل قضية سياسية منفصلة عن قضية الشعب السوري٠

بشأن العامل التاريخي، لم تكن سورية بحدودها الحالية، أو التاريخية (بلاد الشام)، تشكّل أي جزء من الأراضي التقليدية للجماعات الكردية في التاريخ، فقد أجمعت المصادر التاريخية على أن مناطق الأكراد التاريخية تقع ضمن الإقليم الذي أطلق عليه البلدانيون في القرون الوسطى (إقليم الجبال)، ويقع في جبال إيران في المنطقة المحصورة بين إيران وأذربيجان، ولكن طبيعة بناء الدولة الإسلامية، وظروفاً أخرى مختلفة، ساهمت في تنقلات الشعوب الإسلامية في كل أرجائها، وقد بدأ الوجود الكردي في منطقة ما بين النهرين منذ العصر العباسي، كما خدم الأكراد ضمن فرق الجيوش الإسلامية، وازداد وجودهم في بلاد الشام ومصر في الحقبتين، النورانية والأيوبيّة. وبات هؤلاء جزءاً من ثقافة المجتمعات التي انتقلوا إليها، وفقدوا خصائصهم القومية بشكل كامل، ويمكن تسميتهم “أكراد الدواخل” بلُغةِ الباحث السوري جمال باروت، وهم يختلفون عن “أكراد الأطراف” الذين ينتشرون في الشمال السوري مثلاً، وهؤلاء بدأ وجودهم على شكل قبائل رحّل منذ القرن الثامن عشر في هذه المناطق، استعربوا نتيجة التأثر بالمحيط العربي هناك. وتعزز الوجود الكردي في شمال سورية، في بدايات القرن العشرين، على خلفية بذور الصراع القومي بين الأتراك والأكراد، ما ساهم في تغذية المنطقة بعناصر كردية ساهمت في تعزيز الوعي القومي الكردي لدى الأكراد السوريين. واستمر نشاط أكراد المنفى القومي في سورية منذ العهد الفرنسي، وازدادت وتيرته مع ظهور حركة الملا مصطفى البرزاني في العراق، وظهرت بوادر أول حركة كردية في سورية سنة 1957، ليتطوّر نشوء الحركات الكردية في حقبة رئاسة حافظ الأسد في سورية إلى 12 حزباً، وصولاً إلى يومنا هذا الذي تشهد فيه الساحة الكردية في سورية ما يزيد عن 70 مسمّى لحزب وتيار، تنقسم بمجموعها إلى كتلتين رئيسيتين : واحدة تتبع مسعود البرزاني في شمال العراق (ممثلة بالمجلس الوطني الكردي في سورية، والثانية تتبع منظومة حزب العمال الكردستاني، والتي شكلت وحدات حماية الشعب الكردية جناحها العسكري في سورية، ومثلت هذه الوحدات العصب الرئيسية لقوات سورية الديمقراطية (قسد) التي أوجدتها الولايات المتحدة الأميركية في أكتوبر/ تشرين الأول 2015، مع إعلان الحرب على تنظيم الدولة الإسلامية (داعش) في مدينة الرقة٠

وبشأن العامل الديموغرافي والجغرافي، كانت الديموغرافيا القومية من أبرز محدّدات التقسيم التي اعتمدتها الدول الكبرى في أثناء تقسيمها الدولة العثمانية. وكانت جميع التقارير العسكرية البريطانية والفرنسية تركز، بشكل رئيسي، على التقسيمات اللغوية والإثنية والطائفية في دراستها المجتمع العثماني، وقد تضمنت اتفاقية سيفر 1920، وفق هذا المنظور، وصفاً للمناطق ذات الغالبية الكردية وفق المواد 62، 63، 64 التي عالجت موضوع كردستان. وبحسب تلك المواد، كانت المناطق ذات الغالبية الكردية المرشحة لتكون منطقة حكم ذاتي للأكراد ضمن نطاق حدود تركيا الحالية، وجزء منها في المناطق الجبلية في العراق شمال الخط الأفقي الذي يمر من العمادية. ولا يقع أي جزء من هذه المناطق في سورية، بل على العكس، كانت الحدود السورية تضم، وفق اتفاقية سيفر نفسها، ماردين وأورفا وعينتاب وكيليكيا والإسكندرونة بوصفها أراضي سورية، وسكانها ناطقين بالعربية، والمناطق الكردية تقع إلى الشمال من هذه المناطق٠

على الرغم من التبدّلات الديموغرافية التي شهدتها منطقة الشمال السوري في الحقبة الفرنسية، نتيجة السياسة الإثنية التي كان الفرنسيون يتبعونها، فإن العامل الديموغرافي لا يزال يشكّل أبرز تحدٍّ يواجه الأكراد السوريين في مطالبهم ذات الطابع القومي، إذ لا يوجد في سورية ما يمكن تسميتها مناطق كردية، وفق التوزع الديموغرافي القومي في سورية، وهنا تبرز تجليات أهم الفروق بينهم وبين أكراد العراق الذين يشكلون أغلبية ساحقة في مناطق الشمال العراقي٠

تشكل محافظة الحسكة أكبر تجمع للأكراد في سورية. وعلى الرغم من ذلك، فإنهم يشكلون أغلبية سكانية في أربع نواحٍ حدودية مع تركيا فقط: عامودا، الدرباسية، المالكية، الجوادية، من أصل 12 ناحية في المحافظة، وتبلغ نسبة الأكراد في هذه المحافظة نحو 26% – 28%، وعلى مستوى منطقة شرق الفرات التي تضم ثلاث محافظات رئيسية (دير الزور – الرقة – الحسكة)، يشكل الأكراد نحو 12% – 15% من مجموع سكان شرق الفرات، وهذا يفسر لماذا يشكّل العرب النسبة الكبرى من عناصر قسد فعلياً٠

كذلك يشكّل الأكراد غالبيةً سكانية في منطقتين تتبعان ريف حلب، هما عفرين وعين العرب، ويتوزع عدد قليل من الأكراد في مدينة حلب، وكذلك في أحد أحياء العاصمة دمشق ويشكل مجموع الأكراد في سورية ما نسبته أقل من 6% من مجموع السكان (يُنظر: دراسة الجغرافية البشرية لأكراد سورية، معهد العالم للدراسات 06 يوليو/ تموز 2016)٠

شكل المؤتمر العاشر للحزب الديمقراطي الكردي في سورية (البارتي)، سنة 2007، نقلة نوعية في الخطاب الكردي، فقد جاء في المادة الخامسة من مقرّرات المؤتمر: “البارتي ينطلق في نضاله من واقع وجود شعب كوردي في سورية يعيش على أرضه التاريخية، وهي بذلك تكون قضية (أرض وشعب)، وأنه يشكل القومية الثانية في البلاد بنسبة 15%”. وطرح حزب الاتحاد الديمقراطي التابع لحزب العمال الكردستاني، كذلك في نظامه الداخلي سنة 2012، ما سماها “القضية الكردية في سورية”، وجاء بحسب نظامه الداخلي: “يعلن الحزب، في نظامه الداخلي، أن قائده وقائد الشعب الكردي هو عبد الله أوجلان (زعيم حزب العمال الكردستاني). ويعلن الحزب أنَّ هدفه هو حل ما سماها (القضية الكردية في غرب كردستان)، وهو يلتزم بهذه التسمية إلى جانب تسمية (روجافا)، للتعبير عن مناطق أو إقليم كردي في سورية”٠

لم يسلم ائتلاف قوى الثورة والمعارضة السورية أيضاً من الوقوع في مطب المصطلحات، إذ نصّ الاتفاق الموقع بينه وبين المجلس الوطني الكردي، من بين شروط لانضمام الأخير لصفوف المعارضة سنة 2013، على بند جاء فيه: “يعمل الائتلاف على إقامة فعاليات وأنشطة تساهم في التعريف بالقضية الكردية في سورية والمعاناة التي مرّ بها المواطنون الكرد على مدى عقود من الحرمان والتهميش!”٠

وبالتالي، باتت عبارات، مثل القضية الكردية في سورية الشعب الكردي الذي يعيش على أرضه التاريخية، جزءاً أساسياً من خطاب جميع الأحزاب الكردية وأدبياتها، إذ إن أي تعريف مغاير للأكراد بوصفهم “جزءاً من الشعب السوري” لن يخدم مزاعم “قضية كردية في سورية”، والتي تبرّر مطالب الأكراد أن تكون لهم خصوصية في الدستور، أو “حق تقرير المصير” بمعزل عن الشعب السوري٠ 

أفضل تعامل مع مسألة أكراد سورية، وكل المواضيع ذات الخصوصية التي تتعلق بباقي الأقليات (دينية أو إثنية أو طائفية)، هو أنها مسائل وإشكالات يجب مناقشتها وبلورتها بوصفها جزءاً من قضيةٍ سورية أعم وأشمل، وذلك ضمن إطار يحقق مصلحة جميع السوريين، والحفاظ على مستقبلهم ووحدتهم، فسورية ليست استثناءً من بين الدول التي تضم أقلياتٍ دينية، طائفية أو لغوية. وبالتالي، ينبغي التعامل مع هذه الحقيقة عبر تكثيف الجهود لتشجيع فرص الاندماج المجتمعي بين كل المكونات السورية. وليس المقصود هنا بالاندماج الصهر، أو الإلغاء القسري لأشكال التمايز التي يجب إقرارها أيضاً، واحترامها في إطار الحريات العامة التي يجب أن يكفلها الدستور للجميع، كحرية الاعتقاد وحق تعلم اللغة الأم وغيرهما من الحقوق التي تضمن لجميع الأقليات الشعور بالأمان والاستقرار والمشاركة الفعلية في المجتمع. كذلك تقع على عاتق الأغلبية مسؤولية كبيرة في تغليب النظرة الإيجابية المتفائلة إزاء الأقليات وطمأنتها وتشجيعها على ممارسة ثقافتها، والحفاظ على معتقداتها وخصوصيتها، أما السلطة فتقع عليها مسؤولية كبيرة في سن كل القوانين وإشاعة كل المفاهيم، لترسيخ مبادئ المواطنة، بدلاً من إشاعة شعاراتٍ عن اللحمة الوطنية، خالية من التطبيق والممارسة الفعلية على أرض الواقع٠

Mise au point sur l’agression turque au Rojava


Realpolitik-Russe

Dans ce contexte d’attaque des populations par l’armée turque et de reprise en main de la situation par un régime syrien responsable de centaines de milliers de morts, il nous paraît important de défendre le peuple syrien ainsi que l’autodétermination du peuple kurde. Plutôt que de tomber dans le campisme imbécile et l’idéalisation naïve, qui ne sont que la déclinaison d’extrême-gauche du discours antiterroriste et de la focalisation sur l’islamisme, nous devons appeler au soutien aux populations vivant en Syrie.

Mise au point sur l’agression turque au Rojava

Depuis le mercredi 9 octobre, prétextant la mise en place d’une « zone de sécurité », l’armée turque et des brigades syriennes à son service bombardent et envahissent le Rojava, région syrienne du Kurdistan. Cette agression contre les populations arabe et kurde du nord de la Syrie, et la réponse du régime, qui envoie son armée dans les villes menacées par l’intervention d’Erdogan, a été rendue possible par la défaite de l’insurrection populaire qui avait débuté en 2011, écrasée par Assad, et ses alliés Poutine et Rohani.

Chaque jour, l’armée turque et ses supplétifs prennent pour cible les populations sous prétexte de combattre le « terrorisme » des YPG kurdes (branche armée du PYD, équivalent syrien du PKK), comme, dans les villes de l’insurrection syrienne, l’écrasement du peuple en révolte est présenté depuis huit ans par Assad et Poutine comme une lutte contre le « terrorisme ». Les manifestations s’opposant en France à l’invasion du Rojava (région du nord de la Syrie, où vivent de nombreux Kurdes) se bornent à dénoncer Erdogan et les « djihadistes ». Pourtant, nous devons rappeler que cette guerre entre les YPG d’une part, et d’autre part des bataillons issus de l’opposition à Assad et maintenant au service d’Erdogan, a été rendue possible par la transformation de cette opposition en ensemble de mercenaires travaillant pour celui qui assurait leur protection, au fur et à mesure des trêves faisant suite à une répression féroce de l’insurrection par le régime.

Aussi, alors que l’expérience politique menée au Rojava est idéalisée par la gauche occidentale, qui la qualifie d’autogestionnaire sans citer un seul exemple concret, nous devons rappeler que l’autonomie de cette région ne découle pas d’un soulèvement, mais, dès 2011, d’un accord conclu entre le régime de Bachar Al-Assad et le PYD (parti historiquement proche du régime et minoritaire au sein des Kurdes syriens), contre les forces kurdes qui s’opposaient au régime en compagnie des autres Syriens. De 2011 à aujourd’hui, en échange du retrait des troupes de l’armée de Bachar Al-Assad du Rojava, les YPG se sont chargés d’interdire et de réprimer les manifestations contre le régime, d’intimider, d’arrêter ou de faire disparaître leurs opposants. Puis, en 2015, dans un contexte de développement de l’État Islamique et de répression de l’insurrection syrienne, les YPG ont conclu un double accord : avec les États-Unis contre l’Etat islamique d’une part, avec la Russie contre la rébellion d’autre part.

Après avoir réprimé les manifestations de l’opposition à Assad dans les villes, les villages et les quartiers kurdes, les YPG ont combattu en 2016 avec le soutien aérien russe et aux côtes de l’armée syrienne, contre les rebelles à Menagh, Tell Rifaat et Alep, et plus récemment, ont mené aux côtés des soldats du régime des offensives contre l’opposition à Deir ez-zor et Idlib. En plus d’avoir participé à la victoire du régime sur les rebelles syriens, les YPG sont souvent perçus comme des envahisseurs par les populations arabes des villes qu’ils occupent, et ont été accusés de nettoyage ethnique. En juillet et août 2015, des chercheurs d’Amnesty International se sont rendus dans 14 villes et villages des gouvernorats d’Hassaké et de Raqqa, et en ont conclu à l’existence de démolitions de logements et de déplacements forcés de populations sur des bases ethniques. Si les YPG ont parfois été dans un premier temps accueillis d’une manière relativement favorables dans les villes arabes reprises à l’État Islamique, comme à Manbij ou dans la région d’Hassaké, ils se sont vite vus reprocher d’imposer leur joug politique, de mettre en place une conscription forcée dans les brigades des « Forces Démocratiques Syriennes » qu’ils dominent, de ne pas permettre aux conseils locaux issus de la révolution et élus par les habitants de revenir siéger, et d’empêcher le retour des réfugiés arabes dans leurs villes d’origine. Aujourd’hui, le retour du régime dans les villes que le PYD est prêt à remettre à l’armée syrienne est la perspective la plus terrifiante qui soit pour nombre d’habitants, connus pour avoir participé au soulèvement contre Assad.

Parallèlement, au fur et à mesure de la militarisation du conflit entraînée par la répression de l’insurrection par le régime et ses alliés russe et iranien, une partie de l’opposition armée à Assad, extrêmement affaiblie, a développé un sectarisme et une hostilité à l’égard des Kurdes, et s’est transformée en une fédération de mercenaires au service d’Erdogan. L’ « armée nationale syrienne », créée en 2018 au bénéfice de l’Etat turc, regroupe différentes brigades qui n’ont plus grand chose à voir avec le vent d’insurrection qui avait soufflé en 2011, et participent dorénavant à l’invasion du Kurdistan au bénéfice de l’oppresseur historique du peuple kurde. A Afrin, ville conquise en 2018 par les mercenaires de l’Etat turc et occupée depuis, les témoignages se succèdent quant aux crimes dont sont victimes les Kurdes : vols, pillages, saisies des maisons abandonnées, assassinats, enlèvements contre rançon, etc. Depuis le 9 octobre et la dernière attaque de la Turquie contre le Rojava, pas un jour ne passe sans connaître son lot de bombardement de civils ou d’exécutions sommaires.

Et si une partie des Syriens arabes se réjouissent de l’opération en cour, par ressentiment envers les YPG ou par espoir de pouvoir revenir dans les villes qui pourraient être conquises, il y a fort à parier que les brigades au service de l’État turc, si elles venaient à s’implanter, se comporteraient à leur tour comme un groupe d’occupants, ne tolérant aucune forme de pouvoir civil, et se contentant de mener les opérations de guerre ou de police décidées par le donneur d’ordre. De plus, il est évident que la guerre menée ne vise pas que le PKK et sa branche syrienne, mais l’ensemble du peuple kurde, et ses capacités à être politiquement autonome. Alors que des dizaines de milliers de personnes fuient les combats au Rojava, la volonté d’Erdogan d’instrumentaliser les réfugiés syriens présents en Turquie pour tenter de les transférer en zone kurde prouve là aussi une volonté de procéder à un remplacement de population sur une base ethnique. L’assassinat par des combattants de l’ « Armée nationale syrienne » au service d’Erdogan d’Hevrin Khalaf, co-présidente du Parti pour le Futur de la Syrie, scission du PYD, fondé pour dialoguer avec les populations arabes et obliger la Turquie à un compromis sur la question du Kurdistan, est révélateur des objectifs poursuivis par cette opération militaire : celle-ci n’a rien à voir avec les intérêts des populations civiles, et s’inscrit dans les tensions relatives à la répartition des territoires entre les armées et brigades au service des différents États.

Pourtant, dans une situation où des Kurdes et des ex-rebelles syriens s’entretuent pour le bénéfice de dictateurs, plutôt que d’insister sur les risques de nettoyage ethnique, sur la situation des populations, sur le droit à l’autodétermination du peuple kurde (qui ne se réduit pas au PKK) et sur la manière dont ces opérations servent in fine un retour à l’ordre dont Bachar Al-Assad sera le bénéficiaire, la gauche occidentale préfère fantasmer une révolution au Rojava, en plus de reprendre les poncifs sur le terrorisme islamiste. Dans les manifestations de solidarité avec le Rojava en France, l’ennemi est réduit à Erdogan et l’État islamique (auquel est souvent amalgamé l’ensemble de l’opposition à Assad), et rien n’est dit sur le régime syrien. Quant aux 500 000 personnes mortes depuis 2011 en Syrie, sous les bombes du régime et de ses alliés ou sous celles de la coalition internationale, elles ne sont jamais mentionnées.

Comme toutes les simplification idéologiques plaquées sur la situation syrienne, la description qui est faite par la gauche française, celle d’une révolution démocratique et multiethnique qui aurait lieu au Rojava, attaquée par des groupes djihadistes d’anciens combattants de l’Etat islamique liés à Al-Qaida, ne correspond pas à la réalité. Le Front Fatah Al-Cham, issu du Front Al-Nosra (la branche syrienne d’Al-Qaida), n’a jamais été membre ni de l’Armée Syrienne Libre fondée en 2011-2012 pour défendre l’insurrection, ni de l’ « Armée nationale syrienne » créée en 2018 au bénéfice d’Erdogan. De plus, au milieu d’une guerre d’une telle intensité, les alliances et leurs retournements dépendent moins des schémas idéologiques que des opportunités en rapport avec les nécessités de la guerre. Pour illustrer ces retournements d’alliance, nous pouvons prendre l’exemple de la Brigade des révolutionnaires de Raqqa, fondée en 2012 par des civils de l’opposition à Assad et des déserteurs de l’armée syrienne refusant de tirer sur les manifestations, afin de défendre la population de Raqqa face à la répression du régime. Un peu plus d’un an plus tard, à la fin de l’année 2013, suite aux menaces de l’Etat islamique , la Brigade des révolutionnaires de Raqqa avait dû prêter allégeance au Front Al-Nosra, lié à Al-Qaida, avant de finalement se réfugier à Kobane, au Rojava, et de rompre tout lien avec Al-Nosra pour se rapprocher des YPG. Après avoir intégré les « Forces Démocratiques Syriennes » et repris Kobané puis Raqqa en compagnie des YPG, en 2018, 700 membres de la Brigade des révolutionnaires de Raqqa furent arrêtés et emprisonnés (la majorité sont encore détenus), pour avoir dénoncé l’hégémonie du PKK et des YPG sur Raqqa, et leur répression des opposants. Aujourd’hui libéré, Abou Issa al-Raqqawi, ancien commandant de la Brigade des révolutionnaires de Raqqa, fut après sa libération, et malgré l’emprisonnement de la plupart de ses hommes, placé à la tête d’une brigade à Taqba, qui lutte aujourd’hui contre l’opération menée sous patronage turc. Pour autant, nombre de brigades arabes membres des FDS ne cachent plus leur aversion pour les YPG et le PYD, et des défections sont fortement probables maintenant que l’alliance avec le régime est ouvertement assumé. Enfin, pour ce qui est des « anciens membres de Daech », si des déserteurs de l’Etat Islamique ont effectivement pu être intégrés à tel ou tel bataillon rebelle suite à des processus de « déradicalisation » plus ou moins longs et crédibles, André Hébert, combattant français au sein des YPG, reconnaît lui-même dans son ouvrage Jusqu’à Raqqa que d’anciens membres de l’État Islamique sont aussi présents au sein de groupes armés associés aux YPG et que « le YPG a dû faire alliance avec des tribus arabes (dont certaines s’étaient précédemment associées à Daech) pour former une coalition militaire représentative de la population du nord de la Syrie ». Comme tous les discours simplificateurs plaqués sur cette guerre, la caricature de la situation qui est faite dans un objectif de propagande ne correspond à aucun examen minutieux des faits.

Par ailleurs, puisque les débats en France sont focalisés sur l’Etat Islamique, le risque d’évasion massive de ses anciens combattants ou sympathisants est aussi omniprésent dans les discours. Pourtant, ce n’est pas le risque que la reformation d’une cellule de l’Etat Islamique ferait courir aux populations locales qui est évoqué (alors qu’une partie des combattants considérés comme les plus dangereux pour l’Occident sont détenus dans des prisons situées dans des zones désertiques de Syrie et d’Irak, et protégées par l’armée américaine), mais l’éventualité que telle ou telle Française mariée à un combattant emprisonné et qui s’est elle évadée d’un camp de déplacés puisse revenir en France. Jusqu’à l’extrême-gauche, les discours sécuritaires prennent parfois une place plus importante que la préoccupation pour les populations civiles.

Si certains des Français membres ou sympathisants de l’Etat islamique ont demandé depuis des années à pouvoir revenir en France pour y être jugés, et qu’une partie des personnes présentes sur place craignent aujourd’hui de tomber entre les mains du régime, au fur et à mesure des arrestations de membres français de l’Etat islamique, les gouvernements français ont répété que ceux-ci devaient être jugés « sur place », bien que les tribunaux du Rojava ne soient pas reconnus internationalement et ne respectent aucun des droits de la défense, et bien que l’Etat irakien applique la peine de mort. Selon Human Rights Watch, dans la négociation en cours en vue d’un jugement des Français accusés d’être liés à l’Etat islamique, l’Etat irakien veut s’assurer qu’il ne sera pas mis en cause par la France, quelles que soient les conditions de transfert, de détention ou les modalités du déroulement des audiences. Pour ce qui est des civils, parfois proches des combattants de l’Etat Islamique, arrêtés en Syrie par les YPG, alliés des Occidentaux, ils ont jusqu’ici été le plus souvent parqués dans des camps, en dehors de toute procédure légale. Pourtant, en plus de ne pas dénoncer en premier lieu les dégâts causés par les différentes opérations militaires sur les conditions de vie des populations, la gauche ne s’oppose pas au renoncement de l’Etat français à toute norme de droit dans son soutien à ces dispositifs de gestion de l’ennemi. Pire, dans un contexte de névrose islamophobe et de psychose antiterroriste en France, la gauche ne trouve rien de mieux à faire que d’exacerber l’angoisse relative aux risques supposément encourus en France. Un autre renoncement est le fait de ne reprocher aux Etats-Unis que le redéploiement de leurs troupes, et non les cinq années de bombardements massifs sur des populations civiles et les destructions de villes entières menées par la coalition occidentale en Syrie et en Irak, effectuées sous prétexte de lutte contre le terrorisme.

Dans ce contexte d’attaque des populations par l’armée turque et de reprise en main de la situation par un régime syrien responsable de centaines de milliers de morts, il nous paraît important de défendre le peuple syrien ainsi que l’autodétermination du peuple kurde. Plutôt que de tomber dans le campisme imbécile et l’idéalisation naïve, qui ne sont que la déclinaison d’extrême-gauche du discours antiterroriste et de la focalisation sur l’islamisme, nous devons appeler au soutien aux populations vivant en Syrie.

Ci-dessous, nous republions « Le point d’explosion de l’idéologie au Kurdistan« , écrit en 2018 et toujours d’actualité. Refusant les lectures policières de l’histoire comme la géopolitique de comptoir, ce texte se propose d’étudier les raisons de l’engouement unanime et l’idéalisation des YPG au sein des gauches françaises. Il n’y est pas question de la « cause kurde » ni précisément de l’insurrection syrienne en tant que telles (ce serait beaucoup trop vaste) mais de la façon dont celles-ci auront servi de révélateur à la faillite du monde militant « de gauche », révolutionnaire comme réformiste. Nous y discutons la facilité de la gauche à se laisser embarquer par l’antiterrorisme et les idéologies d’États. À distance des postures « anti-impérialistes » caricaturales (campisme favorable au régime syrien) ou néo-conservatrices, il s’agissait déjà pour nous de rétablir quelques douloureuses vérités.

Que l’on songe au stalinisme ou à ses innombrables déclinaisons, l’histoire du mouvement ouvrier est jonchée de mystifications et de falsifications. À partir du moment où, dans les années 1920, l’Internationale Communiste est devenue la courroie de transmission des intérêts du jeune État « soviétique » 1, de larges pans du mouvement ouvrier ont été mis au service d’une propagande systématique. Celle-ci devait présenter la politique d’industrialisation forcée menée par un État autoritaire comme l’horizon et la base arrière de la révolution mondiale. Les mots même de révolution et de communisme ont pendant longtemps été entachés par cette expérience, ne désignant plus une existence débarrassée du travail et de l’État, mais, pour le plus grand nombre, une réalité sordide et brutale sans lien avec les promesses d’émancipation, ni avec une quelconque forme de vérité.

S’il serait possible de débattre longuement des circonstances historiques qui ont conduit à cet état de fait, on s’accordera volontiers à dire que cela a durablement nui à la cause révolutionnaire. Et si nous pensions depuis quelques décennies nous être éloignés de cet héritage embarrassant, les dernières années ont vu émerger un processus analogue s’étendant progressivement à toutes les sphères de la gauche, y compris celles se définissant comme « révolutionnaire ». C’est ce phénomène, et ce qu’il révèle, que nous tenterons d’analyser.

Hier comme aujourd’hui, la révolution n’est pas une affaire de parti.

Au sein des milieux de gauche « radicale » ou « révolutionnaire », de la France Insoumise aux libertaires et à certains « autonomes », en passant par le NPA, ce qu’il reste de maoïstes en France et certains secteurs du syndicalisme de lutte, la dernière mode semble être, non sans un certain essentialisme, « les Kurdes ».

S’il est stupéfiant de constater le peu de prudence à assimiler tout un peuple à un parti, fût-il un parti de masse (le PYD, branche syrienne du PKK), ce qui nous frappe davantage est le caractère absolument soudain, totalement fantasmé et inconséquent de l’intérêt de la majorité de la gauche française pour la « cause kurde ».

Ce soutien extatique s’expliquerait par l’« expérience révolutionnaire » déclenchée en 2011/2012 au Rojava (Kurdistan syrien), qu’il faudrait comparer à l’Espagne de 1936. De nombreux militants parlent à son sujet d’autogestion, d’écologie et d’égalité hommes-femmes, quand ce n’est pas de communes ou de communisme. Le plus souvent, même si rien n’est dit de ce qu’il se passe au Rojava, le caractère supposément utopique de cette expérience vise à discréditer l’organisation de la vie dans les villes de l’insurrection syrienne. Une tribune signée par tout le gratin de l’extrême-gauche française et publiée par Ballast cite par exemple l’inénarrable Noam Chomsky pour asséner avec lui que l’utopie rojavienne est « très différente de tout ce qui se trouve en Syrie 2. Dans une autre tribune, signée par des syndicalistes et publiée par l’Humanité, on peut lire : « C’est aujourd’hui une véritable alternative progressiste, égalitaire, féministe et laïque dans cette région. Elle peut dessiner un avenir émancipé de tous les obscurantismes et de toutes les barbaries » 3

Danielle Simonet, représentante de la France Insoumise, décrète que cette expérience « socialiste écologiste et féministe » est « inédite dans cette région », avant d’ajouter « un message politique aux féministes : venez, vous êtes pour l’égalité femmes-hommes, il y a dans cette région une expérience politique inédite qui promeut l’égalité femmes-hommes » 4 Dans le documentaire  Rojava, une utopie au cœur du chaos syrien  réalisé par Mireille Court, dont le titre résume la volonté de produire une opposition entre le Rojava et la situation syrienne, la voix off nous invite à « découvrir une autre place pour les femmes au Moyen-Orient » 5

Plutôt que de tenter de saisir les dynamiques en cours au Rojava, ou de comprendre l’auto-organisation qui a réellement existé dans les villes rebelles syriennes au début de l’insurrection (conseils communaux, auto-gestion des hôpitaux, enseignants qui écrivent leurs propres programmes etc 6 , l’extrême gauche s’identifie ainsi « aux Kurdes », perçus comme l’incarnation de la Lumière dans une « région » où régneraient sans partage « les obscurantismes ». Dans nombre de discours, la gauche radicale va jusqu’à opposer « les Kurdes » aux « musulmans », et même aux « sunnites », en oubliant qu’ils le sont souvent eux-mêmes. Et puisqu’il ne faudrait pas s’arrêter en si bon chemin, il est même devenu systématique pour une partie de la gauche d’assimiler la totalité des forces de l’opposition syrienne à l’« islamisme », en la qualifiant de « djihadiste », quand ce n’est pas de « barbare ». Comme le résumait Kendal Nezan, président de l’Institut kurde de Paris lors d’une émission de France Culture, « il y a l’unanimité de l’opinion publique, de la gauche libertaire à l’extrême droite » 7

Pourtant, parler de révolution au Rojava semble a minima exagéré, pour ne pas dire purement mensonger 8 Qu’on écoute les longs meetings tenus par l’extrême gauche « pro-kurde » ou la communication officielle du PYD, qu’on lise les déclarations du chef – objet d’un véritable culte de la personnalité – Abdullah Öcalan ou des reportages à la gloire de cette prétendue utopie, on ne trouve au mieux que des éléments de langage et des slogans creux, masquant très probablement l’absence de réalisations concrètes.

Ce que l’on sait en revanche, c’est que l’autonomie relative du Rojava n’est pas le résultat d’une insurrection ou d’une grève générale expropriatrice, mais d’une négociation avec le régime syrien, qui a d’abord consisté en une quasi neutralité des YPG (branche armée du PYD), vis-à-vis de la révolution syrienne 9.

Parler de neutralité ici revient en vérité à faire preuve de complaisance dans la mesure où l’on a assisté au musellement des éléments anti-Assad par le PYD, du moins à leur marginalisation, en échange du départ des troupes loyalistes. Depuis, au Rojava, les salaires des fonctionnaires continuent d’être versés par le régime. Et Assad, débarrassé de la gestion politico-militaire de ce territoire confié (au moins temporairement) au PYD, a pu concentrer ses efforts contre-insurrectionnels sur la « Syrie utile » (la zone urbanisée allant d’Alep à Damas) 10 .

Notre but n’est pas de diaboliser ce que l’extrême gauche française idéalise de manière outrancière mais de contextualiser. Il ne semble pas excessif d’affirmer que la société syrienne est extrêmement segmentée, que ce soit politiquement, ethniquement ou confessionnellement. L’oppression systémique des Kurdes, et celle vécue en Syrie en particulier, signifie de nombreuses discriminations : avant 2011, 300 000 Kurdes syriens n’avaient pas accès à la nationalité et 70 000 n’avaient aucune existence légale. L’accès la propriété et à de nombreux emplois ainsi que la pratique de la langue leur sont interdits.

La population kurde est dans son ensemble traitée avec violence et suspicion par le pouvoir, en atteste aussi la politique dite de la « ceinture arabe » mise en place en 1966 qui consistait en un transfert à des groupes de colons arabes armés de terres agricoles appartenant jusqu’alors à des paysans kurdes. Paradoxalement, Assad père et fils ont su instrumentaliser le PKK (puis le PYD) dès les années 80 comme moyen de pression contre la Turquie, en l’armant et/ou en le finançant. Ajoutons que le soutien de l’État turc à l’opposition syrienne dès le début de la répression de l’insurrection n’a pas contribué à faciliter les bonnes relations entre révolutionnaires arabes et kurdes. Un ministre du canton d’Afrin a expliqué la réticence de son mouvement à s’engager aux côtés de la révolution syrienne par le risque que cela comportait pour les Kurdes de se voir désignés comme boucs émissaires par le régime 11 . Il convient aussi de garder à l’esprit l’existence d’une  certaine hostilité vis-a-vis de l’autodétermination kurde au sein de certaines composantes de l’insurrection syrienne (en particulier chez celles issues des Frères Musulmans), ce qui a poussé, à la faveur d’un soulèvement anti-Assad s’appuyant sur les références à « l’unité de la Syrie » ou à « la Syrie arabe et islamique », de nombreux Kurdes à soutenir le PYD plutôt que la révolution en Syrie.

En somme, pour comprendre ce qu’il se passe au Rojava, nous ne semblons avoir d’autre choix que celui de quitter les illusions pseudo-révolutionnaires pour nous plonger dans les eaux glacées de la realpolitik en temps de guerre. S’il est évident que les intérêts du PYD et du régime syrien ne sont pas identiques, rappelons quelques épisodes où ils ont convergé :

  • – De nombreux activistes anti-Assad ont été menacés (et parfois arrêtés) dans les zones contrôlées par le PYD dès 2012. Des manifestations anti-Assad ont été réprimées, et il est arrivé que les YPG tirent sur une foule désarmée, comme lors de la manifestation d’Amouda en juillet 2013.
  • Lors de la reprise d’Alep par le régime et ses alliés, les YPG ont combattu les groupes rebelles, contribuant à la chute de la ville et à l’écrasement de sa population 12. Avant cela, les YPG avaient attaqué et repris Menagh et Tal Rifaat contrôlées de longue date par l’ASL.
  • Le PYD et le PKK, relaient la propagande assadienne, faisant de Daech « l’ennemi principal », et n’hésitent pas à y amalgamer une partie des rebelles syriens (alors que ceux-ci l’affrontent parfois en première ligne).

Il n’est par ailleurs pas étonnant que, comme pour tous les autres camps en présence, des crimes de guerre commis par les YPG soient révélés, bien qu’ils ne soient en aucune mesure comparables à ceux du régime syrien ou de l’État Islamique. Pourtant, le plus souvent, ces révélations ne rencontrent que l’aveuglement volontaire de la gauche française. Quand Human Rights Watch, qui a réalisé une enquête au Rojava en février 2015, et Amnesty International, qui s’y est rendu en octobre 2015, accusent les YPG de « nettoyage ethnique » en raison de la destruction de plusieurs villages arabes au Rojava et du déplacement de populations sur des bases ethniques 13 , de nombreux militants n’y voient pourtant que propagande hostile et malveillante, quitte à oublier que le président d’Amnesty International est emprisonné et inculpé en Turquie pour « appartenance à une organisation terroriste armée », pour y avoir dénoncé la guerre faite aux Kurdes. Quant à l’enrôlement de force de combattants par les YPG et l’emprisonnement des récalcitrants, ou l’utilisation d’enfants soldats, ils sont justifiés par de nombreux partisans des YPG comme liés à la nécessité de la guerre … S’il semble difficile de juger de telles pratiques sans prendre en compte le contexte de guerre, il convient en revanche de se demander comment et pourquoi on a pu travestir la guerre menée par les YPG en révolution libertaire. Il est en outre étonnant que l’on considère l’enrôlement d’enfants comme une contingence liée au manque de combattants, mais que la présence de femmes en première ligne (sur laquelle la propagande des YPG insiste lourdement) soit nécessairement une preuve de féminisme de l’organisation, voire d’égalité des sexes au Kurdistan …

S’il est douteux de parler de révolution au sens communiste du terme en la circonscrivant à une petite localité imperméable à son en-dehors, il est absolument grotesque de postuler la mise en place d’une utopie libertaire par une organisation militaire, au milieu d’une guerre d’une telle intensité, où se confrontent des acteurs mondiaux et régionaux. En outre, si l’on parle d’une « révolution », il faudrait dire où et quand les peuples du Rojava se sont soulevés pour abolir les formes de pouvoir existantes. Par ailleurs, rien n’indique, tout au long de l’histoire du PYD, une sympathie pour l’autogestion, ni même pour les mouvements de révolte qui ne sont pas à son initiative ou contrôlés par lui. De l’intifada de la jeunesse kurde en 2004 pendant laquelle la direction du PYD lançait des appels au calme, aux débuts de l’insurrection syrienne en 2011, que nombre de partis kurdes appelaient à rejoindre à l’exception notable du PYD, l’organisation n’a en effet pas brillé par son apologie de l’auto-organisation et de la démocratie « par en bas ».

En outre, rappelons qu’au sein de la supposée utopie autogestionnaire du Rojava, si des assemblées municipales ont été mises en place, celles-ci n’ont aucun pouvoir décisionnel ni même consultatif à propos de ce qui relève des décisions stratégiques, politiques et militaires, qui sont, elles, centralisées par le parti 14 . Pour ce qui est de la révolution sociale, la constitution du Kurdistan syrien (appelée « contrat social ») sanctifie la propriété privée, ce qui signifie que les classes sociales ne sont pas remises en question, loin s’en faut. En plus d’avoir inventé le confédéralisme démocratique, Abdullah Öcalan semble avoir inventé la révolution qui ne naît pas d’une lutte mais d’un accord avec une dictature, ne remet pas en cause le pouvoir militaire en place, et ne touche pas à l’exploitation.

Il est donc assez gênant de voir des militants se revendiquant du « communisme libertaire » applaudir une « révolution » où on n’aurait pas touché aux rapports de production. Alors que l’autogestion d’une seule usine au Rojava aurait fait la une de tous les médias gauchistes, et puisque nous savons maintenant que les « coopératives » d’Afrin ont été mises en place par la famille Assad 15 , de nombreux militants se retrouvent, faute de mieux, et en l’absence d’un quelconque exemple concret à citer, à exalter l’identité d’un peuple totalement fétichisé, rebelle par nature et vivant en harmonie. Il en est de même sur la question du féminisme où, en plus de se borner à des images de propagande représentant de jeunes combattantes cheveux au vent, il est question dans de nombreux discours français d’un « matriarcat originel » chez les Kurdes …

Les Kurdes, les Arabes et nous.

En parallèle de l’essentialisation d’un peuple, annexé dans son entier à une organisation militaire, et dont la culture serait, selon certains discours de gauche, par essence démocratique et féministe, le soutien de la gauche et de l’extrême-gauche françaises aux YPG est empreint de l’ethnocentrisme le plus caricatural, et teinté de l’opportunisme le plus crasse. Si le droit à l’autodétermination du peuple kurde, et la légitimité de la résistance face à la politique oppressive menée par les États turc, syrien, iranien ou irakien ou aux tentatives d’assimilation par le nationalisme arabe et l’islam politique sont absolument légitimes et doivent être défendus, et si les méfiances de nombreux Kurdes vis-a-vis de l’insurrection syrienne qui, globalement, les a peu pris en compte, sont compréhensibles, nous constatons que c’est rarement cela qui guide le soutien unanime aux « Kurdes », c’est-à-dire aux YPG, dans les discours politiques en France.

En effet, si la rumeur d’une révolution au Rojava avait couru dans la gauche française dès 2012, c’est en 2015, après l’attentat du 7 janvier et encore plus après celui du 13 novembre, que la gauche française s’est particulièrement passionnée pour le combat « des Kurdes » contre l’État Islamique. Et ce alors que, dans son immense majorité, cette même gauche n’a rien compris au soulèvement syrien de 2011, et n’a, à l’inverse de nombreuses associations musulmanes, jamais essayé d’y apporter le moindre soutien, pas même humanitaire.

Et c’est ainsi qu’en France, en 2015, dans un contexte d’union nationale contre la « barbarie islamiste », le slogan « Fuck ISIS, support PKK » a commencé à fleurir chez les gauchistes, en même temps que la prolifération des mythes sur l’« expérience autogestionnaire au Rojava ». Parallèle troublant, ces discours se sont répandus au moment même où la diplomatie française rompait avec sa politique de pression (modérée) vis-a-vis d’Assad, et considérait désormais l’État Islamique (ou « l’islamisme ») comme l’ennemi unique, Assad n’étant plus un ennemi, Poutine et le PYD constituaient même des partenaires dans cette lutte.

Que l’État français prenne pour position « tous contre Daech et seulement contre Daech » alors que l’État Islamique ne fera jamais autant de dégâts en Syrie qu’Assad et Poutine ni autant de morts dans le monde que la France ou les États-Unis est une chose, mais que l’extrême-gauche, « révolutionnaire » et « anti-impérialiste » autoproclamée, ait le même réflexe, tout en continuant d’ignorer d’une part l’insurrection syrienne et sa répression, et d’autre part la politique des États occidentaux dans le monde, est pour le moins obscène. En réalité, « les Kurdes » semblent être aux militants de gauche ce que « les chrétiens d’Orient » sont à ceux de la droite catholique : la justification de leurs peurs et de leurs lâchetés.

Au delà du parallèle troublant entre d’une part les positions diplomatiques de l’État français ou des États occidentaux, et d’autre part celles de « révolutionnaires » internationaux s’engageant dans les YPG (ou de la gauche française les soutenant), c’est parfois jusqu’aux arguments pour justifier ces positions qui convergent. Dans divers reportages télévisés diffusés en 2016, des volontaires français, qui ne se seraient jamais intéressés à la Syrie si des Français n’étaient pas morts dans une salle de rédaction, en terrasse ou dans une salle de concerts, affirment s’être décidés à rejoindre les YPG après le 13 novembre 2015. Dans un documentaire de Russia Today à propos de la prise de Raqqa, un volontaire suédois s’indigne de la supposée faiblesse de la répression dans son pays contre Daech, puis affirme que l’État Islamique est « l’incarnation de la méchanceté », puisque « le monde entier est contre eux ». Dans le même reportage, c’est une volontaire suédoise des YPJ (branche féminine des YPG), qui, dans un discours qui n’est pas sans rappeler les arguments avancés pour justifier toutes les guerres de l’OTAN depuis près de vingt ans, dit vouloir « lutter pour les droits des femmes ici au Moyen-Orient » 16 . Et la palme de l’ethnocentrisme et de l’ignominie revient sans doute aux anarchistes qui, à Raqqa, dans une ville ravagée et vidée de ses habitants par les bombardements internationaux, ont décidé de prendre la pose dans les ruines avec le drapeau LGBT et la banderole « This faggot kills fascists ».

Après avoir proprement ignoré l’insurrection syrienne et son écrasement par Assad et ses alliés, une bonne partie de la gauche se cache maintenant derrière « les Kurdes » pour reprendre les éléments de langage du régime syrien, ou ceux des représentants kurdes en France, calibrés pour plaire à la gauche française. Ainsi, lors du meeting parisien du 24 mars en solidarité avec la lutte des YPG à Afrin, les combattants de l’Armée Syrienne Libre furent désignés systématiquement comme « Al Qaida » et d’« anciens combattants de Daech ». Alors que nous sommes dans une situation tragique et complexe où Erdogan a réussi à s’acheter la loyauté d’une partie de l’ASL pour mener un combat ouvert contre le PYD 17 , dans un contexte où le parti kurde est de plus en plus perçu comme un « occupant » par certaines populations arabes 18 , la gauche française a décidé, de manière unanime, de ne décrire qu’une partie du drame. Lors des prises de paroles de ce meeting du 24 mars, toutes consacrées au récit de la « lutte contre le terrorisme », où se sont succédés les responsables de SOS Racisme (!), de Solidaires, du MRAP, de la France insoumise, d’Alternative Libertaire ; les représentants de cette dernière organisation et Olivier Besancenot furent les seuls à mentionner le régime syrien, renvoyant Erdogan et Assad dos à dos, et rappelant que la guerre en Syrie avait commencé par une révolte contre une dictature ignoble.

Sans souci de nuance, sur les sites internet et les pages facebook favorables au PYD, ce sont les termes « barbares » et « islamo-fascistes » qui prévalent, sans que l’on sache très bien ce qu’englobent ces catégories. Et ces messages sont relayés par des militants qui, s’ils ne pouvaient se cacher derrière « les Kurdes », n’assumeraient pas l’islamophobie du propos. Quant à Mélenchon, connu pour sa reprise depuis 2011 de tous les arguments d’Assad et de Poutine à propos des rebelles syriens, il twittait récemment : « Incroyable courage des combattant(e)s kurdes. Sous nos yeux le lâche abandon de nos alliés aux mains de Erdogan. Le parti médiatique préfère soutenir les Daech de la Goutta

19

. Et ce alors même que la majorité des morts à la Ghouta (et non à « la Goutta » …) furent bien sûr des civils, et que les insurgés de la Ghouta ont toujours été opposés à l’État Islamique…

En réalité, le soutien de la gauche française aux « Kurdes » est moins lié au soutien à l’autonomie du Kurdistan qu’au fait que « les Kurdes » seraient « nos alliés », contre l’ennemi que la France a désigné dans cette guerre contre le terrorisme, un paradigme qui fait disparaître toute autre considération. Dans la tribune parue dans l’Humanité déjà mentionnée, de nombreux syndicalistes CGT et Solidaires justifient ainsi leur soutien aux YPG : « En Syrie, les forces kurdes des YPG/YPJ et les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont pourtant combattu en première ligne contre l’État islamique. Elles ont défendu et sauvé Kobané. Elles ont libéré Raqqa, la « capitale » du califat sanguinaire » 20 . Et Danielle Simmonet justifie notamment son soutien aux YPG par le fait qu’ils seraient les « meilleurs combattants contre Daech » 21 . La suite de son propos illustre ce qu’elle pense de l’insurrection syrienne : « [Les YPG] sont une alternative à la fois à Assad, à Daech et à certaines milices qui se disent rebelles et sont aussi dans des formes de djihadisme » …

L’internationalisme n’est donc plus, pour la gauche, le soutien aux révolutions par-delà les frontières, mais la justification de ses propres lâchetés, de son désintérêt pour les habitants des villes de l’insurrection syrienne sous les bombardements, et de sa peur des « islamo-fascistes ». S’ensuit logiquement le soutien aux milices YPG que certains Occidentaux ont rejoint, et que l’OTAN appuie périodiquement pour se défendre contre les barbares qui attaquent parfois à Paris notre art de vivre et notre goût pour la liberté. Ainsi, alors que 500 000 Syriens sont morts depuis le début de la guerre, alors que ceux qui ont instauré des conseils communaux, ont organisé le ravitaillement des villes assiégées, ont mis en place les brigades de casques blancs, autogéré les hôpitaux et les écoles dans des villes en guerre, alors que les habitants des villes écrasées sous un tapis de bombe ont été ignorés voire insultés par une partie de la gauche française, et notamment par la France Insoumise, les seuls morts qui sont commémorées, les seuls noms qui sont cités dans les médias de gauche et d’extrême-gauche comme dans les médias de masse, sont ceux des volontaires occidentaux des YPG. Parfois, nous pouvons même lire ou entendre moult détails sur la vie d’avant-guerre de ces combattants européens, aux engagements ou aux modes de vie proches des nôtres, donnant l’impression qu’il faut insister sur le fait que ce sont ces vies là qui sont dignes d’être pleurées.

Le plus souvent, les discours de l’extrême-gauche radicale ou des organisations antifascistes ne valent pas mieux que ceux de la gauche institutionnelle, donnant ainsi une caution « révolutionnaire » au rôle de mercenaires confié par l’OTAN aux YPG. Nombreux sont ceux qui nomment « intervention antifasciste » l’avancée des combattants occidentaux du « Bataillon international » des YPG dans les ruines de villes et de villages arabes syriens détruits par les bombardements de l’OTAN et de la Russie ou la prise de Mossoul par l’OTAN et ses alliés en Irak, après que ses habitants furent ensevelis sous les bombes de la coalition, avant d’être écrasés par les bulldozers des forces irakiennes 22 . A l’inverse, ceux qui ont un minimum de culture historique se rappellent que le fascisme est un mouvement né en Europe, porté par les volontés expansionnistes des États européens, et non la réaction, aussi criminelle et détestable que fut celle de l’État Islamique en Irak et dans le monde, à la destruction d’un pays par la plus puissante armée du monde, ainsi qu’à l’oppression par des dictatures.

La confusion entre antiterrorisme et antifascisme pour la séquence qui nous intéresse date du siège de Kobané par l’État Islamique, alors présenté comme le nouveau Stalingrad 23 . Même si nous pouvons comprendre qu’il est toujours tentant d’associer atrocités, crimes de masse et nettoyage ethnique au fascisme, cette pseudo-analyse a de nombreux effets pervers. Le principal d’entre eux est que cela nous ferait oublier que l’État Islamique n’a pas le monopole des atrocités et que le plus grand responsable de massacres en Syrie est de très loin le régime syrien (avec ses soutiens russes, iraniens et libanais) disposant d’une force de frappe sans commune mesure avec celle de l’État Islamique, et pratiquant notamment la torture systématique, les bombardements aériens sur les populations et l’usage d’armes chimiques.

Quitte à parler de fascisme et d’expansionnisme, rappelons que ce même régime syrien entretient de longue date des relations privilégiées avec les milieux fascistes, néo-nazis et nationalistes européens. Aloïs Bruner 24 , « meilleur homme » d’Adolf Eichmann, a formé les services de renseignement du régime de Damas pendant quarante ans, et la quasi-totalité des groupes fascistes sévissant actuellement en Europe le soutiennent, en échange de quoi ils sont reçus bras ouverts lors de voyages « diplomatiques » 25 . Ce soutien de l’extrême droite, se prétendant « anti-impérialiste », prolonge en vérité une alliance assez ancienne du régime syrien avec la bourgeoisie française (incarné par exemple par les liens entre Chirac et Assad 26 , laquelle, mise à mal par l’étendue de la répression de 2011, s’est peu à peu réaffirmée au nom de la lutte prioritaire contre le terrorisme.

Cette comparaison historique entre la guerre de l’OTAN et des YPG contre l’État Islamique et la lutte contre le nazisme et le fascisme n’a aucun fondement sérieux, tout comme la plupart des schémas idéologiques qui ont été projetés sur cette guerre. Nous pourrions enfoncer le clou, en questionnant l’usage même de la catégorie de « terrorisme » dans un contexte de guerre généralisée en Syrie. Le PKK est considéré comme terroriste par la Turquie (et encore officiellement par l’Union Européenne), et le Hezbollah, qui se bat aux côtés de l’armée régulière syrienne, reçoit la même qualification de la part de l’UE et des États-Unis. Agiter de tels mots épouvantails, étiqueter son ennemi comme « terroriste » dans un contexte de guerre ne conduit qu’à empêcher de penser la réalité et la complexité du conflit, ainsi que la nature des rapports de force.

« Anti-interventionnisme » et intervention réellement existante.

L’opposition à toute « ingérence occidentale » constitue une autre réaction fréquente à gauche. Lundi Matin a par exemple été vigoureusement attaqué sur les réseaux sociaux pour avoir publié le texte de Sarah Kilani et Thomas Moreau sur l’alter-complotisme de la pravda mélenchoniste 27 , article dans lequel était préconisé une intervention contre le régime syrien. Nous partageons évidemment le réflexe de principe qui consiste, pour des révolutionnaires, à ne pas solliciter le chef des armées et lui demander de venir en aide à des camarades à l’autre bout du monde. Les États sont nos ennemis, à commencer par celui qui nous domine et nous réprime le plus directement. Dans l’immense majorité des cas cette position « anti-impérialiste » ou « anti-interventionniste » oublie cependant que des bombardements français ont déjà lieu depuis septembre 2014 … contre l’État Islamique (c’est-à-dire avant que celui-ci ne frappe la France). Or, ceci n’a entraîné presque aucune protestation, pas plus que les nombreuses autres interventions de « maintien de l’ordre » menées par la France, en Côte d’ivoire, au Mali, en Centrafrique, etc. Visiblement il serait plus légitime du point de vue de la gauche que l’armée française intervienne pour « lutter contre le terrorisme » et maintenir sa sphère d’influence, que pour renverser une dictature. Sur ce point, nous devons admettre que les positionnements « pro-intervention » comme celui de Sarah Kilani sont plus conséquents, puisqu’en plus de ne pas dissocier la nécessité d’en finir avec le terrorisme de celle d’en finir avec les dictatures 28 , ils n’occultent pas la centralité du processus révolutionnaire déclenché dans le monde arabe contre ces dictatures.

S’il est naïf et paradoxal de demander à l’État français ou à ses alliés de se comporter en défenseur des droits de l’Homme, voire en promoteur de la révolution et de la démocratie dans le monde, que dire de la posture anti-impérialiste proclamée par ses adversaires ? L’inquiétude quant à une intervention militaire anti-Assad, dont on a vu, après de nombreux dépassements de « lignes rouges », de 2013 à 2018, qu’elle n’avait pas lieu, a contribué à invisibiliser la dynamique insurrectionnelle et même à la faire passer pour le résultat d’une manipulation extérieure 29 . Pourtant, comme nous l’avons déjà mentionné, ce sont la Russie, l’Iran et le Hezbollah qui interviennent massivement contre la population syrienne, tandis que les occidentaux, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche restent obnubilés par la menace « islamo-fasciste ». Cette occultation des interventions réelles paraît encore plus douteuse quand on voit la place que prend l’anecdotique soutien israélien à certains groupes rebelles dans les discours de certains militants de gauche. Le fourvoiement de cet anti-impérialisme de pacotille est total.

Finalement, nous arrivons à un moment où l’union sacrée dans la guerre contre le terrorisme a réussi à fédérer la totalité du champ politique. Alors que les détentions arbitraires et l’usage de la torture à Guantanamo étaient dénoncés par la gauche française, tous les principes semblent avoir disparu maintenant que « nous » sommes visés par les « barbares » : les bombardements sur Raqqa et Mossoul, les exécutions par drone sans l’ombre d’un procès, les détentions arbitraires et les jugements expéditifs (en particuliers ceux pratiqués par « nos boys », les YPG 30 , ne semblent plus gêner personne. La gauche, dans sa grande diversité, aura été incapable de se reconnaître dans les révolutions qui ont secoué les pays arabes, sûrement les seules que notre génération a connu jusqu’alors. En fin de compte, la gauche préfère applaudir plus ou moins honteusement à leur anéantissement : plutôt l’ordre que le chaos ou, comme aurait dit Marx, « plutôt une fin effroyable qu’un effroi sans fin ». Du soutien plus ou moins honteux à Poutine-Assad à celui qui s’exprime pour la coalition occidentale avec au centre les YPG, chacun aura depuis son confortable fauteuil choisi un camp comme dans une partie de Risk.

Peu avant son procès, un des inculpés de l’affaire dite de Tarnac soulignait lors d’une interview radiophonique que le soutien dont lui et ses camarades avaient bénéficié de la part de la gauche n’aurait probablement jamais existé s’il s’étaient appelés Youssef ou Mohamed 31 . Les réactions timorées vis-à-vis de l’état d’urgence, parfois les tentatives de sabotages de celles-ci au prétexte que s’y trouvaient les « islamistes » du CCIF (ou tout autre groupe antiraciste composé de musulmans réels ou supposés) lui donnent raison 32 , tout autant que l’absence de réaction de la gauche face au fait que l’État français assume dorénavant d’assassiner certains de ses ressortissants par drone parce qu’ils sont dans le camp de l’ennemi, ou encourage qu’ils soient jugés dans les tribunaux antiterroristes du Rojava, sans avocat ni possibilité de faire appel 33

On l’a vu, les raisons du soutien au PYD sont multiples, et certaines seraient tout-à-fait légitimes si elles étaient prudemment formulées, dans le cadre strict de la lutte pour l’autodéfense et l’autodétermination kurde. Il serait possible de comprendre le décalage abyssal entre le récit « révolutionnaire » sur le Rojava et le réel des compromissions politiques qui s’y déroulent par les « nécessités de la guerre ». Mais si nous acceptons cela, alors affirmons que le ralliement d’une part importante de l’ASL à Erdogan n’est pas moins justifié que l’alliance de circonstance du PYD avec Assad, Poutine ou Trump. Une analyse cohérente de la situation ne donne certes pas de solution clés en main à ce drame où rebelles et Kurdes s’entretuent pour le compte de dictateurs, mais devons-nous continuer à nous réfugier derrière les slogans et les postures quand il semble difficile de faire face au réel ? Comme l’écrivait Louis Mercier-Véga dans La Chevauchée anonyme, « Il y a des périodes où l’on ne peut rien, sauf ne pas perdre la tête » 34


Bibliographie

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Panekoek Anton, « Au sujet du parti communiste », International Council Correspondence, Vol. 1, no. 7, 1936, marxists.orghttps://www.marxists.org/francais/pannekoek/works/1936/06/pannekoek_19360600.htm .

« Rojava : brisons le silence », Revue Ballast, mars 2018, http://www.revue-ballast.fr/rojava-brisons-le-silence/ .

« Le ministre de l’économie du canton d’Afrin : le Rojava défie les normes de classe, de genre et de pouvoir », rojavasolidarite.noblogs.org, 01/01/2015, http://rojavasolidarite.noblogs.org/post/2015/01/07/le-ministre-de-leconomie-du-canton-defrin-le-rojava-defie-les-normes-de-classe-de-genre-et-de-pouvoir/ .

Rubel Maximilien, « Formation et développement du capital en URSS », Economie appliquée, 1957, marxists.orghttps://www.marxists.org/francais/rubel/works/1957/rubel_19570900.htm .

Ruptura Collectiva, “La guerilla anarchiste IRPGF est née au Rojava pour lutter pour la révolution au Kurdistan”, 08/04/2017, http://www.youtube.com/watch?v=91W5OeT_yYE&t=87s .

Shrooms Leila, “Syrie : qui sont les soutiens fascistes d’Assad ?”, lahorde.samizdat.net, 2014, http://lahorde.samizdat.net/2014/01/15/syrie-qui-sont-les-soutiens-fascistes-dassad/ .

Simon Cyril, « Djihadistes français en Syrie : « On ne peut pas parler de procès équitable », Le Parisien, 05/01/2018, http://www.leparisien.fr/international/djihadistes-francais-en-syrie-on-ne-peut-pas-parler-de-proces-equitable-05-01-2018-7485120.php .

Simonet Danielle, « Discours à la marche mondiale pour Afrin », Place de la République, 24/03/2018, https://www.youtube.com/watch?v=DN6ZlnpJvJU .

T.K.G.V, « Lettre à des amis « rojavistes » », ddt21.noblogs.org, 2015, http://ddt21.noblogs.org/?page_id=914 .

Trofimova Anastasia, « The road to Raqqa », rt.com, 18/09/2017, https://rtd.rt.com/films/road-to-raqqa/ .

« Amnesty International wirft Kurden Vertreibung vor », Zeit Online, 13/10/2015, http://www.zeit.de/politik/ausland/2015-10/syrien-amnesty-international-bericht-vertreibungen


1. Vaste sujet, que nous mentionnons ici simplement à titre d’analogie. Sur la« bolchévisation » des partis communistes, le développement du capitalisme d’État, et la contre-révolution stalinienne, (re)lire les gauches communistes :

Panekoek Anton, « Au sujet du parti communiste », International Council Correspondence, Vol. 1, no. 7, 1936, marxists.org,

Rubel Maximilien, « Formation et développement du capital en URSS », Economie appliquée, 1957, marxists.org

Bilan,« Seizième anniversaire de la révolution russe », Bilan, n°1, 1933, archivesautonomies.org, 2016

2. Rojava : brisons le silence », Revue Ballast, mars 2018, http://www.revue-ballast.fr/rojava-brisons-le-silence/ (où on retrouve côte à côte l’auteur de la Fabrique du Musulman et la crème de l’islamo-gauchisme). 

3.  Collectif de syndicalistes, « Afrin. Appel de soutien de syndicalistes », L’Humanité.fr, 26/03/2018, http://www.humanite.fr/afrin-appel-de-soutien-de-syndicalistes-652630

4Simonet Danielle, « Discours à la marche mondiale pour Afrin », Place de la République, 24/03/2018, https://www.youtube.com/watch?v=DN6ZlnpJvJU .

5Den Hond Chris & Court Mireille, « Rojava : une utopie au cœur du chaos syrien », OrientXXI.info, 2017 https://www.youtube.com/watch?v=Js6PAWd202M .

6 Daher Joseph, « L’auto-organisation des luttes populaires en Syrie face au régime et aux groupes islamistes ? Oui, ça existe ! », europe-solidaire.org, 04/09/2013, http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29650

7Nezan Kendal in « Kurdistan syrien : jusqu’ou ira Erdogan ? », France Culture, 23/03/2018, https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/culturesmonde-du-vendredi-23-mars-2018

8 T.K.G.V, « Lettre à des amis « rojavistes » », ddt21.noblogs.org, 2015, http://ddt21.noblogs.org/?page_id=914

9 Leverrier Ignace,  « Les Kurdes sur la voie de l’autonomie en Syrie … avec l’aval de Bachar Al-Assad », lemonde.fr, 02/11/2011, http://syrie.blog.lemonde.fr/2011/11/02/les-kurdes-sur-la-voie-de-l%E2%80%99autonomie-en-syrie%E2%80%A6-avec-l%E2%80%99aval-de-bachar-al-assad/

10 Jarin Affar, Interview avec Omar Jian, « Die Wahrheit ist, dass die PKK eine kurdisch-türkische Partei ist und die syrischen Kurden nicht vertreten kann. », Huffington Post, 02/11/2017, https://www.huffingtonpost.de/arin-jaafar/die-wahrheit-ist-dass-die_b_18400356.html

11« Les Arabes disaient : « Nous vous attendons. Rebellez-vous, nous sommes prêts, renversons le régime ». Nous disions : « Non, nous sommes 15% de la Syrie et vous êtes 85% de la Syrie. Que 50% d’entre vous se soulève et 100% d’entre nous se soulèvera ». Ils se sont trouvés être des menteurs. Si nous avions fait comme ils voulaient que nous le fassions, le régime aurait dit « Ceux-là veulent briser la Syrie » et ils auraient organisé tous les arabes contre nous. Et les kurdes au Rojava auraient dû faire face à un génocide. Nous avons réalisé la situation. Nous disions que nous allions mettre en application notre modèle sur une fondation démocratique et sans bain de sang et que notre porte était ouverte à celles et ceux qui voulaient se joindre à nous » in « Le ministre de l’économie du canton d’Afrin : le Rojava défie les normes de classe, de genre et de pouvoir », rojavasolidarite.noblogs.org, 01/01/2015

12 Ibrahim Arwa, « L’aide apportée à Assad par les amis-ennemis » kurdes à Alep, middleeasteye.net, 6/12/2016, http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/analyse-l-aide-apport-e-assad-par-les-amis-ennemis-kurdes-alep-1473848762

13 « Amnesty International wirft Kurden Vertreibung vor », Zeit Online, 13/10/2015, http://www.zeit.de/politik/ausland/2015-10/syrien-amnesty-international-bericht-vertreibungen

14 Ibid

14 Bonzon Ariane, « Tout le monde sait que les Turcs ne repartent pas facilement de là où ils sont entrés », slate.fr, 21/02/2018, http://www.slate.fr/story/157858/syrie-turquie-kurdes?amp&__twitter_impression=true

16Trofimova Anastasia, « The road to Raqqa », rt.com, 18/09/2017, https://rtd.rt.com/films/road-to-raqqa/

17Barthe Benjamin, « L’armée syrienne libre : de la lutte contre Assad à la milice pro-turque », Le Monde, 30/01/2018, http://mobile.lemonde.fr/syrie/article/2018/01/30/l-armee-syrienne-libre-de-la-lutte-contre-assad-a-la-milice-proturque_5249012_1618247.html

18«Dozens of civilians and armed groups fighters from Tal Rifaat city protested yesterday near Bab al-Salame border crossing demanding to open a new military campaign to retake their city which was captured by SDF groups more than 2 years ago »,  Northern Syria Observer, 23/03/2018, https://www.youtube.com/watch?v=Z8GzlvOCGGM&feature=share

19 Mélenchon Jean-Luc, tweet du 14/03/2018, https://twitter.com/tremblay_p/status/973922508457041921

20 Collectif de syndicalistes, « Afrin. Appel de soutien de syndicalistes », L’Humanité.fr, 26/03/2018, http://www.humanite.fr/afrin-appel-de-soutien-de-syndicalistes-652630

21Simonet Danielle, « Discours à la marche mondiale pour Afrin », Place de la République, 24/03/2018, https://www.youtube.com/watch?v=DN6ZlnpJvJU

22 “Massacre à Mossoul : « Nous avons tué tout le monde – l’EI, les hommes, les femmes et les enfants », Middle East Eye, 27/07/2017, http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/massacre-mossoul-nous-avons-tu-tout-le-monde-l-ei-les-hommes-les-femmes-et-les-enfants

23Ruptura Collectiva, “La guérilla anarchiste IRPGF est née au Rojava pour lutter pour la révolution au Kurdistan”, 08/04/2017, http://www.youtube.com/watch?v=91W5OeT_yYE&t=87s

24Aouidj Hedi & Palain Mathieu, “ Le nazi de Damas”, revue 21, n°37, 2017, http://www.revue21.fr/tous_les_numeros#n-37_le-nazi-de-damas

25 Shrooms Leila, “Syrie : qui sont les soutiens fascistes d’Assad ?”, lahorde.samizdat.net, 2014, http://lahorde.samizdat.net/2014/01/15/syrie-qui-sont-les-soutiens-fascistes-dassad/

26 Drouelle Fabrice, “Chirac-Assad. Dix ans de dipomatie franco-syrienne 1996-2006”, franceinter.fr, 30/01/2018, http://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-30-janvier-2018

27Kilani Sarah & Moreau Thomas, « Le Média sur la Syrie: naufrage du journalisme alternatif », lundi.am, 28/02/2018, https://lundi.am/Le-Media-sur-la-Syrie-naufrage-du-journalisme-alternatif

28 Monsieur le président, maintenir Assad c’est soutenir le terrorisme”, Libération, 02/07/2017, http://www.liberation.fr/debats/2017/07/02/monsieur-le-president-maintenir-assad-c-est-soutenir-le-terrorisme_1581057

29 Breteau Pierre, “Les pipelines et les gazoducs sont-ils à l’origine de la guerre en Syrie, comme l’affirme Jean-Luc Mélechon ?”, Le Monde, 12/04/2017, http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/04/12/les-pipelines-et-les-gazoducs-sont-ils-a-l-origine-de-la-guerre-en-syrie-comme-l-affirme-jean-luc-melenchon_5110147_4355770.html ; lire également Cournebouc Alain, « Ni Allah, ni pétrole : pour une approche ouverte de la question syrienne », carbureblog.com, 04/02/2017, http://carbureblog.com/2017/02/04/ni-dieu-ni-petrole-pour-une-approche-ouverte-de-la-question-syrienne/

30 Lire à ce sujet les rapports de Human Rights Watch et les rares analyses publiées : « Syrie : des abus sont commis dans les enclaves sous contrôle kurde », Human Rights Watch, 19/06/2014, http://www.hrw.org/fr/news/2014/06/19/syrie-des-abus-sont-commis-dans-les-enclaves-sous-controle-kurde ; Simon Cyril, « Djihadistes français en Syrie : « On ne peut pas parler de procès équitable », Le Parisien, 05/01/2018, http://www.leparisien.fr/international/djihadistes-francais-en-syrie-on-ne-peut-pas-parler-de-proces-equitable-05-01-2018-7485120.php ; « La cour antierroriste de Qamishli », francetvinfo.fr, 23/01/2018, http://www.francetvinfo.fr/france/jihadistes-francais/video-pas-d-avocat-pas-d-appel-une-audience-dans-un-bureau-comment-la-cour-antiterroriste-kurde-juge-les-jihadistes_2574880.html ; Digiacomi Claire, « Les jihadistes arrêtés en Syrie peuvent-ils vraiment être jugés au Kurdistan syrien ? », huffingtonpost.fr, 04/01/2018,https://www.huffingtonpost.fr/2018/01/04/les-jihadistes-francais-arretes-en-syrie-peuvent-ils-vraiment-etre-juges-au-kurdistan-syrien_a_23324075/ ; Boggio Philippe, « Dans le secret des opérations homo », slate.fr, 29/03/2015, https://www.slate.fr/story/99473/operations-homo .

31 Evin Kahtleen, « Retour sur l’affaire dite de Tarnac avec Julien Coupat et Mathieu Burnel », France Inter, 17/02/2018, https://www.franceinter.fr/emissions/l-humeur-vagabonde/l-humeur-vagabonde-17-fevrier-2018

32 Réactions analogues chez les insurrectionnalistes chauvins de Non Fides vis-à-vis de l’organisation du « banquet contre l’état d’urgence » ( « Mais avec banquetez-vous  ?  » non-fides.fr, 28/01/2016, http://www.non-fides.fr/?Mais-avec-qui-banquetez-vous ) et dans la mouvance de la « gauche » identitaire du Printemps Républicain contre la LDH ( Dumont Françoise, « Réponse LDH à Gilles Clavreul, le soi disant DILCRA », solidaires.org, 16/12/2015, http://solidaires.org/Reponse-LDH-a-Gilles-Clavreul-le-soi-disant-DILCRA ).

33 Lire à ce sujet les rapports de Human Rights Watch et les rares analyses publiées : « Syrie : des abus sont commis dans les enclaves sous contrôle kurde », Human Rights Watch, 19/06/2014, http://www.hrw.org/fr/news/2014/06/19/syrie-des-abus-sont-commis-dans-les-enclaves-sous-controle-kurde ; Simon Cyril, « Djihadistes français en Syrie : « On ne peut pas parler de procès équitable », Le Parisien, 05/01/2018, http://www.leparisien.fr/international/djihadistes-francais-en-syrie-on-ne-peut-pas-parler-de-proces-equitable-05-01-2018-7485120.php ; « La cour antierroriste de Qamishli », francetvinfo.fr, 23/01/2018, http://www.francetvinfo.fr/france/jihadistes-francais/video-pas-d-avocat-pas-d-appel-une-audience-dans-un-bureau-comment-la-cour-antiterroriste-kurde-juge-les-jihadistes_2574880.html ; Digiacomi Claire, « Les jihadistes arrêtés en Syrie peuvent-ils vraiment être jugés au Kurdistan syrien ? », huffingtonpost.fr, 04/01/2018, https://www.huffingtonpost.fr/2018/01/04/les-jihadistes-francais-arretes-en-syrie-peuvent-ils-vraiment-etre-juges-au-kurdistan-syrien_a_23324075/ ; Boggio Philippe, « Dans le secret des opérations homo », slate.fr, 29/03/2015, https://www.slate.fr/story/99473/operations-homo

34 Mercier-Vega Louis in « « La Chevauchée anonyme ». Ni l’un ni l’autre camp (1939-1941 », gimenologues.org, 22/09/2006,  http://gimenologues.org/spip.php?article201

« l’urgence pousse les Kurdes à se retourner vers Assad et la Russie »


YPG-et-régime-Syrien2

En Syrie, « l’urgence pousse les Kurdes à se tourner vers Assad et la Russie »

La Turquie a déclenché, le 9 octobre, une offensive militaire visant à éliminer l’influence des forces à dominante kurde dans le nord-est syrien. Dans un tchat, notre envoyé spécial, Allan Kaval, a répondu à vos questions sur le conflit et ses implications.

 

Publié 14.10.2019 

 

Des forces pro-Turques lors des combats dans la ville de Ras al-Ain, au nord-est de la Syrie.
Des forces pro-Turques lors des combats dans la ville de Ras al-Ain, au nord-est de la Syrie. NAZEER AL-KHATIB / AFP

La Turquie a lancé une offensive dans le nord-est de la Syrie, mercredi 9 octobre, après le retrait américain et malgré de vives critiques internationales. Un premier bilan fait état, lundi 14 octobre, de 104 combattants kurdes et plus de 60 civils tués, selon les Nations unies. Plus de 130 000 personnes ont déjà été déplacées. Les Kurdes de Syrie, lâchés par les Etats-Unis, ont annoncé, dimanche 13 octobre, avoir conclu un accord avec le régime de Bachar Al-Assad pour le déploiement de l’armée syrienne dans le nord du pays, afin de s’opposer à l’avancée rapide des troupes turques et de leurs alliés. Notre journaliste Allan Kaval, qui a passé plusieurs jours dans le nord-est syrien, a répondu à vos questions lors d’un tchat.

Yoann : Les forces kurdes annoncent que l’armée turque est renforcée par d’anciens soldats djihadistes. Quelles relations la Turquie entretient-elle avec Daech et les islamistes ?

Ankara soutient, depuis le début de la guerre civile syrienne, plusieurs groupes d’opposition très divers mais qui sont tous marqués par une certaine coloration islamiste. Ces groupes ont pris les armes en vue de renverser Bachar Al-Assad. Avec le renforcement du régime et l’éloignement de l’horizon révolutionnaire, elles sont maintenant des milices supplétives servant l’obsession stratégique de la Turquie depuis au moins quatre ans : affaiblir, voire éliminer toute influence des forces à dominante kurde dans le nord-est du pays.

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KipeufRkoi ? : Suite à l’inaction américaine et du fait des incapacités européennes, quel pourrait être le rôle de la Russie ?

La Russie n’a jamais totalement coupé les ponts avec les autorités kurdes syriennes, qui ont elles-mêmes toujours entretenu des lignes de communication et de négociation avec le régime de Damas, protégé par Moscou. On ne peut douter que la Russie joue un rôle central dans la construction de la relation à venir entre les autorités à dominante kurde et le régime de Bachar Al-Assad. Toutefois, la Russie ne peut se mettre totalement Ankara à dos. Conserver de bonnes relations avec la Turquie, ne pas la contraindre dans ses plans de manière trop forte, permet à Moscou d’enfoncer encore davantage un coin entre Ankara et ses partenaires de l’OTAN.

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GN : En combien de temps la Turquie peut-elle conquérir le nord de la Syrie ? Quelle serait ensuite l’administration de cette zone ?

Le problème, c’est que les alliés occidentaux des YPG (unités de protection du peuple), qui sont la composante kurde dominante des Forces démocratiques syriennes (FDS), ont renoncé à les défendre depuis le début de l’offensive. Au contraire, ils se retirent. L’opération turque en cours n’aurait pas pu avoir lieu sans le blanc-seing donné à M. Erdogan par M. Trump.

« C’est une guerre asymétrique qui illustre un rapport de force très déséquilibré entre les belligérants et qui est favorable à la Turquie et à ses alliés. »

Malgré une frappe turque contre une implantation militaire de la coalition internationale où étaient présents des militaires français et américains – frappe qui n’a pas fait de victimes –, il n’est pas envisageable pour les principales nations membres de la coalition – qui font, comme la Turquie, partie de l’OTAN – d’avoir une posture agressive à l’égard d’Ankara. Contrairement aux milices islamistes déployées par la Turquie qui sèment la terreur dans le nord-est syrien avec l’appui de l’artillerie, de l’aviation et des moyens techniques des forces armées turques, les FDS sont parfaitement démunies. Une haute responsable kurde de Syrie me confiait encore, samedi, que les FDS avaient dû passer en « mode guérilla ». C’est une guerre asymétrique qui illustre un rapport de force très déséquilibré entre les belligérants et qui est favorable à la Turquie et à ses alliés. Reste maintenant à voir comment les forces du régime Assad, qui se déploient dans le nord du pays à l’appel des FDS, vont transformer les termes de l’équation…

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Travailleur acharné : Cette offensive ne sacre-t-elle pas la victoire totale de Bachar Al-Assad dans cette guerre civile ?

Bachar Al-Assad boit du petit-lait. Si l’on observe la situation d’un œil cynique, on comprend qu’il a profité de l’intervention de la coalition contre l’Etat islamique avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) pour voir le territoire syrien débarrassé de toute emprise territoriale djihadiste. Et qu’il a ensuite profité des obsessions stratégiques turques et des flottements au sein du pouvoir à Washington pour qu’une opération lancée par Ankara se traduise, en définitive, par le retrait de cette même coalition.

Avec son parrain russe, il devient alors le seul recours des FDS et investit des territoires dont il n’aurait pu reprendre le contrôle dans d’autres circonstances. L’objectif de Bachar Al-Assad est d’imposer de nouveau son autorité sur l’ensemble du territoire syrien. Prises dans leurs intérêts stratégiques irréconciliables et par l’impossibilité d’une confrontation directe entre elles, les grandes puissances qui gravitent autour de la crise syrienne font le travail pour lui.

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Qwinmore : Quels sont les différents moyens de pression dont la France peut faire usage contre la Turquie pour l’inciter à renoncer à cette opération militaire ?

Paris se veut en pointe de l’opposition internationale à l’intervention turque. Face à Ankara, la France entend utiliser son influence au niveau de l’Union européenne pour pousser des prises de position fortes ou la mise en place de régimes de sanction. Elle œuvre aussi au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU pour accroître le niveau de pression internationale sur la Turquie, imposer un cessez-le-feu, une zone de non survol…

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Mais ces efforts diplomatiques se déploient dans une temporalité qui n’est pas celle des évolutions sur le terrain qui, elles-mêmes, créent des situations de fait accompli sur lesquelles il sera impossible de revenir. Ankara pousse son avantage en profitant de l’incapacité des alliés des Forces démocratiques syriennes (FDS) à agir. Et ce, d’autant plus que c’est le dirigeant premier de ces alliés, le président américain Donald Trump, qui, contre l’avis de son administration, a rendu possible cette opération…

Quoi qu’il en soit, la forme que pourrait prendre une quelconque solution politique ou diplomatique portée par de tels efforts reste extrêmement floue. Il semble qu’il soit désormais trop tard et que l’urgence de la situation a poussé les FDS à cesser d’attendre quoi que ce soit de ses partenaires les plus proches pour se tourner vers la Russie et le régime syrien, quitte à perdre un large partie de leur autonomie

A Kamechliyé, un homme gravement brûlé se fait soigner à l’hôpital, le 13 octobre. Il était dans le convoi de civils bombardé par l’armée turque.
A Kamechliyé, un homme gravement brûlé se fait soigner à l’hôpital, le 13 octobre. Il était dans le convoi de civils bombardé par l’armée turque. LAURENCE GEAI POUR « LE MONDE »

Dr. Folamour : Quelle est l’intensité des combats en cours ?

Au cours des dernières heures, et d’après des sources ouvertes, les tensions montent autour de la ville de Manbij, véritable nœud entre les zones tenues par les Forces démocratiques syriennes (FDS), celles tenues par le régime syrien et celles dominées de longue date par la Turquie dans le nord de la Syrie. La reprise de Manbij est un objectif formulé par Ankara depuis 2016 et la victoire que les FDS ont obtenue face à l’Etat islamique (EI) avec le soutien de la coalition.

« Manbij qui pourrait être le théâtre d’un face-à-face dangereux entre la Turquie et le régime syrien où les FDS à dominante kurde seraient un acteur de deuxième plan. »

Or, face à la menace turque, ces dernières ont invité le régime syrien à investir la ville et ses environs. D’après les déclarations de l’exécutif turc, c’est Manbij qui pourrait être le théâtre d’un face-à-face dangereux entre la Turquie et le régime syrien où les FDS à dominante kurde seraient un acteur de deuxième plan. Par ailleurs, la ville de Ras Al-Aïn, historiquement mixte avec des populations arabe et kurde, est toujours disputée entre les supplétifs d’Ankara et les FDS. Après la frappe turque contre un convoi civil, dimanche 13 octobre, de nouveaux tirs d’artillerie ont été relevés ce lundi après-midi. Près de Tal Abyad, les forces supplétives turques accroissent leur emprise. Outre Manbij, les forces du régime syrien poursuivent leur déploiement dans le nord-est à l’invitation des FDS. Elles ont repris le contrôle de leur base d’Aïn Issa, au nord de Rakka où les unités des forces kurdes ont levé le drapeau syrien. Pour un suivi régulier des évolutions de terrain, je vous conseille de consulter ce site qui agrège les derniers développements sur une carte interactive.

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Un avion de la coalition internationale cible un convoi des forces du régime dans la région de Rasafah au sud-ouest de Raqqa


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13 octobre 2019

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a appris que les avions de combat appartenant à la coalition internationale avaient visé un convoi de forces du régime dans la région de Rasafah au sud-ouest de la ville de Raqqa. L’OSDH n’a eu connaissance d’aucune victime. Le convoi se dirigeait vers la ville de Tabqa avant d’être ciblé par un avion de la coalition dans la région de Rasafah.
Les forces du régime et les forces russes se sont, par ailleurs, déployées dans la zone située entre les zones d’influence du Conseil militaire de Manbij et les zones du bouclier de l’Euphrate entre al-A’rima et Aoun al-Dadat dans la campagne d’Alep, ce déploiement s’achèvera plus tard à la frontière syro-turque dans la région d’Ayn al-Arab (Kobani) et s’étendra à Al-Jazeera et aux frontières syro-irakiennes du côté du gouvernorat d’Al-Hassakah. Cet accord est conforme aux promesses russes selon lesquelles la Russie travaillera à renvoyer les personnes déplacées d’Efrin dans leurs régions et que les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) se battront sous le nom de forces parallèles avec les Russes et les forces du régime dans la province d’Edleb, tandis que des sources syriennes ont rapporté que les forces américaines tentent d’empêcher le déploiement du régime et des forces russes dans la région.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a publié il y a quelques heures que la coalition internationale avait informé les dirigeants des Forces démocratiques syriennes de son intention de se retirer de sa base militaire située près de la ville de Manbej, et de la base de Kharab Echk dans la campagne d’Ayn al-Arab (Kobani), elle s’est également retirée de la ville d’Ayn Issa dans la campagne nord de Al-Raqqa.

Le désastre kurde en Syrie


Le désastre kurde en Syrie

Le pari occidental sur une milice kurde pour lutter contre Daech en Syrie était voué à l’échec, un échec qui s’avère aujourd’hui désastreux.

Les FDS affichant, en octobre 2017 à Rakka, le portrait géant d’Abdullah Öcalan, le  fondateur et leader du PKK

Les Etats-Unis et la France ont commis une erreur stratégique majeure en s’appuyant exclusivement sur les Forces démocratiques syriennes (FDS) pour lutter contre Daech en Syrie. Les FDS sont en effet dominées par la milice kurde du Parti de l’Union démocratique (PYD), organiquement liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dont elle est la branche syrienne. Il fallait beaucoup d’aveuglement pour croire qu’une milice étrangère par le recrutement (kurde) et par l’idéologie (gauchiste) à la population (arabe et sunnite) de la vallée de l’Euphrate pourrait y stabiliser la situation, une fois le pseudo-califat de Daech renversé. Le retrait de Syrie annoncé par Trump le mois dernier ne fait qu’accélérer la crise d’une construction que le très lourd tribut payé par les FDS au combat contre Daech ne rend pas moins fragile. A l’heure où l’attention internationale se concentre sur le risque d’une offensive turque contre les FDS, il n’est pas inutile de revenir aux fondamentaux de l’équation kurde en Syrie.

LE REFUS DE COLLABORER AVEC LES REVOLUTIONNAIRES SYRIENS

C’est à Barack Obama que revient la décision, à l’été 2014, de s’appuyer sur les seules FDS en Syrie comme partenaire au sol de l’offensive menée par les Etats-Unis contre Daech. Le président américain a toujours nourri la plus grande méfiance à l’encontre des groupes révolutionnaires, majoritairement arabes et sunnites en Syrie. Il leur reproche tout à la fois leur fragmentation organisationnelle et leur noyautage islamiste. Ce sont pourtant de tels groupes qui, engagés depuis 2011-12 dans une guérilla révolutionnaire contre le régime Assad, ont lancé en janvier 2014 leur « deuxième révolution », cette fois contre Daech, qu’ils sont parvenus à expulser d’Alep et du nord-ouest du pays. La principale vulnérabilité de ces groupes réside dans le fait qu’ils sont obligés de combattre sur deux fronts, contre le régime Assad, d’une part, et contre Daech, d’autre part.

Tel n’est pas le souci du PYD/PKK qui peut d’autant plus facilement se concentrer sur Daech qu’il entretient une collaboration ancienne avec le régime Assad: le chef et fondateur du PKK, Abdullah Öcalan, a résidé à Damas, sous la protection des renseignements syriens, de 1984 à 1998, période durant laquelle le PKK assumait des fonctions supplétives de maintien de l’ordre dans le Nord-est du pays; Bachar al-Assad, afin de diviser l’opposition en 2011, a légalisé le PYD, lui accordant un véritable monopole sur la scène kurde de Syrie, jusqu’alors marquée par le pluralisme partisan et la diversité d’opinions. Des milliers de guérilleros du PKK quittent alors la Turquie vers la Syrie, dans le cadre de négociations menées entre Öcalan, emprisonné depuis 1999, et le gouvernement Erdogan. Ce transfert permet au PYD d’assurer sa domination sur le « Rojava », ainsi que le Nord-Est de la Syrie, majoritairement kurde, est désormais dénommé. Le tout avec l’accord du régime Assad, qui continue d’entretenir une présence discrète dans la zone.

« L’ENNEMI DE LA FRANCE, C’EST DAECH »

Les Etats-Unis avaient en 2007 fait le choix, couronné de succès, de s’appuyer en Irak sur des milices arabes et sunnites, dites du « Réveil » (Sahwa), pour lutter contre la branche locale d’Al-Qaida. Les jihadistes ont pu, à la faveur du retrait américain d’Irak en 2011, se reconstituer en « Etat islamique », profitant du fanatisme anti-sunnite du Premier ministre Maliki en Irak et des facilités offertes par le régime Assad. Obama, pour les raisons exposées plus haut, n’a jamais voulu soutenir des groupes arabes et sunnites dans la lutte contre Daech. A la recherche d’un partenaire kurde et fiable, il est très déçu par la faible pugnacité des peshmergas (combattants kurdes) du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK), après la chute de Mossoul, en juin 2014, alors que les guérilleros du PKK   résistent avec acharnement dans le massif irakien du Sinjar, sanctuaire de la population yézidie. La libération par le PYD, en janvier 2015, de la ville syrienne de Kobané, après une bataille sanglante avec Daech, achève de sceller la collaboration entre le Pentagone et le PKK en Syrie.

Les combattantes et les combattants kurdes, dont le courage est indéniable, ont bénéficié à Kobané d’un soutien aérien massif des Etats-Unis. Un tel soutien n’a jamais été apporté aux révolutionnaires syriens, qui auraient partout pu, s’ils avaient disposé d’un tel appui, renverser le rapport de forces. La question devient de toutes façons rhétorique avec l’intervention directe de la Russie en Syrie, en septembre 2015, qui sauve sans doute le régime Assad et qui coïncide avec la décision française de contribuer à la campagne américaine contre Daech en Syrie. Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, martèle que « l’ennemi de la France, c’est Daech, Bachar, c’est l’ennemi de son peuple ». Cette  posture est endossée par Emmanuel Macron après son élection de mai 2017, dans une continuité affichée avec François Hollande. La France, en réduisant son engagement en Syrie à la seule lutte contre Daech, se prive, comme d’ailleurs les Etats-Unis, de tout principe de légitimité alternatif à celui du régime Assad, toujours reconnu comme représentant de la Syrie à l’ONU.

LES AMBITIONS REGIONALES DU PKK

La suite est connue et elle était parfaitement prévisible. Les FDS/PKK, une fois sorties des zones majoritairement kurdes, sont bien moins efficaces sur un terrain qui leur est hostile. La prise de Rakka, en octobre 2017, s’accompagne d’évacuations négociées avec les FDS de centaines de combattants de Daech, ainsi que de frappes indiscriminées qui laissent la ville à l’état de ruines. Les FDS organisent, dès la libération de Rakka, une cérémonie à la gloire d’Öcalan (voir la photo ci-dessus), qui choque profondément la population locale. Quinze mois plus tard, la reconstruction de Rakka n’a pas sérieusement débuté, car les FDS sont surtout préoccupées par le quadrillage d’une population qu’elles traitent collectivement avec suspicion. La situation de Rakka se retrouve dans tout l’Est de l’Euphrate, majoritairement arabe et sunnite, où Daech ne peut que jouer du ressentiment anti-FDS. L’état-major du PKK, sonné par l’annonce de Trump sur le retrait américain de Syrie, ouvre immédiatement des pourparlers avec le régime Assad, espérant négocier un retour limité du régime en contrepartie du maintien de l’essentiel de l’autonomie du « Rojava ».

Un tel désastre n’a été rendu possible qu’en occultant la réalité syrienne par le biais de deux prismes idéologiques: l’idéologie d’une lutte contre Daech qui pourrait être artificiellement disjointe de la lutte contre le régime Assad; l’idéologie d’un « Rojava » autogéré, alors que la sécurité du PKK (Assayich) y  a toujours le dernier mot. A ces deux prismes idéologiques se sont ajoutés les clichés culturalistes opposant de « gentils » Kurdes, par définition « progressistes », à de « méchants » Arabes, par essence « obscurantistes ». La coalition menée par les Etats-Unis a ainsi misé sur le seul PKK, alors même que la Syrie n’est pour ce parti kurde qu’un théâtre secondaire, par rapport au front prioritaire que reste à ses yeux la Turquie. Le refus d’encourager une alternative proprement syrienne au totalitarisme jihadiste a conduit tout droit à la tragique impasse d’aujourd’hui. Le peuple syrien, dans ses composantes arabe et kurde, en émerge une fois encore comme le perdant absolu, abandonné qu’il est à la vengeance barbare du régime Assad ou au retour de flamme de Daech. 

PYD - Ocalan manifestation au nord de la Syrie - 7 octobre 2019

La Russie réussira-t-elle à persuader les Kurdes de céder leurs zones à Assad en échange d’une protection?


S’agit-il de rumeurs ?!!!
Attendre et observer la suite qui le confirmera ou démentira…

 

La Russie réussira-t-elle à persuader les Kurdes de céder leurs zones à Assad en échange d’une protection?

OrientNet – Date de publication: 2019-08-16

Une réunion secrète a eu lieu jeudi à Qamechli entre un proche de la direction du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), entre un responsable du parti (PKK) Sabri Ok, et le vice-ministre de la Défense du régime Assad, sous l’égide russe.

Selon le quotidien pro du régime « Cham Times », la source kurde, qui a refusé de donner son nom, a indiqué que la réunion avait pour objet l’organisation et la préparation de mesures militaires et de sécurité dans les zones contrôlées par la milice SDF dans le nord-est de la Syrie.

Il a souligné que ces mesures résumaient l’acceptation du stationnement de la milice Assad près du village de Naamatli dans la ville de Qamechli et également à proximité de la route internationale, au sud-est de la ville, en échange de la protection des dirigeants de l’organisation (PYD / PKK) recherchés par Ankara, qui a remis la liste de leurs noms à Washington récemment.

En signe de bonne volonté, la source a révélé que tous les blessés des unités de la milice kurde avaient été transportés à Damas, où il y a actuellement 700 blessés dans les hôpitaux de la capitale sous les auspices du régime d’Assad.

Une source kurde syrienne a indiqué que des pourparlers avaient eu lieu il y a deux jours entre la milice d’Assad et une délégation du Conseil démocratique syrien présidée par Ilham Ahmed (le visage politique des unités kurdes et du PYD), sur la base russe de Hmeimim sur la côte syrienne, au cours de laquelle la milice d’Assad a demandé à recevoir la ville de Raqqa et de Tabqa de la milice des unités kurdes et l’entrée de la milice d’Assad à Hassaké et à Qamechli ainsi
Selon la source, les unités de la milice kurde ont accepté les demandes de la milice d’Assad, mais les États-Unis rejettent cette proposition, soulignant la possibilité d’une approbation de Washington si Moscou faisait certaines concessions, sans les préciser.

« L’accord avec le régime est génial »

 

Bien que cette information n’ait pas été confirmée par une source officielle, le commandant de la milice SDF (dont les unités kurdes sont l’épine dorsale), Mazloum Abdi a déclaré lors d’une longue réunion avec l’agence locale ANHA, « Si un accord avec le régime syrien aurait lieu ça sera génial, il serait un motif qui protégerait le territoire syrien « , a-t-il déclaré.

(…)

هل تنجح روسيا في إقناع “الأكراد” بتسليم مناطقهم للأسد مقابل الحماية؟

أورينت نت – متابعات

تاريخ النشر: 2019-08-16 15:21

نقلت وسائل إعلام موالية عن مصدر كردي مقرب من قيادة ميليشيا الوحدات الكردية أن لقاءً سريا جرى أمس الخميس في القامشلي جمع بين القيادي في تنظيم حزب العمال الكردستاني (ب ك ك) صبري أوك ونائب وزير الدفاع في نظام الأسد، برعاية روسية.

وبحسب وكالة أوقات الشام الموالية، فإن المصدر الكردي الذي رفض ذكر اسمه، أشار إلى أن اللقاء تناول الحديث عن الترتيب والتمهيد لإجراءات عسكرية وأمنية في المناطق التي تسيطر عليها ميليشيا قسد شمال شرق سوريا.

ولفت إلى أن تلك الإجراءات تلخصت بالقبول بتمركز ميليشيا أسد قرب قرية نعمتلي في مدينة القامشلي وكذلك في محيط الطريق الدولي، جنوب شرق المدينة، في مقابل تأمين حماية لقيادات في تنظيم ( ب ي د/ ب ك ك) مطلوبة لدى أنقرة، التي سلمت قوائم بأسمائهم لواشنطن مؤخرا.

وكبادرة حسن نية على ما يبدو، كشف المصدر عن نقل جميع جرحى ميليشيا الوحدات الكردية بطائرات كبيرة إلى دمشق، حيث يوجد حاليا 700 جريح منهم في مشافي العاصمة تحت رعاية نظام الأسد.

وبيّن مصدر كردي سوري أن مباحثات سابقة جرت قبل يومين، بين ميليشيا أسد ووفد من مجلس سوريا الديمقراطي برئاسة إلهام أحمد (الوجه السياسي للوحدات الكردية وتنظيم ب ي د)، في قاعدة حميميم الروسية على الساحل السوري، وطلبت خلالها ميليشيا أسد باستلام الرقة والطبقة من ميليشيا الوحدات الكردية، ودخول ميليشيا أسد إلى الحسكة والقامشلي أيضا.

وبحسب المصدر، فإن ميليشيا الوحدات الكردية أبدت موافقتها على مطالب ميليشيا أسد، غير أن الولايات المتحدة هي من ترفض ذلك، مشيرا إلى إمكانية موافقة واشنطن في حال قدمت موسكو بعض التنازلات، دون أي يحددها.

“الاتفاق مع النظام أمر عظيم”
ورغم عدم تأكيد هذه المعلومات من مصدر رسمي، غير أن القائد العام لميلشيا قسد (تشكل الوحدات الكردية عمودها الفقري) مظلوم عبدي قال في لقاء مطول أمس مع وكالة ANHA  المحلية، “إن حدث اتفاق مع النظام السوري فسيكون أمرا عظيما وسيكون سببا في حماية جزء من الأراضي السورية”، على حد تعبيره.

وفي الوقت نفسه ذكر عبدي أنه ستكون  هناك لقاءات غير مباشرة بينهم وبين تركيا في الأيام المقبلة، موضحا أنه لايمكن معرفة النتائج التي ستؤول إليها تلك اللقاءات، فربما تسفر عن اتفاق شامل أو تصل إلى طريق مسدود على حد قوله.

وما يعزز حدوث تفاهمات واتفاقات بين نظام أسد والوحدات الكردية مؤخرا، هو التحذير الروسي ومعارضتها لإنشاء منطقة آمنة شمالي سوريا بدعوى الحفاظ على السيادة السورية، حيث قالت المتحدثة باسم الخارجية الروسية، ماريا زاخاروفا، خلال مؤتمر صحفي، في وقت متأخر الخميس “من دواعي القلق استمرار محاولات لما يبدو أنه فصل شمال شرق سورية”.

وتابعت” لا نزال نقف مع تحقيق الاستقرار والأمن طويلي الأمد في شمال شرق سورية عبر تأكيد سيادة سورية وإجراء حوار مثمر بين دمشق والأكراد، باعتبارهم جزءا من الشعب السوري”.

وشددت على أن الشرعية الدولية تتطلب موافقة نظام الأسد على أي عمليات تجري على أراضيها، وذلك على خلفية المساعي التركية الأمريكية لإقامة “منطقة آمنة” شرقي الفرات، واستمرار الجهود الأمريكية لدعم القوات الكردية في شمال شرق سوريا ومنع بسط ما أسمته الحكومة السورية سيطرتها على تلك المنطقة.

“ممر سلام”
يشار إلى أن أنقرة والولايات المتحدة توصلتا الأربعاء الماضي لاتفاق يقضي بإنشاء “مركز عمليات مشتركة” في تركيا خلال أقرب وقت، لتنسيق وإدارة إنشاء منطقة ممر السلام.

واتفق الجانبان على 3 نقاط بهذا الشأن؛ الأولى تحويل اسم المنطقة إلى ممر سلام بدلا من المنطقة الآمنة، والثانية إنشاء مركز عمليات مشتركة في تركيا، والثالثة أن تكون تحت إدارة مشتركة أمريكية تركية، في حين لايزال هناك خلاف على عمق المنطقة وآلية التعامل مع تنظيم (ب ي د) الذي يسعى جاهدا لمنع إنشاء “ممر السلام” أو أن يكون له دور في إدارته على أقل تقدير.

Les équipes de secours découvrent une nouvelle fosse commune dans la ville de Raqqa… بعد 80 يوماً من اكتشاف مقبرة جماعية تضم 1700 جثة.. فرق الإنقاذ تعثر على مقبرة جماعية جديدة في مدينة الرقة


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80 jours après la découverte d’une fosse commune de 1 700 corps. Les équipes de secours découvrent une nouvelle fosse commune dans la ville de Raqqa, comprenant environ 200 corps, y compris des femmes lapidée exécutées par l’organisation.

3 juillet 2019 – OSDH

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a appris la découverte d’une nouvelle fosse commune dans la ville de Raqqa, ancien fief de l’Etat islamique de Syrie. Dans les détails obtenus par l’Observatoire syrien, les équipes de secours ont réussi à récupérer environ 200 corps dans des fosses communes et ont été enterrés. Les sources ont ajouté que parmi les corps découverts, trois corps appartenant à des citoyennes susceptibles d’être exécutés par lapidation ainsi que la présence d’au moins cinq corps exécutés par l’organisation étant donné que les victimes portaient le costume orange, L’OSDH avait publié le 30 mai dernier une charnière a été retrouvé à l’intérieur d’une mais dans le village de al-Chaafa, dans le secteur est de la campagne de Deir Ez-Zor, que “l’État islamique” l’utilisait comme prison pour enfermer les détenus durant son contrôle sur la région.

L’OSDH a rapporté le 12 avril que les conséquences de la découverte d’une fosse commune contenant environ 1 700 corps exécutés par l’Organisation Daech dans la ville de Raqqa continuaient à assombrir la société civile, posant de nombreuses questions à savoir pourquoi la découverte du cimetière a été retardée jusqu’à présent et si le grand nombre de prisonniers qui ont été tués plus tôt sont déjà tués par l’organisation. Des accusations se sont orientées vers la coalition internationale, notamment parce que un grand nombre parmi les 1700 victimes ne sont pas des détenus mais des civils tués par les avions de la coalition. Cette dernière a rejeté sa responsabilité et a accusé l’organisation de « l’état islamique ».Ces accusations viennent suite à plusieurs massacres perpétrés par l’aviation de la coalition international dans la ville de Raqqa. Alors, où sont les corps des martyrs ? et où sont les tombeaux des civils tués ? où sont-ils enterrés ? “Nous, l’Observatoire syrien des droits de l’homme, nous demandons la création d’un comité d’enquête chargé de découvrir les fosses communes dans la ville d’Al-Raqqa, et dévoiler où se trouvent les corps des martyrs et les cimetières collectifs des civils tués lors des bombardements, en effectuant des analyses et des identifications des corps, en particulier pour le récent massacre récemment découvert, et si les 1700 tués étaient des prisonniers de l’organisation ou des civils qui y vivaient pendant les opérations militaires de l’alliance internationale et des FDS sur al-Raqqa.

 

بعد 80 يوماً من اكتشاف مقبرة جماعية تضم 1700 جثة.. فرق الإنقاذ تعثر على مقبرة جماعية جديدة في مدينة الرقة تضم نحو 200 جثة من ضمنهم نساء أعدمهم التنظيم رجماً بالحجارة

 OSDH – 3 يوليو,2019

علم المرصد السوري لحقوق الإنسان أنه جرى العثور على مقبرة جماعية جديدة في مدينة الرقة المعقل الرئيسي السابق لتنظيم “الدولة الإسلامية” في سورية، وفي التفاصيل التي حصل عليها المرصد السوري فإن فرق الإنقاذ تمكنت خلال الـ 48 ساعة الفائتة من انتشال نحو 200 جثة ضمن مقابر جماعية في مدينة الرقة، وجرى دفنها أصولاً وأضافت المصادر للمرصد السوري أنه من بين الجثث المكتشفة هناك 3 جثث تعود لمواطنات يرجح أن التنظيم إعدمهم رجماً بالحجارة، بالإضافة لوجود 5 جثث على الأقل جرى إعدامهم من قبل التنظيم إذ شوهد الزي البرتقالي الخاص بالإعدام على الجثث الخمس، وكان المرصد السوري نشر في الـ 30 من شهر أيار الفائت من العام الجاري، أنه جرى العثور على مقبرة جماعية داخل أحد المنازل في بلدة الشعفة بالقطاع الشرقي من ريف دير الزور، وأبلغت مصادر المرصد السوري أن المنزل كان يتخذه تنظيم “الدولة الإسلامية” كمعتقل له إبان سيطرته على المنطقة.

فيما نشر المرصد السوري في الـ 12 من شهر نيسان / أبريل الفائت، أنه لا تزال تداعيات اكتشاف المقبرة الجماعية التي تضم رفاة نحو 1700 جثة سجين أعدمهم تنظيم “الدولة الإسلامية” بوقت سابق في مدينة الرقة، تلقي بظلالها في الأوساط المدنية، طارحة العديد من إشارات الاستفهام، لماذا تأخر اكتشاف المقبرة حتى الآن، وهل العدد الكبير للسجناء الذي قتلوا بوقت سابق، هم بالفعل سجناء قتلهم التنظيم، فالاتهامات باتت توجه للتحالف الدولي بأن عدد كبير من ضمن الـ 1700 ليسوا سجناء وإنما هم مدنييون قتلتهم طائرات التحالف، وعمد الأخير إلى إلقاء التهم عن عاتقه وتوجيها لتنظيم “الدولة الإسلامية” على أنهم سجناء، وخاصة في ظل المجازر الكثيرة التي ارتكبتها طائرات التحالف الدولي لا سيما في مدينة الرقة، فأين هم جثامين الشهداء وأين المقابر التي دفنوا فيها، إننا في المرصد السوري لحقوق الإنسان نطالب بتشكيل لجنة تقصي الحقائق للكشف عن المقابر الجماعية المتواجدة في الرقة عبر إجراء تحليلات والتعرف على الجثث، ولا سيما المجزرة الأخيرة التي اكُتشفت مؤخراً، هل الـ 1700 هم سجناء لدى التنظيم، أم أنهم من المدنيين الذين كانوا يعيشيون هناك إبان العمليات العسكرية للتحالف وقسد على الرقة.

Mazloum Abdi « FDS »: la Syrie est un État défaillant sans nos régions


La réalpolitik kurdes en Syrie

Carte SyrieCommunautes

Le Commandant de « FDS »: la Syrie est un État défaillant sans nos régions

■ Damas – DBA: Le commandant en chef des forces démocratiques syriennes « FDS » Mazloum Abdi a estimé que « l’Etat syrien sans les régions du nord et de l’est de la Syrie sera un Etat en faillite ». Abdi a révélé, au cours de la réunion du Conseil exécutif du nord et de l’est de la Syrie dans la ville de Ayn Issa dans la campagne nord de Raqqa, les conditions de la direction d’autogestion pour négocier avec le régime syrien, qui se résument dans la « reconnaissance des départements existants y compris la direction de l’administration générale du nord et de l’est de la Syrie, et la reconnaissance de la spécificité des forces démocratiques de la Syrie et sa pleine responsabilité du dossier militaire et sécuritaire dans les régions d’autogestion ». Abdi a ajouté que les forces démocratiques de la Syrie « a prouvé qu’il est sorti plus fort après la défaite de Daech à l’inverse de tout ce qui a été dit au sujet de la propagation possible de l’organisation dans les régions du nord et de l’est de la Syrie et qu’il représente un danger sur l’administration ».

Le Conseil général de l’autogestion avait approuvé, hier, une loi sur le devoir à l’autodéfense et le règlement intérieur du Bureau de la Défense dans le nord et l’est de la Syrie, où le commandant de « FDS » a appelé le gouvernement syrien à reconnaître les institutions de « FDSt et son administration ».
A la suite d’une réunion tenue hier à Ain Issa (campagne de Raqqa), le Conseil général a déterminé la durée du service militaire et l’âge de la mise en service.
Les FDS contrôlent des zones situées dans la campagne est d’Alep, ainsi que celles de l’est de l’Euphrate, notamment les régions de Raqqa, de Has et la campagne de Deir Ez-Zor est et nord, qui représentent environ 27% de la Syrie.

Alquds.co.uk-Syrie-FDS-Mazloum

قائد «قسد»: سوريا دولة فاشلة بدون مناطقنا

24 juin 2019 – القدس العربي
دمشــق – د ب أ: اعتبر القائد العام لقوات ســوريا الديمقراطية «قسد» مظلوم عبدي بأن «الدولة الســورية بدون مناطق شــمال وشــرق ســوريا ستكون دولة فاشلة». وكشــف عبدي خلال اجتماع المجلس التنفيذي لشمال وشرق سوريا في بلدة عين عيســى بريف الرقة الشمالي عن شروط الإدارة الذاتية للتفاوض مع النظام السوري والتي تتلخص في «الاعتراف بالإدارات الموجودة بما فيها الإدارة العامة لشمال وشرق سوريا والاعتراف بخصوصية قوات سوريا الديمقراطية ومســؤوليتها الكاملة عن الملف العسكري والأمني في مناطق الإدارة الذاتية». وأضاف عبدي بأن قوات سوريا الديمقراطية «أثبتت أنها خرجت أقوى بعد هزيمة داعش عكس كل ما كان يقال حول احتمال انتشــار التنظيم في مناطق شمال وشرق سوريا وتشكيلها خطورة على الإدارة»٠

وكان المجلس العام في الإدارة الذاتية لشمال وشرق سوريا قد صادق أمس على قانون واجب الدفاع الذاتي والنظام الداخلي لمكتب الدفاع في شمال وشرق سوريا، حيث دعا قائد «قسد» الحكومة السورية للاعتراف بمؤسسات «قسد وإدارتها». وحدد المجلس عقب اجتماع عقد في بلدة عين عيسى في ريف الرقة الشمالي أمس مدة الخدمة العســكرية وسن التكليف. وتسيطر «قسد» على مناطق في ريف حلب الشرقي إضافة إلى مناطق شرق الفرات التي تضم محافظات الرقة والحســكة وريف دير الزور الشمالي الشرقي والتي تشكل حوالي 27 في المئة من مساحة سوريا٠

 

Le blé syrien est victime de la guerre: des incendies fabriqués pour des raisons politiques ?


Le blé syrien est victime de la guerre: des incendies fabriqués pour des raisons politiques ?

Ahmed Hamza – 1er juin 2019

Pendant que les agriculteurs du village de Tall Asswad, au sud d’al-Malikiya, au nord-est du centre du gouvernorat d’al-Hassaka, s’apprêtaient à récolter le blé après une longue période d’attente, jeudi dernier, des incendies ont brûlé leurs récoltes, avalant ainsi des hectares de blé et d’orge. Le même jour, dans d’autres villages du même gouvernorat, les agriculteurs ont perdu des milliers d’hectares de cultures stratégiques (notamment du blé) cette saison. Cette situation s’est également parvenue à toucher de vastes zones cultivées avec les mêmes cultures, dans les territoires allant d’al-Hassaka jusqu’au nord de Raqqa. Ces zones constituent le plus grand centre de production de blé en Syrie et produisent environ 60% de cette culture stratégique syrienne.

Parallèlement, et au cours des deux derniers jours, des terres agricoles du sud d’Idleb et du sud d’Alep ont été dévorées et continuent de brûler encore. Mais les causes de ces incendies sont moins ambiguës que ce qui se passe au nord de Raqqa et dans la campagne de Hassaka, car les incendies, à Alep et à Idleb et même dans la plaine d’al-Ghab à Hama, sont causés par les bombardements des forces du régime et de l’aviation russe, tandis que les incendies qui font rage dans la culture stratégique syrienne dans les régions d’al-Jazira, des accusations sont parfois orientées contre l’organisation « Daech » et contre d’autre comme le parti de « l’Union démocratique » kurde, visant à appauvrir la région, à contrôler tous les domaines de la vie et à inciter les jeunes à se porter volontaires dans les rangs de ses forces.

(…)    plus de 25 000 hectares au moins dans les régions de la Jazeera syrienne ont été touchés par les flammes des derniers jours (chaque hectare équivaut à dix mille mètres de terres agricoles)*.

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Incendies fabriqués ?

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Al-Hussein mentionne un autre facteur, considéré comme très important dans le dossier des incendies. « Les zones qui ont connu de nombreux incendies sont proches des voies de transport du pétrole brut, dont l’opération de raffinement est rudimentaire dans les zones d’autogestion, et les incendies qui ont débuté avec la récolte sont sans aucun doute causés par le passage de ces transports. (…) Pour sa part, une source proche de « l’autogestion », décrit comme « des allégations dues à la négligence des institutions de l’administration » sur la question des incendies. « Il est possible qu’il y ait une confusion dans les institutions de l’administration concernée et un traitement insuffisant, mais les accusations contre l’administration sont offensantes et manquent d’objectivité ». Plus tard, « l’autogestion », après que l’incendie ait pu s’intensifier et s’étendre,  qu’ils étaient « fabriqués » et menés par des « mains subversives ». Les forces Assayish (sécurité intérieure kurde) ont arrêté des suspects, sans les identifier comme appartenant à un groupe particulier,  a déclaré le président commun du comité économique et agricole dans « l’autogestion », Suleiman Baroudo. Il a ajouté que les partis qui sont derrière ces incendies « ne veulent pas le bien des habitants de la région et ont pour but d’inculquer la haine entre la population et « l’autogestion »  ».

L’agence Hawar a publié jeudi dernier une déclaration de « l’autogestion » dans laquelle on lit « A nos familles et nos agriculteurs du nord et de l’est (de la Syrie), nous avons constaté que des mains subversives sont derrière la multiplication des incendies qui touchent les cultures de blé et d’orge. Après l’échec de ces mains à déstabiliser la sécurité et la stabilité qui ont, pour combattre la population, eu recours aux abus contre les moyens de subsistance des gens, et tenter de saboter l’économie. Nous appelons donc toutes les familles et les paysans à soutenir les autorités compétentes, les forces de sécurité intérieures, les administrations militaire et civile, afin de protéger leurs terres et leurs cultures afin de réduire ces phénomènes destructeurs. L’autogestion met tout son potentiel de défense civile, les camions d’incendie, des mécanismes et des dispositifs d’extinction des incendies pour éliminer ce phénomène ».

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*Selon les calculs des agriculteurs en Syrie, chaque dunum mesure environ 1 000 mètres carrés, ce qui signifie que tous les 10 dunums correspondent à un hectare.

 

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أن الأراضي المتضررة في الرقة “تعود ملكيتها للمدنيين، وسط استياء شديد لدى الأهالي لانعدام الإمكانات اللازمة لإطفاء الحرائق، وإمكانية أن تكون الحرائق مفتعلة”، مشيراً إلى أن النيران حرقت أيضاً “نحو 1500 دونم من الأراضي الزراعية في قرية الدروبية جنوب غربي عين عيسى شمال الرقة، ومئات الدونمات في السمران وجمعة الحمد قرب عين عيسى، وقرية الهيشة شمالي الرقة”. أما في محافظة الحسكة، فإن النيران اشتعلت، وفق الحبش، في الأيام القليلة الماضية، “في قرية باب الخير بناحية أبو راسين شمال الحسكة، وفي قرية الحدادية وفي قرية العريشة في ريف الحسكة الجنوبي، وفي قرية العاطل في ناحية صفيا بما يقارب 500 هكتار. كما اندلعت النيران بمساحات واسعة في قرية جزعة. وفي قرية عجاجة احترقت أرض زراعية بما يقارب 500 هكتار. وفي قرية كميرالراشد جنوب الحسكة حرقت النيران ما يقارب ألفي هكتار من الأراضي الزراعية”، إضافة إلى تضرر آلاف الهكتارات الأخرى جراء الحرائق التي اشتعلت في قرى أخرى في أرياف الحسكة، بينها الخاتونية، والبحرة، وناحية الهول، والعويد قرب تل براك، ومسعدة قريباً من اليعربية، وتل بيدر، وجبل عبد العزيز، والسيحة، وسفانة، وعجاجة، وأبو غدير، والعريشة، ومشيرفة حمدان، والدعيج، ونفاشة.

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حرائق مُفتعلة؟

تدور روايات كثيرة حول ملابسات الحرائق وأسبابها. وبينما بقي الغموض مسيطراً لأيام حول مسببات الحرائق، تبنّى تنظيم “داعش”، من خلال العدد 183 لصحيفة “النبأ” الإلكترونية الصادرة عنه في 23 مايو/أيار الماضي، الحرائق في حقول مناطق الجزيرة، وسط تشكيك مراقبين بحقيقة ما نقلته الصحيفة. ويرى بعض المشككين أن التنظيم تبنّى عدة مرات، خصوصاً أيام ضعفه، حوادث لم يثبت قيام عناصر تابعين له بها، بهدف حشد ورفع معنويات أنصاره. كما أن “الإدارة الذاتية” نفسها، لم تُشر صراحة، في بيانها الصادر الخميس الماضي، بعد تحقيقات أجرتها، إلى “داعش” كمتهم في الحرائق، مكتفية بالحديث عن تورط “أياد مخربة”. ويقول الصحافي محمد الحسين، لـ”العربي الجديد”، إن “هيئة الاقتصاد والزراعة، التابعة للإدارة الذاتية، ألمحت إلى أن متورطين بالحرائق مرتبطون بداعش، علماً أن الكثير من الحرائق مثلاً اشتعلت في محيط الدرباسية، وهذه مناطق لم يصل إليها التنظيم يوماً، ولم تخضع يوماً بعد العام 2011 إلا للوحدات الكردية. كما أن تنظيم داعش لم يتبنَ في معرض حديثه عن الحرائق كل الحرائق، فتبنّي التنظيم ارتبط بمناطق مركدة في الرقة، وحرائق بمناطق في العراق. أعتقد أن الإدارة الذاتية تريد التخلص من لوم الناس بتقصيرها من خلال اتهام داعش”.

وفي موازاة ذلك، وفي مقابلات عديدة مع مزارعين، بثتها وسائل إعلام، أتيح لها التصوير والتجول ضمن المناطق الخاضعة لـ”الإدارة الذاتية”، بدا أن هناك شبه إجماع حول “الريبة، والإهمال، والتعمد” وراء الحرائق. وبينما قال بعض الفلاحين، إن بعض مسببات الحرائق، قد تكون بسبب استهتار بعض المارة قرب الحقول، والسائقين المُدخنين، قال آخرون إن حرارة الصيف التي بدأت ترتفع تباعاً هذه الأيام، عامل مساعد لاشتعال الحرائق. والخميس، نشرت وكالة “هاوار”، التي تنشط في نقل أخبار وبيانات “الإدارة الذاتية”، تقريراً عنونته بـ”الحرائق مُفتعلة وتندلع يومياً في التوقيت نفسه”. وأجرت الوكالة مقابلات مع فلاحين متضررين، قال أحدهم، ويدعى محمود حج علي، “أثناء اندلاع النيران في أرضي (الأربعاء الماضي) تنقلت من مكان إلى آخر. كنا في الطرف الشمالي، وفجأة اشتعلت نار ثانية في الطرف الجنوبي، وتساءلنا كيف وصلت النار باتجاه الجنوب؟ هذا ما حيّرنا، وكأن هناك أيادي مقصودة تشعل هذه الحرائق، وتفعل هذا الفعل المشين”. بينما قال عبد الغني العباوي إن النيران تشتعل كل يوم في التوقيت نفسه، مضيفاً “هذا الشيء مفتعل”.

سياق الحرائق: وقت الحصاد

وتأتي الحرائق وتضرر محصول القمح خصوصاً، والشعير بدرجة أقل، في ذروة وقت حصاد الموسم، الذي كان من المفترض أن يكون استثنائياً، لأن أمطار شتاء هذا العام كانت غزيرة. وحددت حكومة النظام السعر الذي ستشتري فيه من الفلاحين بـ185 ليرة سورية لكيلو القمح، و130 ليرة للشعير، وهو سعر مرتفع عمّا حددته “الإدارة الذاتية” للشراء، إذ قالت إنها ستدفع للفلاحين 150 ليرة للقمح و100 ليرة سورية للشعير. (الدولار يساوي هذه الفترة نحو 570 ليرة في السوق السوداء السورية). وأثار سعر “الإدارة” المنخفض عن سعر النظام، لدى مزارعين، ريبة حول تحسين فرص النظام شراء الكم الأكبر من المحصول، واستياء من جهة أخرى من السعر الذي توقعوا أن يكون أعلى، وعبّروا عن ذلك علناً في وسائل إعلام، الأمر الذي دفع “الإدارة” قبل يومين، لرفع سعرها لشراء القمح 10 ليرات للكيلو، أي 160 ليرة، بينما بقي سعر الشعير على حاله. وعلى الرغم من أن مسؤولين في هذه “الإدارة” قالوا إنها تستعد لأكبر عملية شراء محاصيل منذ تأسيسها، وتعتزم حسبما صرح، في إبريل/نيسان الماضي، سليمان بارودو تخصيص 200 مليون دولار لشراء عشرات آلاف الأطنان من القمح، إلا أن المسؤول نفسه أعلن، في 22 مايو الماضي، أن إدارته لن تُمانع في بيع الفلاحين محصولهم للنظام.

وفيما كانت سورية، قبل سنة 2011، تنتج نحو أربعة ملايين طن سنوياً من القمح، وهي التي تستهلك وفق تقديرات رسمية، نحو مليونين ونصف مليون طن فقط، أي أنها تصدر كميات فائضة، فإن الإنتاج انحدر خلال السنوات السبع الماضية، إلى مستويات دفعت لاستيراد القمح، خصوصاً من روسيا، لتعويض النقص. والسنة الماضية، قالت منظمة الأغذية والزراعة التابعة للأمم المتحدة (فاو) إن إنتاج سورية، ولأسباب مختلفة، منها ضعف موسم الأمطار وتأثر بعض المناطق بالأعمال العسكرية، انحدر إلى أسوأ موسم، منذ 29 سنة، إذ وصل إنتاج القمح إلى 1.2 مليون طن، فيما بلغ الإنتاج 1.7 طن في 2017. لكن العام الحالي، ووفق توقعات عديدة، من المفترض أنه سيكون استثنائياً للفلاحين، الذين استبشروا بموسم أمطار غزيرة، وبتوقعات أن يقفز الإنتاج هذه السنة لمستويات أعلى مما كانت عليه سنة 2017. غير أن الحرائق التي التهمت آلاف الهكتارات، ستقلصُ كميات الإنتاج.

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