Nations Unies: 90 civils ont été tués et blessés dans les premiers jours de l’armistice, et 13 000 ont été déplacés en une journée


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Une dangereuse escalade syro-russe à Idleb … et les factions de l’opposition détruisent la salle d’opération du régime

17/01/2020 – Hiba Mohammad

Damas : des frappes russes et syriennes sur les différentes zones d’Idleb ont mis fin à l’armistice dans le nord-ouest de la Syrie sur le terrain, les combattants russes reprenant le bombardement des villes et des villages de la région, et ordonnent le début d’une nouvelle série d’attaques des forces du régime contre les zones des forces d’opposition syriennes appelées à défendre ses derniers bastions dans le nord, au milieu des appels de l’ONU à la cessation immédiate des hostilités, après que le récent accord de cessez-le-feu n’a pas protégé les civils, selon les déclarations de l’ONU.

Des sources des factions de l’armée nationale ont annoncé vendredi à « Al-Quds Al-Arabi” le meurtre d’un groupe de combattants du régime syrien, la destruction d’une salle d’opérations sur l’axe Al-Taj et Abu Jerif, et leur sortie totale du service pendant les combats dans la campagne du sud-est d’Idleb. Des sources militaires locales ont signalé qu’un groupe de forces du régime avait été tué, dont des officiers.

Nations Unies: 90 civils ont été tués et blessés dans les premiers jours de l’armistice, et 13 000 ont été déplacés en une journée

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a déclaré que les bombardements se sont intensifiés de façon hystérique sur le secteur ouest de la campagne d’Alep, parallèlement à l’anticipation que les forces du régime lanceraient une opération terrestre au cours des prochaines heures ou jours.
La frappe aérienne russe a tué deux enfants à Awajel, en plus de 7 autres, blessés dont 3 femmes. Le bombardement aérien s’est accompagné de tirs d’artillerie par les forces du régime syrien sur les villages et les villes des régions rurales du sud et de l’ouest d’Alep.

Environ 13 000 Syriens ont été déplacés par les violations du régime et de ses alliés en une journée alors que les attaques du régime et de ses alliés se poursuivent malgré le cessez-le-feu.

Les Nations Unies ont confirmé qu’environ 350 000 Syriens, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été déplacés d’Idleb depuis début décembre vers des zones proches de la frontière turque, en raison de raids et de bombardements des forces soutenues par la Russie dans la province contrôlée par l’opposition.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé vendredi qu’il discuterait avec son homologue russe Vladimir Poutine, cette semaine lors de la conférence de Berlin, des récentes batailles qui ont eu lieu dans le gouvernorat d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michel Bachelet, a appelé vendredi à une cessation immédiate des hostilités dans le gouvernorat syrien d’Idleb, contrôlé par des combattants de l’opposition, affirmant que le dernier cessez-le-feu en Syrie n’a pas encore protégé les civils.
“Il est extrêmement regrettable que des civils continuent d’être tués chaque jour lors de frappes aériennes et terrestres”, a déclaré Bachelet dans un communiqué. “Cet accord, comme d’autres au cours de la dernière année, n’a pas réussi à nouveau à protéger les civils.”
“Des gens continuent d’être tués, beaucoup de gens sont des deux côtés”, a déclaré Jeremy Lawrence, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, tandis que le Bureau des Nations Unies pour les droits de l’homme a déclaré qu’au moins vingt civils avaient été tués et soixante-dix autres blessés au cours des premiers jours du cessez-le-feu, depuis l’entrée en vigueur de la trève, dans le nord-ouest de la Syrie.

تصعيد سوري ـ روسي خطير في إدلب… وفصائل المعارضة تدمر غرفة عمليات للنظام

١٧/١/٢٠٢٠ – هبة محمد

دمشق ـ «القدس العربي»: أنهت الضربات الروسية والسورية على مختلف مناطق إدلب الهدنة فيها شمال غربي سوريا ميدانياً، مع استئناف المقاتلات الحربية الروسية قصفها لمدن وبلدات المنطقة، والإيعاز ببدء جولة جديدة لقوات النظام المهاجـــمة، ضد مناطق قوات المعارضة السورية التي تستميت في الدفاع عن آخر معاقلها شمالاً، وسط دعوات أممية لوقف فوري للقتال، بعدما فشل اتفاق وقف إطلاق النار الأخير في حماية المدنيين، حسب تصريحات أممية.

وأعلنت مصادر لـ«القدس العربي» من فصائل الجيش الوطني الجمعة مقتل مجموعة مقاتلين من قوات النظام السوري، وتدمير غرفة عمليات على محور التج وأبو جريف وخروجها عن الخدمة بشكل كامل خلال المعارك الدائرة في ريف إدلب الجنوبي الشرقي. وأفادت مصادر عسكرية محلية عن مقتل مجموعة من قوات النظام بينها ضابط.

الأمم المتحدة: مقتل وإصابة 90 مدنياً في الأيام الأولى من الهدنة ونزوح 13 ألفاً في يوم واحد

وقال المرصد السوري لحقوق الانسان، إن القصف تصاعد بشكل هستيري على القطاع الغربي من الريف الحلبي، بالتزامن مع ترقب شن قوات النظام عملية برية خلال الساعات أو الأيام القليلة المقبلة.
وتسبب القصف الجوي الروسي بمقتل طفلين في عويجل بالإضافة لإصابة 7 آخرين بجراح بينهم 3 سيدات. وترافق القصف الجوي مع قصف مدفعي من قبل قوات النظام السوري على قرى وبلدات ريفي حلب الجنوبي والغربي.
ونزح نحو 13 ألف سوري جراء خروقات النظام وحلفائه في يوم واحد حيث تتواصل هجمات النظام وحلفائه رغم وقف إطلاق النار.
وأكدت الأمم المتحدة إن نحو 350 ألف سوري معظمهم نساء وأطفال نزحوا من إدلب منذ أوائل كانون الأول الماضي إلى مناطق قرب حدود تركيا، بسبب غارات وقصف قوات النظام المدعوم من روسيا على المحافظة التي تسيطر عليها المعارضة.
وأعلن الرئيس التركي رجب طيب إردوغان الجمعة أنه سيبحث مع نظيره الروسي فلاديمير بوتين هذا الأسبوع في مؤتمر برلين، المعارك الأخيرة التي وقعت في محافظة إدلب في شمال غرب سوريا.
من ناحيتها دعت مفوضة الأمم المتحدة لحقوق الإنسان ميشيل باشليه أمس الجمعة، لوقف فوري للقتال في محافظة إدلب السورية الخاضعة لسيطرة مقاتلي المعارضة، قائلة إن وقف إطلاق النار الأخير في سوريا فشل مرة أخرى في حماية المدنيين.
وقالت باشليه في بيان «من المفجع للغاية استمرار مقتل مدنيين كل يوم في ضربات صاروخية من الجو والبر». وتابعت «هذا الاتفاق، مثل غيره على مدار العام الماضي، فشل مرة أخرى في حماية المدنيين».
وقال جيريمي لورانس المتحدث باسم مفوضية الأمم المتحدة السامية لحقوق الإنسان في إفادة صحافية «ما زال الناس يُقتلون، الكثير من الناس على الجانبين»، فيما قال مكتب الأمم المتحدة لحقوق الإنسان إن ما لا يقل عن عشرين مدنياً قتلوا وأصيب سبعون آخرون في الأيام القليلة الأولى من هدنة دخلت حيز التنفيذ في شمال غربي سوريا.

Syrie : le cessez-le-feu à Idlib a échoué car des civils sont tués quotidiennement, selon l’ONU


Syrie : le cessez-le-feu à Idlib a échoué car des civils sont tués quotidiennement, selon l’ONU

© UNICEF
Un hôpital pour femmes et enfants endommagé par des frappes aériennes à Idlib, en Syrie (photo d’archives).
17 janvier 2020

La cheffe des droits de l’homme des Nations Unies, Michelle Bachelet, a appelé vendredi à une cessation immédiate des hostilités à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, affirmant que le dernier cessez-le-feu syrien avait « une fois de plus échoué à protéger les civils ».

« Mme Bachelet a condamné aujourd’hui la poursuite des meurtres et des mouvements de population dans le nord-ouest de la Syrie, malgré l’annonce d’un cessez-le-feu il y a près d’une semaine », a déclaré lors d’un point de presse, Jeremy Laurence, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH).

« Il est profondément navrant de constater que des civils sont encore tués quotidiennement par des tirs de missiles, tant aériens que terrestres », a souligné Mme Bachelet dans un communiqué.

« Bien que la poursuite d’un cessez-le-feu soit, bien sûr à encourager, cet accord – comme d’autres l’année dernière – n’a pas réussi, une fois de plus, à protéger les civils », a-t-elle ajouté, tout en rappelant que des femmes, des hommes et des enfants qui ne font que mener leurs activités quotidiennes à la maison, au travail, sur les marchés ou dans les écoles sont « tués et mutilés dans une violence insensée ».

Malgré l’application du cessez-le-feu le 12 janvier et la mise en place de « couloirs de sécurité » par le gouvernement syrien, les services de Mme Bachelet regrettent que les civils continuent d’être soumis à des « raids intensifiés » en raison de la poursuite des combats entre les forces progouvernementales et les groupes armés non étatiques.

Il s’agit surtout de faire valoir leurs « avantages militaires » sur le terrain, au mépris apparent du droit international humanitaire et de la protection de tous les civils.

Plus de 1.500 civils tués à Idlib depuis fin avril 2019

A cet égard, le Bureau de l’ONU aux droits de l’homme signale que le 11 janvier dernier, quelques heures avant l’application du cessez-le-feu, les opérations militaires dans la région se sont intensifiées et au moins 20 civils ont été tués lors de frappes aériennes qui ont touché plusieurs zones à Idlib.

Le 12 janvier – date du nouvel accord -, quatre civils ont été tués lors de frappes terrestres qui ont touché plusieurs quartiers résidentiels de la ville d’Alep contrôlée par le gouvernement. Le lendemain, le 13 janvier, un civil a été tué lorsqu’un missile a frappé sa maison dans le village d’al-Dana, dans la zone rurale de Maarat An Numan, qui est sous le contrôle de groupes armés non étatiques.

Les 15 et 16 janvier, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a reçu des informations faisant état d’une reprise des raids aériens. Le 15 janvier par exemple, au moins 15 civils de sexe masculin, dont deux enfants, ont été tués lors de raids aériens qui ont touché une zone industrielle et le marché aux légumes d’al-Hal dans la ville d’Idlib.

Depuis le début de l’escalade des hostilités dans et autour de la zone de désescalade d’Idlib (entre le 29 avril 2019, jusqu’au 15 janvier de cette année), le Bureau des droits de l’homme des Nations unies a vérifié des incidents au cours desquels 1.506 civils, dont 293 femmes et 433 enfants, ont été tués. Sur ce nombre, 75 civils, dont 17 femmes et 22 enfants (5% du total), se trouvaient dans des zones contrôlées par les forces gouvernementales.

Attaques contre les civils en Syrie-Idleb 2020

L’aide humanitaire transfrontalière de l’ONU en Syrie reconduite « a minima »


 

L’aide humanitaire transfrontalière de l’ONU en Syrie reconduite « a minima »

Après deux mois de dures négociations, le Conseil de sécurité des Nations unies, acculé par la Russie, n’a pu renouveler que la moitié des points de passage transfrontaliers où transitait l’aide humanitaire, vitale pour 4,3 millions de Syriens dans le nord du pays.

Le Monde – Par Publié aujourd’hui à 02h17, mis à jour à 11h53

 

Le camp pour personnes déplacées de Khirbet Al-Joz, dans l’ouest de la province d’Idlib, en décembre 2019.
Le camp pour personnes déplacées de Khirbet Al-Joz, dans l’ouest de la province d’Idlib, en décembre 2019. AAREF WATAD / AFP

En neuf ans de conflit en Syrie, le passage de l’aide humanitaire transfrontalière était l’un des seuls dispositifs mis en place par l’ONU à faire l’unanimité au Conseil de sécurité depuis son installation en 2014. Le consensus a volé en éclat lors des négociations pour le renouvellement du dispositif, qui se sont soldées par sa reconduction « a minima » vendredi 10 janvier, réduisant fortement l’assistance à la population syrienne.

Le bras de fer a opposé le principal allié du régime de Bachar Al-Assad, la Russie, aux corédacteurs de la résolution, la Belgique et l’Allemagne, jusque quelques heures à peine avant l’expiration du mandat du programme d’aide. Les Occidentaux ont dû faire de nombreuses concessions pour ne pas risquer des vétos russe et chinois, comme ceux qui leur avaient été opposés le 20 décembre, et qui auraient entraîné de facto la fermeture des quatre points de passage existants, privant ainsi 4,3 millions de Syriens de l’aide humanitaire dont ils dépendent intégralement.

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Le texte final soumis au vote vendredi ne prévoyait plus le renouvellement que de deux points de passage avec la Turquie, et ce pour six mois – alors que le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU avait demandé en décembre de renouveler les autorisations de passage en quatre lieux, non soumis à l’aval de Damas, pour un an. L’aide délivrée aux deux points de passage turcs est vitale pour trois millions de Syriens reclus dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, où les combats et bombardements ont redoublé depuis quelques semaines, en raison de l’offensive des forces du régime, avec le soutien de la Russie, pour reprendre la région.

« Il s’agit de vies humaines, pas de notre contentement à nous ici au Conseil », Dian Triansyah Djani, ambassadeur d’Indonésie à l’ONU

Les points de passage situés sur les frontières avec la Jordanie – pratiquement plus utilisés – et avec l’Irak sont supprimés. Le poste d’Al-Yarubiyah, à la frontière irakienne, était le seul accès possible pour acheminer les médicaments et du matériel chirurgical aux 1,3 million de personnes du nord-est syrien. Le Conseil de sécurité a demandé au secrétariat général de l’ONU de trouver des alternatives pour la distribution de médicaments d’ici fin février. « La Syrie refuse pour l’instant que l’aide médicale passe par Damas », confie un diplomate occidental.

Les membres du Conseil n’ont pas sacrifié sans frustration l’aide envoyée vers le nord-est du pays. « Il s’agit de vies humaines, pas de notre contentement à nous ici au Conseil, a déclaré Dian Triansyah Djani, l’ambassadeur indonésien à l’issue du vote. Nous sommes tous mécontents. » « Un convoi d’une dizaine de camions devait passer par ce point ces jours-ci, s’est inquiété l’ambassadeur belge Marc Pectseen de Buytswerve. Nous espérons que Moscou et Damas le laisseront passer. »

La Russie « en position de force »

Onze membres du Conseil de sécurité ont voté en la faveur de la résolution, alors que Russie, Chine, Etats-Unis et Grande-Bretagne, tous quatre membres permanents, se sont abstenus –pour des raisons diamétralement opposées. Comme en 2017 pour le mécanisme d’enquête conjoint de l’ONU et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, l’enjeu de la réunion dépassait le simple cadre du renouvellement de mandat. Alors que le passage de l’aide humanitaire à ces points transfrontaliers était renouvelé sans discussion tous les ans, le ton a changé depuis le début des négociations en novembre.

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« La Russie s’est sentie en position de force », analyse un diplomate occidental. Forte des avancées syriennes sur le terrain, Moscou a attaqué ce mécanisme censé être « exceptionnel ». L’ambassadeur russe Vasily Nebenzya a répété à l’envi que ces passages n’étaient plus justifiés, maintenant que Bachar Al-Assad a repris le contrôle de la majorité du territoire de son pays, et qu’ils allaient à l’encontre de la souveraineté nationale. « La Russie a tout fait pour faire dérailler le mécanisme », commente un diplomate ayant participé aux négociations.

« Des Syriens vont mourir à cause de cette résolution. Je vais être très claire : la fédération de Russie sera responsable des conséquences », selon l’ambassadrice américaine Kelly Craft

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se sont abstenus pour afficher leur mécontentement. « Il est plus que regrettable que les Russes aient politisé cette résolution à caractère humanitaire, alors qu’ils l’ont votée et renouvelée depuis 2014, a affirmé la représentante britannique Karen Pierce. C’est l’hiver. Cette résolution est une réponse inadéquate aux besoins des Syriens. » « Les Syriens vont souffrir inutilement à cause de cette résolution. Des Syriens vont mourir à cause de cette résolution, a pour sa part déclaré l’ambassadrice américaine Kelly Craft. Je vais être très claire : la fédération de Russie sera responsable des conséquences. »

En Syrie, écoles et prisons d’Idleb réaménagées pour les déplacés


En Syrie, écoles et prisons d’Idleb réaménagées pour les déplacés

AFP-2 janv 2020

AFP / Omar HAJ KADOUR Des enfants jouent dans la cour d’une prison transformée en centre d’accueil pour les déplacés à Idleb, le 31 décembre 2019

Les enfants jouent dans la cour et des adultes aménagent la cellule où vont désormais vivre plusieurs familles. En fuyant les bombardements du régime sur le nord-ouest syrien, ces déplacés d’Idleb n’ont eu d’autres choix que de se réfugier dans une ancienne prison.

Ils sont des centaines de milliers de déplacés à commencer la nouvelle année loin de leur foyer, parfois sommairement installés dans des écoles, des mosquées ou des bâtiments en construction, réquisitionnés pour les héberger dans la région d’Idleb dominée par les jihadistes.

Rien qu’en décembre, quelque 284.000 personnes ont dû fuir le sud de la province ravagé par des combats, notamment la ville de Maaret al-Noumane et ses environs, une zone aujourd’hui quasi vidée de ses habitants selon l’ONU.

Une cinquantaine de familles, soit environ 300 personnes, ont élu domicile dans une prison désaffectée de la ville d’Idleb.

Devant les bâtiments lugubres en pierre et en béton gris, des enfants font une ronde sur l’asphalte mouillé de la cour. D’autres gigotent sur des ballons sauteurs colorés pendant que certains jouent au tir à la corde.

AFP / Omar HAJ KADOUR Un déplacé syrien accroche une bâche dans la cellule d’une prison transformée en centre d’accueil pour déplacés, à Idleb, le 31 décembre 2019

Dans une cellule sombre, où un filet de lumière passe à travers de petites lucarnes en haut du mur, un homme perché sur un escabeau tend une bâche en plastique pour diviser la pièce.

A 69 ans, Oum Hatem a fui la région de Maaret al-Noumane avec son fils célibataire. Arrivée dans la ville d’Idleb, elle a cherché un refuge. On lui a indiqué la prison.

“Nous nous y sommes installés, même si l’endroit n’est pas habitable”, raconte la sexagénaire au visage strié de rides. “Il n’y a pas d’eau, pas d’électricité, pas de lumière. Les pièces sont étroites et étouffantes”, se plaint-elle.

– Manque d’abris –

Emmitouflée dans une veste en laine, Oum Hatem aide à vider une camionnette partie récupérer quelques affaires chez elle: des provisions dans des bocaux, des seaux en plastique, un tapis de jute.

AFP / Omar HAJ KADOUR Oum Hatem, une déplacée syrienne, aide à décharger ses affaires d’un camion dans la cour d’une prison transformée en centre d’accueil pour les déplacés à Idelb, le 31 décembre 2019

“Si nous en avions les moyens, nous aurions loué une maison”, se désole-t-elle. “Mais nous n’avons même pas de quoi manger.”

Depuis plusieurs semaines, le pouvoir de Bachar al-Assad soutenu par l’aviation russe a de nouveau intensifié ses bombardements contre Idleb.

Le régime se dit déterminé à reconquérir cette région dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) et qui accueille aussi des groupes rebelles.

Mais malgré un cessez-le-feu annoncé fin août, de violents combats au sol continuent d’opposer les forces prorégime aux jihadistes et aux rebelles.

AFP / Omar HAJ KADOUR Des enfants syriens se rassemblent dans la cour d’une prison transformée en centre d’accueil pour les déplacés à Idleb, le 31 décembre 2019

Avec le dernier afflux de déplacés, “des bâtiments publics comme des mosquées, des garages, des salles de mariage et des écoles sont utilisés pour accueillir les familles”, a récemment indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

Toutefois, les places disponibles pourraient ne pas suffire “étant donné l’ampleur des déplacements” a mis en garde l’agence onusienne.

Le nord d’Idleb est déjà envahi par les camps de déplacés informels où les civils s’entassent dans des tentes, quand ils ne sont pas tout simplement installés au milieu des champs d’oliviers.

– “Avenir devant eux” –

Dans une école visitée par un journaliste de l’AFP, le linge sèche sur des cordes dans la cour de récréation.

AFP / Omar HAJ KADOUR Une femme et son enfant devant une prison transformée en centre d’accueil pour les déplacés à Idleb, le 31 décembre 2019

Une dizaine de famille se partagent les lieux. Les classes ont été débarrassées des pupitres, remplacés par des tapis au sol et des matelas en mousse le long des murs.

“Les écoles sont transformées en centre d’accueil pour les déplacés de la région de Maaret al-Noomane ou du sud d’Idleb. L’enseignement y a été suspendu”, reconnaît Abdel Salam al-Amin, coordinateur d’une ONG humanitaire qui distribue des aides aux familles.

“Nous leur apportons des repas, des couvertures et des matelas”, ajoute-t-il.

Dans la cour de la prison, Abdel Qader Shawarghi coupe les cheveux d’un petit garçon assis sur une planche en bois.

Le coiffeur de 29 ans a fui depuis deux semaines les bombardements à Maaret al-Noomane. Installé avec sa femme et ses deux enfants dans la prison, il continue de manier le ciseau pour faire vivre sa famille.

Pour la nouvelle année, il se dit optimiste et espère que les gens pourront rentrer chez eux.

“Les enfants ont encore tout leur avenir devant eux, on ne veut pas qu’ils vivent ce que nous vivons avec la guerre”, soupire-t-il.

En près de neuf ans, le conflit déclenché en 2011 a tué plus de 370.000 personnes.

“Si Dieu le veut, cette nouvelle année sera la fin de la guerre en Syrie.”

Plus de 235.000 personnes déplacées par les combats dans le nord-ouest du pays


 

(ONU)

Syrie : plus de 235.000 personnes déplacées par les combats dans le nord-ouest du pays

27 décembre 2019

© UNICEF/Saad
Des enfants s’abritent du froid avec leur famille dans une installation informelle à Killi, en Syrie, près de la frontière avec la Turquie.
27 décembre 2019

En moins de deux semaines, plus de 235.000 Syriens ont été déplacés par l’intensification des combats dans la province d’Idlib, ont indiqué vendredi les Nations Unies.

« À la suite des hostilités, des dizaines de milliers de familles ont fui leurs foyers pour se mettre à l’abri. Entre le 12 et le 25 décembre, plus de 235.000 personnes ont été déplacées dans le nord-ouest de la Syrie », a souligné le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

Dans son dernier bulletin humanitaire daté du 26 décembre sur la situation au nord-ouest de la Syrie, OCHA note que ces déplacements massifs ont surtout concerné la ville de Maaret al-Noomane et ses environs, quasiment « vidée » de ses habitants. « Maaret al-Noomane et sa campagne seraient presque vides, de plus en plus de personnes de Saraqab et de sa campagne orientale fuient en prévision de l’extension des hostilités dans leur zone », a ajouté OCHA.

Une nouvelle vague de déplacés qui s’ajoute aux 400.000 déracinées entre avril et août

La plupart de ces personnes déplacées ont fui le sud du gouvernorat vers le nord d’Idlib pour rejoindre les villes d’Ariha, Saraqeb et Idleb, ou des camps déjà surpeuplés le long de la frontière avec la Turquie. Certaines personnes qui avaient quitté Maaret al-Noomane pour Saraqeb « fuient de nouveau plus au nord, anticipant une intensification des combats dans cette zone ».

En outre, des dizaines de familles auraient fui vers des zones tenues par le gouvernement syrien à Alep en raison de l’intensification des hostilités. Cette nouvelle vague de déplacement vient s’ajouter à la situation d’urgence actuelle dans le nord-ouest de la Syrie qui a déjà entraîné le déplacement d’environ 400.000 personnes entre la fin avril et la fin août de cette année.

Sur le terrain, ces déplacements qui ont lieu pendant l’hiver, « exacerbent encore la vulnérabilité des personnes touchées ». Selon les agences humanitaires de l’ONU, nombre de ces déplacés internes ont un besoin urgent d’aide, notamment d’abris, de nourriture, de soins sanitaires, d’aide non alimentaire et hivernale.

Toutes les parties ont l’obligation de protéger les civils – La seule solution crédible est un processus politique facilité par l’ONU conformément à la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité 


 

 

Syrie : l’ONU appelle à la fin des hostilités et à protéger les civils dans le nord-ouest du pays

Photo: UNICEF/Khouder Al-Issa
Une femme et ses enfants attendent devant un centre médical dans le village d’Al-Radwanieh, dans la zone rurale d’Alep, en Syrie.
24 décembre 2019

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit profondément préoccupé par l’escalade militaire dans le nord-ouest de la Syrie et a appelé à la cessation immédiate des hostilités.

« Le Secrétaire général est alarmé par l’ampleur de l’opération militaire », a indiqué son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration de presse rendue publique dans la nuit de lundi à mardi.

De vendredi et à dimanche, environ 39 communautés auraient été touchées par des bombardements dans les gouvernorats du nord de Hama, du sud d’Idlib et de l’ouest d’Alep, tandis que 47 communautés auraient été touchées par des frappes aériennes. « L’ONU demeure profondément préoccupée par la sécurité et la protection de plus de trois millions de civils à Idlib », avait déclaré lundi Stéphane Dujarric lors d’un point de presse au siège de l’ONU, à New York. Plus de la moitié de ces personnes ont été déplacées, à la suite des frappes aériennes dans la région.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), ces déplacements qui ont lieu pendant les mois d’hiver exacerbentdavantage la vulnérabilité des personnes dans le besoin. « Nombre de ceux qui ont fui ont un besoin urgent d’aide humanitaire, en particulier d’abris, de nourriture, de soins de santé, d’aide non alimentaire et d’aide à l’hivernage », a précisé OCHA dans son dernier bulletin humanitaire daté du lundi 23 décembre.

Au moins 80.000 civils déplacés par les combats, dont 30.000 la seule semaine dernière

En raison de l’intensification des bombardements, des dizaines de milliers de civils ont fui depuis le début de la semaine cette région de la province d’Idlib. Selon M. Dujarric, la récente escalade militaire en Syrie a fait des dizaines de victimes civiles et entraîné le déplacement d’au moins 80.000 civils, dont 30.000 rien qu’au cours de la seule semaine dernière.

Selon OCHA, des dizaines de milliers de civils ont fui la région de Ma’arrat An-Nu’man, dans le sud du gouvernorat d’Idlib, depuis le 16 décembre. Ces derniers se déplacent « plus au nord en raison de la reprise des hostilités ». Des milliers d’autres personnes dans le sud d’Idlib attendraient une pause dans les bombardements et de trouver des moyens de transport pour fuir, craignant que les la poursuite des hostilités n’affectent ensuite leurs communautés.

Les nouvelles populations déplacées viennent s’ajouter aux plus de 400.000 femmes, enfants et hommes déjà déplacés à la suite des hostilités depuis fin avril, beaucoup ayant été déplacés à plusieurs reprises.  La région d’Idlib abrite quelque trois millions de personnes, dont plus de la moitié sont des déplacés qui ont fui les combats ailleurs en Syrie, où la guerre déclenchée en 2011 a déjà fait des millions de déplacés.

OCHA souligne que la situation sécuritaire toujours volatile le long des voies d’accès au nord et la pénurie de carburant dans la zone d’Idlib limitent les déplacements des civils qui fuient les hostilités. La plupart des personnes récemment déplacées se dirigent vers les centres urbains tels que la ville d’Idlib, Saraqab et Ariha et vers les camps de déplacés dans le nord-ouest d’Idlib. Un nombre plus restreint de civils se dirigerait vers des zones du nord du gouvernorat d’Alep.

Toutes les parties ont l’obligation de protéger les civils

António Guterres s’est également dit alarmé par les informations faisant état d’attaques contre les voies d’évacuation alors que les civils tentent de fuir vers le nord en quête de sécurité. « Le Secrétaire général rappelle à toutes les parties leurs obligations de protéger les civils et de garantir la liberté de mouvement », a dit son porte-parole.

« Un accès humanitaire durable, sans entrave et sûr aux civils, y compris par le biais de la modalité transfrontalière, doit être garanti afin de permettre à l’ONU et à ses partenaires humanitaires de continuer à mener à bien leur travail critique dans le nord de la Syrie.

Face à cette recrudescence des violences, l’ONU exhorte toutes les parties à garantir la protection des civils et à permettre aux organisations humanitaires d’accéder de manière sûre, durable et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin.

Samedi, l’ONU a négocié une pause humanitaire de six heures qui a permis à plus de 2.500 personnes de fuir Idlib en toute sûreté. « Nous poursuivons nos efforts avec toutes les parties concernées pour plaider en faveur de la protection et du passage en toute sécurité de tous ceux qui souhaitent quitter les zones touchées ».

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) rappelle que les enfants sont les premiers à souffrir de l’escalade militaire dans le nord-ouest de la Syrie.

« Plus de 500 enfants ont été blessés ou tués au cours des neuf premiers mois de 2019, et au moins 65 enfants ont été tués ou blessés au cours du seul mois de décembre », a déploré l’UNICEF dans un communiqué publié la veille de Noel.

Neuf ans après le début de la guerre, les enfants en Syrie continuent de subir une « violence, des traumatismes et une détresse indescriptibles », souligne l’agence onusienne pour qui les enfants doivent toujours être protégés, y compris en temps de conflit. « C’est une obligation pour toutes les parties au conflit – pas un choix », martele l’UNICEF qui appelle également à fin des hostilités.

Antonio Guterres a réitéré qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit syrien. « La seule solution crédible est un processus politique facilité par l’ONU conformément à la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité », a rappelé son porte-parole.

ONU: Ecouter la colère qui s’exprime dans de nombreux pays du monde


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Iran : l’ONU s’inquiète des tirs à balles réelles contre des manifestants

19 novembre 2019

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est dit « profondément inquiet » de la répression des manifestations en Iran depuis vendredi.

« Nous sommes profondément préoccupés par les violations signalées en Iran, y compris des tirs à balles réelles contre les manifestants lors des manifestations qui ont commencé vendredi et se sont poursuivies cette semaine », a déclaré mardi, à Genève, Rupert Colville, le porte-parole du HCDH.

Les services de la Haut-Commissaire, Michelle Bachelet notent que ces tirs à balles réelles contre les manifestants auraient « causé un nombre important de décès dans tout le pays ». « Si les autorités, y compris l’ayatollah Khamenei, ont reconnu qu’il y a eu quelques morts, il est extrêmement difficile de vérifier le nombre de décès », a ajouté M. Colville. Des informations rapportées notamment par des médias iraniens et un certain nombre d’autres sources, laissent penser que le nombre total de morts pourrait se compter en dizaines, a dit le porte-parole du Haut-Commissariat.

M. Colville a également fait état d’un bilan « clairement élevé » concernant les blessés. En outre, plus d’un millier de manifestants ont été arrêtés dans au moins huit provinces du pays.

L’ONU demande à Téhéran de rétablir Internet

Selon les informations rapportées par les médias, l’Iran est touché depuis vendredi soir par une vague de mécontentement provoqué par l’annonce d’une réforme du mode de subvention de l’essence. Selon les services de la Haut-Commissaire Bachelet, au moins 40 villes iraniennes ont été touchées par des manifestations ou des émeutes. « Mais une fois de plus, les détails ont été difficiles à vérifier en raison de la coupure d’Internet depuis samedi dernier », a précisé M. Colville.

Plus largement, l’ONU estime que les protestations ne justifient pas à elles seules le recours à des armes létales qui ne devraient être utilisées qu’en cas de menace directe pour les membres des forces de sécurité. Il s’agit notamment de donner des instructions claires aux forces de sécurité pour qu’elles se conforment aux normes et règles internationales relatives à l’usage de la force, notamment en veillant à ce que les armes à feu ne soient utilisées qu’en cas de menace imminente pour la vie ou de blessure grave et uniquement lorsque des mesures moins extrêmes sont insuffisantes pour répondre à une telle menace.

Le HCDH appelle également les manifestants à manifester pacifiquement, sans recourir à la violence physique ou à la destruction de biens. Il demande aux autorités de garantir les libertés fondamentales, notamment en rétablissant l’accès à Internet et en autorisant les manifestations.

Tout en notant les graves difficultés économiques que connaît le pays, y compris dans le contexte des sanctions imposées par les États-Unis, le Haut-Commissariat exhorte le gouvernement iranien à engager un dialogue le plus large possible avec un certain nombre d’acteurs dans le pays.

Ecouter la colère qui s’exprime dans de nombreux pays du monde

Comme tant d’autres manifestations populaires dans le monde l’ont trop clairement illustré ces dernières semaines et ces derniers mois, le simple fait de réagir avec des mots durs et une main de fer risque non seulement de violer les normes et règles internationales mais aussi d’aggraver gravement la situation au détriment de tous, y compris du gouvernement, a prévenu le HCDH. Une façon pour le Bureau de l’ONU aux droits de l’homme d’insister sur le fait que des protestations de cette nature et de cette ampleur « sont le signe de griefs profondément enracinés et souvent fondés, qui ne peuvent être simplement écartés ».

Le 25 octobre dernier, l’ONU avait exprimé son inquiétude concernant les situations de troubles dans de nombreux pays, notant que, même si chaque situation est unique, les manifestations ont pour point commun la colère des populations au sujet des inégalités et leur méfiance à l’égard des dirigeants politiques. Le HCDH s’était notamment inquiété des manifestations en Bolivie, au Chili, à Hong Kong, en Équateur, en Égypte, en Guinée, en Haïti, en Iraq et au Liban.

« Et bien sûr, nous avons également assisté à d’importantes manifestations plus tôt dans l’année en Algérie, au Honduras, au Nicaragua, au Malawi, en Russie, au Soudan et au Zimbabwe, ainsi que dans certains pays de l’Union Européenne, notamment en France, en Espagne et au Royaume-Uni », avait alors déclaré lors d’un point de presse à Genève, une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, tout en insistant sur le fait que « cette liste est loin d’être exhaustive ».

Si les services de la Haut-Commissaire Michelle Bachelet ont évité d’émettre des conclusions hâtives, ils insistent néanmoins sur l’un des points communs de ces nombreuses manifestations dans le monde. « Des populations en ont assez et sont en colère, surtout à cause des conditions socio-économiques, de la corruption, des inégalités et de l’écart grandissant entre les riches et les pauvres », avait fait remarquer la porte-parole du HCDH.

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