L’aide humanitaire de l’ONU pour la Syrie contrainte d’arriver par un seul point de passage


L’aide humanitaire de l’ONU pour la Syrie contrainte d’arriver par un seul point de passage

Sur pression de la Russie, et après plusieurs jours de tractations, le Conseil de sécurité des Nations unies a réduit encore l’accès des convois d’aide extérieure vers le territoire syrien.

Par Publié aujourd’hui à 18h52, mis à jour à 19h38

12 juillet 2020 – Le Monde

 

 

Le point de passage de Bab Al-Hawa, en juillet 2019.

A l’ONU, la Russie a remporté une victoire pour son allié Bachar Al-Assad samedi 11 juillet, à l’issue d’une semaine de négociations, forçant le Conseil de sécurité à limiter les livraisons d’aide humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie, tenu par les rebelles. Pourtant, plusieurs diplomates des Nations unies, différentes ONG, et la grande majorité du Conseil lui-même, avaient répété que les deux points de passage à ce jour situés sur la frontière turco-syrienne étaient essentiels pour apporter le soutien dont ont besoin les 4,3 millions de réfugiés – et ce, alors qu’un premier cas de Covid-19 aurait été dépisté dans la région.

Mais pour la deuxième fois de l’année, Moscou n’a absolument pas transigé, et continue à expliquer que l’aide humanitaire doit transiter par Damas, pour « respecter sa souveraineté ». En janvier déjà, sous pression russe, le Conseil avait été contraint de revoir le dispositif onusien à la baisse, passant de quatre points de passage, avec la Turquie, à deux.

Des mères donnent de l’herbe à leurs enfants

Le Conseil a été briefé sur l’état catastrophique de la situation. « Les mères expliquent qu’elles ne trouvent ni nourriture ni médicaments dans les marchés, et qu’elles dépendent entièrement des paquets de nourritures distribués à la frontière, a exposé le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires humanitaires (OCHA), Mark Lowcock, lundi 29 juin, lors d’un compte rendu régulier. Certaines cuisinent de l’herbe pour agrémenter les portions de nourriture. Tel est le niveau de désespoir. » Mark Lowcock avait alors émis le souhait que le mécanisme onusien conserve les deux points de passage à la frontière turque, et qu’on réactive également le point de Yaroubiya à la frontière syro-irakienne, pour pouvoir faire face à une éventuelle progression de la pandémie.

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Cette semaine, une majorité écrasante du Conseil (13 membres sur 15) a voté deux fois le maintien de ce système de points de passage transfrontaliers, mais la Russie, ainsi que la Chine, ont opposé leur veto à deux textes successifs – les 15e et 16e vetos russes depuis le début du conflit syrien, en 2011. Les points de Bab Al-Hawa (à proximité d’Idlib) et de Bab Al-Salamah (près d’Alep) ont justement dû être fermés quelques heures samedi 11 juillet, faute d’avoir été de nouveau autorisés à temps par les diplomates : les treize membres du Conseil en faveur d’un dispositif maximal ont osé risquer la fermeture du dispositif quelques heures, le temps de tenter une ultime négociation. Le dernier texte, voté par 12 membres du Conseil, réinstalle Bab Al-Hawa, reconduit pour un an.

« Nous restons engagés auprès des victimes »

Ironiquement, cette bataille autour de la résolution 2504 intervient onze jours à peine après le vote du texte établissant une trêve humanitaire mondiale de quatre-vingt-dix jours en raison de la pandémie de Covid-19. « Nous avons finalement proposé un compromis pour préserver le mécanisme transfrontalier onusien, a expliqué le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, souvent en contact direct avec Moscou lors de ces négociations. Mais nous sommes convaincus que plus de points sont nécessaires. Nous restons engagés auprès des victimes de la guerre en Syrie. » Le secrétaire général, Antonio Guterres, a rappelé qu’il fallait assurer un accès à l’aide, selon le droit international humanitaire. « L’ONU et les Etats membres doivent explorer de nouveaux acheminements pour assurer que le plus d’aide possible atteignent ceux qui en ont besoin, au nord-est et au nord-ouest du pays », a déclaré, à l’issue du vote, Louis Charbonneau, directeur de Human Rights Watch (HRW) pour l’ONU.

Des Syriens manifestent contre la politique russe visant à faire fermer les points de passage permettant d’acheminer l’aide humanitaire, le 10 juillet à Idlib.

« Les négociateurs auraient pu offrir d’autres garanties aux Russes pour tenter un compromis, peut-être via une médiation turque », avance un observateur. Difficile de savoir si l’Allemagne et la Belgique auraient pu contourner la volonté de la Russie et de son veto.

La volonté de ménager la Russie

D’autant que les corédacteurs du texte ont essayé au contraire de la ménager : alors qu’ils avaient le projet de demander la réouverture du troisième point de Yaroubiya, ils ont préféré uniquement demander le simple renouvellement des deux points encore en activité la semaine dernière, pour que la Russie ne se sente pas « provoquée ». « L’Allemagne et la Belgique ont essayé de montrer du doigt la Russie le moins directement possible, analyse Richard Gowan, directeur ONU d’International Crisis Group. En janvier, elles l’avaient attaquée frontalement, et avaient dû capituler. » Les corédacteurs du texte ont dû se défendre sur un autre front également : diplomates russes et chinois ont tenté à plusieurs reprises de faire inscrire dans le texte que les sanctions américaines et européennes empêchaient un bon accès à l’aide humanitaire. Le Conseil ne les a pas laissés faire.

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Depuis janvier, 8 486 camions ont traversé la frontière turque pour apporter de l’aide à 4,3 millions de personnes dans le nord-ouest, en grande majorité des personnes déplacées. A en croire un responsable d’ONG souhaitant rester anonyme, et qui travaille régulièrement avec le régime de Bachar Al-Assad, « pour l’instant, le transit exclusif par Damas ne fonctionne pas du tout. » « Certains chuchotent qu’un gentleman agreement” [accord informel] a été passé au cas où l’épidémie de Covid-19 s’étendrait en Syrie – ce qui n’est pour l’instant pas le cas, confie l’observateur. Ils pensent pouvoir alors redemander l’ouverture de Bab Al-Salamah en urgence. »

Le Conseil de sécurité échoue à proroger le mécanisme d’acheminement de l’aide transfrontalière vers la Syrie


Photo OCHA
Des enfants dans un camp dans le nord de la Syrie.
9 juillet 2020
Aide humanitaire

Deux projets de résolution concurrents présentés au Conseil de sécurité pour proroger, à deux jours de son expiration, le mécanisme d’acheminement de l’aide humanitaire transfrontalière vers la Syrie ont été rejetés mercredi.

Des millions de Syriens dépendent de l’aide acheminée par camions depuis la Turquie, l’Iraq et la Jordanie.

Dans un premier temps, la Chine et la Russie ont opposé leur veto à un projet de texte présenté par l’Allemagne et la Belgique qui visait à proroger le mécanisme pour une nouvelle période de 12 mois, jusqu’au 10 juillet 2021.

Appuyé par les 13 autres membres du Conseil, ce texte, qui aurait maintenu la fermeture des points de passage de Ramta (à la frontière entre la Jordanie et la Syrie) et de Yaroubiyé (à la frontière entre l’Iraq et la Syrie), aurait autorisé les agences humanitaires des Nations Unies et leurs partenaires à continuer d’utiliser les routes franchissant les lignes de conflit ainsi que les postes frontière de Bab el-Salam et de Bab al-Haoua (à la frontière entre la Turquie et la Syrie).

Un texte concurrent, présenté par la Russie, a été rejeté par 7 voix contre, 4 voix pour et 4 abstentions.

Selon ce projet de résolution, le mécanisme, créé par la résolution 2165 (2014), aurait été reconduit pour une période de six mois, jusqu’au 10 janvier 2021, fermant le poste frontière de Bab el-Salam, en plus des points de passage de Ramta et de Yaroubiyé.

Le texte aurait également prié le Secrétaire général de présenter un rapport sur les effets directs et indirects qu’ont les mesures coercitives unilatérales imposées sur la situation socioéconomique en Syrie et l’acheminement de l’aide humanitaire depuis l’extérieur.

Du fait de l’impossibilité de se réunir au siège de l’ONU à New York à cause de la pandémie de Covid-19, le Conseil procède au vote par correspondance électronique. Les votes sont envoyés au Directeur de la Division des affaires du Conseil de sécurité, qui les transmet au Président du Conseil de sécurité lequel convoque ensuite les membres du Conseil par visioconférence, pour annoncer le résultat.

Une « tempête » en gestation en Syrie déchirée par la guerre et confrontée au coronavirus


© UNICEF/Omar Albam
Une jeune fille dans une tente d’un camp de Syriens déplacés dans le nord d’Idlib, en Syrie.
7 juillet 2020

Une « tempête » se prépare maintenant que la région syrienne d’Idlib déchirée par la guerre est confrontée à la pandémie mondiale de Covid-19, a alerté mardi la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie qui dénonce aussi les violations des droits de l’homme et les crimes de guerre commis dans cette région.

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« Il est tout à fait odieux qu’après plus de 9 ans, des civils continuent d’être attaqués sans discernement, voire pris pour cible, alors qu’ils vaquent à leurs occupations quotidiennes », a déclaré mardi le Président de la Commission, Paulo Pinheiro.

Sur le terrain, près d’un million de civils déplacés sont maintenant confrontés « à un avenir incertain ». Comme si les souffrances qu’ils ont endurées n’étaient pas suffisantes, l’émergence de la pandémie du nouveau coronavirus a amplifié la situation humanitaire déjà désastreuse en Syrie, notamment à Idlib et dans l’ouest d’Alep.

En écho à l’appel du Secrétaire général pour un cessez-le-feu durable et à la lumière de la pandémie de Covid-19, la Commission d’enquête recommande à toutes les parties d’assurer la protection des personnes déplacées qui souhaitent retourner dans leurs foyers. Il s’agit surtout d’empêcher « le pillage ou la destruction des biens civils, en protégeant la jouissance sur une base non discriminatoire des droits socio-économiques et culturels fondamentaux tels que la santé et l’éducation.

En pleine pandémie de Covid-19, les enquêteurs indépendants invitent les différentes parties à garantir le respect des droits civils et politiques, y compris la protection contre la détention arbitraire. « Aujourd’hui plus que jamais, les civils ont besoin d’un accès soutenu et sans entrave à l’aide humanitaire, qui ne doit être ni politisée par les États membres ni instrumentalisée par les parties au conflit », a affirmé l’un des membres de la Commission, Hanny Megally. « Les pandémies ne connaissent pas de frontières, pas plus que l’aide qui sauve des vies ».

A la date du 6 juillet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé près de 358 cas confirmés de Covid-19 dont13 décès.

En plus de l’impact du nouveau coronavirus, ce nouveau rapport de 29 pages publié mardi a couvert la période de novembre 2019 à juin 2020 dans la région d’Idlib. Une période au cours de laquelle la Commission d’enquête a fait état de 52 attaques emblématiques de toutes les parties qui ont fait des victimes civiles ou causé des dommages aux infrastructures civiles.

Des raids aériens du gouvernement ont visé les enfants à l’école, des marchés et des hôpitaux

Parmi ces attaques, 17 ont touché des hôpitaux et des installations médicales, 14 des écoles, 9 des marchés et 12 des maisons. « Des enfants ont été bombardés à l’école, des parents au marché, des patients à l’hôpital…, et des familles entières ont été bombardées même pendant leur fuite », a fustigé M. Pinheiro. « Ce qui ressort clairement de la campagne militaire, c’est que les forces pro-gouvernementales et les terroristes désignés par l’ONU ont violé de manière flagrante les lois de la guerre et les droits des civils syriens », a-t-il poursuivi.

Le bombardement généralisé et aveugle effectué par les forces pro-gouvernementales sur Ma’arrat al-Nu’man et Ariha (gouvernorat d’Idlib) ainsi que sur Atarib et Darat Azza (ouest d’Alep) à partir de la deuxième quinzaine de décembre et de la mi-février, a vraisemblablement entraîné des déplacements massifs, les civils n’ayant d’autre choix que de fuir. Les enquêteurs onusiens estiment que cela peut constituer « un crime contre l’humanité sous forme de transfert forcé, de meurtre et d’autres actes inhumains ».

« Les enfants, les femmes et les hommes syriens ont enduré des souffrances insondables pendant la campagne militaire lancée fin 2019 par les forces pro-gouvernementales pour reprendre les dernières zones encore sous le contrôle des groupes armés en Syrie », ont-ils fait valoir. Une façon de rappeler ces « dangers mortels » qui attendaient les civils à chaque tournant de leur vie : des bombardements aériens et terrestres aveugles, aux arrestations et tortures, aux pillages et aux conditions de déplacement désastreuses à la frontière.

Les crimes de guerre de Hayat Tahrir al-Sham

Lors de cette campagne militaire pour reprendre Idlib et certaines parties de l’ouest d’Alep, les forces du gouvernement syrien, aux côtés des forces aériennes russes, ont ainsi mené des attaques aériennes et terrestres qui ont « décimé les infrastructures civiles, dépeuplé les villes et les villages et coûté la vie à des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants syriens ».

« De nombreux hôpitaux, écoles, marchés et maisons ont été détruits par des attaques aériennes et terrestres, ces dernières incluant l’utilisation de bombes à sous-munitions, dans des actes équivalant à des crimes de guerre consistant à lancer des attaques sans discrimination, et des attaques délibérées contre des objets protégés », a dénoncé la Commission d’enquête.

Lorsque les civils ont fui, les groupes terroristes de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) ont pillé leurs maisons. Au fil des combats, les groupes djihadistes ont détenu, torturé et exécuté des civils exprimant des opinions dissidentes, y compris des journalistes.

De plus, HTS a bombardé sans discernement des zones civiles densément peuplées, semant la terreur parmi les civils vivant dans les zones gouvernementales. « Les actes commis par les membres de HTS constituent des crimes de guerre », a déclaré Karen Koning AbuZayd, membre de la Commission.

En conclusion, les enquêteurs indépendants onusiens ont exhorté la communauté internationale à s’inscrire dans une politique de reddition des comptes pour ces crimes décrits dans ce rapport, qui sera présenté les 14 et 15 juillet à Genève lors d’un dialogue interactif de la 44e session du Conseil des droits de l’homme.

Amnesty international: sur fond de crimes de guerre commis par la Russie et la Syrie


Amnesty international

AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
AILRC-FR

Sous embargo strict jusqu’au 11 mai 2020 à 00h01 TU

Syrie. L’ONU ne doit pas supprimer le lien vital que constitue l’aide
acheminée vers le nord-ouest,

sur fond de crimes de guerre commis par la Russie et la Syrie

* Des investigations détaillées sur 18 attaques aériennes et terrestres contre des écoles et des hôpitaux

* La Russie et la Syrie frappent délibérément des hôpitaux inscrits sur la liste des sites protégés établie par l’ONU

* Des éléments de preuve solides pointent l’implication directe de la Russie dans des frappes aériennes illégales

Le Conseil de sécurité de l’ONU ne doit pas supprimer le lien vital que constitue l’aide acheminée pour les civils, dans le contexte des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans le nord-ouest de la Syrie, a déclaré Amnesty International le 11 mai 2020, alors qu’une résolution autorisant l’acheminement transfrontalier de l’aide humanitaire jusqu’à Idlib doit expirer dans les semaines à venir.

Dans son nouveau rapport intitulé « Nous ne sommes en sécurité nulle part ». Attaques illégales et déplacements massifs de population dans le nord-ouest de la Syrie, Amnesty International examine 18 attaques, survenues pour la plupart en janvier et février 2020, au cours desquelles les forces gouvernementales syriennes et/ou russes ont pris pour cibles des centres médicaux et des écoles dans les gouvernorats d’Idlib, d’Alep-Ouest et dans le nord-ouest de Hama.

Ainsi, avant le cessez-le-feu du 5 mars, à Idlib, près d’un million de personnes ont été contraintes de fuir, la plupart ayant déjà été déplacées plusieurs fois. Elles vivent dans des conditions très difficiles depuis plusieurs mois.

« Même à l’aune de la situation catastrophique que connaît la Syrie depuis neuf ans, la crise des personnes déplacées et l’urgence humanitaire provoquées par la dernière offensive contre Idlib sont sans précédent. Le Conseil de sécurité de l’ONU ne doit pas supprimer le lien vital que représente l’acheminement transfrontalier de l’aide humanitaire, car des milliers de vies sont en jeu, a déclaré Heba Morayef, directrice de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à Amnesty International.

« La dernière offensive se caractérise par la mise en œuvre d’attaques généralisées et systématiques visant à terroriser la population civile. Parallèlement, la Russie continue d’apporter un soutien militaire précieux, notamment en procédant directement à des frappes aériennes illégales, en dépit des éléments attestant que cela facilite les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par l’armée syrienne. »

De nombreux éléments de preuve corroborent les récits des témoins

Amnesty International a interviewé 74 personnes pour les besoins de ce rapport, dont des personnes déplacées à l’intérieur du pays, des enseignant es, des médecins et des
travailleurs·euses humanitaires. Leurs récits ont été corroborés par des vidéos et des photos, ainsi que par des analyses d’experts d’images satellite, de rapports d’observateurs de vols sur le terrain et de communications de vol des armées de l’air russes et syriennes qui ont été interceptées. Ces enregistrements audio de transmissions depuis les cockpits d’avions militaires apportent des preuves solides de l’implication militaire russe dans au moins une attaque illégale qui a mis un hôpital hors service.

Des attaques ciblant les hôpitaux

Selon le département de la Santé d’Idlib, les raids syriens ou russes ont endommagé ou détruit 10 centres médicaux à Idlib et Alep entre décembre 2019 et février 2020, tuant neuf membres du personnel, soignant et autre. Des dizaines d’autres structures médicales ont dû fermer complètement.

Amnesty International a recensé des attaques qui ont conduit à la fermeture de cinq hôpitaux dans des zones contrôlées par des groupes armés de l’opposition.
Selon un médecin qui a survécu à l’une de ces attaques – trois frappes aériennes russes ont eu lieu à proximité de l’hôpital al Shami, à Ariha, le 29 janvier 2020 – les frappes ont anéanti au moins deux bâtiments d’habitation proches de l’hôpital, tuant 11 civils, dont l’un de ses collègues, et blessant plus de 30 personnes.

« Je me sentais totalement impuissant. Mon ami et collègue en train de mourir, des femmes et des enfants hurlant dehors, a-t-il expliqué, avant d’ajouter : « Il a fallu deux jours à la défense civile pour extirper les corps [des décombres] ».
Sur la base des déclarations concordantes des témoins et d’autres informations crédibles,
émanant notamment des observateurs de vols, Amnesty International a conclu que cette
attaque illégale était imputable aux forces russes.

Des attaques contre des écoles

Selon le réseau Hurras (réseau syrien de protection de l’enfance), une ONG syrienne, 28 écoles ont été frappées par des attaques aériennes et terrestres en janvier et février 2020.

Dix écoles ont été ciblées en une seule journée, le 25 février, tuant neuf civils.

Amnesty International a enquêté sur les attaques ayant frappé six écoles au cours de cette période ; les forces syriennes ont notamment utilisé des barils d’explosifs largués depuis les airs et des bombes à sous-munitions tirées depuis le sol contre deux écoles, le 28 janvier et le 25 février respectivement.

Un enseignant a déclaré à Amnesty International :

« Une mini bombe [bombe à sous-munitions] a explosé tout près de mes pieds, emportant la chair… La douleur était insupportable. J’ai ressenti de la chaleur, comme si mes pieds brûlaient.

Deux étudiants marchaient devant moi. Le premier est mort sur le coup, le second a survécu, miraculeusement. Je suis sûr que c’était une arme à sous-munitions, parce que j’ai entendu plusieurs explosions. Je connais très bien le son d’une attaque par armes à sous-munitions, on entend une série de petites explosions. Comme s’il pleuvait, non pas de l’eau, mais des éclats d’obus. »

Amnesty International a identifié ces fragments comme provenant d’un missile de surface 9M27K, de 220 mm, fabriqué en Russie et transféré à l’armée syrienne. Il contient des sous- munitions 9N210 ou 9N235, interdites par le droit international.

Des civils pris délibérément pour cibles

Les éléments rassemblés dans le rapport illustrent le fait que les forces syriennes et russes continuent de prendre délibérément pour cibles des civils et des biens à caractère civil. Il s’agit de graves violations du droit international humanitaire, qui exige des parties au conflit qu’elles établissent une distinction entre objectifs et combattants militaires, et civils et biens de caractère civil, et dirigent leurs attaques contre les premiers uniquement. Il s’agit également de crimes de guerre et ceux qui ordonnent ou commettent de tels actes engagent leur responsabilité pénale.

Outre l’immunité contre les attaques que leur confère le statut de civil ou de bien à caractère civil, les hôpitaux et les autres centres médicaux, les professionnel·les de santé et les enfants font également l’objet de protections spéciales durant un conflit armé.
La plupart des structures médicales prises pour cibles figuraient sur la liste de « désescalade » de l’ONU, déjà partagée avec les forces russes, turques et la coalition dirigée par les États-Unis en Syrie, afin de désigner clairement les sites qui ne doivent pas être attaqués.

Déplacements massifs de population et conditions de vie très difficiles
La dernière offensive contre Idlib a contraint près d’un million de personnes – dont plus de 80 % sont des femmes et des enfants – à fuir vers des zones proches de la frontière turque entre décembre 2019 et mars 2020.

Une mère de trois enfants, dont la famille a été déplacée à deux reprises au cours des huit derniers mois, a déclaré : « Ma fille, qui est en CP, a toujours peur… Elle m’a demandé [après que nous avons été déplacés] : « Pourquoi Dieu ne nous tue-t-il pas ? Nous ne sommes en
sécurité nulle part. »

Acculés dans un espace qui ne cesse de se rétrécir, ces civils sont toujours soumis à des
conditions de vie intolérables, sur fond de réponse humanitaire très insuffisante. Une aide immédiate et soutenue est plus que jamais nécessaire.

L’acheminement d’aide vitale est menacé

En juillet 2014, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité une résolution autorisant l’acheminement transfrontalier d’aide humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie et d’autres régions du pays qui se trouvent aux mains des groupes armés d’opposition, sans solliciter l’autorisation du gouvernement syrien. Cette résolution a été prolongée à plusieurs reprises depuis, mais avec de grandes difficultés ces dernières années et un champ d’application réduit en janvier 2020. Elle doit expirer le 10 juillet.
La Syrie et ses alliés cherchent à mettre fin à cet arrangement et préfèreraient acheminer l’aide via Damas ; il serait alors très difficile pour l’ONU et ses partenaires humanitaires de livrer l’aide en temps voulu et durablement. Le gouvernement tente régulièrement de restreindre les opérations d’aide à coups d’obstacles bureaucratiques. Il inscrit sur liste noire et persécute les travailleurs·euses humanitaires associés aux zones tenues par l’opposition. En outre, des
groupes armés comme Hayat Tahrir al Sham empêchent les organisations humanitaires de faire leur travail de manière efficace.

« Des représentants de l’ONU parlent déjà d’Idlib comme d’une " histoire d’horreur humanitaire. Cela ne fera qu’empirer, sauf si le Conseil de sécurité s’affranchit des manœuvres politiques et maintient le lien précieux que représente l’acheminement transfrontalier de l’aide humanitaire », a déclaré Heba Morayef.

Document Public

Syrie : le chef de l’ONU remet au Conseil de sécurité le rapport d’enquête sur des bombardements d’hôpitaux


 

© UNICEF
Un hôpital pour femmes et enfants endommagé par des frappes aériennes à Idlib, en Syrie (photo d’archives).
6 avril 2020

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a remis lundi au Conseil de sécurité un résumé du rapport du Comité d’enquête interne sur plusieurs bombardements d’hôpitaux dans le nord-ouest de la Syrie depuis l’établissement d’une zone de désescalade à Idlib le 17 septembre 2018 par la Russie et la Turquie.

Cette enquête concerne des établissements de santé ayant des liens avec l’ONU et qui avaient communiqué leurs coordonnées géographiques pour ne pas être ciblés.

Le chef de l’ONU avait annoncé ce Comité d’enquête en septembre 2019. Il est dirigé par le général nigérian à la retraite, Chikadibia Obiakor, et compte deux autres membres, Janet Lim (Singapour) et Maria Santos Pais (Portugal). Deux experts les ont aidés, le général Fernando Ordonez (Pérou), et un ancien responsable de la Croix-Rouge internationale, Pierre Ryter (Suisse).

Dans une lettre adressée lundi au Président du Conseil de sécurité, M. Guterres note que le Comité d’enquête n’a pas été autorisé par le gouvernement syrien à se rendre en Syrie. Il précise que le rapport de 185 pages est un document interne et pas destiné à être rendu public, mais qu’il a décidé de rendre public un résumé de ce rapport produit par le Secrétariat des Nations Unies.

Le résumé inclut une description de six des sept incidents qui ont fait l’objet de l’enquête du Comité.

Dans quatre incidents, le Comité d’enquête conclut comme très probable que le gouvernement syrien et/ou ses alliés aient effectué la frappe aérienne. Concernant un autre incident, il estime qu’il est plausible que le gouvernement syrien soit responsable des dégâts. Dans un autre incident, le Comité d’enquête estime probable que la frappe a été menée par des groupes armés d’opposition ou par Hayat Tahrir al-Sham, un groupe djihadiste.

S’agissant du septième incident, il note que l’hôpital n’était pas sur la liste de désescalade des Nations Unies.

Le Secrétaire général étudie les recommandations

Le Secrétaire général a indiqué qu’il étudiait les recommandations du Comité d’enquête et qu’il prévoyait de nommer un conseiller indépendant pour apporter une aide en la matière.

Parmi ses recommandations, le Comité d’enquête estime qu’afin de renforcer la mise en œuvre du droit international humanitaire, « l’ONU devrait intensifier ses efforts de sensibilisation et de renforcement des capacités avec toutes les parties au conflit dans le nord-ouest de la Syrie, y compris les groupes d’opposition armés ».

Elle estime également que « sur la base de l’évaluation régulière des risques pour la sécurité du personnel, des mesures d’atténuation et du caractère crucial des programmes, l’ONU devrait saisir toute opportunité qui pourrait se présenter pour garantir l’accès ou la présence des Nations Unies dans le nord-ouest de la Syrie ».

La Commission d’enquête conseille aussi à l’ONU de publier des directives claires sur l’engagement des Nations Unies avec les acteurs non étatiques dans le nord-ouest de la Syrie et suivre leur mise en œuvre.

Face au Covid-19, Michelle Bachelet demande à la Syrie et l’Egypte de réduire leur population carcérale


 

Photo ONU/Martine Perret
L’extérieur d’une prison.
3 avril 2020

Plus d’une semaine après son appel exhortant les gouvernements à réduire la surpopulation carcérale afin de prévenir la transmission du Covid-19, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, salue les mesures prises par plusieurs pays dont l’Iran qui a libéré des milliers de détenus.

 

« Mme Bachelet se dit encouragée de constater qu’un certain nombre de pays ont effectivement pris des mesures sur ce front », a déclaré Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat (HCDH), lors d’une conférence de presse virtuelle ce vendredi à Genève.

Les services de la Haut-Commissaire Bachelet notent que Téhéran a augmenté le nombre de prisonniers libérés, « au moins temporairement, pour atteindre environ 100.000, soit environ 40% du total de sa population carcérale ». Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Iran compte 3.160 décès sur 50.468 cas de contamination.

Par ailleurs, le HCDH souligne que l’Indonésie a également annoncé sa décision de libérer « quelque 30.000 prisonniers condamnés pour des délits mineurs, notamment la consommation de drogue ». « Et nous croyons savoir que la Turquie envisage également de libérer plusieurs détenus », a ajouté M. Colville.

D’autres pays ont également annoncé des libérations de prisonniers en nombre variable, notamment de groupes à risque spécifiques tels que les femmes enceintes, les personnes handicapées, les prisonniers âgés, les malades, les délinquants mineurs et à faible risque, les personnes en fin de peine ainsi que d’autres détenus pouvant être réintégrés en toute sécurité dans la société.

Le HCDH demande donc instamment aux États de libérer « toutes les personnes détenues sans base juridique suffisante, y compris les prisonniers politiques et les personnes détenues pour avoir exprimé leur opinion ».

Toutefois, ces mesures de libération temporaire ne doivent pas concerner « les personnes équitablement condamnées pour des crimes graves » et les prisonniers pouvant représenter un risque grave pour autrui.

Pour les autres détenus, la Haut-Commissaire Bachelet exhorte tous les pays à prendre dès que possible des mesures pour que la mise à distance physique nécessaire devienne possible pour prévenir la propagation du Covid-19.

Des centres de détention souvent surpeuplés et insalubres

S’agissant de la situation en Syrie, « l’un des pays où le risque d’infections massives dans les prisons est extrêmement élevé », la Haut-Commissaire regrette que Damas n’ait pas encore pris de mesures en ce sens.

S’ils prennent acte du récent décret d’amnistie législative publié par le 22 mars dernier et qui accorde une amnistie pour certains crimes et pour les déserteurs militaires, Mme Bachelet demande instamment au gouvernement syrien et aux groupes armés de prendre d’urgence des mesures.

« A l’instar d’autres pays, ils doivent libérer un nombre suffisant de détenus afin d’éviter que le Covid-19 n’entraîne de nouvelles pertes en vies humaines et de nouvelles misères après neuf années de mort implacable, de destruction du système de santé et de déplacements », a insisté Rupert Colville.

Nous demandons donc instamment au gouvernement égyptien de suivre l’exemple d’autres États dans le monde et de libérer les personnes condamnées pour des délits non violents et celles qui sont en détention préventive – Rupert Colville

De plus, la Haut-Commissaire plaide pour un assouplissement ou une suspension des sanctions internationales pendant la durée de cette pandémie. Il s’agit notamment des sanctions qui entravent actuellement la fourniture de médicaments et d’équipements médicaux à toute partie de la Syrie.

« Si elles ne sont pas modifiées, elles entraveront l’intervention rapide et efficace des services de santé nécessaires pour prévenir ou contenir la propagation du coronavirus et pourraient donc contribuer à des pertes de vies importantes », a prévenu le porte-parole du Haut-Commissariat.

Concernant l’Egypte, même si la situation n’est en aucun cas comparable à celle de la Syrie, le HCDH se préoccupe de la surpopulation carcérale et des risques de propagation rapide du coronavirus parmi les plus de 114.000 détenus du pays.

Les prisons et les centres de détention égyptiens sont souvent surpeuplés, insalubres et souffrent d’un manque de ressources. Les détenus se voient régulièrement refuser l’accès à des soins et des traitements médicaux adéquats.

« Nous demandons donc instamment au gouvernement égyptien de suivre l’exemple d’autres États dans le monde et de libérer les personnes condamnées pour des délits non violents et celles qui sont en détention préventive, qui représentent un peu moins d’un tiers des personnes incarcérées », a plaidé M. Colville.

La Syrie risque d’être incapable de contenir le Covid-19, prévient l’envoyé de l’ONU devant le Conseil de sécurité


© UNICEF/UNI310539/Romenzi
Une mère avec ses deux enfants dans la ville détruite d’Alep, en Syrie.
30 mars 2020

L’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Geir O. Pedersen, a prévenu lundi le Conseil de sécurité que ce pays risquait d’être incapable de contenir la pandémie de Covid-19 et avait besoin d’un cessez-le-feu durable sur l’ensemble de son territoire pour y arriver.

« Après une violence terrible, un calme précaire règne sur le terrain. Et maintenant, les Syriens font face à une nouvelle menace potentiellement dévastatrice que constitue le Covid-19 », a expliqué M. Pedersen lors d’un exposé par visioconférence avec les membres du Conseil.

Selon lui, « la Syrie court un risque élevé de ne pas pouvoir contenir la pandémie, étant donné les mouvements de population à grande échelle, les conditions dangereusement exiguës dans plusieurs camps de déplacés, camps de fortune et lieux de détention ».

L’envoyé de l’ONU a rappelé aux membres du Conseil que la gouvernance en Syrie est faible, voire absente dans certains domaines. Des années de conflit ont laissé le système de santé en mauvais état ou détruit. Les professionnels de la santé, le matériel médical et les fournitures font cruellement défaut.

« Je suis également très conscient du risque d’exposition et d’impact sur les femmes syriennes, qui sont à l’avant-garde des systèmes de santé et de soutien communautaire. Ce virus ne se soucie pas si vous vivez dans des zones contrôlées par le gouvernement ou non. Il ne fait pas de discrimination et cela met en danger tous les Syriens », a dit M. Pedersen.

Selon lui, une période de calme durable assurée par un cessez-le-feu à l’échelle nationale est nécessaire pour permettre une coopération à travers les lignes de front. Et ce cessez-le-feu, il le faut « maintenant », a-t-il dit.

Il a rappelé que le 5 mars, les Présidents turc Erdogan et russe Poutine ont convenu que toutes les opérations militaires le long des lignes de contact cesseraient dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Depuis lors, la violence a considérablement diminué, en particulier s’agissant des attaques aériennes et des opérations terrestres. Des incidents sporadiques continuent, impliquant toutes les parties.

Risque de reprise des hostilités

Mais, aussi bien dans le nord-est que dans le nord-ouest de la Syrie, « il existe un risque réel de reprise des hostilités », estime l’envoyé de l’ONU.

« Si cela se produisait, les dangers préexistants pour les civils seraient multipliés par la pandémie et le virus se propagerait comme une traînée de poudre, avec des effets dévastateurs pour le peuple syrien, aux plans humanitaire, sociétal et économique », a-t-il prévenu.

« Le virus pourrait rebondir au-delà des frontières internationales. Nous avons tous la responsabilité d’éviter ce scénario, en cimentant les arrangements existants dans le cadre d’un cessez-le-feu national complet », a-t-il ajouté.

Au-delà d’un cessez-le-feu à l’échelle nationale, l’envoyé de l’ONU a estimé qu’il fallait faire beaucoup plus pour lutter contre la pandémie.

Il a noté que le gouvernement syrien avait pris des mesures de plus en plus importantes pour lutter contre le Covid-19. De grandes parties du pays sont désormais soumises à différents degrés de couvre-feu, les espaces publics sont fermés et les systèmes de santé se préparent dans la mesure du possible.

La coalition de l’opposition syrienne et d’autres autorités de facto dans des zones échappant au contrôle du gouvernement ont également pris des mesures. La société civile syrienne, y compris des organisations dirigées par des femmes, se mobilise également contre cette menace.

« Je prends note de ces efforts et exhorte le gouvernement syrien et toutes les autorités de facto à être transparents dans leurs rapports sur la manière dont le Covid-19 affecte tous les Syriens », a dit M. Pedersen.

Une action urgente s’impose pour éviter que le COVID-19 ne cause « des ravages dans les lieux de détention » – باشيليت تدعو إلى اتّخاذ إجراءات عاجلة تمنع فيروس كوفيد-19 من “اجتياح أماكن الاحتجاز”


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باشيليت تدعو إلى اتّخاذ إجراءات عاجلة تمنع فيروس كوفيد-19 من “اجتياح أماكن الاحتجاز”

جنيف (في 25 آذار/ مارس 2020) – دعت مفوّضة الأمم المتّحدة السامية لحقوق الإنسان ميشيل باشيليت الحكومات إلى اتّخاذ إجراءات عاجلة، ضمن إطار الجهود الشاملة المبذولة لاحتواء تفشي فيروس كورونا المستجدّ، تهدف إلى حماية صحة وسلامة الأشخاص المحتجزين في السجون وفي المرافق المغلقة الأخرى.

وأعلنت قائلة: “بدأ فيروس كورونا يجتاح السجون والحبوس ومراكز احتجاز المهاجرين، ودور الرعاية السكنية ومستشفيات الطب النفسي، ويهدد بالانتشار بين سكان هذه المؤسّسات الأكثر عرضة للخطر.”

وأضافت قائلة: “في العديد من البلدان، تكون مرافق الاحتجاز مكتظّة، وبشكل خطير أحيانًا. وغالبًا ما يتم احتجاز الأشخاص في ظروف غير صحية، حيث الخدمات الصحية غير كافية أو غير متوفّرة حتّى. وبالتالي، يبقى التباعد الجسدي والعزل الذاتي في ظلّ هكذا ظروف مستحيلَين عمليًا”.

وأكّدت قائلة: “تواجه الحكومات مطالب هائلة لتأمين الموارد الضرورّية خلال هذه الأزمة، وعليها أن تتّخذ قرارات صعبة. لكنني أحثها على ألا تغفل أبدًا من يقف وراء القضبان، والمحاصرين في أماكن مثل مرافق الصحة العقلية المغلقة، ودور العجزة، ودور الأيتام، لأن عواقب إهمالهم قد تكون كارثية.”

وتابعت قائلة: “من الضروري أن تعالج الحكومات وضع المحتجزين عندما تخطّط للتصدّي للأزمة، فتحمي المعتقلين والموظفين والزوار والمجتمع الأوسع نطاقًا.”

وقالت: “مع تفشي المرض وارتفاع عدد الوفيات المبلغ عنها في السجون وغيرها من المؤسسات في عدد متزايد من البلدان، على السلطات أن تتحرّك فورًا لمنع المزيد من الخسائر في الأرواح في صفوف المحتجزين والموظفين”.

وحثت المفوضة السامية الحكومات والسلطات المعنيّة على المبادرة إلى العمل بسرعة لتخفف من عدد المحتجزين، مشيرة إلى أن العديد من البلدان قد اتّخذ في الواقع بعض الإجراءات الإيجابية. وعلى السلطات أن تدرس سبل الإفراج عن الأشخاص المعرضين بشكل خاص لخطر الإصابة بفيروس كورونا، ومن بينهم المعتقلون الأكبر سنًا والمرضى، بالإضافة إلى المجرمين الذين يمثّلون خطرًا ضئيلاً. كما عليها أن تواصل توفير متطلّبات الرعاية الصحية المحدّدة للسجينات، بمن فيهن الحوامل، والسجينات ذوات الإعاقة والمحتجزات من الأحداث.

وشدّدت باشيليت على أنه “يتعين على الحكومات حاليًا أكثر من أي وقت مضى، أن تفرج عن كل محتجز بدون أساس قانوني كافٍ، بما في ذلك السجناء السياسيون وغيرهم ممن احتُجز لمجرد تعبيره عن آراء ناقدة أو معارِضة.”

وعندما يتم إطلاق سراح المحتجزين، يجب فحصهم طبيًا واتّخاذ التدابير اللازمة لضمان تلقيهم عند الضرورة الرعاية والمتابعة المناسبة، بما في ذلك المراقبة الصحية.

والدول ملزمة، بموجب القانون الدولي لحقوق الإنسان، باتخاذ خطوات تمنع التهديدات المتوقعة للصحة العامة، وبضمان حصول جميع الذين يحتاجون إلى رعاية طبية ضروريّة على الرعاية.

وبالنسبة إلى المحتجزين، يقع على الدولة واجب خاص بحماية الصحة البدنية والعقلية للسجناء ورفاههم، بحسب ما تنصّ عليه قواعد الأمم المتحدة النموذجية الدنيا لمعاملة السجناء (المعروفة أيضًا بقواعد نيلسون مانديلا).

ويجب ألا تؤدي أبدًا التدابير المتّخذة للتصدي لأي أزمة صحية إلى تقويض الحقوق الأساسية للمحتجزين، بما في ذلك حقهم في الحصول على قدر كافٍ من الغذاء والماء. كما يجب احترام الضمانات الواقية من سوء المعاملة، بما في ذلك إمكانيّة الاتصال بمحام وطبيب.

وتابعت قائلة: “قد تُفرَض قيود على زيارة المؤسسات المغلقة للمساهمة في منع تفشي فيروس كورونا المستجد، ولكن يجب اعتماد مثل هذه الخطوات بطريقة شفافة ونشرها على المتضرّرين بكلّ وضوح. فمنع الاتصال فجأة مع العالم الخارجي قد يؤدي إلى تفاقم مواقف قد تكون أصلاً متوترة وصعبة وخطيرة.”

وأشارت المفوضة السامية إلى أمثلة عن التدابير البديلة المتّخذة في بعض البلدان، على غرار إجراء اتّصالات موسّعة عبر الفيديو، وزيادة عدد المكالمات الهاتفية مع أفراد الأسرة والسماح باستخدام البريد الإلكتروني.

وحذّرت باشيليت قائلة: “يطرح فيروس كورونا المستجدّ تحديًا كبيرًا يطال المجتمع بأسره، حيث تتّخذ الحكومات خطوات لفرض التباعد الجسدي. ومن الضروريّ دعم مثل هذه التدابير، لكنني قلقة للغاية من أنّ عددًا من البلدان يهدّد بفرض عقوبات بالسجن على من لا ينفّذ الإجراءات المفروضة، ما قد يؤدي إلى تفاقم الوضع الخطير في السجون من دون أن يخفّف فعلاً من انتشار المرض. ويجب أن يشكّل السجن الملاذ الأخير، لا سيّما خلال هذه الأزمة.”

من المقرر أن تُصدر هذا الأسبوع مفوضيّة الأمم المتّحدة السامية لحقوق الإنسان ومنظمة الصحة العالمية ورقة توجيهية مؤقتة بعنوان فيروس كورونا المستجد: التركيز على المحرومين من حريّتهم وتتضمن رسائل وإجراءات أساسيّة تستهدف وكالات الأمم المتحدة الأخرى والحكومات والسلطات المعنيّة والمؤسسات الوطنيّة المعنية بحقوق الإنسان والمجتمع المدني.

Une action urgente s’impose pour éviter que le COVID-19 ne cause « des ravages dans les lieux de détention » – Bachelet

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GENÈVE (25 mars 2020) – La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Michelle Bachelet a appelé les gouvernements à prendre des mesures d’urgence afin de protéger la santé et la sécurité des personnes en détention et dans d’autres centres fermés, dans le cadre des efforts globaux visant à contenir la pandémie de COVID-19.

« Le Covid-19 a commencé à frapper les prisons, les maisons d’arrêt et les centres de détention d’immigrants, ainsi que les centres de soins résidentiels et les hôpitaux psychiatriques, et risque de causer des ravages auprès des populations extrêmement vulnérables au sein de ces institutions », a déclaré Mme Bachelet.

« Dans de nombreux pays, les centres de détention sont surpeuplés, et représentent même un danger dans certains cas. Les gens sont souvent détenus dans de mauvaises conditions d’hygiène et les services de santé sont insuffisants, voire inexistants. L’éloignement physique et l’isolement sont pratiquement impossibles dans de telles conditions », a-t-elle ajouté.

« Les gouvernements font face à d’énormes demandes en matière de ressources durant cette crise et sont amenés à prendre des décisions difficiles. Néanmoins, je les exhorte à ne pas oublier les personnes incarcérées, ou celles qui sont confinées dans des centres tels que des établissements de santé mentale fermés, des maisons de retraite ou des orphelinats, car les négliger pourrait avoir des conséquences catastrophiques », a alerté la Haute-Commissaire.

« Il est vital que les gouvernements prennent en compte la situation des personnes détenues dans leur plan d’action de crise, de manière à protéger les détenus, le personnel, les visiteurs et bien entendu l’ensemble de la société », a-t-elle ajouté.

« Face à la flambée de la maladie et au nombre croissant de décès déjà signalés dans les prisons et d’autres centres dans de plus en plus de pays, les autorités devraient agir dès maintenant pour empêcher de nouvelles pertes humaines parmi les détenus et le personnel », a-t-elle indiqué.

La Haute-Commissaire a exhorté les gouvernements et les autorités compétentes à travailler rapidement pour réduire le nombre de personnes en détention, en faisant remarquer que plusieurs pays ont déjà entrepris des actions positives. Les autorités devraient examiner les moyens de libérer les personnes particulièrement vulnérables au COVID-19, parmi eux les détenus les plus âgés et ceux malades, ainsi que les délinquants présentant un risque faible. Elles devraient également continuer de répondre aux besoins de santé spécifiques aux femmes détenues, notamment celles enceintes, ainsi qu’à ceux des détenus handicapés et mineurs.

« Aujourd’hui plus que jamais, les gouvernements devraient libérer toute personne détenue sans fondement juridique suffisant, y compris les prisonniers politiques et les personnes détenues simplement pour avoir exprimé des opinions critiques ou dissidentes », a souligné Mme Bachelet.

Une fois libérées, ces personnes devraient être soumises à un examen médical et des mesures devraient être prises pour veiller à ce qu’elles reçoivent les soins et le suivi nécessaires, y compris un suivi médical.

« En vertu du droit international des droits de l’homme, les États doivent prendre les mesures nécessaires pour prévenir des menaces prévisibles pour la santé publique et doivent veiller à ce que toute personne nécessitant des soins médicaux essentiels puisse les recevoir », a-t-elle indiqué.

Concernant les personnes en détention, l’État a le devoir de protéger la santé physique et mentale ainsi que le bien-être des détenus, tel qu’énoncé dans l’Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus (également connu sous le nom de Règles Nelson Mandela).

Les mesures prises durant une crise sanitaire ne devraient pas porter atteinte aux droits fondamentaux des personnes détenues, y compris leurs droits à l’eau et à une alimentation adéquate. Les garanties contre les mauvais traitements sur des personnes en garde à vue, notamment l’accès à un avocat et à un médecin, devraient également être pleinement respectées.

« Les restrictions concernant les visites de centres fermés peuvent être nécessaires pour aider à prévenir les flambées de COVID-19, mais ces mesures doivent être introduites de manière transparente et être clairement communiquées aux personnes affectées. L’arrêt soudain de contacts avec le monde extérieur risque d’aggraver des situations déjà tendues, difficiles et potentiellement dangereuses », a-t-elle prévenu. Elle a pris comme exemples plusieurs mesures prises dans certains pays, comme l’utilisation plus répandue de systèmes de vidéoconférence, l’augmentation des appels téléphoniques avec les membres de la famille et l’autorisation des courriels.

« Le COVID-19 représente un énorme défi pour l’ensemble de la société, alors que les gouvernements prennent des mesures pour imposer l’éloignement physique. Il est primordial que de telles mesures soient suivies, mais je suis profondément préoccupée par le fait que certains pays menacent d’imposer des peines de prison pour ceux qui ne les respectent pas. Cela risque d’exacerber la situation déjà tendue dans les prisons et de n’avoir que des effets limités sur la propagation de la maladie », a averti Mme Bachelet.

« L’emprisonnement devrait être une mesure de dernier recours, surtout durant cette crise. »

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et l’Organisation mondiale de la Santé prévoient de publier cette semaine un document d’orientation provisoire intitulé COVID-19: Focus on persons deprived of their liberty , qui contiendra des informations et des mesures importantes pour les autres organismes des Nations Unies, les gouvernements, les autorités compétentes, les institutions nationales des droits de l’homme et la société civile

 

Le régime syrien et Coronavirus : tentatives infructueuses dans un but politique


 

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Amin Al-Assi-24 mars 2020

Le régime syrien cherche à tirer parti de la nouvelle flambée du virus Corona dans le monde, dans le but d’obtenir des avantages politiques et économiques de la communauté internationale, sans ouvrir la voie à une solution politique au problème syrien conformément aux résolutions internationales sur la légitimité. Mais ses tentatives restent vaines. Sachant que le régime a envoyé une invitation aux Nations Unies la semaine dernière pour reprendre les travaux du Comité constitutionnel syrien, avec la certitude que cette question est impossible dans les circonstances que traverse le monde entier en raison de l’épidémie du Coronavirus, que l’opposition syrienne a critiqué.

Dans le cadre de ces tentatives d’exploitation, l’agence “SANA” du régime syrien a cité une source du ministère des Affaires étrangères comme demandant la levée des sanctions imposées par la communauté internationale, en raison de la guerre ouverte menée par le régime de Bachar al-Assad contre les Syriens exigeant des changements depuis plus de 9 ans. La source a déclaré: « Compte tenu de l’escalade des risques posés par le Coronavirus et de la mobilisation internationale pour faire face à cette épidémie, la contrer et empêcher sa propagation, les États-Unis et l’Union européenne continuent d’imposer des mesures illégales unilatérales et restrictives à un certain nombre de pays, dont certains souffrent grandement de la propagation de ce virus, en violation flagrante des droits de l’homme, les valeurs et principes humains les plus élémentaires ». Et la source a poursuivi en disant que son régime « tient Washington et ses alliés, qui imposent des sanctions, responsables de chaque victime humaine de l’épidémie, en entravant les efforts de lutte contre ce virus”.

Sur les traces du ministère des Affaires étrangères, un certain nombre de membres de “l’Assemblée populaire” (Parlement du régime syrien) dominé par le “Parti Baas”, qui n’a pas de poids politique dans le pays, ont déclaré que les sanctions contre le régime étaient « un comportement brutal et un nouveau style de terrorisme parrainé par l’Amérique ». Le journal Al-Watan (pro-régime, a cité un certain nombre de parlementaires demandant de lever l’interdiction internationale, sous prétexte de lutter contre le virus, affirmant que cette interdiction est contraire au droit international, oubliant ce que le régime a fait pendant des années de sièges injustes contre des civils dans plusieurs régions syriennes, dans la mesure où cela a conduit à la mort, d’un certain nombre d’enfants, de faim et de froid. Le régime syrien a tué, arrêté et déplacé depuis le début de la révolution contre lui en mars 2011, plus de 10 millions de Syriens, en utilisant toutes les armes internationales interdites, et même anéanti des villes, des villages et des quartiers de la terre afin d’arrêter la révolution.

Bien que le régime syrien ait annoncé que les zones qu’il contrôlait étaient exemptes de cas de Coronavirus, à l’exception d’un cas annoncé dimanche dernier par une fillette de vingt ans venant de l’étranger, et l’annonce du ministère de la Santé au sein du gouvernement du régime hier, mardi, que “toutes les analyses de laboratoire des cas suspects d’être infectés par le nouveau Coronavirus qui ont été effectuées, les analyses de laboratoire de référence au cours des dernières 24 heures, étaient négatives, c’est-à-dire qu’aucune nouvelle infection n’a été enregistrée. Cependant, des doutes subsistent quant à la transparence du nombre déclaré compte tenu de la propagation du virus dans les pays voisins au Liban, en Jordanie, en Palestine occupée et en Turquie.
Dans ce contexte, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a évoqué l’éclosion du virus parmi des membres de milices iraniennes dans la campagne orientale de Deir Ez-Zor.

Jeudi, l’Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre une explosion du nombre de cas de coronavirus en Syrie, selon les déclarations du chef de l’équipe de l’Organisation mondiale de la santé pour la prévention des risques infectieux, Abd al-Naseer Abu Bakr. Abu Bakr s’est dit préoccupé par la diminution des cas de Coronavirus signalés en Syrie et au Yémen, s’attendant à une “explosion des cas”. “Je suis sûr que le virus se propage en Syrie, mais ils n’ont pas découvert les cas d’une manière ou d’une autre”, a déclaré Abu Bakr.

Des craintes subsistent quant au sort des détenus dans les prisons du régime, alors que des dizaines de milliers de civils sont toujours arrêtés en raison de leur position vis-à-vis de la révolution syrienne, dans des circonstances tragiques, qui les ont amenés à se transformer en «corps faibles et fragiles, épuisés par la torture, le manque de nourriture et des soins médicaux», selon la Commission de juristes syriens. Dans une note envoyée au Secrétaire général des Nations Unies, que la commission a adressé au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale, mettant en garde contre l’utilisation du régime de Bachar al-Assad pour propager le Coronavirus pour génocider les détenus. La commission a rappelé le droit international humanitaire et la quatrième Convention de Genève, qui stipulaient la mise à disposition de lieux répondant aux conditions sanitaires et aux garanties de sécurité des détenus et assurant une protection efficace contre le climat rigoureux et les effets de la guerre, procédant à des examens médicaux des détenus, au moins une fois par mois.

À son tour, la « l’Autorité sanitaire » affiliée aux « Forces Démocratiques Syriennes » (FDS) a déclaré qu’aucun cas d’infection à coronavirus n’avait été enregistré dans ses zones de contrôle. Des sources de FDS ont rapporté à Al-Arabi Al-Jadeed que les forces de sécurité et de police continuent d’imposer un couvre-feu pour la deuxième journée consécutive.

 

النظام السوري وكورونا: محاولات فاشلة للتوظيف السياسي

أمين العاصي – 24 مارس 2020
العربي الجديد

يسعى النظام السوري لاستغلال تفشي فيروس كورونا المستجد في العالم، في محاولة للحصول على مكاسب سياسية واقتصادية من المجتمع الدولي، من دون أن يفتح الطريق أمام التوصل لحل سياسي للقضية السورية وفق قرارات الشرعية الدولية. لكن محاولاته تبقى من دون جدوى. مع العلم أن النظام وجّه دعوة إلى الأمم المتحدة الأسبوع الماضي لاستئناف عمل اللجنة الدستورية السورية، مع يقينه استحالة هذا الأمر في ظل الظروف التي يمر العالم كله بسبب تفشي فيروس كورونا، الأمر الذي انتقدته المعارضة السورية.

وفي سياق محاولات الاستغلال تلك، نقلت وكالة “سانا” التابعة للنظام عن مصدر في وزارة الخارجية في حكومة النظام، مطالبته برفع العقوبات التي فرضها المجتمع الدولي، بسبب الحرب المفتوحة التي يشنها نظام بشار الأسد على السوريين المطالبين بالتغيير منذ أكثر من 9 سنوات. وقال المصدر: “في ظل تصاعد الأخطار التي يمثلها فيروس كورونا والاستنفار الدولي لمواجهة هذا الوباء ومحاصرته ومنع انتشاره، تواصل الولايات المتحدة والاتحاد الأوروبي فرض الإجراءات التقييدية أحادية الجانب غير المشروعة على عدد من الدول يعاني بعضها وبشكل كبير من تفشي هذا الفيروس، في انتهاك صارخ لحقوق الإنسان ولأبسط القيم والمبادئ الإنسانية”. وذهب المصدر إلى القول إن نظامه “يحمّل واشنطن وحلفاءها الذين يفرضون العقوبات المسؤولية عن كل ضحية إنسانية لوباء كورونا، عبر إعاقة جهود التصدي لهذا الفيروس”.

وعلى خطى وزارة الخارجية، خرج عدد من أعضاء “مجلس الشعب” (برلمان النظام السوري) الذي يهيّمن عليه حزب “البعث”، ولا وزن سياسياً له في البلاد، للقول إن العقوبات على النظام “سلوك وحشي وأسلوب جديد من الإرهاب الذي ترعاه أميركا”. ونقلت صحيفة “الوطن” عن عدد منهم مطالبتهم برفع الحظر الدولي عن النظام، تحت ذريعة محاربة الفيروس، مدّعين أن هذا الحظر مخالف للقانون الدولي، متناسين ما قام به النظام عبر سنوات من عمليات حصار جائر بحق المدنيين في عدة مناطق سورية، للحدّ الذي أدى إلى وفاة الأطفال جوعاً وبرداً. فالنظام السوري قتل واعتقل وشرّد منذ اندلاع الثورة ضده في مارس/آذار 2011، أكثر من 10 ملايين سوري، مستخدماً كل الأسلحة المحرمة الدولية، بل أزال مدناً وبلدات وأحياء عن الأرض في سبيل وأد الثورة.

ورغم إعلان النظام السوري خلو المناطق التي يسيطر عليها من حالات إصابة بالفيروس، باستثناء حالة واحدة أعلن عنها يوم الأحد الماضي، لفتاة عشرينية آتية من الخارج، وإعلان وزارة الصحة في حكومة النظام أمس الثلاثاء “أن جميع التحاليل المخبرية للحالات المشتبهة بإصابتها بفيروس كورونا المستجد التي أجريت في المخبر المرجعي خلال الساعات الـ 24 الماضية كانت سلبية أي لم تسجل أي إصابات جديدة”، إلا أن هناك شكوكاً حول مدى شفافية الرقم المعلن في ظل انتشار الفيروس في الدول المجاورة في لبنان والأردن وفلسطين المحتلة وتركيا. وفي السياق تحدث المرصد السوري لحقوق الإنسان عن تفشي الفيروس بين عناصر المليشيات الإيرانية في ريف دير الزور الشرقي.

وكانت منظمة الصحة العالمية قد حذّرت، يوم الخميس الماضي، من انفجار عدد حالات الإصابة بفيروس كورونا في سورية، بحسب تصريحات لرئيس فريق منظمة الصحة العالمية للوقاية من الأخطار المعدية عبد النصير أبو بكر. وأعرب أبو بكر عن قلقه من نقص حالات الإصابة بفيروس كورونا المبلّغ عنها في سورية واليمن، متوقعاً “انفجاراً في الحالات”. وقال أبو بكر “أنا متأكد من أن الفيروس ينتشر في سورية، لكنهم لم يكتشفوا الحالات بطريقة أو بأخرى”.

وتسود مخاوف على مصير المعتقلين في سجون النظام، إذ لا يزال يعتقل عشرات آلاف المدنيين على خلفية موقفهم من الثورة السورية، في ظروف مأساوية، ما جعلهم يتحولون “إلى أجساد نحيلة ضعيفة، أنهكها التعذيب وانعدام أي رعاية طبية”، وفق “هيئة القانونيين السوريين”. وحذرت الهيئة في مذكرة أُرسلت إلى الأمين العام للأمم المتحدة ومجلس الأمن والجمعية العمومية، يوم الجمعة الماضي، من استغلال نظام بشار الأسد لتفشي فيروس كورونا في سورية لإبادة المعتقلين جماعياً. وذكّرت الهيئة بالقانون الدولي الإنساني واتفاقية جنيف الرابعة، اللذين نصّا على توفير أماكن تتوافر فيها الشروط الصحية وضمانات السلامة للمعتقلين وتكفل الحماية الفعالة من قسوة المناخ وآثار الحرب، وإجراء فحوصات طبية للمعتقلين، مرة واحدة شهرياً على الأقلّ.

بدورها، ذكرت “هيئة الصحة” التابعة لـ”قوات سورية الديمقراطية” (قسد) أنه لم يتم تسجيل أي حالة إصابة بفيروس كورونا في مناطق سيطرتها. وأفادت مصادر من “قسد” لـ”العربي الجديد”، أن قوات الأمن والشرطة التابعة للأخيرة تواصل لليوم الثاني على التوالي فرض حظر للتجوال في مناطق سيطرتها.

l’ONU appelle à mettre fin à « l’inhumanité » du conflit qui entre dans sa dixième année


 

Syrie :

© UNICEF/UNI310539/Romenzi
Une mère avec ses deux enfants dans la ville détruite d’Alep, en Syrie.
12 mars 2020

Le chef de l’ONU a appelé jeudi à mettre un terme au conflit dévastateur en Syrie qui entre dans sa dixième année, soulignant l’ampleur de la crise humanitaire et le coût humain « inacceptable ».

« La paix reste encore beaucoup trop insaisissable », a déploré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, dans une déclaration publiée alors que le conflit syrien entre dans sa dixième année. « Le conflit brutal a entraîné un coût humain inacceptable et a provoqué une crise humanitaire d’une ampleur monumentale ».

En Syrie, des millions de civils continuent de faire face à des risques de protection. Plus de la moitié de la population du pays a été forcée de fuir. Des millions de personnes vivent dans des conditions précaires en tant que réfugiés et 11 millions ont toujours besoin d’une aide humanitaire vitale.

« Nous avons vu neuf ans d’atrocités horribles, y compris des crimes de guerre. Neuf ans de violations des droits de l’homme à une échelle massive et systématique, érodant les normes internationales à de nouvelles profondeurs de cruauté et de souffrance », a dénoncé M. Guterres, rappelant que des dizaines de milliers de personnes sont portées disparues, détenues, soumises à des mauvais traitements et à la torture.

« Un nombre incalculable de personnes ont été tuées et blessées. Il ne doit pas y avoir d’impunité pour ces crimes horribles », a souligné le Secrétaire général.

Plus de 6 millions de personnes aidées chaque mois en Syrie en 2019

Durant le conflit syrien, le système humanitaire des Nations Unies et de ses partenaires a recours à tous les moyens disponibles pour fournir de l’aide à ceux qui en ont besoin – des parachutages aux acheminements à travers les lignes de front en passant par les livraisons transfrontalières.

En 2019, les Nations Unies et ses partenaires ont pu atteindre plus de 6 millions de personnes chaque mois dans toute la Syrie. En janvier de cette année, une assistance alimentaire à environ 1,4 million de personnes a été fournie uniquement par le biais du mécanisme transfrontalier, de même que des fournitures médicales pour près d’un demi-million de personnes et des articles non alimentaires pour plus de 230.000 personnes.

Pour le chef de l’ONU, les étapes pour mettre fin aux souffrances du peuple syrien sont bien connues mais doivent être réalisées.

« Premièrement, le protocole additionnel du 5 mars au mémorandum sur la stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d’Idlib conclu entre la Russie et la Turquie doit conduire à une cessation durable des hostilités qui ouvre la voie à un cessez-le-feu permanent à l’échelle nationale », a rappelé M. Guterres. « Deuxièmement, les parties doivent revenir au processus politique facilité par les Nations Unies, mandaté par la résolution 2254 (2015), qui reste la seule voie viable pour mettre fin au conflit et offrir une paix durable au peuple syrien », a-t-il ajouté.

Pour le Secrétaire général, le message sur la situation en Syrie après neuf ans de conflit ne peut pas être plus clair : « Nous ne pouvons pas laisser la dixième année se traduire par le même carnage, le même mépris des droits de l’homme et du droit international humanitaire, la même inhumanité ».

il faut sauvergarder les droits des civils à Idlib


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Sergio Paul Pinheiro : il faut sauvergarder les droits des civils à Idlib

2 mars 2020

En Syrie, après pratiquement neuf années de violences, le conflit armé se poursuit.  Et sur le terrain, les abus continuent de se multiplier, a indiqué la Commission d’enquête de l’ONU dans son rapport publié ce lundi à Genève.

« Après près de neuf années de violences, les femmes, les enfants et les hommes syriens continuent de faire face à des niveaux de souffrance et de douleur sans précédent », a dit aux médias Sergio Paulo Pinheiro, Président de la Commission.

Le juriste brésilien a déploré les raids aériens aveugles menés par les forces progouvernementales dans le sud d’Idlib qui ont tué et blessé des dizaines de civils.

La Turquie a vivement riposté après la mort de 22 soldats turcs en Syrie


En représailles de la mort de 22 soldats turcs dans la région d’Idlib ce jeudi par des raids syriens, Ankara a frappé à son tour des positions du régime de Bachar al-Assad.

Par Le Figaro avec Reuters
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Des soldats syriens dans la région d’Idlib. BAKR ALKASEM / AFP

Le risque d’embrasement a rarement été aussi grand ces derniers mois au Moyen-Orient. Après que 22 soldats ont été tués ce jeudi par des frappes aériennes attribuées au régime syrien dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, Ankara a bombardé des positions du régime de Bachar al-Assad.

Dans une déclaration publiée par l’agence de presse étatique Anadolu, le directeur de la communication de la présidence, Fahrettin Altun, a par ailleurs exhorté la communauté internationale à «prendre ses responsabilités» à Idlib.

Le chef de l’État turc Recep Tayyip Erdogan menace depuis plusieurs jours de déloger par la force les forces du régime de certaines positions dans cette ville syrienne stratégique. Il a convoqué dans la soirée un conseil de sécurité extraordinaire à Ankara, en présence notamment du ministre de la Défense, du chef de l’armée et du patron des services secrets, selon la présidence.

Les lourdes pertes essuyées par Ankara ce jeudi interviennent après des semaines d’escalade à Idlib entre les forces turques et celles du régime de Bachar al-Assad, qui se sont affrontées à plusieurs reprises. Le bilan de soldats turcs tués ce jeudi pourrait encore s’alourdir, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG, ayant fait état de plus de 30 morts dans des bombardements aériens et d’artillerie du régime.

Un nouveau round de pourparlers entre Russes et Turcs visant à trouver une issue à la crise d’Idlib s’est achevé ce jeudi à Ankara, sans annonce de résultat concluant. Selon l’agence de presse étatique Anadolu, le chef de la diplomatie turque s’est entretenu jeudi soir avec le chef de l’Otan, Jens Stoltenberg.

Ville stratégique

Avec le soutien de l’aviation de Moscou, Damas a déclenché en décembre une offensive pour reprendre le dernier bastion rebelle et djihadiste d’Idlib. Le régime et son allié russe ont mis les bouchées doubles ces dernières semaines et repris plusieurs localités dans cette province frontalière de la Turquie. Cependant, les groupes rebelles, dont certains sont appuyés par Ankara, ont contre-attaqué et repris jeudi la ville stratégique de Saraqeb, selon l’OSDH. Selon un correspondant de l’AFP, les rebelles sont entrés le matin dans cette localité de l’est de la province d’Idleb. Les insurgés se sont déployés en grand nombre dans les rues de la ville en ruines et totalement vidée de ses habitants.

Saraqeb, qui avait été reconquise le 8 février par le régime, se trouve à la jonction de deux autoroutes que le pouvoir veut sécuriser pour consolider son emprise dans le nord du pays. En reprenant la ville, djihadistes et rebelles coupent l’autoroute M5 reliant la capitale Damas à la métropole d’Alep. Ce jeudi, les membres occidentaux du Conseil de sécurité de l’ONU ont réclamé un «cessez-le-feu humanitaire», resté lettre morte face au refus de la Russie.

Depuis décembre, plus de 400 civils ont été tués dans l’assaut selon l’OSDH et plus de 948.000 personnes, dont plus d’un demi-million d’enfants, ont été déplacées d’après l’ONU.

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Syrie : les besoins de la population augmentent sur fond de catastrophe humanitaire dans le nord-ouest (ONU)


© UNICEF/Baker Kasem
Le 12 février 2020, des familles s’abritent dans un établissement informel récemment créé qui continue de recevoir des familles nouvellement déplacées du sud d’Idlib et des gouvernorats ruraux d’Alep dans le nord-ouest de la Syrie.
27 février 2020

La cheffe adjointe de l’humanitaire des Nations Unies a prévenu jeudi le Conseil de sécurité que les besoins de la population en Syrie restaient immenses et continuaient d’augmenter sur fond de catastrophe humanitaire dans le nord-ouest du pays.

« Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire a augmenté en 2019 de 1,3 million, atteignant 7,9 millions de personnes en 2020 », a expliqué Ursula Mueller, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux affaires humanitaires, devant les membres du Conseil. « Le terrible bilan humain de la situation dans le nord-ouest de la Syrie exige l’attention et l’action de ce Conseil ».

« Je fais écho à l’appel renouvelé du Secrétaire général en faveur d’un cessez-le-feu immédiat pour mettre fin à la catastrophe humanitaire et éviter une escalade incontrôlable », a-t-elle ajouté.

Selon les dernières données dont dispose l’ONU, près de 950.000 personnes ont fui les combats dans le nord-ouest depuis le 1er décembre. La plupart se sont installées dans le nord-ouest du gouvernorat d’Idlib, une petite zone le long de la frontière syrienne avec la Turquie qui abrite déjà des centaines de milliers de personnes déplacées.

Une opération humanitaire massive est en cours dans le nord-ouest de la Syrie. En janvier, une aide alimentaire a été fournie à quelque 1,4 million de personnes via le mécanisme transfrontalier, de même que des fournitures médicales pour près d’un demi-million de personnes et des articles non alimentaires pour plus de 230.000 personnes.

« Le mécanisme transfrontalier est absolument essentiel à notre réponse dans le nord-ouest », a dit Mme Mueller.

Moscou rejette une déclaration aux Nations Unies appelant à un cessez-le-feu en Syrie


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Moscou rejette une déclaration appelant à un cessez-le-feu en Syrie

19 février 2020 – al-Quds al-Arabi arabe

New York: la Russie a refusé mercredi que le Conseil de sécurité de l’ONU adopte une déclaration exigeant la cessation des hostilités et le respect du droit international humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie, sur proposition de la France, selon des sources diplomatiques.

« Il n’y a pas d’annonce, cela n’a pas été possible », a déclaré à la presse l’ambassadeur de France auprès des Nations unies Nicolas de Rivière après une réunion à huis clos du conseil entrecoupée de tensions intenses.

Les diplomates ont indiqué que la réunion à huis clos, qui a été suivie d’une séance publique, a été marquée par un échange « d’insultes » et une tension aiguë. Un diplomate a déclaré que la Russie avait critiqué les Occidentaux « pour ne pas comprendre la position russe », ajoutant que « le conseil est complètement paralysé ».

Les mêmes sources ont déclaré que la Chine soutenait Moscou dans sa position.

Au cours de la réunion publique, l’ambassadeur de Russie auprès de l’organisation internationale, Vasily Nebenzia, a demandé aux pays occidentaux de cesser de « protéger les groupes terroristes » et de « recourir au document de souffrance des » civils « une fois que les groupes terroristes sont menacés » en Syrie.

L’envoyé des Nations Unies en Syrie, cependant, Pedersen, a mis en garde devant le Conseil de sécurité « d’un danger imminent d’escalade » dans le nord-ouest de la Syrie après les récentes déclarations de la Turquie et de la Russie.

Mercredi, Moscou a critiqué le président turc Recep Tayyip Erdogan après avoir menacé de lancer bientôt une attaque militaire contre les forces du régime syrien dans la région d’Idl »b.

Au cours de la réunion publique, l’Allemagne a appelé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à « entrer dans l’arène » et à essayer de mettre fin aux hostilités actuelles. « Nous avons une énorme responsabilité aux Nations Unies, au Conseil de sécurité, pour arrêter ce qui se passe », a déclaré l’ambassadeur allemand Christoph Hosengen.

L’Allemagne a considéré que le processus d’Astana était terminé (qui inclus la Russie, la Turquie et l’Iran), et la Grande-Bretagne, l’Estonie et la Belgique l’ont soutenu, tandis que les États-Unis ont exprimé leur soutien à la Turquie, une note selon laquelle elle accueille des millions de réfugiés syriens sur son sol.

De son côté, la France a appelé à un « effort commun » pour mettre fin à ce que les Nations Unies considèrent comme « la plus grande crise humanitaire en Syrie depuis le début du conflit » en 2011.

موسكو ترفض في الأمم المتحدة إعلانا يطالب بوقف إطلاق النار في سوريا

19 fév 2020 – القدس العربي

نيويورك: رفضت روسيا، الأربعاء، أن يتبنى مجلس الأمن الدولي إعلانا يطالب بوقف العمليات القتالية واحترام القانون الإنساني الدولي في شمال غرب سوريا، بناء على اقتراح فرنسا، وفق ما أفادت مصادر دبلوماسية.

وصرح السفير الفرنسي لدى الأمم المتحدة نيكولا دو ريفيير للصحافيين إثر اجتماع مغلق للمجلس تخلله توتر حاد “روسيا قالت كلا”، فيما قال نظيره البلجيكي مارك دو بوتسفيرف الذي يتولى الرئاسة الدورية للمجلس “ليس هناك إعلان، لم يكن ذلك ممكنا”.

وأورد دبلوماسيون أن الاجتماع المغلق الذي أعقب جلسة علنية تخلله تبادل “شتائم” وتوتر حاد. ونقل أحد الدبلوماسيين أن روسيا انتقدت الغربيين بشدة “لعدم تفهم الموقف الروسي”، مضيفا أن “المجلس مشلول بالكامل”.

وذكرت المصادر نفسها أن الصين أيدت موسكو في موقفها.

وخلال الاجتماع العلني، طلب السفير الروسي لدى المنظمة الدولية فاسيلي نيبنزيا من الدول الغربية الكف “عن حماية المجموعات الإرهابية” و”اللجوء إلى ورقة معاناة” المدنيين “ما أن تتعرض مجموعات إرهابية للتهديد” في سوريا.

وكان الموفد الأممي إلى سوريا غير بيدرسون حذر أمام مجلس الأمن من “خطر وشيك للتصعيد” في شمال غرب سوريا بعد التصريحات الأخيرة لتركيا وروسيا.

ووجهت موسكو، الأربعاء، انتقادا شديدا إلى الرئيس التركي رجب طيب اردوغان بعد تهديده بشن هجوم عسكري قريبا ضد قوات النظام السوري في منطقة ادلب.

وخلال الاجتماع العلني، طالبت ألمانيا الأمين العام للأمم المتحدة انطونيو غوتيريش بـ”دخول الحلبة” ومحاولة وضع حد للعمليات القتالية الراهنة. وقال السفير الألماني كريستوف هوسغن “نتحمل مسؤولية هائلة في الأمم المتحدة، في مجلس الأمن لوقف ما يحصل”.

واعتبرت ألمانيا أن عملية استانة انتهت (تضم روسيا وتركيا وايران)، وأيدتها في ذلك بريطانيا واستونيا وبلجيكا، فيما أبدت الولايات المتحدة دعمها لتركيا مذكرة بانها تستضيف ملايين اللاجئين السوريين على أراضيها.

من جهتها، دعت فرنسا إلى بذل “جهد مشترك” لإنهاء ما تعتبره الأمم المتحدة “أكبر أزمة إنسانية في سوريا منذ بدء النزاع” في 2011.

Syrie : malgré l’appel à un cessez-le-feu, les hostilités continuent, déplore l’envoyé de l’ONU


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Syrie : malgré l’appel à un cessez-le-feu, les hostilités continuent, déplore l’envoyé de l’ONU

19 février 2020

L’envoyé de l’ONU pour la Syrie a relayé, mercredi, au Conseil de sécurité l’appel du Secrétaire général des Nations Unies à un cessez-le-feu dans le nord-ouest du pays. Un appel qui n’a pas été entendu, a déploré le médiateur onusien.

« Depuis mon exposé il y a deux semaines, je ne peux faire part d’aucun progrès pour mettre un terme à la violence en cours dans le nord-ouest de la Syrie ou pour revenir au processus politique », a déclaré l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le pays, Geir Pedersen, aux membres du Conseil de sécurité.

Mardi soir, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait appelé à un cessez-le-feu immédiat dans le nord-ouest de la Syrie où la situation humanitaire se détériore rapidement en raison des combats.

Malgré l’appel à un cessez-le-feu du chef de l’ONU, son Envoyé spécial pour la Syrie n’a pu que déplorer la poursuite des hostilités dans le nord-ouest du pays. Des hostilités qui se traduisent par de lourdes frappes aériennes et des attaques terrestres.

Près de 900.000 personnes déplacées depuis début décembre

L’offensive actuelle des forces gouvernementales syriennes a déplacé, à plusieurs reprises, près de 900.000 personnes depuis le début du mois de décembre avec des centaines de civils tués au cours de la même période.

« Ces personnes sont déplacées par des températures glaciales en quête d’une sécurité devenue de plus en plus difficile à trouver », a alerté M. Pedersen.

80% des personnes déplacées par les violences sont des femmes et des enfants, a indiqué l’envoyé de l’ONU, précisant que « de jeunes enfants meurent de froid » dans cette tragédie.

Ces derniers jours, l’émissaire onusien a souligné auprès de hauts responsables russes et turques « qu’ils peuvent et doivent » trouver un moyen d’aboutir à une désescalade de la situation dans le nord-ouest de la Syrie « maintenant ». Mais ses démarches n’ont pas abouti à ce jour.

« Ma première préoccupation porte sur les civils syriens piégés dans les combats », a souligné M. Perdersen aux membres des Conseil de sécurité, appelant ces derniers à peser de tout leur poids pour obtenir le retour à une solution politique au conflit syrien.

Syrie : l’ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat dans le nord-ouest


Syrie : l’ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat dans le nord-ouest

© UNICEF/Baker Kasem
Un enfant marche dans la neige dans un camp de fortune pour familles déplacées dans le nord-ouest de la Syrie.
18 février 2020

Alarmé par la détérioration rapide de la situation humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie et les souffrances des civils, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé mardi à un cessez-le-feu immédiat.

« Le Secrétaire général appelle à un cessez-le-feu immédiat. Le droit international humanitaire doit être respecté. Il n’y a pas de solution militaire. La seule voie vers la stabilité est une solution politique crédible et inclusive facilitée par les Nations Unies, conformément à la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

Le droit international humanitaire doit être respecté. Il n’y a pas de solution militaire –  le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres

Le chef de l’ONU a noté que l’offensive actuelle a déplacé près de 900.000 civils depuis le 1er décembre 2019, souvent à plusieurs reprises, des centaines de personnes ont été tuées au cours de la même période, et les hostilités approchent maintenant des zones densément peuplées.

Plus tôt dans la journée, la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a aussi exprimé son « horreur » face aux violences et l’ampleur de la crise humanitaire dans le nord-ouest syrien. Elle a réclamé la mise en place de « couloirs humanitaires » pour permettre aux civils de fuir les combats.

La cheffe des droits de l’homme de l’ONU a déclaré qu’il était cruel et incroyable que des civils, principalement des femmes et des enfants, vivant sous des morceaux de bâche plastique et dans des conditions de gel, soient bombardés.

Selon Mme Bachelet, des familles entières, dont certaines ont fui d’un coin à l’autre de la Syrie au cours de la dernière décennie, « constatent tragiquement que les bombes font partie de leur vie quotidienne ».

« Comment peut-on justifier le lancement d’attaques aussi aveugles et inhumaines? » a lancé Bachelet, dans un communiqué rendu public ce mardi à Genève.

« Aucun abri n’est plus sûr. Et comme l’offensive du gouvernement se poursuit et que les gens se retrouvent de force dans des zones de plus en plus petites, je crains que d’autres personnes soient tuées », a-t-elle relevé.

Des couloirs humanitaires

Michelle Bachelet a appelé le gouvernement syrien et ses alliés ainsi que les groupes rebelles, « à autoriser les couloirs humanitaires » et à faciliter le « passage des civils en toute sécurité ».

« La protection des civils est primordiale, et le mépris flagrant pour la vie et la sécurité des civils va à l’encontre des obligations que toutes les parties doivent respecter en vertu du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme », a mis en garde Mme Bachelet.

Le gouvernement syrien, soutenu par ses alliés, a lancé récemment une grande offensive militaire pour reprendre des zones clés à Idlib et Alep. Du 1er au 16 février, le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies a ainsi enregistré des incidents au cours desquels au moins 100 civils, dont 18 femmes et 35 enfants, ont été tués et de nombreux autres civils blessés à la suite des frappes aériennes et terrestres menées par les forces gouvernementales et leurs alliés. En outre, sept civils, dont deux femmes et trois enfants, ont été tués à la suite des frappes terrestres des groupes armés non étatiques.

La protection des civils est primordiale – Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l’homme

Depuis le 1er janvier de cette année, le Haut-Commissariat a enregistré la mort de 298 civils à Idlib et Alep. Environ 93% de ces décès ont été causés par le gouvernement syrien et ses alliés. De son côté, l’UNICEF indique depuis le début de l’année, 28 enfants ont été tués et 49 blessés dans la région. En outre, 10 installations médicales et 19 centres d’enseignement ont été directement touchés ou affectés par des frappes.

Face à un tel drame, la Haut-Commissaire a appelé d’urgence toutes les parties au conflit syrien, y compris les acteurs étatiques et non étatiques, à mieux protéger civils.

« Les civils qui fuient les combats sont entassés dans des zones sans abri sûr dont la taille diminue d’heure en heure. Et pourtant, ils sont bombardés. Ils n’ont tout simplement nulle part où aller », a-t-elle fait valoir, tout en ajoutant qu’il y avait un risque élevé que les civils ne puissent plus passer d’Idlib à d’autres zones en Syrie.

OIT/M. Creuset
La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet.

Offensive dans le nord-ouest syrien : 900.000 déplacés depuis décembre (ONU)

Le conflit dans le nord-ouest de la Syrie a provoqué la fuite de 900.000 personnes depuis le début de l’offensive de Damas en décembre 2019. Ce qui représente, selon l’ONU, le plus grand déplacement de personnes depuis le début du conflit en 2011. Selon les estimations onusiennes, environ 80 % des déplacés sont des femmes et des enfants.

A cet égard, l’UNICEF précise que depuis le 1er décembre 2019, plus de 500.000 enfants ont été déplacés par la violence intense qui sévit dans le nord-ouest de la Syrie. Des dizaines de milliers d’enfants et leurs familles vivent désormais sous des tentes et en plein air, dans un climat très froid et sous la pluie.

Par ailleurs, ces mouvements de populations et les hostilités ont perturbé les programmes réguliers de vaccination de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « ce qui augmente considérablement le risque d’apparition de maladies », a averti Tarik Jasarevic, porte-parole de l’OMS.

Le carnage dans le nord-ouest de la Syrie continue de faire un terrible bilan pour les enfants – Henrietta Fore, Directrice exécutive de l’UNICEF

Un centre de vaccination sur trois dans le nord-ouest est temporairement ou définitivement fermé en raison des hostilités et des zones qui ont été désertées. Pourtant, l’OMS prévoit une campagne de vaccination contre la polio le mois prochain, afin de tenir la polio à distance de la Syrie.

De plus, l’agence onusienne basée à Genève note qu’à la date de ce mardi 18 février, 74 établissements de santé ont suspendu leurs services à Idleb et Alep depuis le 1er décembre 2019, ce qui a directement réduit l’accès des civils aux soins de santé. Les dernières attaques ont eu lieu hier lundi après-midi, sur deux hôpitaux distincts à Daret Azza dans le gouvernorat d’Alep. Elles portent à 6 le nombre total d’attaques des infrastructures sanitaires cette année. Des raids dans le nord-ouest du pays qui ont fait une dizaine de morts et une trentaine de blessés.

Plus globalement, « le carnage dans le nord-ouest de la Syrie continue de faire un terrible bilan pour les enfants », a déclaré dans un communiqué Henrietta Fore, Directrice exécutive de l’UNICEF.

De son côté, Mme Bachelet s’est « alarmée » de « l’échec de la diplomatie » face à la crise syrienne, estimant qu’elle « devrait faire passer la protection des civils avant toute victoire politique ou militaire ».

« Je condamne dans les termes les plus fermes l’impunité persistante pour les violations du droit international humanitaire commises par les différentes parties au conflit », a conclu la cheffe des droits de l’homme de l’ONU.

Syrie: 900000 déplacés à cause des violences dans le nord-ouest du pays


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Syrie: 900000 déplacés à cause des violences dans le nord-ouest du pays

Syrie : le chef de l’ONU demande la cessation immédiate des hostilités dans le nord-ouest


 

 

Syrie : le chef de l’ONU demande la cessation immédiate des hostilités dans le nord-ouest

© UNICEF
Un hôpital pour femmes et enfants endommagé par des frappes aériennes à Idlib, en Syrie (photo d’archives).
1 février 2020

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit profondément préoccupé samedi par l’escalade militaire en cours dans le nord-ouest de la Syrie et a demandé la cessation immédiate des hostilités.

« Il réaffirme que les attaques contre des civils et des infrastructures civiles, y compris des établissements de santé et d’enseignement, sont inacceptables », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

« Les opérations militaires de toutes les parties, y compris les actions contre et par des groupes terroristes désignés, doivent respecter les règles et obligations du droit international humanitaire, qui incluent la protection des civils et des biens de caractère civil », a-t-il ajouté.

« Le Secrétaire général réitère qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit syrien. La seule voie vers la stabilité est une solution politique crédible et inclusive facilitée par les Nations Unies, conformément à la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité », a encore dit le porte-parole.

Mercredi, le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, avait déjà lancé un cri d’alarme concernant la détérioration dramatique de la situation humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie en raison de l’escalade des combats.

« Les hostilités se sont intensifiées ces derniers jours dans la région d’Idlib, en particulier autour de Ma’arat al-Numan, Saraqeb et à l’ouest d’Alep. Les combats dans ces zones semblent être plus intenses que tout ce que nous avons vu l’année dernière », avait dit M. Lowcock devant les membres du Conseil de sécurité.

Le 12 janvier, la Turquie et la Russie avaient annoncé un cessez-le-feu. Mais celui-ci n’a pas tenu, avait noté chef de l’humanitaire de l’ONU, pour qui « la violence dans le nord-ouest de la Syrie est déplorable ».

Syrie : le chef de l’humanitaire de l’ONU alarmé par la récente escalade des combats dans la région d’Idlib


 

Syrie : le chef de l’humanitaire de l’ONU alarmé par la récente escalade des combats dans la région d’Idlib

ONU-29 janvier 2020

PAM/Abeer Etefa
Une famille déplacée établie dans la zone du gouvernorat d’Al-Hassakeh, dans le nord de la Syrie, où le PAM fournit une assistance alimentaire.
 

Le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, s’est dit mercredi alarmé par la détérioration dramatique de la situation humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie en raison de l’escalade des combats, et en particulier des bombardements.

« Les hostilités se sont intensifiées ces derniers jours dans la région d’Idlib, en particulier autour de Ma’arat al-Numan, Saraqeb et à l’ouest d’Alep. Les combats dans ces zones semblent être plus intenses que tout ce que nous avons vu l’année dernière », a dit M. Lowcock devant les membres du Conseil de sécurité.

Il a précisé que les informations les plus alarmantes venaient du sud d’Idlib, où des centaines de frappes aériennes du gouvernement syrien et de ses alliés ont été concentrées. Pendant ce temps, des groupes armés non étatiques continuent de bombarder la ville d’Alep, tuant ou blessant des dizaines de civils.

Le 12 janvier, la Turquie et la Russie ont annoncé un cessez-le-feu. Mais celui-ci n’a pas tenu, a noté chef de l’humanitaire de l’ONU, pour qui « la violence dans le nord-ouest de la Syrie est déplorable ».

« Il est impératif que toutes les parties conviennent de la cessation immédiate des hostilités dans et autour de la zone de désescalade d’Idlib », a-t-il dit.

Il a rappelé que les organisations humanitaires ont fourni ces dernières semaines une aide alimentaire à plus de 1,4 million de civils et des fournitures médicales pour soigner près de 200.000 personnes, dans le cadre de l’opération transfrontalière, dont l’autorisation a été renouvelée par la résolution 2504 du Conseil de sécurité. « Cela reste le seul moyen d’aider plus de 2,8 millions de personnes dans le besoin dans le nord-ouest de la Syrie », a dit M. Lowcock.

Photo ONU/Loey Felipe
Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, informe les membres du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Syrie.

Le 10 janvier, le Conseil de sécurité a adopté cette résolution par laquelle il prolonge l’opération d’aide humanitaire transfrontalière à la Syrie mais uniquement via des points de passage frontaliers avec la Turquie. Les points de passage frontaliers d’Al-Ramtha, en Jordanie, et d’Al Yarubiyah, en Iraq, ont été exclus.

S’agissant du nord-est de la Syrie, Mark Lowcock a noté que la situation humanitaire restait difficile. Quelque 70.000 personnes sont toujours déplacées à la suite des opérations militaires en octobre. 90.000 autres personnes vivent dans des camps de personnes déplacées, dont plus de 66.000 dans le camp d’Al Hol.

« En moyenne, 850.000 personnes ont reçu une assistance mensuelle en 2019 depuis la Syrie, et ce nombre a considérablement augmenté au cours de l’année », a expliqué le chef de l’humanitaire de l’ONU.

Il a toutefois précisé qu’avec la suppression du point de passage d’Al Yarubiyah, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit une réduction des services médicaux disponibles et une pénurie croissante de fournitures médicales.

« Quelque 400.000 articles médicaux dont la livraison est prévue sont coincés dans des camions en Iraq et ne peuvent pas traverser » la frontière, a-t-il dit.

L’ONU tente de relancer le processus politique

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité mercredi après-midi consacrée à l’aspect politique de la crise syrienne, l’Envoyée spéciale adjointe de l’ONU pour la Syrie, Khawla Matar, a indiqué que l’Envoyé spécial Geir O. Pedersen se trouvait à Damas pour tenter de désamorcer la situation dans le nord-ouest du pays et relancer les progrès du processus politique facilité par l’ONU.

Le comité syrien chargé de rédiger une nouvelle Constitution, qui s’est réuni deux fois à Genève en octobre et en novembre, ne s’est pas réuni depuis en raison de différends entre ses co-présidents sur l’ordre du jour, a rappelé Mme Matar.

Le Comité constitutionnel syrien est composé de 150 membres issus du pouvoir, de l’opposition et de la société civile.

« L’Envoyé spécial s’efforce de réduire les différences et espère être en mesure de convoquer prochainement le Comité constitutionnel », a précisé son adjointe.

« Il espère que les sessions du Comité constitutionnel se poursuivront avec un rythme régulier dans les mois à venir. Il y a besoin d’instaurer la confiance, qui peut contribuer à ouvrir la porte à un processus politique », a-t-elle ajouté.

Plus de 38 000 déplacés en cinq jours dans le nord-ouest de la Syrie, selon l’ONU


 

Plus de 38 000 déplacés en cinq jours dans le nord-ouest de la Syrie, selon l’ONU

La région subit des frappes aériennes quasi quotidiennes du régime syrien et de son allié russe. Une escalade qui ne fait qu’aggraver la crise humanitaire en Syrie.

 

Le Monde avec AFP Publié hier à 15h45, mis à jour à 11h46

 

 

Un garçon syrien assis sur les décombres de la maison où il vivait avec sa famille déplacée dans le village de Kafr Taal, à l’ouest d’Alep (Syrie), après un bombardement, le 20 janvier 2020.
Un garçon syrien assis sur les décombres de la maison où il vivait avec sa famille déplacée dans le village de Kafr Taal, à l’ouest d’Alep (Syrie), après un bombardement, le 20 janvier 2020. AAREF WATAD / AFP

Plus de 38 000 personnes ont été déplacées en cinq jours dans le nord-ouest de la Syrie, a annoncé, vendredi 24 janvier, l’Organisation des Nations unies (ONU), qui se dit « profondément préoccupée » par les déplacements de populations en hausse dans cette zone soumise à des raids aériens récurrents.

Les Nations unies reçoivent « des informations quasi quotidiennes faisant état de frappes aériennes et de tirs d’artillerie dans le secteur », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) David Swanson, un porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). « Entre le 15 et le 19 janvier, plus de 38 000 déplacés sont partis, principalement de l’ouest d’Alep » vers d’autres territoires de la province ou des secteurs d’Idlib, a-t-il précisé dans un communiqué.

La province d’Idlib et certaines zones des régions voisines d’Alep, de Hama et de Lattaquié sont dominées par les djihadistes de Hayat Tahrir Al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaida). Des groupes rebelles y sont aussi présents. Ces derniers jours, l’aviation russe et celle du régime syrien ont concentré leurs frappes sur les territoires de l’ouest de la province d’Alep, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

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« Grave catastrophe humanitaire »

Depuis le début de décembre, 358 000 personnes ont été déplacées dans le Nord-Ouest syrien, en grande majorité des femmes et des enfants, selon l’ONU. « Cette dernière escalade a ouvert un nouveau front dangereux dans le conflit », a déploré le Comité international de secours (IRC). « Nous sommes déjà en plein dans une grave catastrophe humanitaire », a ajouté l’ONG dans un communiqué.

« Les camps [de déplacés] sont pleins, les services de santé sont débordés, la majorité vit dans des tentes fragiles où s’entassent plusieurs occupants et qui sont régulièrement inondées quand il pleut », selon l’IRC.

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Ces derniers jours, des dizaines de civils ont été tués dans l’ouest de la province d’Alep et à Idlib, principalement dans des raids de l’aviation russe, selon l’OSDH. Vendredi encore, l’aviation du régime et de son allié russe ont bombardé plusieurs villages d’Alep et d’Idlib selon l’Observatoire, qui n’a pas fait état de victimes dans l’immédiat. L’Observatoire détermine les auteurs des raids à partir du type d’avion utilisé, du lieu de la frappe, des plans de vol et des munitions utilisées. De son côté, Moscou nie toute « mission de combat ».

Le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, estime que l’escalade pourrait constituer un prélude à une offensive du régime, qui cherche à sécuriser la ville d’Alep, à portée de tirs des roquettes des djihadistes et des insurgés, mais aussi l’autoroute reliant la ville, tenue par le gouvernement, à la capitale, Damas.

La région d’Idlib a déjà été le théâtre d’une offensive d’envergure entre avril et août 2019 ayant tué près d’un millier de civils, selon l’OSDH. Le pouvoir syrien, qui contrôle désormais plus de 70 % du pays, s’est dit déterminé à reconquérir l’intégralité du secteur.

Lire la tribune : Aide humanitaire: « N’oublions pas la Syrie »

Un moment mondial sans boussole de valeurs – لحظة عالمية راهنة من دون بوصلة للقيم


 

Un moment mondial actuel sans boussole de valeurs

AbdelWahab Badrakhan
23 décembre 2019

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Partout où on se retourne, nous sommes choqués par des phénomènes d’extrémismes, avec ou sans violence, qui mènent finalement à des impasses. Cette situation est pratiquement pareil, que ce soit dans les pays riches, qui se sont construits et ont vécu des décennies de paix, réalisant une croissance et un progrès considérables, ou dans les pays pauvres qui n’ont jamais eu une telle paix ou qui l’ont traversée pendant des périodes intermittentes, et bien sûr, ils ne pouvaient pas construire de pays. Le constat est égal que ce soit dans les États qui se vantent de leur démocratie et les autres où les systèmes totalitaires ont écrasé leurs sociétés. Par exemple, avec une différence de circonstances, Donald Trump est jugé au Congrès pour être destitué, tandis qu’Omar Al-Bashir fait face à un tribunal pénal spécial après sa destitution. Bien que la comparaison ne semble pas être scientifique, les motifs de la responsabilité sont l’aspiration des deux présidents à abuser du pouvoir.

Ce qui est inquiétant au moment global actuel, c’est qu’il n’y a plus de boussole qui oriente les valeurs, comme si ce moment était un résultat de petits effondrements successifs, et leur accumulation constitue un ensemble d’effondrement majeur difficile à réparer. Quelque chose de similaire au changement lent et croissant de la crise climatique, au réchauffement climatique ou à la prolifération cancéreuse dans le corps à partir d’une cellule corrompue. Ce ne sont pas des considérations constructives qui sont exemptes de l’esprit positif, ni des considérations plongées dans un pessimisme libre, mais plutôt le résultat de l’observation progressives, que beaucoup considèrent maintenant comme interconnectées. Prenez, par exemple, les contestations populaires de l’Inde, de Hong Kong, en Irak et en Iran, et comment les autorités n’ont pas hésité à commettre une violence excessive. Un autre exemple: les pouvoirs des autorités algériennes et libanaises insistent pour imposer des solutions qui leur sont appropriées et confrontent les mouvements pacifiques avec un mélange de répression et de pénétration de ces groupes. Autre exemple: bombardements aériens délibérés d’un camp de personnes déplacées, d’hôpitaux et d’écoles en Syrie, et colère russe à propos de la question soulevée au Conseil de sécurité.
Contrairement à ces pays en crise, il existe un autre type de pays avec des faits différents: prenons, par exemple, la façon dont les électeurs britanniques ont récompensé un Premier ministre décrit avec les épithètes odieuses, et la Cour suprême a déclaré qu’il avait menti et trompé les normes lorsqu’il a demandé de suspendre le Parlement, mais il dispose désormais d’une majorité confortable au sein de ce parlement, ce qui signifie que le public de la démocratie la plus ancienne du monde favorise ses tours.
Autre exemple: le président Trump pratique un chantage au président ukrainien et gèle l’aide américaine à son pays en échange d’informations ukrainiennes qui pourraient l’aider à diffamer son supposé adversaire lors des prochaines élections présidentielles, et lorsque les opposants du président tentent de créer un dossier pour le tenir responsable, alors sa popularité résiste et le soutient, ce qui signifie que son public ne se soucie plus d’aucune valeur. Bien sûr, il y a une longue liste de dirigeants et de régimes à travers le monde qui dirigent leurs pays avec des lois spéciales qui reflètent leur volonté et leur domination, ou ignorent complètement les lois qu’ils ont supervisé, donc la question se pose de la différence entre la pratique de ceux-ci et de ceux-là !!.
Entre-temps, des accusations de dictature, de corruption et de criminalité surgissent ici, et des accusations de mensonge, de tromperie et de violation de la loi et de la constitution y sont lancées là-bas. Mais la différentiation devient plus difficile et la montée de la tyrannie se poursuit comme une «tendance/trend» mondiale qui apparaît à différents degrés et sous différentes formes. Il est dit à titre d’interprétation ou de justification qu’il s’agit de la polarisation internationale dans son intensité et que la politique se rétracte dans l’intérêt de crises accablantes, que les libertés sont codifiées en raison de l’indiscipline technologique, que la pauvreté et le terrorisme augmentent et convergent et s’unissent, que les mouvements fanatiques religieux et les nationalistes nécessitent un contrôle strict ou ils se transformeraient en conflits et en guerres civiles. Mais les dirigeants les plus hostiles de ces guerres sont les plus incitants d’entre eux. Dans un récent cri, le Secrétaire général des Nations Unies a déclaré: « Le droit de migrer est en danger ». De façon réaliste, il convient de signaler que de nombreux droits fondamentaux sont emportés par le vent.

لحظة عالمية راهنة من دون بوصلة للقيم

عبدالوهاب بدرخان

الإثنين، 23 ديسمبر 2019

كيفما تتلفّت تصدمك ظواهر التطرّف، مرفقة أو غير مرفقة بالعنف، لكنها تفضي في النهاية إلى آفاق مسدودة. تتساوى في ذلك بلدان غنية بنت لنفسها دولاً وعاشت عقوداً طويلة من التسالم، وأدركت مقداراً مهمّاً من النمو والتقدّم، مع بلدان فقيرة لم تحظَ بمثل هذا السلام أبداً أو مرّ بها لفترات متقطعة، وبالطبع لم تستطع أن تبني دولاً. تتساوى أيضاً دولٌ تتباهى بديمقراطيتها، وأخرى سحقت الأنظمة الاستبدادية مجتمعاتها. فمثلاً مع الفارق في الظروف يُحاكم دونالد ترمب في الكونجرس ليُعزل، فيما يواجه عمر البشير محكمة جنائية خاصة بعد خلعه. ورغم أن المقارنة لا تبدو علمية، فإن دوافع المساءلة هي جموح الاثنين في إساءة استخدام السلطة.
المقلق في اللحظة العالمية الراهنة أنه لم تعد هناك بوصلة للقيم، وكأن هذه اللحظة خلاصة انهيارات صغيرة متلاحقة، وصار تراكمها يشكّل بمجموعه انهياراً كبيراً يصعب إصلاحه. شيء يشبه التغيير البطيء المتعاظم في أزمة المناخ وارتفاع حرارة الأرض، أو الانتشار السرطاني في الجسم بدءاً من خلية واحدة فاسدة. هذه ليست اعتبارات إنشائية مجانبة للروح الإيجابية، ولا هي مغرقة في تشاؤم مجاني، وإنما هي نتيجة مراقبة لمناحٍ تصاعدية، يرى كثيرون أنها الآن مترابطة. خذوا مثلاً الاحتجاجات الشعبية من الهند وهونج كونج إلى العراق وإيران، وكيف أن السلطات لم تتردّد في ارتكاب العنف المفرط.
مثال آخر: إصرار قوى السلطة في الجزائر ولبنان على فرض الحلول المناسبة لها ومواجهة الحراك السلمي بمزيج من القمع، واختراق مجموعاته. مثال آخر: قصف جوي متعمّد لمخيم مهجّرين ومستشفيات ومدارس في سوريا وغضب روسي من إثارة الأمر في مجلس الأمن.
هناك في مقابل هذه البلدان المأزومة نمط آخر من البلدان وبوقائع مختلفة، خذوا مثلاً كيف أن الناخبين البريطانيين كافأوا رئيس وزراء وُصف بأقذع النعوت وقالت المحكمة العليا إنه كذب وخادع الأعراف عندما طلب تعليق البرلمان، لكنه يملك الآن غالبية مريحة في هذا البرلمان، ويعني ذلك أن جمهور الديمقراطية الأكثر عراقة في العالم استحسن ألاعيبه.
مثال آخر: يمارس الرئيس ترمب عملية ابتزاز للرئيس الأوكراني فيجمّد مساعدات أميركية لبلاده لقاء معلومات أوكرانية يمكن أن تساعده في التشهير بمنافسه المفترض في الانتخابات الرئاسية المقبلة، وحين يحاول خصوم الرئيس بناء ملف لمحاسبته إذا بشعبيته تصمد وتدعمه، أي أن جمهوره لم يعد يأبه بأي قيم. طبعاً هناك لائحة طويلة من الحكام والأنظمة حول العالم الذين يديرون بلدانهم بقوانين خاصة تعكس إرادتهم وتسلّطهم، أو بتجاهل تامٍّ لقوانين أشرفوا على وضعها، لذلك يُطرح السؤال عن الفارق بين هؤلاء وأولئك.
في غمار ذلك تُطلَق هنا اتهامات بالدكتاتورية والفساد والإجرام، وتُطلَق هناك اتهامات بالكذب والخداع وانتهاك القانون والدستور. لكن تزداد صعوبة التمييز ويستمر صعود الاستبداد كـ «ترند» عالمي يتمظهر بدرجات وصور مختلفة. يقال على سبيل التفسير أو التبرير إنه الاستقطاب الدولي في حدّته، وإن السياسة تتراجع لمصلحة الأزمات المعلّبة، وإن الحريات تقنّن بسبب الانفلات التكنولوجي، وإن الفقر والإرهاب يزدادان التقاءً وتزاوجاً، وإن التعصّبات الدينية والقومية تتطلّب مكافحة صارمة وإلا تحوّلت إلى صراعاتٍ وحروب أهلية. لكن أكثر الحكام عداء لهذه الحروب هم أكثرهم إثارة لها. في صرخة أخيرة قال الأمين العام للأمم المتحدة إن «حق الهجرة أصبح في خطر». واقعياً يجدر التحذير من أن حقوقاً أساسية كثيرة أصبحت في مهب الريح.

Nations Unies: 90 civils ont été tués et blessés dans les premiers jours de l’armistice, et 13 000 ont été déplacés en une journée


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Une dangereuse escalade syro-russe à Idleb … et les factions de l’opposition détruisent la salle d’opération du régime

17/01/2020 – Hiba Mohammad

Damas : des frappes russes et syriennes sur les différentes zones d’Idleb ont mis fin à l’armistice dans le nord-ouest de la Syrie sur le terrain, les combattants russes reprenant le bombardement des villes et des villages de la région, et ordonnent le début d’une nouvelle série d’attaques des forces du régime contre les zones des forces d’opposition syriennes appelées à défendre ses derniers bastions dans le nord, au milieu des appels de l’ONU à la cessation immédiate des hostilités, après que le récent accord de cessez-le-feu n’a pas protégé les civils, selon les déclarations de l’ONU.

Des sources des factions de l’armée nationale ont annoncé vendredi à « Al-Quds Al-Arabi” le meurtre d’un groupe de combattants du régime syrien, la destruction d’une salle d’opérations sur l’axe Al-Taj et Abu Jerif, et leur sortie totale du service pendant les combats dans la campagne du sud-est d’Idleb. Des sources militaires locales ont signalé qu’un groupe de forces du régime avait été tué, dont des officiers.

Nations Unies: 90 civils ont été tués et blessés dans les premiers jours de l’armistice, et 13 000 ont été déplacés en une journée

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a déclaré que les bombardements se sont intensifiés de façon hystérique sur le secteur ouest de la campagne d’Alep, parallèlement à l’anticipation que les forces du régime lanceraient une opération terrestre au cours des prochaines heures ou jours.
La frappe aérienne russe a tué deux enfants à Awajel, en plus de 7 autres, blessés dont 3 femmes. Le bombardement aérien s’est accompagné de tirs d’artillerie par les forces du régime syrien sur les villages et les villes des régions rurales du sud et de l’ouest d’Alep.

Environ 13 000 Syriens ont été déplacés par les violations du régime et de ses alliés en une journée alors que les attaques du régime et de ses alliés se poursuivent malgré le cessez-le-feu.

Les Nations Unies ont confirmé qu’environ 350 000 Syriens, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été déplacés d’Idleb depuis début décembre vers des zones proches de la frontière turque, en raison de raids et de bombardements des forces soutenues par la Russie dans la province contrôlée par l’opposition.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé vendredi qu’il discuterait avec son homologue russe Vladimir Poutine, cette semaine lors de la conférence de Berlin, des récentes batailles qui ont eu lieu dans le gouvernorat d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michel Bachelet, a appelé vendredi à une cessation immédiate des hostilités dans le gouvernorat syrien d’Idleb, contrôlé par des combattants de l’opposition, affirmant que le dernier cessez-le-feu en Syrie n’a pas encore protégé les civils.
“Il est extrêmement regrettable que des civils continuent d’être tués chaque jour lors de frappes aériennes et terrestres”, a déclaré Bachelet dans un communiqué. “Cet accord, comme d’autres au cours de la dernière année, n’a pas réussi à nouveau à protéger les civils.”
“Des gens continuent d’être tués, beaucoup de gens sont des deux côtés”, a déclaré Jeremy Lawrence, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, tandis que le Bureau des Nations Unies pour les droits de l’homme a déclaré qu’au moins vingt civils avaient été tués et soixante-dix autres blessés au cours des premiers jours du cessez-le-feu, depuis l’entrée en vigueur de la trève, dans le nord-ouest de la Syrie.

تصعيد سوري ـ روسي خطير في إدلب… وفصائل المعارضة تدمر غرفة عمليات للنظام

١٧/١/٢٠٢٠ – هبة محمد

دمشق ـ «القدس العربي»: أنهت الضربات الروسية والسورية على مختلف مناطق إدلب الهدنة فيها شمال غربي سوريا ميدانياً، مع استئناف المقاتلات الحربية الروسية قصفها لمدن وبلدات المنطقة، والإيعاز ببدء جولة جديدة لقوات النظام المهاجـــمة، ضد مناطق قوات المعارضة السورية التي تستميت في الدفاع عن آخر معاقلها شمالاً، وسط دعوات أممية لوقف فوري للقتال، بعدما فشل اتفاق وقف إطلاق النار الأخير في حماية المدنيين، حسب تصريحات أممية.

وأعلنت مصادر لـ«القدس العربي» من فصائل الجيش الوطني الجمعة مقتل مجموعة مقاتلين من قوات النظام السوري، وتدمير غرفة عمليات على محور التج وأبو جريف وخروجها عن الخدمة بشكل كامل خلال المعارك الدائرة في ريف إدلب الجنوبي الشرقي. وأفادت مصادر عسكرية محلية عن مقتل مجموعة من قوات النظام بينها ضابط.

الأمم المتحدة: مقتل وإصابة 90 مدنياً في الأيام الأولى من الهدنة ونزوح 13 ألفاً في يوم واحد

وقال المرصد السوري لحقوق الانسان، إن القصف تصاعد بشكل هستيري على القطاع الغربي من الريف الحلبي، بالتزامن مع ترقب شن قوات النظام عملية برية خلال الساعات أو الأيام القليلة المقبلة.
وتسبب القصف الجوي الروسي بمقتل طفلين في عويجل بالإضافة لإصابة 7 آخرين بجراح بينهم 3 سيدات. وترافق القصف الجوي مع قصف مدفعي من قبل قوات النظام السوري على قرى وبلدات ريفي حلب الجنوبي والغربي.
ونزح نحو 13 ألف سوري جراء خروقات النظام وحلفائه في يوم واحد حيث تتواصل هجمات النظام وحلفائه رغم وقف إطلاق النار.
وأكدت الأمم المتحدة إن نحو 350 ألف سوري معظمهم نساء وأطفال نزحوا من إدلب منذ أوائل كانون الأول الماضي إلى مناطق قرب حدود تركيا، بسبب غارات وقصف قوات النظام المدعوم من روسيا على المحافظة التي تسيطر عليها المعارضة.
وأعلن الرئيس التركي رجب طيب إردوغان الجمعة أنه سيبحث مع نظيره الروسي فلاديمير بوتين هذا الأسبوع في مؤتمر برلين، المعارك الأخيرة التي وقعت في محافظة إدلب في شمال غرب سوريا.
من ناحيتها دعت مفوضة الأمم المتحدة لحقوق الإنسان ميشيل باشليه أمس الجمعة، لوقف فوري للقتال في محافظة إدلب السورية الخاضعة لسيطرة مقاتلي المعارضة، قائلة إن وقف إطلاق النار الأخير في سوريا فشل مرة أخرى في حماية المدنيين.
وقالت باشليه في بيان «من المفجع للغاية استمرار مقتل مدنيين كل يوم في ضربات صاروخية من الجو والبر». وتابعت «هذا الاتفاق، مثل غيره على مدار العام الماضي، فشل مرة أخرى في حماية المدنيين».
وقال جيريمي لورانس المتحدث باسم مفوضية الأمم المتحدة السامية لحقوق الإنسان في إفادة صحافية «ما زال الناس يُقتلون، الكثير من الناس على الجانبين»، فيما قال مكتب الأمم المتحدة لحقوق الإنسان إن ما لا يقل عن عشرين مدنياً قتلوا وأصيب سبعون آخرون في الأيام القليلة الأولى من هدنة دخلت حيز التنفيذ في شمال غربي سوريا.

Syrie : le cessez-le-feu à Idlib a échoué car des civils sont tués quotidiennement, selon l’ONU


Syrie : le cessez-le-feu à Idlib a échoué car des civils sont tués quotidiennement, selon l’ONU

© UNICEF
Un hôpital pour femmes et enfants endommagé par des frappes aériennes à Idlib, en Syrie (photo d’archives).
17 janvier 2020

La cheffe des droits de l’homme des Nations Unies, Michelle Bachelet, a appelé vendredi à une cessation immédiate des hostilités à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, affirmant que le dernier cessez-le-feu syrien avait « une fois de plus échoué à protéger les civils ».

« Mme Bachelet a condamné aujourd’hui la poursuite des meurtres et des mouvements de population dans le nord-ouest de la Syrie, malgré l’annonce d’un cessez-le-feu il y a près d’une semaine », a déclaré lors d’un point de presse, Jeremy Laurence, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH).

« Il est profondément navrant de constater que des civils sont encore tués quotidiennement par des tirs de missiles, tant aériens que terrestres », a souligné Mme Bachelet dans un communiqué.

« Bien que la poursuite d’un cessez-le-feu soit, bien sûr à encourager, cet accord – comme d’autres l’année dernière – n’a pas réussi, une fois de plus, à protéger les civils », a-t-elle ajouté, tout en rappelant que des femmes, des hommes et des enfants qui ne font que mener leurs activités quotidiennes à la maison, au travail, sur les marchés ou dans les écoles sont « tués et mutilés dans une violence insensée ».

Malgré l’application du cessez-le-feu le 12 janvier et la mise en place de « couloirs de sécurité » par le gouvernement syrien, les services de Mme Bachelet regrettent que les civils continuent d’être soumis à des « raids intensifiés » en raison de la poursuite des combats entre les forces progouvernementales et les groupes armés non étatiques.

Il s’agit surtout de faire valoir leurs « avantages militaires » sur le terrain, au mépris apparent du droit international humanitaire et de la protection de tous les civils.

Plus de 1.500 civils tués à Idlib depuis fin avril 2019

A cet égard, le Bureau de l’ONU aux droits de l’homme signale que le 11 janvier dernier, quelques heures avant l’application du cessez-le-feu, les opérations militaires dans la région se sont intensifiées et au moins 20 civils ont été tués lors de frappes aériennes qui ont touché plusieurs zones à Idlib.

Le 12 janvier – date du nouvel accord -, quatre civils ont été tués lors de frappes terrestres qui ont touché plusieurs quartiers résidentiels de la ville d’Alep contrôlée par le gouvernement. Le lendemain, le 13 janvier, un civil a été tué lorsqu’un missile a frappé sa maison dans le village d’al-Dana, dans la zone rurale de Maarat An Numan, qui est sous le contrôle de groupes armés non étatiques.

Les 15 et 16 janvier, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a reçu des informations faisant état d’une reprise des raids aériens. Le 15 janvier par exemple, au moins 15 civils de sexe masculin, dont deux enfants, ont été tués lors de raids aériens qui ont touché une zone industrielle et le marché aux légumes d’al-Hal dans la ville d’Idlib.

Depuis le début de l’escalade des hostilités dans et autour de la zone de désescalade d’Idlib (entre le 29 avril 2019, jusqu’au 15 janvier de cette année), le Bureau des droits de l’homme des Nations unies a vérifié des incidents au cours desquels 1.506 civils, dont 293 femmes et 433 enfants, ont été tués. Sur ce nombre, 75 civils, dont 17 femmes et 22 enfants (5% du total), se trouvaient dans des zones contrôlées par les forces gouvernementales.

Attaques contre les civils en Syrie-Idleb 2020

L’aide humanitaire transfrontalière de l’ONU en Syrie reconduite « a minima »


 

L’aide humanitaire transfrontalière de l’ONU en Syrie reconduite « a minima »

Après deux mois de dures négociations, le Conseil de sécurité des Nations unies, acculé par la Russie, n’a pu renouveler que la moitié des points de passage transfrontaliers où transitait l’aide humanitaire, vitale pour 4,3 millions de Syriens dans le nord du pays.

Le Monde – Par Publié aujourd’hui à 02h17, mis à jour à 11h53

 

Le camp pour personnes déplacées de Khirbet Al-Joz, dans l’ouest de la province d’Idlib, en décembre 2019.
Le camp pour personnes déplacées de Khirbet Al-Joz, dans l’ouest de la province d’Idlib, en décembre 2019. AAREF WATAD / AFP

En neuf ans de conflit en Syrie, le passage de l’aide humanitaire transfrontalière était l’un des seuls dispositifs mis en place par l’ONU à faire l’unanimité au Conseil de sécurité depuis son installation en 2014. Le consensus a volé en éclat lors des négociations pour le renouvellement du dispositif, qui se sont soldées par sa reconduction « a minima » vendredi 10 janvier, réduisant fortement l’assistance à la population syrienne.

Le bras de fer a opposé le principal allié du régime de Bachar Al-Assad, la Russie, aux corédacteurs de la résolution, la Belgique et l’Allemagne, jusque quelques heures à peine avant l’expiration du mandat du programme d’aide. Les Occidentaux ont dû faire de nombreuses concessions pour ne pas risquer des vétos russe et chinois, comme ceux qui leur avaient été opposés le 20 décembre, et qui auraient entraîné de facto la fermeture des quatre points de passage existants, privant ainsi 4,3 millions de Syriens de l’aide humanitaire dont ils dépendent intégralement.

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Le texte final soumis au vote vendredi ne prévoyait plus le renouvellement que de deux points de passage avec la Turquie, et ce pour six mois – alors que le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU avait demandé en décembre de renouveler les autorisations de passage en quatre lieux, non soumis à l’aval de Damas, pour un an. L’aide délivrée aux deux points de passage turcs est vitale pour trois millions de Syriens reclus dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, où les combats et bombardements ont redoublé depuis quelques semaines, en raison de l’offensive des forces du régime, avec le soutien de la Russie, pour reprendre la région.

« Il s’agit de vies humaines, pas de notre contentement à nous ici au Conseil », Dian Triansyah Djani, ambassadeur d’Indonésie à l’ONU

Les points de passage situés sur les frontières avec la Jordanie – pratiquement plus utilisés – et avec l’Irak sont supprimés. Le poste d’Al-Yarubiyah, à la frontière irakienne, était le seul accès possible pour acheminer les médicaments et du matériel chirurgical aux 1,3 million de personnes du nord-est syrien. Le Conseil de sécurité a demandé au secrétariat général de l’ONU de trouver des alternatives pour la distribution de médicaments d’ici fin février. « La Syrie refuse pour l’instant que l’aide médicale passe par Damas », confie un diplomate occidental.

Les membres du Conseil n’ont pas sacrifié sans frustration l’aide envoyée vers le nord-est du pays. « Il s’agit de vies humaines, pas de notre contentement à nous ici au Conseil, a déclaré Dian Triansyah Djani, l’ambassadeur indonésien à l’issue du vote. Nous sommes tous mécontents. » « Un convoi d’une dizaine de camions devait passer par ce point ces jours-ci, s’est inquiété l’ambassadeur belge Marc Pectseen de Buytswerve. Nous espérons que Moscou et Damas le laisseront passer. »

La Russie « en position de force »

Onze membres du Conseil de sécurité ont voté en la faveur de la résolution, alors que Russie, Chine, Etats-Unis et Grande-Bretagne, tous quatre membres permanents, se sont abstenus –pour des raisons diamétralement opposées. Comme en 2017 pour le mécanisme d’enquête conjoint de l’ONU et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, l’enjeu de la réunion dépassait le simple cadre du renouvellement de mandat. Alors que le passage de l’aide humanitaire à ces points transfrontaliers était renouvelé sans discussion tous les ans, le ton a changé depuis le début des négociations en novembre.

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« La Russie s’est sentie en position de force », analyse un diplomate occidental. Forte des avancées syriennes sur le terrain, Moscou a attaqué ce mécanisme censé être « exceptionnel ». L’ambassadeur russe Vasily Nebenzya a répété à l’envi que ces passages n’étaient plus justifiés, maintenant que Bachar Al-Assad a repris le contrôle de la majorité du territoire de son pays, et qu’ils allaient à l’encontre de la souveraineté nationale. « La Russie a tout fait pour faire dérailler le mécanisme », commente un diplomate ayant participé aux négociations.

« Des Syriens vont mourir à cause de cette résolution. Je vais être très claire : la fédération de Russie sera responsable des conséquences », selon l’ambassadrice américaine Kelly Craft

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se sont abstenus pour afficher leur mécontentement. « Il est plus que regrettable que les Russes aient politisé cette résolution à caractère humanitaire, alors qu’ils l’ont votée et renouvelée depuis 2014, a affirmé la représentante britannique Karen Pierce. C’est l’hiver. Cette résolution est une réponse inadéquate aux besoins des Syriens. » « Les Syriens vont souffrir inutilement à cause de cette résolution. Des Syriens vont mourir à cause de cette résolution, a pour sa part déclaré l’ambassadrice américaine Kelly Craft. Je vais être très claire : la fédération de Russie sera responsable des conséquences. »

En Syrie, écoles et prisons d’Idleb réaménagées pour les déplacés


En Syrie, écoles et prisons d’Idleb réaménagées pour les déplacés

AFP-2 janv 2020

AFP / Omar HAJ KADOUR Des enfants jouent dans la cour d’une prison transformée en centre d’accueil pour les déplacés à Idleb, le 31 décembre 2019

Les enfants jouent dans la cour et des adultes aménagent la cellule où vont désormais vivre plusieurs familles. En fuyant les bombardements du régime sur le nord-ouest syrien, ces déplacés d’Idleb n’ont eu d’autres choix que de se réfugier dans une ancienne prison.

Ils sont des centaines de milliers de déplacés à commencer la nouvelle année loin de leur foyer, parfois sommairement installés dans des écoles, des mosquées ou des bâtiments en construction, réquisitionnés pour les héberger dans la région d’Idleb dominée par les jihadistes.

Rien qu’en décembre, quelque 284.000 personnes ont dû fuir le sud de la province ravagé par des combats, notamment la ville de Maaret al-Noumane et ses environs, une zone aujourd’hui quasi vidée de ses habitants selon l’ONU.

Une cinquantaine de familles, soit environ 300 personnes, ont élu domicile dans une prison désaffectée de la ville d’Idleb.

Devant les bâtiments lugubres en pierre et en béton gris, des enfants font une ronde sur l’asphalte mouillé de la cour. D’autres gigotent sur des ballons sauteurs colorés pendant que certains jouent au tir à la corde.

AFP / Omar HAJ KADOUR Un déplacé syrien accroche une bâche dans la cellule d’une prison transformée en centre d’accueil pour déplacés, à Idleb, le 31 décembre 2019

Dans une cellule sombre, où un filet de lumière passe à travers de petites lucarnes en haut du mur, un homme perché sur un escabeau tend une bâche en plastique pour diviser la pièce.

A 69 ans, Oum Hatem a fui la région de Maaret al-Noumane avec son fils célibataire. Arrivée dans la ville d’Idleb, elle a cherché un refuge. On lui a indiqué la prison.

“Nous nous y sommes installés, même si l’endroit n’est pas habitable”, raconte la sexagénaire au visage strié de rides. “Il n’y a pas d’eau, pas d’électricité, pas de lumière. Les pièces sont étroites et étouffantes”, se plaint-elle.

– Manque d’abris –

Emmitouflée dans une veste en laine, Oum Hatem aide à vider une camionnette partie récupérer quelques affaires chez elle: des provisions dans des bocaux, des seaux en plastique, un tapis de jute.

AFP / Omar HAJ KADOUR Oum Hatem, une déplacée syrienne, aide à décharger ses affaires d’un camion dans la cour d’une prison transformée en centre d’accueil pour les déplacés à Idelb, le 31 décembre 2019

“Si nous en avions les moyens, nous aurions loué une maison”, se désole-t-elle. “Mais nous n’avons même pas de quoi manger.”

Depuis plusieurs semaines, le pouvoir de Bachar al-Assad soutenu par l’aviation russe a de nouveau intensifié ses bombardements contre Idleb.

Le régime se dit déterminé à reconquérir cette région dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) et qui accueille aussi des groupes rebelles.

Mais malgré un cessez-le-feu annoncé fin août, de violents combats au sol continuent d’opposer les forces prorégime aux jihadistes et aux rebelles.

AFP / Omar HAJ KADOUR Des enfants syriens se rassemblent dans la cour d’une prison transformée en centre d’accueil pour les déplacés à Idleb, le 31 décembre 2019

Avec le dernier afflux de déplacés, “des bâtiments publics comme des mosquées, des garages, des salles de mariage et des écoles sont utilisés pour accueillir les familles”, a récemment indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

Toutefois, les places disponibles pourraient ne pas suffire “étant donné l’ampleur des déplacements” a mis en garde l’agence onusienne.

Le nord d’Idleb est déjà envahi par les camps de déplacés informels où les civils s’entassent dans des tentes, quand ils ne sont pas tout simplement installés au milieu des champs d’oliviers.

– “Avenir devant eux” –

Dans une école visitée par un journaliste de l’AFP, le linge sèche sur des cordes dans la cour de récréation.

AFP / Omar HAJ KADOUR Une femme et son enfant devant une prison transformée en centre d’accueil pour les déplacés à Idleb, le 31 décembre 2019

Une dizaine de famille se partagent les lieux. Les classes ont été débarrassées des pupitres, remplacés par des tapis au sol et des matelas en mousse le long des murs.

“Les écoles sont transformées en centre d’accueil pour les déplacés de la région de Maaret al-Noomane ou du sud d’Idleb. L’enseignement y a été suspendu”, reconnaît Abdel Salam al-Amin, coordinateur d’une ONG humanitaire qui distribue des aides aux familles.

“Nous leur apportons des repas, des couvertures et des matelas”, ajoute-t-il.

Dans la cour de la prison, Abdel Qader Shawarghi coupe les cheveux d’un petit garçon assis sur une planche en bois.

Le coiffeur de 29 ans a fui depuis deux semaines les bombardements à Maaret al-Noomane. Installé avec sa femme et ses deux enfants dans la prison, il continue de manier le ciseau pour faire vivre sa famille.

Pour la nouvelle année, il se dit optimiste et espère que les gens pourront rentrer chez eux.

“Les enfants ont encore tout leur avenir devant eux, on ne veut pas qu’ils vivent ce que nous vivons avec la guerre”, soupire-t-il.

En près de neuf ans, le conflit déclenché en 2011 a tué plus de 370.000 personnes.

“Si Dieu le veut, cette nouvelle année sera la fin de la guerre en Syrie.”

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