Jeffrey à Deir Ez-Zor: Les forces américaines resterons.. et l’égalité entre Arabes et Kurdes


 

Forces américianes 2019

Jeffrey à Deir Ez-Zor: Les forces américaines resterons.. et l’égalité entre Arabes et  Kurdes

Al-Modon – Mercredi 10/07/2019

Pour la deuxième fois en un mois, la base américaine dans la zone du puit de pétrole à l’est de Deir Ez-Zor, a vu en une seul mois deux réunions de hauts responsables américains avec les parties syriennes locales, selon notre correspondant Mohammed Khalaf.

Mardi, l’envoyé spécial américain en Syrie, Jamis Jeffrey, l’ambassadeur américain William Ruback et le commandant américain en Irak et en Syrie, le général Black Miran sont arrivés à la base.
Les sources du « Modon »  ont indiqué que la délégation américaine avait tenu deux réunions: dans la première, en présence des deux coprésidents du « Conseil civil de Deir Ez-Zor », Ghassan Al-Yousef et Laila Al-Hassan. La délégation américaine a confirmé qu’une partie des troupes américaines devant se retirer y resterait dans le cadre de l’engagement des États-Unis de défendre la région et d’assurer sa sécurité et sa stabilité.
Hajim al-Bachir, représentant de la tribu Baggara, et Jamil Rachid al-Hafel, représentant de la tribu al-Okeidat, la plus grande tribu de l’Est syrien, se sont joints à la deuxième réunion. La délégation américaine a souligné son attachement à une répartition équitable du pouvoir et des ressources dans la région et à son soutien économique, ainsi qu’à une représentation réelle de tous les habitants des régions, dans toutes ses composantes, afin de créer un équilibre politique dans le nord-est de la Syrie et de développer la bonne gouvernance.
Dans ce contexte, Jeffrey a annoncé le retour de la mission diplomatique américaine, qui s’était précédemment retirée de Syrie, à la suite de la décision de Trump de retirer l’armée sur place. Il a annoncé le retour des programmes parrainés par le département d’État, notamment le programme « Star », qui soutient la bonne gouvernance et les élections locales. C’est un signe qu’il y a un effort américain pour organiser des élections dans la région, pour former des dirigeants locaux acceptables pour la population, pour gérer leurs affaires.
Notre correspondant a appris que la délégation américaine a tenu une réunion non annoncée avec les dirigeants kurdes de la région, axée sur le transfert des pouvoirs militaires et de la sécurité à la composante arabe, afin de créer un équilibre effectif dans la direction des « Forces démocratiques syriennes ».
Jeffrey a insisté lors de ses entretiens sur la survie des forces américaines jusqu’à l’annonce d’une solution permanente au problème syrien et a annoncé que le retrait d’une partie des forces américaines serait couvert par les alliés, comme le confirme le journal “Foreign Policy”, qui a confirmé l’approbation de Londres et de Paris pour renforcer sa présence militaire en Syrie. Entre 10 et 15%, alors que l’Italie s’apprête à annoncer son accord sur l’invitation américaine à contribuer à combler le vide laissé par le retrait de certaines troupes américaines, le journal a annoncé qu’un certain nombre de pays des Balkans et de la Baltique enverraient une « poignée » de soldats confirmant leur engagement à soutenir la position américaine. Alors que l’Italie envisage la décision d’envoyer des forces militaires dans la région. Lundi, l’Allemagne a rejeté une demande américaine d’envoi de troupes en Syrie et a annoncé son intention de ne poursuivre que les contributions militaires actuelles à l’alliance contre l’organisation « Daech ».

جيفري في ديرالزور: بقاء القوات الأميركية..ومساواة العرب والأكراد

المدن – عرب وعالم | الأربعاء 10/07/2019

جيفري في ديرالزور: بقاء القوات الأميركية..ومساواة العرب والأكراد Getty ©
للمرة الثانية في غضون شهر، تشهد القاعدة الأميركية في حقل العمر النفطي شرقي ديرالزور، اجتماعات يعقدها مسؤولون أميركيون رفيعو المستوى، مع الأطراف المحلية السورية، بحسب مراسل “المدن” محمد الخلف.

ووصل إلى القاعدة جواً، الثلاثاء، كل من المبعوث الأميركي الخاص إلى سوريا جميس جيفري، والسفير الأميركي وليم روباك، وقائد القوات الأميركية في سوريا والعراق الجنرال بلاك ميران.

مصادر “المدن” أشارت إلى أن الوفد الأميركي عقد اجتماعين؛ الأول حضره الرئيسان المشتركان لـ”مجلس ديرالزور المدني” غسان اليوسف وليلى الحسن، وتم التركيز فيه على الوضع الخدمي والإنساني في المنطقة، وجهود محاربة “داعش” وضمان عدم عودته. وأكد خلاله الوفد الاميركي أن جزءاً من القوات الاميركية المقرر انسحابها سيبقى هناك، في اطار التزام الولايات المتحدة بالدفاع عن المنطقة وضمان أمنها واستقرارها.

أما الاجتماع الثاني، فانضم إليه كل من حاجم البشير، ممثلاً عن قبيلة البكارة، وجميل رشيد الهفل ممثلاً عن قبيلة العكيدات، كبرى قبائل الشرق السوري. وأكد الوفد الاميركي على الالتزام بتوزيع عادل للسلطة والموارد في المنطقة، والعمل على توفير دعم اقتصادي لها، كما وعد بدعم سياسي والعمل على وجود تمثيل حقيقي لكل أبناء المناطق، بكل مكوناتها، لخلق توازن سياسي في شمال شرق سوريا وتطوير الحوكمة الرشيدة ودعم قدرات الإدارات المحلية.

وفي هذا الإطار أعلن جيفري، عن عودة البعثة الديبلوماسية الاميركية، التي كانت قد انسحبت سابقاً من سوريا، عقب قرار ترامب المغادرة. وأعلن عودة البرامج التي ترعاها الخارجية الاميركية للعمل هناك، وعلى رأسها برنامج “ستار” الذي يدعم الحوكمة الرشيدة والانتخابات المحلية. وتعتبر هذه إشارة إلى وجود مسعى أميركي لإجراء انتخابات في المنطقة، لإفراز قيادات محلية مقبولة من السكان، لإدارة شؤونها.

كما علم مراسل “المدن”، أن الوفد الاميركي عقد لقاءاً غير معلن عنه مع القيادات الكردية في المنطقة، تتمحور حول عمليات نقل الصلاحيات الأمنية والعسكرية إلى المكون العربي، بهدف احداث توازن فعلي في قيادة “قوات سوريا الديموقراطية”.

جيفري أكد خلال لقاءاته، على بقاء القوات الاميركية، حتى إيجاد حل دائم للقضية السورية، واعلن أن انسحاب جزء من القوات الاميركية سيتم تغطيته من الحلفاء، وهو ما أكدته صحيفة “فورين بوليسي”، التي أكدت موافقة لندن وباريس على زيادة وجودها العسكري في سوريا بنسبة بين 10 و15%، بينما تستعد إيطاليا لإعلان موافقتها على الدعوة الاميركية للمساهمة بملء الفراغ الذي سيخلفه انسحاب بعض القوات الاميركية، واضافت الصحيفة أن عدداً من دول البلقان والبلطيق سترسل “حفنة” من الجنود لتأكيد التزامها بدعم الموقف الاميركي. فيما تدرس إيطاليا قراراً حول إرسالها قوات عسكرية إلى المنطقة. وكانت ألمانيا، قد رفضت الاثنين، طلباً أميركياً لإرسال قوات إلى سوريا، وقالت إنها تعتزم فقط مواصلة الإسهامات العسكرية الحالية في تحالف مكافحة تنظيم “داعش”.

وكانت الولايات المتحدة قد أرسلت نحو 2000 مقاتل إلى سوريا، من المقرر أن تحتفظ بـ400 منهم فقط، بينما تحتفظ كل من لندن وباريس بعدد غير مصرح عنه من الجنود، يقدر بين 200 إلى 300 جندي. وفي حال ارسال كافة الدول المدعوة، ومنها بعض الدول العربية، مقاتلين منها سيتم تعويض القوات الاميركية المنسحبة، لكن الأهم هو تشكيل حلف دولي على الأرض من تلك القوات، يجعل من أي تحرك مضاد لها بمثابة عدوان مباشر على تلك الدول، وهو ما يبدو أن الإدارة الاميركية تسعى إليه من خلال الإصرار على تحمل حلفائها لجزء من المهمة في سوريا.

L’accord de “Manbej” entre la procrastination américaine et les options turques


 


Adnan Ahmed
12 octobre 2018

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a déclaré jeudi que l’accord entre son pays et les Etats-Unis concernant la ville de Manbej, à l’est d’Alep, est toujours dans l’impasse et peut-être même en échec, à la lumière des relations froides américano-turques. et l’entrée du régime syrien comme acteur clé dans l’affaire Manbej après le soutien de ses forces par la Russie, il contrôlait la plupart des zones d’opposition (à l’exception d’Idleb et de ses environs) et dirigeait sa boussole vers l’est pour compléter ce contrôle. Dans ses condoléances non déclarées de l’accord de Manbej, Erdogan a dit que « l’accord n’est pas complètement mort mais a été reporté ».

Les déclarations d’Erdogan sont venues à un moment où les relations américano-turques sont déjà très froides, à la suite de l’arrestation du révérend américain Andor Brunson en Turquie et après que les sanctions américaines qui ont fait chutter la lire turque. Malgré l’annonce au début de ce mois-ci de la reprise des patrouilles communes à Manbej entre les parties américaine et turque, les patrouilles, qui sont presque le seul élément qui a été respecté dans la « feuille de route » signée entre les deux parties en juin, n’ont plus de sens. À la lumière des actions entreprises par les parties américaine et kurde sur le terrain en vue de la consolidation du contrôle de la ville et non du retrait selon l’accord.

La « feuille de route » comprend plusieurs étapes, à commencer par le retrait des commandants des « Forces de protection du peuple » (kurdes), suivies par la saisi des militaires et des services de renseignement turcs et américains pour surveiller la ville. La troisième étape prévoit la formation d’une administration locale dans un délai de 60 jours, de sorte que le conseil local et militaire, qui fourniront les services et la sécurité dans la ville, selon la répartition ethnique de la population. Mais rien n’a été fait sauf des patrouilles des deux côtés de la ligne de démarcation entre les milices kurdes et le « Bouclier de l’Euphrate » soutenu par la Turquie.

Ces derniers jours, plusieurs sources ont rapporté que les États-Unis avaient fourni du matériel de forage aux milices kurdes de la ville, afin de compléter le périmètre de la ville de Manbej en creusant des tranchées et des barricades. Selon des sources locales, « des camions chargés de matériel de forage, d’armes et de matériel sont arrivés du nord de l’Irak, y compris trois bulldozers et une excavatrice, en plus de l’armure KOGAR remise à l’armée du Conseil de Manbej. De son côté, la coalition dirigée par les États-Unis a révélé que « Un groupe de véhicules et de véhicules de service ont été envoyées dans la ville de Manbej, dans le cadre d’une opération de reconstruction de la région ». Les « Forces Démocratiques syriennes » FDS avait contrôlé la ville de Manbej en août 2016, grâce aux soutien des Américains, dans le cadre de la guerre contre l’organisation Daech ».

Selon l’agence « Anatolie » turque, des « unités » ont commencé à creuser le périmètre de la ville depuis le contrôle de la région l’an dernier, mais le rythme des forages s’est accéléré après le lancement de l’armée turque et de l’armée syrienne libre l’opération « Free Syrian Army » (bouclier de l’Euphrate) dans la campagne nordique d’Alep, « Le rythme des forages a diminué après que les forces américaines ont construit deux bases près des zones de (bouclier de l’Euphrate), en avril dernier, mais elles sont revenues à leurs activités antérieures après l’accord turco-américain sur la feuille de route ».

À la lumière de cette tergiversation américain dans la mise en œuvre de l’accord, Ankara a de nouveau fait allusion à l’option militaire consistant à expulser les milices kurdes de la ville, qui est soumise à une situation militaire et politique complexe en raison de l’enchevêtrement des intérêts régionaux et internationaux. Les États-Unis ont déployé des unités militaires autour de la ville avec des opportunités croissantes d’affrontements entre leurs alliés kurdes et les forces turques en mars 2017. La Russie a également déployé des forces de police militaires dans les villages de Manbej, évacués par les Kurdes avec l’avancée des forces turques, et remplacés par des unités du régime syrien. La manœuvre kurde a fourni au régime syrien un corridor terrestre qui a permis de relier les zones sous son contrôle dans l’extrême nord et qui a été isolé depuis le déclenchement de la révolution syrienne à Alep et ses zones situées au sud.

Bien entendu, le régime syrien et la Russie réalisent qu’ils ne peuvent pas contrôler Manbej en raison de la protection des États-Unis, alors que deux rounds de négociations entre les représentants kurdes et le régime n’ont pas permis de déterminer le statut définitif de la région, ce qui augmente les chances que le régime cherche d’autres moyens de contrôle, tels que la mobilisation des réseaux tribaux qui lui sont loyaux contre les milices kurdes, notamment avec l’échec des accords entre la Turquie et les États-Unis sur la ville.

L’option militaire turque à Manbej semble également présenter de nombreux dangers: Ankara préférera peut-être faire preuve de plus de patience envers les États-Unis, dans l’attente d’une amélioration des relations entre les deux pays afin de revigorer la feuille de route de Manbij. En fait, dès le départ, l’accord était ambigu et constituait un compromis entre les deux parties dans lequel Washington cherchait à absorber l’impulsion turque envers Manbij sans pour autant être fidèle au contenu de l’accord.

 

سورية: اتفاق “منبج” بين المماطلة الأميركية والخيارات التركية

عدنان أحمد
12 octobre 2018

كشفت تصريحات الرئيس التركي رجب طيب أردوغان التي نقلتها الصحافة التركية، أمس الخميس، أن الاتفاق بين بلاده والولايات المتحدة بخصوص مدينة منبج، شرقي حلب، ما زال في مرحلة التعثر، وربما الفشل، في ضوء برودة العلاقات التركية – الأميركية، فضلاً عن دخول النظام السوري كلاعب رئيسي في قضية منبج بعد تمكن قواته بدعم روسي، من السيطرة على معظم مناطق المعارضة (باستثناء إدلب ومحيطها) وتوجيه بوصلته شرقاً لاستكمال هذه السيطرة. وفي نعيه غير الصريح لاتفاق منبج، قال أردوغان إن “الاتفاق تأجل، لكن لم يمت تماماً”.

وأتت تصريحات أردوغان في وقت باتت فيه العلاقات الأميركية ــ التركية أسيرة البرود الشديد، نتيجة قضية اعتقال القس الأميركي أندور برونسون في تركيا، وما تبع ذلك من عقوبات أميركية هوت بالليرة التركية. ورغم الإعلان مطلع الشهر الحالي عن استئناف تسيير دوريات مشتركة في منبج بين الجانبين الأميركي والتركي، إلا أن هذه الدوريات، التي تكاد تكون البند الوحيد الذي تمّ التقيّد به في اتفاق “خارطة الطريق” الموقع بين الجانبين في يونيو/ حزيران الماضي، لم تعد ذات معنى في ظل ما يتخذه الجانبان الأميركي والكردي من إجراءات على الأرض باتجاه تكريس سيطرتهما على المدينة، وليس الانسحاب منها بموجب الاتفاق.
وتتضمن “خارطة الطريق” خطوات عدة تبدأ بانسحاب قادة “وحدات حماية الشعب” (الكردية)، ويليها تولي عناصر من الجيش والاستخبارات التركية والأميركية مهمة مراقبة المدينة. أما المرحلة الثالثة فتنص على تشكيل إدارة محلية في غضون 60 يوماً، بحيث يتم تشكيل المجلس المحلي والعسكري اللذين سيوفران الخدمات والأمن في المدينة، حسب التوزيع العرقي للسكان. لكن كل ما سبق لم ينفذ منه شيء سوى تسيير دوريات على جانبي الخط الفاصل بين المليشيات الكردية وفصائل “درع الفرات” المدعومة من تركيا.
وفي الأيام الأخيرة، ذكرت مصادر عدة أن الولايات المتحدة زوّدت المليشيات الكردية في المدينة بمعدات حفر، لاستكمال تطويق محيط مدينة منبج بالحفر والخنادق والمتاريس. وقالت مصادر محلية إن “شاحنات محمّلة بمعدات الحفر وبالأسلحة والعتاد وصلت من شمال العراق إلى المدينة، بما في ذلك ثلاث جرافات وحفارة إضافة إلى مدرعات من نوع “كوجار” سُلّمت لمجلس منبج العسكري. من جهته، كشف التحالف الدولي بقيادة الولايات المتحدة، أنه “أرسل مجموعة من الآليات والسيارات الخدمية إلى مدينة منبج، وذلك ضمن عملية إعادة إعمار المنطقة”. وكانت “قوات سورية الديمقراطية” (قسد) قد سيطرت على منبج التابعة لمحافظة حلب السورية، في أغسطس/ آب 2016 بدعم أميركي، في إطار الحرب على تنظيم “داعش”.
وحسب وكالة “الأناضول” التركية، فإن “الوحدات التركية بدأت في حفر محيط المدينة منذ سيطرتها على المنطقة العام الماضي، لكن وتيرة الحفر زادت بعد إطلاق الجيش التركي والجيش السوري الحر عملية (درع الفرات) في ريف حلب الشمالي، في الشهر ذاته”، مشيرة إلى أن “وتيرة الحفر انخفضت بعد قيام القوات الأميركية ببناء قاعدتين قرب مناطق (درع الفرات، في إبريل/ نيسان الماضي، لكنها عادت لنشاطها السابق بعد الاتفاق التركي الأميركي على خارطة الطريق”.
وفي ضوء هذه المماطلة الأميركية في تنفيذ الاتفاق، عادت أنقرة إلى التلويح بالخيار العسكري لطرد المليشيات الكردية من المدينة الخاضعة لوضع عسكري وسياسي معقد بسبب تشابك المصالح الإقليمية والدولية فيها. وكانت الولايات المتحدة قد نشرت وحدات عسكرية في محيط المدينة مع تزايد فرص الصدام بين حلفائها الأكراد والقوات التركية في مارس/ آذار 2017، فيما نشرت روسيا بدورها قوات شرطة عسكرية في قرى تابعة لمنبج، كان الأكراد قد أخلوها مع تقدم القوات التركية، لتشغلها وحدات تابعة للنظام السوري. ووفرت المناورة الكردية للنظام السوري ممراً برياً أعاد ربط المناطق الخاضعة لسيطرته في أقصى الشمال والمعزولة عنها منذ اندلاع الثورة السورية بمحافظة حلب والمناطق الواقعة إلى الجنوب منها.
وبطبيعة الحال، يدرك النظام السوري وروسيا أنه ليس باستطاعتهما السيطرة على منبج بسبب خضوعها للحماية الأميركية، فيما لم تحقق جولتان من المفاوضات بين ممثلين أكراد والنظام أي تقدم لتحديد الوضع النهائي للمنطقة، ما يزيد من احتمال أن يعمد النظام إلى البحث عن وسائل بديلة للسيطرة عليها، مثل تعبئة الشبكات العشائرية الموالية له ضد المليشيات الكردية، خاصة مع تعثر التفاهمات بين تركيا والولايات المتحدة بشأن المدينة.

أما الخيار العسكري لتركيا في منبج، فيبدو هو الآخر محفوفا بالمخاطر، وقد تفضّل أنقرة المزيد من الصبر مع الولايات المتحدة بانتظار تحسن العلاقات بين البلدين لإعادة تفعيل خارطة طريق منبج. والواقع أنه منذ البداية كان هذا الاتفاق مشوباً بالغموض، ومثّل حلاً وسطاً في حينه بين الجانبين، سعت من خلاله واشنطن لامتصاص الاندفاعة التركية باتجاه منبج، من دون أن تكون مخلصة فعلاً للتقيد بمضمون الاتفاق٠

 

MANBIJ L’ARAMÉENNE

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Transformations à l’Est de l’Euphrate … Les Kurdes parviendront-ils à un accord avec le régime? تحولات في شرقي الفرات… هل يتفاهم الأكراد مع النظام؟


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Transformations à l’Est de l’Euphrate … Les Kurdes parviendront-ils à un accord avec le régime?

Ameen Al – Asi Rayan Mohammed
1er juillet 2018
L’Est de la Syrie s’oriente vers des transformations qui pourraient conduire au retour du régime progressivement dans les zones sous le contrôle d’une faction kurde, en essayant d’éviter les conséquences d’une compréhension turco-américaine qui s’est déjà manifestée  dans Afrin et Manbej, il est possible que les Kurdes seront délogés de l’avant scènes des événements politiques et militaires syriens. Il est devenu évident l’existence d’une négociation non déclarée entre le régime et le parti « Union démocratique » kurde autour de la province de Raqqa, dans une tentative du parti de se retirer des prétextes des mains d’Ankara pour une action militaire dans l’est de l’Euphrate, similaire au processus de « rameau d’olivier », qui a eu lieu au début de cette année dans Afrin au nord-est d’Alep, et s’est terminée par l’expulsion des unités kurdes, l’aile militaire du parti mentionné, de cette région.

Des sources locales ont confirmé que “le régime exigeait le démantèlement des brigades des rebelles de Riqqa, qui sont toujours affiliées à l’Armée syrienne libre (ASL), respectée de la rue de l’opposition à Raqqa, la remise du chef des révolutionnaires de Raqqa Abu Issa au régime et l’arrêt des autres éléments pour faire avancer les négociations. C’est ce qui est arrivée effectuvement, la brigade a été dissoute et un accord négocié par les tribus garantisant le retrait du commandant de la brigade de Raqqa, après avoir rejeté une offre de rejoindre les unités kurdes en tant que commandant militaire et de remettre les armes de la brigade et de ses composants. “

“Le Parti unioniste démocratique a conclu un accord avec le régime pour retirer les drapeaux kurdes et les images des symboles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)”, a rapporté jeudi le quotidien syrien al-Watan, citant des sources locales non identifiées. ainsi que les images des martyrs dans les villes de Qamishli et Hasaka, “notant que” l’accord inclut les villes de Ras al-Ain et Amouda au nord-ouest et à l’ouest de Hasaka. “Les centres de recrutements seront ramenés dans certaines villes de la province et des barrières conjointes seront établies entre les forces de l’armée arabe syrienne régulière et les milices kurdes affiliées au parti”, a-t-elle dit.

تحولات في شرقي الفرات… هل يتفاهم الأكراد مع النظام؟

أمين العاصي ــ ريان محمد

1 يوليو 2018

يتجه الشرق السوري إلى تحوّلات ربما تفضي إلى عودة سلطة النظام تدريجياً إلى المناطق التي تقع تحت سيطرة فصيل كردي، يحاول تجنّب تبعات تفاهم تركي أميركي تجلى في عفرين ومنبج، ومن الممكن أن يزيح الأكراد من واجهة الحدثين السياسي والعسكري السوريين. وبات بحكم المؤكد وجود مفاوضات غير معلنة بين النظام وحزب “الاتحاد الديمقراطي” الكردي حول محافظة الرقة، في محاولة من الحزب لسحب الذرائع من يد أنقرة للقيام بعمل عسكري في شرقي الفرات شبيه بعملية “غصن الزيتون” التي جرت في بداية العام الحالي في منطقة عفرين شمال شرقي حلب، وانتهت بطرد الوحدات الكردية، الذراع العسكرية للحزب المذكور، من هذه المنطقة٠

وأكدت مصادر محلية مطلعة أن “النظام اشترط حلّ لواء ثوار الرقة الذي لا يزال منتسباً للجيش السوري الحر، وهو محل احترام للشارع المعارض في الرقة، وتسليم قائده أبو عيسى واعتقال بقية العناصر، من أجل المضي قدماً بالمفاوضات. وهو ما تم بالفعل، مع حلّ اللواء بعد التوصل لاتفاق جرى بوساطة عشائرية وتضمن إخراج قائد اللواء من الرقة، بعد رفضه عرضاً بأن ينضم للوحدات الكردية بصفة قائد عسكري وتسليم أسلحة اللواء وعناصره”. وأكدت المصادر لـ “العربي الجديد”، أن “بعض الموالين للنظام في الرقة يعملون على استثمار الأخبار عن مفاوضات بين الأكراد والنظام وقرب دخول النظام إلى المحافظة، بهدف تخويف السكان، وخلق أرضية تمهد لعودة النظام”٠

وكانت صحيفة “الوطن” السورية، المقربة من النظام، قد ذكرت يوم الخميس، نقلاً عن مصادر محلية لم تسمها، أن “حزب الاتحاد الديمقراطي توصّل إلى اتفاق مع النظام لإزالة الأعلام الكردية وصور رموز حزب العمال الكردستاني الذي يتبع له، وصور قتلاه من الشوارع الرئيسية في مدينتي القامشلي، والحسكة”، مشيرة إلى أن “الاتفاق يشمل مدن رأس العين وعامودا شمال غرب وغرب الحسكة”. وأضافت أنه “ستتم إعادة شعب التجنيد إلى بعض المدن في المحافظة وإقامة حواجز مشتركة بين قوات الجيش العربي السوري ومسلحي المليشيات الكردية التي تتبع للحزب”٠

من جانبه، قال أكاديمي كردي، في حديث مع “العربي الجديد”، إن “هناك مباحثات حول مصير المنطقة، لم تعلن بعد، إلى حين اتضاح الخطوط العريضة المتوافق عليها من قبل الطرفين”، مضيفاً أن “النظام يطرح الإدارة المحلية والمدنية، على أن تكون المليشيات الكردية ضمن منظومة النظام، وقد يكون الشكل المقبل لإدارة المنطقة على أساس اللامركزية الإدارية الموسعة”.واستبعد أن “تلقى هذه المفاوضات معارضة أميركية”، مضيفاً أن “الأميركيين يطلبون عدم محاربة النظام، فليس في أجنداتهم إسقاط النظام، وأولويتهم اليوم هي الوجود الإيراني فقط”. بدوره قال مستشار الرئاسة المشتركة، عضو الهيئة التنفيذية في حزب الاتحاد الديمقراطي سيهانوك ديبو، في حديث لـ”العربي الجديد”، إنه “لا يوجد شيء رسمي حول وجود مفاوضات”، مستدركاً بالقول: “لكن الطرفين أبديا استعداداً للعملية، كما أن الوضع الميداني يدفع لذلك، حيث يجب أن يهدف التفاوض لإيجاد الجمهورية الثالثةوأشار إلى أن “الطرفين يسعيان إلى ردم الهوة والتقارب”، مضيفاً أنه “نحن سنناضل للوصول إلى نموذج الإدارات الذاتية سلمياً ولا يمكن أن تفرض بالقوة على مكونات الشعب السوري”. ولفت إلى أن “إزالة الصور والشعارات والأعلام الحزبية، تندرج ضمن مسألة خدمية تنظيمية لا غير، ويجب أن تكون محصورة في المقرات الحزبية والخاصة، وليست في الأماكن العامة أو المؤسسات الرسمية”٠

ويسيطر حزب الاتحاد الديمقراطي، تحت غطاء “قوات سورية الديمقراطية” وبدعم أميركي مباشر، على نحو ربع مساحة سورية، إذ يسيطر على كل منطقة شرق الفرات التي تعدّ “سورية المفيدة” بثرواتها المائية والزراعية والنفطية، وتسيطر قواته على أغلب محافظة الرقة، وكامل ريف دير الزور شمال نهر الفرات، وأغلب محافظة الحسكة باستثناء مربعين أمنيين للنظام في مدينتي القامشلي والحسكة. كذلك يسيطر على ريف حلب الشمالي الشرقي، شرقي نهر الفرات، وسلسلة قرى جنوب نهر الفرات تمتد من مدينة الطبقة غرباً وحتى مدينة الرقة شرقاً، على مسافة أكثر من 60 كيلومتراً. وأدّت التطورات الكبيرة في منطقة عفرين شمال غربي حلب، وفي مدينة منبج شمال شرقي حلب، دوراً مهماً في تعديل استراتيجية هذا الحزب، الذي تُرك لمصيره أمام الجيش التركي وفصائل تابعة للمعارضة السورية، وهو ما دفعه إلى فتح باب حوار جدي مع النظام، والتسريع في خطوات تفاهم مع النظام، تجنباً لعملية عسكرية تركية في محافظة الرقة ربما تفضي إلى اختفاء الحزب نهائياً من المشهد العسكري والسياسي السوري٠

وتتلقّى “الوحدات الكردية” دعماً مباشراً من واشنطن، ما يعني أن أي مفاوضات تجرى مع النظام لا يمكن لها أن تستمر من دون ضوء أخضر من الولايات المتحدة التي تتخذ من شرقي سورية الغني بالثروات الطبيعية والزراعية منطقة نفوذ مباشر لها، ولكن مسؤولين أميركيين ألمحوا أخيراً إلى احتمال انسحاب القوات الأميركية من سورية مع الاحتفاظ بأكثر من قاعدة. وأكدت مصادر محلية في مدينة الطبقة التابعة إدارياً للرقة لـ”العربي الجديد” أن “وفداً كبيراً من النظام زار المدينة أخيراً، حيث جرى اتفاق مع الوحدات على إعادة بعض مؤسسات النظام الخدمية على مراحل”، مشيرة إلى أن “المفاوضات لم تفض لاتفاق حول السيطرة العسكرية وهي لا تزال مستمرة”٠

وكانت “قوات سورية الديمقراطية” قد سيطرت في أكتوبر/ تشرين الأول في عام 2017 على مدينة الرقة، بعد معارك طاحنة امتدت لأشهر مع تنظيم “داعش”، انتهت بتدمير المدينة بشكل شبه كامل نتيجة القصف الجوي من طيران التحالف الدولي، بقيادة أميركا، والمدفعي من هذه القوات. وتُتهم الوحدات الكردية من قبل فعاليات مدنية معارضة باتباع سياسة لا تقل خطورة عن سياسة “داعش” في فرض ثقافة دخيلة على المحافظة، تقوم على مبادئ زعيم حزب العمال الكردستاني، عبد الله أوجلان. وهي ثقافة تجد رفضاً من عموم سكان محافظة الرقة، وذات الطبيعة العشائرية المحافظة. وتدرك الوحدات الكردية أن وجودها في محافظتي الرقة ودير الزور محفوف بالمخاطر، حيث لا حاضن اجتماعياً لها، فالوجود السكاني الكردي يكاد يكون معدوماً في المحافظتين، ومن هنا فهي تعمل على نسج خيوط تفاهم مع النظام لحفظ مصالحها في الشرق السوري٠

وأكد مصدر عسكري في مجلس دير الزور العسكري التابع لـ “قسد” منذ أيام أن “هناك توتراً كبيراً بين المكون العربي والأحزاب الانفصالية الكردية داخل قسد”، مشيراً إلى أن “هناك خوفاً دائماً لدى الطرفين من خوض صراع مسلح على السلطة في مناطق دير الزور”. وأضاف أن “قسد تسعى بشكل مستمر لإيجاد حالة من الخلخلة وعدم الترابط بين أهالي وعشائر دير الزور، متخذة تنظيم داعش والانتماء له شماعة تعلق عليها كل التهم”٠

ولا يوجد أي حضور سكاني كردي في ريف دير الزور وفي ريف الحسكة الجنوبي، وتنتشر قبائل عربية في المنطقة، ولا تخفي تخوفها من الوجود العسكري الكردي في المنطقة. ومن المرجح أن تعمل الوحدات على تفاهم مع قوات النظام لتحديد مصير ريف دير الزور شمال نهر الفرات، الذي يضم أبرز حقول النفط في الشرق السوري، ولكن من غير الواضح الموقف الأميركي النهائي حيال هذه المنطقة مع اعتراض الطيران الأميركي أكثر من مرة قوات تابعة للنظام، من بينها مرتزقة تدعمهم إيران وروسيا، حاولت التقدم فيها٠

Ça arrive à Afrin


 

Photo Ocalan et Assad 2018

Arrivée de miliciens syriens pro-Bachar Al Assad à Afrin, venus prêter main-forte aux Kurdes.


Salamé Kailéh
22 mars 2018

Les troupes turques ont pu occuper Afrin, en utilisant certaines factions de l’Armée syrienne libre (selon certaines vidéos elles ne sembleraient pas très différentes de « Daech »), suite à son contrôle sur une vaste partie du nord-ouest de la Syrie. C’est la deuxième bataille que la Turquie mène, après avoir pu occuper Jarablus, jusqu’al-Bab. Dans les deux batailles, elle a troqué au détriment du peuple et de la révolution syrienne, d’abord Alep, et la seconde le sud-est d’Idlib, fermant les yeux sur ce qui se déroule à la Ghouta orientale, et elle était même susceptible de laisser l’armée du régime et les milices sectaires iraniennes entrer dans Afrin. Elle mène sa bataille contre ce qu’elle considère la menace : les Kurdes. Elle craigne l’établissement d’une entité kurde au nord et à l’est de la Syrie. Elle a combattu sous la rubrique du « terrorisme », un outil que tous les partis utilisent contre tous les dissidents. Je comprends que les Turcs considèrent les Kurdes des séparatistes, bien que cela soit leur droit à leur terre historique, mais que cette appelation devient la mode ressemble plutôt à une farce, au détriment du peuple syrien en toutes circonstances.
La position de l’auteur de ces lignes de l’Union démocratique (kurde) est claire, contre son contrôle sur le nord et l’est de la Syrie, et contre sa déclaration de la fédération de Rojava, puis la région fédérale du Nord en Syrie, où elle découpe ce qu’elle voulait de la terre pour construire son autorité sous le nom du « fédéralisme », sans qu’il y ait une majorité kurde ou une prédominance dans certaines régions. L’Union démocratique (kurde) ou le PYD/YPG fait partie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), et certains dirigeants de ce parti mène le conflit en Syrie, et c’est lui qui contrôle la zone fédérale. Le Parti mène une mauvaise bataille en Turquie, et il surestime son ambition « kurde » en provoquant les Arabes et d’autres nationalistes. Le rôle du Parti de l’Union démocratique a été mauvais en ce qui concerne la Révolution syrienne, où il était enclin à des compromissions avec le régime syrien, qui lui a remis des zones de contrôle au début de la révolution, où il a réprimé la jeunesse kurde qui a participé aux manifestations contre le régime, il a arrêté les opposants des autres partis kurdes. Par conséquent, c’est un pouvoir autoritaire qui sert des intérêts particuliers, c’est pourquoi il a fait des alliances avec ceux qui l’aident, comme il a fait des alliances avec les Amériques, qui l’a employé pour servir sa politique en Syrie. Il cherchait, dans tout cela, à construire une entité spéciale, nuisant ainsi au parcours de la révolution, voire même la contredisait, en poursuivant ses intérêts égoïstes, voire même fanatiques.
Mais l’alternative n’est pas l’occupation de la Turquie du nord syrien, d’autant plus que le président turc Recep Tayyip Erdogan cherche à contrôler tout le nord syrien et atteindre les régions du nord de l’Irak. Pour se faire, il a détourné des factions armées syriennes de sa propre guerre « contre Daech » (ce que l’Amérique a échoué de faire quand elle a essayé d’engager l’armée libre dans la guerre « contre Daech » au lieu de combattre le régime), et maintenant contre les Kurdes. Dans tous les lieux où elles parviennent à contrôler, elles élèvent le drapeau turc, et imposent le contrôle de ce dernier, comme tout Etat occupant, ceci, malgré la rhétorique démagogique d’Erdogan sur le soutien au peuple syrien. La Turquie rejette la formation d’une entité kurde sur ses frontières, et cherche à empêcher la communication entre la jazeeré (Cizré) syrienne et Afrin, où le Parti de l’Union démocratique (kurde) cherche à contrôler le nord syrien, de la Méditerranée à Deir Ez-Zor, tout au long des zones décidées par « l’Union des travailleurs démocratiques » du Kurdistan. Cependant, il impose une nouvelle occupation, qui veut étendre son influence en Syrie, et soumettre à sa politique les factions armées qui combattaient le régime, les détournant ainsi de leur lutte initiale pour servir sa stratégie. Cela a conduit à troquer les zones que ces factions défendaient (Alep).
Nous sommes situé entre l’ambition de l’Union démocratique qui veut contrôler une partie de la Syrie, qui est en alliance avec les USA, et une occupation turque qui refuse seulement de se laisser faire, et veut aussi la zone. Les deux options imposent une occupation du territoire syrien: «l’Union démocratique – PYD/YPG» soumise à l’occupation américaine dans le nord et l’est de la Syrie, contrôlant désormais les puits du pétrole, et la Turquie qui veut imposer son occupation dans le nord syrien.

La Syrie est soumise à l’occupation avec des outils locaux,
l’image est, probablement, ainsi.

Syrie:les forces prorégime entrent en soutien dans l’enclave kurde d’Afrin

Plus de 1.000 combattantes arabes ont rejoint les FDS


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Une combattante arabe syrienne contre l’EI près de Raqa, en Syrie, le 6 février 2017- Photo DELIL SOULEIMAN. AFP

Près de Raqa, des combattantes arabes défient l’EI et les traditions

Elles combattent la plus redoutable organisation jihadiste au monde, mais en suivant l’exemple de leur consœurs kurdes, les centaines de guerrières arabes en Syrie doivent également braver le courroux de leur famille et le poids des traditions.
A 20 km de Raqa (nord), “capitale” du groupe ultraradical Etat islamique (EI) qu’une alliance arabo-kurde veut conquérir, Batoul, 21 ans, défend sa cause avec ferveur, derrière des digues de sable.
“J’ai bravé mon clan, mon père, ma mère. Maintenant je brave l’ennemi”, affirme la jeune femme portant un gilet à munitions et au cou, un foulard fleuri de couleur bordeaux.
“Mes parents m’ont dit +tu abandonnes les armes ou te renies+”, raconte-t-elle. Depuis, ils ne lui ont plus adressé la parole.
A la différence des combattantes kurdes qui, à l’instar des hommes, portent depuis longtemps les armes, l’engagement militaire des femmes arabes en Syrie sort de l’ordinaire et est mal vu par leur entourage familial.
Batoul, issue des Al-Charabyé, l’un des clans conservateurs les plus connus du nord-est syrien, se décrit comme une rebelle.
“Je portais le voile et mon père nous obligeait à prier devant lui, je refusais cela”, dit-elle, la tête nue.
Elle se trouve avec ses compagnes d’armes en plein désert, près du village d’Al-Torchane aux mains de l’EI dans le nord-est de la province de Raqa en majorité tenue par les jihadistes. 
– «Libérer la femme» –
“J’ai rejoint les YPJ pour libérer la patrie mais aussi libérer la femme de l’esclavage. Il ne faut plus qu’on reste cloîtrée entre quatre murs”, ajoute Batoul, en référence aux “Unités de protection de la femme”, l’équivalent féminin des forces kurdes masculines des YPG.
Combattants arabes et kurdes sont alliés sous la bannière des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui luttent contre l’EI depuis fin 2015 avec le soutien de la coalition internationale dirigée par Washington.
Depuis les positions des combattantes arabes, on voit une épaisse fumée se dégager d’Al-Torchane, cible des raids des avions de la coalition et des tirs d’obus. 
Batoul a rejoint les YPJ il y a deux ans mais c’est son premier combat contre l’EI, dans le cadre de l’offensive lancée par les FDS en novembre. 
“La première fois que j’ai tenu une arme, j’ai eu terriblement peur”, reconnaît-elle. “Désormais, mon arme fait partie de moi-même. Elle me libère et me protège”.
Elle s’exprime en arabe mais ses propos sont entrecoupés de mots en kurde qu’elle a appris en côtoyant ses sœurs d’armes.
Les Kurdes en Syrie se targuent de mettre en avant l’égalité entre hommes et femmes, notamment en zone de combat.
D’après la porte-parole de l’offensive, la kurde Jihan Cheikh Ahmad, le nombre de combattantes arabes ayant rejoint les FDS s’élève actuellement à plus de 1.000. Les victoires remportées contre l’EI les ont encouragées à se rallier aux FDS.
– ‘Mêmes droits’ –
Près du front, sous une tente, six jeunes femmes blaguent et échangent des confidences en sirotant du thé.
“Mon but est de libérer la femme de l’oppression de Daech (acronyme en arabe de l’EI) mais aussi de l’oppression de la société”, affirme Hevi Dilirin, souriante, vêtue d’une veste treillis et de baskets gris et blancs.
“Chez nous, les femmes n’ont pas leur mot à dire. Elles doivent avoir les mêmes droits que les hommes”, martèle la jeune femme qui a adopté un nom de guerre kurde après avoir rejoint les YPJ en 2015.
Sa sœur d’armes Doza Jiyan, 21 ans, les cheveux bruns attachés en arrière, assure que la majorité des familles arabes acceptent “difficilement” qu’une femme participe aux combats.
“Dans notre société syrienne, on trouve bizarre qu’une femme prenne les armes”, affirme la combattante aux sourcils épais, originaire de la ville Ras al-Aïn (nord-est).
“L’EI n’est plus invincible, (les jihadistes) ne se battent plus qu’à bord de motos et se contentent de miner les villages”, ajoute-t-elle, en discutant avec ses compagnons masculins de la situation sur le terrain. 
Cette tactique ralentit l’avancée des FDS qui se trouvent depuis un mois à 20 km de la ville de Raqa.
Doza Jiyan est confiante que les mentalités sur les femmes au combat changeront avec les futurs succès face aux jihadistes. “Je suis très heureuse ici”, dit-elle, avec le sourire.

(11-02-2017 – Afp)

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/10/pres-de-raqa-des-combattantes-arabes-defient-l-ei-et-les-traditions_1547655
combattantes-arabes-syriennes-contre-l-ei-pres-de-raqa-en-syrie-le-6-fevrier-2017
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