Syrie : 11 millions de personnes, plus de la moitié de la population, ont besoin d’aide humanitaire (ONU)


 

© UNICEF/Omar Haj Kadour
A Binnish, en Syrie, des personnes déplacées originaires d’Idlib vivent dans une école détruite.
14 novembre 2019

La population syrienne continue de subir les conséquences de huit ans et demi de guerre, a rappelé jeudi le chef de l’humanitaire de l’ONU aux membres du Conseil de sécurité.

« Les Nations Unies et les organisations humanitaires font tout leur possible pour chaque mois atteindre les personnes dans le besoin », a souligné, Mark Lowcock, le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires.

Cette année, l’ONU et ses partenaires ont pu venir en aide à 5,6 millions de personnes dans toute la Syrie, en accordant la priorité à celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Devant les membres du Conseil de sécurité, M. Lowcock a déclaré « être toujours très préoccupé » par la situation dans le nord-ouest de la Syrie. « Ces dernières semaines, il y a eu une hausse des frappes aériennes et tirées depuis le sol dans les parties sud et ouest d’Idlib », a dit le Secrétaire général adjoint. Des frappes qui, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), ont causé un grand nombre de victimes civiles.

« Ces deux derniers jours, des informations ont fait état de plus de 100 frappes aériennes à Idlib et dans ses environs ». Selon le HCDH, quatre infrastructures de santé dont un hôpital ont été touchées par des frappes et tirs les 4 et 6 novembre.

L’ONU suit également de près la situation dans le nord-est de la Syrie. Si les hostilités ont baissé depuis la conclusion de deux accords de la Turquie – le premier le 17 octobre avec les Etats-Unis et le second le 22 octobre avec la Russie – mettant fin à son opération dans la région, des affrontements ont été constatés dans des zones frontalières, a dit M. Lowcock.

Sur les plus de 200.000 personnes ayant fui le nord-est de la Syrie après le début de l’opération turque, « la plupart d’entre elles sont rentrées », a dit le chef de l’humanitaire de l’ONU, « mais plus de 70.000 personnes sont toujours déplacées ».

M. Lowcock qui est également Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, s’est dit toujours préoccupé par l’impact que le changement de « contrôle administratif » dans le nord-est de la Syrie – à savoir la conduite de patrouilles turco-russes – pourrait avoir sur les opérations humanitaires dans la région.

Opérations humanitaires transfrontalières : il n’y a pas d’alternatives

Le mois dernier, M. Lowcock s’est rendu en Turquie où il a pu voir l’étendue des opérations humanitaires transfrontalières à destination de la Syrie. En octobre, 900 convois sont partis du territoire turc pour acheminer de l’aide humanitaire (nourriture, eau, produits médicaux, abris) aux civils syriens.

« Rien que le mois dernier, les Nations Unies ont acheminé de la nourriture à 1,1 million de personnes à travers des livraisons transfrontalières », a-t-il rappelé, permettant ainsi d’éviter une grave crise humanitaire dans le nord de la Syrie. Le Coordinateur des secours d’urgence a précisé que cette aide humanitaire transfrontalière a été contrôlée et vérifiée tout au long du processus, à la frontière, dans les entrepôts en Syrie, aux points de distribution et après avoir été distribuée.

Pour Mark Lowcock, les opérations humanitaires transfrontalières sont indispensables et doivent être renouvelées par le Conseil de sécurité car il n’y a pas de « Plan B ». « Sans opération transfrontalière, nous verrions une fin immédiate de l’aide apportée à des millions de personnes », a-t-il prévenu.

La crise syrienne, loin de se limiter à la Syrie, a un large impact sur toute la région. 5,6 millions de Syriens sont actuellement réfugiés dans des pays voisins, accentuant la pression sur ces derniers. « J’exhorte la communauté internationale à être plus généreuse en les aidant à soutenir la charge qu’ils ont prise », a dit le Secrétaire général adjoint.

La Turquie commence à renvoyer des jihadistes étrangers


AFP/Archives / JOSEPH EID Le drapeau du groupe jihadiste Etat islamique à Homs, reprise par l’armée syrienne le 4 avril 2016

La Turquie a commencé lundi à expulser des membres étrangers du groupe Etat islamique (EI) qu’elle détient, renvoyant trois jihadistes et annonçant la prochaine expulsion de 22 autres, notamment des Français et des Allemands.

Ces renvois surviennent dans la foulée d’une offensive menée par la Turquie dans le nord-est de la Syrie, vivement critiquée par l’Occident car elle a visé les forces kurdes alliées de la Coalition internationale dans la lutte contre les jihadistes.

“Un terroriste étranger américain a été déporté de Turquie après que toutes les démarches ont été complétées”, a déclaré le porte-parole du ministère Ismail Catakli, sans préciser vers quelle destination.

Deux autres jihadistes, l’un Allemand et le second de nationalité danoise, ont été expulsé un peu plus tard dans la journée.

Sept autres “terroristes étrangers d’origine allemande seront expulsés jeudi”, a ajouté le porte-parole, cité par l’agence étatique Anadolu.

Des démarches sont en cours en vue du prochain renvoi de 15 autres jihadistes: onze Français, deux Allemands, et deux Irlandais, selon la même source.

A Paris, le Quai d’Orsay a rappelé que des jihadistes et leurs familles sont régulièrement renvoyés en France depuis la Turquie et arrêtés à leur descente d’avion.

“La plupart du temps secrètement, l’information ne sort pas ou beaucoup plus tard”, souligne-t-on au ministère.

Ces retours se font aux termes d’un accord à ce sujet négocié en 2014 par le ministre de l’Intérieur de l’époque Bernard Cazeneuve “qui pour l’instant fonctionne sans accroc”, selon la même source.

Une source proche du dossier a indiqué que les individus que la Turquie annonce vouloir expulser “sont majoritairement des femmes, pour certains en Turquie depuis longtemps, pour d’autres arrivés plus récemment”.

“Ces 11 personnes seront traités dans le cadre du protocole Cazeneuve et donc judiciarisées”, a ajouté la source.

– “Ils sont à vous” –

Selon une source aéroportuaire, les modalités et le lieu d’arrivée “sont encore en discussion”.

A Berlin, le gouvernement allemand a confirmé le renvoi d’un Allemand lundi par la Turquie, et que sept autres allaient être expulsés jeudi et deux autres vendredi.

Il s’agit de 3 hommes, 5 femmes et deux enfants, selon la même source.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a indiqué qu’il n’était “pas encore confirmé qu’il s’agit de combattants de l’EI”.

AFP / John SAEKI Jihadistes retenus prisonniers dans le nord-est de la Syrie

Le début d’expulsion de jihadistes étrangers à partir de lundi avait été annoncé vendredi par le ministre turc de l’Intérieur Süleyman Soylu.

“Nous commencerons à partir de lundi”, avait-il déclaré lors d’un discours à Ankara. “Pas besoin de courir dans tous les sens : nous allons vous renvoyer les membres de l’EI. Ils sont à vous, faites-en ce que vous voudrez”, avait-t-il ajouté.

Le ministre turc n’avait pas précisé quels étaient les pays concernés par cette mesure, mais s’était notamment adressé à l'”Europe” pendant son discours.

Longtemps soupçonnée d’avoir laissé les jihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l’EI, a rejoint en 2015 la coalition antijihadiste.

Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines d’affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l’EI en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l’organisation jihadiste.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué vendredi que la Turquie avait capturé 287 personnes qui s’étaient échappées de prison pour membres de l’EI en Syrie après le déclenchement de l’offensive d’Ankara.

Il n’y a pas de guerre contre les Kurdes en Syrie – لا حرب ضدّ الأكراد في سورية


 

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Il n’y a pas de guerre contre les Kurdes en Syrie…

al-Arabi al-Jadid – 9 novembre 2019

Mohannad al-Qate’

Depuis l’annonce du lancement de l’opération militaire turque « Source de Paix » dans le nord de la Syrie, il est apparu dans le milieu des partisans de la politique kurde du PKK, et ceux qui s’y opposent, des voix qui condamnent la bataille comme une « guerre contre les Kurdes ». En fait, la tentative de jumelage entre les forces démocratiques syriennes FDS et tous les Kurdes au sein de cette équation est trompeuse, et une tentative d’investir des événements dans la promotion de la propagande du « ciblage des Kurdes », en tant qu’un des outils de la mobilisation nationale, qui semble avoir eu des effets plus négatifs que ceux attendus. Cette propagande a renforcé les craintes des Kurdes eux-mêmes et a incité des centaines de familles à se diriger vers les frontières du Kurdistan irakien pour échapper à cette bataille qui « les éliminerait » », comme présenté.

Franchement, de facto et loin de tout emploi politique, les allégations d’actes armés visant les Kurdes en Syrie ne sont absolument pas véridiques et il est absolument faux que l’ampleur des combats qui se sont déroulés dans le cadre de Source de paix (Tal Abyad – Ras al-Aïn) visait les Kurdes, Les Kurdes ne représentent pas plus de 5% de la population de Tal Abyad, alors qu’ils ne constituent pas plus de 15% de la population de la ville de Ras al-Aïn, avec une nette majorité kurde dans la campagne de l’est de Ras al-Aïn en direction de Darbasiyah, par conséquent, le déplacement qui a naturellement eu lieu pendant les combats a été largement imputable aux Arabes, en raison de la démographie de ces zones, preuve que la plupart des plaintes déposées contre des violations de la propriété à Ras al-Aïn et dans ses campagnes occidentales en particulier ont été documentées à l’encontre des Arabes décrivant ainsi l’opération comme étant uniquement contre les Kurdes, comme si les Kurdes vivaient dans des îles isolées du reste du peuple syrien dans le nord-est de la Syrie, ce qui est faux. Malheureusement, certains Syriens qui ignorent la composition de la population l’ont saisie.

Les forces et personnalités kurdes syriennes (souvent affiliées à Massoud Barzani), exclues de force du projet du PKK, après avoir refusé de partager le pouvoir avec elles, après des négociations et des accords parrainés par Barzani en 2013, justifient le rejet du processus qui a effectivement interrompu le projet de ce parti, sous prétexte de sauvegarder la souveraineté syrienne, Mais ce sont des affirmations contradictoires, tout en accueillant à la fois les Américains, les Russes et même encourageant l’entrer du régime dans la région !! Sans compter que les cartes «imaginées» d’une entité kurde en Syrie contredisent également le prétendu souci de la souveraineté qui a été violé pendant un demi-siècle.

En cas d’exclusion de la position adoptée par l’Association des kurdes indépendants en Syrie, qui soutenait les efforts visant à éliminer le parti des « travailleurs du Kurdistan » de Syrie, les raisons de la position du reste des forces et des personnalités kurdes en Syrie qui ne sont pas affiliées à ce parti, mais ont soudainement commencé à chanter le héroïsme de ces éléments, fuyant vers l’adoption de la propagande qui repend: que les Kurdes en Syrie sont tous visés, et qui pourraient être résumé comme suit:
Premièrement, déplorer les gains militaires expansionnistes des FDS sur un territoire auquel les Kurdes n’avaient jamais rêvé, et même leurs cartes imaginaires ne s’étendaient pas jusqu’à la colline des vastes étendues d’un tiers de la Syrie, abondante en richesses où les Arabes représentent plus de 85% de la population. Ils (les partisans de Barzani) espéraient pouvoir renverser la situation à un moment donné et intégrer leurs éléments de « Peshmerga de Rojava », qui est maintenant entièrement commandé par des éléments du Peshmerga Barzani, entrainés militairement depuis le début de la révolution dans le nord de l’Iraq.
Deuxièmement, ce que la Turquie représente en particulier pour les Kurdes syriens, c’est un ennemi national associé à la mémoire des incidents collectifs de déplacement de leurs terres à l’époque de « Kemalist Ataturk » et la privation du Kurdistan telle que définie par l’Accord de Sèvres sur la carte turque actuelle, qui s’est étendue aux Kurdes tribaux en Syrie touchés par le premier mouvement de réfugiés kurdo/turc en Syrie, qui a été adopté par les Français depuis la fin des années 1920 en Syrie.

Au milieu de tous les événements qui s’accélèrent dans le nord de la Syrie, la position en faveur de l’éradication de FDS est traitée comme une position lâche vis-à-vis de l’occupation étrangère du territoire syrien par la partie turque. La ruée vers les erreurs, sur ces points, pourraient être résumés comme suit:

– Premièrement, les forces de la Turquie étaient les dernières à entrer en Syrie avec les factions de l’opposition, bien des années après l’intervention iranienne, russe, américaine et française, qui étaient toutes des armées d’États non frontaliers avec la Syrie.
– Deuxièmement, en ce qui concerne la révolution syrienne, la Turquie est le pays le plus lourdement touché, ayant ouvert ses frontières à des millions de réfugiés, ce qui a également causé des problèmes internes.
– Troisièmement, la Turquie a mené une guerre contre le PKK depuis 1978, dont les victimes étaient plus de 30 000 Kurdes et a détruit plus de 4 000 villages kurdes, qui ont été incendiés par les milices du « Travailleur de Kurdistan », sous accusation de soumission à l’État turc.
– Quatrièmement, le peuple syrien a intérêt à éliminer le projet des travailleurs kurdo/turcs (PKK), qui ne le représente pas ni à travers ses dirigeants, ni ses slogans, ni ses objectifs, ses pratiques, ses violations, son autoritarisme et ses relations avec le régime.
– Cinquièmement, la prétendue victoire sur l’État islamique (Daech), outre qu’elle a exagéré sa taille, était, également, à l’origine de la destruction de 80% du gouvernorat de Raqqa, selon le rapport de l’ONU, et de la perpétration de massacres de guerre contre des civils, selon le rapport d’Amnesty International, dont 22 massacres documentés, selon divers rapports de commissions locales des droits de l’homme et le déplacements ethniques de centaines de villages voire même de zones entières déplacées, comme ce fut le cas dans les régions de Chouyoukh et de Hol par les milices « FDS » du PKK.
– Sixièmement, accepter le fait que les Syriens ont un intérêt commun à contrecarrer le projet du PKK avec les Turcs, ce qui ne signifie pas que la bataille est contre les Kurdes car les FDS sont multiethniques, et que les Arabes y constituent plus de 70% de ses membres, mais ils servent le programme du PKK et agissent sous la direction militaire du « Mont Qandil ».
– Septièmement, reconnaître le danger du projet « PKK » ne signifie pas, en contrepartie, se féliciter du remplacement d’une force étrangère par une autre force étrangère sur le sol syrien. Que cela, quelles que soient les excuses. L’auteur, cependant, considère la situation sous l’angle d’une intervention temporaire pour un intérêt commun, suivie du retrait de toutes les forces étrangères de la Syrie, et aucun Syrien ne peut accepter une condition inférieure, quel que soit le prétexte.

Enfin, nous devons souligner le fait que nos choix, le peuple syrien, est aujourd’hui dans un état de faiblesse indéniable, avec l’occupation de notre territoire par diverses armées et milices, limitée, dans l’espoir de plaider sérieusement pour un processus politique conduisant à l’isolement d’Assad et mettant fin à l’ère de la tyrannie et à la restauration du pouvoir du peuple syrien. Plus important encore, que la composante du peuple syrien, en particulier les minorités, puissent absorber les leçons des révoltes irakienne et libanaise, et comprendre que les quotas ne construisent pas le Patrie et n’offrent aucun avenir à aucun groupe ethnique, religieux ou sectaire.

لا حرب ضدّ الأكراد في سورية

مهند الكاطع – 9 نوفمبر 2019

منذ الإعلان عن بدء عملية نبع السلام، العسكرية التركية في شمال سورية، ظهرت في الوسط الكردي المؤيد لسياسات العمال الكردستاني، أو المخالفة لها، أصوات تندد بالمعركة بوصفها “حربا ضدّ الأكراد” بحسب رأيهم. والواقع أنّ محاولة التوأمة بين قوات سورية الديمقراطية (قسد) وجميع الكرد ضمن هذا المعادلة مضللة للواقع، بل ومحاولة لاستثمار الأحداث في ترويج دعاية “استهداف الكرد”، كإحدى أدوات الحشد القومي التي يبدو أن تأثيراتها العكسية كانت أكبر من المكاسب التي توقعها أصحاب تلك الدعاية، فقد ساهمت هذه الدعايات بتعزيز مخاوف الأكراد أنفسهم، ودفعت مئات العائلات إلى الاتجاه نحو حدود كردستان العراق، للهروب من هذه المعركة التي “ستقضي عليهم”، وفق ما جرى تصويره.

بصراحة، وبحكم مجريات الأمر الواقع، وبعيداً عن التوظيف السياسي، لا صحة البتة لمزاعم وجود عمل مسلّح يستهدف الأكراد في سورية، وغير صحيح بالمطلق أن نطاق المعارك التي جرت ضمن إطار عملية نبع السلام (تل أبيض – رأس العين) استهدفت الأكراد، إذ إن عدد الأكراد لا يتجاوز 5% من سكان تل أبيض، في حين أنهم لا يشكلون أكثر من 15% من سكان بلدة رأس العين، مع أغلبية كردية واضحة في الريف الشرقي لرأس العين باتجاه الدرباسية، وبالتالي فعمليات النزوح التي حدثت بشكل طبيعي في أثناء المعارك كانت من العرب بغالبيتها العظمى، بحكم ديمغرافية تلك المناطق، بدليل أن معظم الشكاوي التي تم تسجيلها عن انتهاكاتٍ على الأملاك في رأس العين وريفها الغربي خصوصا، جرى توثيقها بحق العرب، لذلك فتصوير العملية أنها ضد الأكراد فقط، كما لو كان الأكراد يعيشون في جزر معزولة عن باقي مكونات الشعب السوري في الشمال الشرقي السوري غير صحيح. وللأسف، تلقفها بعض السوريين الذين يجهلون تركيبة المنطقة السكانية.

القوى والشخصيات الكردية السورية (غالبا التابعة لمسعود البارزاني)، والمستبعدة قسراً من مشروع حزب العمال الكردستاني، بعد رفضه تقاسمه السلطة معها، بعد مفاوضات واتفاقيات رعاها البارزاني سنة 2013، تبرر موقفها الرافض العملية التي أجهضت عملياً مشروع هذا الحزب، بحجة الحرص على السيادة السورية، لكنها مزاعم متناقضة مع ترحيبها، في الوقت نفسه، بالوجودين، الأميركي والروسي، بل وحتى التهليل لدخول النظام!! ناهيك عن أن الخرائط “المتخيّلة” لكيان كردي في سورية أيضاً تناقض الحِرص المزعوم على السيادة المنتهكة بالأساس منذ نصف قرن.

وفي حال استثناء الموقف الذي تبنته رابطة المستقلين الكرد في سورية، والتي أيدت جهود اجتثاث “العمال الكردستاني” من سورية، فإن الأسباب الكامنة وراء موقف باقي القوى والشخصيات الكردية في سورية غير المحسوبة على هذا الحزب، وعلى الرغم من هذا، بدأت فجأة تتغنّى ببطولات عناصره، وتهرب باتجاه تبنّي دعاية استهداف الأكراد في سورية، يمكن تلخيصها بالآتي:
أولا، التحسّر على مكاسب “قسد” العسكرية التوسعية على الأرض التي لم يكن يحلم بها الأكراد يوماً، ولم تكن حتى خرائطهم المتخيلة تمتد لتقضم كل تل المساحات الشاسعة التي شملت ثلث سورية، الغني بالثروات الذي يشكل العرب فيه أكثر من 85% من السكان، حيث كان هؤلاء (أي التابعون للبرزاني) يأملون أن تؤول إليهم الأمور في لحظة معينة، ويستطيعون إدخال عناصرهم التي تدعى “بيشمركه روجافا” والتي تخضع حاليا لقيادة عناصر من بيشمركة البرزاني بشكل كامل، وتخضع لتدريبات منذ بدء الثورة في شمال العراق.

ثانيا، ما تمثله تركيا لأكراد سورية تحديدا من عدو قومي يرتبط بذاكرة جمعية تتعلق بحوادث التهجير الكمالي الأتاتوركي لهم من أرضهم، وحرمانهم من كردستان التي حدّدتها اتفاقية سيفر ضمن الخريطة التركية الحالية، كانت هذه العداوة قد انتقلت إلى الأكراد العشائريين في سورية الذين تأثروا ببواكير الحركة الكردية/ التركية اللاجئة إلى سورية، والتي احتضنها الفرنسيون منذ أواخر عشرينيات القرن الماضي في سورية.

وفي خضم كل ما يحدث من مجرياتٍ تتسارع وتيرتها في الشمال السوري، يتم تناول الموقف المؤيد لعمليات اجتثاث تنظيم “قسد” بأنه موقفٌ متخاذل اتجاه احتلال أجنبي تركي للأراضي السورية، في الوسع إيجاز النقاط التي توضح تهافت هذه المغالطات من خلال الآتي:
أولا، كانت تركيا آخر القوات التي دخلت في سورية جنباً إلى جنب مع فصائل المعارضة، بعد سنوات على التدخل الإيراني والروسي والأميركي والفرنسي، وكلها جيوش لدول غير حدودية مع سورية.
ثانيا، من الناحية المتعلقة بمجريات الثورة السورية، كانت تركيا الدولة التي تتحمّل الشطر الأكبر من الأعباء، بعد أن فتحت حدودها أمام ملايين اللاجئين، الأمر الذي سبب لها أيضاً مشكلات داخلية لا تخفى على أحد.

ثالثا، خاضت تركيا حربا مع منظومة العمال الكردستاني منذ عام 1978، ذهب ضحيتها أكثر من 30 ألف كردي، وتم خلالها تدمير أكثر من أربعة آلاف قرية كردية، كانت تتعرض للحرق على أيدي مليشيات “العمال الكردستاني”، بتهمة الخضوع للدولة التركية.
رابعا، للشعب السوري مصلحة بالقضاء على مشروع العمال الكردستاني/ التركي الذي لا يمثل في مرجعيته وقادته وشعاراته وأهدافه وممارساته وانتهاكاته وتسلطه وعلاقته مع النظام، ثم الأميركان أدنى مصلحة الشعب السوري ومستقبله.

خامسا، الانتصار المزعوم على تنظيم الدولة الإسلامية (داعش)، بخلاف المبالغة بتصوير حجمه، إلا أنه كان يخفي وراءه تدمير 80% من محافظة الرّقة، وفق تقرير الأمم المتحدة، وارتكاب مجازر حرب بحق المدنيين، وفق تقرير منظمة العفو الدولية، وارتكاب أكثر من 22 مجزرة موثقة بحق المدنيين، وفق تقارير مختلفة للجان حقوقية محلية، وتهجير عرقي لمئات القرى، بل ونواح بأكملها، كما حدث في نواحي الشيوخ والهول على يد مليشيات “قسد” التابعة لحزب العمال الكردستاني.
سادسا، قبول حقيقة المصلحة المشتركة للسوريين مع الأتراك في إحباط مشروع العمال الكردستاني لا يعني أن المعركة ضد الأكراد، فمليشيات “قسد” متعدّدة الأعراق والجنسيات أيضا يشكل العرب أكثر من 70% من عناصرها، لكنها تخدم أجندة “العمال الكردستاني”، وتعمل تحت قيادة عسكرية من جبل قنديل.

سابعا، إدراكنا خطر مشروع “العمال الكردستاني” لا يعني في المقابل الترحيب باستبدال قوة أجنبية أخرى على الأرض السورية، بمعنى أن الكاتب ينظر إلى الأمر من زاوية التدخل المؤقت لمصلحة مشتركة، يعقبه انسحاب كل القوات الأجنبية من سورية، ولا يمكن لأي سوري القبول بأدنى من ذلك، مهما كانت الذرائع.

أخيرا يجب التأكيد على حقيقة أن خياراتنا، نحنُ أبناء الشعب السوري، اليوم في حالة ضعف لا يمكن إنكارها، وفي ظل احتلال أرضنا من مختلف الجيوش والمليشيات، محدودة، مع أملنا بدفع جدي لعمليةٍ سياسيةٍ تفضي إلى عزل الأسد وإنهاء حقبة الاستبداد واستعادة الشعب السوري قراره. والأهم أن تستوعب مكونات الشعب السوري، وخصوصا الأقليات من الثورات المشتعلة في العراق ولبنان، بأن المحاصصات لا تبني أوطاناً، ولا تحقّق مستقبلاً لأي مجموعة إثنية أو دينية أو طائفية.

Plus de 90 civils tués au nord et nord-est de la Syrie en octobre depuis le début de l’offensive turque


 

Plus de 90 civils tués au nord et nord-est de la Syrie en octobre depuis le début de l’offensive turque

© UNICEF/Masoud Hasan
Deux enfants attendent de collecter de l’eau apportée par l’UNICEF à Tall Tamr, dans le nord-est de la Syrie.
8 novembre 2019

Depuis le 9 octobre dernier, date marquant le début du lancement de l’offensive militaire turque dans le nord-est de la Syrie, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) indique avoir vérifié la mort de 92 civils.

« A la date du 5 novembre, nous avons pu vérifier des incidents qui auraient entraîné la mort d’au moins 92 civils dans le nord et le nord-est de la Syrie », a déclaré Rupert Colville, porte-parole du HCDH lors d’un point de presse ce vendredi à Genève.

Selon les services de la Haut-Commissaire Michelle Bachelet, ces chiffres témoignent du lourd tribut que continuent de payer les civils dans les hostilités en cours en Syrie.

Des dizaines de personnes ont été tuées et blessées dans les situations largement distinctes qui se produisent simultanément dans le nord-est et le nord-ouest de la Syrie, pour diverses causes, notamment des frappes aériennes et des frappes militaires au sol, et de plus en plus à la suite de ce qui semble être une utilisation sans discrimination d’engins explosifs improvisés dans les zones habitées, notamment sur les marchés locaux.

Et sur les 92 civils tués, 49 ont été victimes de frappes aériennes, de frappes au sol, de tirs de tireurs isolés et d’exécutions perpétrées par des groupes armés affiliés à la Turquie, mais aussi par des groupes armés kurdes.

En outre, au cours de la même période, le Haut-Commissariat a vérifié la mort de 31 autres civils tués par des engins explosifs improvisés, ou restes explosifs de guerre, dans la zone géographique de l’offensive militaire turque, c’est-à-dire à Al-Hassakeh, Ar-Raqqa et dans une partie du gouvernorat d’Alep.

Recrudescence des frappes aériennes au sud et à l’ouest d’Idlib

Les services de la Haut-Commissaire Bachelet ont également enregistré le meurtre de 12 autres civils au cours de la même période à la suite d’attaques à l’aide d’engins explosifs improvisés ou de frappes au sol par des groupes armés kurdes et d’autres auteurs non identifiés, dans des zones ne relevant pas de l’opération militaire turque, telles que Afrin, Jarablus, al-Bab et Azaz.

Par ailleurs, alors qu’une grande partie de l’attention internationale se porte sur le nord-est de la Syrie, le Haut-Commissariat note un regain de tension au nord-ouest de la Syrie après l’accalmie des hostilités dans le gouvernorat d’Idlib en octobre.

« Il y a eu récemment une recrudescence des frappes aériennes et des frappes terrestres, principalement au sud et à l’ouest d’Idlib, et d’autres attaques contre des installations médicales ont encore eu lieu », a ajouté M. Colville.

Quatre installations distinctes auraient été touchées les 4 et 6 novembre, portant le total à plus de 60 installations sanitaires endommagées depuis le 29 avril. Le dernier épisode en date a été le mercredi dernier quand l’hôpital de Kafr Nobol a été frappé. Selon l’ONU, le même site avait déjà été frappé et endommagé à plusieurs reprises en mai et juillet.

Lors de la réunion du Groupe de travail humanitaire jeudi à Genève, la Conseillère humanitaire de Geir Pedersen, Najat Rochdi et des hauts responsables humanitaires onusiens basés sur le terrain ont alerté sur cette question de la protection des civils et de l’accès humanitaire.

« La sécurité et la protection de centaines de milliers de civils touchés par la récente escalade des hostilités dans le nord-est de la Syrie demeurent une grave préoccupation », a dit aux médias Jenifer Fenton, porte-parole du Bureau de l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie.

S’agissant du mouvement des populations, sur plus de 200.000 personnes qui ont fui les combats ces dernières semaines, près de 100.000 n’ont pas encore pu rentrer chez elles. Ces déplacés internes vivent dans des camps improvisés et des abris collectifs.

Selon l’ONU, ces récents déplacements aggravent une situation déjà catastrophique dans laquelle quelque 710.000 personnes étaient déjà déplacées et environ 1,8 million de personnes ont encore besoin d’une aide humanitaire.

S’agissant de la réponse humanitaire, le Programme alimentaire mondial (PAM) assure avoir déjà fourni de la nourriture à plus de 300.000 déplacés internes et aux familles d’accueil.

Le manque de fonds menace l’assistance aux enfants syriens

De son côté, l’UNICEF rappelle qu’à huit semaines de la fin de l’année, ses opérations d’urgence en Syrie sont financées à moitié. Sur les 295 millions de dollars requis en 2019, l’agence onusienne n’a reçu que 138 millions de dollars.

Or ce manque de financement représente aujourd’hui l’obstacle le plus sérieux pour atteindre les enfants qui ont besoin d’aide de toute urgence. « Sans financement supplémentaire, l’intervention de l’UNICEF dans le nord-est pourrait se trouver compromise », a mis en garde, Marixie Mercado, porte-parole de l’UNICEF.

Dans ces conditions, l’agence onusienne ne sera pas en mesure d’apporter des soins spécialisés à 1.700 enfants qui en ont besoin après avoir vécu des expériences extrêmement brutales, notamment les enfants qui ont été associés à des groupes armés ou qui ont vécu dans des zones contrôlées par eux.

L’UNICEF ne pourra pas venir en aide à 170.000 personnes à risque grâce à la sensibilisation aux dangers des mines. Le manque de fonds pourrait aussi empêcher les organismes humanitaires de vacciner de façon systématique 55.000 enfants, mais aussi de consulter près de 140.000 femmes et enfants en matière de santé et de nutrition.

Plus globalement, le Plan global d’intervention humanitaire (PIH) pour la Syrie de 3,3 milliards de dollars n’est actuellement financé qu’à moitié, soit près de 1,7 milliard de dollars.

Le total des fonds humanitaires alloués à la crise en Syrie – à la fois dans le cadre des projets du Plan et en dehors de celui-ci – s’élève à 4,7 milliards de dollars.

« Alors qu’il reste huit semaines avant la fin de l’année 2019, les humanitaires exhortent les donateurs à envisager d’augmenter leur financement avec toutes les ressources qui pourraient encore être disponibles cette année », a déclaré Jens Laerke, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Photo UNIFEED
Des membres du Comité constitutionnel syrien réuni à Genève.

Le Comité constitutionnel se réunira à nouveau le 25 novembre à Genève

Par ailleurs, le Comité constitutionnel syrien se réunira pour une nouvelle série de discussions le 25 novembre prochain à Genève, a annoncé vendredi l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Geir Pedersen.

« Les deux coprésidents ont décidé de se réunir à nouveau à Genève dans 14 jours, de sorte que les prochaines discussions débuteront le 25 novembre », a-t-il déclaré à la presse lors d’un point de presse à Genève.

Le médiateur de l’ONU a ajouté que le prochain cycle de discussions serait un défi mais si les travaux se tiennent « dans le même esprit des discussions de cette semaine », il espère que les différentes parties continuerons à progresser.

Dans l’ensemble, le diplomate norvégien de l’ONU s’est félicité de la tenue du 1er cycle des négociations sur le Comité. Il a déclaré que les premiers pourparlers sur la Constitution ont « été bien meilleurs » que beaucoup ne l’auraient imaginé. « Je pense que les choses se sont déroulées mieux ce à quoi la plupart des gens s’attendaient », a-t-il ajouté.

Il a précisé que les discussions ont porté sur les questions de souveraineté, d’intégrité territoriale, de l’état de droit et de la séparation des pouvoirs et de la lutte contre le terrorisme.

Même s’il admet que les discussions étaient parfois « difficiles et pénibles », M. Pedersen a indiqué que les délégués du gouvernement, de l’opposition et de la société civile ont abordé ces travaux du Comité avec professionnalisme.

« Je pense que nous avons eu des discussions très substantielles et très bonnes », a dit le Médiateur de l’ONU au sujet des travaux du groupe restreint de 45 membres. « Si vous aviez été dans la salle, vous auriez été surpris de voir de nombreuses questions sur lesquelles les 45 sont déjà d’accord ».

Une façon pour l’Envoyé spécial de l’ONU de saluer ce « très bon début », non sans rappeler que le Comité « n’est pas en soi une solution au conflit syrien ». Il a réitéré ses espoirs que le comité puisse « ouvrir la voie à un processus politique plus large » en Syrie, après huit ans et demi de guerre.

Les interventions étrangères menacent la diversité en Syrie


Boussole-بوصلة-سوريا

Les interventions étrangères menacent la diversité en Syrie

Dr. Samira Mobaied*
Golias Hebdo n° 596 semaine du 24 au 30 octobre 2019

Depuis l’annonce, mercredi 9 octobre, du début d’une nouvelle opération militaire de la Turquie contre les miliciens kurdes du PYD, la branche syrienne du PKK, les Syriens sont partagés entre ceux qui approuvent cette attaque contre une milice qualifiée de terroriste, pourtant alliée des Occidentaux dans la lutte contre le groupe État islamique, et ceux qui redoutent que la Syrie ne soit devenue le jouet des puissances étrangères, et qui refusent l’incursion des forces turques sur le sol syrien.

L’offensive turque en Syrie

En toile de fond, il ne faut pas oublier que toutes ces interventions résultent d’une façon ou d’une autre du processus d’Astana (Kazakhstan), où ont été signés le 4 mai 2017 des accords par la Russie, l’Iran et la Turquie, qui n’ont été validés ni par le régime syrien ni par l’opposition.

La cause syrienne est ainsi devenue un conflit international entre grandes puissances. Ces dernières marginalisent de plus en plus le peuple syrien et traitent ses territoires comme s’ils étaient un domaine public, sans aucune considération pour sa souveraineté. C’est l’un des résultats de la politique du régime Assad qui a vendu les territoires syriens et commis des génocides contre son peuple pour se maintenir au pouvoir. Il n’y a pas moins de responsabilité pour les forces d’opposition qui se sont trop souvent alignées sur une dépendance étrangère – y compris les Forces démocratiques syriennes (FDS).

En effet, les FDS se sont éloignées des Syriens en s’associant au parti PYD, branche du PKK turc, ouvrant ainsi la voie au transfert d’un conflit turco-turc sur le territoire syrien. Des Syriens s’y sont impliqués, alors que cela n’apportait rien à leur cause ni à leur avenir. Cet élément a fortement contribué à la création des groupes islamistes radicaux contrôlés par la Turquie durant les dernières années. Quels que soient les termes invoqués pour la désigner, cette alliance apparaît aujourd’hui comme un facteur déclenchant de l’intervention turque sur le territoire syrien.

On assiste à une nouvelle violation de la souveraineté syrienne lorsque des décisions sont prises sans se soucier de la présence des Syriens en tant que peuple existant sur son territoire, dans le pays de leurs ancêtres. Des millions de Syriens sont ainsi abusés, sans aucune représentation ni consultation quant à leur sort, sans visibilité sur leur avenir et menacés par la persistance de conflits extérieurs et internationaux au détriment de leur vie et de leur stabilité.

Des craintes pour les civils et pour la diversité ethnique dans la Djézireh

La Djézireh se trouve dans la partie du Nord de la Mésopotamie située au nord-est de la Syrie, le long des frontières avec la Turquie et l’Irak. Cette zone intermédiaire entre plusieurs foyers de civilisation bénéficie d’une diversité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse remarquable ; elle est peuplée principalement par des Arabes,
des Kurdes et des Assyriens.

Cette région s’est trouvée contrôlée par un parti marxiste et par des forces qui, depuis plusieurs années, ont joué de facto un rôle important pour combattre les forces de l’État islamique. Mais l’idéologie portée par ces courants ne faisait pas partie de la société syrienne dans cette région, et n’était pas en harmonie avec la diversité religieuse et ethnique actuelle.

On a déploré et documenté de nombreuses violations visant les droits des acteurs de la société civile arabe, assyrienne ainsi que des Kurdes ne faisant pas partie du PYD. De même, on a observé un trucage des résultats statistiques du recensement général dans le dessein de réduire les droits des autres communautés présentes au nord-est de la Syrie. Des associations de la société civile ont aussi relevé des tentatives de mise en cause par le PYD du patrimoine culturel local au cours de cette période.

D’un autre côté, plusieurs éléments font que les forces turques ne sont pas bien vues par les Syriens en général et par ceux de la Djézireh plus particulièrement. Parmi ces éléments, il y a le conflit Turco-Kurde qui dure depuis trois décennies. Il renvoie à une histoire particulièrement lourde des relations entre l’Empire Ottoman et les minorités, et finalement à l’affaire du « Sandjak d’Alexandrette » qui faisait partie des territoires de la République syrienne passé sous l’autorité de la Turquie en 1939 sous le mandat français.

Le discours haineux et le comportement discriminatoire et violent des forces islamistes contrôlées par la Turquie à Idleb (Al Noussra et Haiaa Tahrir Al Sham) envers les différentes composantes de la société syrienne, fait craindre une répétition de ces violations au nord-est de la Syrie. À Idleb, le nombre des Chrétiens ne dépasse pas mille personnes qui vivent sous la menace, humiliées et privées de pratiquer leurs rites religieux, sans oublier le meurtre de Suzanne Der Karkour, une enseignante chrétienne qui a été torturée, violée et tué à Yaqubiye, dans la région d’Idlib contrôlée par Hayat Tahrir Al Sham, où les biens des chrétiens ont été confisqués.

Quant à l’Armée nationale syrienne, qui combat aux côtés de la Turquie dans cette zone, elle relève officiellement du «gouvernement» en exil de l’opposition syrienne basée en Turquie et proche du courant de l’Islam politique. Ces courants idéologiques, qui visent à l’établissement d’un État fondé sur les principes de l’Islam, sont incompatibles avec la reconnaissance de la pluralité des valeurs et avec une définition de l’identité collective voulue comme multiculturelle et multiethnique. Ces courants sont également incompatibles avec la sécularisation politique et la séparation entre pouvoirs religieux et politiques. Des risques de violations des droits humains et du droit international existent. Cependant, l’Armée nationale syrienne a mis en place un comité de suivi des violations présidé par un militaire, membre d’un mouvement politique indépendant nommé « Déclaration de la Fédération Syrienne », composé selon une grande diversité ethnique, et qui porte la décentralisation, comme projet politique, ce qui peut permettre de transmettre des compétences administratives de l’État vers des entités locales, ainsi que la séparation entre pouvoirs religieux et politiques.

Toutes les interventions militaires en Syrie se succèdent sans afficher clairement leurs véritables objectifs, et l’on ne voit venir aucun mécanisme de retrait de toutes les forces militaires étrangères dans la perspective d’une Syrie libre et démocratique. Quant aux violations commises envers les civils, elles restent sans sanctions, l’impunité étant jusqu’ici la règle.

D’autres facteurs de menace depuis que le régime syrien reprend pied dans cette région

Face à cette situation, les Kurdes ont conclu, quelques jours après le début de l’opération militaire turque, un accord avec le régime Assad en vue d’un déploiement de l’armée régulière syrienne dans le nord du pays. Cette présence du régime syrien expose à d’autres facteurs de menace.

Syriens et Russes accélèrent leur déploiement à la frontière syro-turque


 

Syriens et Russes accélèrent leur déploiement à la frontière syro-turque

Le régime syrien et son allié russe ont accéléré vendredi le déploiement de leurs troupes à la frontière syro-turque, au moment où les Américains ont annoncé l’envoi de renforts militaires dans une zone pétrolière plus à l’est sous contrôle kurde.

Selon un photographe de l’AFP, un long convoi de transports de troupes, avec à bord des centaines de soldats agitant des drapeaux syriens, a fait son entrée dans la ville de Kobané, à l’extrême nord du pays en guerre depuis 2011.

Ils ont paradé dans les rues en chantant: “Un, un, un, le peuple syrien n’est qu’un!”

Près de la ville à majorité kurde de Qamichli, dans le nord-est, des véhicules blindés arborant des drapeaux russes ont quitté une base du régime syrien en direction de l’ouest pour une nouvelle journée de patrouilles près de la frontière turque, conformément à un accord conclu entre Moscou et Ankara.

AFP / Les champs pétroliers en Syrie

Conclu pour permettre un arrêt définitif d’une offensive turque contre les forces kurdes, l’accord s’est traduit par l’abandon de positions tenues depuis des années par les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les combattants kurdes).

Il signe aussi la fin du rêve d’autonomie des Kurdes syriens dans cette région frontalière de la Turquie.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), environ 180 véhicules de l’armée du président syrien Bachar al-Assad sont arrivés vendredi à Kobané.

L’OSDH a par ailleurs fait état vendredi d’affrontements sporadiques dans la zone sous contrôle turc, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 octobre entre les FDS et les forces d’Ankara. Une attaque de drone turc a blessé cinq membres d’une même famille dans leur voiture près de la ville d’Ain Issa.

L’évolution du conflit en Syrie profite largement au régime Assad, qui récupère sans combattre de larges portions d’un territoire qui lui échappaient depuis des années.

– Soldats russes venus de Tchétchénie –

Selon Moscou, près de 300 militaires russes basés en Tchétchénie ont été envoyés en renfort dans le nord-est de la Syrie.

Ils appuieront les troupes russes déjà présentes sur le territoire, Moscou prêtant main forte depuis 2015 à Assad, son allié, dans la guerre.

Ces renforts seront déployés dans la zone de 30 km de large à la frontière syro-turque définie par l’accord russo-turc sur le retrait des forces kurdes. Selon l’armée russe, 20 véhicules blindés supplémentaires ont été envoyés en Syrie.

AFP / Delil SOULEIMAN Un véhicule blindé arborant un drapeau russe patrouille le long de la frontière syro-turque près de la ville syrienne de Darbasiyah (nord-est), le 25 octobre 2019

L’offensive turque avait été déclenchée le 9 octobre après un feu vert de facto du président américain Donald Trump qui avait alors spectaculairement lâché les FDS, forces qui avaient été déterminantes pour vaincre sur le terrain le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Les Américains se sont retirés de plusieurs bases du nord de la Syrie, mais M. Trump a annoncé jeudi l’envoi de renforts militaires dans une zone pétrolière dans l’Est toujours sous contrôle kurde. Quelque 200 soldats américains y sont actuellement postés.

L’opération se fera en coopération avec les FDS, qui restent présentes dans l’Est au delà de la zone frontalière “neutralisée” par les Turcs.

“L’objectif est d’empêcher que les champs pétroliers tombent aux mains de l’EI ou d’autres groupes déstabilisateurs”, a expliqué un responsable militaire. “Nous devons interdire à l’EI cette source de revenus pour prévenir toute résurgence” du groupe jihadiste.

– Civils renvoyés par la force –

Washington, largement critiquée par les capitales occidentales à propos de l’offensive turque dans le nord-est de la Syrie, où les Kurdes assuraient la garde de camps de détenus de l’EI, a reconnu que plus de 100 prisonniers du groupe jihadiste s’étaient échappés depuis le lancement de l’opération turque.

L’offensive visait à éloigner de son territoire les milices kurdes -que la Turquie qualifie de “terroristes”- et à faciliter le retour dans leur pays d’une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens présents sur son sol.

Pour les Kurdes, cela impliquera d’importants déplacements de populations à leur détriment. Selon l’OSDH, quelque 300.000 civils ont été chassés depuis le 9 octobre.

Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Ankara d’avoir déjà renvoyé par la force des civils syriens dans leur pays en guerre pendant les mois ayant précédé le déclenchement de l’offensive turque.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit syrien s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes et a fait plus de 370.000 morts.

Près de 180.000 déplacés dont environ 80.000 enfants (OCHA), dont plus de 7.000 Syriens réfugiés en Iraq en une semaine (HCR)


Plus de 7.000 Syriens réfugiés en Iraq en une semaine, les trois quarts sont des femmes et des enfants (HCR)

© UNHCR/Hossein Fatemi
Une fillette de quatre ans erre dans le camp de Bardarash à Duhok, en Iraq. Elle fait partie des plus de 7.000 réfugiés syriens qui ont fui les combats dans le nord-est de leur pays.
22 octobre 2019

Le flux de réfugiés syriens en Iraq continue, a indiqué mardi l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Depuis le 14 octobre, plus de 7.100 Syriens ont trouvé refuge en Iraq, fuyant les hostilités dans le nord-est de leur pays.

La plupart des réfugiés syriens sont originaires de villes et de villages du nord-est de la Syrie. « Trois réfugiés sur quatre sont des femmes et des enfants », a déclaré le porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d’un point de presse mardi à Genève.

A la frontière, le HCR et d’autres organisations appuient l’action menée par les autorités locales, en fournissant des secours d’urgence et des services humanitaires. Dès leurs arrivées sur le territoire iraquien, les réfugiés syriens sont enregistrés, reçoivent des repas chauds, avant d’être transportés vers un camp. Dans les centres de réception situés à la frontière, les équipes du HCR assurent également le suivi de la protection des réfugiés – notamment celles des enfants et des personnes ayant des besoins spécifiques.

La grande majorité de ces réfugiés syriens – un peu moins de 7.000 – sont hébergés dans un camp à Barda-rash, une ville iraquienne située à environ 140 kilomètres à l’est de la frontière avec la Syrie. Dans ce camp, le HCR a installé un système d’approvisionnement en eau, un réseau électrique et un système d’égouts. Des infrastructures qui, selon l’agence onusienne, doivent être élargies à mesure que le nombre de réfugiés arrivant dans le camp augmente.

© UNHCR/Hossein Fatemi
En Iraq, le HCR fournit aide et hébergement aux réfugiés fuyant le nord-est de la Syrie.

 

Des enfants non accompagnés font partie de ces réfugiés. Certains d’entre eux, en particulier les enfants, ont besoin de premiers soins et d’une prise en charge psychosociale, Nombre d’entre eux ont été témoins d’explosions et de bombardements alors qu’ils fuyaient les combats et vivent toujours dans la peur. « Les réfugiés dont des parents vivent dans la région sont autorisés à quitter le camp et à rejoindre leur famille », a précisé M. Mahecic.

Avant cette dernière vague d’arrivées, près de 228.000 Syriens avaient trouvé refuge en Iraq, fuyant plus de huit années de conflit et de destruction en Syrie.

Près de 180.000 déplacés dont environ 80.000 enfants (OCHA)

L’opération militaire lancée par la Turquie le 9 octobre dans le nord-est de la Syrie n’est pas sans conséquence humanitaire.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 176.000 personnes ont été déplacées par les hostilités – dont près de 80.000 enfants – en deux semaines.

Des infrastructures civiles vitales dans le nord-est de la Syrie ont été endommagées. Dans le gouvernorat d’Al-Hassakah, la station d’eau d’Alouk, qui était hors service depuis 10 jours a pu être réparé, grâce aux efforts de désescalade menés par les Nations Unies auprès du gouvernement turque.

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