Une « tempête » en gestation en Syrie déchirée par la guerre et confrontée au coronavirus


© UNICEF/Omar Albam
Une jeune fille dans une tente d’un camp de Syriens déplacés dans le nord d’Idlib, en Syrie.
7 juillet 2020

Une « tempête » se prépare maintenant que la région syrienne d’Idlib déchirée par la guerre est confrontée à la pandémie mondiale de Covid-19, a alerté mardi la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie qui dénonce aussi les violations des droits de l’homme et les crimes de guerre commis dans cette région.

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« Il est tout à fait odieux qu’après plus de 9 ans, des civils continuent d’être attaqués sans discernement, voire pris pour cible, alors qu’ils vaquent à leurs occupations quotidiennes », a déclaré mardi le Président de la Commission, Paulo Pinheiro.

Sur le terrain, près d’un million de civils déplacés sont maintenant confrontés « à un avenir incertain ». Comme si les souffrances qu’ils ont endurées n’étaient pas suffisantes, l’émergence de la pandémie du nouveau coronavirus a amplifié la situation humanitaire déjà désastreuse en Syrie, notamment à Idlib et dans l’ouest d’Alep.

En écho à l’appel du Secrétaire général pour un cessez-le-feu durable et à la lumière de la pandémie de Covid-19, la Commission d’enquête recommande à toutes les parties d’assurer la protection des personnes déplacées qui souhaitent retourner dans leurs foyers. Il s’agit surtout d’empêcher « le pillage ou la destruction des biens civils, en protégeant la jouissance sur une base non discriminatoire des droits socio-économiques et culturels fondamentaux tels que la santé et l’éducation.

En pleine pandémie de Covid-19, les enquêteurs indépendants invitent les différentes parties à garantir le respect des droits civils et politiques, y compris la protection contre la détention arbitraire. « Aujourd’hui plus que jamais, les civils ont besoin d’un accès soutenu et sans entrave à l’aide humanitaire, qui ne doit être ni politisée par les États membres ni instrumentalisée par les parties au conflit », a affirmé l’un des membres de la Commission, Hanny Megally. « Les pandémies ne connaissent pas de frontières, pas plus que l’aide qui sauve des vies ».

A la date du 6 juillet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé près de 358 cas confirmés de Covid-19 dont13 décès.

En plus de l’impact du nouveau coronavirus, ce nouveau rapport de 29 pages publié mardi a couvert la période de novembre 2019 à juin 2020 dans la région d’Idlib. Une période au cours de laquelle la Commission d’enquête a fait état de 52 attaques emblématiques de toutes les parties qui ont fait des victimes civiles ou causé des dommages aux infrastructures civiles.

Des raids aériens du gouvernement ont visé les enfants à l’école, des marchés et des hôpitaux

Parmi ces attaques, 17 ont touché des hôpitaux et des installations médicales, 14 des écoles, 9 des marchés et 12 des maisons. « Des enfants ont été bombardés à l’école, des parents au marché, des patients à l’hôpital…, et des familles entières ont été bombardées même pendant leur fuite », a fustigé M. Pinheiro. « Ce qui ressort clairement de la campagne militaire, c’est que les forces pro-gouvernementales et les terroristes désignés par l’ONU ont violé de manière flagrante les lois de la guerre et les droits des civils syriens », a-t-il poursuivi.

Le bombardement généralisé et aveugle effectué par les forces pro-gouvernementales sur Ma’arrat al-Nu’man et Ariha (gouvernorat d’Idlib) ainsi que sur Atarib et Darat Azza (ouest d’Alep) à partir de la deuxième quinzaine de décembre et de la mi-février, a vraisemblablement entraîné des déplacements massifs, les civils n’ayant d’autre choix que de fuir. Les enquêteurs onusiens estiment que cela peut constituer « un crime contre l’humanité sous forme de transfert forcé, de meurtre et d’autres actes inhumains ».

« Les enfants, les femmes et les hommes syriens ont enduré des souffrances insondables pendant la campagne militaire lancée fin 2019 par les forces pro-gouvernementales pour reprendre les dernières zones encore sous le contrôle des groupes armés en Syrie », ont-ils fait valoir. Une façon de rappeler ces « dangers mortels » qui attendaient les civils à chaque tournant de leur vie : des bombardements aériens et terrestres aveugles, aux arrestations et tortures, aux pillages et aux conditions de déplacement désastreuses à la frontière.

Les crimes de guerre de Hayat Tahrir al-Sham

Lors de cette campagne militaire pour reprendre Idlib et certaines parties de l’ouest d’Alep, les forces du gouvernement syrien, aux côtés des forces aériennes russes, ont ainsi mené des attaques aériennes et terrestres qui ont « décimé les infrastructures civiles, dépeuplé les villes et les villages et coûté la vie à des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants syriens ».

« De nombreux hôpitaux, écoles, marchés et maisons ont été détruits par des attaques aériennes et terrestres, ces dernières incluant l’utilisation de bombes à sous-munitions, dans des actes équivalant à des crimes de guerre consistant à lancer des attaques sans discrimination, et des attaques délibérées contre des objets protégés », a dénoncé la Commission d’enquête.

Lorsque les civils ont fui, les groupes terroristes de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) ont pillé leurs maisons. Au fil des combats, les groupes djihadistes ont détenu, torturé et exécuté des civils exprimant des opinions dissidentes, y compris des journalistes.

De plus, HTS a bombardé sans discernement des zones civiles densément peuplées, semant la terreur parmi les civils vivant dans les zones gouvernementales. « Les actes commis par les membres de HTS constituent des crimes de guerre », a déclaré Karen Koning AbuZayd, membre de la Commission.

En conclusion, les enquêteurs indépendants onusiens ont exhorté la communauté internationale à s’inscrire dans une politique de reddition des comptes pour ces crimes décrits dans ce rapport, qui sera présenté les 14 et 15 juillet à Genève lors d’un dialogue interactif de la 44e session du Conseil des droits de l’homme.

Amnesty international: sur fond de crimes de guerre commis par la Russie et la Syrie


Amnesty international

AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
AILRC-FR

Sous embargo strict jusqu’au 11 mai 2020 à 00h01 TU

Syrie. L’ONU ne doit pas supprimer le lien vital que constitue l’aide
acheminée vers le nord-ouest,

sur fond de crimes de guerre commis par la Russie et la Syrie

* Des investigations détaillées sur 18 attaques aériennes et terrestres contre des écoles et des hôpitaux

* La Russie et la Syrie frappent délibérément des hôpitaux inscrits sur la liste des sites protégés établie par l’ONU

* Des éléments de preuve solides pointent l’implication directe de la Russie dans des frappes aériennes illégales

Le Conseil de sécurité de l’ONU ne doit pas supprimer le lien vital que constitue l’aide acheminée pour les civils, dans le contexte des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans le nord-ouest de la Syrie, a déclaré Amnesty International le 11 mai 2020, alors qu’une résolution autorisant l’acheminement transfrontalier de l’aide humanitaire jusqu’à Idlib doit expirer dans les semaines à venir.

Dans son nouveau rapport intitulé « Nous ne sommes en sécurité nulle part ». Attaques illégales et déplacements massifs de population dans le nord-ouest de la Syrie, Amnesty International examine 18 attaques, survenues pour la plupart en janvier et février 2020, au cours desquelles les forces gouvernementales syriennes et/ou russes ont pris pour cibles des centres médicaux et des écoles dans les gouvernorats d’Idlib, d’Alep-Ouest et dans le nord-ouest de Hama.

Ainsi, avant le cessez-le-feu du 5 mars, à Idlib, près d’un million de personnes ont été contraintes de fuir, la plupart ayant déjà été déplacées plusieurs fois. Elles vivent dans des conditions très difficiles depuis plusieurs mois.

« Même à l’aune de la situation catastrophique que connaît la Syrie depuis neuf ans, la crise des personnes déplacées et l’urgence humanitaire provoquées par la dernière offensive contre Idlib sont sans précédent. Le Conseil de sécurité de l’ONU ne doit pas supprimer le lien vital que représente l’acheminement transfrontalier de l’aide humanitaire, car des milliers de vies sont en jeu, a déclaré Heba Morayef, directrice de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à Amnesty International.

« La dernière offensive se caractérise par la mise en œuvre d’attaques généralisées et systématiques visant à terroriser la population civile. Parallèlement, la Russie continue d’apporter un soutien militaire précieux, notamment en procédant directement à des frappes aériennes illégales, en dépit des éléments attestant que cela facilite les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par l’armée syrienne. »

De nombreux éléments de preuve corroborent les récits des témoins

Amnesty International a interviewé 74 personnes pour les besoins de ce rapport, dont des personnes déplacées à l’intérieur du pays, des enseignant es, des médecins et des
travailleurs·euses humanitaires. Leurs récits ont été corroborés par des vidéos et des photos, ainsi que par des analyses d’experts d’images satellite, de rapports d’observateurs de vols sur le terrain et de communications de vol des armées de l’air russes et syriennes qui ont été interceptées. Ces enregistrements audio de transmissions depuis les cockpits d’avions militaires apportent des preuves solides de l’implication militaire russe dans au moins une attaque illégale qui a mis un hôpital hors service.

Des attaques ciblant les hôpitaux

Selon le département de la Santé d’Idlib, les raids syriens ou russes ont endommagé ou détruit 10 centres médicaux à Idlib et Alep entre décembre 2019 et février 2020, tuant neuf membres du personnel, soignant et autre. Des dizaines d’autres structures médicales ont dû fermer complètement.

Amnesty International a recensé des attaques qui ont conduit à la fermeture de cinq hôpitaux dans des zones contrôlées par des groupes armés de l’opposition.
Selon un médecin qui a survécu à l’une de ces attaques – trois frappes aériennes russes ont eu lieu à proximité de l’hôpital al Shami, à Ariha, le 29 janvier 2020 – les frappes ont anéanti au moins deux bâtiments d’habitation proches de l’hôpital, tuant 11 civils, dont l’un de ses collègues, et blessant plus de 30 personnes.

« Je me sentais totalement impuissant. Mon ami et collègue en train de mourir, des femmes et des enfants hurlant dehors, a-t-il expliqué, avant d’ajouter : « Il a fallu deux jours à la défense civile pour extirper les corps [des décombres] ».
Sur la base des déclarations concordantes des témoins et d’autres informations crédibles,
émanant notamment des observateurs de vols, Amnesty International a conclu que cette
attaque illégale était imputable aux forces russes.

Des attaques contre des écoles

Selon le réseau Hurras (réseau syrien de protection de l’enfance), une ONG syrienne, 28 écoles ont été frappées par des attaques aériennes et terrestres en janvier et février 2020.

Dix écoles ont été ciblées en une seule journée, le 25 février, tuant neuf civils.

Amnesty International a enquêté sur les attaques ayant frappé six écoles au cours de cette période ; les forces syriennes ont notamment utilisé des barils d’explosifs largués depuis les airs et des bombes à sous-munitions tirées depuis le sol contre deux écoles, le 28 janvier et le 25 février respectivement.

Un enseignant a déclaré à Amnesty International :

« Une mini bombe [bombe à sous-munitions] a explosé tout près de mes pieds, emportant la chair… La douleur était insupportable. J’ai ressenti de la chaleur, comme si mes pieds brûlaient.

Deux étudiants marchaient devant moi. Le premier est mort sur le coup, le second a survécu, miraculeusement. Je suis sûr que c’était une arme à sous-munitions, parce que j’ai entendu plusieurs explosions. Je connais très bien le son d’une attaque par armes à sous-munitions, on entend une série de petites explosions. Comme s’il pleuvait, non pas de l’eau, mais des éclats d’obus. »

Amnesty International a identifié ces fragments comme provenant d’un missile de surface 9M27K, de 220 mm, fabriqué en Russie et transféré à l’armée syrienne. Il contient des sous- munitions 9N210 ou 9N235, interdites par le droit international.

Des civils pris délibérément pour cibles

Les éléments rassemblés dans le rapport illustrent le fait que les forces syriennes et russes continuent de prendre délibérément pour cibles des civils et des biens à caractère civil. Il s’agit de graves violations du droit international humanitaire, qui exige des parties au conflit qu’elles établissent une distinction entre objectifs et combattants militaires, et civils et biens de caractère civil, et dirigent leurs attaques contre les premiers uniquement. Il s’agit également de crimes de guerre et ceux qui ordonnent ou commettent de tels actes engagent leur responsabilité pénale.

Outre l’immunité contre les attaques que leur confère le statut de civil ou de bien à caractère civil, les hôpitaux et les autres centres médicaux, les professionnel·les de santé et les enfants font également l’objet de protections spéciales durant un conflit armé.
La plupart des structures médicales prises pour cibles figuraient sur la liste de « désescalade » de l’ONU, déjà partagée avec les forces russes, turques et la coalition dirigée par les États-Unis en Syrie, afin de désigner clairement les sites qui ne doivent pas être attaqués.

Déplacements massifs de population et conditions de vie très difficiles
La dernière offensive contre Idlib a contraint près d’un million de personnes – dont plus de 80 % sont des femmes et des enfants – à fuir vers des zones proches de la frontière turque entre décembre 2019 et mars 2020.

Une mère de trois enfants, dont la famille a été déplacée à deux reprises au cours des huit derniers mois, a déclaré : « Ma fille, qui est en CP, a toujours peur… Elle m’a demandé [après que nous avons été déplacés] : « Pourquoi Dieu ne nous tue-t-il pas ? Nous ne sommes en
sécurité nulle part. »

Acculés dans un espace qui ne cesse de se rétrécir, ces civils sont toujours soumis à des
conditions de vie intolérables, sur fond de réponse humanitaire très insuffisante. Une aide immédiate et soutenue est plus que jamais nécessaire.

L’acheminement d’aide vitale est menacé

En juillet 2014, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité une résolution autorisant l’acheminement transfrontalier d’aide humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie et d’autres régions du pays qui se trouvent aux mains des groupes armés d’opposition, sans solliciter l’autorisation du gouvernement syrien. Cette résolution a été prolongée à plusieurs reprises depuis, mais avec de grandes difficultés ces dernières années et un champ d’application réduit en janvier 2020. Elle doit expirer le 10 juillet.
La Syrie et ses alliés cherchent à mettre fin à cet arrangement et préfèreraient acheminer l’aide via Damas ; il serait alors très difficile pour l’ONU et ses partenaires humanitaires de livrer l’aide en temps voulu et durablement. Le gouvernement tente régulièrement de restreindre les opérations d’aide à coups d’obstacles bureaucratiques. Il inscrit sur liste noire et persécute les travailleurs·euses humanitaires associés aux zones tenues par l’opposition. En outre, des
groupes armés comme Hayat Tahrir al Sham empêchent les organisations humanitaires de faire leur travail de manière efficace.

« Des représentants de l’ONU parlent déjà d’Idlib comme d’une " histoire d’horreur humanitaire. Cela ne fera qu’empirer, sauf si le Conseil de sécurité s’affranchit des manœuvres politiques et maintient le lien précieux que représente l’acheminement transfrontalier de l’aide humanitaire », a déclaré Heba Morayef.

Document Public

Épidémie de courona virus/Covid-19 dans les régions sous influence du « régime syrien » … 113 cas en quarantaine et 8 infections parmi les milices Iraniennes et Irakiennes à Deir Ez-Zor


 

Virus

14 mars 2020 – Observatoire syrien des droits de l’homme

L’Observatoire syrien des droits de l’homme continue de surveiller la question de l’épidémie de Corona dans les sphères d’influence du « régime syrien », où plusieurs sources médicales à Damas, Homs, Lattaquia et Tartous, l’Observatoire syrien, a rapporté que le nombre de cas mis en quarantaine à la suite de l’épidémie du virus COVID-19 a atteint 113 cas, dont 35 ont été mis en quarantaine après que les résultats positifs de tests, tandis que 78 sont encore en isolement, cependant, les autorités du régime syrien garde le silence sur les cas avérés. Dans un contexte connexe, des sources fiables ont informé l’OSDH que l’épidémie de Corona a éclaté parmi les milices pro-iraniennes, dans la ville d’Al-Mayadine, à l’est de Deir Ez-Zor, où 6 malades de nationalité iranienne et 2 de nationalité irakienne qui présentaient les symptômes d’infection, et mis en quarantaine à l’hôpital iranien Al-Zahra de la ville, des échantillons ont été envoyés à la capitale, Damas, pour diagnostiquer que les huit éléments étaient tous infectés par le virus Covid-19.

L’OSDH a surveillé hier, vendredi, la publication du ministère de l’Éducation du régime d’une déclaration de suspension des classe dans les écoles publiques et privées et similaires, à partir du samedi 14 mars 2020 au jeudi 2 avril 2020.

Selon la déclaration il a été annoncé : « Dans l’intérêt de la sécurité et de la santé des enfants des élèves et des étudiants, compte tenu de la présence d’un grand nombre d’entre eux dans les salles de classe, et de la difficulté d’adhésion des enfants dans leur jeune âge aux méthodes de prévention et aux mesures de sécurité, de précaution et de prudence», et afin de prévenir la propagation du virus Corona, alors que le régime nie toujours le fait que le virus des milices iraniennes se soit propagé en Syrie.

Le 10 mars, l’OSDH a indiqué qu’il avait appris de plusieurs sources médicales à l’intérieur des sphères d’influence du régime syrien que le virus COVID-19, connu sous le nom de virus Corona, s’était propagé principalement dans les gouvernorats de Damas, Tartous, Lattaquia et Homs, et que de nombreux cas avaient été enregistrés comme atteint du virus, certains d’entre eux sont décédés et d’autres ont été placés en “quarantaine”, où l’OSDH a communiqué avec des médecins des hôpitaux des gouvernorats susmentionnés, qui ont confirmé avoir reçu des autorités du “régime syrien” des ordres stricts de la nécessité de garder le secret et de s’abstenir de parler de la propagation du virus Corona sur place, il est a noté la densité d’entrées et sorties des familles des iraniens en Syrie, en raison de la visite des lieux sacrés sur les terres syriennes, en plus de la présence des forces iraniennes déployées là-bas, tandis que l’Iran a enregistré des milliers de cas d’infections au virus “Corona”, causant la mort de  dizaines de personnes. Il est à mentionner  aussi que le régime syrien a suspendu hier ses vols à destination et en provenance de l’Iran et de l’Iraq.

وباء الكورونا ضمن مناطق نفوذ “النظام السوري”.. 113 حالة في الحجر الصحي و8 إصابات في صفوف الإيرانيين والعراقيين بدير الزور

14 مارس,2020 – المرصد السوري لحقوق الإنسان

يواصل المرصد السوري لحقوق الإنسان رصده لقضية تفشي وباء الكورونا ضمن مناطق نفوذ “النظام السوري”، حيث أبلغت مصادر طبية عدة في كل من دمشق وحمص واللاذقية وطرطوس المرصد السوري، بأن أعداد الحالات التي تم حجرها صحياً نتيجة تفشي فيروس (COVID-19) وصل إلى 113 حالة، 35 منهم جرى إخراجهم من الحجر الصحي بعد أن كانت نتيجة التحاليل سلبية، فيما لا يزال 78 في الحجر، وسط استمرار سطات النظام السوري بالتكتم عن الأمر، وفي سياق متصل، أبلغت مصادر موثوقة المرصد السوري بأن وباء الكورونا تفشى بين المليشيات الموالية لإيران في مدينة الميادين شرق دير الزور، حيث جرى الحجر صحياً على 6 من الجنسية الإيرانية و2 من الجنسية العراقية ممن يحملون أعراض الوباء وذلك في مشفى الزهراء الإيراني في المدينة، وجرى إرسال عينات إلى العاصمة دمشق ليتبين إصابة العناصر الثمانية جميعهم بوباء كورونا بعد أن كانت نتائج التحاليل إيجابية.

وكان المرصد السوري رصد يوم أمس الجمعة، إصدار وزارة التربية التابعة للنظام بيانا يقضي بتعليق الدوام المدرسي في المدارس العامة والخاصة وما في حكمها اعتبارا من يوم السبت 14 /آذار/2020 ولغاية يوم الخميس 2/ نيسان/2020.

وبحسب البيان الذي جاء فيه: “حرصا على سلامة وصحة الأبناء التلاميذ والطلاب، ونظرا لوجود أعداد كبيرة منهم في الغرف الصفية، وصعوبة التزام الأطفال في المراحل العمرية الصغيرة بأساليب الوقاية وإجراءات السلامة والحيطة والحذر”، بهدف الوقاية من انتشار فيروس الكورونا، فيما لا يزال النظام ينكر حقيقة انتشار الفيروس القادم من الميليشيات الإيرانية إلى سوريا.

ونشر “المرصد السوري” في 10 مارس/آذار، أنه علم من مصادر طبية عدة داخل مناطق نفوذ النظام السوري، أن فيروس (COVID-19) المعروف باسم فيروس كورونا انتشر بشكل رئيسي في محافظات دمشق وطرطوس واللاذقية وحمص، وهناك إصابات كثيرة تم تسجيلها بالفيروس بعضها قد فارق الحياة وبعضها وضع بـ”الحجر الصحي”، حيث تواصل المرصد السوري مع أطباء بمشافي ضمن المحافظات أنفة الذكر، والذين أكدوا بأنهم تلقوا أوامر صارمة من سلطات “النظام السوري” بضرورة التكتم والامتناع عن الحديث حول انتشار فيروس كورونا هناك، يذكر أن سوريا تشهد عملية دخول وخروج كبيرة للإيرانيين نظراً للمقدسات الموجودة على الأراضي السورية بالإضافة للقوات الإيرانية المنتشرة هناك برفقة عوائلها، حيث سجلت إيران آلاف الإصابات بفيروس “كورونا” توفي على إثرها عشرات الأشخاص. كما يذكر أن النظام السوري علق الرحلات الجوية أمس من وإلى إيران والعراق.

Le CICR demande que les civils soient autorisés à passer en toute sécurité à Idleb


Défense civile syrienne
@SyriaCivilDefe
2h
22 civils, dont 9 enfants et 7 femmes, ont été tués et 90 autres blessés, dont 22 enfants et 17 femmes, aujourd’hui, mardi, à la suite du ciblage d’avions de guerre russes et syriens, de la ville d’Idleb et de ses campagnes, ainsi qu’au Maarat Masrine Benneche, Sarmine Badama, Ariha, Kafranbel et Al-Najiya.
# Idlib_ sous le feu
# Casques blancs

{

Défense civile syrienne
@SyriaCivilDefe
6h
11 civils, dont 7 enfants et une femme, ont été tués et 44 autres, dont 12 enfants et 12 femmes, ont été blessés du fait du ciblage d’une école abritant des personnes déplacées et des maisons civiles à Ma’rat Masrin dans la campagne d’Idleb, ce soir, mardi 25 février 2020.
# Idlib_ sous le feu
# Casques blancs

 

Le CICR demande que les civils soient autorisés à passer en toute sécurité à Idleb

25 février 2020
Sham News Network

Mardi, le Comité international de la Croix-Rouge a appelé toutes les parties à Idleb à permettre aux civils de traverser en toute sécurité pour échapper aux attaques et a rappelé à ces parties que les hôpitaux, les marchés et les écoles sont protégés par le droit international.

“Nous exhortons toutes les parties à permettre aux civils de se déplacer en toute sécurité, que ce soit dans les zones contrôlées par ces parties ou à travers les lignes de front”, a déclaré la porte-parole de la commission, Ruth Heatherington, lors d’un point de presse à Genève.

“Nous exhortons toutes les parties à autoriser le mouvement (des équipes de la Croix-Rouge) et à fournir des garanties de sécurité afin que nous puissions répondre de manière appropriée aux besoins des personnes des deux côtés des lignes de front”, a-t-elle ajouté.

Les maisons des civiles dans les zones libérées d’Alep et d’Idleb sont soumises à des frappes aériennes russes, accompagnées d’attaques au sol et d’intenses tirs d’artillerie et de missiles par Assad et des milices iraniennes, laissant des dizaines de martyrs et de civils blessés, ainsi que le déplacement de centaines de milliers de personnes vers des zones plus sûres, tandis que le régime d’Assad continue de progresser poursuivant la politique de la “terre brûlée”.

الدفاع المدني السوري
@SyriaCivilDefe
2h
مقتل 22 مدنيا بينهم 9 أطفال و7 نساء وأصيب 90 آخرين بينهم 22 طفل و17 امرأة، اليوم الثلاثاء، جراء استهداف الطائرات الحربية الروسية والسورية، مدينة إدلب وريفها، لكل من معرة مصرين بنش، وسرمين بداما، أريحا، كفر نبل، والناجية.
#إدلب_تحت_النار
#الخوذ_البيضاء

الدفاع المدني السوري
@SyriaCivilDefe
6h
مقتل 11 مدنيا بينهم 7 أطفال وسيدة وإصابة 44 آخرين بينهم 12 طفل و12 امرأة ، جراء استهداف مدرسة تأوي نازحين ومنازل المدنيين بمعرة مصرين في ريف إدلب، مساء اليوم الثلاثاء 25 شباط \ 2020.
#إدلب_تحت_النار
#الخوذ_البيضاء

اللجنة الدولية للصليب الأحمر تدعو إلى السماح للمدنيين بالعبور الآمن في إدلب

25.شباط.2020
شبكة شام الإخبارية

دعت اللجنة الدولية للصليب الأحمر كافة الأطراف في إدلب، يوم الثلاثاء، إلى السماح للمدنيين بالعبور الآمن هربا من الهجمات وذكّرت تلك الأطراف بأن المستشفيات والأسواق والمدارس محمية بموجب القانون الدولي.

وقالت المتحدثة باسم اللجنة روث هيذرنجتون في إفادة صحفية في جنيف “نحث كل الأطراف على السماح للمدنيين بالتنقل بأمان سواء في مناطق تسيطر عليها تلك الأطراف أو عبر الخطوط الأمامية”.

وأضافت “نحث كل الأطراف على السماح بتحرك (فرق الصليب الأحمر) وتقديم ضمانات أمنية حتى يتسنى لنا الاستجابة بشكل مناسب لاحتياجات الناس على جانبي الخطوط الأمامية”.

وتتعرض منازل المدنيين في المناطق المحررة بريفي حلب وإدلب لقصف جوي روسي مترافق مع هجمات برية وقصف مدفعي وصاروخي مكثف من قبل ميليشيات الأسد وإيران، ما خلف عشرات الشهداء والجرحى في صفوف المدنيين، فضلا عن نزوح مئات الآلاف باتجاه مناطق أكثر أمنا، فيما يواصل نظام الأسد تقدمه متبعا سياسة “الأرض المحروقة”.

Syrie: 900000 déplacés à cause des violences dans le nord-ouest du pays


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Syrie: 900000 déplacés à cause des violences dans le nord-ouest du pays

Bilan du pilonnage de la Russie et des forces d’al-Assad sur les villages et les villes d’Idleb…


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campagne militaire de la Russie et des forces d’al-Assad sur les villages et les villes d’Idleb

Le directeur de l’équipe de défense civile, “Casques blancs”, Raed Al-Saleh, a déclaré dans son discours lors de la conférence, que “les campagnes militaires de la Russie et des forces d’Assad ont jusqu’à présent entraîné le déplacement de plus d’un million de personnes vers le nord de la Syrie”.

Al-Saleh a expliqué que les campagnes militaires se sont concentrées sur les maisons des civils, notant qu’Assad et les forces russes ont ciblé 45 hôpitaux et points médicaux, 18 boulangeries, 72 marchés populaires, 90 écoles, 19 camps, en plus de 39 mosquées et une église.

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Seven incidents on the United Nations list investigated by The Times.Satellite image by Landsat and Copernicus, via Google Earth

Hôpitaux bombardés en Syrie l’ONU réclame des comptes à Moscou


La Ghouta - 34

Le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, a indiqué mardi avoir demandé à la Russie des explications sur ce qu’il est advenu des localisations de centres médicaux en Syrie données pour éviter des attaques et qui ont été bombardés.

« Je ne suis pas sûr » que donner leur localisation a protégé ces hôpitaux, a-t-il dit devant le Conseil de sécurité lors d’une réunion sur la Syrie au cours de laquelle des mots acerbes ont été échangés entre Paris et Londres d’un côté et Moscou de l’autre. 

Depuis l’intensification en avril des bombardements de l’armée syrienne soutenue par l’armée russe dans la région d’Idleb (nord-ouest), plus d’une vingtaine de centres médicaux ont été attaqués. 

La Russie et la Syrie ont démenti viser des installations civiles, assurant ne vouloir s’en prendre qu’à des groupes « terroristes ». 

« J’ai écrit à la Russie pour savoir comment sont utilisées les informations transmises » a précisé Mark Lowcock, citant un mécanisme créé pour éviter des incidents aériens en Syrie entre Washington et Moscou. Il avait été fortement conseillé aux ONG apportant une aide médicale de transmettre leur localisation pour contribuer à leur protection. 

« Nous savons qui a la maîtrise du ciel dans le nord-ouest », a souligné l’ambassadeur des États-Unis Jonathan Cohen en réclamant à la Russie de « faire davantage » pour la protection des civils.    

« Nous réfutons toutes les accusations de frappes aveugles à Idleb », a affirmé de son côté lors d’une liaison vidéo depuis Damas le général russe Alexey Bakin, chef du Centre russe pour la réconciliation des belligérants. Il a déploré que la communauté internationale ne condamne pas plus les groupes « terroristes ». 

Son intervention avait été précédée d’une mise en garde de la France. « Le Centre russe pour la réconciliation n’est ni un acteur humanitaire ni une agence onusienne, c’est une émanation du ministère de la Défense russe qui est une partie active au conflit », a noté l’ambassadeur François Delattre, en alertant sur l’objectivité des propos émis par son chef. 

L’Allemagne et le Royaume-Uni, qui a parlé de « conflit d’intérêts », ont aussi émis des critiques.  

« Notre délégation n’a jamais remis en question les intervenants proposés » par les autres, a rétorqué l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia. « Si les délégations souhaitent se lancer dans ce jeu, nous sommes prêts à y jouer à l’avenir », a-t-il ajouté. 

Devant le Conseil de sécurité, David Lillie, directeur de l’ONG Syrian American Medical Society, a réclamé des enquêtes sur les bombardements d’hôpitaux et relevé que la Russie avait « la capacité » de les mener. « 1200 travailleurs humanitaires ont péri en Syrie depuis le début du conflit » en 2011, a-t-il précisé.

Hopital-Nabd-al-Hayat-Idleb-bombardé-le-5-mai-2019

A medical facility in Kafranbel was among those destroyed in reported air strikes

Ambulance bombardée par les forces du régime et par l’occupation Russe

 

https://www.lorientlejour.com/article/1176383/hopitaux-bombardes-en-syrie-lonu-reclame-des-comptes-a-moscou.html

Le Conseil de sécurité doit examiner les crimes contre l’humanité commis à Idleb


A medical facility in Kafranbel was among those destroyed in reported air strikes

Syrie. Le Conseil de sécurité doit examiner les crimes contre l’humanité commis à Idlib

Le gouvernement syrien, avec le soutien de la Russie, mène une offensive délibérée et systématique contre des hôpitaux et des établissements médicaux à Idlib et Hama, a déclaré Amnesty International le 17 mai 2019, alors qu’elle publie de nouveaux témoignages bouleversants livrés par des professionnels de santé de la région.

Jusqu’ici, la communauté internationale a totalement échoué à protéger les civils des horreurs de ce conflit.
Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International

Le Conseil de sécurité de l’ONU devant débattre de la situation dans le nord-ouest de la Syrie aujourd’hui, Amnesty International appelle à l’action et réclame que la Russie fasse l’objet de pressions au sujet des attaques délibérées contre 15 hôpitaux à Idlib et à Hama au cours des trois dernières semaines.

« Bombarder des hôpitaux qui dispensent des soins médicaux est un crime de guerre. Ces récentes attaques ont éliminé des possibilités de secours vitales pour les civils qui ont désespérément besoin de soins. Elles s’inscrivent dans le cadre de tactiques éprouvées qui consistent à cibler des structures médicales en vue de s’en prendre de manière systématique à la population civile et constituent des crimes contre l’humanité, a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International.

« Jusqu’ici, la communauté internationale a totalement échoué à protéger les civils des horreurs de ce conflit. Nous engageons les membres du Conseil de sécurité qui se réunissent aujourd’hui à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre un terme à l’offensive contre les civils à Idlib et amener les auteurs présumés de ces crimes affreux à rendre des comptes. »

Les employés de quatre hôpitaux à Idlib et à Hama ont déclaré à Amnesty International avoir été pris pour cibles alors qu’ils avaient donné leurs coordonnées GPS aux gouvernements syrien et russe.

D’après l’ONU et des organisations médicales syriennes, au moins 15 hôpitaux auraient été endommagés ou détruits à Idlib et à Hama depuis début mai. L’intensification des attaques a également causé le déplacement de 180 000 personnes. Au moins 16 organisations humanitaires ont dû suspendre certaines de leurs opérations à Idlib, aggravant une situation déjà très difficile, dans laquelle au moins 1,5 million de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence.

Bombarder des hôpitaux qui dispensent des soins médicaux est un crime de guerre. Ces récentes attaques ont éliminé des possibilités de secours vitales pour les civils qui ont désespérément besoin de soins.
Lynn Maalouf, Amnesty International

Amnesty International s’est entretenue avec 13 personnes au sujet des attaques qui ont récemment touché quatre hôpitaux et a vérifié des vidéos qui corroborent leurs témoignages.

D’après ces personnes, entre le 5 et le 11 mai, le gouvernement syrien a procédé à de multiples frappes aériennes contre l’hôpital Nabad al Hayat à Hass, l’hôpital Cave à Kafr Zita et l’hôpital chirurgical et l’hôpital Al Sham à Kafranbel. Tous ces centres médicaux, qui couvraient les besoins d’au moins 300 000 personnes dans le sud d’Idlib et dans le nord et l’ouest du gouvernorat de Hama, sont désormais hors d’état de fonctionner.

Hôpital chirurgical de Kafranbel

Le 5 mai 2019, vers 17 heures, des avions militaires du gouvernement syrien ont procédé à de multiples raids aériens contre l’hôpital chirurgical de Kafranbel, détruisant le premier étage où une pharmacie, des bureaux, une pièce de stockage et un local électrique étaient situés. Le sous-sol a subi de graves dégâts. Cette attaque a tué un patient et blessé son frère.

Les membres du Conseil de sécurité ont le devoir de privilégier la protection des civils assiégés en Syrie plutôt que leurs intérêts étriqués et les rivalités entre grandes puissances.
Lynn Maalouf, Amnesty Intenational

Selon un membre du personnel soignant qui se trouvait à l’intérieur de l’hôpital au moment de l’attaque, ces multiples frappes aériennes ont déclenché un véritable chaos.

« Nous avons amené les blessés au sous-sol. Alors que nous tentions de stopper les saignements, il y a eu un deuxième raid aérien qui a causé une coupure d’électricité… Ensuite, une troisième et une quatrième frappe aérienne. Nous avons seulement entendu les bruits des explosions et senti le sous-sol trembler… Nous avons mis en route l’oxygène parce qu’il n’y avait plus d’air. »

Les vidéos qu’a visionnées Amnesty International montrent des dégâts qui corroborent la thèse de frappes aériennes menées contre l’hôpital.

Hôpital Nabad al Hayat

Deux employés de l’hôpital Nabad al Hayat (Pouls de la vie) dans la ville de Hass ont raconté à Amnesty International que l’hôpital avait été évacué par mesure de précaution lorsque les attaques ont commencé à s’intensifier fin avril. Deux jours après l’évacuation, le 5 mai, le gouvernement syrien a effectué plusieurs raids dans la matinée et l’après-midi, détruisant l’hôpital. Tous les patients ayant été évacués, aucun blessé n’est à déplorer.

Selon le directeur du service chirurgie, l’an dernier, l’hôpital avait été réinstallé dans une zone éloignée, en périphérie de la localité de Hass. L’attaque du 5 mai était la troisième depuis qu’il avait été déplacé en mars 2018.

Alors que l’offensive contre Idlib s’intensifie, au moins 300 000 personnes n’ont plus accès aux hôpitaux. Nous sommes face à une catastrophe humanitaire, due à la cruauté du gouvernement syrien qui, avec le soutien de la Russie, continue de piétiner le droit international.
Lynn Maalouf, Amnesty International

Cet homme a expliqué : « Il y a trois jours, la ville de Kafranbel a été bombardée par des tirs de roquettes. Certains blessés ont été transférés aux domiciles de médecins et d’infirmières, afin que nous puissions au moins leur dispenser les soins d’urgence et qu’ils puissent survivre à leur transfert vers un autre hôpital. »

Amnesty International a vérifié la vidéo montrant une frappe aérienne qui touche un bâtiment dont la localisation correspond à celle de l’hôpital Nabad al Hayat.

Hôpital Cave à Kafr Zita

D’après deux professionnels de santé de l’hôpital Cave à Kafr Zita, le gouvernement syrien a procédé à au moins quatre raids aériens le 5 mai 2019, vers midi, endommageant gravement le bâtiment et le mettant hors service.

Un infirmier qui se trouvait dans l’hôpital au moment de l’attaque, avec d’autres professionnels de santé et un patient blessé, a décrit les quatre frappes successives qui ont débuté vers 11 heures du matin. Il a déclaré :

« Nous avions très peur que l’armée syrienne n’envahisse la ville et ne pénètre dans l’hôpital. Nous nous en sommes remis à Dieu et avons quitté le bâtiment. Après l’évacuation, il y a eu une quatrième frappe. »

Hôpital Al Sham

Un membre du personnel et un professionnel de santé de l’hôpital Al Sham, à Kafranbel, ont déclaré que deux raids aériens effectués le 11 mai 2019 avaient mis l’hôpital Al Sham hors d’état de fonctionner. Selon le directeur, son établissement avait été pris pour cible et réparé à de multiples reprises depuis 2018. Il a ajouté qu’ils allaient attendre la fin des frappes aériennes pour entamer de nouveau les réparations.

Les attaques contre les hôpitaux et les installations médicales dans les zones contrôlées par l’opposition sont devenues une marque de fabrique de la guerre en Syrie. Les hôpitaux à Alep, Deraa et dans le gouvernorat de Rif Dimashq ont été visés au cours des opérations menées par le gouvernement syrien pour reprendre le contrôle de ces zones. Dans de nombreux cas, les responsables des hôpitaux et les organisations humanitaires ont affirmé avoir donné leurs coordonnées GPS au gouvernement syrien, dans le but de prévenir ces attaques.

Une catastrophe humanitaire

Les attaques délibérées contre des civils et des biens à caractère civil, notamment des hôpitaux et d’autres établissements médicaux, bafouent le droit international humanitaire et constituent des crimes de guerre.

« Alors que l’offensive contre Idlib s’intensifie, au moins 300 000 personnes n’ont plus accès aux hôpitaux. Nous sommes face à une catastrophe humanitaire, due à la cruauté du gouvernement syrien qui, avec le soutien de la Russie, continue de piétiner le droit international, a déclaré Lynn Maalouf.

« Les membres du Conseil de sécurité ont le devoir de privilégier la protection des civils assiégés en Syrie plutôt que leurs intérêts étriqués et les rivalités entre grandes puissances. La Russie, en particulier, doit user de son influence pour obtenir que la Syrie cesse immédiatement ces attaques contre les civils et les hôpitaux, et mette en place des conditions permettant aux organisations humanitaires d’avoir accès en toute sécurité aux civils qui en ont besoin. »

Des juristes syriens appellent la Communauté Internationale à révéler le sort des détenus dans les prisons d’Assad


Des juristes syriens appellent la Communauté Internationale à révéler le sort des détenus dans les prisons d'Assad

La Commission juridique syrienne a envoyé une note juridique au Secrétaire général des Nations Unies, au Président du Conseil de sécurité de l’ONU et aux membres de l’Assemblée générale des Nations Unies concernant les massacres de détenus commis par le régime d’Assad dans ses prisons.
La Commission a souligné que le régime d’Assad assassine les détenus et informe par la suite leurs proches de leur mort par téléphone ou en leur envoyant des certificats de décès sans remettre les corps.
Le régime d’Assad a emprisonné 90 personnes de la province de Hama avant 2014, ces détenus sont morts en détention. Leurs proches ont été informés de leur décès par les registres d’état civil de Hama, qui n’ont pas donné plus de détails sur la cause des décès.
Le régime d’Assad, sans aucun scrupule et avec le soutien et la direction des régimes russe et iranien, a commencé à donner des listes de noms de détenus tués sous la torture par ses services de sécurité dans ses centres de détention aux registres civils, déplore la note.
Cette mesure vise à clôturer le dossier des détenus, à effacer le crime de tuer les détenus et à couvrir le crime de génocide contre des dizaines de milliers de détenus. Lors de l’enregistrement des décès, les registres d’état civil dans les zones contrôlées par le régime d’Assad attribuent les décès à la mauvaise santé.
Plusieurs hôpitaux et centres médicaux du régime d’Assad; tels que l’Hôpital arabe syrien, l’Hôpital Al Mujtahid, l’Hôpital Harasta, l’Hôpital 601 et l’Hôpital militaire de Tishreen à Damas; couvrent le massacre des détenus.
La Commission a appelé la Communauté Internationale, fondée sur le droit international et les principes de Genève, à tenir le régime d’Assad et ses appareils de sécurité juridiquement, criminellement et civilement responsables des crimes de torture, de privation de la liberté, d’enlèvement et de meurtre.
La Commission a souligné la nécessité d’activer le travail de la Commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur la Syrie pour enquêter sur ces crimes, recueillir des preuves et entendre des témoignages. La Commission a également souligné la nécessité de révéler le sort des détenus, des personnes enlevées, des personnes disparues de force et des personnes tuées dans les services de sécurité et les prisons d’Assad. Il faut également amener les auteurs de ces crimes, à leur tête Bachar Al Assad, devant la justice.
La Commission a appelé la Communauté Internationale à forcer le régime d’Assad à révéler le sort des détenus et des disparus de force, à remettre les corps de ceux qui sont morts sous la torture et à révoquer tous les faux documents visant à oblitérer le meurtre délibéré de détenus et à éviter les conséquences et les sanctions possibles.
La Commission juridique syrienne comprend un groupe d’experts juridiques syriens qui cherchent à assurer le suivi du dossier syrien, en particulier des questions juridiques. La Commission vise également à mobiliser son expertise juridique au service du peuple syrien.

Rapport César les détenus exécutés dans les prisons du régime d'Al-Assad9

(12 juil) : Yasser Farhan, Chef de la Commission nationale syrienne pour les détenus et les personnes disparues, a déclaré que les massacres de détenus commis par le régime d’Assad constituent des crimes de guerre, des génocides et des crimes contre l’humanité, ajoutant que les détenus sont soumis à des tortures systématiques et brutales.
M. Farhan s’est exprimé suite à l’envoi par le régime d’Assad de listes de noms de détenus morts sous sa garde aux registres d’état civil. M. Farhan a appelé l’ONU à enquêter sur les massacres de détenus dans les prisons d’Assad, soulignant que de tels actes sont une honte pour le monde entier.
La publication par le régime d’Assad de listes de noms de détenus décédés dans des centres de détention sans remettre les corps et sans que des enquêtes minutieuses et transparentes soient ouvertes sur ces morts confirme que ces détenus ont été massacrés et torturés brutalement. M. Farhan a dénoncé les affirmations du régime d’Assad selon lesquelles ces détenus seraient morts d’une crise cardiaque.
La jurisprudence internationale sur les droits de l’Homme stipule que la responsabilité première incombe à l’Etat jusqu’à ce que la mort d’une personne en détention soit justifiée par des raisons normales et non par négligence ou mauvais traitements, a ajouté M. Farhan.
Par conséquent, tous les décès doivent faire l’objet d’une enquête indépendante, transparente et approfondie. Le fait de ne pas mener une telle enquête suffit à rendre l’État responsable de la mort des victimes.
M. Farhan a souligné que la responsabilité directe de ces morts incombe aux auteurs de ces crimes et à ceux qui ont donné des ordres ou les ont dissimulés.
M. Farhan a appelé la Communauté Internationale à forcer le régime d’Assad à ouvrir les prisons et les centres de détention aux instances internationales pour s’assurer de la situation intérieure. Une enquête internationale doit être lancée sur les abus contre les détenus dans les prisons d’Assad. Il a appelé à libérer tous les détenus et à prévenir toutes nouvelles arrestations arbitraires, conformément aux résolutions internationales sur la Syrie, notamment le Communiqué de Genève de 2012 et la Résolution 2254 du Conseil de sécurité.
M. Farhan a également souligné que la torture est systématiquement utilisée dans les prisons du régime d’Assad dans le but de se débarrasser de tous les opposants, ajoutant que des dizaines de milliers de détenus sont déjà morts sous la torture dans les prisons d’Assad.
Le régime d’Assad ne respecte pas les résolutions et conventions internationales appelant à empêcher les arrestations arbitraires, les enlèvements, les disparitions forcées, la torture et les mauvais traitements.
Tout cela se produit malgré le fait que presque toutes les résolutions du Conseil de sécurité condamnent les arrestations arbitraires de civils, la torture, les meurtres et les disparitions forcées en Syrie et exigent la fin immédiate de ces pratiques et la libération de toutes les personnes arbitrairement détenues.
La Commission nationale syrienne pour les détenus et les personnes disparues a été créée par décision de la Coalition Nationale Syrienne et travaille de manière indépendante et en coordination avec les organisations locales et internationales des droits de l’Homme pour prendre des mesures concrètes visant à assurer la libération des détenus et mettre fin à la torture et aux meurtres.

Deraa: Terrorisme d’État… raids des forces prorégime sur le sud syrien


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Syrie: plus de 20 civils tués dans des raids de forces prorégime dans le sud

AFP / Mohamad ABAZEED Des nuages de fumée s’élèvent de secteurs rebelles de la ville de de Deraa, dans le sud syrien, lors de frappes aériennes du régime, le 28 juin 2018

 

Plus de 20 civils ont péri jeudi dans des raids imputés à l’aviation russe contre la province méridionale de Deraa en Syrie, la journée la plus meurtrière depuis le début d’un assaut du régime et de ses alliés pour chasser les rebelles de cette région clé.

Les puissances occidentales ont dénoncé les opérations militaires lancées le 19 juin par le régime de Bachar al-Assad et son allié russe contre cette province dominée par les insurgés, et plusieurs ONG ont dit craindre une nouvelle crise humanitaire dans le pays en guerre depuis 2011.

Après avoir consolidé son pouvoir sur la capitale Damas et ses environs en chassant rebelles et jihadistes, le pouvoir d’Assad a ouvert un nouveau front dans le sud du pays, une région sensible bordant la frontière avec la Jordanie et le plateau du Golan, en partie occupé par Israël.

Jeudi, des raids imputés à l’aviation russe ont visé plusieurs secteurs dans l’est et l’ouest de la province de Deraa, faisant 25 morts parmi les civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Parmi les victimes, 17 personnes dont cinq enfants, réfugiées dans le sous-sol d’une maison pour échapper aux bombardements, ont péri dans une frappe russe dans la localité d’Al-Mseifra, a précisé l’OSDH.

Il n’était pas possible de confirmer de source indépendante si l’aviation russe a mené ou non ce raid mais Moscou a toujours démenti cibler des objectifs civils.

“Le bilan de jeudi est le plus élevé depuis le 19 juin”, a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. “Depuis mercredi, les bombardements ont gagné en intensité et visent des secteurs très fortement peuplés”.

Au total en plus d’une semaine, quelque 96 civils ont péri dans les violences, selon l’ONG.

– 50.000 déplacés –

Mardi, les forces du régime ont lancé une offensive contre les quartiers insurgés de la ville de Deraa, chef-lieu de la province du même nom.

Ces districts ont été la cible jeudi de raids aériens du régime et de la Russie, et depuis plusieurs jours, des dizaines de familles fuient le secteur, selon l’OSDH.

“Tous les habitants sont partis. Il n’y a plus de civils ici” dans les quartiers rebelles de Deraa, a indiqué à l’AFP Ahmad Abou Hazem, un combattant rebelle dans la ville.

AFP / Mohamad ABAZEED Des déplacés syriens fuient les zones de combats dans la province méridionale de Deraa où le régime bombarde les zones rebelles, le 28 juin 2018

Selon l’ONU, quelque 750.000 civils vivant en zone rebelle dans le sud de la province de Deraa seraient menacés par les opérations militaires.

Et environ 50.000 civils ont déjà été déplacés, selon un nouveau chiffre communiqué jeudi par l’ONU, la majorité essayant de trouver refuge près de la frontière avec la Jordanie.

Amman néanmoins a répété à plusieurs reprises qu’elle garderait sa frontière fermée, faisant craindre aux organisations internationales une nouvelle crise humanitaire.

Les Nations unies ont annoncé jeudi avoir suspendu leurs convois humanitaires transfrontaliers depuis la Jordanie vers la province de Deraa “en raison des combats”.

“Nous exhortons la Jordanie à laisser les frontières ouvertes”, a lancé le chef du groupe de travail humanitaire de l’ONU sur la Syrie, Jan Egeland, lors d’un point de presse à Genève.

– “Violation” –

Les violences n’ont pas épargné les infrastructures médicales. Depuis le début des hostilités, cinq hôpitaux ont été mis hors service par des bombardements pour certains imputés à la Russie, selon l’OSDH.

L’ONG française l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM) a par ailleurs annoncé la mort de trois membres de son personnel médical en moins d’une semaine dans la province de Deraa.

Le pouvoir syrien, qui enchaîne les victoires grâce à l’appui crucial de l’allié russe, mais aussi de l’Iran et du Hezbollah libanais, contrôle désormais 65% du pays.

Carte - Sud syrien Deraa et Soueida
 AFP / Omar KAMAL Syrie

Il semble plus que jamais déterminé à asseoir son pouvoir sur l’ensemble de la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.

Depuis le début des hostilités dans le sud, les forces du régime ont conquis 15 villages et localités, principalement dans l’est et le nord-est de la province, selon l’OSDH.

Or le sud fait théoriquement l’objet depuis 2017 d’un cessez-le-feu négocié directement par Moscou, Washington et Amman.

“Les opérations militaires unilatérales du régime d’Assad et de la Russie dans le sud-ouest de la Syrie sont une violation du cessez-le-feu”, a souligné mercredi Jonathan Cohen, ambassadeur adjoint des Etats-Unis à l’ONU.

https://www.afp.com/fr/infos/334/syrie-plus-de-20-civils-tues-dans-des-raids-de-forces-proregime-dans-le-sud-doc-16s0885

 

Syrie: des milliers de personnes fuient des bombardements du régime dans le sud

Bombardement - Syrie

Devoir d’indignation


 

alep-2016-05

 

Édito vidéo : « On ne peut pas se taire sur ce qu’il se passe à Alep »

http://www.politis.fr/articles/2016/09/edito-video-on-ne-peut-pas-se-taire-sur-ce-quil-se-passe-a-alep-35459/

Denis Sieffert s’interroge sur l’absence d’indignation à gauche face aux derniers bombardements du tandem Assad-Poutine et présente le dernier numéro de Politis.

Devoir d’indignation

Devrait-elle, cette gauche, se taire quand l’assassin n’est plus George W. Bush mais Vladimir Poutine ?

Àl’heure où les bombes s’abattent sur Alep, notre indignation peut-elle encore servir à quelque chose ? Nos concitoyens sont à ce point saturés d’images dramatiques qu’il est devenu impossible de mobiliser les consciences. Leur réaction n’est certainement pas d’indifférence, mais d’incompréhension et de désarroi. Pourtant, oui, nous avons le devoir de parler, d’écrire et peut-être de hurler devant le massacre commis par l’infernal tandem Assad-Poutine. Nos protestations n’arrêteront évidemment pas le bras du crime, mais elles peuvent au moins nous permettre de régler un vieux compte avec une vision du monde qui devrait définitivement appartenir au passé. Un compte avec ces restes de pensée binaire et ces résurgences d’esprit de système qui, parfois encore, nous aveuglent. Il faudrait être avec Poutine pour être parfaitement anti-américain. Il faudrait condamner les déclarations de François Hollande à l’ONU parce que c’est François Hollande. Il faudrait excuser ce qui se passe en ce moment à Alep au nom de l’histoire longue du colonialisme et de la longue histoire des crimes occidentaux. Il faudrait trouver mille raisons pour justifier l’intervention russe, au mépris de l’évidence.

Voir édito vidéo >> « On ne peut pas se taire sur ce qu’il se passe à Alep »

Mais qui est ce « nous », muet ou embarrassé, dont je parle ? C’est la gauche critique. Celle de Mélenchon et du PCF, notamment [^1]. La gauche anti-guerre, celle qui a condamné l’invasion américaine en Irak, en 2003, cette monstruosité qui a inauguré un cycle de violences sans fin. Cette gauche qui dénonce si justement le commerce des armes, et stigmatise les liens coupables de la France avec l’Arabie saoudite. Cette gauche qui n’oublie jamais le conflit israélo-palestinien, énorme et originel contentieux entre les puissances occidentales et le monde arabo-musulman.

Devrait-elle, cette gauche, se taire quand l’assassin n’est plus George W. Bush mais Vladimir Poutine ? J’entends bien que la Russie a été humiliée, et comme sortie de l’histoire après l’effondrement de l’URSS. J’entends bien qu’elle se sent menacée à ses frontières par les installations de l’Otan. Je conçois qu’elle veuille sauver ses bases syriennes sur la Méditerranée. Mais rien ne justifie le massacre d’Alep, et notre silence complice. La pluie de bombes larguées au cours du week-end dernier sur la grande ville du nord a fait au moins deux cents morts. Selon l’ONG Save the children, beaucoup sont des enfants, comme près de la moitié des blessés hospitalisés. Suprême raffinement, l’aviation russe utilise des bombes à sous-munitions et un nouveau type de projectiles qui permettent de détruire un immeuble entier en un seul impact, et de pénétrer jusqu’au fond des abris souterrains où les familles trouvent refuge. Les convois sanitaires sont systématiquement ciblés, comme les hôpitaux. On retrouve à Alep la tactique du carpet bombing, dont Vladimir Poutine avait usé en Tchétchénie. Au cours de l’hiver 1999-2000, les bombardements russes avaient ainsi causé la mort de près de 200 000 Tchétchènes. Et Grozny était devenue la ville au monde la plus détruite depuis la Seconde Guerre mondiale. Va-t-on devoir inscrire Alep dans cette funeste lignée ? La violence extrême de la Russie rejoint celle de la famille Assad. Tuer « un million de martyrs » s’il le faut pour garder le pouvoir, avait prévenu un jour Rifa’at, l’oncle de Bachar. Au nom de l’asabiyya, la préservation du clan…

La guerre contre le terrorisme n’est évidemment dans tout cela qu’un très médiocre alibi. Rappelons qu’il y a, en quelque sorte, deux conflits distincts en Syrie. L’un à l’est du pays, mené par la coalition contre Daech. L’autre, à trois cents kilomètres de là, dans ce qu’on appelle la « Syrie utile », celle des grandes villes de l’ouest : Alep, Idlib, Homs, Hama, Damas, Deraa. C’est là que l’insurrection est née et s’est développée à partir de mars 2011. C’est cette Syrie, et cette insurrection, qui est frappée par la Russie et le régime. Ce sont majoritairement les habitants de ces régions qui fuient le pays. L’amalgame entre les deux guerres est au cœur du mensonge poutinien. Ce n’est pas Daech qui est visé à Alep, pour la bonne raison que cette organisation n’y est pas, repoussée qu’elle a été par les rebelles.

Si beaucoup est mensonge dans le discours russe et celui de Bachar Al-Assad, tout ne l’est pas. Au sein de l’insurrection, il est vrai que les jihadistes du Front Al-Nosra, rebaptisé récemment Fateh Al-Cham (Front de la conquête du Cham), ont pris au fil des années de plus en plus d’importance. Ce mouvement, dont les dirigeants ont été complaisamment sortis de prison par Bachar Al-Assad en septembre 2011, s’est renforcé à mesure que le régime durcissait la répression. Il a participé de la militarisation de la guerre civile, servi d’alibi à Damas pour attaquer l’insurrection et massacrer des centaines de milliers de civils. Mais il n’est pas vrai que la rébellion a disparu. Il n’est pas vrai qu’il n’y a pas d’interlocuteurs non jihadistes qui puissent s’inscrire dans une perspective de règlement politique. Il est surtout erroné de croire encore que Bachar Al-Assad est celui qui fait barrage aux jihadistes. Il est, depuis 2011, celui qui les renforce.

[^1] Le PCF a cependant publié lundi un communiqué demandant « un cessez-le-feu immédiat ».

Syrie : comment le régime cible les hôpitaux


Syrie : comment le régime cible les hôpitaux

LE MONDE | 14.05.2014 à 11h07 • Mis à jour le 14.05.2014 à 16h06 | Par Benjamin Barthe

 تقرير صادر عن لجنة حقوق الإنسان حول استهداف النظام للمشافي والطواقم الطبية في سوريا عمداً

L’hôpital Dar Al-Chifa, à Alep, bombardé à plusieurs reprises par l’aviation syrienne en 2012.

Pour la première fois depuis le début du conflit en Syrie, un rapport met en lumière, dates et chiffres à l’appui, l’entreprise de destruction du système de santé syrien mise en œuvre par le régime Assad, dans le cadre de sa stratégie d’éradication de l’insurrection.

Publiée mercredi 14 mai par l’ONG américaine Physicians for Human Rights (PHR), cette étude dénombre 150 attaques, perpétrées entre mars 2011 et mars 2014, contre des structures ou des professionnels du système médical syrien. Etayée par des sources multiples et notamment des vidéos, l’enquête démontre que ces assauts, responsables de la mort d’au moins 468 médecins, infirmiers, brancardiers et pharmaciens, ont été commis à 90 % par les forces gouvernementales.

Le rapport ne prétend pas à l’exhaustivité. Ses auteurs, qui n’ont pas pu corroborer de nombreuses allégations d’attaques, notamment contre les cliniques de fortune mises en place par l’opposition, subodorent que le nombre total de coups portés au réseau de santé syrien est largement supérieur aux 150 cas dûment recensés.

L’intérêt du travail de PHR réside dans le fait qu’il lève toute ambiguïté sur la politique de la terre brûlée adoptée de manière délibérée par les autorités de Damas. Vingt hôpitaux ont été bombardés à de multiples reprises, jusqu’à ce qu’ils soient obligés de fermer leurs portes. Le fait qu’au moins vingt-quatre des bâtiments touchés soient situés à l’écart d’autres constructions prouve, selon l’ONG américaine, « le caractère intentionnel » des attaques.

« CE QUI SE PASSE EN SYRIE EST DU JAMAIS-VU »

« Ce qui se passe en Syrie est du jamais-vu, explique Susannah Sirkin, la directrice du département international de PHR. On sait qu’en temps de conflit la neutralité des structures de santé est souvent violée. On l’a constaté, par exemple, à Sarajevo, au Darfour ou en Somalie. Mais la manière systématique avec laquelle le régime syrien bombarde ses hôpitaux et tue ses médecins est unique dans l’histoire des trente dernières années. »

Selon les décomptes de PHR, au mois de mars 2014, près de la moitié des hôpitaux syriens et 93 % des ambulances du pays avaient été endommagés, détruits ou mis hors service. « Il s’agit d’une violation flagrante des conventions de Genève et d’un crime contre l’humanité », accuse Mme Sirkin.

Le rapport de PHR s’articule autour d’une carte interactive, particulièrement instructive. La localisation des attaques, leur chronologie, les cibles visées et les armes employées racontent la graduelle intensification du conflit syrien et la descente aux enfers d’un pays tout entier. C’est au début de l’année 2012, à Homs, alors que la révolution se militarise peu à peu et qu’une partie de la ville bascule du côté des rebelles, que l’armée syrienne commence à bombarder les hôpitaux. En janvier, février et mars de cette année, plusieurs d’entre eux sont touchés par des tirs d’obus et de roquettes, notamment à Baba Amro, l’un des bastions de la révolte.

FRAPPES QUASI QUOTIDIENNES

Cette politique s’est amplifiée à Alep, à partir de juillet 2012, date à laquelle les anti-Assad se sont emparés des quartiers orientaux. La banque de sang de la ville a été l’une des premières structures médicales visées. Puis l’hôpital Dar-Al-Chifa, l’un des principaux de cette métropole de 2,5 millions d’habitants, a été bombardé. Une première fois en août, une deuxième en octobre et une troisième en novembre. Même acharnement sur les hôpitaux Omar-Ben-Abdelaziz, Zahi-Azrak, Jaban, Kadi-Askar et Ansari. Selon PHR, de tous les établissements de santé de l’est d’Alep, seuls quatre centres de petite enfance et cinq cliniques spécialisées en traumatologie sont encore en activité.

Le diagnostic n’est pas moins dramatique dans la banlieue de Damas, une autre place forte de la rébellion, soumise à des frappes quasi quotidiennes. Vingt-quatre des quarante-quatre cliniques de la région et trois des six hôpitaux publics sont hors service. Le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, assiégé par l’armée syrienne, ne compte plus qu’une pharmacie en activité, alors qu’il en abritait plus d’une centaine avant la guerre. Le rapport impute dix attaques aux brigades rebelles, la première d’entre elles ayant été commise en mars 2013, signe de la lente radicalisation de l’opposition.

PHR appelle à l’entrée immédiate de convois humanitaires dans les secteurs tenus par la rébellion, en application de la résolution 2139 du Conseil de sécurité des Nations unies, restée quasi-lettre morte depuis son vote en février. L’ONG réclame aussi la saisine de la Cour pénale internationale, pour éviter que les violations des lois de la guerre perpétrées par le régime Assad ne deviennent « une nouvelle norme ».

  Benjamin Barthe

LE MONDE
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