La Chine mène avec la Russie une campagne pour « ne pas politiser le Coronavirus » en Syrie…


Londres: Ibrahim Hamidi
27/03/2020

L’épidémie du Coronavirus a ouvert la porte à la Chine et à la Russie pour mener des efforts aux Nations Unies visant à lever les sanctions économiques américaines et européennes contre un certain nombre de pays, dont la Syrie, pour « lever complètement les mesures de pression économique unilatérales » et à « ne pas politiser » la lutte contre l’épidémie.

La Russie et la Chine se sont appuyées sur le texte du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, appelant à un « cessez-le-feu complet » en Syrie et dans d’autres arènes de conflit, pour lui envoyer, ainsi que six autres pays, un message appelant à « la levée immédiate et complète des mesures de pression économique connexes illégales, coercitives et injustifiées » en raison de sa conviction de « l’effet dévastateur des mesures coercitives unilatérales sapant les efforts continus des gouvernements nationaux pour lutter contre Covid-19, en particulier en termes d’efficacité et de calendrier d’achat de l’équipement et des fournitures médicales, tels que les kits de test et les médicaments nécessaires pour accueillir et traiter les patients ».

Les représentants des pays signataires, dont le Venezuela, la Syrie, la Corée du Nord et Cuba soumis aux sanctions occidentales, ont souligné la nécessité « de ne pas politiser une telle épidémie ». Ils se sont adressés à Guterres: « Comme vous l’avez annoncé, il y a peu,, nous avons plus que jamais besoin de solidarité, d’espoir et de volonté politique pour surmonter ensemble cette crise, de serrer et unir véritablement les rangs des États ».

Et le message, dont Al-Sharq Al-Awsat a obtenu le texte, a poursuivi: « Nous sommes aujourd’hui contre un ennemi commun: le virus Covid 19″. Et comme vous l’avez déterminé, le temps est venu pour le renforcement, le soutien et l’intensification des actions. Nos gouvernements nationaux ont la volonté politique et morale nécessaire pour aller dans cette direction (…) il existe des mesures unilatérales qui entravent l’impact dévastateur de nos actions au niveau national (…) qui sapent les efforts des gouvernements nationaux en cours pour lutter contre le virus, en particulier en ce qui concerne l’approvisionnement efficace et rapide en matériel et fournitures médicaux ».

Par conséquent, les représentants des huit pays ont demandé à Guterres « la levée immédiate et complète de ces mesures de pression économique illégales, répressives et arbitraires – conformément à la position de longue date et responsable des Nations Unies de rejeter les mesures répressives unilatérales afin d’assurer la réponse complète, efficace et effective de tous les États membres de la communauté internationale contre le « Coronavirus », et de refuser de politiser cette épidémie.

Ce message est venu après la visite du ministre russe de la Défense Sergey Shoigu à Damas et sa rencontre avec le président Bachar al-Assad, où ils ont discuté «des efforts déployés par les dirigeants russes aux niveaux régional et international pour briser le siège et lever les sanctions et l’isolement contre le peuple syrien, et qu’il y a un consensus sur les politiques et les étapes conjointes pour l’étape suivante ».

Il semblerait que Pékin essaie de profiter de la guerre contre la pandémie de Coronavirus pour réaliser des profits politiques sur la scène internationale profitant du « vide » résultant de l’absence du rôle américain sur la scène internationale, à un moment où Washington critique le traitement de la Chine avec “Corona” l’accusant de « désinformation » .

D’un autre côté, un haut responsable occidental a déclaré à Asharq Al-Awsat qu ‘« il n’y a pas d’autorité exécutive pour ce message car les sanctions américaines sont imposées par le ministère du Trésor et les européens par le Conseil ministériel ». « La Russie et la Chine devraient fournir une assistance humanitaire et médicale et de mettre la pression pour un cessez-le-feu global au lieu de soulever la question aux Nations Unies », a-t-il ajouté.

Dans une certaine mesure, Washington et Bruxelles adhèrent à la poursuite des sanctions économiques, aux institutions gouvernementales et aux personnalités économiques syriennes proches du régime. Et des efforts sont faits pour précipiter la mise en œuvre de la « loi César » qui interdit de contribuer à la reconstruction de la Syrie avant qu’un processus politique crédible n’ait lieu à compter de son entrée en vigueur à la mi-juin prochain, parallèlement à la publication d’un message similaire de la conférence des donateurs à Bruxelles fin juin. Mais la « loi César » permet au pouvoir exécutif d’accorder certaines exceptions médicales pour des raisons politiques.

Le Département d’État américain a appelé le « régime Assad à prendre des mesures concrètes et à protéger le sort de milliers de civils, y compris des citoyens américains, détenus par le régime arbitrairement dans des centres de détention surpeuplés et des conditions inhumaines. Nous exigeons la libération immédiate de tous les civils détenus arbitrairement. En outre, le régime doit accorder aux entités impartiales et indépendantes, y compris les organisations médicales et sanitaires, un accès immédiat aux centres de détention du régime.

Le Comité international de la Croix-Rouge a demandé à Damas d’autoriser ses représentants à visiter neuf centres de détention du pays, quelques jours après que le président Assad a publié un décret prévoyant l’amnistie pour certains crimes.

Le Département d’État américain a déclaré: « Le régime devrait mettre fin à toutes les hostilités et permettre un accès sans entrave aux camps humanitaires dans les camps de déplacés en Syrie, et les dizaines de milliers de civils détenus arbitrairement dans les centres de détention devraient être libérés pour limiter la propagation catastrophique du virus ».

Les pays occidentaux ont mis la pression à Moscou pour installer un cessez-le-feu dans le nord-ouest de la Syrie et de faciliter l’assistance humanitaire et médicale à Idleb et aux camps de déplacées civils pour combattre « Coronavirus », où vivent plus de 3,5 millions de personnes, dont la plupart dans de mauvaises conditions sans infrastructure médicale.

Il a été noté que l’envoyé de l’ONU Gere Pedersen a fait référence dans son appel à « un cessez-le-feu immédiat et complet en Syrie », au dossier des sanctions de manière indirecte. « Les donateurs internationaux devraient soutenir pleinement les efforts humanitaires et répondre aux appels des Nations Unies », a-t-il déclaré. « Ils doivent faire tout ce qui est nécessaire pour garantir que tous les Syriens de toute la Syrie disposent de l’équipement et des ressources nécessaires pour combattre le virus et soigner les personnes infectées. Rien ne devrait empêcher cela ». Il a ajouté: «Un accès humanitaire complet, durable et sans entrave à toutes les régions de la Syrie est essentiel ». « Il faudra utiliser tous les mécanismes pour fournir de l’aide et accroître les mesures de prévention et de protection ».

Cessez-le-feu

الصين تقود مع روسيا حملة لـ«عدم تسييس كورونا» في سورية

لندن: إبراهيم حميدي – 2020/03/27
الشرق الأوسط

فتح فيروس «كورونا» الباب أمام الصين وروسيا لقيادة جهود في الأمم المتحدة باتجاه رفع العقوبات الاقتصادية الأميركية والأوروبية عن عدد من الدول بينها سوريا، حيث طالبت الدول بـ«الرفع الكامل لتدابير الضغط الاقتصادي الانفرادية» و«عدم تسييس» محاربة الوباء.

واستندت روسيا والصين إلى نداء الأمين العام للأمم المتحدة أنطونيو غوتيريش لـ«وقف نار شامل» في سوريا وغير من ساحات الصراع، كي توجه له مع ست دول أخرى رسالة للمطالبة بـ«الرفع الكامل والفوري لتدابير الضغط الاقتصادي غير القانونية والقسرية وغير المبررة ذات الصلة» لاعتقادها أن «التأثير المدمر للتدابير القسرية الانفرادية، يقوض الجهود المستمرة التي تبذلها الحكومات الوطنية لمكافحة كوفيد – 19. لا سيما من جهة فعالية وتوقيت شراء المعدات واللوازم الطبية، مثل مجموعات الاختبار والأدوية اللازمة لاستقبال وعلاج المرضى».

وشدد ممثلو الدول الموقعة، بينها فنزويلا وسوريا وكوريا الشمالية وكوبا الخاضعة لعقوبات غربية، على ضرورة «عدم تسييس مثل هذا الوباء». وخاطبوا غوتيريش: «مثلما أعلنت في وقت قريب، فإننا أكثر عن أي وقت مضى، بحاجة إلى التضامن والأمل والإرادة السياسية لاجتياز هذه الأزمة معاً، مع توحد صفوف الدول معاً بحق».

وتابعت الرسالة، التي حصلت «الشرق الأوسط» على نصها: «نقف اليوم في مواجهة عدو مشترك: فيروس «كوفيد – 19». ومثلما أقررتم سعادتكم، فإن الوقت قد حان للتعزيز والدعم والتصعيد. ولدى حكوماتنا الوطنية الإرادة السياسية والأخلاقية اللازمة للمضي قدماً في هذا الاتجاه (لكن) هناك إجراءات انفرادية تعوق التأثير المدمر لهذه إجراءاتنا على الصعيد الوطني (…) ما يقوض الجهود الجارية من جانب حكومات وطنية لمحاربة الفيروس خاصة فيما يتعلق بالتوريد الفاعل والفوري للمعدات والإمدادات الطبية».

عليه، ناشد ممثلو الدول الثماني غوتيريش «المطالبة بالرفع الكامل والفوري لمثل هذه الإجراءات غير القانونية والقمعية والتعسفية للضغط الاقتصادي ـ يما يتوافق مع الموقف طويل الأمد والمسؤول من جانب الأمم المتحدة المتمثل في رفض الإجراءات القمعية الانفرادية من أجل ضمان الاستجابة الكاملة والفاعلة والفعالة من قبل جميع الدول الأعضاء بالمجتمع الدولي لفيروس «كورونا»، ولرفض تسييس هذا الوباء».

وجاءت هذه الرسالة بعد زيارة وزير الدفاع الروسي سيرغي شويغو إلى دمشق ولقائه الرئيس بشار الأسد حيث بحثا في «الجهود التي تبذلها القيادة الروسية على الصعيدين الإقليمي والدولي لكسر الحصار ورفع العقوبات والعزل عن الشعب السوري، وكان هناك توافق في الآراء حول السياسات والخطوات المشتركة في المرحلة المقبلة».

ويعتقد أن بكين تحاول الإفادة من الحرب على وباء «كورونا» لتحقيق مكاسب سياسية في الساحة الدولية والإفادة من «الفراغ» الناتج من غياب الدور الأميركي في الساحة الدولية، في وقت توجه واشنطن انتقادات لتعاطي الصين مع «كورونا» وتتهمها بـ«التضليل».

في المقابل، قال مسؤول غربي رفيع المستوى لـ«الشرق الأوسط» إنه «لا سلطة تنفيذية لهذه الرسالة لأن العقوبات الأميركية مفروضة من وزارة الخزانة والأوروبية مفروضة من المجلس الوزاري». وأضافت: «على روسيا والصين تقديم مساعدات إنسانية وطبية والضغط عليها لوقف نار شامل بدلاً من إثارة الموضوع في الأمم المتحدة».

وتتمسك واشنطن وبروكسل إلى حد ما في المضي في العقوبات الاقتصادية إلى مؤسسات حكومية وشخصيات اقتصادية سورية قريبة من دمشق. وتبذل جهودا لاستعجال تنفيذ «قانون قيصر» الذي يمنع المساهمة في إعمار سوريا قبل حصول عملية سياسية ذات صدقية اعتبارا من سريانه في منتصف يونيو (حزيران) المقبل، بالتزامن مع صدور رسالة مشابهة من مؤتمر المانحين في بروكسل في نهاية يونيو. لكن «قانون قيصر» يسمح للسلطة التنفيذية بمنح بعض الاستثناءات الطبية لأسباب سياسية.

وكانت الخارجية الأميركية دعت «نظام الأسد لاتخاذ خطوات ملموسة وحماية مصير آلاف المدنيين، بمن فيهم مواطنين أميركيين، معتقلين تعسفيا في مراكز الاعتقال المكتظة التابعة للنظام في ظروف غير إنسانية. نطالب بالإفراج الفوري عن كافة المدنيين المحتجزين تعسفيا. إضافة إلى ذلك، يجب على النظام أن يمنح كيانات محايدة ومستقلة، بما في ذلك منظمات طبية وصحية، إمكانية الوصول إلى مرافق الاحتجاز التابعة للنظام بشكل فوري».

وكانت «اللجنة الدولية للصليب الأحمر» دعت دمشق إلى السماح لممثليها بزيارة تسعة مراكز اعتقال في البلاد بعد أيام على إصدار الرئيس الأسد مرسوما تضمن العفو عن بعض الجرائم.

وقالت الخارجية الأميركية: «ينبغي أن يوقف النظام كافة الأعمال العدائية ويتيح وصول المساعدات الإنسانية إلى مخيمات النازحين الموجودة في سوريا بدون عوائق، كما ينبغي أن يطلق سراح عشرات آلاف المدنيين المعتقلين تعسفيا في مراكز الاعتقال التابعة له لتخفيف حدة انتشار الفيروس بشكل كارثي».

وضغطت دول غربية على موسكو لتثبيت وقف النار في شمال غربي سوريا وتسهيل وصول المساعدات الإنسانية والطبية إلى إدلب ومخيمات النازحين لمكافحة «كورونا»، حيث يوجد أكثر من 3.5 مليون شخص يعيش معظمهم في ظروف سيئة دون بنية تحتية طبية.

ولوحظ أن المبعوث الأممي غير بيدرسن أشار في النداء الذي خصصه لـ«وقف نار شامل وفوري في سوريا»، إلى ملف العقوبات بطريقة غير مباشرة. إذ قال: «يتعين على المانحين الدوليين مساندة الجهود الإنسانية بشكل كامل والاستجابة لنداءات الأمم المتحدة وعليهم القيام بما يلزم لضمان حصول كافة السوريين في كل أنحاء سوريا على المعدات والموارد المطلوبة من أجل مكافحة الفيروس ومعالجة المصابين. لا شيء يجب أن يعيق ذلك». وأضاف: «الوصول الإنساني الكامل والمستدام ودون عوائق لكافة المناطق في سوريا هو أمر أساسي. وستكون هناك حاجة لاستخدام كافة آليات إيصال المساعدات وزيادة إجراءات الوقاية والحماية».

Les milices iraniennes violent la trêve d’Idleb … et la Russie a empêché le régime syrien de protéger son ministre de la Défense à Damas


Cessez-le-feu

24.03.2020

Damas – “Al-Quds Al-Arabi”: plusieurs villes et villages du nord de la Syrie ont été exposés à de violents bombardements d’artillerie par les forces du régime syrien et les milices iraniennes, et bien que le bombardement n’ait pas enregistré de victimes civiles, il a enregistré une violation claire de l’accord signé entre les garants turcs et russes sur le cessez-le-feu dans le nord de la Syrie, qui souffre d’une grave crise humanitaire et de l’absence d’un soutien international adéquat, au milieu des craintes généralisées de la propagation du nouveau virus Corona dans les zones qui souffrent déjà de la perte des éléments essentiels de la vie les plus élémentaires.
Les bombardements qui ont frappé les villes du nord de la Syrie, ont entraîné des destructions des quartiers résidentiels, ils ont été accompagnés ultérieurement d’affrontements entre le régime et l’opposition dans la campagne sud d’Idleb, et une présence intense des avions de l’armée russe, comme l’ont confirmé des sources de l’opposition syrienne.

Pederson appelle à un cessez-le-feu immédiat et à la libération des prisonniers en mesure de protection de Coronavirus

Une source militaire de haut rang de l’opposition syrienne a déclaré à Al-Quds Al-Arabi que l’Iran était derrière les bombardements et les violations de l’accord signé entre les présidents turc et russe, en particulier les gardiens de la révolution iraniens, les milices de Fatimiyoun et les milices irakiennes.

Empoisonner l’atmosphère

La source a poursuivi : l’Iran tente de perturber l’atmosphère, sachant à l’avance que son expulsion de Syrie est une étape que la Russie a acceptée il y a des années davant les acteurs du dossier syrien, en particulier Israël, soulignant que les récentes violations des zones de désescalade dans le nord de la Syrie rentre dans le même cadre, et que ce sont les gardiens de la révolution iraniens et les milices irakiennes et afghanes qui ont bombardé ces sites depuis leurs zones de concentration dans la campagne de Hama et d’Idleb, en particulier depuis les zones où ils étaient déployés à la périphérie de Saraqeb, Kafranbel et Maarat al-Nouman.
La source, qui a préféré garder son anonymat- a ajouté : « c’est l’Iran qui a bombardé plusieurs endroits et villes de la campagne d’Idleb au cours des dernières heures, après la visite du ministre russe de la Défense Sergei Shoigu, accompagné d’une délégation de sécurité russe dans la capitale syrienne – Damas, au cours de laquelle il a rencontré Bachar Al-Assad, le ministre de la Défense, ainsi que Ali Mamlouk, qui est le conseiller à la sécurité d’Assad.
Selon certaines fuites de sécurité que la source a transmises à “Al-Quds Al-Arabi”, a confirmé que Moscou avait empêché le régime syrien et ses plus hauts niveaux de sécurité de prendre des mesures de sécurité lors de la visite de Shoigu à Damas lundi, et que les services de renseignement russes étaient ceux qui avaient assuré la visite et les actions du ministre de la défense russe, tandis que Moscou a donné pour instruction à l’armée du régime syrien d’empêcher le mouvement de tout avion de guerre ou hélicoptère ou de décoller de n’importe quel aéroport pendant la visite.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a indiqué que les milices fidèles et soutenues par l’Iran de nationalités syriennes et d’autres nationalités ont commencé à consolider leurs positions au voisinage de la ville de Saraqeb dans la campagne orientale d’Idleb et des environs de la ville de Kafranbel dans la campagne du sud d’Idleb et à d’autres endroits à Jabal Al-Zawiya.

Cessez le feu … et Coronavirus

Selon la source, les forces (313) sont déployées à proximité de Kafranbel, qui sont financées et soutenues par l’Iran et contiennent des combattants syriens et non syriens, dans les environs de Saraqeb, des forces appelées “Forces Radwan” sont déployées et sont entièrement affiliées au “Hezbollah” libanais, en plus du déploiement de forces de milices irakiennes fidèles à l’Iran dans les environs de Saraqeb.
Hier, deux éléments ont été blessés et un véhicule militaire a été endommagé par les forces turques alors qu’elles entraient dans un champ de mines situé dans la ligne de contact séparant les points de concentration des factions et les points de concentration des forces du régime dans la ville de Sfouhan, dans le sud de la campagne d’Idleb, selon l’observatoire.
Au niveau international, l’envoyé des Nations Unies en Syrie, Gere Pederson, a appelé à un cessez-le-feu immédiat et complet pour faire face au virus Corona. Il a également appelé à la libération des détenus et des quidnapés, afin d’empêcher la propagation du virus Corona “Covid-19”
Il a souligné la nécessité pour les organisations humanitaires d’avoir un accès immédiat à tous les lieux de détention et de prendre des mesures urgentes pour assurer des soins médicaux adéquats et des mesures de protection dans toutes les prisons.

Quant au Réseau syrien pour les droits de l’homme – une organisation non gouvernementale, il a indiqué, à travers son rapport, que le régime syrien a besoin de 325 ans pour libérer 130 000 détenus selon les décrets d’amnistie qu’il a émis s’il arrête les opérations de détention, soulignant l’enregistrement d’environ 665 arrestations arbitraires et 116 décès en raison de la torture et de 232 cas de libération depuis le précédent décret d’amnistie publié en septembre 2019.
Au niveau local, la misère ne quitte pratiquement pas les camps syriens aléatoires et organisés à la frontière syro-turque, dans le nord de la Syrie, leur vie n’a pas connu de stabilité, des attaques militaires violentes aux déplacements forcés et aux déplacements, tout le monde a entendu et appris les dangers du Coronavirus et ses effets, pendant que l’organisation de défense syriens fait des efforts pour atteindre le plus haut niveau de sensibilisation parmi le public inconscient du danger.
Le directeur de la défense syrienne Raed Al-Saleh a déclaré à Al-Quds Al-Arabi: Les préparatifs pour faire face au Coronavirus n’atteignent pas le niveau requis, mais il faut faire de la prévention, et personne n’a les ingrédients pour activer les procédures pour faire face à l’épidémie en Syrie, en particulier après la destruction de 70% des installations médicales Dans le pays.

Selon le ministère de la Santé dans le nord de la Syrie, l’équipement existant comme les lits et la salle d’accueil sont insuffisants, et ne peuvent pas recevoir des cas d’épidémie. La situation des personnes déplacées est dans un état catastrophique. Il existe des dizaines de communautés densément peuplées sans abri, et tout ce que nous faisons dans le nord de la Syrie se limite aux précautions, pas à la préparation à la confrontation. Les systèmes de santé avancés dans le monde n’ont pas encore été en mesure de lutter contre le virus, et les précautions sont prises grâce à des opérations de stérilisation et de sensibilisation, et pour l’instant Il n’y a pas de financement international pour des opérations dédiées à la réponse contre Coronavirus en Syrie.

ميليشيات إيرانية تخرق هدنة إدلب… وروسيا منعت النظام السوري من حماية وزير دفاعها في دمشق

منذ ساعتين

دمشق- «القدس العربي»: تعرضت مدن وبلدات عدة في الشمال السوري خلال الساعات الماضية إلى قصف مدفعي عنيف من قبل قوات النظام السوري والميليشيات الإيرانية، ورغم أن القصف لم يسجل وقوع ضحايا بين المدنيين، إلا أنه سجل خرقاً واضحاً للاتفاق الموقع بين الضامنين تركيا وروسيا حول التهدئة شمالي سوريا الذي يعاني بدوره من أزمات إنسانية حادة وغياب الدعم الدولي الكافي، وسط مخاوف جمة من انتشار فيروس كورونا المستجد في المناطق التي تعاني بالأصل من فقدان أدنى مقومات الحياة.
القصف الذي أصاب بلدات الشمال السوري، أدى إلى دمار في المنازل والأحياء السكنية، كما واكبه في فترات لاحقة اشتباكات بين النظام والمعارضة في ريف إدلب الجنوبي، في حين أن طائرات الجيش الروسي لا تغادر السماء السوري شمال البلاد، وفق ما أكدته مصادر المعارضة السورية.

بيدرسون يدعو لوقف فوري للنار وإطلاق السجناء لمواجهة كورونا

وقال مصدر عسكري رفيع في المعارضة السورية لـ «القدس العربي»، إن عمليات القصف وخرق الاتفاق الموقع بين الرئيسين التركي والروسي، تقف وراءها إيران، وعلى وجه التحديد الحرس الثوري، وميليشيات فاطميون وميليشيات عراقية.

تعكير الأجواء

كما استطرد: إيران تحاول تعكير الأجواء، لعلمها المسبق بأن طردها من سوريا، هي خطوة وافقت عليها روسيا قبل سنوات أمام الجهات الفاعلة في الملف السوري، وعلى رأسهم إسرائيل، مشيراً إلى أن الخروقات الأخيرة التي تعرضت لها مناطق خفض التصعيد في الشمال السوري تأتي في ذات الإطار، وأن الحرس الثوري الإيراني والميليشيات العراقية والأفغانية هم من قصفوا تلك المواقع من مناطق تمركزهم في ريفي حماة وإدلب، وخاصة من المناطق التي انتشروا فيها على أطراف سراقب وكفرنبل ومعرة النعمان.
وأضاف المصدر- الذي فضل حجب اسمه، «إيران هي الجهة التي قصف عدة مواقع وبلدات في ريف إدلب خلال الساعات الماضية، وذلك بعد الزيارة التي قام بها وزير الدفاع الروسي «سيرغي شويغو» مصطحباً وفداً أمنياً روسياً إلى العاصمة السورية – دمشق، والتقى خلالها بشار الأسد ووزير دفاع إضافة إلى علي مملوك الذي يشغل منصب مستشار الأسد للشؤون الأمنية.
المصدر المسؤول، ووفق بعض التسريبات الأمنية التي نقلها لـ «القدس العربي»، أكد أن موسكو منعت النظام السوري ومن أعلى مستوياته الأمنية من اتخاذ أي إجراءات أمنية خلال زيارة شويغو إلى دمشق التي قام بها يوم الإثنين، وأن الاستخبارات الروسية هي التي أمنت الزيارة وتحركات وزير الدفاع الروسي، في حين وجهت موسكو أوامر لجيش النظام السوري بمنع تحريك أي طائرة حربية أو مروحية أو إقلاعها من أي مطار خلال الزيارة.
المرصد السوري لحقوق الإنسان، أشار إلى أن الميليشيات الموالية والمدعومة من قبل إيران من جنسيات سورية وغيرها بدأت بتعزيز مواقعها في محيط مدينة سراقب بريف إدلب الشرقي ومحيط مدينة كفرنبل في ريف إدلب الجنوبي ومواقع أُخرى في جبل الزاوية.

وقف النار… وكورونا

ووفق المصدر، تنتشر في محيط كفرنبل ما يعرف بقوات (313)، وهي قوات ممولة ومدعومة من قبل إيران وتحوي مقاتلين سوريين وغير سوريين، وفي محيط سراقب تنتشر قوات تسمى بـ»قوات الرضوان» وهي تابعة بشكل كامل لـ»حزب الله» اللبناني، بالإضافة لانتشار قوات من الميليشيات العراقية الموالية لإيران في محيط سراقب. وسجل أمس جرح عنصرين وإعطاب آلية عسكرية للقوات التركية جراء دخولهم في حقل ألغام يقع في خط التماس الفاصل بين نقاط تمركز الفصائل، ونقاط تمركز قوات النظام في بلدة سفوهن في ريف إدلب الجنوبي، وفق المرصد.
على الصعيد الدولي، طالب مبعوث الأمم المتحدة إلى سوريا غير بيدرسون، بوقف فوري وكامل لإطلاق النار لمواجهة فيروس كورونا، كما طالب المبعوث الأممي بالإفراج عن المعتقلين والمختطفين على نطاق واسع، منعا لتفشي فيروس كورونا «كوفيد-19»
وأكد ضرورة وصول المنظمات الإنسانية بشكل فوري إلى جميع أماكن الاحتجاز، واتخاذ خطوات عاجلة لضمان الرعاية الطبية الكافية وتدابير الحماية في جميع السجون.
أما الشبكة السورية لحقوق الإنسان- منظمة غير حكومة، فأشارت عبر تقرير لها، الى أن النظام السوري في حاجة إلى 325 عاماً للإفراج عن 130000 معتقل لديه وفقاً لمراسيم العفو التي يُصدرها إن أوقف عمليات الاعتقال، مُشيرة إلى تسجيل قرابة 665 حالة اعتقال تعسفي و116 حالة وفاة بسبب التعذيب، و232 حالة إفراج منذ صدور مرسوم العفو السابق في أيلول/ 2019.
محلياً، يكاد لا يغادر البؤس المخيمات السورية العشوائية والمنظمة منها على الحدود السورية- التركية، في الشمال السوري، فحياتهم منذ سنوات لم تعرف الاستقرار، من هجمات عسكرية عنيفة إلى تهجير ونزوحا قسري، فالجميع هناك سمع وعلم بمخاطر فيروس كورونا وآثاره، في حين تبذل منظمة الدفاع السوري جهودا لتحقيق أكبر قدر من التوعية بين العامة الذين لم يلتزموا المنازل كما يجب، وفق شهادات حصلت عليها القدس العربي من الداخل السوري.
وقال مدير الدفاع السوري رائد الصالح لـ «القدس العربي»: الاستعدادات لمواجهة فيروس كورونا، لا ترقى إلى مستوى الاستعدادات المطلوبة، وإنما هناك أخذ للاحتياطات، ولا أحد يملك أي مقومات لتفعيل الإجراءات الخاصة بمواجهة الوباء في سوريا، خاصة بعد تدمير 70% من المنشأت الطبية في البلاد.

Errances du journalisme en Syrie


Errances du journalisme en Syrie

France 2 et Robert Fisk

paru dans lundimatin#231, le 24 février 2020

La capacité que l’on a à se projeter dans l’histoire d’un autre, d’un autre peuple, en l’occurrence le peuple syrien, ne tient pas seulement aux mystères de la trajectoire individuelle, ni à une disposition plus ou moins favorable pour se laisser prendre par le drame (le regard, la blessure, l’histoire) de celui qui subit la furie criminelle d’un régime aux relents génocidaires, ni même à la persistance de cette mémoire en nous, elle-même fragmentée et soumise à des temps contradictoires. Elle tient aussi à une chaîne informationnelle qui fabrique un temps contraint, le temps de l’indice et de la preuve, le temps de la manipulation objectivante de l’histoire en cours, et qui fourbit les armes pour les relativistes ou les négationnistes de tous bords.

Ce temps-là prend alors la forme d’un contretemps mortifère qui vient dissoudre le travail acharné des activistes syriens et de leurs relais, qui écrase ce travail dans l’espace nauséabond de la polémique, qui jette un voile de soupçon sur l’authenticité d’une construction à nue, parfois chaotique et désespérée (comment pourrait-il en être autrement ?) d’un récit des faits toujours et malgré tout adressé « au monde », à la face du monde. À sa face « vide et criarde » pourrait-on dire en prenant au sérieux les mots du boucher de Damas, lui qui profite de ce vide ou de cette absence de « monde » pour se refaire une légitimité en fait jamais totalement perdue. S’il en était autrement, le nord de la Syrie ne signerait pas le retour spectral d’un Srebrenica, ou d’un Varsovie, mais qu’importe, cela fait longtemps que nous savons comme ces comparaisons n’affectent en rien la marche de la destruction.

Se prendre les pieds dans un fil d’Ariane, tomber dans un mauvais labyrinthe{{}}

D’abord il y a eu un reportage sur France 2, intitulé sobrement « Idlib, la reconquête de Bachar El Assad  », signé Anne-Charlotte Hinet pour le journal de 20h du 15 février 2020, cinq petites minutes comme une plongée en eau douce dans l’empire du cool journalistique en temps de guerre. A-C Hinet est présente sur le terrain, au côté de l’armée, lotie d’une accréditation dont on sait déjà qu’elle n’est pas qu’un simple laissez-passer/laissez-voir, mais l’équivalent d’une cagoule pour l’ascension d’un sommet de propagande, ou d’œillères pour une course en sac dans les bras du régime. Avec la fine musique de l’innocence, et malgré quelques précautions d’usage, la petite voix déroule le roman de Bachar en alimentant la fiction d’une armée légale et laïque en lutte contre l’expansionnisme djihadiste.

« Depuis deux ans la ville de Ma’arrat al-Numan était sous le contrôle de djihadistes ayant fait allégeance à Daesh  »

On jette en pâture le nom d’une ville à un public occidental qui peine à placer la Syrie sur une carte, et on lui colle sur le dos, comme un poisson d’avril pas trop frais, le fameux drapeau noir. Mais quel sheitan se cache dans cette phrase anodine ?

Cette petite ville de 100 000 habitants située dans la province d’Idlib, tombée le 26 janvier de cette année est un exemple de ce qu’a été la révolution syrienne depuis ses débuts, malgré les multiples tentatives pour faire déborder son cours dans un lit sanglant : une réappropriation de l’espace politique muselé par le parti Baas, et une désaffiliation subversive face à certains artefacts sociaux-religieux [1]

[1] Pour comprendre la difficulté de cette opération, qu’on…

 

que l’on ne saurait percevoir en dehors du poids de la négation (négation de la vie) que ce régime imposait. Inutile de rappeler la force d’inventions politiques que furent les comités locaux, ni même les centres de médias alternatifs [2]

[2] On pense notamment au Ghouta Media Center, un important…

qui ont su prendre le relai, en temps de guerre, des médias traditionnels tout en se formant à marche forcée et dans des conditions où l’intégralité de l’existence était engagée. Là où il y avait des journalistes il y eut des héros, certains sont maintenant en exil, d’autres dans les camps, pour la plupart restés jusqu’aux tout derniers jours dans des villes dévastées, d’autres dont on ne retrouvera certainement jamais plus la trace. Les contraintes inhérentes à la clandestinité, aux coupures de courant en zones rebelles, et à l’arrêt stratégique des réseaux de téléphonie mobile ont produit une génération d’activistes qui ont su bricoler, et réinventer un métier, mais aussi maintenir des bibliothèques ouvertes [3]

 

[3] Les passeurs de Livres de Daraya, une bibliothèque…

 

, organiser des temps de jeux pour les enfants, reconquérir, enfin, des espaces de liberté aussi fragiles que nécessaires.On pourrait se demander pourquoi il a été si difficile de percevoir cet incroyable jaillissement de formes exemplaires quand il arrivait, cette trame de récits inspirants à même de remobiliser des émotions politiques toujours menacées de flaccidité et bien trop souvent, tournées vers nul lieu. « Chacun de nous a besoin de la mémoire de l’autre, parce qu’il n’y va pas d’une vertu de compassion ni de charité, mais d’une lucidité nouvelle dans un processus de la relation » écrivait Edouard Glissant. Il ne s’agit pas d’une identification symbiotique dangereuse avec un peuple déchiré par la guerre qui abolirait par là même la distance des corps souffrants et des mémoires impossibles, mais de prendre au sérieux la prouesse révolutionnaire, de sentir comme une certaine radicalité peut en aiguiser d’autres, de s’affilier, de se toucher, puisque de toute façon, la terre est devenue une « pomme de pain » comme l’écrit le poète syrien Omar Yossef Soleiman.

La question n’est pas seulement le mensonge cheap à l’heure de la soupe. Même un mauvais géo-politologue égaré dans ses cartes sait que al-Nosra et Daesh se font aussi la guerre, et que si al-Nosra est bien présent à Idlib, Daesh lui s’en tient éloigné. Pour ceux qui le chercheraient, il faut se rendre dans les zones désertiques à l’ouest de l’Euphrate, mais la promenade est périlleuse. Faire rentrer de force Ma’arrat al-Numan dans la boîte du terrorisme apocalyptique a des effets performatifs évidents quand l’on voit à quel point le maillage lexical de l’extrême droite empuantit l’espace public, et s’acharne à faire passer nos amis pour nos ennemis. En ces jours où l’on prévoit de construire un mur sous-marin [4]

[4] 27 kilomètres de filets-barrières au large de Lesbos,…

 

en Grèce pour refluer les embarcations remplies de gens en quête d’une terre vivable, en ces jours où des appels d’offres technologiques vont s’affronter et s’affrontent déjà pour savoir comment faire d’une ligne d’horizon un fil de rasoir, ce genre de reportage bas de gamme n’est pas qu’une mauvaise blague télévisuelle de plus. C’est une accolade au crime qui nous fait penser que l’enfer a ses petits soldats un peu partout, qu’ils s’exportent à table et demain, on le sait, dans les urnes.Comme l’écrit le juriste franco-syrien Firas Kontar [5]

[5] L’intégrité, la patience et l’ardeur de Firas Kontar…

sur Twitter :

« À quoi bon informer, mettre en contact des rédactions avec des syriens à Idlib, faire témoigner des rescapés de l’enfer à un moment de grande écoute quand France 2 fait l’apologie d’Assad et casse tout le travail de sensibilisation fait par les activistes syriens et leurs soutiens »

Cet « à quoi bon » est ce qui nous guette si la temporalité et l’écriture des événements imposés par le régime saturent de plus en plus les espaces d’information de grande audience.

Il aurait été plus sage de rappeler comment ces villes du nord-syrien sont devenues au fil du temps des déversoirs d’autres villes, une région se déversant dans une autre, à mesure que l’armée progressait, et que la cité en question, Ma’arrat al-Numan, a pu accueillir jusqu’à 100 000 de réfugiés de Hama et d’Idleb, avant d’être entièrement vidée par le défouloir incendiaire de l’alliance russo-syrienne. Ce ne sont plus des villes mais des lambeaux, des douches de ciment pulvérisé où chaque rue porte le nom d’un explosif, roquettes à sous-munition, bombes-barils, bombes incendiaires. Ville-refuge elle-même en quête d’un refuge impossible, acculée à la frontière turque, qui bientôt volera en morceaux si rien ne bouge. Ville pillée aussi, les biens des absents se retrouvant massivement sur les marchés, à quelques kilomètres de là  [6]

. Ce pillage systématique est pourtant bien documenté, dommage que Anne Daesh-Partout ne sache pas comment se servir de twitter, sauf pour bloquer ceux qui dénoncent ses méthodes. Pour une chaîne qui a perdu en 2012 le correspondant de guerre Gilles Jacquier, cet affront à la vérité signe un changement de cap qui est comme un crachat sur la tombe des journalistes morts en faisant leur travail. Nous pouvons rappeler ici la mémoire de Remi Ochlik et Marie Colvin assassiné.e.s dans le quartier de Baba Amr à Homs, il y a quasiment huit ans jour pour jour. Rendre impossible le travail de la presse en usant délibérément de sa puissance de feu a été, dès le début de la révolution, une des stratégies du régime.La journaliste aurait pu aussi bien vérifier l’information selon laquelle ce seraient les « combats » qui conduisirent au saccage du musée de mosaïque vieux de 4 siècles, quand deux barils de TNT largués par les hélicoptères du régime ont effectivement saccagé ce joyau ottoman en 2015. Daesh n’a pas le monopole de la destruction des sites archéologiques. Ces sites-là ne sont pas que des lieux de merveilles et d’histoire, ce sont aussi des gisements symboliques d’une culture au feuilletage complexe [7]

[7]  Autre exemple particulièrement parlant de ce…

 

, tout ce qui l’oppose à la réplétion mortifère d’une dictature kitsch.Signe d’un temps aux passions génocidaires, on a vu la semaine dernière des miliciens du régime défoncer à coup de masse des tombes [8]

de soldats de l’Armée Syrienne Libre, eux qui ont combattu la clef de voûte Daesh-Assad avec la même ardeur, on les a vus déterrer les cadavres, planter des crânes sur des piques. Après avoir acculé le peuple syrien jusque sous la terre, dans des réduits poussiéreux, dans des caves (pour ceux qui avaient la chance d’en posséder une) voilà que les assadistes exhument les morts en direct et jouent les fossoyeurs apocalyptiques. Les temps sont vraiment mauvais quand on s’acharne ainsi sur les cadavres des vaincus. On sait ce que cela veut dire : vous ne connaîtrez jamais le repos, jusque dans la mort vous serez bannis du genre humain. Quelle est la différence notoire entre ce geste-là et les parties de foot qu’organisait Daesh avec des têtes humaines ? Que la cohorte des spécialistes du Moyen-Orient qui défile sur les chaînes d’infos nous expliquent. Viendra le temps où l’on découvrira des charniers de plusieurs milliers de personnes, et les discours confusionnistes qui amalgamaient l’entièreté de l’opposition syrienne avec Al-Qaeda ou Daesh seront obligés de transférer une partie de leur logiciel anti-impérialiste suranné dans les méandres d’un négationnisme pur-jus. Ou alors ils devront se dédire publiquement, mais soyons sûr que la bassesse et l’arrogance de ces gens ( Chomsky, Assange, Berruyer, Claude El Khal, Lancelin, etc…) ne nous permettront pas d’assister à ça. Il y a, il y aura des batailles de chiffres comme il y a eu une bataille des images « invérifiables » lors des attaques chimiques, puisque c’est le propre des expériences génocidaires que de susciter ce déraillement pseudo-critique. Mais comme l’écrit plus justement Catherine Coquio : « la demande de preuve adressée au témoin fait partie de la destruction » [9]

 

[9] Le mal de vérité ou l’utopie de la mémoire, Catherine…

 

. On ne pardonnera jamais à cette gauche soi-disant radicale ses compromissions, on n’obéira à aucun chantage électoral de nature à recouvrir les failles pyrénéennes qui nous séparent dorénavant de leur bafouillis sinistre.Aucun mot non plus pour les manifestations des habitants de feu Ma’arrat Al-Numan contre le régime et contre Hayat Tahrir Al-Cham, aucun mot pour les étudiant.e.s de l’Université Libre d’Alep refusant le « gouvernement de salut » de HTS et sa volonté de museler l’étude, aucun mot pour ces sit-in pacifistes où femmes, hommes et enfants furent bombardés par l’aviation russe. S’élever contre une double tyrannie, risquer deux fois la mort, chanter Ash-shaʻb yurīd isqā an-niām [10]

[10] Le peuple veut la chute du…

 

sous les croisillons des sukhoi russes, dans l’insécurité alimentaire et médicale, ça n’existe pas, ça n’est pas digne d’être conté, on préfère aligner les quilles d’un orientalisme fascisant et tirer avec des boules de cristal sur tous ceux qui veulent sortir la « mémoire des prisons » [11]

 

[11] Récits d’une Syrie oubliée, Yassin Al Haj Saleh, Les…

 

syriennes, de la prison à ciel ouvert qu’ont bâtie la famille Assad et sa garde prétorienne pour la livrer en cendre aux seigneurs de guerre. Assad préfère régner sur un pays vide, régnant sur son règne, ou sur un reste de population exsangue dont il reconduit le rêve de l’« homogène », trancher au coutelas dans les communautés, tenir les gens par les cordes du ventre en les affamant et en neutralisant par-là les formes d’entraide, on ne cessera de rappeler l’épreuve d’une mort technique et organisée qu’il fait subir à son peuple, à l’aide de la Russie et de l’Iran.En effet, la politique expansionniste des acteurs de guerre signe à même les murs sa volonté sordide de recouvrement intégral. Les mercenaires russes de la PMC Wagner, cette grande manieuse de poudre et d’atrocités, qui paradaient tout sourire fin janvier à Ma’arrat al-Numan, s’amusaient à taguer « Alep est à nous » sur les murs de la ville en 2016. Le nazisme décomplexé, couplé à un stalinisme [12]

cœur battant (on sait la propension des deux à se serrer la main) travaillent plus que jamais le lexique de la propagande russe, qui tue ses opposants politiques [13]

jusque chez nous et qui affiche ouvertement son expansionnisme cadavérique sur le Moyen-Orient et l’Europe de l’est. La tentative de rapprochement symbolique de Macron et Poutine, un peu battue en brèche façon clown ces derniers jours, est certainement plus grave que les errances d’une pseudo-journaliste. Mais tout ça participe d’une même étoffe dont on voit les coutures devenir les agrafes d’un récit poussif, mais odieusement efficace, pour la réhabilitation d’Assad.« Idlib, ce n’est plus qu’une question de temps, et nous avons beaucoup de patience  » déclare, sûr de lui, un des militaires présents. Cette patience n’est que le prête-nom d’un incroyable cynisme des nations-autruches, apeurées, crétinisées, hallucinées par la force de plus en plus fractale du racisme institutionnel et par la peur des migrants, en baisant la mule de ceux qui jettent ces femmes et ces hommes sur les routes de la mort, pour engranger des profits d’externalisation et s’assurer une place chaude dans les sphères maudites du pouvoir. Ceux dont le travail ne consiste plus qu’à « adapter la perception du risque à l’exigence croissante de protection » dirait Roberto Esposito.

On a aussi le choix d’écouter hommes et femmes qui travaillent à rendre lisible les témoignages des syriens, celles et ceux qui ensorcèlent la dictée sociale quotidienne et ses effets d’insomnies, qui blessent les fétiches de l’époque, qui piratent ce capharnaüm des somnambules, ou de nous enfouir dans les draps sales des nations en attendant que la liaison commerciale Paris-Alep [14]

ne soit rouverte selon l’impératif-corbillard des « réalismes politiques ».

Robert Fisk, que reste t-il de celui « qui reste ? »

Robert Fisk, lui, sait la différence entre Daesh et al-Nosra, pires ennemis s’il en est, dans ce siècle à ennemis. Et il a d’autres qualités que n’a pas cette mauvaise journaliste. Ce « grand reporter » anglais né en 1946 a joué, notamment, un rôle fort dans le témoignage du massacre de Sabra et Chatila (Beyrouth-est) en 1982 par les milices phalangistes actives dans les zones occupées par l’armée israélienne. C’est lui qui a écrit ce livre fameux : Pity the nation. C’est lui ’qui est resté à Beyrouth’ pendant l’offensive israélienne alors que les journalistes étrangers pliaient bagages. Pour ceux qui avaient perdu sa trace en 2018 alors qu’il exprimait benoîtement ses doutes sur l’attaque chimique [15]

[15] J’invite ceux qui le peuvent à lire l’un des livres…

 

du régime à Douma, Arte nous donne l’occasion de le retrouver dans un reportage au long cours diffusé cette semaine : « En première ligne, les vérités du journaliste Robert Fisk  », qui se veut l’exposition d’une « méthode », méthode qui peut-être par la suite librement « critiquée ». Qu’à cela ne tienne.Plongé in media res dans la ville iranienne d’Abadan en 1980 pendant la guerre Iran-Irak, sur la ligne du front. Tirs d’armes légères, nuages de fumée âcre au-dessus des palmiers, snipers embusqués par-delà le fleuve Chat Al-Arab. Pétrole brûlant la peau du ciel, images-mobiles et cultes annonçant les futures guerres du Golf où les puits de pétrole cracheront l ’ « effondrement de l’univers stellaire » ( Leçons de Ténèbres, Werner Herzog) ou plus prosaïquement, la mort de la terre sur terre. La ville est réduite à son fantôme. Robert Fisk et ses suiveurs (combien sont-ils ?) tentent de quitter cet enfer, ce repère d’assaillants invisibles. La voix est haletante, la caméra malmenée, ils s’engouffrent dans une voiture et l’on entend ces mots « On cherche à se mettre à l’abri. On roule tête baissée. Tant qu’on roule vite, ça devrait aller. Ici Robert Fisk, correspondant du London Times  ». Un trouble nous saisit, l’homme qui parle est à l’avant d’une voiture, il est âgé, il ne dit rien, il est filmé de trois quarts depuis le siège arrière, inquiétante étrangeté. On comprend la déliaison temporelle entre la voix et l’image, qui annonce une autre situation de guerre : la voiture que l’on croyait à Abadan roule dans une nouvelle ville fantôme, celle de Homs en Syrie, en 2018. Grande famille des villes martyrs, qui ne cessent d’accoucher ses enfants monstrueux. Ce véhicule est le ressort d’une métaphore filmique où le long tissu des ruines sert de coutures à deux carnages de l’histoire contemporaine. Parachutage elliptique qui nous ressaisit dans l’éternel retour de la destruction. Transport moderne. Mais Mr Fisk, on le voit bien, n’est plus en âge de courir sous les balles des snipers. Il devra travailler autrement s’il veut continuer à faire du « terrain ». C’est la promesse d’une méthode renouvelée mais selon un paradigme identique : y être, et voir, témoigner depuis la blessure, en robinson, en dépit de l’âge et de la bonne disposition physique que ce genre de situation implique. On se prend à douter, quand on a lu par exemple le livre-document de Jonathan Littell, Carnet de Homs, (2012), où les conditions extrêmes du travail journalistique sont répliquées dans la fragilité d’une prise de notes au jour le jour, où l’on perçoit sous le texte la vigueur meurtrière d’une menace d’éradication, qui le commande. ( La première page du livre est d’ailleurs consacrée à la mort de Gilles Jacquier). Subrepticement, on aperçoit deux militaires sur une moto qui double le véhicule de Robert Fisk, ça dure un quart de seconde, mais on les voit fixer la caméra et partir au loin. Militaires, et poissons-pilotes, donc.

Fisk semble rompu aux villes-mortes, il dit même qu’on « pourrait tourner un film Hollywoodien ici », amer cliché du « théâtre de guerre », et de « la scène du drame » : l’on se demande s’il arrivera à écrire un scénario à la hauteur des espérances du régime. Il marche dans le corps creux de Homs, il se gratte la tête, il n’y a plus rien à voir, Mr Fisk. Mais un correspondant, ça doit correspondre. Et si possible, correspondre à la réalité, et c’est là tout le problème quand une guerre est un crible de déformations radicales qu’il faut traverser, pour ramener une image claire. Quelque chose de simple suffirait, mais l’on sait comme la simplicité est une épreuve, et là-bas, plus que jamais. « Y’a t’il quelque chose en nous qui autorise tout cela ? » s’interroge t-il devant l’abîme d’un monde effondré, renvoyant à une « grande question » qui relève bien trop souvent d’une métaphysique dépolitisante.

« Tous les évènements historiques nous parviennent modifiés par les déformations particulières avec lesquelles ils se sont reflétés dans la conscience des contemporains  » écrivait Nadejda Mandelstam en une autre époque de tourments. Il s’agirait de comprendre à quel type de déformation et de modification ce fabricant de « reflets » participe, lui dont le statut de grand reporter ne tient plus ici qu’à un régime d’exception, de permissivité offerte par le pouvoir en place. Installé dans un pick-up, il se dirige en bonne compagnie vers la zone chaude qui l’intéresse, la région d’Idlib dont on n’est pas prêt d’oublier le nom [16]

[16] « la pire catastrophe humanitaire du XXI ème » siècle…

« Content de vous revoir » glisse t-il à un militaire du régime occupé à son radio-émetteur, certainement pour annoncer à l’arrière-garde aux manettes que Tintin au pays du Cham est bien arrivé. Après une heure de route, petite pause à un poste d’observation et de combat situé à Jebel Akrad (à 15 kilomètres de la frontière turque), sur une crête, en face des positions « d’Al-Nosra ». On aperçoit, à bonne distance, des soldats rigolards et semble-t-il un peu assommés dans des vêtements militaires trop grands, des casques obsolètes, on lit sur les visages des nationalités diverses, des jeunes enrôlés pour 100 dollars perdus dans des boucheries qu’ils ne maîtrisent pas. Fisk va rencontrer le commandant de comité de sécurité d’Idlib, pas n’importe qui, donc, un de ceux qui organisent le siège et l’apoplexie maximale des populations civiles. Les canons sont encore chauds des échanges du matin. Arrivé dans un bunker improvisé, on est saisi par une image. Fisk s’empare de la jumelle longue portée des militaires, et regarde. Après un zoom hasardeux, la caméra suit un mouvement désordonné d’observation, et cela ressemble soudainement à ces centaines de vidéos de tirs d’ATGM que les rebelles partagent sur internet, aux mauvaises images floues, où l’on voit mal là où l’on se demande quoi regarder. « Ils sont partis, il n’y a personne, les villages sont déserts » dit-il. Surprise. Encore une fois, il n’y a rien à voir, si ce n’est, à pic, un paysage à l’étale battu par les vents, un treillis de champs et de villages abandonnés. « Vous voulez voir autre chose ? questionne le commandant, comme un père las qui demande à son gosse s’il veut faire encore un tour de grand huit. « Oui, tout ce qu’il est possible de voir. » Mais la paire de jumelles fixe seule ce pays déserté, le regard n’est pas là. Le témoin tiers-garant qui observe est désœuvré, rendu inopérant par le piège dans lequel il s’est jeté tout seul.C’est donc ça, la méthode du grand Robert Fisk ? Voir avec les yeux de l’aigle, prendre les yeux qu’on lui donne, et voir qu’il n’y a rien à voir, mais le faire là où on lui dit, et reporter le rien du vu sur un petit annuaire de poche ? Mais ce qui nous est offert à nous de voir, c’est son aveuglement volontaire et les coordonnés qui le rendent possible. Triste spectacle, auquel bien des correspondants [17]

[17] On pourrait citer le grand toxicomane shooté à…

 

se livrent encore en Syrie. Ça ne serait pas très grave si on était, effectivement, dans un parc d’attraction, et non sur les lieux mêmes d’un rapport de force unilatéral. Ce genre d’offrandes dont le régime raffole et qui a trouvé un pied à terre en hexagone grâce à la chaîne très à la mode du Kremlin, la très digne RT France. On dirait la mouche qui s’exprime depuis la toile de l’araignée et qui parle de sa vie de mouche, sans se rendre compte de ce qui l’attend. La séquence sous morphine s’arrête avec les paroles du commandant qui annonce ne pas avoir d’autres endroits « très chauds » à montrer parce qu’il y a un accord de « cessez-le-feu », comme une dernière mauvaise blague, puisque les feux, en Syrie, n’ont jamais cessé, si ce n’est dans la langue malade des hauts commissariats onusiens. Alors on voudrait faire comme à l’entrée du film, remonter dans la voiture, et traverser le temps pour entrevoir le Fisk qui ne se compromettait pas avec les régimes sanglants, pour être sûr de n’avoir pas rêvé.On trouvera peut-être une explication aux errements tardifs de quelqu’un dont on a pu saluer le travail auparavant. Comme une absolutisation de sa méthode qui tourne à la performance individuelle. Il faudra l’écouter encore :

« Je suis dans une position très privilégiée dans mon métier de journaliste. En tant que reporter, je suis dans la rue, je vais sur le front, je vois la guerre mais je suis aussi chroniqueur. La plupart d’entres eux vivent à New York, Londres ou Paris et la plupart des reporters ne peuvent pas être chroniqueurs. J’ai la chance d’être les deux. Donc quand j’écris une série d’articles sur la Syrie par exemple, c’est que je suis allé sur place, que je ne relaie pas ce que j’ai vu sur Youtube. (…) Quand on ne va pas sur le terrain, pour parler aux gens et voir ce qui se passe, on ne peut pas s’approcher de la vérité. » Il invite ensuite à renouer avec « le journalisme à l’ancienne », « se renseigner sur ce que l’on voit » et surtout « prendre des notes » et ce pour « s’approcher de la vérité  ». Voir est le maître mot, le sésame qui ouvre les portes non de la perception mais de la vérité. La vérité qui est un lieu physique donc, dans lequel on peut tremper sa plume, et se faire le témoin clé d’une réalité parcourue, traversée et incarnée. Le modèle ancien du bon « passeur ». Mais quand on se fait le témoin d’un manque organisé, d’un vide construit dont on ne voit pas les ressorts pourtant évidents, alors on ne fait que signer des deux mains la stratégie d’un pouvoir qui lui maîtrise à la perfection ce jeu-là. Il ne cherche pas à être cru mais à se trouver dans une position dans laquelle serait produit un équivalent formel de la vérité, et qui lui sert de substitut : ce substitut, c’est la légitimation pour fin. Cette leçon de journalisme-à-la papa est recouverte par la banalisation à l’œuvre qu’elle produit. On peut couper le son, la messe est dite.

On pourrait également interroger la solitude du grand reporter concurrencé de toutes parts par les vrais témoins du drame syrien. Ils sont sur Twitter, Facebook, Youtube, Telegram, on pourrait donc vanter les mérites de l’opensource sans faire l’impasse sur la critique nécessaire de ces grands consortiums capitalistiques. Il n’empêche, on préfèrera toujours à l’aventurisme et l’isolationnisme critique d’un Fisk l’étoilement et l’archipel des informations que l’on pourra trouver en se tissant une communauté d’amis lointains, ces vrais amis qui nous rendent le service de ne pas trop croire à la fiction d’un œil cyclopéen directement connecté au réel. « Nul homme n’est une île », à quoi l’on pourrait ajouter ( de mémoire ) cette phrase de Robert Linhart dans L’Établi critiquant « le monopole de la trajectoire individuelle » dont les occidentaux se pensent bien trop souvent les uniques sujets. À la rigueur sceptique jetée sur le témoignage des autres, Fisk réserve un accueil souverain à son propre système herméneutique. Ça ne serait que du cartésianisme en couche-culotte si cela ne prenait place, une nouvelle fois, dans une chaîne lexicale qui lave la politique meurtrière du régime.

« On ne peut avaler une grappe de raisins d’un seul coup, mais grain par grain, c’est facile » dit un proverbe haïtien. Beaucoup sont inquiets : cette grappe ressemble de plus en plus à un essaim de frelons.

Emmanuel Fouché

[1Pour comprendre la difficulté de cette opération, qu’on ne peut résumer ici qu’à grands traits, il faut lire 19 femmes, de Samar Yazbek, aux éditions Stock.

[2On pense notamment au Ghouta Media Center, un important groupe de journalistes- activistes indépendants du pouvoir en place et des groupes armés. On pouvait voir une exposition de photographies de l’un de ses membres, Firas Abdullah, à la mairie du IIe arrondissement de Paris au mois de janvier.

[3Les passeurs de Livres de Daraya, une bibliothèque secrète en Syrie, Delphine Minouial-Numan s ses cartes sait que aul lieu. menacées ons politiques en les sortant de leurs territoires édictés. ants, reconquérir

[427 kilomètres de filets-barrières au large de Lesbos, le nouveau projet du ministre grec de l’intérieur, Panagiotopoulos. Source : https://www.dezeen.com/2020/02/10/greece-floating-sea-border-wall-news/

[5L’intégrité, la patience et l’ardeur de Firas Kontar face à ceux qui l’attaquent quasi quotidiennement nous laisse admiratif. Le directeur des reportages de l’information de France 2 s’est défendu de relayer la propagande du régime en faisant place à toutes les paroles contradictoires, notamment celle de Ardavan Amir-Aslani. Manque de bol, ce dernier est une figure de Russia Today, un admirateur notoire de Poutine. Mauvaise blague, ou signe des temps ?

[7 Autre exemple particulièrement parlant de ce feuilletage historique : « La mosquée des Omeyyades à Damas fut d’abord une cathédrale – qui renferme toujours une relique du crâne de Saint-Jean-Baptiste- construite sur l’emplacement d’un temple romain dédié à Jupiter, lui même bâti sur les ruines d’un temple en l’honneur d’Hadad, le dieu araméen du tonnerre. » Leila Al-Shami, Robin Yassin-Kassab, Burning Country, L’échappée

[9Le mal de vérité ou l’utopie de la mémoire, Catherine Coquio, Armand Colin, collection ’Le temps des idées’, 2015

[10Le peuple veut la chute du régime

[11Récits d’une Syrie oubliée, Yassin Al Haj Saleh, Les prairies ordinaires

[15J’invite ceux qui le peuvent à lire l’un des livres les plus poignants de la révolution syrienne, « A l’est de Damas, au bout du monde. Témoignage d’un révolutionnaire syrien » de Majd al-Dik aux éditions Don Quichotte.

[16« la pire catastrophe humanitaire du XXI ème » siècle selon l’ONU.

[17On pourrait citer le grand toxicomane shooté à l’espace télévisuel consacré au Moyen-Orient, Régis le Sommier, si on n’était pas tout de suite pris de dégoût pour ce ventriloque d’Assad. C’est un nom parmi d’autres, et l’on ne peut mesurer qu’avec un sentiment d’impuissance l’influence de ces gens.

L’opposition syrienne et son enfantillage politique… commentaires autour de l’article de Burhan Ghalioun


Boussole-بوصلة-سوريا

Ali Al-Abdullah
21 février 2020

Burhan Ghalioun, l’académique et le premier président du Conseil national syrien, n’a pas réussi à attraper le malaise qui a conduit à l’état de dépossession dans les forces de l’opposition syrienne et les a amenés à s’engager dans des différends et des querelles interdisciplinaires, et a évité la tâche qu’il croyait que le « temps” est propice de les aborder, qu’il a décrite dans son article « Le moment est désormais venu pour transcender notre enfantillage politique » (Al-Arabi Al-Jadeed: 2/20/2020) en « créant un centre de décision qui oriente nos pas, porte nos fruits, renforce la crédibilité de notre force politique, et accumule l’expérience nécessaire pour extraire notre droit de décider de notre destin nous-mêmes, ou du moins de participer à la décisions relatives à la cartographie de notre destin national, en tant que Syriens ». Une mission importante, sans aucun doute, mais au lieu de se concentrer sur les moyens d’atteindre cet objectif important et noble, il a perdu son temps et ses efforts dans une conversation répétée sur l’état de l’opposition, ses propres maladies, sa dépendance à l’égard des décisions des pays parrains et ses paris sur les autres pour atteindre certains des objectifs de la révolution syrienne, son invitation à œuvrer à cet objectif et à critiquer les partis arabes, régionaux et internationaux qui se sont réunis sous le nom de « Amis du peuple syrien », qui n’ont pas rempli le rôle qui leur était demandé, « pour leur manque de volonté, de stratégie et de moyens pour dissuader Assad de poursuivre la guerre de génocide et de violer les résolutions du Conseil de sécurité », et son attribution à « l’Occident démocratique » d’une grande accusation « son hésitation à se tenir aux côtés des Syriens … travaillant à disperser leurs forces au lieu de les aider à s’organiser et à affronter leurs ennemis », en contradiction claire avec sa désapprobation que les forces de l’opposition avait parié sur tel ou tel pouvoir pour atteindre les objectifs de la révolution syrienne, notamment, et nous savons tous, que « l’Occident démocratique » ne fournit pas de services gratuits, attend des avantages de tout ce qu’il fait, et ne bouge pas sans avantages ou s’il n’a pas trouvé de fruits gratifiants pour une implication directe et forte dans la cause syrienne.

Tout d’abord, il est possible de comprendre l’état de l’opposition démocratique, et sa perte et son déséquilibre à la lumière d’un certain nombre de raisons structurelles et historiques, autres que sa préoccupation pour les querelles, les conflits internes, sectaires, et la dépendance à l’égard des pays sponsors, c’étaient des symptômes de la situation, et non les raisons pour cela, en premier c’est la fragilité de sa formation politique et organisationnelle, non pas du fait de la pression du régime, qui était un prétexte tenu à le mettre en évidence et à le dissimuler, mais plutôt à cause de sa structure intellectuelle et politique, et de son incapacité à faire face aux changements locaux et internationaux, où la majorité était principalement de gauche, marxiste et nassériste, dont le déséquilibre de la première, le marxisme, a été déséquilibrée avec l’effondrement du camp communiste et a formé des nuages de doute autour du marxisme en tant que pensé intellect et socialiste comme système, il s’est dispersé et déchiré entre l’adhésion à la position traditionnelle et le pari sur une nouvelle synthèse, préservant une partie importante de la position traditionnelle en créant des formations hybrides, mélangeant sa vieille pensée et le système démocratique occidental, sans faire d’effort pour ancrer ce mélange, de sorte que la tendance démocratique est devenue une peau qui couvre son orientation marxiste cachée, car le trio de gauche l’est toujours: Elias Morcos, Yassin Al-Hafiz et Jamal Atassi, avec sa compassion intellectuelle et son guide spirituel, dans un cas salafiste-moderne, qui n’a pas révélé l’incapacité du mélange qu’il a mis sur ses épaules, comme arme intellectuelle et politique pour affronter la réalité et le régime autoritaire et corrompu, à la recherche d’une issue d’une combinaison harmonieuse et cohérente pour faire face à une nouvelle réalité. Il n’y a rien dans la jurisprudence de ses mentors qui réponde à son besoin d’y faire face. Il est devenu comme un corbeau qui voulait imitait le paon, alors il s’est accroché entre les deux situations, il n’est ni devenu paon, ni pu reprendre sa forme de corbeau.
Quant à la deuxième majorité, Nasérienne, son impasse est plus profonde et sa tragédie est plus grande, car elle est restée dans la galaxie de son symbole Jamal Abdel Nasser, sans reconsidérer même une expérience et un patrimoine limités, malgré les aspects négatifs révélés dans cette expérience, en particulier en termes de personnalisation du pouvoir et d’élimination de la vie politique en retirant la société de la politique, en fusionnant la fonction politique dans l’appareil administratif et en fusionnant la fonction politique dans la fonction de sécurité; de sorte que les services de sécurité deviennent le parrain du travail politique et organisationnel, et qu’ils jouent le rôle assumé par les partis politiques, et généralisent un concept de politique basé sur le considérer comme un ensemble de problèmes administratifs, le travail s’articule autour de sa résolution, des performances accrues, et non pas sur les options et les priorités, ce qui signifie l’abolition des conflits idéologiques et rivalités politiques, et l’abolition de l’action politique indépendante. Un système gouverné par des appareils bureaucratiques et de sécurité pour gérer le pouvoir politiquement et économiquement, au lieu des forces politiques et sociales, au détriment de son rôle, de sa liberté et de sa participation à la décision nationale, et de son association avec (les forces nassériennes) avec un mécanisme de pensée et d’action centré sur la subordination au leader, et son incapacité, malgré son adoption de l’option démocratique, d’aller au-delà de son ancienne époque ce qui s’est avéré inutile à la lumière des changements houleux qui ont frappé le pays. Quant au deuxième facteur, ce qui a entraîné une fragilité politique et organisationnelle: son manque de vision et de programmes pratiques pour affronter la réalité politique et ses transformations accélérées, où il est resté aux slogans et aux généralités naïves, sans vision claire et sans programme spécifique de buts, d’objectifs et de moyens pour les atteindre. En troisième, vient l’état d’effondrement qu’elle a subi après le retrait de la révolution et l’échec de son pari à remporter une victoire rapide, ce qui l’a amenée à s’engager dans des polémiques et des discussions sans fonds, pour sauver la face, et rester dans un état d’équilibre psychologique personnel, en tenant « l’autre » pour responsable de la défaite, car la défaite est orpheline et la victoire a mille parents, comme dit le proverbe populaire, une réaction psychologique involontaire pour échapper à la réalité et reconnaître l’échec résultant de la faillite et de l’impuissance. Une situation répandue et commune avec de nombreuses expériences politiques, en particulier avec son association avec la vie en exil.

L’opposition démocratique n’a pas pu jouer un rôle équilibré dans la révolution, en raison de la fragilité de sa composition, d’une part, et de son manque de profondeur populaire, d’autre part. Elle s’est précipité pour occuper un poste vacant dans la révolution, la position de leadership, en rencontrant certains des responsables du régime, et en proposant des perceptions et des solutions, dont la base est de négocier avec le régime sans faire partie de l’action quotidienne de la révolution, sans compréhension et accord avec les révolutionnaires, et sans s’arrêter à des indications explicites choquante, qui annonce que le régime rejette le principe de négociation, comme en témoignent ses pratiques et son recours à la violence pure et directe, dès le premier moment du début des manifestations, la tentative a été, alors, perdue, au lieu de reconsidérer cette erreur, et de tracer une ligne alternative basée sur l’engagement dans la révolution, y jouer un rôle réel, et supporter une partie des sacrifices des citoyens, les symboles ont commis leur erreur mortelle, d’abandonner le pays pour s’exiler à l’étranger, ils ont perdu leur crédibilité et les possibilités de jouer un rôle dans la révolution, quelle que soit sa taille ou son ampleur, dans le contexte de la perte de confiance des révolutionnaires. Cela a creusé le fossé entre eux et les révolutionnaires, et a donné une image négative de leur volonté de faire et de sacrifier au nom des principes et des droits, car il est devenu clair que les forces et la démocratie étaient les moins préparées au sacrifice, dès que le régime a commencé à tuer et à arrêter directement, ils commencent, alors, à quitter le pays en groupe ou en solitaire. Cela a coupé la corde de communications entre eux et les révolutionnaires et l’incubateur populaire, et en a fait de toutes leurs tentatives d’entrer en communiquer et de restaurer la confiance une tâche impossible. Est-ce que cela a quelque chose à voir avec la nature de la foi, et ceux qui ont une foi religieuse plus disposés à sacrifier et à donner pour leur conviction dans la récompense de l’au-delà?

L’auteur a réitéré une position adoptée par l’opposition de gauche et démocratique, tenant les mouvements islamistes politiques responsables des pertes politiques en déclarant: « L’impact politique dévastateur de la tendance des élites salafistes à prendre les devants dans la rhétorique et le front de la lutte armée, et la tentative de l’Islam politique en général d’avaler la révolution et de s’en accaparer pour son propre compte politique, indépendamment des motifs, intentions et interventions externes, je dis qu’il n’y a aucun doute sur l’impact de tout cela sur le déclin de notre crédibilité politique et le renversement de l’opinion publique mondiale contre nous »… et sur l’opportunité manquée de restaurer « le soutien de l’opinion publique internationale, et plutôt arabe, et sa sympathie pour la révolution syrienne et ses slogans libéraux »en raison de l’émergence de l’organisation Etat islamique en Irak et le Levant (Daech) « a boulversé complètement l’image, les vocabulaire du Jihad, du mécréance, du sectarisme et du terrorisme, ont remplacé les termes termes de la révolution de la liberté, la dignité, la citoyenneté et le pluralisme de l’État civil ». Au mépris total, chaque parti politique à travailler pour imposer sa vision et son choix dans le contexte de la lutte des idées et des programmes, et le lien de ce qui s’est passé (les mouvements de l’islam politique sont apparus sur la scène), avec de nombreuses raisons de capacités politiques et organisationnelles, de préparations individuelles et d’un grand soutien extérieur des forces islamiques, proches ou similaires, et des pays qui ne voulaient pas d’une expérience politique réussie avec une volonté populaire. Il est vrai qu’il a commis des intérêts politiques, organisationnels et financiers majeurs, en particulier (Daech) et son comportement brutal et ses crimes contre des civils non armés et l’appréhension occidentale de toutes les organisations et actions islamiques, dans le contexte de la « bataille de Washington » et de ses conséquences et d’autres actes terroristes, mais la principale raison de la perte de l’opposition démocratique, à mon avis, est qu’il y a un grand écart entre l’incubateurs de la révolution et de la vision de l’opposition politique et sociale démocratique, et l’échec de la dernière à combler ce gouffre, c’est-à-dire s’il reconnaît l’existence de ce gouffre et sa gravité et se rend compte de la nécessité de travailler pour combler ce gouffre, car les slogans « Citoyenneté » et «État civil pluraliste » sont des slogans élitistes adoptés par de petites forces politiques et sociales, urbaines, et avec une influence limitée et étrange aux forces populaires, en particulier dans les petites villes et les zones rurales, qui ont formé un puissant incubateur pour les forces de l’islam politique, dont les slogans ont un attrait et une présence solide dans l’imagination politique et sociale de ces forces populaires, ce qui a fait la formation de brigades jihadistes, de bureaux basés sur la chari’a,
et des maison de finance, et des slogans appelant à la califat ou à l’émirat traditionnel, tandis que tous les déterminants et perceptions modernes sont restés sauvages pour le corps principal de la société syrienne, toutes les valeurs, perceptions et limitations modernes ne sont pas entrées au cœur de la conviction de larges forces populaires, n’ont pas touché sa conscience et ont changé la nature de son imagination politique et sociale, où le califat est toujours un modèle pour un bon système de gouvernement, Abu Bakr AL-Baghdadi et Omar bin al-Khattab sont toujours des modèle pour le souverain miséricordieux et juste, Ali bin Abi Talib est son modèle pour le souverain populaire, et Muawiya bin Abi Sufyan est son modèle pour le souverain avisé.

Cela a donné aux mouvements politiques islamistes la priorité et la préférence sur ceux qui ont des approches démocratiques et modernes, et a conduit à leur soutien, à s’impliquer dans leurs rangs et institutions, et à ignorer bon nombre de leurs pratiques, leurs transgressions sur les droits des citoyens, sur un fond de sentiment de parenté et d’intimité.
Notre société se situe encore, en profondeur, au stade de la transition du système sultaniste, avec sa dernière incarnation: le sultanat ottoman, au système État-nation, l’État national ou patriotique moderne, et il ne l’a pas, encore, traversé, et la tendance élitiste moderne ne pénètre toujours pas les formations sociales et populaires, et les persuade de son aptitude à résoudre les problèmes financiers et spirituels, qui ne nécessiteraient pas d’affronter le problème et de travailler à combler le gouffre avec les visions et les convictions populaires, en recherchant les intersections et en offrant des interprétations et des compromis qui rendent les visions et les options modernes proches de l’ambiance générale. L’opposition démocratique a commis une erreur en ignorant ce droit avec la position centrale et le rôle de l’islam dans la formation de la figure syrienne, son inclusion dans une grande énergie révolutionnaire et une forte impulsion au sacrifice au nom de la croyance et des valeurs morales. “La seule vérité centrale est que l’islam est le moteur naturel de la politique à travers le monde islamique. Le monde islamique considère l’islam comme une mesure de justice, d’humanité, de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, et représente une référence doctrinale pour les luttes internes contre les gouvernements autoritaires laïques, et pour les luttes des minorités musulmanes pour se libérer des autorités non islamiques souvent cruelles. selon Graham Fuller, (Los Angeles Times, Moyen-Orient: 24/09/2001) et l’opposition démocratique, a laissé à l’Islam et aux mouvements islamiques politiques le soin de l’utiliser dans ses batailles intellectuelles et politiques, gagnant en popularité et en mobilisant les forces sociales autour de ses slogans et de ses objectifs. Les régimes autoritaires et corrompus ont également pris conscience de l’importance et de la gravité du sujet, et l’ont traité avec malveillance et opportunisme, par la volonté de ses dirigeants de porter l’apparence de la religiosité, d’assister aux prières des rassemblements et des fêtes, de célébrer l’anniversaire du Prophète et du pèlerinage dans la maison sacrée de Dieu et de lancer le slogan de la protection et de la défense de la religion.

En accord avec ce que Burhan Ghalioun a dit autour du : « Le problème auquel nous sommes confronté ne provient pas du lourd héritage laissé par le colonialisme, éequi s’est incarné dans la formation structurelle et géopolitique exploit dans la région, et dans sa gestion de ses luttes pour assurer sa dépendance continue, ses déséquilibres et sa croissance misérable, mais résulte de notre incapacité à développer des modèles de Pensée et comportement individuels et collectifs qui sont essentiels pour surmonter notre désarroi stratégique et notre confusion, pour restaurer l’initiative politique ». .. « Nous ne serons pas en mesure de construire la démocratie, qui est notre premier objectif, sans travailler pour créer des forces démocratiques organisées », avec un accord là-dessus, mais il y a une nouvelle réalité qui doit être confrontée et abordée, le succès du régime à pousser la majorité du peuple syrien à se plier à leurs préoccupations, en pensant à sa situation immédiate, qui a fait et fait des tentatives de révolution, ce qui rendra toute tentative de labeur révolutionnaire inutil….

 

المعارضة السورية وطفولتها السياسية.. تعقيب على برهان غليون

علي العبدالله
21 février 2020

لم يوفق الأكاديمي وأول رئيس للمجلس الوطني السوري برهان غليون، في الإمساك بالعلة التي قادت إلى حالة السلب التي تعيشها قوى المعارضة السورية وجعلتها تنخرط في سجالات ومهاترات بينية، وتبتعد عن المهمة التي يرى أنه “حان” وقت التصدّي لها، والتي حدّدها في مقالته “حان الوقت لتجاوز طفولتنا السياسية” (العربي الجديد: 14/2/2020)، بـ”إيجاد مركز قرار يوجّه خطانا، ويثمّر جهودنا، ويعزّز من صدقية قوتنا السياسية، ويراكم الخبرة الضرورية لانتزاع حقنا في أن نقرّر مصيرنا بأنفسنا، أو على الأقل أن نشارك في القرارات التي تتعلق برسم مصيرنا الوطني، كسوريين”. مهمة على قدر كبير من الأهمية، لا ريب في ذلك، لكنه، وبدل التركيز على سبل تحقيق هذا الهدف الهام والنبيل، أهدر وقته وجهده في حديث مكرور عن حالة المعارضة وأمراضها الذاتية، وارتهانها لقرارات الدول الراعية، ومراهناتها على الآخرين لتحقيق بعض أهداف الثورة السورية، ودعوتها إلى العمل من أجل هذا الهدف، وفي توجيه نقد إلى الأطراف العربية والإقليمية والدولية التي اجتمعت تحت اسم “أصدقاء الشعب السوري”، والتي لم تقم بالدور المطلوب منها، “لافتقارها للإرادة والاستراتيجية والوسائل اللازمة لردع الأسد عن الاستمرار في حرب الإبادة وانتهاك قرارات مجلس الأمن”، وتخصيصه “الغرب الديمقراطي” بتهمة كبيرة “تردّد في الوقوف إلى جانب السوريين… وعمل على تشتيت قواهم بدل مساعدتهم على تنظيم أنفسهم ومواجهة أعدائهم”، في تناقضٍ واضح مع استهجانه مراهنة قوى معارضة على هذه القوة أو تلك لتحقيق أهداف الثورة السورية، خصوصا وكلنا يعلم أن “الغرب الديمقراطي” نفعي لا يقدّم خدماتٍ مجانية، ينتظر فوائد من أي فعل يقوم به، لا يتحرك من دون فوائد، لم يجد ثمارا مجزية لانخراط مباشر وقوي في قضية السوريين.

بداية، يمكن فهم حالة المعارضة الديمقراطية، وما تعانيه من ضياع وانعدام وزن في ضوء جملة أسباب بنيوية وتاريخية، غير انهماكها بالسجالات والمهاترات البينية والشللية والعصبوية، والارتهان للدول الراعية، فهذه كلها أعراض للحالة، وليست سببا لها، أولها هشاشة تكوينها السياسي والتنظيمي، ليس بسبب ضغط النظام، الذريعة التي تحرص على إبرازها والتستر خلفها، بل بسبب بنيتها الفكرية والسياسية، وفشلها في التعاطي مع المتغيرات المحلية والدولية، حيث كانت في معظمها يسارية، ماركسية وناصرية، اختلّ توازن أولاها، الماركسية، بانهيار المعسكر الشيوعي، وتشكل سحب من الشك حول الماركسية فكرا والاشتراكية نظاما، فتشتتت وتمزقت بين متمسّك بالموقف التقليدي ومراهن على توليفة جديدة، تحتفظ بجزء مهم من الموقف التقليدي بتأسيس تشكيلاتٍ هجينةٍ، تمزج بين فكرها القديم والنظام الديمقراطي الغربي، من دون بذل جهد لتأصيل هذا الخليط، فغدا التوجه الديمقراطي قشرا يغطي توجها ماركسيا مستترا، فما زال الثلاثي اليساري: إلياس مرقص وياسين الحافظ وجمال أتاسي، بوصلتها الفكرية ومرشدها الروحي، في حالة سلفية حديثة، لم تكشف عن عدم صلاحية الخليط الذي وضعته على كاهلها، كسلاح فكري وسياسي لمواجهة الواقع والنظام المستبد والفاسد، وتبحث عن مخرج بتركيبة منسجمة ومتسقة لمواجهة واقع جديد. ليس في اجتهادات مرشديها ما يلبي حاجتها للتعاطي معه ومواجهته. أصبحت كحالة الغراب الذي قلد الطاووس، فعلق بين الوضعين، لا أصبح طاووسا ولا عاد غرابا.

أما ثانيتها، الناصرية، فمأزقها أعمق ومأساتها أكبر، حيث بقيت في جلباب رمزها جمال عبد الناصر، من دون إعادة نظر ولو محدودة في تجربته وتراثه، رغم ما كُشف من سلبيات في هذه التجربة، خصوصا لجهة شخصنة السلطة والقضاء على الحياة السياسية بإخراج المجتمع من السياسة، عبر دمج الوظيفة السياسية في الأجهزة الإدارية، ودمج الوظيفة السياسية في الوظيفة الأمنية؛ بحيث أصبحت الأجهزة الأمنية عرّاب العمل السياسي والتنظيمي، وتقوم بالدور المفترض أن تقوم به الأحزاب السياسية، وتعميم مفهومٍ للسياسة قائم على اعتبارها مجموعة من المشكلات الإدارية يدور العمل حول حلها، وحول رفع الأداء، لا حول الخيارات والأولويات، ما يعني إلغاء الصراع الفكري والتنافس السياسي، وإلغاء العمل السياسي المستقل. نظامٌ تحكمه أجهزة بيروقراطية وأمنية لإدارة السلطة سياسيا واقتصاديا، بدلا من القوى السياسية والاجتماعية، وعلى حساب دورها وحريتها ومشاركتها في القرار الوطني، وارتباطها (القوى الناصرية) بآلية تفكير وعمل متمحورة حول التبعية للقائد، وعجزها، على الرغم من تبنّيها الخيار الديمقراطي، عن تجاوز قديمها الذي ثبت عدم جدواه في ضوء التغيرات العاصفة التي ضربت البلاد. وأما ثاني العوامل، فما ترتب على الهشاشة السياسية والتنظيمية: افتقارها رؤية وبرامج عملية لمواجهة الواقع السياسي وتحولاته المتسارعة، حيث بقيت عند الشعارات الفضفاضة والعموميات الساذجة، من دون تصور واضح وبرنامج محدّد للأهداف والغايات وطرق الوصول إليها. وثالثها حالة الانهيار التي أصابتها بعد تراجع الثورة، وفشل مراهنتها على تحقيق نصر سريع، والتي قادتها إلى الانخراط في المهاترات والسجالات الفارغة، لحفظ ماء الوجه والبقاء في حالة توازن نفسي شخصي، عبر تحميل الآخر مسؤولية الهزيمة، فالهزيمة يتيمة والنصر له ألف أب، كما يقول المثل الشعبي، ارتكاس نفسي لاإرادي للهروب من مواجهة الواقع والإقرار بالفشل ناجم عن الإفلاس والعجز. حالة شائعة عرفتها تجارب سياسية كثيرة، خاصة مع اقترانها بحياة المنفى.

لم تستطع المعارضة الديمقراطية لعب دور وازن في الثورة، لهشاشة تكوينها، من جهة، ولافتقارها للعمق الشعبي من جهة ثانية. لقد هرولت إلى إشغال موقع شاغر في الثورة، موقع القيادة، عبر الالتقاء مع بعض مسؤولي النظام، وطرح تصورات وحلول، أساسها التفاوض مع النظام من دون أن تكون جزءا من الفعل اليومي للثورة، ومن دون التفاهم والاتفاق مع الثوار، ومن دون التوقف عند مؤشرات صريحة وصادمة، تقول برفض النظام مبدأ المساومة، كما عكسته ممارساته واستخدامه العنف الصريح والمباشر، منذ اللحظة الأولى لانطلاق التظاهرات، فخسرت المحاولة، وبدل إعادة النظر في خطئها هذا، ورسم خط بديل قائم على الانخراط في الثورة، ولعب دور فعلي فيها، وتحمل قسط من تضحيات المواطنين، ارتكب رموزها غلطتهم القاتلة، بمغادرة البلد إلى المنافي، فخسروا صدقيتهم، وفرص لعب دور في الثورة، مهما كان حجمه أو مداه، على خلفية خسارة ثقة الثوار.
وهذا وسّع الهوة بينهم وبين الثوار، وأعطى صورة سلبية عن استعدادهم للبذل والتضحية من أجل المبادئ والحقوق، إذ غدا واضحا أن القوى واالديمقراطية أقل القوى استعدادا للتضحية، فما أن بدأ النظام بالقتل المباشر والاعتقالات، حتى بدأوا بمغادرة البلد زرافات ووحدانا. وهذا قطع حبل التواصل بينهم وبين الثوار والحاضنة الشعبية، وجعل كل محاولاتهم للتواصل واستعادة الثقة ضربا من المستحيل. هل لهذا علاقة بطبيعة الإيمان، وأن أصحاب الإيمان الديني أكثر استعدادا للتضحية والعطاء لقناعتهم بجزاء الآخرة؟

كرر الكاتب موقفا تبنّته المعارضة اليسارية والديمقراطية، يحمّل حركات الإسلام السياسي مسؤولية الخسائر السياسية بقوله: “الأثر السياسي المدمر لنزوع النخب السلفية إلى تصدّر الخطاب وواجهة الكفاح المسلح، ومحاولة الإسلام السياسي عموما ابتلاع الثورة وتجييرها لحسابه السياسي الخاص، بصرف النظر عن الدوافع والنوايا والتدخلات الخارجية، أقول لا يوجد شكٌّ في أثر ذلك كله على تراجع صدقيتنا السياسية وانقلاب الرأي العام العالمي علينا”…، وضياع فرصة استعادة “تأييد الرأي العام العالمي، بل العربي، وتعاطفه مع الثورة السورية وشعاراتها التحرّرية” بسبب ظهور تنظيم الدولة الإسلامية في العراق والشام (داعش) “قلب الصورة تماما، فيحلّ مصطلحات الجهاد والكفر والطائفية والإرهاب محل مصطلحات ثورة الحرية والكرامة والمواطنة والدولة المدنية التعدّدية”.

بتجاهل تام لحق كل جهة سياسية في العمل على فرض رؤيتها وخيارها في إطار صراع الأفكار والبرامج، وارتباط ما حصل (تصدّر حركات الإسلام السياسي المشهد)، بأسباب كثيرة من قدرات سياسية وتنظيمية واستعدادات فردية ودعم خارجي كبير من قوى إسلامية، قريبة أو مماثلة، ومن دول لا تريد نجاح تجربة سياسية بإرادة شعبية. صحيح أنها ارتكبت كبائر سياسية وتنظيمية ومالية، خصوصا “داعش” وسلوكه المتوحش وجرائمه بحق المدنيين العزّل والتوجس الغربي من كل تنظيم وعمل إسلامي، على خلفية “غزوة واشنطن” وتبعاتها والأعمال الإرهابية الأخرى، لكن السبب الرئيس لخسارة المعارضة الديمقراطية، برأيي، وجود هوة واسعة بين حواضن الثورة ورؤية المعارضة الديمقراطية السياسية والاجتماعية، وفشل الأخيرة في جسر هذه الهوة، هذا إذا كانت تقرّ بوجود هذه الهوة وخطورتها وتدرك ضرورة العمل على جسرها، فشعارات “المواطنة” و”الدولة المدنية التعدّدية” شعارات نخبوية تتبنّاها قوى سياسية واجتماعية صغيرة، مدينية في الغالب، وذات تأثير محدود، غريبة على مسامع القوى الشعبية، خصوصا في البلدات الصغيرة والأرياف، والتي شكلت حاضنة قوية لقوى الإسلام السياسي التي تتمتع شعاراتها بجاذبية وحضور راسخ في المخيال السياسي والاجتماعي لهذه القوى الشعبية، ما جعل تشكيل ألوية جهادية ومكاتب شرعية وحسبة وبيت مال ورفع شعارات تنادي بالخلافة أو الإمارة التقليدية تحصيل حاصل، في حين أن كل المحدّدات والتصورات الحديثة بقيت برّانية بالنسبة للجسم الرئيس في المجتمع السوري، لم تدخل كل القيم والتصورات والمحدّدات الحديثة في صميم قناعة القوى الشعبية العريضة، ولم تلامس وعيها، وتغير من طبيعة مخيالها السياسي والاجتماعي، حيث ما زالت الخلافة نموذجها لنظام الحكم الصالح، وما زال أبو بكر نموذجها للحاكم الرحوم، وعمر بن الخطاب نموذجها للحاكم العادل، وعلي بن أبي طالب نموذجها للحاكم الشعبي، ومعاوية بن أبي سفيان نموذجها للحاكم الحاذق.

منح هذا حركات الإسلام السياسي أسبقية وأفضلية على أصحاب التوجهات الديمقراطية والحديثة، وقاد إلى تأييدها ودعمها والانخراط في صفوفها ومؤسساتها، والتغاضي عن كثير من ممارساتها
وتعدّياتها وتجاوزاتها على حقوق المواطنين، على خلفية الإحساس بالقرابة والحميمية.

ما زال مجتمعنا، في العمق، يراوح عند مرحلة الانتقال من النظام السلطاني، بتجسّده الأخير: السلطنة العثمانية، إلى نظام الدولة – الأمة، الدولة الوطنية أو القومية الحديثة، ولم يتجاوزها، وما زال التوجه الحديث نخبويا لم يخترق التشكيلات الاجتماعية الشعبية، ويقنعها بصلاحيته لحل مشكلاتها المادية والروحية، ما كان يستدعي مواجهة القضية والعمل على جسر الهوة مع الرؤى والقناعات الشعبية، بالبحث عن تقاطعات، وطرح تأويلات وحلول وسط تجعل الرؤى والخيارات الحديثة قريبةً من المزاج العام. لقد أخطأت المعارضة الديمقراطية بتجاهل هذا الاستحقاق مع ما للإسلام من موقع مركزي ودور في تكوين شخصية السوري، وانطوائه على طاقة ثورية عظيمة، ودفع قوي للتضحية في سبيل العقيدة والقيم الأخلاقية، فـ”الحقيقة المحورية الوحيدة أن الإسلام هو المحرّك الطبيعي للسياسة عبر العالم الإسلامي، ففي العالم الإسلامي يعتبر الإسلام مقياسا للعدالة والإنسانية والحكم الصالح ومحاربة الفساد، ويمثل مرجعية عقائدية للصراعات الداخلية ضد الحكومات الاستبدادية العلمانية، ولصراعات الأقليات المسلمة من أجل التحرّر من السلطات غير الإسلامية القاسية في كثير من الأحيان”، وفق غراهام فولر، (لوس أنجليس تايمز، الشرق الأوسط: 24/9/2001)، وتركها (المعارضة الديمقراطية) الإسلام لحركات الإسلام السياسي توظفه في معاركها الفكرية والسياسية، فتفوز بالشعبية، وبتحشيد القوى الاجتماعية حول شعاراتها وأهدافها. الأنظمة المستبدة والفاسدة هي الأخرى أدركت أهمية الموضوع وخطورته، وتعاطت معه بخبث وانتهازية، عبر حرص قادتها على تلبس مظهر التدين وحضور صلوات الجُمع والعيدين، واحتفال عيد مولد النبي والحج إلى بيت الله الحرام ورفع شعار حماية الدين والدفاع عنه.

ومع الاتفاق مع قول برهان غليون “فلا تنبع المشكلة التي نواجهها من الإرث الثقيل الذي خلفه الاستعمار، والذي تجسّد في التشكيل الجيوسياسي البنيوي الملغوم للمنطقة، وفي إدارته صراعاتها بما يضمن استمرار تبعيتها واختلال توازناتها وبؤس نموها فحسب، وإنما ينجم أيضا عن عجزنا عن تطوير أنماط من التفكير والسلوك الفردي والجماعي التي لا بد منها لتجاوز تفتتنا وتخبطنا الاستراتيجي، واستعادة المبادرة السياسية”. .. “ولن نتمكّن من بناء الديمقراطية التي هي هدفنا الأول، من دون أن نعمل على تكوين قوى ديمقراطية منظمة”، مع الاتفاق في ذلك، إلا أن ثمّة واقعا جديدا يحتاج إلى مواجهة ومعالجة، نجاح النظام في دفع أغلبية الشعب السوري إلى الانغماس في همومه الخاصة والتفكير في ظروفه المباشرة، ما جعل ويجعل محاولات الثورة والتغيير حرثا في بحر.

Syrian troops deliberately shoot elderly women


The Telegraph

Exclusive: Syrian troops deliberately shoot elderly women

Bashar al-Assad’s Syrian government forces have been captured identifying and then shooting elderly women, in recordings leaked to The Telegraph.

 

L’armée du régime libère la Syrie du peuple syrien-جيش الأسد يطهّر سوريا من المدنيين


 

L'armée-d'Assad-Libère-la-syrie-du-peuple-syrien

Syrian father teaches daughter to cope with bombs through laughter – أب سوري يخفف وطأة الحرب في البلاد على طفلته الصغيرة، ويدربها على الضحك


Pour protéger sa fille du traumatisme de la guerre…un père syrien apprend à sa fille de rire

une vidéo partagée par des militants sur les réseaux sociaux montre un père syrien du nom de Muhammad Abdullah interrogeant sa fille de 3 ans, Silva, sur la prochaine voix: “C’est un avion ou un obus?”, Et la jeune fille a répondu: “Un obus … sa voix me fait rire.”

Syrian father teaches daughter to cope with bombs through laughter

18 févr. 2020
In video posted on social media, Abdullah Mohammad and his daughter Salwa, three, can be heard laughing at the sound of shelling in Syria. Mohammad, who moved his family from Idlib to Sarmada district, has tried to insulate his daughter from trauma by telling her the noise of bombs is part of a game. In September 2018, Turkey and Russia agreed to turn Idlib into a de-escalation zone in which acts of aggression are prohibited, but since then more than 1,800 civilians have been killed in attacks by the Assad regime and Russian forces

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Abdullah Mohammad et sa fille Salwa, trois ans, peuvent être entendus en riant au son des bombardements en Syrie. Mohammad, qui a déplacé sa famille d’Idlib dans le district de Sarmada, a tenté d’isoler sa fille des traumatismes en lui disant que le bruit des bombes faisait partie d’un jeu. En septembre 2018, la Turquie et la Russie ont convenu de faire d’Idlib une zone de désescalade dans laquelle les actes d’agression sont interdits, mais depuis lors, plus de 1800 civils ont été tués dans les attaques du régime Assad et des forces russes

 

بيروت: «الشرق الأوسط أونلاين»

حاول أب سوري أن يخفف وطأة الحرب في البلاد على طفلته الصغيرة، بأن يدربها على الضحك عند سماع صوت القذائف.

وأظهر فيديو تداوله نشطاء عبر مواقع التواصل الاجتماعي أبا سوريّاً يُدعى محمد عبد الله يسأل ابنته سيلفا، والبالغة من العمر 4 أعوام، عن الصوت القادم إليهما «هذه طائرة أم قذيفة؟»، لترد الفتاة الصغيرة «قذيفة… صوتها يجعلني أضحك».

%d bloggers like this: