Syrie : “La violence est dans les gènes de la famille Assad depuis 1970”


 

Syrie : “La violence est dans les gènes de la famille Assad depuis 1970”

Pour le politologue libanais Ziad Majed, le revirement de Macron sur Assad est immoral et dangereux, car la dictature alimente le terrorisme.

PAR LOUIS CHAHUNEAU

Modifié le 12/07/2017 à 11:09 – Publié le 11/07/2017

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À Alep le 24 juillet 2016, dans la zone rebelle. 200 000 civils ont été assiégés et bombardés pendant des mois par le régime d’Assad avec le soutien russe. © AFP/ AMEER ALHALBI

Le 21 juin,

dans une interview accordée à huit journaux européens, Emmanuel Macron déclarait que la destitution de Bachar el-Assad en Syrie n’était plus la priorité de la France, faute de « successeur légitime », suscitant l’inquiétude de l’opposition syrienne. Le président de la République ajoutait : « Bachar, ce n’est pas notre ennemi, c’est l’ennemi du peuple syrien. » La semaine suivante, il accueillait à l’Élysée Riad Hijab, le coordinateur du Haut Comité de l’opposition en vue des négociations, et réaffirmait son soutien « au peuple syrien », brouillant la diplomatie française au Proche-Orient.

Le politologue libanais Ziad Majed, spécialiste de la Syrie et enseignant à l’American University of Paris, a cosigné une tribune dans le quotidien Libération du 3 juillet pour dénoncer « ce revirement diplomatique majeur ». Pour Le Point.fr, il explique pourquoi ces propos sont ambigus et placent la France « dans la position d’un État complice ».

Le Point.fr : La politique française envers la Syrie a-t-elle vraiment changé entre François Hollande et Emmanuel Macron ?

Ziad Majed : Oui, en tout cas au niveau du discours. La vision de Macron, défendue par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, consiste à s’allier avec la Russie dans une lutte plus virulente contre le terrorisme en Syrie. Cela rompt avec la politique de Hollande qui considérait que la lutte contre le terrorisme devait aller de pair avec une solution politique en Syrie, qui destituerait Assad. Macron n’y est pas opposé, mais explique que ce n’est pas la priorité et qu’Assad n’est pas l’ennemi de la France.

Emmanuel Macron a-t-il raison de dire qu’« Assad n’est pas l’ennemi de la France », mais « du peuple syrien » ?

Cette formule est dangereuse parce qu’elle exclut le peuple syrien de la communauté internationale. Un dictateur pourrait donc tuer, massacrer ? Cela alimente le terrorisme et la vengeance. Allez dire aux habitants là-bas que c’est de la « realpolitik ». Ça ne marche pas. Admettre que Bachar el-Assad est l’ennemi de son peuple, c’est reconnaître qu’il est criminel. Donc, il ne peut pas être légitime. L’argument ne tient ni au niveau pragmatique, ni au niveau éthique, ni même au niveau du droit international. Je comprendrais une coopération avec les Russes, mais avec des objectifs clairs et négociés à l’avance.

Entre 2005 et 2007, la plupart des djihadistes qui partaient combattre les Américains en Irak étaient manipulés par le renseignement syrien.

La France n’a-t-elle pas intérêt à ce qu’Assad reste au pouvoir, notamment pour reprendre la coopération entre les services syriens et ainsi améliorer son renseignement antiterroriste ?

Non, c’est un mythe, une illusion. Il y a eu quelques moments de coopération entre les services secrets français et syriens, mais cela a toujours fonctionné de manière très politique. Le régime syrien, quand il souhaite normaliser avec un État, lui fournit des listes, des noms, pour lui montrer qu’il est indispensable dans la lutte antiterroriste. Mais cela indique en réalité qu’il est impliqué dans les réseaux de terrorisme. D’ailleurs, ce n’est pas un secret qu’entre 2005 et 2007 la plupart des djihadistes qui partaient combattre les Américains en Irak passaient par Damas et étaient manipulés par le renseignement syrien, et en particulier par le beau-frère de Bachar el-Assad, Assef Chawkat, qui est mort en 2012 dans une explosion mystérieuse. Hafez el-Assad est également soupçonné d’avoir commandité l’attentat rue des Rosiers en 1982, ainsi que l’assassinat de l’ambassadeur français au Liban Louis Delamare à Beyrouth en 1981 (sa mort n’a jamais été élucidée, NDLR). Et le régime n’a plus les mêmes capacités au niveau du renseignement qu’il y a dix ans. Il est extrêmement épuisé. Les trois quarts du pays échappent à son contrôle. Il n’a pas de réseau dans la zone que contrôle Daech. Enfin, le terrorisme qui frappe la France a surtout été l’œuvre de citoyens français.

Le bombardement d’une base aérienne du régime par l’armée américaine s’inscrit-il dans une stratégie de long terme ?

C’était un acte isolé. Donald Trump a voulu marquer sa différence avec Obama : montrer que l’usage des armes chimiques entraînera une riposte immédiate des États-Unis. Mais la priorité des Américains en Syrie reste de détruire Daech en soutenant les Kurdes du côté de Raqqa.

Selon les renseignements américains, le régime serait sur le point de mener de nouvelles attaques chimiques. Quel serait l’intérêt pour Assad ?

Je ne pense pas qu’il y aura un énorme scandale si le régime réutilise le gaz sarin. Il l’a utilisé hier, et aujourd’hui, c’est le chlore. Il y a eu une telle banalisation de la mort en Syrie que plus rien ne surprend. Et s’il y a bien un domaine que maîtrise parfaitement le régime, c’est le dosage de la violence. En 2011, le régime ne s’attaquait pas aux manifestations dans les quartiers bourgeois où les gens s’habillent comme en Occident. En revanche, la mort s’est abattue dans les zones rurales, pauvres, sunnites, où les femmes sont voilées et les hommes barbus. Leur mort ne suscite pas la même réaction chez les Occidentaux. De plus, il y a un excès de violence incroyable dans les prisons de l’État. Ces histoires sont tellement inhumaines que beaucoup n’y croient même plus. La violence est dans les gènes de la famille Assad depuis 1970. Le régime pense qu’il survivra en humiliant sa population. Tous ceux qui veulent marcher la tête haute doivent être frappés jusqu’à la soumission. En arabe, on dit : « La mort ou la soumission. »

Penser que seul un dictateur est en mesure de tenir ce pays est totalement faux. On est en train de répéter les mêmes erreurs chaque décennie.

Dans quel état se trouve l’opposition syrienne ?

Après août 2013, et la volte-face d’Obama, l’opposition s’est sentie démunie et trahie, de sorte que beaucoup ont abandonné la lutte. Ce n’est pas une coïncidence si Daech est devenu puissant à partir de ce moment-là. Les forces islamistes de l’opposition se sont aussi renforcées, et les pays du Golfe leur ont rapidement apporté leur soutien. Au niveau international, l’opposition est représentée dans le Haut Comité en vue des négociations. Mais sur le terrain, il y a une fragmentation des forces : l’Armée syrienne libre, les forces islamistes et Fatah al-Cham. Ce dernier groupe n’est pas représenté dans la délégation au Haut Comité puisqu’il est considéré comme un mouvement terroriste.

Le problème, c’est que tous ces groupes très différents n’ont pas le même objectif politique. En Europe, on veut que l’opposition soit représentée par un seul homme, mais on oublie qu’elle est constituée d’acteurs de gauche, de droite, de libéraux, de communistes, d’islamistes, de tribaux, de féodaux… Ce morcellement est le fruit de 47 ans de dictature. La Syrie vit sous l’état d’urgence depuis 1963, et la prise du pouvoir par le parti Baas. Celui-ci a dissous les partis politiques, interdit les associations, la vie publique, monopolisé les médias. Et l’opposition politique, qui a depuis vécu en prison ou en exil, n’a jamais eu les ingrédients pour reconstruire un modèle politique.

L’opposition possède-t-elle encore la capacité nécessaire pour renverser Assad ?

Depuis l’intervention des Russes en septembre 2015, la chute du régime est devenue militairement impossible. Les Russes ont mené des dizaines de milliers de raids aériens. Certes, le régime ne contrôle que 24 % du territoire syrien, mais 65 % de la population vit dans ces zones qui concentrent les grandes villes comme Damas, Alep, Homs et Hama. Beaucoup de civils se sont réfugiés dans ces territoires, sous le contrôle du régime, pour éviter les bombardements. Bachar el-Assad a tout fait pour pourrir la vie des gens qui vivent dans les autres régions : les hôpitaux sont bombardés, et il n’y a pas d’eau ni d’électricité. Avant 2013, les gens documentaient les massacres pour témoigner au monde entier leur quotidien. Mais, depuis, ils le font pour leur mémoire parce qu’ils ont senti que tout le monde les avait abandonnés. Les islamistes avaient prédit cela. La relation quotidienne avec la mort a fait monter le poids de l’islam dans la société.

Les négociations de paix reprennent à Genève le 10 juillet. Peuvent-elles encore aboutir ?

Non. Les négociations ont commencé en juin 2012 avec l’idée d’une transition politique en Syrie. Puis, les Russes ont commencé à utiliser des termes comme « coalition » avec Assad, alors que les négociations visaient à mettre de côté le régime. Et les Nations unies ont ajouté une autre clause : « la lutte contre le terrorisme ». Or, les Russes considèrent toute l’opposition comme terroriste. Depuis, tout est bloqué. Les discussions à Astana, qui visaient à convenir de cessez-le-feu, ont abouti à la création de cinq zones de « désescalade » (celui de la ville de Deraa n’est pas respecté, NDLR). La moitié des groupes d’oppositions boycottent aujourd’hui les négociations, car les cessez-le-feu ne sont pas tous respectés.

Quelle solution préconisez-vous pour la paix ?

Ce ne sont plus les Syriens qui décident. La Russie et l’Iran gèrent leur diplomatie et veulent qu’Assad reste au pouvoir moyennant quelques réformes. Les Iraniens veulent garder le contrôle de Damas pour rester en contact avec le Hezbollah au Liban, la mer Méditerranée et la frontière israélienne. Les Russes veulent se poser comme les protecteurs du régime syrien tout en conservant leurs bases militaires à Tartous et Hmeimim. Mais penser que seul un dictateur est en mesure de tenir ce pays est totalement faux. On est en train de répéter les mêmes erreurs chaque décennie, sans apprendre des leçons du passé ni trouver les solutions. Ce n’est pas une coïncidence si Daech est apparu en Irak, en Syrie et en Libye. Il s’agit des régimes les plus atroces de la région. Saddam Hussein et Hafez el-Assad possèdent tous deux la même mentalité : des guerres, tout le temps, avec un écrasement des voix de l’intérieur. Et lorsqu’un État n’arrive plus à tout contrôler, la situation explose et, en l’absence de vie politique, ceux qui sont le plus structurés pour prendre la relève demeurent les djihadistes. L’intervention militaire en Libye (2011) n’est pas la première cause du chaos actuel, c’est surtout le non-accompagnement de la transition politique qui a mené à l’échec. L’Irak aussi a souffert d’une gestion défaillante après Saddam Hussein. En Syrie, il faut dès maintenant travailler à une transition politique.

http://www.lepoint.fr/monde/syrie-la-violence-est-dans-les-genes-de-la-famille-assad-depuis-1970–11-07-2017-2142309_24.php
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Washington déploie un système d’artillerie sophistiqué dans le sud syrien


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Par AFP — 15 juin 2017

La Russie a accusé jeudi Washington d’avoir déployé des missiles pour viser l’armée du régime de Damas à Al-Tanaf, dans le sud de la Syrie, les Etats-Unis confirmant le déploiement de ces batteries mais sans en dévoiler l’objectif.

Dans un communiqué, l’armée russe a assuré que les Etats-Unis avaient acheminé de Jordanie vers la garnison d’Al-Tanaf «deux batteries de lance-roquettes multiples Himars», un système d’artillerie sophistiqué américain.

«L’installation de toutes sortes d’armes étrangères sur le territoire syrien, qui plus est de lance-roquettes multiples, doit faire l’objet d’un accord avec le gouvernement souverain du pays», a ajouté le ministère russe de la Défense.

Un responsable américain de la Défense a plus tard confirmé à l’AFP le déploiement du système Himars près d’Al-Tanaf, où Washington dispose d’une base, sans préciser le nombre des batteries déployées ni leur mission exacte.

Les Etats-Unis s’inquiètent de la présence à quelques dizaines de kilomètres d’Al-Tanaf de forces soutenant le régime et ont déjà annoncé qu’ils renforçaient leurs positions face à la «menace» qu’elles représentent.

Des avions américains ont bombardé à plusieurs reprises des éléments de ces forces, bénéficiant selon Washington de l’appui de l’Iran, qui s’étaient approchés de la base d’Al-Tanaf où les forces américaines entraînent les rebelles syriens à combattre les jihadistes.

Mais, d’après l’armée russe, «le rayon d’action des lance-roquettes multiples Himars ne permet pas de soutenir les unités des +Forces syriennes démocratiques+ sous contrôle des Etats-Unis qui luttent contre les terroristes de l’Etat islamique (EI) à Raqa», ville située bien plus au nord.

La coalition internationale menée par les Etats-Unis «a attaqué à plusieurs reprises les forces syriennes gouvernementales qui luttent contre l’EI près de la frontière avec la Jordanie», accuse encore le ministère russe de la Défense.

«Il n’est donc pas difficile d’imaginer que de telles attaques contre les unités de l’armée syrienne peuvent se poursuivre, mais cette fois avec l’aide des Himars», poursuit l’armée russe, avant de demander : «Quels sont les véritables objectifs des Etats-Unis en Syrie et contre qui comptent se battre les militaires américains ?»

Selon l’armée américaine, le système Himars, monté sur un camion, tire des roquettes guidées par GPS d’une portée de 70 kilomètres. Une autre version de ce système permet de tirer un petit missile lui aussi guidé par GPS, qui a une portée de 300 kilomètres. La version déployée à Al-Tanaf n’est pas connue.

Le système Himars permet notamment de continuer à effectuer des frappes de précision, même lorsque les conditions météorologiques empêchent avions et drones de le faire.

Al-Tanaf est située sur l’axe Damas-Bagdad, à la frontière avec l’Irak et non loin de la frontière jordanienne.

La coalition internationale a établi une zone dite «de désescalade» de 55 kilomètres autour de la base d’Al-Tanaf, décrétant que les forces russes et syriennes n’avaient pas le droit d’y pénétrer.

La région a été le théâtre de plusieurs accrochages ces derniers jours entre les forces du régime et celles soutenues par la coalition internationale. Ces tensions interviennent dans un contexte de rivalités grandissantes pour savoir qui va mener le combat contre l’EI dans l’est de la Syrie.

Le président syrien Bachar al-Assad essaie d’éviter ce ne soient les Etats-Unis.

Fidèle alliée de Bachar al-Assad, la Russie intervient pour sa part militairement en Syrie depuis septembre 2015 et s’est opposée avec fermeté aux toutes premières frappes aériennes américaines ordonnées par Donald Trump début avril contre une base aérienne du régime syrien.

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/06/15/washington-deploie-un-systeme-d-artillerie-sophistique-dans-le-sud-syrien_1577204

 

La Syrie accusé d’avoir brûlé ses prisonniers dans un “crématorium”


 

le 15/05/2017

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Les Etats-Unis ont accusé lundi la Syrie d’avoir brûlé dans un “crématorium” une partie des milliers de prisonniers assassinés ces dernières années et ont exhorté la Russie à faire pression sur son allié pour qu’il mette fin à ces “meurtres de masse”.

Le département d’Etat a voulu frapper les esprits en dévoilant des photos satellites “déclassifiées” de ce qu’il affirme être le tristement célèbre complexe pénitentiaire de Saydnaya, au nord de Damas.

Sur ces clichés datés d’avril 2017, d’avril 2016, de janvier 2015 et d’août 2013, on voit des bâtiments, dont l’un est légendé “prison principale” et l’autre “probable crématorium”.

“Nous pensons que la construction d’un crématorium est une tentative pour dissimuler l’étendue des meurtres de masse perpétrés à Saydnaya”, a accusé le secrétaire d’Etat adjoint pour le Moyen-Orient, Stuart Jones.

‘Neige fondue’

Sur une photo de janvier 2015, la légende “neige fondue sur une partie du toit” attesterait, selon le diplomate américain, de l’existence d’un “crématorium installé par le régime syrien”.

Ces allégations relaient un rapport, photos satellites à l’appui, qu’avait publié en février Amnesty International.

L’organisation des droits de l’homme accusait le régime syrien d’avoir pendu 13.000 personnes entre 2011 et 2015 dans cette prison de Saydnaya et dénonçait une “politique d’extermination” constituant des “crimes de guerre et crimes contre l’humanité”.

Amnesty n’avait cependant pas évoqué de “crématorium” et Damas avait contesté un rapport “totalement faux”.

D’après M. Jones, “le régime syrien avait commencé en 2013 à modifier un bâtiment au sein du complexe de Saydnaya pour (en faire) ce que nous pensons être un crématorium”.

Citant Amnesty, il a estimé qu'”entre 5.000 et 11.000 personnes avaient été tuées à Saydnaya entre 2011 et 2015″, soit “50 meurtres par jour”. Il n’a toutefois pas pu dire si le “crématorium” était toujours en service.

Ces accusations surviennent après la visite le 10 mai à la Maison Blanche et au département d’Etat du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, dont le pays est l’allié militaire de la Syrie.

“Le secrétaire d’Etat (Rex) Tillerson a été ferme et clair avec le ministre Lavrov: la Russie a une énorme influence sur (le président) Bachar al-Assad”, a martelé la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert. L’Américain a demandé au Russe que Moscou “contienne” Damas.

M. Jones n’est pas allé jusqu’à accuser la Russie d’être complice des “crimes de masse” perpétrés précisément à Saydnaya.

Mais il a rappelé que “les Etats-Unis avaient exprimé maintes fois leur consternation devant les atrocités commises par le régime syrien”.

‘Soutien inconditionnel russe’

“Ces atrocités ont été perpétrées, semble-t-il, avec le soutien inconditionnel de la Russie et de l’Iran”, a condamné le diplomate.

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Après avoir vu mercredi le président Donald Trump, M. Lavrov s’était félicité d’une “compréhension mutuelle” et d’une volonté de “coopérer” entre deux puissances aux relations exécrables depuis 2012, notamment en raison du conflit syrien.

La guerre a fait depuis mars 2011 plus de 320.000 morts – même “plus de 400.000”, a dit M. Jones en citant l’ONU -, déplacé plus de la moitié de la population et provoqué la fuite de millions de réfugiés.

Depuis six ans, ni Washington, soutien de l’opposition, ni Moscou, allié du régime, n’ont réussi à s’entendre pour faire cesser les massacres.

A la fin de la présidence de Barack Obama (2009-2017), les Etats-Unis s’étaient même mis en retrait du processus diplomatique et avaient laissé la Russie prendre la main.

Ainsi, dans le cadre de cycles de discussions au Kazakhstan, la Russie, la Turquie et l’Iran se sont entendus début mai sur la création de quatre “zones de désescalade” et des “zones de sécurité” censées faire baisser les violences.

Le département d’Etat se dit “sceptique” et préfère “soutenir” le processus de Genève de négociations indirectes entre le régime syrien et l’opposition sous l’égide de l’ONU. Ces pourparlers reprennent mardi mais sans grand espoir.

Le chef de la délégation de l’opposition, Nasr al-Hariri, a d’ailleurs jugé que le “crématorium” n’était qu'”une goutte d’eau dans la mer” et que “ce qui se passe dans les prisons du régime est bien plus atroce”.

De son côté, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme a dit ne “pas (avoir) d’informations prouvant qu’il y a eu crémation”. Mais “il y a un grand nombre de détenus qui ont été et qui sont toujours exécutés chaque jour à Saydnaya”.

Cela poussera-t-il Donald Trump à réagir comme lorsqu’il a fait bombarder début avril une base militaire syrienne ?

“Quand il sera prêt à agir, il le communiquera à tout le monde”, a éludé son porte-parole Sean Spicer.

Photo du massacre de Hay el arba'in à Hama 19092012

Hama- corps calcinés suite au nouveau massacre du régime de Assad à Hay el arba’in à Hama le 19 09 2012

http://www.lepoint.fr/monde/syrie-un-crematorium-pour-cacher-des-meurtres-d-apres-les-etats-unis-15-05-2017-2127581_24.php

للمرة الثامنة موسكو تعارض تحركاً للأمم المتحدة ضد حليفها السوري /Syrie: 8e veto russe à l’ONU


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Syrie: 8e veto russe à l’ONU / Le Figaro.fr, Mercredi12/04/2017

La Russie a comme prévu opposé son veto à l’adoption d’un texte présenté par les Etats-Unis, le Royaume-uni et la France pour faire avancer l’enquête sur l’attaque chimique du 4 avril en Syrie.

La Chine, qui a opposé son veto à six précédentes résolutions sur la Syrie depuis le début du conflit, s’est cette fois abstenue, comme l’Ethiopie et le Kazakhstan.

Dix pays ont voté en faveur du texte, contrairement à la Russie et la Bolivie qui ont voté contre.

Washington, Londres et Paris ont proposé un projet de résolution amendé, proche du texte présenté aux 15 membres du Conseil la semaine dernière, qui condamne l’attaque du 4 avril et demande au gouvernement syrien de coopérer à l’enquête.

Les puissances occidentales estiment qu’il s’agit d’une attaque au gaz sarin et qu’elle est imputable aux forces du président Bachar al Assad, ce que Damas dément.

Frappes américaines : Assad “seul responsable” pour Merkel et Hollande


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Frappes contre Damas : « Les intérêts économiques des Etats-Unis en Syrie sont nuls »

Quelle est la stratégie de Donald Trump en Syrie, après son revirement spectaculaire ? Gilles Paris, correspondant du « Monde » à Washington, vous a répondu.

LE MONDE |  07.04.2017

http://www.lemonde.fr/donald-trump/article/2017/04/07/frappes-contre-le-regime-de-damas-les-interets-economiques-des-etats-unis-en-syrie-sont-nuls_5107923_4853715.html#sZmmXdM5GhOgWQWL.99

 

Les Etats-Unis bombardent une base aérienne syrienne

7 AVRIL 2017 PAR FRANÇOIS BONNET

Donald Trump a décidé, dans la nuit de jeudi à vendredi, de lancer une opération militaire en Syrie. Cinquante-neuf missiles tirés depuis deux navires ont détruit une base aérienne syrienne, en réponse à l’attaque chimique du 4 avril attribuée au régime de Damas. Vladimir Poutine dénonce « l’agression contre un pays souverain ». Hollande et Merkel jugent que « le recours continu d’Assad aux armes chimiques et aux crimes de masse ne peut rester impuni ».

 

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Le « nécessaire effet de surprise », promis par Donald Trump mercredi, a joué à plein. Prenant le contrepied de ses positions passées sur le conflit syrien, le président américain a lancé, dans la nuit de jeudi à vendredi 7, la première opération militaire de son mandat. Tirés depuis deux navires de l’US Navy, cinquante-neuf missiles de croisière Tomahawk ont détruit la base aérienne de Shayrat, qui est « associée au programme »syrien d’armes chimiques, a assuré le Pentagone. Des responsables militaires américains ont expliqué que c’est depuis cette base qu’ont décollé les avions qui ont procédé au bombardement de la localité de Khan Cheikhoun, le 4 avril, qui a fait au moins 87 morts et plus de 500 blessés.

https://www.mediapart.fr/journal/international/070417/les-etats-unis-bombardent-une-base-aerienne-syrienne

Frappes américaines en Syrie: pourquoi Trump a pris son monde à contre-pied 

L’express.  

En contradiction avec toutes ses déclarations antérieures sur la Syrie, Donald Trump a pour la première fois déclenché des frappes aérienne contre le régime de Bachar el-Assad. Pourquoi maintenant? Pour quel résultat?

On disait depuis son élection que le plus prévisible avec Donald Trump était son imprévisibilité. Il vient d’en faire la démonstration en déclenchant des frappes contre la base militaire d’al-Chaayrate près de Homs.  

Une réaction émotionnelle et contradictoire

Donald Trump était connu pour son impétuosité. “J’imaginais une réaction impulsive après une attaque terroriste, avance Julien Théron, spécialiste de géopolitique à Sciences-Po Saint-Germain en Laye. Ce sont finalement les images d’enfants gazés qui semblent avoir provoqué sa réaction”. 

La décision inédite de frapper le régime syrien est en totale contradiction avec la position isolationniste affichée depuis plusieurs années par le milliardaire. Donald Trump avait notamment rejeté toute idée de réaction américaine à l’attaque chimique de 2013 ayant causé la mort de 1400 personnes. Le président américain a aussi manifesté à plusieurs reprises sa préférence pour le maintien au pouvoir d'”hommes forts” au Moyen-Orient -Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi, le maréchal égyptien Sissi, reçu en grande pompe il y a quelques jours.  

Enfin l’équipe du président avait déclaré la semaine passée que se débarrasser de Bachar el-Assad n’était plus à l’ordre du jour, la lutte contre les djihadistes étant la priorité.  

LIRE >> Comment expliquer le revirement de Trump après l’attaque chimique

“Ces derniers mois, rappelle Julien Théron, les Etats-Unis se sont complètement désintéressés de la crise syrienne. Lors des négociations d’Astana organisées par la Russie, Washington s’est contenté d’envoyer l’ambassadeur américain au Kazakhstan”.  

Pour autant, “L’idée que Trump n’est pas un interventionniste est un malentendu, faisait valoir le politologue Karim-Emile Bitar, jeudi. Se revendiquant du président Andrew Jackson (1929-1837), il n’est pas néo-conservateur, pas partisan du ‘regime change‘. Mais il n’est pas contre une intervention musclée destinée à montrer sa force.” 

Effacer les ratés de son début de mandat

La réaction de Donald Trump tient sans doute aussi aux difficultés de son début de mandat: après son échec sur l’Obamacare, l’une de ses principales promesses de campagnes, sur ses mesures anti-immigrations, retoquées par des juges, et après avoir dénoncé pendant des mois la faiblesse de son prédécesseur Barack Obama, il lui fallait montrer un geste fort. Fasciné par les militaires qu’il a nommé en nombre dans son administration, c’est donc sur ce terrain qu’il aura concrétisé son image de président “qui agit”. 

Donald Trump au moment de l'annonce des  frappes en Syrie.
Donald Trump au moment de l’annonce des frappes en Syrie. 

Reuters/Carlos Barria

Les frappes américaines envoient aussi un message indirect au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un qui a intensifié son programme de missiles balistiques, ces derniers mois. 

Envoyer un signal à la Russie et à d’autres pays

La volte-face américaine concerne aussi la Russie, principal soutien du régime d’Assad, longtemps courtisée par le candidat Trump. La mise à l’écart de plusieurs de ses conseillers connus pour leurs positions pro-russes (Michael Flynn, Steve Bannon), au profit de républicains aux positions plus classiques (le général Mc Master, notamment) ont certainement aussi fait pencher la balance dans le sens d’une intervention. Au risque de décevoir la frange nationaliste des partisans du président milliardaire.  

Le Kremlin a dénoncé les frappes américaines comme une “agression contre un Etat souverain”, suspendu l’accord avec Washington sur la prévention des incidents aériens en Syrie et demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Peut-elle aller plus loin? Après les premiers bruits de botte américains, jeudi, “Moscou a répété hier que son soutien à Assad n’était pas inconditionnel”, constate Julien Théron.  

Face au désintérêt américain pour la Syrie, Moscou avait avancé ses pions en intervenant directement en 2015. Reste à savoir jusqu’à quel point les nombreux acteurs de ce nouveau “grand jeu” sont conscients du risque d’escalade.  

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/frappes-americaines-en-syrie-pourquoi-trump-a-pris-son-monde-a-contre-pied_1896754.html

Syrie. Trump jette de l’huile sur le feu

GAËL DE SANTIS – VENDREDI, 7 AVRIL, 2017, L’HUMANITÉ
http://www.humanite.fr/syrie-trump-jette-de-lhuile-sur-le-feu-634449

 

Frappes américaines : Assad “seul responsable” pour Merkel et Hollande

LES ECHOSLe 07/04/2017

La France et l’Allemagne soutiennent l’initiative de Donald Trump. La Russie veut une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.

En ordonnant  des frappes sur une base aérienne en Syrie, deux jours après  l’attaque chimique contre la ville de Khan Cheikhoune , Donald Trump a franchi une étape. Juste avant l’opération, Moscou avait prévenu Washington de l’impact “négatif” de frappes américaines en Syrie.

“Nous devons penser aux conséquences négatives (…) et toute la responsabilité, si des actions militaires avaient lieu, devrait reposer sur les épaules de ceux qui ont lancé des entreprises si tragiques et incertaines”, avait ainsi déclaré l’émissaire russe aux Nations unies, Vladimir Safronkov, interrogé sur la possibilité de telles frappes.

La télévision d’Etat syrienne a qualifié d'”agression” les frappes américaines. En face, l’opposition de la Coalition nationale syrienne (CNS) a salué l’initiative des Etats-Unis et espère que les opérations continuent pour mettre fin aux frappes du régime et à “l’utilisation d’armes prohibées internationalement”.

L’Iran et la Russie condamnent

Vladimir Poutine a réagi vivement à la décision de Trump. Il estime que ces frappes constituent une infraction au droit international. Il s’agit selon lui d’une “agression contre une nation souveraine” en se servant “d’un prétexte fallacieux”, a rapporté son porte-parole, Dmitri Peskov.

La Russie a immédiatement demandé une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Le chef de la Commission de défense de la chambre haute du parlement russe estime que ces frappes “pourraient affaiblir les efforts pour combattre le terrorisme en Syrie”. Selon lui, cette attaque “pourrait être vu[e] comme un acte d’agression des Etats-Unis contre un pays de l’Onu.”

Principal allié du régime syrien, la Russie prévient également que ces frappes causent un “préjudice considérable” aux relations entre Moscou et Washington. “Cette action de Washington cause un préjudice considérable aux relations russo-américaines, qui sont déjà dans un état lamentable”, a ajouté le porte-parole, cité par les agences de presse russes.

Le pays a joint les paroles aux actes en annonçant peu après la suspension de l’accord avec Washington qui visait à empêcher des incidents entre avions des deux pays en Syrie.

L’Iran, l’autre grand allié de Bachar Al-Assad, “condamne fermement toutes frappes unilatérales de cette nature. De telles mesures vont renforcer le terrorisme en Syrie et vont compliquer la situation en Syrie et dans la région”, a indiqué un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. 

Israël et l’Arabie Saoudite soutiennent “totalement”

Parmi les premiers pays à réagir, Israël a déclaré “soutenir totalement” l’initiative américaine, la qualifiant de “message fort”. De même pour l’opposition syrienne, qui a dit espérer que les opérations continuent pour mettre fin aux frappes du régime et à “l’utilisation d’armes prohibées internationalement”, a annoncé un porte-parole de la Coalition nationale syrienne. 

L’Arabie saoudite a elle aussi annoncé qu’elle “soutenait totalement” les frappes américaines, saluant la “décision courageuse” du président Donald Trump.

Pour la Turquie, Assad doit être puni

Dans un entretien sur la chaîne Fox TV turque, le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus a affirmé que la communauté internationale doit exprimer sa position face à la “barbarie” du régime syrien et que ces frappes sont une bonne chose. Le gouvernement de Bachar al Assad doit être puni sur la scène internationale, a-t-il ajouté.

Le ministre turc des Affaires étrangères a quant à lui appelé à un départ immédiat de Bachar al Assad. “S’il ne veut pas partir, s’il n’y a pas de gouvernement de transition et s’il continue de commettre des crimes contre l’humanité, les mesures nécessaires pour le chasser devront être prises”, a-t-il insisté.

“Pour éviter la reproduction de ce type de massacres”, comme l’attaque chimique présumée, Ankara a appelé à la création d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie, a déclaré le porte-parole du président Erdogan.

Ces frappes sont un “avertissement”, déclare Ayrault

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a dit avoir été “informé par Rex Tillerson [le secrétaire d’Etat américain, NDLR] dans la nuit”, Washington souhaitant se “coordonner” avec ses alliés.

https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/0211954777774-frappe-americaine-en-syrie-la-russie-demande-une-reunion-durgence-de-lonu-2078312.php

 

Vu de Russie. Après les frappes américaines en Syrie, “il faut poursuivre la guerre et la gagner”

Publié le 07/04/2017 – 17:05

L’agence de presse Tass a annoncé que la frégate de la marine russe, Amiral Grigorovitch, armée de missiles Kalibr, a pris la direction du port de Tartous, en Syrie. Ici le navire aperçu, le 7 avril 2017, dans le détroit du Bosphore.  Yoruk Isik/REUTERS

Le Kremlin, qui avait demandé une enquête internationale sur l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, a immédiatement dénoncé l’“agression” américaine contre la Syrie et estimé que les relations entre les deux puissances pourraient en être affectées.

L’agence de presse Tass a annoncé que la frégate de la marine russe, Amiral Grigorovitch, armée de missiles Kalibr, a pris la direction du port de Tartous, en Syrie. Ici le navire aperçu, le 7 avril 2017, dans le détroit du Bosphore.  Yoruk Isik/REUTERS
L’agence de presse Tass a annoncé que la frégate de la marine russe, Amiral Grigorovitch, armée de missiles Kalibr, a pris la direction du port de Tartous, en Syrie. Ici le navire aperçu, le 7 avril 2017, dans le détroit du Bosphore.  Yoruk Isik/REUTERS
http://www.courrierinternational.com/article/vu-de-russie-apres-les-frappes-americaines-en-syrie-il-faut-poursuivre-la-guerre-et-la

Comment les Etats-Unis viennent de sauver Daech d’une défaite annoncée en Syrie


 

Comment les Etats-Unis viennent de sauver Daech d’une défaite annoncée en Syrie

La réalité dépasse parfois la fiction. En pire: Daech, le bien mal nommé « Etat islamique », était sur le point de perdre son bastion syrien d’Al-Boukamal, verrou stratégique à la frontière de l’Irak (cette ville est parfois orthographiée Albou-Kamal, Abou Kamal ou Bukamal). Mais les Etats-Unis ont suspendu leur soutien aérien à la « Nouvelle Armée syrienne », la milice révolutionnaire qui menait l’assaut, permettant aux commandos jihadistes de réussir leur contre-offensive.

Cet invraisemblable fiasco a été révélé dans une enquête détaillée du Washington Post. Il est d’autant plus troublant que l’aviation américaine a abandonné ses partenaires syriens pour participer à une orgie de bombardements en Irak, lors de la reconquête de Fallouja après deux ans et demi aux mains de contrôle jihadiste. Comme si les Etats-Unis, à la différence de Daech, étaient incapables de se battre à la fois en Syrie et en Irak.

La « Nouvelle armée syrienne »

Cette « Nouvelle armée syrienne » (NAS), malgré son titre ronflant, n’est qu’une composante relativement mineure de l’Armée syrienne libre (ASL). Elle a été établie en novembre 2015 autour de déserteurs des forces d’Assad, qui ont été formés et équipés  en Jordanie par la CIA (dans le cadre d’un programme train and equip richement doté par Washington) . Les services américains, plutôt que de répéter les échecs des infiltrations menées depuis la Turquie, avaient cette fois choisi le front Sud. Le premier succès de la NAS fut la prise à Daech en mars 2016 du poste de Tanaf (parfois orthographié Tanf, al-Tanf, voire Tinf), à la frontière entre la Syrie et l’Irak. Malgré des attentats-suicides et des contre-attaques jihadistes, Tanaf était resté de fait aux mains de la NAS.

Les combattants de la NAS ont pu accéder au soutien américain en s’engageant à lutter exclusivement contre Daech, et non contre le régime Assad (une condition draconienne qui interdit à la plupart des autres groupes révolutionnaires de bénéficier du programme train and equip). Cet engagement exclusif contre Daech n’avait pas empêché l’aviation russe de bombarder le 16 juin les positions de la NAS à Tanaf. Ce pilonnage russe est cohérent avec la volonté constante de Moscou d’éliminer toute troisième voie en Syrie entre le régime Assad et Daech. Le bombardement du 16 juin avait provoqué une vive réaction du Pentagone et les démentis russe d’usage. La NAS avait pu déjà apprécier la fragilité de la protection aérienne des Etats-Unis puisqu’un des pilonnages russes s’était produit alors que les avions américains étaient en train de refaire le plein…

La curée de Fallouja

C’est dès le 26 juin que les autorités irakiennes ont annoncé la « libération » de Fallouja. Mais une importante colonne jihadiste, forte de centaines de véhicules, a tenté de quitter la ville le 28 juin, date où la NAS, à 340 kilomètres plus à l’ouest, lançait son offensive contre Al-Boukamal. Le soutien aérien des Etats-Unis à cet assaut était déterminant pour des unités révolutionnaires très exposées en milieu désertique et très éloignées de leur base arrière de Tanaf. La population d’Al-Boukamal, sans doute prête à se rallier aux assaillants, dont beaucoup ont des attaches locales, restait passive dans l’attente d’une percée révolutionnaire.

Cette percée n’interviendra pas, car l’aviation américaine est détournée le 29 juin sur Fallouja, abandonnant ses alliés syriens à découvert face aux mortiers jihadistes. Les B52 et AC130 vont en effet se joindre à la curée de Fallouja, où les appareils irakiens ont commencé d’éliminer par des frappes systématiques les commandos jihadistes en fuite. Cet acharnement aérien n’est pas sans rappeler « l’autoroute de la mort » où la chasse américaine avait liquidé en février 1991 les colonnes irakiennes qui évacuaient précipitamment le Koweït.

Les Etats-Unis étaient convaincus du succès de leurs partenaires syriens à Al-Boukamal, au point que le très sérieux Institute for the Study of War de Washington annonçait la reconquête de cette ville (entourée donc en rouge) sur sa carte ci-dessous du territoire aux mains de Daech en Syrie et en Irak au 1er juillet. Ce n’était qu’une auto-intoxication, puisque le lâchage américain permettait au même moment à Daech de repousser la NAS vers Tanaf et le désert.

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Avant ce « Ramadan de sang », des commentateurs un brin pressés s’interrogeaient pour savoir non pas si Raqqa allait être « libérée » de Daech, mais qui allait emporter ce trophée, entre le régime Assad, soutenu par la Russie, et les milices kurdes, inféodées au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) turc et appuyées par les Etats-Unis. L’offensive russo-gouvernementale a depuis été mise en déroute et les unités kurdes ont dû se détourner vers l’Ouest et l’objectif supposé plus accessible de Manbij, devant lequel elles continuent de piétiner.

En lâchant à Al-Boukamal la proie syrienne pour l’ombre irakienne, les Etats-Unis ont fait preuve une fois encore d’une grande myopie stratégique. On sait que la chute de Fallouja n’a pas préservé Bagdad du pire attentat depuis le renversement de Saddam Hussein. Et dans la ville de Raqqa où Abou Bakr al-Baghdadi proclama en avril 2013 son « Etat islamique en Irak et au Levant », les responsables jihadistes peuvent continuer de pavoiser. Et de recruter dans le monde entier.

http://filiu.blog.lemonde.fr/2016/07/09/comment-les-etats-unis-viennent-de-sauver-daech-dune-defaite-annoncee-en-syrie/

La Syrie: Réunion de Vienne 30 octobre 2015


المحكمة الجنائية الدولية تأسست سنة 2002 كأول محكمة قادرة على محاكمة الأفراد المتهمين بجرائم الإبادة الجماعية والجرائم ضد الإنسانية وجرائم الحرب وجرائم الاعتداء.

المحكمة الجنائية الدولية تأسست سنة 2002 كأول محكمة قادرة على محاكمة الأفراد المتهمين بجرائم الإبادة الجماعية والجرائم ضد الإنسانية وجرائم الحرب وجرائم الاعتداء.

Crise syrienne : fin de la réunion de Vienne, prochain rendez-vous dans deux semaines

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La réunion internationale sur la Syrie, ouverte vendredi matin à Vienne, s’est achevée après huit heures de négociations, avec des points d’accord mais un désaccord majeur sur le futur rôle de Bachar al-Assad, et reprendra dans deux semaines, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.
“Nous avons abordé tous les sujets, même les plus difficiles. Il y a des points de désaccord, mais nous avons suffisamment avancé pour que nous nous retrouvions, dans la même configuration, dans deux semaines”, a-t-il déclaré.
“Il y a des points sur lesquels nous ne sommes pas d’accord, le principal point de désaccord étant le rôle futur de M. Bachar al-Assad”, a ajouté le chef de la diplomatie française. “Mais il y a un certain nombre de points sur lesquels nous nous sommes mis d’accord, notamment sur le processus de transition, sur la perspective d’élections et la façon dont tout cela devait être organisé et sur le rôle des Nations unies”.
Les membres de la vingtaine de délégations présentes dans la capitale autrichienne, dont celles des Etats-Unis, de la Russie, de l’Iran et de l’Arabie Saoudite, ont quitté l’hôtel Impérial, la plupart sans faire de déclarations. Un communiqué commun devrait être publié en fin d’après-midi.
“Des problèmes importants subsistent, mais nous sommes parvenus à des points d’accord. Cette réunion n’a pas été facile, mais elle a été historique”, a pour sa part résumé le Haut-Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, l’Italienne Federica Mogherini.
La suite des tractations internationales sur la Syrie aura lieu “sous les auspices des Nations unies”, a-t-elle ajouté.

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