Parly veut des sanctions contre un colonel qui a critiqué la coalition en Syrie


 

Parly veut des sanctions contre un colonel qui a critiqué la coalition en Syrie

>Politique|C. P. avec AFP| 28 février 2019

Le colonel François-Régis Legrier a brocardé dans un article la stratégie de la coalition internationale contre Daech.

La ministre des Armées Florence Parly a demandé des sanctions contre un colonel qui critique les opérations de la coalition internationale antidjihadiste en Syrie, dénonçant une « certaine fausseté » de sa part.

Le colonel François-Régis Legrier, qui a commandé les artilleurs français engagés contre le groupe Etat islamique (EI) d’octobre à février, a dénoncé dans un article une victoire « poussive à un coût exorbitant et au prix de nombreuses destructions » lors de la bataille d’Hajin fin 2018.

« S’il n’était pas d’accord avec l’action de la France, il devait demander à être déchargé de son commandement », a estimé la ministre des Armées lors d’une audition le 20 février devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat, dont le contenu a été rendu public mercredi.

« Sa hiérarchie prendra les mesures qui s’imposent »

« Je vois donc dans son attitude une certaine fausseté et un manque de courage », a-t-elle poursuivi en rappelant qu’elle avait rendu visite à son détachement d’artillerie (Task Force Wagram) le 9 février en Irak et qu’il ne lui avait alors fait « aucune observation ».

« Sa hiérarchie prendra donc les mesures qui s’imposent et rappellera les règles de base qui s’appliquent à tous », a ajouté Florence Parly. Selon elle, l’officier a « commis une faute en exposant potentiellement ses hommes par les révélations contenues dans l’article ». Elle a jugé l’article aussi « particulièrement critiquable » sur le fond.

« Je suis tout à fait favorable à la liberté d’expression mais elle est limitée par la déontologie professionnelle qui s’applique à tous les agents publics, dont les militaires », a-t-elle encore estimé.

L’article retiré du site

L’article, publié dans l’édition de février de la Revue Défense nationale (RDN), a depuis été retiré du sommaire diffusé sur le site en ligne de la RDN, même s’il reste disponible en version PDF, pour les abonnés.

Le général Jérôme Pellistrandi, qui dirige la revue, a expliqué que s’agissant « d’opérations en cours », la RDN aurait dû recevoir « une approbation des autorités » militaires et regretté que dans ce cas elle n’ait pas respecté ses « obligations déontologiques ».

L’auteur de l’article déplore notamment que des soldats français n’aient pas été engagés en plus grand nombre sur le terrain face à l’EI – à l’exception de quelques forces spéciales – que « plusieurs milliers de bombes aient été déversées sur quelques dizaines de kilomètres carrés » pour venir à bout du groupe djihadiste à Hajin.

La stratégie américaine éreintée

« Oui, la bataille d’Hajin a été gagnée, au moins sur le terrain mais en refusant l’engagement au sol, nous avons prolongé inutilement le conflit et donc contribué à augmenter le nombre de victimes au sein de la population », cingle notamment François-Régis Legrier.

« Nous avons détruit massivement les infrastructures et donné à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale laissant derrière nous les germes d’une résurgence prochaine d’un nouvel adversaire. Nous n’avons en aucune façon gagné la guerre faute d’une politique réaliste et persévérante et d’une stratégie adéquate. Combien d’Hajin faudra-t-il pour comprendre que nous faisons fausse route ? », s’interroge-t-il encore.

Dans cet article, il éreinte tout particulièrement l’approche américaine de cette guerre, « assumée sans complexe » de « libération d’une région […] au prix de la destruction de ses infrastructures (hôpitaux, lieux de culte, routes, ponts, habitations, etc.). »

Advertisements

A Damas, les habitants d’un quartier populaire évincés de leur maison


AFP

Modifié le – Publié le | AFP

Amnesty : Les civils à Idleb sont en danger alors que la date-butoir pour une zone « démilitarisée » approche


Syrie : Les civils à Idleb sont en danger alors que la date-butoir pour une zone « démilitarisée » approche

De retour d’une visite sur le terrain à Raqqa, en Syrie, le nouveau secrétaire général d’Amnesty International Kumi Naidoo raconte l’ampleur des destructions et de la dévastation humaine qu’il a pu observer, un an après la fin de la bataille au cours de laquelle la coalition dirigée par les États-Unis et les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont utilisé une puissance de feu massive pour chasser de la ville le groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI).

« Ce que j’ai vu à Raqqa m’a profondément choqué. La ville est une coquille : des bâtiments détruits par les bombardements, très peu d’eau potable et d’électricité, l’odeur nauséabonde de la mort flottant dans l’air. Qu’il soit encore possible d’y vivre défie l’entendement et témoigne de la remarquable résilience des habitants civils de la ville, a déclaré Kumi Naidoo.

« Les attaques de la coalition que dirigent les États-Unis ont tué des centaines de civils, et déplacé des dizaines de milliers de personnes, qui retournent aujourd’hui dans une ville en ruines, tandis que beaucoup d’autres attendent dans des camps.

«  Ce sort terrible, c’est aussi celui des civils qui ont survécu dans tant d’autres villes où les forces syriennes et russes ont détruit des hôpitaux et des centres médicaux, des écoles et des infrastructures, privant les habitants de leurs droits fondamentaux, ainsi que de leurs habitations.

«  Alors que la date butoir pour la création d’une zone démilitarisée à Idlib expire dans trois jours, je crains que la population civile de cette ville ne subisse le même sort si les parties au conflit renoncent à l’accord. Comme l’a mentionné le président Bachar el Assad dans sa dernière déclaration aux médias, cet accord n’est que temporaire, ce qui signifie que les civils ne seront sans doute pas protégés pendant longtemps, surtout ceux qui vivent en dehors de la zone désignée. »

Amnesty International demande à la Russie, à la Turquie et à l’Iran de prévenir une nouvelle catastrophe humanitaire à Idlib – l’un des derniers bastions de l’opposition en Syrie. Ils sont parvenus à créer une zone démilitarisée qui ne protège qu’une fraction de la population de la province, mais ils doivent assurer la protection de toute la région.

« Comme l’a mentionné le président Bachar el Assad dans sa dernière déclaration aux médias, cet accord n’est que temporaire, ce qui signifie que les civils ne seront sans doute pas protégés pendant longtemps, surtout ceux qui vivent en dehors de la zone désignée. »

« Le peuple syrien s’est habitué aux promesses non tenues en matière de sécurité, particulièrement à celles des gouvernements russe et syrien. Nous surveillerons la mise en place de la zone démilitarisée et continuerons de dénoncer les violations du droit international humanitaire commises par toutes les parties au conflit contre les civils vivant à l’intérieur et à l’extérieur de la zone. Nos yeux sont tournés vers Idlib et le reste de la communauté internationale ne doit pas détourner le regard. Nos craintes pour la population civile d’Idlib sont attisées par le fait que le gouvernement syrien a déjà montré son mépris total pour les principes d’humanité fondamentaux. »

Amnesty International a recensé de très nombreuses attaques illégales contre des civils et des biens civils menées par le gouvernement syrien, avec l’appui de la Russie et de l’Iran, et par les groupes armés d’opposition, soutenus par la Turquie entre autres. Des dizaines de milliers de civils ont été tués et mutilés par les attaques illégales du gouvernement syrien. Des dizaines de milliers ont été victimes de disparitions forcées, d’arrestations arbitraires et de torture. Des millions sont déplacés en Syrie, manquant de nourriture et d’autres produits de première nécessité – sans parler des milliers de civils déplacés de force par le gouvernement syrien après avoir été assiégés et bombardés par les forces gouvernementales et, dans une moindre mesure, par les groupes armés d’opposition.

«  Toutes les parties impliquées, y compris le gouvernement syrien et ses alliés et la coalition que dirigent les États-Unis, doivent fournir aux victimes et à leurs familles des réparations pleines et entières. Force est de constater qu’ils ne s’acquittent pas de cette obligation, et que le gouvernement syrien continue de se livrer à des crimes de guerre, en attaquant délibérément les civils dans la Ghouta orientale et à Daraa, en forçant des milliers de personnes à quitter leur foyer et en empêchant les organisations humanitaires d’apporter une aide vitale à ceux qui se trouvent encore sur place », a déclaré Kumi Naidoo.

L’après Daech a commencé – ما بعد داعش


L’après Daech a commencé – ما بعد داعش

 

L'après-Daech-Syrie-2017

Occupation Russe: Moscou condamne l’agression américaine et menace


 

 

Avion syrien abattu: Moscou condamne l’agression américaine et menace

Un avion syrien a été abattu le 18 juin 2017 par un appareil américain F/A-18E Super Hornet de la coalition internationale anti-jihadistes dirigée par Washington dans la province de Raqqa.U.S. Navy/Mass Communication Specialist 2nd Class Ryan U. Kledz

Le ton monte entre Moscou et Washington après qu’un appareil militaire syrien a été abattu par un avion de chasse américain, dimanche 18 juin. La Russie menace désormais de cibler les avions de la coalition internationale à l’ouest de l’Euphrate.

La Russie parle « d’acte d’agression » et annonce suspendre sa coopération avec Washington dans la prévention des incidents aériens. Moscou va même plus loin en affirmant que tout avion de la coalition internationale volant à l’ouest de l’Euphrate sera considéré comme une cible.

Moscou n’aurait pas été prévenue de l’attaque contre un appareil militaire syrien. Ce dernier a été abattu dimanche par un chasseur américain, une première dans le conflit syrien.

La coalition internationale, menée par les Etats-Unis, est engagée dans la lutte contre l’organisation Etat islamique notamment autour de son fief de Raqqa. Elle appuie des forces kurdes et arabes sur le terrain.

De son côté, le régime syrien, aidé par la Russie, est en lutte contre différentes factions rebelles, mais aussi contre les jihadistes de l’Etat islamique. En dehors de l’avion abattu, des combats ont également été signalés entre des troupes du régime et les forces arabo-kurdes, au sud de Raqqa.

L’intermédiaire entre LafargeHolcim et l’EI en Syrie est un soutien du FN, selon Mediapart


LafargeHolcim---Daech

L’intermédiaire entre LafargeHolcim et l’EI en Syrie est un soutien du FN, selon Mediapart

Directeur de la sûreté du cimentier franco-suisse, Jean-Claude Veillard s’était présenté aux dernières municipales à Paris sous la bannière du parti d’extrême-droite.

OLJ
03/05/2017

Le directeur de la sûreté du cimentier franco-suisse LafargeHolcim mis en cause pour avoir indirectement financé des groupes armés en Syrie pour permettre à une cimenterie de fonctionner en 2013 et 2014, est un soutien affiché de Marine Le Pen, selon des informations publiées mercredi par le site français d’informations Mediapart.

Le site produit plusieurs documents et témoignages dont il estime qu’ils montrent l’implication de Jean-Claude Veillard dans les transactions entre le groupe jihadiste Etat Islamique (EI) et la multinationale en 2013 et 2014. “Il était informé de chaque phase de la négociation avec les jihadistes”, assure Mediapart. “Il recevait copie des mails adressés à la direction et a dû donner son avis sur les décisions prises”, ajoute le site, publiant un échange de mails qui remonte à août 2014 dans lequel l’un des responsables de Lafarge en Syrie annonce qu’à la suite de ses discussions avec l’EI, l’entreprise devait fournir les pièces d’identité de ses employés sur place pour faciliter leur passage.

Selon Mediapart, M. Veillard était cinquième de liste du candidat du Rassemblement Bleu Marine, Wallerand de Saint-Just, soutenu par le FN, à l’occasion des élections municipales de 2014 à Paris. Pour rappel, M. de Saint-Just est le trésorier de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.

Le 24 avril, LafargeHolcim avait annoncé que son patron, Eric Olsen, allait quitter ses fonctions le 15 juillet pour tenter de désamorcer le scandale. Visé en France par une enquête judiciaire ouverte en octobre après une plainte du ministère des Finances, le cimentier avait diligenté une enquête interne au terme de laquelle il a reconnu que des mesures “inacceptables” avaient été prises pour permettre à un site de continuer à fonctionner en Syrie. Des erreurs de jugement “significatives”, contrevenant au code de conduite de l’entreprise, ont été commises, a admis le groupe qui a toutefois estimé que M. Olsen était hors de cause.
L’ONG française Sherpa et le Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l’homme ont également déposé une plainte pénale en novembre 2016.

Achetée en 2007 par le français Lafarge, la cimenterie au coeur du scandale est  située à Jalabiya, à 150 kilomètres au nord-est d’Alep. Elle avait été remise en service en 2010 après trois années de travaux qui avaient coûté environ 680 millions de dollars, ce qui en faisait le plus gros investissement étranger dans le pays en dehors du secteur pétrolier.

https://www.lorientlejour.com/article/1049828/lintermediaire-entre-lafargeholcim-et-lei-en-syrie-est-un-soutien-du-fn-assure-medipart.html

Syrie: LafargeHolcim admet avoir financé des groupes armés


Milliards-de-dollars

Milliards-de-dollars

jeudi 2 mars 2017

LafargeHolcim admet avoir “indirectement” financé en 2013 et 2014 des groupes armés en Syrie (Afp)

Le géant suisse des matériaux de construction LafargeHolcim a admis jeudi avoir “indirectement” financé en 2013 et 2014 des groupes armés en Syrie, pays déchiré par la guerre civile, pour maintenir en activité sa cimenterie.

Alors que le conflit prenait de l’ampleur, “la détérioration de la situation politique en Syrie a entraîné des défis très difficiles quant à la sécurité, aux activités de l’usine et aux employés”, explique LafargeHolcim dans un communiqué.

Aussi, entre les “menaces pour la sécurité des collaborateurs” et les “perturbations dans les approvisionnements nécessaires pour faire fonctionner l’usine et distribuer ses produits”, la filiale locale de Lafarge a tenté d’amadouer les diverses “factions armées” qui contrôlaient ou tentaient de contrôler les zones autour de la cimenterie. 

Elle a “remis des fonds à des tierces parties afin de trouver des arrangements avec un certain nombre de ces groupes armés, dont des tiers visés par des sanctions”, détaille LafargeHolcim.

Une enquête interne “n’a pas pu établir avec certitude quels étaient les destinataires ultimes des fonds au-delà des tierces parties concernées”, note le groupe.

Mais selon Le Monde, qui avait révélé l’affaire en juin, ces arrangements ont notamment profité à l’organisation État islamique (EI). 

Le quotidien indiquait que Lafarge avait missionné un intermédiaire pour obtenir de l’EI des laissez-passer pour ses employés aux checkpoints. Le siège de Lafarge à Paris était au courant de ces efforts, selon Le Monde.

Le journal a aussi évoqué un laissez-passer estampillé du tampon de l’EI, permettant aux camions de circuler pour approvisionner le site, et laissant supposer le paiement de taxes. 

Il a également mentionné l’intervention d’intermédiaires et de négociants visant à vendre au cimentier du pétrole raffiné par l’EI.

L’organisation jihadiste avait fini par prendre le contrôle du site en septembre 2014.

La cimenterie en cause est située à Jalabiya, à 150 kilomètres au nord-est d’Alep. Elle avait été achetée en 2007 par le français Lafarge, qui a depuis fusionné avec le Suisse Holcim, et mise en route en 2010.

L’usine représentait l’un des investissements étrangers les plus importants jamais consentis en Syrie en dehors du secteur pétrolier: les trois ans de travaux ont coûté environ 680 millions de dollars.

Durant la période pour laquelle le groupe est mis en cause, “les activités de Lafarge en Syrie ont fonctionné à perte” et “représentaient moins de 1% du chiffre d’affaires”, assure l’entreprise.

Le cimentier est visé par une enquête préliminaire ouverte en octobre, suite à une plainte de Bercy. 

Le ministère de l’Economie accuse notamment LafargeHolcim d’avoir enfreint les sanctions édictées par l’Union européenne contre le régime de Bachar al-Assad et plus généralement l’interdiction de toute relation avec les organisations terroristes présentes en Syrie.

Des ONG ont aussi saisi la justice. Dans sa plainte, Sherpa vise plus largement des faits de financement du terrorisme, de complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, de mise en danger délibéré d’autrui, d’exploitation du travail d’autrui et de négligence.

“Rétrospectivement, les mesures prises pour poursuivre les activités de l’usine étaient inacceptables”, admet le groupe jeudi. 

“Les responsables des opérations en Syrie semblent avoir agi d’une façon dont ils pensaient qu’elle était dans le meilleur intérêt de l’entreprise et de ses employés. Néanmoins, l’enquête révèle des erreurs de jugement significatives en contradiction avec le code de conduite alors en vigueur”, ajoute-t-il.

Battant sa coulpe, l’entreprise a mis en place un comité éthique, intégrité et risques ainsi qu’une série de mesures visant entre autres à évaluer plus rigoureusement ses partenaires.

http://www.lefigaro.fr/societes/2017/03/02/20005-20170302ARTFIG00152-lafargeholcim-dans-le-viseur-de-la-justice-pour-avoir-finance-des-groupes-armes-en-syrie.php
%d bloggers like this: