Attaque au gaz chloré: La Russie falsifie les faits – روسيا تعمل على تشويه الحقائق


 

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Centre de documentation sur les violations chimiques en Syrie: la Russie falsifie les faits

Jalal Bakour-13 juillet 2019

Le Centre de documentation sur les violations chimiques en Syrie a déclaré que la Russie tentait de déformer les faits et de nier l’utilisation du gaz chloré par le régime syrien lors d’une attaqque perpétré en avril dernier contre la ville de Douma près de Damas.

Au début du mois de mars, un rapport de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) confirmait que du chlore avait été utilisé lors de l’attaque de la ville de Douma dans la Ghouta orientale de Damas en avril 2018, sans toutefois pointer du doigt le régime.

L’attaque a fait 40 morts et des dizaines de blessés, « La communauté internationale doit assumer ses responsabilités morales et ne pas rester silencieuse sur les crimes en cours du régime contre le peuple syrien », a déclaré Wassim al-Khatib, responsable du Centre de documentation sur les violations chimiques en Syrie.
« La Russie tente de bloquer et de retarder toute décision prise par les équipes d’enquêteurs d’identifier les utilisateurs d’armes chimiques, et ce qui se passe aujourd’hui à La Haye au sujet des mouvements russes n’est qu’une comédie mensongère et complètement faux. Nous avons des preuves et des échantillons qui ont été soumis et nous continuons au centre de travailler jusqu’à la réalisation de la justice qu’attendent les victimes des armes chimiques en Syrie ».
« Tout ce qui ressort des Russes aujourd’hui n’est qu’un processus dont le but est de gagner du temps et déformer la vérité. Le régime de Damas n’a pas permis à l’équipe d’enquête de confirmer son implication, mais le veto de la Russie est à tout moment un parapluie protecteur pour Assad », a déclaré Khatib.

« L’ambassade de Russie à La Haye a tenu une conférence de presse hier », dans le cadre de laquelle « elle cherchait à déformer et à nier les faits liés à l’utilisation de chlore gazeux dans la ville de Douma de la région rurale de Damas en avril 2018 », a déclaré le centre dans une déclaration.

Le communiqué ajoute que, lors de la conférence, « les Russes ont exposé quelques témoignages de la population de la ville, pour contester le rapport de la mission d’enquête publiée fin avril, qui confirmait l’utilisation de chlore partiel contenu dans un baril explosif, jeté du ciel ».

Le Centre de documentation sur les violations chimiques a confirmé qu’il disposait de preuves concluantes et d’un témoignage tout à fait contraire confirmant l’utilisation d’armes chimiques à Douma.

Le centre a déclaré que l’ambassade de Russie aux Pays-Bas « fait tout son possible pour convaincre les membres des Etats membres de l’Organisation pour corriger les informations fournies par les laboratoires de La Haye au sujet de l’attaque de Douma, afin d’empêcher le mécanisme international de déterminer la responsabilité et de confirmer la validité des prochains rapports ».

La Russie a travaillé avec le régime syrien pour « empêcher l’entrée d’experts de l’OIAC pendant deux semaines sur le site de l’accident, ce qui est suffisant pour effacer les caractéristiques du crime et dégager des preuves ».

Le Centre a ajouté: « la Russie a également fourni à l’Organisation pour l’interdiction des armes à La Haye, le 26 avril 2018, 12 témoins choisis par elle-même, après que l’équipe eut refusé d’interviewer à Damas, où ils ont nié la perpétration d’attaques par arme chimique, mais peu de temps après les résultats des analyses des laboratoires de La Haye, ont explosé toutes les allégations russes et les témoignages de témoins qui les ont présentées à La Haye et à Damas ».

مركز توثيق الانتهاكات الكيميائية في سورية: روسيا تعمل على تشويه الحقائق

جلال بكور – 13 يوليو 2019

قال مركز توثيق الإنتهاكات الكيميائية في سورية، إن روسيا تسعى إلى تشويه الحقائق ونفي استخدام النظام السوري لغاز الكلور في هجوم على مدينة دوما بريف دمشق، تم تنفيذه في إبريل/ نيسان العام الماضي٠

وفي بداية مارس الماضي، أكد تقرير لمنظمة حظر الأسلحة الكيميائية أن غاز الكلور استخدم في الهجوم على مدينة دوما في الغوطة الشرقية لدمشق في إبريل/ نيسان 2018، إلا أن التقرير لم يشر بأصابع الاتهام للنظام٠

وكان الهجوم قد أسفر عن مقتل 40 شخصاً وإصابة العشرات، بحسب ما أفاد به مسؤول التنسيق في “مركز توثيق الإنتهاكات الكيميائية في سورية” وسيم الخطيب لـ”العربي الجديد”، مضيفاً أنه “على المجتمع الدولي تحمل مسؤولياته الأخلاقية، وعدم التزام الصمت على جرائم النظام المستمرة بحق الشعب السوري”٠

وأوضح الخطيب أن “روسيا تحاول جاهدة عرقلة وتأخير أي قرار يصدر عن فرق التحقيق لتحديد هوية مستخدمي الأسلحة الكيميائية، وما تشهده لاهاي اليوم من تحركات روسية هي مجرد دراما بالية لا صحة لها على الإطلاق، نحن لدينا أدلة وعينات قدمت أصولا ونسعى ونعمل في المركز حتى الوصول إلى العدالة المنتظرة لذوي ضحايا الأسلحة الكيميائية في سورية”٠

وبيّن الخطيب أن “كل ما يُطلق اليوم من الروس هو مجرد عملية، الغاية منها كسب الوقت وحرف الحقيقة، وعدم سماح النظام في دمشق مؤخراً بوصول فريق التحقيق يؤكد تورطه، ولكن الفيتو الروسي هو المظلة الحامية للأسد في كل مرة”٠

وذكر المركز في بيان اطلع عليه “العربي الجديد” أن السفارة الروسية في لاهاي، عقدت يوم أمس الجمعة، مؤتمراً صحافيا “سعت من خلاله لتشويه ونفي حقائق استخدام غاز الكلور في مدينة دوما التابعة لريف دمشق في إبريل 2018″٠

وأضاف البيان أنه خلال المؤتمر “عرض الروس بعض الشهادات للسكان المحليين في المدينة، للطعن بتقرير بعثة تقصي الحقائق الصادر بنهاية إبريل الماضي، والذي أكد من خلاله استخدام الكلور الجزئي بواسطة برميل ألقي من السماء”٠

وأكد مركز توثيق الانتهاكات الكيميائية على امتلاكه أدلة دامغة، وشهادات مخالفة تماماً، تؤكد استخدام السلاح الكيميائي في دوما٠

وأوضح المركز أن السفارة الروسية في هولندا تبذل “قصارى جهدها لإقناع متابعيها من الدول الأعضاء في المنظمة بعدم صحة التقارير الصادرة عن مخابر لاهاي في ما يخص هجوم دوما، وذلك لقطع الطريق على الآلية الدولية آي آي تي (المختصة بتحديد المسؤولية) ولنفي صحة تقاريرها المستقبلية”٠

وبيّن المركز أن روسيا عملت مع النظام السوري على “منع دخول خبراء منظمة حظر الاسلحة الكيميائية لأسبوعين إلى موقع الحادث، وهذه مدة كافية لطمس معالم الجريمة ومسح الأدلة”٠

وأضاف المركز: “كما عملت على تقديم 12 شاهداً اختارتهم بنفسها في 26 إبريل 2018 لمنظمة حظر الأسلحة في لاهاي، بعدما رفض فريق بعثة تقصي الحقائق إجراء مقابلات معهم في دمشق، حيث قام هؤلاء الشهود بنفي حدوث أي هجمات بالأسلحة الكيميائية، لكن لم يدم الوقت طويلاً حتى صدرت نتائج التحليلات عن مخابر لاهاي، والتي نسفت كافة المزاعم الروسية وروايات الشهود الذين قدمتهم في لاهاي ودمشق”٠

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Syrie: Crimes de guerre contre l’humain l’infrastructure et la nature… pour la mémoire


Jusqu’à quand l’impunité du régime Syrien


Douma-Attaque-au-gaz-toxique-7-av-2018

 

Syrie : l’ONU ne supervisera pas la distribution de l’aide française

Par Luc Mathieu — 24 juillet 2018

 

Contrairement à ce qui avait été annoncé, les Nations unies ne sont pas associées à l’opération humanitaire organisée par Paris et Moscou dans la banlieue de Damas. Une mission qui suscite scepticisme et défiance parmi les ONG.

Un avion-cargo de l’armée russe, un Antonov An-124, a bien atterri vendredi, peu après 19 heures, sur la base aérienne de Châteauroux (Indre). Il a été chargé d’une cargaison humanitaire fournie par la France, 44 tonnes de matériel médical, tentes et couvertures, d’une valeur d’environ 500 000 euros. Un peu plus tard, l’avion s’est posé sur la base militaire russe de Hmeimim en Syrie. Jusque-là, le déroulé de la première mission humanitaire franco-russe en Syrie a été respecté. Et ensuite ? Un flou total.

Vendredi à Paris, quelques heures avant que l’avion russe n’arrive en France, les diplomates chargés du dossier l’assuraient : la distribution de l’aide, destinée à la Ghouta orientale, une banlieue de Damas assiégée et bombardée pendant cinq ans avant que le régime syrien, allié à la Russie, n’en reprenne le contrôle en avril, débuterait au plus vite, peut-être dès le 21 juillet. Et surtout, que cette distribution serait contrôlée par l’ONU. «Il y aura des employés d’OCHA [le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies, ndlr] dans les véhicules du convoi», assurait un diplomate.

 

Le «bras armé» du régime

Cette supervision est d’autant plus indispensable que le Croissant rouge syrien, chargé de l’intendance, est connu pour sa proximité avec le régime de Bachar al-Assad. «Il est son bras armé. Croire qu’il puisse être indépendant est complètement absurde», explique un spécialiste de la Syrie. Depuis le début de la guerre, les convois d’aide humanitaire que le Croissant rouge est chargé d’acheminer, y compris pour des villes assiégées et affamées, sont régulièrement pillés par les forces du régime ou des milices qui le soutiennent. «La condition pour que l’aide ne soit pas détournée est que des employés d’OCHA soient présents de l’atterrissage de l’avion jusqu’à la distribution, ils connaissent les pratiques du régime», affirmait vendredi un diplomate.

Mais rien ne s’est passé comme prévu. Mardi, aucun colis de l’aide française n’avait été distribué dans la Ghouta orientale. «L’aide sera acheminée puis distribuée en conformité avec le droit international humanitaire, dans les meilleurs délais», expliquait la veille, sans plus de précision, le Quai d’Orsay. Mais joint par Libération, un responsable des Nations unies affirme que son organisation ne supervisera pas la distribution. «Les employés d’OCHA en Syrie ont découvert cette mission humanitaire après que l’avion russe est parti de France. Nous n’y sommes associés en rien. La France ne nous a rien demandé, même pas quels étaient les besoins humanitaires dans cette zone. C’est pour le moins étrange.»

 

«Symboliquement, c’est terrible»

Depuis le 18 juillet, après une réunion organisée avec les ONG au centre de crise du Quai d’Orsay, cette opération humanitaire franco-russe suscite au mieux le scepticisme, au pire la défiance. «La France s’associe à un belligérant, la Russie, principal allié de Damas, qui mène une campagne de bombardements depuis 2015. Cela pose quand même des questions sur les obligations d’indépendance et de neutralité que doivent respecter les missions humanitaires», explique le directeur d’une ONG. «Cette affaire ne serait que ridicule si elle n’était pas aussi honteuse. Symboliquement, c’est terrible. L’aide est arrivée sur la base de Hmeimim, celle-là même d’où partaient les avions russes qui bombardaient la Ghouta. Comment la France peut-elle s’engager de cette manière ?» s’interroge un diplomate de l’ONU. C’est aussi à Douma, dans cette même Ghouta orientale, que le régime syrien a utilisé des armes chimiques le 7 avril pour précipiter le retrait des rebelles. Ces bombardements avaient déclenché des frappes des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France en représailles.

Dans un communiqué conjoint avec le ministère de la Défense russe diffusé vendredi, Paris assure agir «dans le respect du droit humanitaire international». «La Ghouta n’a reçu aucune aide depuis sa reconquête par le régime. C’est un angle mort, les besoins humanitaires sont importants, explique une source diplomatique. Cette mission organisée avec la Russie montre que Moscou change d’attitude à notre égard. Si l’on veut aller plus loin, vers une solution politique, il faut d’abord mesurer le niveau de confiance.»

 

«Strapontin»

«Cette opération humanitaire a été décidée à l’Elysée, pas au Quai d’Orsay», affirme un spécialiste du dossier. Selon un diplomate, elle fait suite à deux rencontres d’Emmanuel Macron avec Vladimir Poutine, le 24 mai à Saint-Pétersbourg et le 15 juillet à Moscou. L’objectif du président français est de rapprocher deux initiatives pour une éventuelle solution politique : celle dite du «small group», qui rassemble la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, l’Egypte et l’Allemagne, et celle d’Astana, où siègent la Russie, l’Iran et la Turquie. Le processus d’Astana a éclipsé les tentatives de médiation menées par l’émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura. C’est aussi à Astana qu’ont été fixées des «zones de désescalade», sans pour autant que ces cessez-le-feu soient respectés par la Russie et la Syrie. «L’Elysée est prêt à tout pour se voir offrir ne serait-ce qu’un strapontin lors d’éventuelles négociations politiques, assure un spécialiste du dossier. Mais on s’est lancés dans cette opération humanitaire avec les Russes sans avoir toutes les garanties. On a abîmé notre image.»

Luc Mathieu

La France dans le piège russe en Syrie


Opération humanitaire conjointe entre Moscou et Paris pour la Syrie juillet 2018                          ©AFP

La France dans le piège russe en Syrie

C’est aux autorités russes que la France confie désormais l’acheminement de son aide humanitaire en Syrie.

Poutine sur la base de Hmeimim en décembre 2017

Emmanuel Macron n’a apparemment pas eu un simple entretien de courtoisie avec Vladimir Poutine, le 15 juillet au Kremlin, quelques heures avant la victoire française à la coupe du monde de football. Les deux présidents se sont en effet accordés sur la première mise en oeuvre d’un plan d’action commune en Syrie, envisagé dès leur sommet du 24 mai dernier à Saint-Pétersbourg. Un communiqué franco-russe, diffusé par l’Elysée le 20 juillet, a officialisé ce tournant majeur de la politique française en Syrie, maladroitement justifié par des considérations « humanitaires ».

UNE CAUTION DE L’ELYSEE AUX BOMBARDEMENTS RUSSES

Le communiqué du 20 juillet précise que « la France et la Russie mettront en oeuvre dans les prochains jours un projet humanitaire conjoint pour répondre aux besoins des populations civiles qui demeurent très importants dans la Ghouta orientale ». Dès le 21 juillet, c’est cette fois le ministère russe de la Défense qui confirme qu’un de ses gros porteurs a acheminé 44 tonnes d’aide française depuis l’aéroport de Châteauroux jusqu’à la base russe de Hmeimim, dans le nord-ouest de la Syrie. Rappelons que Hmeimim est, depuis le début de l’intervention directe de la Russie en Syrie, en septembre 2015, la base de départ des raids systématiquement menés contre les infrastructures civiles des zones insurgées, écoles, hôpitaux et voies de communications. Ces bombardements avaient jusqu’alors été condamnés catégoriquement par la France pour leur violation flagrante du droit international.

La France, en accordant ainsi un crédit « humanitaire » à la base de Hmeimim, ne fait pas que blanchir le corps expéditionnaire russe des crimes de guerre perpétrés en Syrie. Elle se met aussi dans la main de ce même corps expéditionnaire pour distribuer, au nom des deux présidents Poutine et Macron, une aide pourtant exclusivement française à l’attention des populations civiles. Les autorités russes précisent en effet que les « médicaments, tentes, vêtements, équipement médical et produits de première nécessité » acheminés depuis Châteauroux, via Hmeimim, arriveront dans les hôpitaux syriens sous la responsabilité du « Centre russe pour la réconciliation des parties au conflit ». La « réconciliation » est l’équivalent dans le lexique du Kremlin de la « pacification » chère autrefois aux armées coloniales, mais le résultat n’en est pas moins ravageur.

UN RENONCEMENT D’AUTANT PLUS SCANDALEUX QU’IL EST INUTILE

La Ghouta orientale, bastion révolutionnaire dans la banlieue de Damas, n’a été reconquise en avril 2018 par le régime Assad, avec le soutien déterminant de l’armée russe, qu’après un siège effroyable où au moins 1600 civils ont trouvé la mort. Des violences aussi systématiques, facilitées par le blocage de Moscou au Conseil de sécurité de l’ONU, avaient suscité, le 8 avril, cette déclaration d’une virulence exceptionnelle de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères: « je condamne avec la plus grande fermeté la poursuite par le régime syrien du siège de la ville de Douma en Ghouta orientale, et les bombardements qui ont fait un grand nombre de victimes parmi les civils au cours des dernières 24h, en violation flagrante du droit international humanitaire ». L’utilisation d’armes chimiques par le régime Assad dans la même Ghouta orientale avait d’ailleurs entraîné, le 14 avril, un raid de représailles coordonné entre la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Trois mois plus tard, la France choisit néanmoins d’abdiquer son autonomie d’action en Syrie au profit de cette Russie qui a contribué de manière implacable au siège de la Ghouta orientale et a récusé toutes les accusation d’emploi d’arme chimique par le régime Assad. On chercherait en vain la cohérence d’une politique qui poursuit parallèlement son engagement dans le nord-est du pays au sein de la coalition anti-Daech, dont les deux piliers sont le contrôle de la chaîne de commandement par les Etats-Unis et le déni de souveraineté du régime Assad sur cette partie du territoire syrien. Ce n’est pas en s’en remettant à Moscou ici, après s’en être remis là à Washington, que Paris retrouvera une certaine visibilité en Syrie, et encore moins la capacité de peser sur le règlement d’un conflit appelé à se prolonger encore longtemps.

Les partisans d’une soi-disant « realpolitik » se féliciteront sans doute de la prise en compte par Paris de la nouvelle donne en Syrie, très favorable à Assad du fait du soutien inconditionnel du Kremlin. Les tenants d’un authentique réalisme ne pourront, eux, que regretter que la France dilapide son crédit en Syrie pour y légitimer l’offensive de la Russie, incapable d’y transformer ses avantages militaires en processus de paix. Quant aux quelque 50.000 exilés de la Ghouta orientale, expulsés de leurs foyers par Poutine et Assad, ils n’auront plus que leurs yeux pour pleurer.

 

A man walks with his bicycle at a damaged site in the besieged town of Douma A man walks with his bicycle at a damaged site in the besieged town of Douma, Eastern Ghouta, in Damascus- SyA man walks with his bicycle at a damaged site in the besieged town of Douma A man walks with his bicycle at a damaged site in the besieged town of Douma, Eastern Ghouta, in Damascus- Syria March 30, 2018.

Lors d’un voyage de Poutine à la base militaire russe de Hmeimim en Syrie, un officier russe empêche Bachar al-Assad de se mettre à coté du président Russe…

Des arrestations et du pillage à Douma… مداهمات واعتقالات وعمليات تعفيش في مدينة دوما


سرقات-الشبيحة

قوات النظام تعمد لتنفيذ مداهمات واعتقالات وعمليات تعفيش في مدينة دوما وفي الأحياء الشرقية للعاصمة دمشق

28 يونيو,2018

علم المرصد السوري لحقوق الإنسان أن قوات النظام نفذت مداهمات جديدة في العاصمة دمشق وريفها، ضمن المناطق التي جرت فيها سابقاً اتفاقات تهجير للفصائل والمدنيين الرافضين للاتفاق، حيث أكدت المصادر الموثوقة للمرصد السوري أن قوات النظام نفذت مداهمات في حي برزة الدمشقي، واعتقلت عدداً من الشبان من الحي واقتادتهم إلى أفرعها الأمنية، فيما شهدت مدينة دوما انتشار قوات النظام مجدداً داخل مدينة دوما، وتنفيذها لمداهمات في منطقة مسجد النعسان بالمدينة، تزامنت مع قيام عناصر من قوات النظام والمسلحين الموالين لها بتعفيش منازل خالية من سكانها

وكان رصد المرصد السوري في الـ 24 من حزيران الجاري، انتشاراً لقوات النظام داخل أحياء في مدينة دوما، وقيامها باعتقالات طالت 4 شبان من شارع الجلاء في المدينة، حيث اقتيدوا إلى جهة مجهولة، وتأتي هذه الاعتقالات بعد نحو 24 ساعة من تنفيذ قوات النظام مداهمة أخرى في شارع الجلاء بمدينة دوما، حيث أغلقت قوات النظام الشارع وفتشت المنازل بواسطة أجهزة قالت مصادر أنها كانت تبحث عن أسلحة مخبأة، فيما عمد عناصر من قوات النظام إلى تعفيش ممتلكات مواطنين في بعض المنازل غير المسكونة، كما كان المرصد السوري نشر في الـ 21 من شهر حزيران / يونيو الجاري، أنه تجددت عمليات الاعتقالات والمداهمات التي تنفذها قوات النظام، في غوطة دمشق الشرقية، ضمن تجاهل متجدد للضمانات الروسية المقدمة في صفقة تهجير سكان الغوطة نحو مراكز الإيواء والشمال السوري، حيث رصد المرصد السوري لحقوق الإنسان حينها، مداهمات نفذتها قوات النظام، في المنازل القريبة من منطقة البرج الطبي في وسط مدينة دوما، التي كان يسيطر عليها جيش الإسلام قبيل خروج مقاتليه وقادته وعوائلهم منها نحو الشمال السوري، وأكدت مصادر أهلية للمرصد السوري أن عناصر النظام الذي داهموا هذه المنطقة، كانت ترافقهم مجموعة من القوات الروسية، وجرت عملية تفتيش المنطقة، بحثاً عن أسلحة على اعتبار أن المنطقة التي جرى تفتيشها ومداهمتها، كانت تضم في السابق مقرات قيادية لجيش الإسلام قبيل مغادرته للمنطقة، فيما تزامنت هذه المداهمة مع رصد سكان من دوما تحليق طائرة يرجح أنها طائرة استطلاع روسية، على علو مرتفع في فترات متقطعة خلال خمسة أيام متتالية، ولم يعرف ما الهدف وراء تحليق الطائرات، إلا أن سكان رجحوا للمرصد السوري أن يكون الطيران يعمد إلى تصوير المنطقة

أيضاً كان المرصد السوري رصد في الـ 6 من حزيران / يونيو الجاري من العام 2018، تنفيذ اعتقالات جديدة من قبل قوات النظام وأجهزتها الأمنية بحق المدنيين السوريين في المناطق التي تعرضت لتهجير في أوقات سابقة، والتي تبقى فيها عشرات آلاف المواطنين بعد تقديم ضمانات لبقائهم في مناطقهم، إذ رصد المرصد السوري لحقوق الإنسان حينها، إقدام قوات النظام وأجهزتها الأمنية على تنفيذ حملة دهم واسعة خلال الـ 48 ساعة الفائتة في مدينة التل الواقع بريف دمشق، حيث داهمت قوات النظام أكثر من 110 منازل ومحال تجارية بحثاً عن مطلوبين للخدمة الإلزامية والاحتياطية في جيش النظام، حيث طالت الاعتقالات عدة شبان واقتيدوا إلى مراكز أمنية على أن يجري سوقهم إلى خدمة التجنيد الإجباري، ورصد المرصد السوري أمس الثلاثاء، مواصلة قوات النظام مع أجهزتها الأمنية، تنفيذ المزيد من الاعتقالات بحق المواطنين في غوطة دمشق الشرقية، رغم الضمانات الروسية للمواطنين المتبقين في المنطقة، ممن قبلوا باتفاق فصائل المنطقة وممثليها مع الروس والنظام، حيث رصد المرصد تنفيذ اعتقالات بحق 4 شبان في بلدة كفربطنا، التي كان يسيطر عليها فيلق الرحمن قبيل تهجير مقاتليه وعوائلهم والمدنيين من مناطقه نحو الشمال السوري

 

Les forces du régime mènent délibérément des raids, des arrestations et du pillage dans la ville de Douma et dans les quartiers Est de Damas

28 juin 2018

L’observatoire syrien des droits de l’homme a appris que les forces du régime ont effectué de nouvelles descentes dans la capitale Damas et sa banlieue, dans les zones où, auparavant, ont eu lieu les accords de déplacement des factions et des civils qui ont rejeté la réconciliations avec le régime. Des sources fiables ont confirmé à l’OSDH que les forces du régime ont effectué des descentes dans le quartier de Barzeh à Damas, et ont arrêté un certain nombre de jeunes hommes du quartier et les ont emmenés dans les branches de la sécurité, alors que la ville de Douma était, à nouveau, la cible d’un déploiement des forces régulières et la mise en œuvre des raids dans la zone de la mosquée al-Na’ssan, qui coïncidaient avec des pillages maisons délaissées par les habitants, par les membres des forces du régime et des hommes armés fidèles.

L’Observatoire syrien a observé, le 24 juin, le déploiement des forces du régime à l’intérieur de la ville de Douma et ont procédé à l’arrestation de quatre jeunes hommes dans la rue d’al-Jala’, d’où ils ont été emmenés à une destination inconnue, ces arrestations sont intervenues après 24 heures d’un autre raid dans la même rue à Douma, où les forces du régime ont bloqué la rue et ont fouillé les maisons avec du matérielle à la recherche d’armes cachées, alors que délibérément des éléments des forces du régime ont procédé aux pillages de certaines maisons non habitées. L’OSDH a également publié le 21 Juin, que les descentes et les arrestations ont été effectués par les forces de l’ordre à la Ghouta Est de Damas, dans une ignorance renouvelée des garanties russe fournies aux citoyens, suite au déplacement de la population à la Ghouta vers les centres d’hébergement dans le nord syrien, où l’OSFH a observé des descentes sur les logements proches du cartier de la tour médical au centre ville de Douma. Des témoins ont confirmé à l’OSDH que des membres du régime accompagné d’un groupe de forces russes ont perquisitionné la région, pour effectuer une opération de fouille de la zone, à la recherche d’armes, dans le quartier qui était auparavant le QG des chefs de Jaych al-Islam.

Également, le 6 Juin de cette année 2018, l’OSDH a observé de nouvelles arrestations par les forces de sécurité du régime contre les civils syriens dans les zones touchées par le déplacement, où des dizaines de milliers de citoyens ont refusé de quitter leur région, suite aux garanties données pour leur survie, alors, que des forces de sécurité du régime ont effectué de large raid pendant les 48 heures précédentes dans la ville al-Tall située dans la campagne de Damas, où elles ont attaqué plus de 110 maisons et magasins à la recherche de jeunes réservistes ou en âge de recrutement, pour les obliger à s’engager dans l’armée régulière, plusieurs parmi les jeunes ont été emmenés dans des centres de sécurité.

Comment les preuves disponibles en libre accès ont joué un rôle moteur dans la réponse à l’attaque chimique à Douma


 

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AMNESTY INTERNATIONAL

Par Sam Dubberley, Manager of Amnesty International’s Digital Verification Corps Berlin,

Les photos et les vidéos d’attaques chimiques ne manquent pas. Talmenes, Al lataminah, Kafr Zita, Khan Cheikhoun : ce sont tous des noms d’attaques à l’arme chimique en Syrie. Elles ont été recensées et vérifiées, mais ont rarement occupé une place aussi centrale dans la manière dont les États justifient publiquement leurs politiques.

L’attaque chimique présumée contre Douma, en périphérie de Damas, le 7 avril, a changé la donne. Afin de justifier les frappes militaires de représailles menées contre des cibles en Syrie, les discours officiels de la Première ministre britannique Theresa May ont fait spécifiquement référence aux « images bouleversantes d’hommes, de femmes et d’enfants gisant, morts, de la mousse dans la bouche », et la Maison-Blanche à des vidéos et des images montrant « les restes d’au moins deux bombes-barils contenant du chlore qui ont servi dans le cadre de l’attaque, dont les caractéristiques correspondent à celles utilisées lors de précédentes attaques ».

Nous ne mettons pas en doute la véracité de ces images. En effet, à Amnesty International, nous avons travaillé à en vérifier un grand nombre. Le cœur de notre travail dans les zones de conflit consiste à évaluer si les militaires et les groupes armés respectent les obligations juridiques internationales applicables. Les preuves disponibles en libre accès vérifiées peuvent s’avérer cruciales pour évaluer le respect des règles du droit international humanitaire et relatif aux droits humains.

Toutefois, la particularité de ces images, c’est que ces États les ont placées au premier plan pour justifier leur intervention du 14 avril en Syrie. Oui, clairement, d’autres éléments viennent les corroborer. Le gouvernement français évoque des entretiens avec des personnes sur le terrain, les États-Unis « des renseignements fiables indiquant une coordination entre les officiers syriens avant l’attaque ». Mais il est vrai également que, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) n’ayant pas pu au départ se rendre sur le site à Douma, il fut difficile de trouver des preuves publiques faisant autorité. Cela contraste, par exemple, avec la frappe aérienne américaine menée au lendemain de l’attaque contre Khan Cheikhoun en avril 2017, avant laquelle le ministère turc de la Santé avait publié une déclaration pointant du doigt l’utilisation de gaz sarin, ce que l’OIAC a par la suite confirmé.

Le gouvernement ayant refusé ou ignoré ses multiples demandes pour se rendre en Syrie, Amnesty International s’est tournée vers les informations disponibles en libre accès ou « open source » – les vidéos et les photos postées sur Internet ou partagées sur les messageries de réseaux sociaux comme WhatsApp – pour étayer ses recherches et faire campagne en faveur de la protection des civils pris au piège du conflit. Sans cela, son travail s’en serait trouvé fortement limité.

Ayant moi-même passé de longues heures à trier, vérifier et analyser des photos et des vidéos montrant des attaques contre des civils et la destruction de biens civils, je suis certain que les images récentes de Douma recueillies et vérifiées par des organisations dignes de confiance, à l’aide de méthodologies bien établies, ne sont pas truquées.

Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il n’y a pas de fausses images en circulation. Il y en a – et cela fait partie d’un problème plus général. Encore et encore, se servant d’exemples de contenus falsifiés, des gouvernements, des groupes armés et leurs partisans ressortent l’argument éculé des fake news (fausses informations) pour masquer un acte horrible. Une violation des droits humains est commise et des images prises à un autre moment et dans un autre lieu apparaissent soudain sur les réseaux sociaux. Le gouvernement syrien exploite le mensonge de ces images pour discréditer d’autres matériels vérifiés – ainsi que la souffrance, le traumatisme et la détresse dont elles témoignent.

Au lendemain de l’attaque du 7 avril contre Douma, on a constaté un foisonnement de ce type de faux contenus – un porte-parole du Pentagone a cité une augmentation de 2 000 % de l’activité des « bots » (robots) russes. Exemple particulièrement frappant mis en avant par le collectif d’enquête en ligne Bellingcat : les images partagées censées « prouver » que les Casques blancs avaient orchestré les attaques. En fait, elles étaient tirées de Revolution Man, un film de fiction financé par le ministère syrien de la Culture qui raconte l’histoire d’un journaliste qui entre en Syrie et met en scène de fausses attaques à l’arme chimique. Si des informations publiques rigoureusement vérifiées ont permis de démonter ces récits trompeurs, le vieil adage selon lequel « un mensonge peut faire le tour de la terre le temps que la vérité mette ses chaussures » règne en maître sur la sphère numérique. En effet, une étude récente du MIT (Massachussets Institute of Technology) publiée dans la revue Science a conclu que, sur Twitter, les fausses nouvelles sont diffusées plus vite et plus loin que les vraies.

Si Amnesty International reconnaît que les renseignements disponibles en libre accès peuvent s’avérer utiles pour corroborer et vérifier des événements, ils sont rarement le fondement de notre recherche et de notre analyse. En Syrie, nous nous efforçons sans relâche d’obtenir des interviews directes de victimes, de témoins et d’experts sur le terrain. Nous ne pouvons pas toujours accéder à toutes les zones du pays de manière officielle ou sûre, mais nos équipes de recherche sont en contact permanent avec leurs réseaux dans la région. Les vidéos et les images disponibles en libre accès font désormais partie de ce processus, sans en être l’unique composante. Notre Service de vérification numérique – une équipe d’environ 120 bénévoles de prestigieuses universités dans cinq pays – emploie une méthodologie solide pour sourcer et vérifier ces informations. Nous ne pouvons utiliser un contenu que s’il répond à certaines normes rigoureuses ; sinon, nous l’écartons. Pourquoi ? Parce que si nous ne le faisons pas, nous sapons la crédibilité de notre équipe et de la communauté des droits humains en matière d’établissement des faits, à une période et dans un environnement informatif où cette tâche est cruciale.

À l’ère numérique, peut-être ne faut-il pas s’étonner que des contenus en ligne, disponibles en libre accès, occupent une place prépondérante dans la diplomatie publique des États, allant jusqu’à éclairer les décisions prises par les institutions internationales. Ainsi, un mandat d’arrêt décerné récemment par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre en Libye reposait en grande partie sur les preuves numériques vérifiées des crimes présumés. Lorsqu’elles sont le fruit d’un travail sérieux, les investigations menées à partir d’informations disponibles en libre accès peuvent constituer une voie essentielle vers la justice et l’obligation de rendre des comptes pour les victimes d’atrocités commises dans des lieux difficiles d’accès, où un téléphone portable est parfois l’unique témoin capable de partager l’événement avec le reste du monde.

À l’image du « brouillard de guerre » synonyme d’incompréhension et de doute, les États devraient s’adapter au fatras des récits contradictoires et concurrents qui prospèrent sur les plateformes numériques au lendemain d’atrocités telles que l’attaque contre Douma. Si nous voulons faire en sorte que les contenus disponibles en libre accès servent effectivement à traduire en justice les responsables, nous tous – États, institutions internationales, médias et organisations de la société civile comme Amnesty International – devons garantir la clarté, la transparence et la fiabilité de nos méthodologies de vérification. Sinon, c’est la porte ouverte à la diffusion de la désinformation et de la propagande qui met à mal la vérité – avec des conséquences potentiellement désastreuses pour les victimes de violations et de crimes avérés.

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2018/04/how-open-source-evidence-took-a-lead-role-in-the-response-to-the-douma-chemical-weapons-attack/

 Douma-Attaque-au-gaz-toxique-7-av-2018

دوما : وثيقة صادرة عن مركز توثيق الكيماوي السوري / َDocuments attaque au gaz toxique à Douma


دوما: وثيقة صادرة عن مركز توثيق الكيماوي السوري

َAttaque au gaz toxique à Douma:

Document publié par le  Centre Syrien de Documentation  des Attaques Chimiques  DCCVSR

 

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20180408-Douma-Attaque-au-gaz-chimique-7-avril-2018

 

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