Genève accueillera la première réunion des “détenus et disparus” en Syrie le mois prochain


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Genève accueillera la première réunion des “détenus et disparus” en Syrie le mois prochain

Shaam Network – 30/1/2020

Khawla Matar, Secrétaire générale adjointe de l’Envoyé spécial des Nations Unies en Syrie, a révélé que le groupe de travail sur la libération des détenus et des disparus arbitraires en Syrie se réunira en février prochain à Genève.

Elle a déclaré: “Je suis heureuse d’informer officiellement le Conseil de sécurité qu’un groupe de travail au sein duquel la Russie, l’Iran, la Turquie et les Nations Unies se réuniront pour la première fois, pour discuter de la libération des personnes détenues et enlevées en Syrie, ainsi que du transfert des corps et de l’identification des personnes disparues, à Genève plus tard en février”.

Elle a indiqué que l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Syrie, Geer Pedersen, s’efforcerait de résoudre les contradictions entre les parties syriennes, et elle espérait qu’il aurait l’occasion de tenir une réunion de la Commission constitutionnelle dans un proche avenir.

Le chef du comité de négociation syrien, Nasr Al-Hariri, a précédemment souligné que les mesures de confiance et le dossier des détenus étaient un “dossier au-dessus de négociation” qui, à son avis, représente un véritable test du sérieux de toutes les parties concernant la question d’une solution politique en Syrie.

Il a ajouté: «Par conséquent, si cette intention existe, il devrait immédiatement commencer à activer ce dossier et libérer ces détenus qui sont absents dans les prisons du régime depuis plusieurs années, et c’est ce que toutes les résolutions du Conseil de sécurité ont stipulé dans le cadre du traitement de ce dossier.

Amnesty International a documenté dans le rapport de «l’abattoir humain» publié en février 2017, des exécutions massives, de diverses manières, perpétrées par le régime syrien contre 13000 détenus de la prison de Saidnaya, dont la majorité étaient des civils de l’opposition, entre 2011 et 2015.
Elle a expliqué que les exécutions avaient lieu chaque semaine, ou peut-être deux fois par semaine, en secret, au cours desquelles des groupes de quelque 50 personnes étaient parfois sortis de leurs cellules et pendus à mort. Elle a également confirmé que les pratiques antérieures équivalant à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité se poursuivaient « probablement dans les prisons à l’intérieur de la Syrie ».

جنيف تستضيف أول اجتماع عن “المعتقلين والمفقودين” في سوريا الشهر المقبل

Shaam Network –  30/1/2020

كشفت نائبة المبعوث الخاص للأمين العام للأمم المتحدة إلى سوريا، خولة مطر، أن مجموعة العمل المعنية بالإفراج عن المحتجزين والمختطفين في سوريا ستجتمع في فبراير المقبل في جنيف.

وقالت: “يسرني أن أبلغ مجلس الأمن رسميا أن مجموعة عمل تشارك فيها روسيا وإيران وتركيا والأمم المتحدة ستجتمع للمرة الأولى، لمناقشة الإفراج عن الأشخاص المحتجزين والمختطفين في سوريا، وكذلك بشأن نقل الجثث وتحديد هوية الأشخاص المفقودين، في جنيف في وقت لاحق من شهر فبراير”.

وأشارت إلى أن المبعوث الخاص للأمين العام للأمم المتحدة إلى سوريا، غير بيدرسن، سيعمل على حل التناقضات بين الأطراف السورية، وأعربت عن أملها في أن تتاح له الفرصة لعقد اجتماع للجنة الدستورية في المستقبل القريب.

وسبق أن أكد رئيس هيئة التفاوض السورية “نصر الحريري” أن إجراءات بناء الثقة وملف المعتقلين هو «ملف فوق تفاوضي»، وهو برأيه، يمثل اختباراً حقيقياً لمدى جدية كل الأطراف بموضوع الحل السياسي في سوريا.

وأضاف: «بالتالي، إذا كانت هذه النية موجودة، ينبغي فوراً، البدء بتفعيل هذا الملف والإفراج عن هؤلاء المعتقلين المغيبين في سجون النظام منذ سنوات عدة، وهذا ما نصت عليه كل قرارات مجلس الأمن في إطار معالجة هذا الملف».

وكانت «منظمة العفو الدولية» وثقت في تقرير «المسلخ البشري» المنشور في شباط/فبراير من عام 2017، إعدامات جماعية بطرق مختلفة نفذها النظام السوري بحق 13 ألف معتقل في سجن «صيدنايا»، أغلبيتهم من المدنيين المعارضين، بين عامي 2011 و2015.
وأوضحت أن الإعدامات جرت أسبوعياً أو ربما مرتين في الأسبوع، بشكل سري، واقتيدت خلالها مجموعات تضم أحياناً 50 شخصاً، إلى خارج زنزاناتهم، وشنقوا حتى الموت كما أكدت أن الممارسات السابقة التي ترقى إلى جرائم حرب وجرائم ضد الإنسانية، لا زالت «مستمرة على الأرجح في السجون داخل سوريا».

* ARTICLES SUR LES PRISONS DE LA MORT DU RÉGIME SYRIEN ET LES EXECUTIONS ARBITRAIRES DES DETENU.E.S :

مخابرات النظام تعتقل نحو 170 شخصاً غالبيتهم من مقاتلي فصائل الغوطة والعاصمة

Des centaines de milliers de détenus syriens … Comment la Russie cherche-t-elle à effacer leur cause?- مئات آلاف المعتقلين السوريين… كيف تسعى روسيا إلى طمس قضيتهم؟

Commission d’enquête de l’ONU : “les listes de la mort”

Syrie : l’Etat doit rendre des comptes sur le sort des personnes détenues et disparues (Commission d’enquête)

Les services de renseignement du régime procèdent à de nouvelles arrestations

Grève de la faim des détenus de la prison de Hama: mourir de faim pour empêcher les exécutions prononcées par le régime

Torture in Syria: Investigations in Austria – التعذيب في سوريا: التحقيقات في النمسا، خطوة أولى

L’armée syrienne accusée de viols “systématiques”, selon une enquête de l’ONU

le régime de Bachar al-Assad publie des listes de détenus morts dans ses prisons

Damas recrache ses listes de suppliciés

Témoignages de survivants… Méthodes de tortures dans les prisons du régime syrien

547 personnes tuées sous la torture en Syrie au mois de juillet, dont 542 victimes par le régime – التعذيب في سجون النظام الأسدي في سوريا

Un millier de victimes sous la torture ou exécutées : Assad cherche a enterrer le dossier des détenus

Hundreds Died in Syrian Custody, Government Acknowledges الموت في السجون السورية/ la mort des détenus dans les prison du régime syrien

Des juristes syriens appellent la Communauté Internationale à révéler le sort des détenus dans les prisons d’Assad

الموت تحت التعذيب في سجون النظام – Syria’s Torture Machine – La mort sous la Torture dans les prisons du régime al-Assad

Pétition: Libération des femmes victimes de viol dans les prisons du régime syrien

Where are They ? أين المعتقلون

La Syrie accusée d’avoir brûlé ses prisonniers dans un “crématorium”

Syria: 13,000 secretly hanged in Saydnaya military prison – Abattoir humain : pendaisons et extermination de masse à la prison de Saydnaya

Statistiques: أ75.000 آلف مختفٍ قسرياً في سوريا disparitions forcées en Syrie

près de 18 000 morts dans les geôles du régime, selon Amnesty – ٠«منظمة العفو» توثق «روايات مرعبة» في سجون الحكومة السورية

Près de 60 mille détenu-e-s mort-e-s sous la torture dans les prisons du régime en Syrie

Enquête ouverte en France visant le régime Assad pour “crimes contre l’humanité”

La Croix-Rouge révèle le nombre de personnes tuées en Syrie depuis 2011


Statistiques

La Croix-Rouge révèle le nombre de personnes tuées en Syrie depuis 2011

30 décembre 2019
JesrPress

La Croix-Rouge internationale a révélé que 22 000 personnes disparues ont été enregistrées depuis le début de la révolution syrienne jusqu’à présent, en plus de 500 000 morts.

“Des dizaines de millions de personnes ont été forcées de quitter leur domicile, 500 000 ont été tuées et des dizaines de milliers ont été enlevées alors qu’elles étaient portées disparues”, a déclaré l’agence de presse Tass citant le directeur des opérations de la Croix-Rouge internationale, Dominic Stillhardt. Des proches de disparus ont demandé à la Croix-Rouge de l’aider à les retrouver.

Stillhart a déclaré que la Croix-Rouge internationale était toujours à la recherche de trois membres de son personnel qui étaient auparavant portés disparus.

الصليب الأحمر يكشف عن عدد القتلى الذين سقطوا في سوريا منذ ٢٠١١

جسر: متابعات

كشفت منظمة الصليب الأحمر الدولية عن تسجيل 22 ألف مفقود، منذ انطلاق الثورة السورية حتى الأن، إضافة إلى مقتل ٥٠٠ ألف.

ونقلت وكالة “تاس” عن مدير العمليات في اللجنة الدولية للصليب الحمر، دومينيك شتيلهارت، قوله إن “ملايين الناس اضطروا لمغادرة منازلهم، و500 ألف قُتلوا، وعشرات الآلاف خُطفوا وهم في عداد المفقودين”، مؤكداً أن إدارة الصليب الأحمر سجلت 22 ألف مفقود، وأن أقارب المفقودين طلبوا من الصليب الأحمر المساعدة في البحث عنهم.

وأفاد شتيلهارت بأن الصليب الأحمر الدولي لا يزال يبحث عن ثلاثة موظفين تابعين له فُقدوا في وقت سابق.

 

Le régime syrien accélère les exécutions dans la prison de Saidnaya


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Des sources juristes pour Al-Quds Al-Arabi: le régime syrien accélère les exécutions dans la prison de Saidnaya

26 décembre 2019

Antakya – «Al-Quds Al-Arabi»: des sources de défense des droits de l’homme, y compris des organisations de défense des droits de l’homme, ont exprimé leur crainte de l’augmentation des exécutions massives perpétrées par le régime syrien contre les prisonniers politiques de la célèbre prison de Saidnaya, dans le contexte de rapports indiquant que le régime a expulsé des dizaines de détenus de différentes branches vers la prison mentionnée, au cours des dernières périodes.

Le chef de la “Commission syrienne pour le relâchement des prisonniers et des détenus”, l’avocat Fahd Al-Moussa, a confirmé que le régime syrien avait récemment expulsé des détenus des prisons d’Adra à Damas, Lattaquié et Al-Souwayda vers la prison de Saidnaya, et il est probable que leur transfère soit dans un but d’exécution de la peine prononcée contre eux.

Selon Al-Mousa, le régime syrien n’a pas arrêté les exécutions arbitraires, sur la base de décisions judiciaires rendues par des tribunaux d’exception et des tribunaux de terrain, qui sont totalement nuls et non avenus, comme il le dit. Il a poursuivi que l’accélération des exécutions indiquait la volonté du régime de se venger des Syriens qui s’opposaient à son gouvernement, malgré les efforts déployés pour parvenir à une solution politique par la communauté internationale et les pays actifs dans le dossier syrien.

En revanche, le membre de la « Commission des juristes syriens », l’avocat Abdel Nasser Hochane, attribue l’accélération par le régime syrien des exécutions de détenus politiques, au souhait de ce dernier de se débarrasser des pressions internationales concernant le dossier des détenus. “Ce dossier est toujours présent dans les forums internationaux et les discussions politiques concernant le dossier syrien, des Nations Unies aux sessions constitutionnelles à Genève, ainsi qu’aux discussions d’Astana”, a-t-il déclaré, ajoutant que “le régime sait avec certitude que l’ouverture du dossier des détenus dans ses prisons entraînera l’émergence de faits horribles”.

Hoshan a ajouté, en signalant l’insistance de la Russie à appeler le statut de « arrêtés/prisonniers » sur les détenus par le régime syrien dans les textes des résolutions internationales relatives à la question syrienne, notant que cette qualification de la loi est donnée juridiquement sur les arrêtés par une autorité légitime, avec un crime spécifique. Et il a estimé que le passage de cette caractéristique dans les textes des décisions et les déclarations finales des pourparlers “d’Astana”, donnerait au régime l’argument pour procéder à des exécutions contre les détenus politiques, en vertu des dispositions pénales, par le biais de tribunaux “légaux”.

Concernant les exécutions du régime et leur nombre approximatif, Hochane a souligné le strict secret entourant les exécutions quotidiennes dans la prison de Saidnaya, soulignant en même temps le risque élevé qu’implique la mention du nom de certains détenus, car cela accélérerait la mise en œuvre d’une décision d’exécution contre eux.

“Ce que nous pouvons confirmer”, a ajouté Hochane, “c’est que les exécutions n’ont pas cessé et que la majorité des victimes sont des détenus en 2014-2015”. Il a expliqué que “le système repose sur la preuve de l’accusation de terrorisme à leur encontre, sur les témoignages de détenus qui ont été exécutés auparavant”.

Interrogé sur le sort des détenus dans les premières années de la révolution syrienne, il a déclaré: «La plupart d’entre eux ont été liquidés dans les locaux des services de renseignement, sans condamnation à mort par les tribunaux du système, tandis que les autres ont été exécutés par groupes qui ont eu lieu dans la prison de Saidnaya.
Il a ajouté que de nombreuses condamnations à mort sont basées sur les témoignages d’anciens détenus, et c’est l’un des plans utilisés par le régime syrien, où des aveux d’anciens détenus sont inclus avec de nouveaux détenus, pour légiférer la peine de mort.

Dans ce contexte, la Ligue des détenus et disparus de la prison de Saidnaya a confirmé, dans son rapport il y a quelques semaines, que le régime syrien utilise toujours la prison comme principal centre de détention des détenus politiques, les cachant de force, leur refusant tout contact avec le monde extérieur et les soumettant à des conditions de vie qui les conduisent souvent à la mort.
Elle a expliqué que les condamnations à mort avaient considérablement augmenté parmi les détenus de Saidnaya, passant de 243% avant 2011 à 876% après, les jugements sont rendus par le tribunal militaire de campagne, qui n’a pas la moindre condition pour un procès équitable lorsque le détenu n’est pas autorisé à nommer un avocat ou à entrer en contact avec le monde extérieur.

Amnesty International a documenté dans le rapport de l ‘«abattoir humain» publié en février 2017, des exécutions massives, de diverses manières, perpétrées par le régime syrien contre 13000 détenus à la prison de Saidnaya, dont la majorité étaient des civils de l’opposition, entre 2011 et 2015.
Elle a expliqué que les exécutions avaient lieu chaque semaine, ou peut-être deux fois par semaine, en secret, au cours desquelles des groupes de quelque 50 personnes étaient pendus à mort. Elle a également confirmé que « les pratiques antérieures équivalant à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité se poursuivent “probablement” dans les prisons à l’intérieur de la Syrie ».

 

مصادر حقوقية لـ «القدس العربي»: النظام السوري يسرع الإعدامات في سجن «صيدنايا»

٢٦ ديسمبر ٢٠١٩

أنطاكيا – «القدس العربي»: عبرت مصادر حقوقية من بينها منظمات حقوقية، عن تخوفها من زيادة الإعدامات الجماعية التي ينفذها النظام السوري بحق معتقلين سياسيين في سجن صيدنايا سيئ الصيت، وذلك على خلفية أنباء تشير إلى ترحيل النظام لعشرات المعتقلين من أفرع مختلفة إلى السجن المذكور، خلال الفترة القليلة الماضية.
وأكد رئيس «الهيئة السورية لفك الأسرى والمعتقلين»، المحامي فهد الموسى، لـ «القدس العربي» قيام النظام السوري مؤخراً بترحيل معتقلين من سجون عدرا بدمشق، اللاذقية، والسويداء، إلى سجن صيدنايا، مرجحاً أن يكون الترحيل، بغرض تنفيذ أحكام الإعدام بحق هؤلاء.

وحسب الموسى، فإن النظام السوري لم يوقف عمليات الإعدامات التعسفية، مستنداً إلى أحكام قضائية صادرة عن محاكم استثنائية وميدانية باطلة بطلاناً مطلقاُ، على حد تعبيره. وتابع بأن تسريع وتيرة الإعدامات تشير إلى رغبة النظام بالانتقام من السوريين الذين عارضوا حكمه، رغم جهود الوصول لحل سياسي من قبل المجتمع الدولي والدول الفاعلة في الشأن السوري.

في المقابل يعزو عضو «هيئة القانونيين السوريين»، المحامي عبد الناصر حوشان لـ «القدس العربي» تسريع النظام السوري لعمليات الإعدام بحق المعتقلين السياسيين، إلى رغبة الأخير بالتخلص من الضغوط الدولية بخصوص ملف المعتقلين. وأوضح بقوله «هذا الملف دائم الحضور في المحافل الدولية والمناقشات السياسية بخصوص الملف السوري، من الأمم المتحدة إلى جلسات الدستور في جنيف، وكذلك مباحثات أستانة»، مضيفاً أن «النظام يعلم يقيناً أن فتح ملف المعتقلين بسجونه سيؤدي إلى ظهور حقائق مروعة».

وتابع حوشان بالإشارة إلى إصرار روسيا على إطلاق صفة «المحتجزين» على المعتقلين لدى النظام السوري في نصوص القرارات الدولية المتعلقة بالشأن السوري، مبيناً أن هذه الصفة تطلق قانوناً على المحتجزين من قبل سلطة شرعية، بجرم محدد. واعتبر أن تمرير هذه الصفة في نصوص القرارات والبيانات الختامية لمحادثات «أستانة»، يعطي النظام الحجة لتنفيذ الإعدامات بحق المعتقلين السياسيين، تحت أحكام جنائية، من خلال محاكم «قانونية».
وحول عمليات الإعدام التي ينفذها النظام، والأعداد التقريبية لها، أشار حوشان إلى السرية الشديدة التي تحيط بعمليات الإعدام التي تتم بشكل يومي في سجن صيدنايا، مشيراً في الآن ذاته إلى الخطورة العالية التي تترتب على ذكر أسماء بعض المعتقلين، لأن من شأن ذلك تسريع تنفيذ حكم الإعدام بحقهم.
وأضاف حوشان، «ما يمكننا الجزم به، هو أن عمليات الإعدام لم تتوقف، وغالبية الضحايا هم من المعتقلين خلال الأعوام 2014-2015. موضحاً أن «النظام يعتمد في إثبات تهمة الإرهاب عليهم، على شهادات لمعتقلين تم إعدامهم من قبل».

وبسؤاله عن مصير المعتقلين في الأعوام الأولى من عمر الثورة السورية، قال «غالبيتهم تعرضوا للتصفية في الأفرع المخابراتية، بدون صدور أحكام بإعدامهم من قبل محاكم النظام الميدانية، فيما تم الإجهاز على المتبقين منهم في الإعدامات الجماعية التي تم تنفيذها في سجن صيدنايا.
وأردف عضو «هيئة القانونيين السوريين»، أن العديد من أحكام الإعدام تستند إلى شهادات معتقلين سابقين، وهي من الخطط المعهودة لدى النظام السوري، حيث يتم إدراج اعترافات لمعتقلين سابقين على معتقلين جدد، لتشريع صدور حكم الإعدام.

وفي السياق، أكدت رابطة معتقلي ومفقودي سجن صيدنايا، في تقريرها قبل أسابيع، أن النظام السوري ما زال يستخدم السجن كمركز رئيسي لاحتجاز المعتقلين السياسيين واخفائهم قسراً وحرمانهم من الاتصال مع العالم الخارجي وإخضاعهم لظروف معيشية تؤدي بهم غالباً إلى الموت.
وأوضحت أن أحكام الإعدام ارتفعت بشكل هائل بين معتقلي صيدنايا من 243% قبل 2011 إلى 876% بعدها، وهي أحكام صادرة عن محكمة الميدان العسكرية التي تفتقد إلى أدنى شروط التقاضي العادل حيث لا يسمح للمعتقل بتوكيل محامٍ أو الاتصال مع العالم الخارجي.
وكانت «منظمة العفو الدولية» وثقت في تقرير «المسلخ البشري» المنشور في شباط/فبراير من عام 2017، إعدامات جماعية بطرق مختلفة نفذها النظام السوري بحق 13 ألف معتقل في سجن «صيدنايا»، أغلبيتهم من المدنيين المعارضين، بين عامي 2011 و2015.
وأوضحت أن الإعدامات جرت أسبوعياً أو ربما مرتين في الأسبوع، بشكل سري، واقتيدت خلالها مجموعات تضم أحياناً 50 شخصاً، إلى خارج زنزاناتهم، وشنقوا حتى الموت كما أكدت أن الممارسات السابقة التي ترقى إلى جرائم حرب وجرائم ضد الإنسانية، لا زالت «مستمرة على الأرجح في السجون داخل سوريا».

Un rapport révèle la face cachée sur les procédures de détention dans la « prison de Saidnaya » et ses conséquences


Détenus-Syrie-Ne-nous-oubliez-pas-2019

Enab Baladi – 14/11/2019

Un rapport révèle la face cachée sur les procédures de détention dans la “prison de Saidnaya” et ses conséquences
Afin de documenter les violations commises à l’intérieur de la prison de Saidnaya contre des détenus et de lever l’ambiguïté qui l’entoure, la « Ligue des prisonniers et personnes disparues de Saidnaya » a publié un rapport intitulé « La détention à Saidnaya: Rapport sur les procédures et les conséquences de la détention ».
Le rapport de 60 pages, dont Enab Baladi a obtenu une copie, est basé sur le témoignage de plus de 400 survivants de la prison de Saidnayadnaya entre août 1980 et avril 2017. Ses auteurs ont analysé ces données pour mettre en évidence les mécanismes d’arrestations par le régime syrien et leurs conséquences pour les détenus et leurs familles.

Malgré les difficultés d’obtenir des statistiques précises sur le nombre de détenus à la prison de Saidnaya, en raison du grand nombre d’exécutions extrajudiciaires, de tortures, de famine, d’absence totale de soins de santé et d’accès au monde extérieur, les auteurs du rapport ont fourni une estimation du nombre de détenus depuis son ouverture en 1987 jusqu’au début de cette année 2019, ils ont noté que le rythme de la détention s’était accéléré de manière « significative » après 2011.

Les auteurs du rapport ont tenté d’apporter des éclaircissements sur un certain nombre de questions, telles que: qui sont les détenus dans la prison de Saidnaya? Comment sont-ils arrêtés? Quelles sont les agences de sécurité qui les arrêtent? Dans quelles branches de sécurité passent-ils avant d’atteindre Saidnaya? Comment sont-ils poursuivis? Qu’est-ce qui a changé par rapport à la période d’avant 2011? Outre les effets psychologiques, physiques, sociaux et économiques du processus de détention sur la vie des détenus.

Le rapport concluait que les procédures et les conséquences de la détention après le début de la révolution syrienne avaient considérablement évolué, comme en témoigne la détention de plus de jeunes militaires et instruits, accompagnés de manière plus brutale dans leur traitement, les soumettant à toutes sortes de tortures physiques, psychologiques et sexuelles, ce que les auteurs du rapport ont attribué à la volonté du pouvoir de « laisser des effets physiques visibles accompagnant le détenu longtemps après sa libération, afin de semer la terreur dans les communautés rebelles ».
Le rapport incluait une explication détaillée des mécanismes de torture à l’intérieur de la prison, avec plus de 20 méthodes de torture physiques, notamment des coups avec des bâtons, le choc électrique, « le tapis volant », la « roue » et autres, qui ont été soumis à 100% des détenus, selon le témoignage de survivants, outre 24 méthodes de torture psychologique subies par 97,8% des détenus, et huit méthodes de torture sexuelle, 29,7%, compte tenu de la sensibilité associée à ce type de violation.

Des procès injustes et confiscation de biens

En ce qui concerne les procès des détenus à la prison de Saidnaya, le rapport indique que la majorité, en particulier les personnes arrêtées après 2011, ont été jugées par des tribunaux de « juridiction militaire » dépourvus des conditions minimales d’un procès équitable, sans toutefois permettre au détenu d’avoir accès à un avocat ou d’entrer en contact avec le monde extérieur. Plus d’un tiers ont été jugés par le (Tribunal de Sécurité Supérieure d’Etat) et environ 6,5% seulement ont été traduits devant le « tribunal du terrorisme ».

Selon le rapport, plus de 70% des détenus ont été dépouillés de leurs droits civils et militaires et plus du tiers des biens meubles et immeubles ont été confisqués. Les auteurs du rapport ont suggéré que l’État ait pris des décisions après 2011 visant à « saisir les biens des détenus après les avoir privé de leurs libertés ».
Le rapport contenait des recommandations soulignant la nécessité de fournir tout le soutien possible aux détenus et à leurs familles, ainsi que la famille des personnes disparues, la présence des survivants dans tout projet ou projet futur sur la justice en Syrie, ainsi que la pression sur la communauté internationale pour qu’elle prenne des mesures concrètes pour que les auteurs d’actes de violence et de crimes soient tenus pour responsables.

Abattoir humain

Amnesty International a documenté dans un rapport intitulé « The Human Slaughterhouse », publié en février 2017, que le régime syrien a procédé à des exécutions massives de différentes manières, à l’encontre de 13 000 détenus de la prison de Saidnaya, pour la plupart des civils, entre 2011 et 2015.
L’organisation a expliqué que les exécutions avaient lieu toutes les semaines ou peut-être deux fois par semaine, en secret, au cours desquelles des groupes d’une cinquantaine de personnes étaient pendus à mort.
Le rapport d’Amnesty de 52 pages était basé sur une enquête approfondie d’un an qui comprenait des entretiens et des témoignages de 84 personnes, y compris d’anciens gardiens de prison, des responsables, des détenus, des juges et des avocats, ainsi que des experts locaux et internationaux.
L’organisation a accusé le régime, décrivant la prison militaire de Saidnaya comme « le lieu où l’Etat syrien massacrait silencieusement ses citoyens ».
Il a également estimé dans son rapport que les pratiques antérieures « constituaient des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », soulignant que ces pratiques « continueraient vraisemblablement dans les prisons à l’intérieur de la Syrie ».
Des rapports répétés publiés périodiquement par des organisations de défense des droits de l’homme documentent tous les mauvaises conditions vécues par les détenus, en l’absence de nourriture et de médicaments, et les conditions de santé dans les centres de détention.
Cesar, pseudonyme d’un officier dissident du régime d’Assad, a révélé 55 000 images de 11 000 détenus tués sous la torture en 2014. Ces images ont été affichées au Sénat américain et ont provoqué de vives réactions dans les médias arabes et occidentaux.

تقرير يكشف المستور حول إجراءات الاعتقال في “سجن صيدنايا” وتبعاته

سجناء سوريون أمام مقر لشرطة النظام في دمشق – أيلول 2012 (AFP)

في سبيل توثيق الانتهاكات الحاصلة داخل سجن صيدنايا بحق المعتقلين، وكشف الغموض الذي يدور حوله، أصدرت “رابطة معتقلي ومفقودي سجن صيدنايا” تقريرًا حمل عنوان “الاحتجاز في صيدنايا: تقرير عن إجراءات وتبعات الاعتقال”.

التقرير الذي ورد في 60 صفحة، وحصلت عنب بلدي على نسخة منه، استند إلى شهادة أكثر من 400 معتقل ناجٍ من سجن صيدنايا، في الفترة ما بين آب من عام 1980 ونيسان من عام 2017، كما عمل معدوه على تحليل هذه البيانات لتسليط الضوء على آليات الاعتقالات التي يتّبعها النظام السوري، وتبعاتها على المعتقلين وعائلاتهم.

ومع صعوبة الحصول على إحصائيات دقيقة حول عدد المعتقلين في سجن صيدنايا، نظرًا لكثرة عمليات الإعدام التي تتم خارج نطاق القانون، وما يجري فيه من تعذيب وتجويع وغياب تام لوسائل الرعاية الصحية، ومنع من الاتصال بالعالم الخارجي، قدم معدو التقرير تقديرات عن أعداد المعتقلين الذين دخلوه منذ افتتاحه في عام 1987 حتى بداية العام الحالي 2019، مشيرين إلى تسارع وتيرة الاعتقال بشكل “كبير جدًا” وملحوظ بعد عام 2011.

وحاول معدو التقرير تقديم توضيحات حول عدد من التساؤلات، من قبيل، من المعتقلون في سجن صيدنايا؟ وكيف يتم اعتقالهم؟ وما الجهات الأمنية التي تعتقلهم؟ وما الفروع الأمنية التي يمرون عليها قبل الوصول إلى صيدنايا؟ وكيف تتم محاكمتهم؟ وما الذي تغيّر بالمقارنة مع ما كان عليه الحال قبل عام 2011؟ إلى جانب الآثار  النفسية والجسدية والاجتماعية والاقتصادية لعميلة الاعتقال على حياة المعتقلين.

وخلص التقرير إلى وجود تغييرات كبيرة في إجراءات وتبعات الاعتقال بعد بدء الثورة السورية عام 2011، تجلت باحتجاز عدد أكبر من فئة الشباب والعسكريين والمتعلمين، وترافقت بوحشية أكثر في التعامل معهم، عبر إخضاعهم لجميع أنواع التعذيب الجسدي والنفسي والجنسي، وهو ما عزاه معدو التقرير إلى “ترك آثار جسدية ملحوظة ترافق المعتقل لفترة طويلة بعد خروجه، بغية بثّ الرعب في المجتمعات المحلية الثائرة”.

وتضمن التقرير شرحًا مفصلًا لآليات التعذيب داخل السجن، مع وجود ما يزيد على 20 وسيلة تعذيب جسدية من بينها الضرب بالعصي والصعق الكهربائي و“بساط الريح” و”الشبح” و”الدولاب” وغيرها، وهو ما تعرض له 100% من المعتقلين بحسب شهادة الناجين منهم، إلى جانب 24 وسيلة للتعذيب النفسي الذي تعرض له 97.8% من المعتقلين، وثماني وسائل للتعذيب الجنسي تحدث عنها نحو 29.7%، في ظل الحساسية المرافقة لهذا النوع من الانتهاك.

محاكمات ظالمة ومصادرة للممتلكات

وفيما يخص المحاكمات التي يخضع لها المعتقلون في سجن صيدنايا، أوضح التقرير أن الأكثرية، خاصة من اعتُقلوا بعد عام 2011، حوكموا في محاكم “ميدانية عسكرية” تفتقد إلى أدنى شروط المحاكمات العادلة، مع عدم السماح للمعتقل بتوكيل محامٍ أو الاتصال مع العالم الخارجي،كما أن أكثر من الثلث حوكموا في “محكمة أمن الدولة العليا”، ونحو 6.5% منهم فقط عرضوا على “محكمة الإرهاب”.

ووفقًا للتقرير، تم تجريد ما يزيد على 70% من المعتقلين من حقوقهم المدنية والعسكرية، كما صودرت الأموال المنقولة وغير المنقولة لأكثر من ثلثهم، ورجح معدو التقرير وجود قرارات من الدولة بعد عام 2011 تهدف إلى “الحجز على أملاك المعتقلين بعد الحجز على حريتهم”.

وقدم التقرير توصيات تؤكد على ضرورة تقديم جميع أنواع الدعم الممكنة للمعتقلين وذويهم، وعائلات المفقودين، وحضور الناجين في أي خطط أو مشاريع عن العدالة في سوريا مستقبلًا، إلى جانب الضغط على المجتمع الدولي لاتخاذ إجراءات عملية لمحاسبة الضالعين في جميع الانتهاكات والجرائم.

مسلخ بشري

وكانت “منظمة العفو الدولية” وثقت في تقرير تحت عنوان “المسلخ البشري” نشرته، في شباط من عام 2017، إعدامات جماعية بطرق مختلفة نفذها النظام السوري، بحق 13 ألف معتقل في سجن صيدنايا، أغلبيتهم من المدنيين المعارضين، بين عامي 2011 و2015.

وأوضحت المنظمة أن الإعدامات جرت أسبوعيًا أو ربما مرتين في الأسبوع، بشكل سري، واقتيدت خلالها مجموعات تضم أحيانًا 50 شخصًا، إلى خارج زنزاناتهم، وشنقوا حتى الموت.

واستند تقرير المنظمة، الذي جاء في 52 صفحة، إلى تحقيق معمّق أجرته على مدار عام كامل، وتضمن مقابلات وشهادات لـ 84 شخصًا، بينهم حراس سابقون في السجن، ومسؤولون ومعتقلون وقضاة ومحامون، إضافة إلى خبراء محليين ودوليين.

ووجهت المنظمة الاتهام إلى النظام واصفة سجن صيدنايا العسكري بأنه “المكان الذي تذبح فيه الدولة السورية شعبها بهدوء”.

كما اعتبرت في تقريرها أن الممارسات السابقة “ترقى إلى جرائم حرب وجرائم ضد الإنسانية”، مؤكدة أنها “مستمرة على الأرجح في السجون داخل سوريا”.

وتتكرر التقارير الصادرة عن المنظمات الحقوقية بشكل دوري، وتوثق جميعها أوضاعًا سيئة يعيشها المعتقلون، في ظل نقص الطعام والدواء، والشروط الصحية داخل المعتقلات.

وسرّب “سيرز”، وهو اسم مستعار لضابط منشق عن نظام الأسد، 55 ألف صورة لـ 11 ألف معتقل عام 2014، قتلوا تحت التعذيب، وعرضت تلك الصور في مجلس الشيوخ الأمريكي، وأثارت ردود فعل واسعة في الإعلام العربي والغربي.

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Libération immédiate des 128000 détenu.e.s syrien.ne.s en détention arbitraire


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Des familles livrées à elles-mêmes pour découvrir ce qu’il est advenu de leurs proches disparus


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Syrie. Des familles livrées à elles-mêmes pour découvrir ce qu’il est advenu de leurs proches disparus

Les familles de dizaines de milliers de personnes victimes de disparitions forcées ou d’enlèvements depuis le début de la crise en Syrie en 2011 vivent depuis des années dans une angoisse insupportable face aux dénégations du gouvernement et au manque de soutien de la communauté internationale, a déclaré Amnesty International le 30 août 2019.

À l’occasion de la Journée internationale des personnes disparues, Amnesty International appelle à une action internationale unifiée afin de soutenir les familles qui, depuis des années, sont livrées à elles-mêmes pour chercher leurs proches, en s’exposant bien souvent à de grands risques, ce qui s’ajoute au fait de devoir endurer les répercussions de la disparition.

Huit ans après le début la crise, le gouvernement syrien, les groupes armés d’opposition et les États jouissant d’une grande influence sur eux – la Russie, la Turquie et l’Iran – manquent à leur devoir envers les familles des personnes portées disparues ou victimes de disparitions forcées qui s’efforcent depuis des années de savoir si leurs proches sont morts ou encore en vie.
Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty Internationa

Selon l’ONU, environ 100 000 personnes ont été détenues, enlevées ou ont disparu en Syrie depuis 2011. Au moins 90 000 d’entre elles auraient été victimes d’une détention arbitraire et d’une disparition forcée entre les mains des forces gouvernementales, d’après le Réseau syrien pour les droits humains (SNHR).

Les familles des personnes disparues en Syrie se retrouvent sans appui pour rechercher leurs proches, et prennent souvent de gros risques.
Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty International

Amnesty International s’est entretenue avec 24 proches de personnes disparues, qui tous – à l’exception d’un homme – sont des femmes, réfugiées au Liban et en Turquie ou déplacées à l’intérieur de la Syrie. Tous ont relaté les profondes conséquences émotionnelles et psychologiques dues à l’incertitude durable, qui aggravent l’impact économique dévastateur.

« Les familles des personnes disparues en Syrie se retrouvent sans appui pour rechercher leurs proches, et prennent souvent de gros risques. Huit ans après le début la crise, le gouvernement syrien, les groupes armés d’opposition et les États jouissant d’une grande influence sur eux – la Russie, la Turquie et l’Iran – manquent à leur devoir envers les familles des personnes portées disparues ou victimes de disparitions forcées qui s’efforcent depuis des années de savoir si leurs proches sont morts ou encore en vie », a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty International.

Amnesty International estime que les disparitions forcées en Syrie depuis 2011 s’inscrivent dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique contre la population civile et, à cet égard, s’apparentent à des crimes contre l’humanité.

« Nous leur demandons [Russie, Turquie et Iran] d’user de leur influence en Syrie afin de permettre, au strict minimum, la création d’un Bureau central d’information chargé de rechercher les personnes disparues en Syrie, d’enquêter et de déterminer quel sort leur a été réservé et où elles se trouvent. »

Parmi les personnes victimes de disparitions forcées figurent des opposants pacifiques au gouvernement, dont des manifestants, des militants des droits humains, des journalistes, des médecins et des travailleurs humanitaires. D’autres ont été pris pour cibles parce qu’ils étaient perçus comme déloyaux à l’égard du gouvernement ou parce que certains de leurs proches étaient recherchés par les autorités. Les groupes armés d’opposition ont eux aussi enlevé des civils, dont des défenseurs des droits humains, et la plupart d’entre eux sont toujours portés disparus.

Nous leur demandons [Russie, Turquie et Iran] d’user de leur influence en Syrie afin de permettre, au strict minimum, la création d’un Bureau central d’information chargé de rechercher les personnes disparues en Syrie, d’enquêter et de déterminer quel sort leur a été réservé et où elles se trouvent.
Lynn Maalouf

Il incombe au gouvernement syrien et aux groupes armés d’opposition de prendre toutes les mesures possibles en vue de faire la lumière sur le sort réservé aux personnes portées disparues dans le cadre du conflit armé et de fournir aux familles toutes les informations qu’ils détiennent sur le sort réservé à leurs proches et le lieu où ils se trouvent.

Des familles traumatisées

*Sawsan, réfugiée et mère de quatre enfants vivant au Liban, a déclaré que son époux originaire de Daraya, dans le gouvernorat de Rif Dimashq, a été arrêté de manière arbitraire par les forces de sécurité des services de l’immigration et du contrôle des passeports à la frontière entre la Syrie et le Liban pour des raisons inconnues. Il a « disparu » depuis juin 2014.

Ils prévoyaient de quitter la Syrie et d’entrer au Liban, après la mort de leur fille décédée d’une maladie chronique du foie. « Ma fille est morte trois mois avant que son père ne soit arrêté. Il avait le cœur brisé. Aujourd’hui, c’est nous qui avons le cœur brisé pour lui, a-t-elle déclaré à Amnesty International.

« L’ONU a suspendu l’aide qui nous était destinée il y a deux ans, juste comme ça, ils ont stoppé sans poser de questions. Ils savent que j’ai trois enfants qui ont besoin de médicaments [pour traiter la même affection qui a coûté la vie à sa fille]… Je veux retourner en Syrie, où la vie est moins chère et où je peux séjourner chez des parents, mais ils [le gouvernement syrien] m’enlèveront mes fils, même s’ils sont malades et ne peuvent pas effectuer le service militaire. Ils s’en fichent. »

*Fida, mère de trois garçons et d’une fille, originaire de la Ghouta occidentale, dans le gouvernorat de Rif Dimashq, a raconté que son fils et son époux ont été arrêtés en 2014 et sont portés disparus depuis lors, et que son second fils a disparu depuis 2018.

Début janvier 2014, le gouvernement syrien a annoncé sa réconciliation avec les groupes armés de la Ghouta occidentale, jusqu’alors assiégée, et a affirmé que les civils seraient autorisés à quitter la zone. Pourtant, lorsqu’ils ont tenté de partir, l’époux et le fils de Fida ont été arrêtés par les forces de sécurité syriennes à un poste de contrôle à Sayyeda Zaynab, à l’est de Damas. Ils ne furent pas les seuls. Alors que les familles évacuaient la zone, les forces gouvernementales ont arrêté tous les hommes et contraint les femmes et les enfants à retourner dans la zone assiégée.

Le deuxième fils de Fida est resté dans la zone que le gouvernement syrien a assiégé jusqu’à ce qu’il en reprenne le contrôle en mai 2018 à la suite d’un accord de « réconciliation » avec les groupes armés d’opposition. Le jeune homme a obtenu une habilitation de sécurité, ce qui ne l’a pas empêché d’être arrêté et de « disparaître ».

Fida et sa famille ont cherché leurs proches auprès de plusieurs branches des services de sécurité, mais tous ont nié les détenir. Elle n’a pas vu ses deux fils et son époux depuis leur disparition, et n’a eu aucune nouvelle d’eux. Elle a confié avoir peur, si elle rentre depuis le Liban où elle s’est réfugiée en 2014, que les autorités syriennes ne lui prennent aussi son [troisième] fils.

*Fatma, une réfugiée syrienne qui vit en Turquie, a déclaré que son époux, dentiste à Alep, a été arrêté le 1er décembre 2012 à un poste de contrôle dirigé par la section de la Sécurité militaire, d’après des témoins qui se trouvaient avec lui dans un taxi. Elle est allée le chercher à la section de la Sécurité militaire de la ville d’Alep, mais ils ont nié qu’il s’y trouvait. Sa famille a payé une forte somme d’argent à plusieurs intermédiaires, qui se sont avérés être des escrocs.

Ma plus grande souffrance, c’est de ne rien savoir au sujet de mon mari. Si je savais qu’il est mort, ce serait préférable au tourment engendré par l’ignorance. Mes quatre enfants souffrent également.
Fatma, une réfugiée syrienne qui vit en Turquie

« Ma plus grande souffrance, c’est de ne rien savoir au sujet de mon mari. Si je savais qu’il est mort, ce serait préférable au tourment engendré par l’ignorance. Mes quatre enfants souffrent également. Ils ne cessent de me demander si leur père reviendra un jour et je ne sais quoi leur répondre. Je porte le fardeau de la guerre, le fardeau de la disparition de mon époux et le fardeau de mes enfants, toute seule. »

Tout comme Fida, *Laila, réfugiée syrienne originaire de Damas qui vit aujourd’hui au Liban, a raconté que son époux a disparu à un poste de contrôle en 2014, alors qu’il tentait de quitter la zone assiégée en Ghouta occidentale.

Avant de s’enfuir au Liban, Laila a désespérément tenté de retrouver son époux. Puis elle a renoncé, par peur des représailles des services de sécurité.

« Ma famille n’a pas d’argent pour me venir en aide. Je dépends de la carte du HCR pour une aide humanitaire. Ma maison à Boueida [dans le gouvernorat de Rif Dimashq] a été détruite, donc je n’ai nulle part où rentrer. Je suis forte, mais chaque jour est une lutte pour survivre. J’entends les gens parler et dire des choses comme : ” Elle est seule, elle n’a pas son mari avec elle “, a raconté Laila à Amnesty International.

Elle a aussi décrit les effets négatifs pour ses enfants : « Les enfants ont besoin de soins et d’argent. C’est difficile pour moi d’être leur mère et leur père. C’est impossible d’être les deux à la fois, car je ne peux pas combler tous les manques. J’ai beaucoup sacrifié. »

Une manière peu digne de révéler le sort des disparus

Jusqu’à présent, le gouvernement syrien n’a pas révélé les noms des personnes arrêtées de manière arbitraire et victimes de disparition aux mains des forces de sécurité syriennes, pas plus que le sort qui leur a été réservé ni le lieu où elles se trouvent. Certaines familles ont été informées de la mort de leurs proches en détention ou ont fini par découvrir qu’ils étaient morts en détention. Celles qui reçoivent un certificat de décès – unique élément de « preuve » fourni – sont légalement tenues de faire enregistrer le décès à l’état civil, afin d’obtenir un certificat officiel.

Le gouvernement syrien continue de manquer à ses obligations s’agissant de garantir le droit des familles de connaître la vérité, même lorsque les familles ont fini par apprendre la mort de leurs proches.
Lynn Maalouf

Amnesty International a examiné des copies de deux certificats de décès, qui comportent le nom du défunt, des informations relatives à deux témoins confirmant le décès et la cause de la mort, généralement une « crise cardiaque » ou un « accident vasculaire cérébral ». Les certificats portent le tampon de l’hôpital et la signature d’au moins un représentant de l’État.

En mai 2018, le gouvernement syrien a délivré des avis de décès officiels concernant des centaines de personnes qui avaient été victimes de disparitions forcées, sans informer leur famille ni fournir de certificat de décès délivré par un hôpital ou un médecin légiste. Amnesty International a examiné les copies de deux de ces avis délivrés par l’état civil à Damas, qui comportent le nom et le numéro national du défunt, le nom du père et de la mère et leurs numéros nationaux respectifs, la date de naissance, le lieu et la date du décès.

Le gouvernement syrien fait barrage activement et sciemment au droit des familles de connaître le sort réservé à leurs proches, prolongeant ainsi la douleur liée à l’incertitude qui taraude ceux qui restent, le plus souvent des femmes et des enfants.
Lynn Maalouf

Elle a interrogé quatre familles qui ont reçu une confirmation écrite de la mort de leurs proches disparus. *Samar a déclaré que son neveu, qui travaillait dans une institution gouvernementale à Damas, a été arrêté de manière arbitraire lors d’un raid effectué par les forces de sécurité du renseignement militaire mi-2015 et a par la suite disparu. « Il a deux filles. Ma sœur et son épouse l’ont cherché partout, mais tous ont nié le détenir. Elle s’est rendue à plusieurs reprises au tribunal militaire et dans les locaux de la police militaire, mais son nom ne figurait pas dans le registre [des personnes décédées]. »

« L’an dernier, elle [sa mère] s’est rendue à l’état civil pour obtenir un livret de famille afin d’inscrire ses enfants à l’école. C’est comme ça qu’elle a vu que son statut avait été changé en ” décédé “. Le certificat indiquait qu’il était mort en juin 2016 [la date exacte n’était pas mentionnée pour des raisons de sécurité]. »

« Le gouvernement syrien continue de manquer à ses obligations s’agissant de garantir le droit des familles de connaître la vérité, même lorsque les familles ont fini par apprendre la mort de leurs proches. Il ne révèle jamais les circonstances du décès de manière crédible – lorsqu’il le fait. Il ne restitue jamais les dépouilles des défunts pour qu’ils soient inhumés dignement et ne révèle pas le lieu où ils sont enterrés. Il fait barrage activement et sciemment au droit des familles de connaître le sort réservé à leurs proches, prolongeant ainsi la douleur liée à l’incertitude qui taraude ceux qui restent, le plus souvent des femmes et des enfants », a déclaré Lynn Maalouf.

Des familles plongées dans l’incertitude

Du fait de l’absence d’informations crédibles, même les familles qui ont obtenu un certificat de décès émanant d’un hôpital ou des registres de l’état civil ont bien du mal à croire à la mort de leur proche et à l’accepter, sans aucune autre preuve, notamment sans voir le corps. L’obligation de faire enregistrer le décès de leur proche, sans cette certitude ni cette preuve, ajoute à la cruauté à l’égard des familles et ne fait qu’appuyer l’idée que la divulgation d’informations doit absolument se faire de manière crédible et digne.

Nous n’arrivions pas à croire qu’il avait été tué. Nombre de nos amis et de nos parents ont reçu un certificat de décès et ont appris par la suite que leur proche détenu était en vie. Je veux le corps. C’est la seule façon pour moi de croire à sa mort.
Sana, une réfugiée syrienne qui vit en Turquie

*Wafa, une réfugiée syrienne qui vit au Liban, a déclaré que son époux et son fils avaient disparu en mai et juillet 2012 respectivement. Lorsqu’elle a cherché des réponses, la police militaire lui a dit qu’ils avaient été tués, sans qu’elle n’obtienne aucune autre information – aussi Wafa garde-t-elle l’espoir qu’ils sont encore en vie.

*Sana, une réfugiée syrienne qui vit en Turquie, a déclaré que son époux a disparu en octobre 2012 après s’être rendu au poste de police à Damas pour signaler le vol de son portefeuille. « Ma belle-mère est morte l’an dernier. Durant tout ce temps, elle n’a jamais renoncé à le chercher. Elle a déposé une requête pour disparition à plusieurs reprises, même après avoir reçu un certificat de décès de l’hôpital Tishreen confirmant son décès en date du 13 octobre 2013, a-t-elle déclaré à Amnesty International.

« Nous n’arrivions pas à croire qu’il avait été tué. Nombre de nos amis et de nos parents ont reçu un certificat de décès et ont appris par la suite que leur proche détenu était en vie. Je veux le corps. C’est la seule façon pour moi de croire à sa mort. »

* Les noms ont été modifiés pour protéger l’anonymat de ces femmes.

l’ONU demande aux belligérants de libérer toutes les personnes détenues ou enlevées arbitrairement


 

Syrie : l’ONU demande aux belligérants de libérer toutes les personnes détenues ou enlevées arbitrairement

Les couloirs d’une prison. Photo: ONUSIDA/D. Gutu
7 août 2019

La cheffe des affaires politiques de l’ONU a demandé mercredi aux belligérants en Syrie de libérer toutes les personnes détenues ou enlevées arbitrairement, lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à cette question.

« Bien que l’ONU ne soit pas en mesure de les vérifier, des rapports suggèrent que plus de 100.000 personnes ont jusqu’à présent été arrêtées, enlevées – en grande partie, mais pas seulement, par le gouvernement syrien -, ou sont portées disparues », a déclaré Rosemary DiCarlo, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires politiques et à la consolidation de la paix.

L’ONU n’a pas de statistiques officielles sur les personnes détenues, enlevées ou portées disparues en Syrie en raison du manque d’accès aux lieux de détention dans le pays.

Depuis 2011, la Commission d’enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne, présidée par Paulo Sérgio Pinheiro, documente les violations graves des droits de l’homme dans ce pays.

Lire aussi | Syrie : l’Etat doit rendre des comptes sur le sort des personnes détenues et disparues (Commission d’enquête)

« Peut-être la preuve la plus évidente de torture et de mauvais traitement de détenus dans ces centres de détention du gouvernement sont les plus de 50.000 photos sorties de Syrie par un transfuge militaire et rendues publiques en 2014. Ces photos montrent près de 7.000 cadavres portant des marques de torture », a souligné Mme DiCarlo.

La Secrétaire générale adjointe a rappelé que ces abus ne se limitent pas aux forces gouvernementales. Selon la Commission d’enquête, les groupes extrémistes Daech et Hay ’à Tahrir al-Sham, ont commis des abus odieux. Les groupes armés affiliés à l’opposition ont également commis de graves exactions.

Libérer en priorité les femmes, les enfants, les malades et les personnes âgées

Dans ce contexte, Mme DiCarlo a appelé les belligérants à « remplir les obligations que leur impose le droit international : libérer unilatéralement toutes les personnes détenues ou enlevées arbitrairement, et ce qui est le plus urgent, les femmes, les enfants, les malades et les personnes âgées parmi ces personnes ».

La responsable onusienne a également demandé aux belligérants de « collecter, protéger et gérer toutes les données et tous les documents pertinents sur les détenus, les personnes enlevées et les personnes disparues » et d’établir un mécanisme avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour gérer ces informations en coordination avec le Bureau de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie.

« En outre, ils doivent fournir des informations aux familles ; identifier les morts et renvoyer les dépouilles, là où cela est possible, à leurs proches. Enfin, ils devraient fournir, sans délai et par le biais de canaux appropriés, une liste de tous les lieux de détention et prendre des dispositions pour un accès immédiat à ces lieux par une tierce partie neutre », a-t-elle ajouté.

Lire aussi | L’ONU dénonce « l’indifférence générale » face aux frappes aériennes en Syrie

La cheffe des affaires politiques de l’ONU a souligné que les responsables de violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme doivent rendre des comptes et que la lutte contre l’impunité est essentielle à la réalisation et au maintien d’une paix durable en Syrie. À cet égard, elle a jugé nécessaire que toutes les parties au conflit, en particulier le gouvernement syrien, coopèrent pleinement avec le Mécanisme international, impartial et indépendant et la Commission d’enquête des Nations Unies sur la Syrie.

Mme DiCarlo a enfin réitéré l’appel du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, pour que la situation en Syrie soit renvoyée devant la Cour pénale internationale (CPI).

Photo ONU/Loey Felipe
Amina Khoulani, membre fondateur de “Familles pour la liberté”, devant le Conseil de sécurité lors d’une réunion sur la Syrie le 7 août 2019.

Une Syrienne de la société civile appelle le Conseil à protéger les civils

« Il est de votre responsabilité de protéger les Syriens contre un régime qui tue, torture et détient illégalement ses propres citoyens », a déclaré de son côté Amina Khoulani, cofondatrice de l’association Familles pour la liberté en s’adressant au Conseil de sécurité.

Parlant au nom de cette association dirigée par des femmes et créée en 2017 par des familles dont les proches ont été détenus et ont disparu, elle a décrit une situation où des malades, des blessés ou des mourants subissent quotidiennement des actes de torture.

Mme Khoulani a elle-même été emprisonnée pendant six mois pour « activisme pacifique » et son mari a été détenu pendant deux ans et demi. « Nous avons eu la chance de survivre, mais beaucoup d’autres n’ont pas eu cette chance ».

Elle a exhorté les membres du Conseil de sécurité à « faire de la question de la détention et des disparitions forcées en Syrie une priorité » et à adopter une résolution faisant pression sur le régime et les groupes d’opposition armés pour obtenir le nom et le lieu de détention de toutes les personnes détenues et à permettre aux organisations humanitaires de visiter les centres de détention.

« Le premier pas vers une paix et une justice durable est la vérité, la fin des détentions arbitraires et des disparitions forcées ainsi que la libération de milliers de civils détenus arbitrairement et privés de leur liberté », a-t-elle conclu.

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