Deraa: Terrorisme d’État… raids des forces prorégime sur le sud syrien


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Syrie: plus de 20 civils tués dans des raids de forces prorégime dans le sud

AFP / Mohamad ABAZEED Des nuages de fumée s’élèvent de secteurs rebelles de la ville de de Deraa, dans le sud syrien, lors de frappes aériennes du régime, le 28 juin 2018

 

Plus de 20 civils ont péri jeudi dans des raids imputés à l’aviation russe contre la province méridionale de Deraa en Syrie, la journée la plus meurtrière depuis le début d’un assaut du régime et de ses alliés pour chasser les rebelles de cette région clé.

Les puissances occidentales ont dénoncé les opérations militaires lancées le 19 juin par le régime de Bachar al-Assad et son allié russe contre cette province dominée par les insurgés, et plusieurs ONG ont dit craindre une nouvelle crise humanitaire dans le pays en guerre depuis 2011.

Après avoir consolidé son pouvoir sur la capitale Damas et ses environs en chassant rebelles et jihadistes, le pouvoir d’Assad a ouvert un nouveau front dans le sud du pays, une région sensible bordant la frontière avec la Jordanie et le plateau du Golan, en partie occupé par Israël.

Jeudi, des raids imputés à l’aviation russe ont visé plusieurs secteurs dans l’est et l’ouest de la province de Deraa, faisant 25 morts parmi les civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Parmi les victimes, 17 personnes dont cinq enfants, réfugiées dans le sous-sol d’une maison pour échapper aux bombardements, ont péri dans une frappe russe dans la localité d’Al-Mseifra, a précisé l’OSDH.

Il n’était pas possible de confirmer de source indépendante si l’aviation russe a mené ou non ce raid mais Moscou a toujours démenti cibler des objectifs civils.

“Le bilan de jeudi est le plus élevé depuis le 19 juin”, a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. “Depuis mercredi, les bombardements ont gagné en intensité et visent des secteurs très fortement peuplés”.

Au total en plus d’une semaine, quelque 96 civils ont péri dans les violences, selon l’ONG.

– 50.000 déplacés –

Mardi, les forces du régime ont lancé une offensive contre les quartiers insurgés de la ville de Deraa, chef-lieu de la province du même nom.

Ces districts ont été la cible jeudi de raids aériens du régime et de la Russie, et depuis plusieurs jours, des dizaines de familles fuient le secteur, selon l’OSDH.

“Tous les habitants sont partis. Il n’y a plus de civils ici” dans les quartiers rebelles de Deraa, a indiqué à l’AFP Ahmad Abou Hazem, un combattant rebelle dans la ville.

AFP / Mohamad ABAZEED Des déplacés syriens fuient les zones de combats dans la province méridionale de Deraa où le régime bombarde les zones rebelles, le 28 juin 2018

Selon l’ONU, quelque 750.000 civils vivant en zone rebelle dans le sud de la province de Deraa seraient menacés par les opérations militaires.

Et environ 50.000 civils ont déjà été déplacés, selon un nouveau chiffre communiqué jeudi par l’ONU, la majorité essayant de trouver refuge près de la frontière avec la Jordanie.

Amman néanmoins a répété à plusieurs reprises qu’elle garderait sa frontière fermée, faisant craindre aux organisations internationales une nouvelle crise humanitaire.

Les Nations unies ont annoncé jeudi avoir suspendu leurs convois humanitaires transfrontaliers depuis la Jordanie vers la province de Deraa “en raison des combats”.

“Nous exhortons la Jordanie à laisser les frontières ouvertes”, a lancé le chef du groupe de travail humanitaire de l’ONU sur la Syrie, Jan Egeland, lors d’un point de presse à Genève.

– “Violation” –

Les violences n’ont pas épargné les infrastructures médicales. Depuis le début des hostilités, cinq hôpitaux ont été mis hors service par des bombardements pour certains imputés à la Russie, selon l’OSDH.

L’ONG française l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM) a par ailleurs annoncé la mort de trois membres de son personnel médical en moins d’une semaine dans la province de Deraa.

Le pouvoir syrien, qui enchaîne les victoires grâce à l’appui crucial de l’allié russe, mais aussi de l’Iran et du Hezbollah libanais, contrôle désormais 65% du pays.

Carte - Sud syrien Deraa et Soueida
 AFP / Omar KAMAL Syrie

Il semble plus que jamais déterminé à asseoir son pouvoir sur l’ensemble de la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.

Depuis le début des hostilités dans le sud, les forces du régime ont conquis 15 villages et localités, principalement dans l’est et le nord-est de la province, selon l’OSDH.

Or le sud fait théoriquement l’objet depuis 2017 d’un cessez-le-feu négocié directement par Moscou, Washington et Amman.

“Les opérations militaires unilatérales du régime d’Assad et de la Russie dans le sud-ouest de la Syrie sont une violation du cessez-le-feu”, a souligné mercredi Jonathan Cohen, ambassadeur adjoint des Etats-Unis à l’ONU.

https://www.afp.com/fr/infos/334/syrie-plus-de-20-civils-tues-dans-des-raids-de-forces-proregime-dans-le-sud-doc-16s0885

 

Syrie: des milliers de personnes fuient des bombardements du régime dans le sud

Bombardement - Syrie

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Feu vert américain pour la destruction de Deraa: Les factions armées promettent de faire face / درعا


ASL prêt pour affronter les forces du régime à Daraa 2018

Feu vert américain pour la destruction de Deraa: Les factions armées promettent de faire face

Amin al-Assi, Amman, 25 juin 2018

Tous les développements sur le terrain à Daraa au cours des dernières heures ont montré que le Sud de la Syrie est en face d’une guerre destructrice, pour le soumettre entièrement au régime et pour anéantir complètement l’opposition syrienne qui a confirmé qu’elle a choisi la confrontation, ceci suite aux bombardements inégalés aux barils explosifs et à l’entrée de l’aviation russe sur la ligne de bataille. Tout ceci a été Précédé par un message américain clair adressé aux factions de l’opposition, il stipule que « les factions armées ne devraient pas prendre ses décisions, en ce qui concerne la bataille, sur l’hypothèse ou l’attente que les Etats-Unis pourraient intervenir militairement pour stopper l’attaque du régime syrien ».

Il apparaît ainsi clairement que les craintes de l’opposition au cours de dernière période des conflits et les intérêts des forces régionales et internationales à Daraa résulteraient la perte de l’opposition, bien que les développements ont pris une autre dimension, surtout après la surprenante annonce des États-Unis, que Washington ne mettra pas de poids militaire dans le sud de la Syrie, en cas du déclenchement de combats entre l’opposition et le régime, afin de dévoiler l’échec des négociations qui ont eu lieu entre les Russes et les Américains au sud syrien, cette position est un renoncement américain et russe des accord de cessez-le-feu dans cette région. Il est devenu clair que Washington s’est retiré loin de sa stratégie dans le sud de la Syrie, qui était basée sur l’empêchement des forces du régime pour reprendre le contrôle du sud limitrophe de la Jordanie et de la Palestine occupée.

Il est prévu que les développements intervenus dans le sud jetteront leurs ombres sur le dossier politique, notamment en terme de la Commission constitutionnelle, que l’Organisation des Nations Unies tente de mettre en place, un porte-parole de la Haute Commission de la négociation, Yahya Aridhi,  fait référence à cet égard, lors d’une déclaration à notre correspondant, que toutes les possibilités, y compris le non engagement de l’opposition dans la commission  est en réponse aux développements dans le sud, ajoutant que « il y a mille questions autour de ce qui se passe dans le sud de la Syrie ».

Washington a informé, samedi soir, les principales factions de l’opposition syrienne qu’elles ne devraient pas espérer recevoir de soutien militaire l’aidant à faire face à une attaque massive des forces du régime visant à restaurer les zones contrôlées par les combattants de l’opposition dans le sud. Une copie d’une lettre envoyée par Washington aux dirigeants de “l’Armée syrienne libre”, que Reuters a pris connaissance, précise : « Le gouvernement américain veut clarifier la nécessité de ne pas adopter vos décisions sur l’hypothèse ou l’attente d’une intervention militaire de notre part ».

L’opposition syrienne a vivement critiqué la nouvelle position américaine, accusant Washington de “manipuler le sort des civils dans le sud de la Syrie”. Le chef de l’armée syrienne libre, le général de brigade Ibrahim Aljibawi a déclaré que « la position américaine, est une position de faiblesse, de marchandage et de négociation avec la vie de la population », ajoutant qu’elle « constitue un recul américain, et prouve son agression contre les libertés, les droits de l’homme et de l’enfance, ainsi que son hostilité aux peuples d’une manière générale ». Aljibawi a continué en disant que « les États-Unis sont soucieux de leur intérêts, c’est un pays qui n’a plus de crédibilité, Aljibawi a indiqué que « c’est à cause de Washington si le sud se trouve à ce stade, et l’accuse de « manipuler le sort de vie des gens là-bas. Il a des responsabilités historiques et morales. C’est lui qui tue le sud aujourd’hui, et non pas la Russie ». Il a souligné que « les factions de l’opposition syriennes ont choisi la confrontation militaire avec le soutien de la population » rajoutant « la mort ou la victoire, il n’y pas de troisième voie pour eux, au moins pour l’instant ».

L’aviation russe a commencé, dimanche à l’aube, une vaste campagne à Daraa, lancant de dizaines de raids aériennes sur les villes et villages, en particulier sur le nord-est de la province, dans l’axe de Basr al-Harir et Mseiké, ceci pour la première fois depuis la signature de l’accord de réduction de tension, au milieu de l’an dernier, des activistes ont déclaré que «  les avions de combats russes ont lancé plus de 25 raids sur un quartier résidentiel de la ville de Basr al-Harir et sur la province est de Deraa », signalant « l’assassinat au moins d’une personne et blessant d’autres, bien que la plupart des habitants de la ville ont fui vers la frontière syro-jordanienne, afin d’éviter des frappes aériennes “.

Des villages dans la région de Llajat zone au nord de Deraa ont également été soumis à des bombardements intensifs, en parallèle avec de violents affrontements sur les axes des villages de Chomara, Dama, Chayyah et Boustan, où l’opposition a annoncé qu’elle a réussi de repousser l’attaque des forces du régime sur l’axe de la campagne orientale Dallafah et Harran dans la campagne est, tuant un certain nombre de l’armée des forces du régime.

Pour sa part, les sources du régime ont parlé hier que « les unités de l’armée ont fait des progrès dans le village de Basr al-Harir », notant que « les forces du régime ont pris le contrôle au cours des dernières 48 heures sur les villages et les villes de Deir Dama (Almayas), al-Bostan, Siyah-est, Chomariyé, Barghocha, Medawara, al-Alili, situées dans la partie est du district de Llahat ».

Il est probable que la bataille du sud syrien ne serait pas identique aux autres batailles dans le reste de la Syrie, car pour les factions de l’opposition c’est « une question d’existence et non pas une bataille des frontières ».  Des sources locales éclairées, ont déclaré que « l’Armée Syrienne Libre est une force frappante dans la région », notant que « l’armée a des milliers de combattants professionnels, qui ont acquis une expérience en sept années de combat contre le régime et les milices de l’Iran, il a expliqué que « il y a beaucoup des factions combattantes, qui sont présentes dans la campagne de Deraa est, en plus d’autres factions » notant que » la province de Dara-est est relativement vaste,  qu’il existe deux fronts de combats, la première s’étend sur prés de 100 kilomètres du nord au sud, et environ 55 kilomètres de l’est à l’ouest, en plus de la zone de Llajat Avec une nature géographique difficile. “

Les sources ont confirmé que « les combats entre les forces du régime et l’armée syrienne libre ne se termineront pas en peu de temps », notant que « l’ASL est capable de résister aux forces du régime très longtemps, et que le conflit ne se terminera pas dans le sud de la Syrie, sans un accord qui satisferait l’opposition syrienne. »
Il est clair que les forces du régime tentent de cloner le scénario appliqué à Alep qui consiste de démembrer la zone à l’identique du plan de reprise d’Alep et de la Ghouta de Damas-est, avec la mobilisation de grandes forces à cet effet. D’autre part, un groupe de plusieurs salles d’opérations militaires avaient annoncé leurs fusionnement en « une salle d’opération centrale », composée de plusieurs secteurs opérationnels », « L’édifice serrée », « Repousser les oppresseurs », « Unifier les rangs », « Triangle de la Mort », « La Victoire de l’Opprimé » et « Repousser les envahisseurs », afin d’organiser, planifier et diriger les opérations militaires dans le sud de la Syrie, en affirmant que l’opposition a choisi une longue confrontation militaire.

Le régime œuvrera, selon les analyses des militaires, pour ouvrir plusieurs fronts en même temps, comme le front du Rif du nord-est de Deraa, considéré actuellement comme le plus chaud, où il progresse à l’ouest de Sweida vers le village de Basr al-Harir, dans un but de séparer la région de Llajat du reste des régions sous le contrôle de l’opposition syrienne, ce qui permet au régime d’étendre son influence sur la région, que ce soit par des combats ou des accords.

L’analyse a également suggéré que le régime suit un plan d’ouverture de plusieurs fronts, notamment le front du triangle de la mort (confluence de la campagne de Damas, Daraa et Quneitra), en plus du front de la ville de Deraa elle-même, que le régime contrôle avec les factions de l’opposition syrienne, dans l’intervalle, les craintes de la Jordanie que la situation ne se détériorait au sud syrien et ne s’accentuent. Selon notre source de révélations « les craintes Jordanie se sont renforcées après les dizaine d’attaques de l’aviation de combat russe, lancées samedi et dimanche sur la région de Deraa, et pour la première fois depuis la signature d’un accord de désescalade au milieu de l’année dernière, en plus de l’escalade des affrontements entre les forces Régime et opposition dans le sud de la Syrie. “
L’escalade des confrontations armées entre le régime et l’opposition dans sud syrien, selon le ministre des Affaires étrangères et des expatriés jordanien, Ayman al-Safadi « la Jordanie effectue des contacts avec deux partenaires pour réduire l’escalade dans le sud de la Syrie, avec les États-Unis et la Russie, afin de maintenir l’accord de cessez-le-feu ». Il a ajouté que « la Jordanie suit l’évolution dans le domaine et met l’accent sur la nécessité de respecter l’accord et nous travaillons à prévenir l’éclatement de la violence », ajoutant que « les frontières et les intérêts de la Jordanie sont protégés

 

L'ASL à Deraa 25 juin 2018.jpg

ضوء أخضر أميركي لتدمير درعا: الفصائل تتعهد بالمواجهة

أمين العاصي، عمّان ــ زيد الدبيسية, 25 يونيو 2018

 

أظهرت كافة التطورات الميدانية في درعا خلال الساعات الماضية، أن الجنوب السوري سيكون أمام حرب تدمير لإخضاعه برمته للنظام والقضاء تماماً على المعارضة السورية التي تؤكد أنها اختارت المواجهة، وذلك بعد القصف غير المسبوق، الذي تعرّضت له المنطقة بالبراميل المتفجرة ودخول الطيران الروسي على خط المعركة. وسبقت كل ذلك رسالة أميركية لفصائل المعارضة واضحة في معناها السياسي والعسكري ومفادها “ضرورة ألا تبني الفصائل قراراتها في ما يتعلق بمعركة على افتراض أو توقع قيام الولايات المتحدة بتدخل عسكري لوقف هجوم النظام السوري”. وبذلك يتبيّن أن خشية المعارضة طوال الفترة الماضية من أن صراعات وحسابات القوى الإقليمية والدولية النافذة في درعا ستكون المعارضة هي الخاسر الأكبر منها قد كانت في محلها، وإن اتخذت التطورات بعداً مختلفاً، خصوصاً بعدما جاء الإعلان الأميركي مفاجئاً بأن واشنطن لن تضع ثقلاً عسكرياً في جنوب سورية، في حال نشوب المعارك بين المعارضة والنظام، ليظهر فشل المفاوضات التي كانت تجري بين الروس والأميركيين بشأن الجنوب السوري، وأن ما جرى عملياً هو تخلٍ أميركي وروسي عن اتفاق خفض التصعيد في هذه المنطقة الذي تم بموجبه وقف إطلاق النار. وبات من الواضح أن واشنطن تراجعت خطوات واسعة عن استراتيجية اتبعتها في الجنوب السوري، وكانت قائمة على منع قوات النظام من استعادة السيطرة على هذا الجنوب المتاخم للأردن وفلسطين المحتلة.

ومن المتوقع أن تلقي تطورات الجنوب السوري بظلالها على الملف السياسي، خصوصاً لجهة اللجنة الدستورية التي تحاول الأمم المتحدة تشكيلها، فيشير في هذا الصدد، المتحدث باسم الهيئة العليا للتفاوض التابعة للمعارضة السورية يحيى العريضي في حديثٍ لـ”العربي الجديد”، إلى أن “كل الاحتمالات مفتوحة، بما فيها عدم الانخراط في اللجنة رداً على تطورات الجنوب”، مضيفاً بأن “هناك ألف سؤال يحيط بما يجري في الجنوب السوري”.

وأبلغت واشنطن، مساء السبت، فصائل المعارضة السورية الرئيسية: “ضرورة ألا تتوقع حصولها على دعم عسكري لمساعدتها على التصدي لهجوم ضخم، تشنه قوات النظام لاستعادة مناطق يسيطر عليها مقاتلو المعارضة جنوب سورية”. وكشفت نسخة من رسالة أرسلتها واشنطن إلى قادة جماعات “الجيش السوري الحر” واطلعت وكالة “رويترز” عليها، أن “الحكومة الأميركية تريد توضيح ضرورة ألا تبنوا قراراتكم على افتراض أو توقع قيامنا بتدخل عسكري”.

وكانت آمال المعارضة قد زادت بعد أن حذرت واشنطن رئيس النظام السوري بشار الأسد وحلفاءه الروس من أن “خرق هذه المنطقة ستكون له عواقب وخيمة”، وتعهدها بـ”اتخاذ إجراءات حازمة وملائمة”، ولكن سقف هذه الآمال انخفض الى حد بعيد بعد الرسالة الأميركية.

وانتقدت المعارضة السورية بشدة الموقف الأميركي المستجد، متهمة واشنطن بـ”التلاعب بمصير المدنيين في جنوب سورية”. وقال القيادي في الجيش السوري الحر، العميد إبراهيم الجباوي لـ “العربي الجديد”، إن “الموقف الأميركي موقف تخاذل وبيع ومساومة ومتاجرة بالشعوب”، مضيفاً أنه “يشكّل انتكاسة لأميركا ويثبت عدوانها على الحريات وحقوق الإنسان والطفولة، وعداوتها للشعوب عامة”. وتابع الجباوي بالقول إن “الولايات المتحدة همها مصالحها، وتنكث كافة العهود. لم تعد دولة ذات مصداقية وأشار الجباوي إلى أن “واشنطن هي من أوصلت الجنوب إلى هذه المرحلة”، واتهمها بأنها “تلاعبت بمصير وأرواح الناس هناك. تقع عليها مسؤوليات تاريخية وأخلاقية. هي من تقتل الجنوب اليوم وليس روسيا”. وأكد أن “فصائل المعارضة السورية اختارت المواجهة العسكرية بدعم من الحاضنة”، مضيفاً “موت أو نصر ولا ثالث لهما، على الأقل الآن”.

وبدأت الطائرات الروسية، فجر أمس الأحد، حملة واسعة النطاق، بريف درعا، فشنّت عشرات الغارات الجوية على مدنٍ وبلدات عدة، خصوصاً شمال شرقي المحافظة، في محور بصر الحرير ومسيكة، وذلك للمرة الأولى منذ توقيع اتفاق خفض التصعيد منتصف العام الماضي وقال ناشطون إن “الطيران الروسي شنّ أكثر من 25 غارة روسية على الأحياء السكنية في بلدة بصر الحرير بريف درعا الشرقي”، مشيرين إلى “مقتل شخص على الأقلّ وإصابة آخرين، رغم أن معظم سكان البلدة نزحوا إلى الحدود السورية الأردنية تفادياً للقصف الجوي”.

كذلك تعرضت قرى وبلدات منطقة اللجاة شمال درعا لحملة قصف وُصفت بـ”القوية” بالتزامن مع اشتباكات عنيفة دارت على محاور قرى الشومرة والداما والشياح والبستان، حيث أعلنت المعارضة عن صد هجوم لقوات النظام على محور الدلافة وحران بالريف الشرقي، وقتل عدد من عناصر قوات النظام.

من جهتها، تحدثت مصادر النظام أمس عن أن “وحدات من الجيش حققت تقدماً في بلدة بصر الحرير”، مشيرة إلى أن “قوات النظام سيطرت خلال الساعات الـ48 الماضية على قرى وبلدات دير داما (المياس) والبستان وسياح شرقي والشومرية وبرغوشة والمدورة والعلالي الواقعة في الجزء الشرقي من منطقة اللجاة بريف درعا”.

ومن المتوقع ألا تكون معركة الجنوب السوري مثل غيرها من المعارك في باقي أنحاء سورية، إذ تخوض فصائل المعارضة “معركة وجود وليس معركة حدود”. وتؤكد مصادر محلية مطلعة لـ “العربي الجديد” أن “الجيش السوري الحر قوة ضاربة في المنطقة”، مشيرة إلى أن “هذا الجيش لديه آلاف المقاتلين المحترفين، الذين اكتسبوا خبرة قتالية خلال نحو سبع سنوات من محاربة قوات النظام ومليشيات إيران وأوضحت أن “هناك العديد من الفصائل المقاتلة، التب تتمركز في ريف درعا الشرقي، إضافة إلى فصائل أخرى”، مشيرة إلى أن “محافظة درعا كبيرة نسبياً، وهناك جبهتا قتال، الأولى تمتد نحو 100 كيلومتر من الشمال للجنوب، ونحو 55 كيلومتراً من الشرق للغرب، إضافة إلى منطقة اللجاة ذات الطبيعة الجغرافية الصعبة”.

وأكدت المصادر أن “المعارك بين قوات النظام والجيش السوري الحر لن تنتهي خلال وقت قصير”، مشيرة إلى أن “الجيش السوري الحر قادر على الصمود ومقاومة قوات النظام لفترة طويلة، وأن الصراع لن ينتهي في جنوب سورية إلا باتفاق يرضي المعارضة السورية”.

ومن الواضح أن قوات النظام تحاول استنساخ سيناريو تقطيع الأوصال الذي اتبعته في حلب وغوطة دمشق الشرقية في الجنوب السوري، مع حشدها قوات كبيرة لهذه الغاية. وفي المقابل، كانت قد أعلنت منذ أيام مجموعة من غرف العمليات العسكرية في الجنوب السوري اندماجها ضمن “غرفة عمليات مركزيّة”، مكوّنة من غرف عمليات “البنيان المرصوص” و”رصّ الصفوف” و”صدّ البغاة” و”توحيد الصفوف” و”مثلث الموت” و”النصر المبين” و”صدّ الغزاة”، وذلك بهدف تنظيم وتخطيط وقيادة الأعمال العسكرية في الجنوب السوري، في تأكيد على أن المعارضة اختارت المواجهة العسكرية الطويلة.

وقد يعمد النظام، وفق تحليلاتٍ لعسكريين، إلى فتح جبهات متزامنة، إذ تُعتبر الجبهة الأكثر سخونة الآن في الريف الشمالي الشرقي لدرعا، حيث يعمل النظام هناك على التقدم من غرب السويداء، نحو بلدة بصر الحرير، بهدف فصل كامل منطقة اللجاة، عن بقية مناطق سيطرة المعارضة السورية، الأمر الذي يُسهل على النظام بسط نفوذه على المنطقة، إن كان بالقتال أو باتفاق.

كذلك رجّحت التحليلات أن النظام إذا اتبع أسلوب فتح الجبهات المتعددة فإن أبرز الجبهات المتوقع أن تشهد تسخيناً هي جبهات مثلث الموت (التقاء أرياف دمشق بدرعا والقنيطرة)، إضافة لجبهة مدينة درعا نفسها، التي يتقاسم النظام السيطرة عليها مع فصائل المعارضة السورية في غضون ذلك تصاعدت مخاوف الأردن من تدهور الأوضاع في الجنوب السوري. وبحسب ما كشفه مصدر مطلع لـ”العربي الجديد”، فقد “زادت مخاوف الأردن بعدما شنّت المقاتلات الروسية يومي السبت والأحد عشرات الغارات الجوية على محافظة درعا جنوبي سورية، وذلك للمرة الأولى منذ توقيع اتفاق خفض التصعيد منتصف العام الماضي، إضافة إلى تصاعد المواجهات بين قوات النظام والمعارضة في الجنوب السوري”.
وكان وزير الخارجية وشؤون المغتربين الأردني، أيمن الصفدي، قد قال أخيراً إن “الأردن يجري اتصالات مكثفة مع شريكيه في اتفاق خفض التصعيد في الجنوب السوري، الولايات المتحدة وروسيا، بهدف الحفاظ على الاتفاق ووقف إطلاق النار”. وأضاف أن “الأردن يتابع التطورات الميدانية ونؤكد ضرورة احترام الاتفاق ونعمل للحؤول دون تفجر العنف”، مشيراً إلى أن “حدود الأردن ومصالحه محمية“.

L’administration américaine a averti l’ASL qu’elle n’interviendrait pas,
alors que le régime syrien et Moscou bombardent la région.

Infos Syrie, Manbej et Deraa


Assad menace de lancer une offensive militaire dans le nord de la Syrie

Ahmed Ibrahim, 25 juin 2018
Le président syrien Bachar al-Assad a menacé dimanche de lancer une offensive militaire dans le nord de la Syrie pour reprendre le contrôle si la réconciliation n’était pas atteinte.

Dans une interview accordée à la chaîne de télévision russe NTV, Assad a affirmé que le recours à la force est le seul moyen d’étendre l’autorité de l’Etat sur la Syrie si les parties ne sont pas d’accord pour la réconciliation.

Il a ajouté que l’Occident ne participerait pas à la reconstruction de la Syrie, notant que son pays a le pouvoir de le faire malgré la poursuite de la guerre.

Le nord syrien accueille des millions de Syriens, y compris la majorité de la population syrienne, dont la plupart résidaient dans la Ghouta orientale, à l’est de Damas.

Les Nations Unies ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité de deux millions de personnes dans la province d’Idleb, alors que les bombardements continuent, ciblant les communautés résidentielles.

الأسد يهدد بشن هجوم عسكري شمالي سورية

أحمد الإبراهيم, 25 يونيو 2018

هدد رئيس النظام السوري، بشار الأسد، يوم الأحد، بشن هجوم عسكري في شمالي سورية، لاستعادة السيطرة عليه، في حال لم يتم التوصل لمصالحة.

وزعم الأسد في مقابلة مع قناة “إن تي في” الروسية، أن استخدام القوة هي الطريقة الوحيدة لبسط سلطة الدولة على سورية، في حال لم توافق الأطراف على المصالحة.

وأضاف أن الغرب لن يشارك في عملية إعادة إعمار سورية، مشيراً إلى أن بلاده لديها القوة على ذلك على الرغم من استمرار الحرب.

ويحتضن الشمال السوري ملايين السوريين، بينهم مهجرون من معظم الأراضي السورية، كان آخرهم أهالي الغوطة الشرقية، شرقي العاصمة دمشق.

وأعلنت الأمم المتحدة عن قلقها بشأن سلامة مليوني شخص في محافظة إدلب، في ظل استمرار القصف، الذي يستهدف التجمعات السكنية.

Des civils tués par le bombardement des forces du régime et de la Russie dans la campagne de Daraa

Ahmed Ibrahim, 25 juin 2018

Six civils ont été tués et d’autres blessés dimanche soir par les bombardements aériens des avions de guerre russes et des forces du régime dans les villes et villages à l’est de la province de Daraa, dans le sud de la Syrie.

Des sources locales ont déclaré qu’une femme et un jeune homme ayant des besoins spéciaux ont été tués et d’autres blessés à la suite de raids aériens sur la ville de Tyr, au nord-est de la ville de Deraa.

Elle a ajouté qu’un jeune homme et une femme ont été tués dans un bombardement similaire dans la ville d’al-Harak, alors qu’un autre civil a été tué et plusieurs autres ont été blessés par des bombardements sur la ville d’Alma.

Entre-temps, les hélicoptères du régime ont largué six barils explosifs sur la ville de Bassora al-Hariri, deux barils sur le village de Jaddal et quatre sur le village d’al-Majidl dans la région d’al-Lujat.

A signaler que les forces syriennes du régime ont lancé une campagne militaire il y a une semaine, dans les villages de Deraa al-Sharqi et Suwayda al-Gharbiya, tuant et blessant des dizaines de civils, dont des femmes et des enfants.

Des signes de Nakba à Daraa à la veille de la bataille globale: l’exode de masse

Adnan Ali, 22 juin 2018

Le régime syrien précipite le bombardement du Sud, en particulier la ville de Deraa, et dans une moindre mesure Quneitra, un front total basé sur une politique reproduite déjà dans la plupart des zones sur lesquelles il a son emprise : la terre brûlée, isolation de certaines régions, le déplacement des populations civiles, le plus grand nombre d’entre eux ont été tués avec des armes de « traditionnelles » ou chimique, une série terminant par un massacre, suivi par une soumission des rebelles armés et des civils qui sont restés dans leurs zones, et seront déplacées puis imposition de la « réconciliation » imposée à ceux qui décident de rester, et conduit les jeunes aux fronts de guerre du régime dans les rangs des milices et de l’armée. C’est Ainsi qu’il a obtenu la ville d’Alep, la Ghouta, Darya,  Qalmoun, le sud de Damas et Homs … C’est le sort qu’attendait, aujourd’hui , la ville de Deraa, qui faisait partie avec Quneitra, parmi les zones de réduction des hostilités l’escalade dans la compréhension onclut suite au accord d’arrangement avec la Russie, l’Iran et la Turquie, et l’accord tacite globale international, qui démenti toutes les promesses qui ont émergé des cercles de décision américaine, qu’elle fera le nécessaire pour empêcher le régime de commettre le massacre dans les provinces du sud à Deraa et Quneitra. Mais il semblerait que l’effet des accords israéliens russes sur le retrait des forces iraniennes et libanaises affiliées à Téhéran de la région du Golan occupé, en échange pour permettre au régime syrien de faire le « nettoyage » de Deraa, était plus puissant que tous les potins américain émis par Washington, ou repportés par des responsables de l’opposition syrienne d’après des fonctionnaires diplomates Américains.
 
Jeudi, il a eu une escalade marquée, par les bombardements et les déplacements de 12 000 personnes, portant à 80 000 le nombre de personnes déplacées en une semaine, avec les menaces dans les médias du régime qu’ils allaient subir le même sort que la Ghouta.

يستعجل النظام السوري تفجير منطقة الجنوب، وخصوصاً درعا، وبدرجة أقل القنيطرة، بجبهة شاملة مبنية على سياسة باتت مستنسخة من معظم المناطق التي أحكم قبضته عليها: الأرض المحروقة، عزل المناطق بعضها عن بعض، تهجير المدنيين وقتل أكبر عدد منهم بأسلحة “تقليدية” أو كيميائية، وهو مسلسل ينتهي بمجزرة يستسلم على أثرها من تبقى من مسلحين ومدنيين في مناطقهم، فيتم تهجيرهم وفرض “مصالحات” قسرية على من يقرر البقاء، ويُساق الشباب منهم إلى جبهات حروب النظام في صفوف المليشيات والجيش. هكذا حصل من حلب إلى الغوطة وداريا والقلمون وجنوب دمشق وحمص… وهو ما تترقبه اليوم محافظة درعا، التي كان يفترض أن تبقى مع القنيطرة منطقة خفض تصعيد بموجب التفاهمات الروسية الإيرانية التركية، وسط موافقة ضمنية عالمية تكذب كل الوعود التي خرجت عن دوائر القرار الأميركي بالقيام بما يلزم لمنع النظام من ارتكاب المجزرة في محافظتي الجنوب، درعا والقنيطرة. لكن يبدو أن مفعول الاتفاقات الإسرائيلية الروسية حول إبعاد القوات الإيرانية واللبنانية المحسوبة على طهران من منطقة الجولان المحتل، في مقابل السماح للنظام السوري بـ”تنظيف” درعا، كانت أقوى من كل الثرثرات الأميركية التي صدرت عن واشنطن، أو نقلها مسؤولون في المعارضة السورية عن دبلوماسيين أميركيين ويوم أمس الخميس، شهد تصعيداً لافتاً، بالقصف والتهجير الذي طاول 12 ألف شخص نزحوا من مناطقهم ليصل عدد المهجرين في غضون أسبوع واحد إلى 80 ألفاً، وبمزيد من تلويح إعلام النظام بمصير الغوطة الذي سينتقل إلى درعا. .

ASL au sud de Syrie-Deraa 2018

Syrie: le Comité constitutionnel et l’occupation permanente

Ammar Dayyoub, 21 juin 2018
L’histoire du Comité constitutionnel a pris place en remplacement de la discussion autour du Conseil transitoire de gouvernance. Le premier convient aux « victoires » de la Russie dans le domaine, et son commandement à la fois l’Iran et la Turquie pour écraser l’opposition, réduire le régime, et d’ajuster les projets des deux pays, qui n’envisagent plus leurs projets d’intérêts, sauf dans le cadre des leurs relations d’alliance avec la Russie. A l’époque du CNS aucune objection de valeur de la part des ‘Amériques et de ses alliés au projet de commission constitutionnelle. Cela était confirmé par les projet installés par les américains sur le territoire syrien notamment son influence dans le nord de l’Euphrate et la Syrie orientale et australe, et une coordination avec la Turquie à  Manbej, ainsi qu’avec la Russie dans toutes les régions de la Syrie. Il est vrai que l’Amérique n’annonce pas son soutien complet à la commission constitutionnelle, et se  contente de déclarations de temps à autre, son rejet et son refus de renouvellement du mandat au président syrien, mais elles viennent dans le cadre d’arrondir les coins avec la  Russie lui faisant des pressions, mais ce n’était pas l’expression d’une vision différente d’une solution en Syrie. Plus précisément: l’Amérique ne rejette pas les projets de la Russie pour résoudre le problème, que ce soit par Astana ou à travers Sotchi, mais les Etats-Unis ne déclarent pas plein appui aussi bien. La raison en est de faire arrondir les coins et de faire pression sur la Russie pour rompre son alliance avec l’Iran et l’expulser de la Syrie.

سورية.. اللجنة الدستورية والاحتلال الدائم

عمار ديوب; 21 يونيو 2018
حلّت بشأن سورية حكاية اللجنة الدستورية مكان النقاش عن الهيئة الانتقالية للحكم. تتناسب الأولى مع “انتصارات” روسيا ميدانياً، وقيادتها كلا من إيران وتركيا في سحق المعارضة، وتحجيم النظام، وضبط مشاريع الدولتين اللتين لم تعودا تفكران بمصالحهما، إلا في سياق العلاقات التحالفية مع روسيا. كانت حكاية الهيئة مطابقة سنوات الثورة الأولى، والتي كانت الكفّة فيها تميل إلى الثورة.
لا اعتراضات ذات قيمة من أميركا وحلفها على مشروع اللجنة الدستورية. يعزز ذلك ما ترسمه أميركا على الأرض السورية من نفوذ لها في شمال الفرات وشرقه وجنوب سورية، وتنسيق ميداني مع تركيا في منبج، ومع روسيا في كل مناطق سورية. صحيح أن أميركا لا تعلن تأييدها كاملاً لحكاية اللجنة هذه، وتُصرّح، بين الفينة والفينة، عن رفضها لها ورفض التجديد للرئيس السوري، لكن ذلك يأتي في إطار تدوير الزوايا مع روسيا والضغط عليها، وليس تعبيرا عن رؤية مختلفة للحل في سورية. بدقة أكثر: لا ترفض أميركا مشاريع روسيا للحل، سواء عبر طريق أستانة أو سوتشي، لكنها لا تعلن تأييدها كاملاً أيضاً. السبب تدوير الزوايا والضغط على روسيا لفكّ تحالفها مع إيران وطردها من سورية.

 

Les factions du Sud de la Syrie forment une salle d’opération centrale pour affronter le régime

Adnan Ali, 21 juin 2018

Un groupe de salles d’opérations militaires dans le sud de la Syrie a annoncé son fusionnement dans une «salle des opérations centrales» pour faire face aux récents événements dans les provinces de Deraa et de Quneitra.

Un communiqué publié mercredi soir a déclaré que “après avoir défini ses bases et achevé son installation dans divers secteurs dans le sud de la Syrie, la salle d’opération, a confirmé sa mission et pris la décision de défi et de résistance.. il a été annoncé la formation d’une salle d’opération centrale, comprenant des salles d’opération “L’édifice serrée”, “Repousser les oppresseurs”, “Unifier les rangs”, “Triangle de la Mort”, “La Victoire de l’Opprimé” et “Repousser les envahisseurs”, afin d’organiser, planifier et diriger les opérations militaires dans le sud de la Syrie.

ASL sud Syrie 2018

فصائل الجنوب السوري تشكل غرفة عمليات مركزية لمواجهة النظام

عدنان علي

21 يونيو 2018

أعلنت مجموعة من غرف العمليات العسكرية في الجنوب السوري اندماجها ضمن “غرفة عمليات مركزيّة”، لمواجهة ما تشهده محافظتا درعا والقنيطرة في الآونة الأخيرة.

وقال بيانٍ، نُشر مساء الأربعاء، إنه “بعد أن أتمّت غرفة العمليات تثبيت أركانها واستلام مهامها في مختلف قطاعات الجنوب السوري، مُتخذةً قرار التحدّي والصمود.. تم الإعلان عن تشكيل غرفة عمليات مركزيّة، تتكون من غرف عمليات (البنيان المرصوص) و(رصّ الصُّفوف) و(صد البغاة) و(توحيد الصُّفوف) و(مثلث الموت) و(النصر المبين) و(صد الغزاة)، وذلك بهدف تنظيم وتخطيط وقيادة الأعمال العسكرية في الجنوب السوري”.

Les troupes turques patrouillent à Manbej … et “FDS” lancent des campagnes d’arrestations

Adnan Ali, 20 juin 2018

les troupes turques ont commencé mercredi après-midi, a faire circuler des patrouilles sur les frontières de la ligne de “Sajour”, dans la zone de Manbej, à l’est de la ville d’Alep, au nord de la Syrie, la mise en œuvre de l’accord comme sur la carte de Washington, en application de l’accord de Route avec Washington, alors que les milices des « unités pour la protection du peuple » kurde, présentes dans la zone de Manbej, ont annoncé qu’elles n’ont pas pu obtenir des garanties ou des promesses de la part de la coalition internationale sur le sort de la région.

L’agence officielle « Anatolie  » a rapporté que les forces armées turques « ont commencé à patrouiller à Manbej syrienne dans le cadre de ses activités visant à nettoyer la zone du groupe terroriste du PKK “unités de protection du peuple », selon son expression. Les forces américaines ont commencé à patrouiller dans la région de Dadat en parallèle avec des patrouilles turques, tandis que des hélicoptères de l’Alliance internationale ont survolé la région.

La rivière Sajur est considérée comme la ligne de démarcation entre les factions de l’opposition syrienne dans la région du “Bouclier de l’Euphrate” et les unités de protection populaire stationnées dans la région de Manbej.

Des sources locales ont dit que les mots d’ordre de « unités de protection du peuple » kurde, est d’enlever ses drapeaux du quartier général militaire de la ville, et a relevé à la place les bannières des « forces démocratiques du conseil militaire de la Syrie/FDS », en notant que les patrouilles turques ont erré pendant environ une heure, puis elles se sont retirées, sans fixé de point ou de bases dans la région.

 

بدأت القوات التركية، ظهر اليوم الأربعاء، تسيير دوريات على حدود خط الساجور، في منطقة منبج، شرق مدينة حلب، شمال سورية، تنفيذاً لاتفاق خارطة الطريق مع واشنطن، بينما أعلنت مليشيات “وحدات حماية الشعب” الكردية، الموجودة في منطقة منبج، أنها لم تتمكن من الحصول على أية ضمانات، أو وعود من التحالف الدولي، حيال مصير المنطقة.

وذكرت وكالة “الأناضول” الرسمية أن القوات المسلحة التركية “بدأت تسيير دوريات في منبج السورية ضمن أنشطتها الرامية إلى تطهير المنطقة من تنظيم ي ب ك (وحدات حماية الشعب) الإرهابي” بحسب تعبيرها. وأوضحت أن القوات الأميركية بدأت تسيير دوريات أيضًا مقابل منطقة الدادات، بالتزامن مع تسيير الدوريات التركية، فيما حلقت مروحيات تابعة للتحالف الدولي في سماء المنطقة.

ويعتبر نهر الساجور الخط الفاصل بين فصائل المعارضة السورية في منطقة درع الفرات، ووحدات حماية الشعب المتمركزة في منطقة منبج.

وقالت مصادر محلية إن شعارات “وحدات حماية الشعب” الكردية أزيلت من المقرات العسكرية في المدينة، ورفعت مكانها رايات المجلس العسكري التابع لـ”قوات سورية الديمقراطية” (قسد)، مشيرة إلى أن الدوريات التركية ظلت تتجول لمدة ساعة تقريبًا، ثم عادت أدراجها، دون أن تقيم أي نقطة أو قاعدة.

Daraa attend la guerre destructrice


Daraa attend la guerre de destruction: le régime adopte la tactique de ” disloquer les zones”

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درعا تترقب حرب التدمير: النظام يعتمد تكتيك “تقطيع الأوصال”

أحمد حمزة

21 يونيو 2018

بعد أكثر من أسبوعٍ على ارتفاع وتيرة استقدام النظام السوري لمزيدٍ من التعزيزات العسكرية إلى جنوبي البلاد، وتحديداً شرقي درعا، مع رفع فصائل الجيش السوري الحر هناك لحالة الجاهزية وإعلانها الاستنفار، بدأت المؤشرات خلال الساعات الثماني والأربعين الماضية تتصاعد حول اقتراب معركة الجنوب في سورية، على الرغم من أن التحركات العسكرية حالياً، بقيت محصورة ضمن مناطق ريف درعا الشمالي الشرقي المتاخم لريف السويداء الغربي، مع احتمال توسع دائرة النار، للريف الشمالي، الذي سُجلت فيه، أمس الأربعاء، أولى موجات النزوح، نحو محافظة القنيطرة المجاورة وتُركز قوات النظام ثقلها الأساسي، وفق توزع النقاط الساخنة الآن، في مناطق الريف الشمالي الشرقي لمحافظة درعا، والتي تصل تباعاً إلى تخومها أكبر التعزيزات العسكرية، بحسب ما تُظهر صور ومشاهد مصورة، تبثّها صفحات ومواقع موالية للنظام على الإنترنت.
وبدأت القوات المهاجمة فعلاً بمحاولات تقدمٍ في مناطق محدودة، بداية من الكتيبة العسكرية، وهي تقريباً تفصل بين مناطق سيطرة النظام غربي السويداء، ومناطق المعارضة شرق درعا، وتقع بالقرب من قريتي مسيكة وحران، شرقي بلدة بصر الحرير، التي تسيطر عليها المعارضة وتتوقع الأخيرة أن تكون ميدان معركةٍ خلال الفترة المقبلة.
وقالت وسائل إعلام موالية للنظام، أمس الأربعاء، إن قوات الأخير تقدّمت نحو ستة كيلومترات في منطقة اللجاة، من محور حران – دويرة، فيما نفت مصادر عسكرية في المعارضة لـ”العربي الجديد”، حصول هذا التقدّم أو سواه شرقي درعا، مع تأكيدها في الوقت نفسه، أن “مواجهاتٍ عنيفة” تشهدها المنطقة، حيث “تصدّ فصائل الجبهة الجنوبية محاولات تقدم قوات الأسد”.

ويبدو واضحاً، وفق هذه المعطيات، أن قوات النظام السوري تتّبع أسلوب “تقطيع الأوصال”، الذي استخدمته في معارك سابقة ضد المعارضة السورية، آخرها في الغوطة الشرقية، إذ إن محاولات تقدّمها حالياً، من مواقع تمركزها غربي السويداء، نحو شمال شرقي درعا، تهدف بحسب مصادر عسكرية، لفصل منطقة اللجاة الواسعة، عن باقي مناطق سيطرة المعارضة بريف درعا الشرقي، وهو ما يعني حصار اللجاة، المنطقة التي تُعرف بوعورة تضاريسها الجغرافية، ما كان قد سَهّلَ على الجيش الحر السيطرة عليها تدريجياً، والتمركز فيها منذ ست سنوات تقريباً.

وكان واضحاً منذ أيام، مع حجم التعزيزات العسكرية، وبداية عمليات القصف المدفعي والجوي، أن مسرح أولى العمليات العسكرية للنظام جنوب سورية، سيكون في هذا المحور من محافظة درعا، التي يسيطر النظام على ثلث مساحتها تقريباً؛ وهي المساحة الممتدة على شكل لسانٍ طويل، قاعدته تبدأ من دمشق وجنوبها، وينتهي رأسه في مدينة درعا، التي تبعد أقل من خمسة عشر كيلومتراً عن معبر نصيب الحدودي مع الأردن. فيما تُسيطر فصائل المعارضة، على ثلثي المساحة المتبقية، وتتوزع على ضفتي المساحة التي تخضع لسيطرة النظام، إضافة للمناطق الحدودية غرباً مع الجولان المحتل، وجنوباً مع المملكة الأردنية وظهرت، أمس، مؤشراتٌ إضافية لاحتمال اشتعال جبهة أخرى في درعا، وهي في الريف الشمالي، الذي تعرضت فيه بلدتا الحارة وكفر شمس لقصفٍ من مدفعية النظام، الأمر الذي أقلق بعض السكان المحليين هناك، وأدى لنزوح نحو 200 عائلةٍ من الحارة، نحو مناطق سيطرة المعارضة، في جنوب شرق محافظة القنيطرة المتاخمة لشمال غربي درعا.
وردت فصائل الجيش الحر، وفق مصادر عسكرية، على قصف الحارة وكفر شمس، باستهداف ما قالت إنها مقرات عسكرية لـ”حزب الله” في قرية دير العدس، الواقعة ضمن ما يُعرف بـ”مثلث الموت”، وهو التقاء أرياف محافظات دمشق ودرعا والقنيطرة.

عموماً، فإن كل البيانات التي أصدرتها فصائل الجيش الحر خلال الأيام القليلة الماضية، إضافة للتصريحات التي أدلى بها بعض القياديين هناك لـ”العربي الجديد”، ولوسائل إعلامية أخرى، تشير إلى أن هذه الفصائل العسكرية، قد هيأت نفسها كما تقول للمواجهة، التي تبدو وجوديةً لها؛ لكن البعض أيضاً، لم يُخفِ خشيته من توصل القوى الإقليمية والدولية النافذة في درعا، لتوافقٍ قد تكون المعارضة هي الخاسر الأكبر فيه.

فعلى الرغم من أن القوة العسكرية لفصائل “الجبهة الجنوبية” (تضم أهم مجموعات الجيش الحر في درعا والقنيطرة)، تُعتبر كبيرة لجهة عدد المقاتلين الذين يصلون لأكثر من عشرين ألفاً، وفق مختلف التقارير، وكذلك لجهة نوعية الأسلحة والذخائر، لكن جزءاً مهماً من معركة الجنوب هو توافقٌ سياسيٌ من قبل الدول التي لها نفوذٌ أو مصلحة في جنوب غربي سورية؛ وحصول هذا التوافق السياسي، وأهم أطرافه الولايات المتحدة، وروسيا، وإسرائيل، والأردن، يعني أن مخرجات التوافق سيتم تطبيقها وتجري اتصالاتٌ وزياراتٌ منذ أكثر من أسبوعين، بين الأطراف الأربعة، آخرها الزيارة المفاجئة لرئيس الحكومة الإسرائيلية بنيامين نتنياهو للعاصمة الأردنية، ولقائه بالملك عبدالله الثاني، وبالتزامن معها وقبلها وبعدها، جرت عدة لقاءاتٍ بين مسؤولين أمنيين وعسكرين إسرائيليين وروس، في موسكو وتل أبيب.
وكان وزير الخارجية الأردني أيمن الصفدي، قد أبلغ المبعوث الأممي إلى سورية ستيفان دي ميستورا منذ أيام في اتصالٍ هاتفي، بأن بلاده تواصل اتصالاتها مع مختلف الأطراف، وتدعم استمرار اتفاقية خفض التصعيد، أو وقف إطلاق النار، والتي تم التوصل إليها، ضمن اتفاقٍ روسي – أميركي بمشاركة الأردن وإطلاع إسرائيل، منذ منتصف السنة الماضية.
غير أن الوقائع تقول إن هذا الاتفاق يفقد صلاحيته، إذ مع بسط النظام لنفوذه في الغوطة الشرقية منذ إبريل/ نيسان الماضي، بدأت إرهاصات عودة التصعيد لدرعا بالظهور، وهذا ما تأكد لاحقاً، عندما بدأ النظام يقول صراحة إنه متجهٌ إلى درعا، لـ”استعادتها عبر المصالحة أو الحرب”.

وفيما كانت الولايات المتحدة قد أبدت موقفاً حازماً حيال حصول تصعيدٍ من قبل النظام في درعا، وقالت المتحدثة باسم خارجيتها هيذر نويرت، قبل أسبوع، إن بلادها “ستتخذ إجراءات حاسمة ومناسبة” في حال أقدم النظام على التصعيد العسكري في درعا، فإن تصريحاتٍ لوزير الأمن الإسرائيلي أفيغدور ليبرمان منذ أربعة أيام، قال فيها إنه لا توجد قوات تابعة لـ”حزب الله” أو مليشيات إيرانية في جنوب سورية، فسرها محللون مطّلعون على أنها قد تعني موافقة ضمنية إسرائيلية على حملة النظام العسكرية في درعا، وإن كانت لذلك تفاصيل ومحددات، لم تظهر بعد.

وكان المركز الصحافي لوزارة الأمن الإسرائيلية قد نقل عن ليبرمان قوله إنه “في جنوب سورية من الممكن أنه يوجد عدة عشرات ممن يسمونهم بالمستشارين (تابعين لإيران)، لكن لا يوجد هناك أي عسكريين”، مضيفاً أنّ “المطلب الإسرائيلي في المسألة السورية واضح تماماً، وهو إبعاد حزب الله وإيران بالكامل عن الأراضي السورية”، مشيراً إلى أن منظومة الدفاع الجوي السورية “لا تثير أي قلق في إسرائيل… نعرف كيف يمكن التغلّب عليها، ونأمل بأن لا نضطر إلى ضرب هذه المنظومات”.

وبينما تُكافح المملكة الأردنية، وفق تصريحات جديدة وقديمة لمسؤولين فيها، لإيجاد حلٍ يُغلق ملف جنوب سورية، المتاخم لشمال الأردن، بالمحافظة على اتفاق وقف إطلاق النار، وجعله بعيداً عن “الحرب”، لخشيتها من موجات نزوحٍ جديدة نحو شمالي الأردن، وهي التي أعربت أساساً، عن موقفٍ مرنٍ تجاه عودة النظام للسيطرة على المناطق الحدودية معها، فإن ما هو واضح الآن، أن إرهاصات هذه “الحرب” قد بدأت، وإن كانت العمليات العسكرية وحملات القصف محدودة حتى مساء الأربعاء، ويتوقف تصاعدها على ما قد ينتج من التفاهمات السياسية بين الدول الإقليمية والدولية المعنية بملف الجنوب السوري.

Syrie. «Je veux que le monde entier sache jusqu’où Bachar Al-Assad est allé dans l’horreur»


 

Propos recueillis par
Annick Cojean

Il n’existe pas de terme pour qualifier l’horreur, l’infamie, la monstruosité des crimes du «despote de Damas et tous les salauds à sa solde». La lecture du témoignage de Hasna Al-Hariri est à peine supportable, quasi insoutenable. Pourtant il doit être lu et diffusé. Cela au moment où ladite communauté internationale est en train d’avaliser la permanence au pouvoir du clan Assad, responsable avéré des pires crimes contre l’humanité. L’affirmation d’Hasna Al-Hariri suffit à jetter l’opprobre sur ceux que se font complices, de facto, des turpitudes du pouvoir Assad: «Nos filles entrent en prison, pures comme de l’argent. Elles en ressortent détruites et mortes-vivantes. Mais y a-t-il une seule voix forte, en Occident, qui se soit élevée pour les défendre et exiger leur libération? Citez-m’en une seule. Eh bien non.» (Réd. A l’Encontre)

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C’est après la défection de l’un de mes fils, soldat dans l’armée syrienne, que ma vie a basculé et que toute la famille est officiellement devenue «ennemie du régime». Il avait servi pendant onze ans, mais l’ordre de faire feu sur n’importe quel supposé révolutionnaire, fût-il pacifique, lui a été insupportable, et il a déserté le 20 avril 2011. Trois jours plus tard, notre maison, située dans un village de la région de Deraa, était investie par les militaires, fouillée, pillée, puis perquisitionnée à nouveau tous les deux jours, jusqu’à ce qu’un tir de lance-roquettes, le 10 mai, la détruise presque entièrement.

Le 15 mai, un autre de mes fils, rebelle, qui était soigné dans un hôpital de Deraa, a été assassiné par des soldats du régime qui ont pris d’assaut le bâtiment et ont tué 65 hommes figurant parmi les blessés, cinq d’entre eux, réputés déserteurs, étant enterrés vivants.

J’ai ramené le corps de mon fils au village et me suis employée, dès lors, à chercher nourriture et médicaments pour ma famille, mais aussi pour les rebelles. Oui, bien sûr que je voulais les aider. Ils réclamaient le droit de s’exprimer, mais ne voulaient pas la guerre! Comme j’étais surveillée et suivie, j’ai été arrêtée une première fois le 14 juin 2011, détenue d’abord dans une base des services secrets de Deraa, puis transférée à Damas, au centre 215 de la sécurité militaire. Celui qu’on appelle le «centre de la mort» parce qu’y meurent quotidiennement, sous la torture, un grand nombre de prisonniers.

Ce que j’ai vu alors dans les couloirs du sous-sol, avant même d’entrer dans ma cellule, ressemblait à une vue de l’enfer. Le sol ruisselait de sang, il y avait des cadavres dans les coins, et j’ai assisté à des scènes de torture inconcevables, sous les hurlements, les menaces, les injures: des jeunes hommes nus frappés avec des bâtons ou des câbles tressés leur arrachant la chair, suspendus par les bras à des chaînes accrochées au plafond, crucifiés, coincés dans des pneus, empalés sur des pieux. J’ai vu découper des membres à la tronçonneuse sur des êtres vivants, pour effrayer les autres et les faire avouer des choses qu’ils n’avaient pas faites. Des cris résonnaient dans toute la prison.

Il y avait alors peu de femmes. Dès mon arrivée, et malgré mon âge, j’ai été mise à nu, et j’ai dû subir ainsi, sans vêtements, des jours et des jours d’interrogatoire. J’ai été profondément humiliée. Battue avec toutes sortes d’instruments. Soumise aux chocs d’une matraque électrique qu’on me passait sur tout le corps. Plongée des jours dans un bassin d’eau souillée dans laquelle on m’enfonçait la tête pour me forcer à répondre à leurs questions: «Qui sont les terroristes que tu soutiens? Quel argent reçois-tu d’Israël ? Quels réseaux avec les Qataris et les Saoudiens?» Ces questions étaient tellement absurdes, moi qui ne connaissais que des jeunes gens épris de liberté! Un jeune soldat m’a enfoncé les doigts dans le sexe. J’ai hurlé : «Je pourrais être ta mère! »

Mais le viol était partout. Dans les actes, dans les menaces, dans les discours. C’était le maître mot. Viol. Pour me faire craquer, les gardes me faisaient entrer dans les salles de torture où des hommes nus se faisaient violer et ils me criaient : «Regarde bien ! C’est ce qui arrivera à tes fils et tes filles si tu continues à comploter contre le régime. On vous violera tous!» Ils savent bien que dans nos sociétés, le viol est pire que la mort.

J’ai été relâchée. Mon fils déserteur a été tué. Comme le mari de ma fille, qui s’était simplement arrêté au bord d’une route pour prêter secours à des blessés qui se vidaient de leur sang. Puis on a retrouvé le corps de mon neveu, lui aussi déserteur, les yeux arrachés. De nouveau, j’ai été arrêtée et placée dans une cellule étroite avec une vingtaine de femmes de tous les âges. On venait les chercher une par une. Elles revenaient déshabillées, tuméfiées, brisées, en pleurs. Au début, elles évoquaient gifles et tabassage, aucune n’osait avouer avoir été violée. Mais l’angoisse de tomber enceinte était si atroce et obsédante que rapidement, on n’a plus parlé que de ça. Les viols. Les viols au quotidien. Les viols par cinq ou dix hommes, qui déchiraient les femmes en criant : «Ton frère ou ton mari s’est révolté contre le régime? Ils veulent la liberté? Eh bien voilà ce qu’on leur répond! Tiens! Tiens! Violée, tu ne vaux plus rien ! Voilà ce que récoltent les salauds!»

Dans ma salle d’interrogatoire, j’ai vu violer une fille de 13 ans sous les yeux de sa mère. Violer des femmes de 18, de 30 ans, de 55 ans. Et j’ai vu mourir devant moi une jeune fille, bras et jambes écartelés, ficelés à des chaises, qu’une dizaine d’hommes ont massacrée. Le plus fou, c’est qu’au-delà de la souffrance physique, ces femmes détruites affrontaient une souffrance morale qui leur paraissait pire, en comprenant que leur futur venait d’être anéanti. Qu’elles ne pourraient plus se présenter devant leurs frères, leurs pères ou leurs maris. Qu’elles étaient souillées, à jamais déshonorées aux yeux de leurs proches.

Et que Bachar, cette ordure, avait réussi ça: disloquer leur famille, comme il disloquait toute la société. C’est ce qu’il a fait de plus atroce dans sa guerre contre nous. Il nous a tiré dessus avec des fusils et des lance-roquettes. Il nous a bombardés avec des tanks et des avions. Il nous a balancé des gaz chimiques. Mais le pire, c’est ce qu’il a fait à nos filles.

«Je serai la première à témoigner»

Ma troisième détention a duré dix-huit mois, au cours desquels mon mari a été assassiné en essayant de me faire libérer moyennant une grosse somme d’argent qu’ils lui ont bien sûr volée. Je suis sortie en janvier 2014, grâce à un échange de prisonniers. Pendant tous ces mois, j’ai été transférée dans plusieurs endroits, dont le centre de renseignement de l’armée de l’air de l’aéroport de Mazzeh et une unité de la sécurité politique de Damas. Mais c’est à la section 215, désormais pleine de femmes issues de toutes les villes – Deraa, Alep, Homs, Idlib, Deir ez-Zor –, que j’ai assisté aux pires atrocités.

J’ai vu des femmes mourir au cours d’un énième viol. J’ai vu des femmes essayer d’avorter et mourir d’hémorragie. J’ai vu une fillette de 13 ans, suspendue par les poignets et la poitrine lacérée. J’ai vu des gardiens entrer dans notre cellule et tordre la bouche des filles en exigeant des fellations. J’ai vu une femme pleine du sang de ses règles à qui, en se moquant, on a jeté des rats qui lui ont bouffé le sexe. Oui, j’ai vu ça. Elle est morte. J’ai voulu la secourir, j’ai hurlé, réclamé une couverture sur son corps. On me l’a refusée: «Ce serait bien trop beau pour elle!»

Les Kurdes, les chrétiennes et les alaouites – car il y en avait – étaient victimes d’un acharnement particulier, traitées de putes et de salopes. Et j’ai vu naître des bébés issus des viols. Qui a jamais parlé de cette infamie? Oui, ce que les femmes redoutaient le plus au monde arrivait inévitablement: elles tombaient enceintes et accouchaient au milieu de nous toutes, dans la crasse, les poux, les infections, à même le sol.

J’ai dû m’improviser sage-femme. Quand on vit dans un village, on sait faire ces choses-là. J’ai fait ce que j’ai pu. Soulagé, assisté, encouragé, rassuré. Accueilli des bébés ensanglantés entre mes mains, sans même savoir où les poser, horrifiée. Nous n’avions ni draps ni couvertures. Et on ne nous laissait même pas opérer près des toilettes, où on aurait disposé d’un peu d’eau. Rien, nous n’avions rien, si ce n’est un bout de tissu donné par une femme qui, solidaire, venait de déchirer son voile, et les ciseaux qu’un gardien nous prêtait pour couper le cordon ombilical et qu’il reprenait aussitôt en repartant avec le bébé hurlant. Le bébé de la honte. Le bébé du malheur. Un petit être vivant qui n’avait pas demandé à venir et dont on ne saurait rien…

Au début, ils nous les arrachaient dès l’accouchement. Puis, curieusement, ils les ont laissés aux mamans près de trois mois, afin qu’elles les nourrissent au sein. Certaines éprouvaient une répulsion immédiate pour l’enfant de l’ennemi. D’ailleurs, qui était le père? Un Syrien? Un Iranien? Un Irakien? Un type du Hezbollah? Il y en avait parmi nos bourreaux. Mais les mères finissaient par s’attacher au bébé. Jusqu’au jour où, sans prévenir, on le leur arrachait. Elles hurlaient de douleur et imploraient la mort.

Certains accouchements étaient tragiques, des bébés sont mort-nés, d’autres se sont éteints quelques jours après leur naissance, faute de soins et de médicaments. Ils étaient aussitôt jetés. Je me souviens d’une très jeune fille qui, après trois jours de travail, ne parvenait pas à évacuer son enfant. Il aurait fallu pratiquer une césarienne. J’ai dû lui déchirer le périnée, la plaie s’est infectée, putréfiée. J’ai supplié qu’on la soulage, un gardien compatissant m’a juste apporté du sel de table…

Lors de mes différents séjours, j’ai croisé dans ce sous-sol sordide des centaines de femmes enceintes. J’ai personnellement aidé à naître cinquante enfants, vu mourir dix bébés, cinq mamans… Des femmes retombaient rapidement enceintes après l’accouchement. Ma cousine de 20 ans a donné ainsi naissance à un garçon. Elle est encore détenue. Cela fait quatre ans et trois mois… Peut-être a-t-elle eu d’autres enfants. Alors, qu’on ne me parle plus de l’ONU ni des droits de l’homme! Ça n’existe pas! Le monde n’a rien fait pour nous. Le monde nous a laissés tomber. Nos filles entrent en prison, pures comme de l’argent. Elles en ressortent détruites et mortes-vivantes. Mais y a-t-il une seule voix forte, en Occident, qui se soit élevée pour les défendre et exiger leur libération? Citez-m’en une seule. Eh bien non.

Personne ne songe aux femmes! Je veux que le monde entier sache jusqu’où Bachar Al-Assad est allé dans l’horreur et comment il a martyrisé son peuple. Un haut gradé de son armée m’a téléphoné, ici, en Jordanie, pour me dire que je serai assassinée si je révélais ce secret. Je m’en fous! Il croyait me faire peur, mais c’est lui qui devrait trembler. Car j’ai tout retenu: les dates, les actes, les gestes, les insultes. Et les noms! Oui, j’ai mémorisé les noms des officiers, des gardiens, des violeurs et de tous nos bourreaux. Je garde des preuves. Je documente. Car je veux pouvoir raconter aux jeunes générations ce qui a été vécu par leurs aînés, pourquoi ils se sont révoltés, pourquoi ils ont dû s’exiler. Et surtout, je veux confondre un jour le despote de Damas et tous les salauds à sa solde. Car ils seront jugés un jour, inch’ Allah! Et je serai la première à témoigner contre eux devant un tribunal international. La première! Inscrivez-moi! C’est ça qui me tient debout. (Témoignage publié dans le quotidien Le Monde daté du 6 décembre 2017)

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Le Monde avait publié, le 6 mars 2014, une enquête d’Annick Cojean, titrée «Le viol, arme de destruction massive», pour laquelle la journaliste avait collecté et croisé de nombreux témoignages de femmes ayant subi des sévices sexuels dans les geôles syriennes et s’exprimant pour la première fois. Cette fois, c’est un film, Syrie, le cri étouffé, réalisé par Manon Loizeau et coécrit avec Annick Cojean, avec l’aide de Souad Wheidi, qui sera diffusé le jeudi 7 décembre sur France 2 dans le cadre d’une soirée consacrée à la Syrie.

Syrie : Raqqa et Deraa


المثلث الحدودي الواقع بين الجولان السوري المحتل والأردن ومدينة درعا


المثلث الحدودي الواقع بين الجولان السوري المحتل والأردن ومدينة درعا
22 فبراير,2017

مدير المرصد السوري: مايعرف بجيش خالد بن الوليد المبايع لتنظيم “الدولة الإسلامية” سيطر على المثلث الحدودي الواقع بين الجولان السوري المحتل والأردن ومدينة درعا بالكامل، وعدد الخسائر البشرية كبير جدا خلال تلك الاشتباكات
مدير المرصد السوري: المثلث الحدودي الواقع بين الجولان السوري المحتل والأردن ومدينة درعا أصبح بالكامل تحت سيطرة جيش خالد بن الوليد المبايع لتنظيم “الدولة الإسلامية”، وهناك غموض وتساؤلات حول تمكن هذا الفصيل من السيطرة بهذه السرعة على هذه المساحة الواسعة رغم تواجد أكثر من ١١ فصيل اسلامي

مدير المرصد السوري:: فصائل مقاتلة معارضة وهيئة تحرير الشام تواصل هجومها في حي المنشية بمدينة درعا، في محاولة لطرد قوات النظام من الحي، والطائرات الحربية كثفت ضرباتها مستهدفة مناطق في المدينة وريفها، وكل شي وارد عن مشاركة الروس في القصف الجوي على درعا، فهي التي تعتبر نفسها “راعية للسلام في سوريا”

Le triangle situé entre le Golan occupé, la Jordanie et la ville de Dara’a

22 février 2017

Le Directeur de l’OSDH a déclaré que le triangle situé entre le Golan Syrien Occupé, la Jordanie et la ville de Dera’a est entièrement sous le contrôle de ce qu’on appelle “l’armée de Khaled Ben Al Walid”, qui a fait allégeance à Da’ech, et d’ajouté qu’il y a des interrogations sur l’ambiguité qui a permis à ce groupe de contrôler si facilement et aussi rapidement sur cette vaste surface, malgré la présence de plus de 11 factions islamistes dans la région.

Daech l'extrémiste - عقلية داعش وأخواتها

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