Syrie : “La violence est dans les gènes de la famille Assad depuis 1970”


 

Syrie : “La violence est dans les gènes de la famille Assad depuis 1970”

Pour le politologue libanais Ziad Majed, le revirement de Macron sur Assad est immoral et dangereux, car la dictature alimente le terrorisme.

PAR LOUIS CHAHUNEAU

Modifié le 12/07/2017 à 11:09 – Publié le 11/07/2017

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À Alep le 24 juillet 2016, dans la zone rebelle. 200 000 civils ont été assiégés et bombardés pendant des mois par le régime d’Assad avec le soutien russe. © AFP/ AMEER ALHALBI

Le 21 juin,

dans une interview accordée à huit journaux européens, Emmanuel Macron déclarait que la destitution de Bachar el-Assad en Syrie n’était plus la priorité de la France, faute de « successeur légitime », suscitant l’inquiétude de l’opposition syrienne. Le président de la République ajoutait : « Bachar, ce n’est pas notre ennemi, c’est l’ennemi du peuple syrien. » La semaine suivante, il accueillait à l’Élysée Riad Hijab, le coordinateur du Haut Comité de l’opposition en vue des négociations, et réaffirmait son soutien « au peuple syrien », brouillant la diplomatie française au Proche-Orient.

Le politologue libanais Ziad Majed, spécialiste de la Syrie et enseignant à l’American University of Paris, a cosigné une tribune dans le quotidien Libération du 3 juillet pour dénoncer « ce revirement diplomatique majeur ». Pour Le Point.fr, il explique pourquoi ces propos sont ambigus et placent la France « dans la position d’un État complice ».

Le Point.fr : La politique française envers la Syrie a-t-elle vraiment changé entre François Hollande et Emmanuel Macron ?

Ziad Majed : Oui, en tout cas au niveau du discours. La vision de Macron, défendue par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, consiste à s’allier avec la Russie dans une lutte plus virulente contre le terrorisme en Syrie. Cela rompt avec la politique de Hollande qui considérait que la lutte contre le terrorisme devait aller de pair avec une solution politique en Syrie, qui destituerait Assad. Macron n’y est pas opposé, mais explique que ce n’est pas la priorité et qu’Assad n’est pas l’ennemi de la France.

Emmanuel Macron a-t-il raison de dire qu’« Assad n’est pas l’ennemi de la France », mais « du peuple syrien » ?

Cette formule est dangereuse parce qu’elle exclut le peuple syrien de la communauté internationale. Un dictateur pourrait donc tuer, massacrer ? Cela alimente le terrorisme et la vengeance. Allez dire aux habitants là-bas que c’est de la « realpolitik ». Ça ne marche pas. Admettre que Bachar el-Assad est l’ennemi de son peuple, c’est reconnaître qu’il est criminel. Donc, il ne peut pas être légitime. L’argument ne tient ni au niveau pragmatique, ni au niveau éthique, ni même au niveau du droit international. Je comprendrais une coopération avec les Russes, mais avec des objectifs clairs et négociés à l’avance.

Entre 2005 et 2007, la plupart des djihadistes qui partaient combattre les Américains en Irak étaient manipulés par le renseignement syrien.

La France n’a-t-elle pas intérêt à ce qu’Assad reste au pouvoir, notamment pour reprendre la coopération entre les services syriens et ainsi améliorer son renseignement antiterroriste ?

Non, c’est un mythe, une illusion. Il y a eu quelques moments de coopération entre les services secrets français et syriens, mais cela a toujours fonctionné de manière très politique. Le régime syrien, quand il souhaite normaliser avec un État, lui fournit des listes, des noms, pour lui montrer qu’il est indispensable dans la lutte antiterroriste. Mais cela indique en réalité qu’il est impliqué dans les réseaux de terrorisme. D’ailleurs, ce n’est pas un secret qu’entre 2005 et 2007 la plupart des djihadistes qui partaient combattre les Américains en Irak passaient par Damas et étaient manipulés par le renseignement syrien, et en particulier par le beau-frère de Bachar el-Assad, Assef Chawkat, qui est mort en 2012 dans une explosion mystérieuse. Hafez el-Assad est également soupçonné d’avoir commandité l’attentat rue des Rosiers en 1982, ainsi que l’assassinat de l’ambassadeur français au Liban Louis Delamare à Beyrouth en 1981 (sa mort n’a jamais été élucidée, NDLR). Et le régime n’a plus les mêmes capacités au niveau du renseignement qu’il y a dix ans. Il est extrêmement épuisé. Les trois quarts du pays échappent à son contrôle. Il n’a pas de réseau dans la zone que contrôle Daech. Enfin, le terrorisme qui frappe la France a surtout été l’œuvre de citoyens français.

Le bombardement d’une base aérienne du régime par l’armée américaine s’inscrit-il dans une stratégie de long terme ?

C’était un acte isolé. Donald Trump a voulu marquer sa différence avec Obama : montrer que l’usage des armes chimiques entraînera une riposte immédiate des États-Unis. Mais la priorité des Américains en Syrie reste de détruire Daech en soutenant les Kurdes du côté de Raqqa.

Selon les renseignements américains, le régime serait sur le point de mener de nouvelles attaques chimiques. Quel serait l’intérêt pour Assad ?

Je ne pense pas qu’il y aura un énorme scandale si le régime réutilise le gaz sarin. Il l’a utilisé hier, et aujourd’hui, c’est le chlore. Il y a eu une telle banalisation de la mort en Syrie que plus rien ne surprend. Et s’il y a bien un domaine que maîtrise parfaitement le régime, c’est le dosage de la violence. En 2011, le régime ne s’attaquait pas aux manifestations dans les quartiers bourgeois où les gens s’habillent comme en Occident. En revanche, la mort s’est abattue dans les zones rurales, pauvres, sunnites, où les femmes sont voilées et les hommes barbus. Leur mort ne suscite pas la même réaction chez les Occidentaux. De plus, il y a un excès de violence incroyable dans les prisons de l’État. Ces histoires sont tellement inhumaines que beaucoup n’y croient même plus. La violence est dans les gènes de la famille Assad depuis 1970. Le régime pense qu’il survivra en humiliant sa population. Tous ceux qui veulent marcher la tête haute doivent être frappés jusqu’à la soumission. En arabe, on dit : « La mort ou la soumission. »

Penser que seul un dictateur est en mesure de tenir ce pays est totalement faux. On est en train de répéter les mêmes erreurs chaque décennie.

Dans quel état se trouve l’opposition syrienne ?

Après août 2013, et la volte-face d’Obama, l’opposition s’est sentie démunie et trahie, de sorte que beaucoup ont abandonné la lutte. Ce n’est pas une coïncidence si Daech est devenu puissant à partir de ce moment-là. Les forces islamistes de l’opposition se sont aussi renforcées, et les pays du Golfe leur ont rapidement apporté leur soutien. Au niveau international, l’opposition est représentée dans le Haut Comité en vue des négociations. Mais sur le terrain, il y a une fragmentation des forces : l’Armée syrienne libre, les forces islamistes et Fatah al-Cham. Ce dernier groupe n’est pas représenté dans la délégation au Haut Comité puisqu’il est considéré comme un mouvement terroriste.

Le problème, c’est que tous ces groupes très différents n’ont pas le même objectif politique. En Europe, on veut que l’opposition soit représentée par un seul homme, mais on oublie qu’elle est constituée d’acteurs de gauche, de droite, de libéraux, de communistes, d’islamistes, de tribaux, de féodaux… Ce morcellement est le fruit de 47 ans de dictature. La Syrie vit sous l’état d’urgence depuis 1963, et la prise du pouvoir par le parti Baas. Celui-ci a dissous les partis politiques, interdit les associations, la vie publique, monopolisé les médias. Et l’opposition politique, qui a depuis vécu en prison ou en exil, n’a jamais eu les ingrédients pour reconstruire un modèle politique.

L’opposition possède-t-elle encore la capacité nécessaire pour renverser Assad ?

Depuis l’intervention des Russes en septembre 2015, la chute du régime est devenue militairement impossible. Les Russes ont mené des dizaines de milliers de raids aériens. Certes, le régime ne contrôle que 24 % du territoire syrien, mais 65 % de la population vit dans ces zones qui concentrent les grandes villes comme Damas, Alep, Homs et Hama. Beaucoup de civils se sont réfugiés dans ces territoires, sous le contrôle du régime, pour éviter les bombardements. Bachar el-Assad a tout fait pour pourrir la vie des gens qui vivent dans les autres régions : les hôpitaux sont bombardés, et il n’y a pas d’eau ni d’électricité. Avant 2013, les gens documentaient les massacres pour témoigner au monde entier leur quotidien. Mais, depuis, ils le font pour leur mémoire parce qu’ils ont senti que tout le monde les avait abandonnés. Les islamistes avaient prédit cela. La relation quotidienne avec la mort a fait monter le poids de l’islam dans la société.

Les négociations de paix reprennent à Genève le 10 juillet. Peuvent-elles encore aboutir ?

Non. Les négociations ont commencé en juin 2012 avec l’idée d’une transition politique en Syrie. Puis, les Russes ont commencé à utiliser des termes comme « coalition » avec Assad, alors que les négociations visaient à mettre de côté le régime. Et les Nations unies ont ajouté une autre clause : « la lutte contre le terrorisme ». Or, les Russes considèrent toute l’opposition comme terroriste. Depuis, tout est bloqué. Les discussions à Astana, qui visaient à convenir de cessez-le-feu, ont abouti à la création de cinq zones de « désescalade » (celui de la ville de Deraa n’est pas respecté, NDLR). La moitié des groupes d’oppositions boycottent aujourd’hui les négociations, car les cessez-le-feu ne sont pas tous respectés.

Quelle solution préconisez-vous pour la paix ?

Ce ne sont plus les Syriens qui décident. La Russie et l’Iran gèrent leur diplomatie et veulent qu’Assad reste au pouvoir moyennant quelques réformes. Les Iraniens veulent garder le contrôle de Damas pour rester en contact avec le Hezbollah au Liban, la mer Méditerranée et la frontière israélienne. Les Russes veulent se poser comme les protecteurs du régime syrien tout en conservant leurs bases militaires à Tartous et Hmeimim. Mais penser que seul un dictateur est en mesure de tenir ce pays est totalement faux. On est en train de répéter les mêmes erreurs chaque décennie, sans apprendre des leçons du passé ni trouver les solutions. Ce n’est pas une coïncidence si Daech est apparu en Irak, en Syrie et en Libye. Il s’agit des régimes les plus atroces de la région. Saddam Hussein et Hafez el-Assad possèdent tous deux la même mentalité : des guerres, tout le temps, avec un écrasement des voix de l’intérieur. Et lorsqu’un État n’arrive plus à tout contrôler, la situation explose et, en l’absence de vie politique, ceux qui sont le plus structurés pour prendre la relève demeurent les djihadistes. L’intervention militaire en Libye (2011) n’est pas la première cause du chaos actuel, c’est surtout le non-accompagnement de la transition politique qui a mené à l’échec. L’Irak aussi a souffert d’une gestion défaillante après Saddam Hussein. En Syrie, il faut dès maintenant travailler à une transition politique.

http://www.lepoint.fr/monde/syrie-la-violence-est-dans-les-genes-de-la-famille-assad-depuis-1970–11-07-2017-2142309_24.php
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Le régime annonce la mise en liberté de 672 détenus


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Le régime annonce la mise en liberté de 672 détenus

24 juin 2017

Le Ministère de la justice du régime a annoncé samedi la libération de 672 détenu-es originaires de plusieurs régions de la Syrie. 

Le ministre de la justice, M. Al-Chaar, a ajouté que c’est un geste pour « promouvoir la réconciliation nationale ». 

A signaler que 588 détenus étaient emprisonnés dans la prison Centrale de Damas à ’Adra, parmi lesquels 91 femmes.

Le Ministère a déclaré que certains parmi eux seront jugés devant des tribunaux ordinaires (non militaires).

Selon un long rapport publié en 2016 par « l’Observatoire des droits de l’homme », depuis cinq ans, au moins 60 mille prisonniers ont été tués dans les branches de la prison du renseignement de la Force aérienne, dans la prison de la sécurité d’Etat et dans la prison de Sednaya, à cause de la torture physique pratiquée systématiquement contre les détenus et à cause de la privation de nourriture et de médicaments.

Le Réseau syrien des droits de l’homme a documenté avec les noms la présence de 117 mille détenus syriens, mais les estimations indiquent que le nombre dépasse la barrière de 215 mille prisonniers, dont 99% d’entre eux sont en détention dans les prisons du régime syrien.

Washington déploie un système d’artillerie sophistiqué dans le sud syrien


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Par AFP — 15 juin 2017

La Russie a accusé jeudi Washington d’avoir déployé des missiles pour viser l’armée du régime de Damas à Al-Tanaf, dans le sud de la Syrie, les Etats-Unis confirmant le déploiement de ces batteries mais sans en dévoiler l’objectif.

Dans un communiqué, l’armée russe a assuré que les Etats-Unis avaient acheminé de Jordanie vers la garnison d’Al-Tanaf «deux batteries de lance-roquettes multiples Himars», un système d’artillerie sophistiqué américain.

«L’installation de toutes sortes d’armes étrangères sur le territoire syrien, qui plus est de lance-roquettes multiples, doit faire l’objet d’un accord avec le gouvernement souverain du pays», a ajouté le ministère russe de la Défense.

Un responsable américain de la Défense a plus tard confirmé à l’AFP le déploiement du système Himars près d’Al-Tanaf, où Washington dispose d’une base, sans préciser le nombre des batteries déployées ni leur mission exacte.

Les Etats-Unis s’inquiètent de la présence à quelques dizaines de kilomètres d’Al-Tanaf de forces soutenant le régime et ont déjà annoncé qu’ils renforçaient leurs positions face à la «menace» qu’elles représentent.

Des avions américains ont bombardé à plusieurs reprises des éléments de ces forces, bénéficiant selon Washington de l’appui de l’Iran, qui s’étaient approchés de la base d’Al-Tanaf où les forces américaines entraînent les rebelles syriens à combattre les jihadistes.

Mais, d’après l’armée russe, «le rayon d’action des lance-roquettes multiples Himars ne permet pas de soutenir les unités des +Forces syriennes démocratiques+ sous contrôle des Etats-Unis qui luttent contre les terroristes de l’Etat islamique (EI) à Raqa», ville située bien plus au nord.

La coalition internationale menée par les Etats-Unis «a attaqué à plusieurs reprises les forces syriennes gouvernementales qui luttent contre l’EI près de la frontière avec la Jordanie», accuse encore le ministère russe de la Défense.

«Il n’est donc pas difficile d’imaginer que de telles attaques contre les unités de l’armée syrienne peuvent se poursuivre, mais cette fois avec l’aide des Himars», poursuit l’armée russe, avant de demander : «Quels sont les véritables objectifs des Etats-Unis en Syrie et contre qui comptent se battre les militaires américains ?»

Selon l’armée américaine, le système Himars, monté sur un camion, tire des roquettes guidées par GPS d’une portée de 70 kilomètres. Une autre version de ce système permet de tirer un petit missile lui aussi guidé par GPS, qui a une portée de 300 kilomètres. La version déployée à Al-Tanaf n’est pas connue.

Le système Himars permet notamment de continuer à effectuer des frappes de précision, même lorsque les conditions météorologiques empêchent avions et drones de le faire.

Al-Tanaf est située sur l’axe Damas-Bagdad, à la frontière avec l’Irak et non loin de la frontière jordanienne.

La coalition internationale a établi une zone dite «de désescalade» de 55 kilomètres autour de la base d’Al-Tanaf, décrétant que les forces russes et syriennes n’avaient pas le droit d’y pénétrer.

La région a été le théâtre de plusieurs accrochages ces derniers jours entre les forces du régime et celles soutenues par la coalition internationale. Ces tensions interviennent dans un contexte de rivalités grandissantes pour savoir qui va mener le combat contre l’EI dans l’est de la Syrie.

Le président syrien Bachar al-Assad essaie d’éviter ce ne soient les Etats-Unis.

Fidèle alliée de Bachar al-Assad, la Russie intervient pour sa part militairement en Syrie depuis septembre 2015 et s’est opposée avec fermeté aux toutes premières frappes aériennes américaines ordonnées par Donald Trump début avril contre une base aérienne du régime syrien.

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/06/15/washington-deploie-un-systeme-d-artillerie-sophistique-dans-le-sud-syrien_1577204

 

Attaque en Syrie au gaz sarin : le rapport de la France qui accuse Damas


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Les services de renseignement français ont conclu que le gaz toxique utilisé dans l’attaque du 4 avril provenait de stocks cachés de l’armée syrienne.

LE MONDE | 26.04.2017

Les enquêteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avaient déjà conclu, dans un rapport, à l’emploi « irréfutable » de gaz sarin, ou d’une substance similaire, lors de l’attaque menée le 4 avril par un Soukhoï 22 du régime syrien contre la localité contrôlée par la rébellion de Khan Cheikhoun (Nord-Ouest), qui avait fait 87 morts. De nouveaux éléments recueillis par les services de renseignement français montrent que le gaz neurotoxique utilisé provient bien des stocks du régime de Damas, censés avoir été détruits après l’accord d’octobre 2013 parrainé par Moscou et Washington.
« Le recours au sarin ne fait aucun doute. La responsabilité du régime syrien ne fait pas de doute non plus, compte tenu du procédé de fabrication du sarin utilisé », affirme le ministre des affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, qui devait présenter ce dossier mercredi 26 avril, lors d’un conseil de défense à l’Elysée. Cinq jours plus tôt, il avait annoncé « avoir des éléments permettant de démontrer que le régime a sciemment utilisé l’arme chimique ».
Les preuves recueillies par les services français complètent celles des Américains et des Britanniques. Elles sont accablantes pour Bachar Al-Assad, même si elles ne démontrent pas un ordre direct du dictateur syrien, seul véritable patron d’un arsenal chimique qui n’a donc pas été totalement détruit malgré ses engagements. En représailles à l’attaque de Khan Cheikhoun, le président américain, Donald Trump, avait ordonné trois jours plus tard la première action militaire occidentale directe contre le régime, en bombardant la base d’Al-Chayrat, d’où étaient partis le ou les avions responsables du massacre.
« La signature du régime »
« Ces frappes du régime syrien s’inscrivent dans un contexte d’emploi continu, depuis 2013, d’armes ou d’agents chimiques en Syrie, notamment lors de frappes aériennes (…). La France a pu confirmer en plusieurs occasions l’emploi de chlore et de sarin », souligne la note fondée sur des éléments déclassifiés du renseignement français. Le document analyse en détail ce qui s’est passé le 4 avril, à la fois à partir de prélèvements effectués sur place et d’examens biomédicaux des victimes effectués dans les hôpitaux. Tout montre qu’il s’agit bien de gaz sarin. Les composants utilisés dans le processus de synthèse du gaz neurotoxique de l’attaque accusent directement le régime de Damas, car ce sont ceux mis au point par ses laboratoires, dont le Centre d’étude et de recherches scientifiques.
Les examens révèlent en effet la présence d’un produit secondaire caractéristique de ce procédé de fabrication : l’hexamine. « Cette méthode porte la signature du régime », assure la note du renseignement, évoquant une totale similitude du produit utilisé le 4 avril avec le contenu d’une grenade chimique – qui n’avait pas explosé – larguée par un hélicoptère lors d’une attaque aérienne, le 29 avril 2013, sur la ville de Saraqeb, dans le nord-ouest du pays. « Tout concorde pour accuser Damas, l’assemblage, le mélange, le vecteur », résume un diplomate français.
Seul le régime, en effet, dispose d’hélicoptères comme ceux qui avaient alors bombardé Saraqeb. Et seul le régime dispose d’avions Soukhoï 22 comme celui qui a effectué les six frappes sur Khan Cheikhoun en partant de la base d’Al-Chayrat. Le veto russe – le huitième sur le dossier syrien – mis à la résolution déposée au Conseil de sécurité de l’ONU par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, pour condamner cette attaque chimique, s’explique aussi par l’exigence faite à Damas de rendre publics les plans de vol et les noms des pilotes partis ce jour-là de cette base.
« Ecarts, incohérences, divergences »
L’attaque sur Khan Cheikhoun a relancé la question du stock des armes chimique syriennes, dont 1 300 tonnes ont été détruites selon l’accord américano-russe de l’automne 2013, après que l’administration Obama avait renoncé à mener des frappes aériennes pour punir le régime d’avoir utilisé l’arme chimique contre sa propre population. Le 21 août 2013, en effet, 1 500 personnes avaient été tuées dans une attaque au sarin dans la Ghouta, en périphérie de Damas, violant ainsi la « ligne rouge » édictée par le président américain.
Une partie des stocks syriens a donc été dissimulée. Les enquêteurs de l’OIAC et son directeur, Ahmet Uzümcü, ont régulièrement dénoncé, ces dernières années, « des écarts, des incohérences et des divergences » entre la déclaration faite par Damas lors de son adhésion à la convention sur l’interdiction des armes chimiques et la réalité de son programme. C’est aussi ce que pointe le renseignement français. « D’importants doutes subsistent sur l’exactitude, l’exhaustivité et la sincérité du démantèlement de l’arsenal chimique syrien », relève la note, affirmant que « la Syrie a maintenu une capacité de production ou de stockage de sarin » et qu’elle n’a « jamais déclaré des munitions tactiques, grenades et roquettes, telles que celles utilisées de façon répétée depuis 2013 ».
Au moins par trois fois ces deux dernières années, comme l’ont souligné les rapports de l’OIAC, le régime a utilisé du chlore, interdit comme arme de guerre mais dont la possession n’est pas illégale, car il est fabriqué à partir de produits en vente libre. L’existence de stocks de gaz sarin, une arme de destruction massive totalement illégale, est d’une tout autre nature. Que Damas ait violé ses engagements sur le chimique devrait théoriquement ouvrir la voie à des sanctions du Conseil de sécurité. Mais Moscou veille à protéger son allié. L’appel du ministre français, en ce vingtième anniversaire de l’OIAC, à « collectivement préserver le régime de non-prolifération chimique », risque de rester vain.

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2017/04/26/attaque-chimique-la-france-avance-ses-preuves-contre-damas_5117652_1618247.html

Frappes américaines : Assad “seul responsable” pour Merkel et Hollande


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Frappes contre Damas : « Les intérêts économiques des Etats-Unis en Syrie sont nuls »

Quelle est la stratégie de Donald Trump en Syrie, après son revirement spectaculaire ? Gilles Paris, correspondant du « Monde » à Washington, vous a répondu.

LE MONDE |  07.04.2017

http://www.lemonde.fr/donald-trump/article/2017/04/07/frappes-contre-le-regime-de-damas-les-interets-economiques-des-etats-unis-en-syrie-sont-nuls_5107923_4853715.html#sZmmXdM5GhOgWQWL.99

 

Les Etats-Unis bombardent une base aérienne syrienne

7 AVRIL 2017 PAR FRANÇOIS BONNET

Donald Trump a décidé, dans la nuit de jeudi à vendredi, de lancer une opération militaire en Syrie. Cinquante-neuf missiles tirés depuis deux navires ont détruit une base aérienne syrienne, en réponse à l’attaque chimique du 4 avril attribuée au régime de Damas. Vladimir Poutine dénonce « l’agression contre un pays souverain ». Hollande et Merkel jugent que « le recours continu d’Assad aux armes chimiques et aux crimes de masse ne peut rester impuni ».

 

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Le « nécessaire effet de surprise », promis par Donald Trump mercredi, a joué à plein. Prenant le contrepied de ses positions passées sur le conflit syrien, le président américain a lancé, dans la nuit de jeudi à vendredi 7, la première opération militaire de son mandat. Tirés depuis deux navires de l’US Navy, cinquante-neuf missiles de croisière Tomahawk ont détruit la base aérienne de Shayrat, qui est « associée au programme »syrien d’armes chimiques, a assuré le Pentagone. Des responsables militaires américains ont expliqué que c’est depuis cette base qu’ont décollé les avions qui ont procédé au bombardement de la localité de Khan Cheikhoun, le 4 avril, qui a fait au moins 87 morts et plus de 500 blessés.

https://www.mediapart.fr/journal/international/070417/les-etats-unis-bombardent-une-base-aerienne-syrienne

Frappes américaines en Syrie: pourquoi Trump a pris son monde à contre-pied 

L’express.  

En contradiction avec toutes ses déclarations antérieures sur la Syrie, Donald Trump a pour la première fois déclenché des frappes aérienne contre le régime de Bachar el-Assad. Pourquoi maintenant? Pour quel résultat?

On disait depuis son élection que le plus prévisible avec Donald Trump était son imprévisibilité. Il vient d’en faire la démonstration en déclenchant des frappes contre la base militaire d’al-Chaayrate près de Homs.  

Une réaction émotionnelle et contradictoire

Donald Trump était connu pour son impétuosité. “J’imaginais une réaction impulsive après une attaque terroriste, avance Julien Théron, spécialiste de géopolitique à Sciences-Po Saint-Germain en Laye. Ce sont finalement les images d’enfants gazés qui semblent avoir provoqué sa réaction”. 

La décision inédite de frapper le régime syrien est en totale contradiction avec la position isolationniste affichée depuis plusieurs années par le milliardaire. Donald Trump avait notamment rejeté toute idée de réaction américaine à l’attaque chimique de 2013 ayant causé la mort de 1400 personnes. Le président américain a aussi manifesté à plusieurs reprises sa préférence pour le maintien au pouvoir d'”hommes forts” au Moyen-Orient -Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi, le maréchal égyptien Sissi, reçu en grande pompe il y a quelques jours.  

Enfin l’équipe du président avait déclaré la semaine passée que se débarrasser de Bachar el-Assad n’était plus à l’ordre du jour, la lutte contre les djihadistes étant la priorité.  

LIRE >> Comment expliquer le revirement de Trump après l’attaque chimique

“Ces derniers mois, rappelle Julien Théron, les Etats-Unis se sont complètement désintéressés de la crise syrienne. Lors des négociations d’Astana organisées par la Russie, Washington s’est contenté d’envoyer l’ambassadeur américain au Kazakhstan”.  

Pour autant, “L’idée que Trump n’est pas un interventionniste est un malentendu, faisait valoir le politologue Karim-Emile Bitar, jeudi. Se revendiquant du président Andrew Jackson (1929-1837), il n’est pas néo-conservateur, pas partisan du ‘regime change‘. Mais il n’est pas contre une intervention musclée destinée à montrer sa force.” 

Effacer les ratés de son début de mandat

La réaction de Donald Trump tient sans doute aussi aux difficultés de son début de mandat: après son échec sur l’Obamacare, l’une de ses principales promesses de campagnes, sur ses mesures anti-immigrations, retoquées par des juges, et après avoir dénoncé pendant des mois la faiblesse de son prédécesseur Barack Obama, il lui fallait montrer un geste fort. Fasciné par les militaires qu’il a nommé en nombre dans son administration, c’est donc sur ce terrain qu’il aura concrétisé son image de président “qui agit”. 

Donald Trump au moment de l'annonce des  frappes en Syrie.
Donald Trump au moment de l’annonce des frappes en Syrie. 

Reuters/Carlos Barria

Les frappes américaines envoient aussi un message indirect au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un qui a intensifié son programme de missiles balistiques, ces derniers mois. 

Envoyer un signal à la Russie et à d’autres pays

La volte-face américaine concerne aussi la Russie, principal soutien du régime d’Assad, longtemps courtisée par le candidat Trump. La mise à l’écart de plusieurs de ses conseillers connus pour leurs positions pro-russes (Michael Flynn, Steve Bannon), au profit de républicains aux positions plus classiques (le général Mc Master, notamment) ont certainement aussi fait pencher la balance dans le sens d’une intervention. Au risque de décevoir la frange nationaliste des partisans du président milliardaire.  

Le Kremlin a dénoncé les frappes américaines comme une “agression contre un Etat souverain”, suspendu l’accord avec Washington sur la prévention des incidents aériens en Syrie et demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Peut-elle aller plus loin? Après les premiers bruits de botte américains, jeudi, “Moscou a répété hier que son soutien à Assad n’était pas inconditionnel”, constate Julien Théron.  

Face au désintérêt américain pour la Syrie, Moscou avait avancé ses pions en intervenant directement en 2015. Reste à savoir jusqu’à quel point les nombreux acteurs de ce nouveau “grand jeu” sont conscients du risque d’escalade.  

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/frappes-americaines-en-syrie-pourquoi-trump-a-pris-son-monde-a-contre-pied_1896754.html

Syrie. Trump jette de l’huile sur le feu

GAËL DE SANTIS – VENDREDI, 7 AVRIL, 2017, L’HUMANITÉ
http://www.humanite.fr/syrie-trump-jette-de-lhuile-sur-le-feu-634449

 

Frappes américaines : Assad “seul responsable” pour Merkel et Hollande

LES ECHOSLe 07/04/2017

La France et l’Allemagne soutiennent l’initiative de Donald Trump. La Russie veut une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.

En ordonnant  des frappes sur une base aérienne en Syrie, deux jours après  l’attaque chimique contre la ville de Khan Cheikhoune , Donald Trump a franchi une étape. Juste avant l’opération, Moscou avait prévenu Washington de l’impact “négatif” de frappes américaines en Syrie.

“Nous devons penser aux conséquences négatives (…) et toute la responsabilité, si des actions militaires avaient lieu, devrait reposer sur les épaules de ceux qui ont lancé des entreprises si tragiques et incertaines”, avait ainsi déclaré l’émissaire russe aux Nations unies, Vladimir Safronkov, interrogé sur la possibilité de telles frappes.

La télévision d’Etat syrienne a qualifié d'”agression” les frappes américaines. En face, l’opposition de la Coalition nationale syrienne (CNS) a salué l’initiative des Etats-Unis et espère que les opérations continuent pour mettre fin aux frappes du régime et à “l’utilisation d’armes prohibées internationalement”.

L’Iran et la Russie condamnent

Vladimir Poutine a réagi vivement à la décision de Trump. Il estime que ces frappes constituent une infraction au droit international. Il s’agit selon lui d’une “agression contre une nation souveraine” en se servant “d’un prétexte fallacieux”, a rapporté son porte-parole, Dmitri Peskov.

La Russie a immédiatement demandé une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Le chef de la Commission de défense de la chambre haute du parlement russe estime que ces frappes “pourraient affaiblir les efforts pour combattre le terrorisme en Syrie”. Selon lui, cette attaque “pourrait être vu[e] comme un acte d’agression des Etats-Unis contre un pays de l’Onu.”

Principal allié du régime syrien, la Russie prévient également que ces frappes causent un “préjudice considérable” aux relations entre Moscou et Washington. “Cette action de Washington cause un préjudice considérable aux relations russo-américaines, qui sont déjà dans un état lamentable”, a ajouté le porte-parole, cité par les agences de presse russes.

Le pays a joint les paroles aux actes en annonçant peu après la suspension de l’accord avec Washington qui visait à empêcher des incidents entre avions des deux pays en Syrie.

L’Iran, l’autre grand allié de Bachar Al-Assad, “condamne fermement toutes frappes unilatérales de cette nature. De telles mesures vont renforcer le terrorisme en Syrie et vont compliquer la situation en Syrie et dans la région”, a indiqué un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. 

Israël et l’Arabie Saoudite soutiennent “totalement”

Parmi les premiers pays à réagir, Israël a déclaré “soutenir totalement” l’initiative américaine, la qualifiant de “message fort”. De même pour l’opposition syrienne, qui a dit espérer que les opérations continuent pour mettre fin aux frappes du régime et à “l’utilisation d’armes prohibées internationalement”, a annoncé un porte-parole de la Coalition nationale syrienne. 

L’Arabie saoudite a elle aussi annoncé qu’elle “soutenait totalement” les frappes américaines, saluant la “décision courageuse” du président Donald Trump.

Pour la Turquie, Assad doit être puni

Dans un entretien sur la chaîne Fox TV turque, le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus a affirmé que la communauté internationale doit exprimer sa position face à la “barbarie” du régime syrien et que ces frappes sont une bonne chose. Le gouvernement de Bachar al Assad doit être puni sur la scène internationale, a-t-il ajouté.

Le ministre turc des Affaires étrangères a quant à lui appelé à un départ immédiat de Bachar al Assad. “S’il ne veut pas partir, s’il n’y a pas de gouvernement de transition et s’il continue de commettre des crimes contre l’humanité, les mesures nécessaires pour le chasser devront être prises”, a-t-il insisté.

“Pour éviter la reproduction de ce type de massacres”, comme l’attaque chimique présumée, Ankara a appelé à la création d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie, a déclaré le porte-parole du président Erdogan.

Ces frappes sont un “avertissement”, déclare Ayrault

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a dit avoir été “informé par Rex Tillerson [le secrétaire d’Etat américain, NDLR] dans la nuit”, Washington souhaitant se “coordonner” avec ses alliés.

https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/0211954777774-frappe-americaine-en-syrie-la-russie-demande-une-reunion-durgence-de-lonu-2078312.php

 

Vu de Russie. Après les frappes américaines en Syrie, “il faut poursuivre la guerre et la gagner”

Publié le 07/04/2017 – 17:05

L’agence de presse Tass a annoncé que la frégate de la marine russe, Amiral Grigorovitch, armée de missiles Kalibr, a pris la direction du port de Tartous, en Syrie. Ici le navire aperçu, le 7 avril 2017, dans le détroit du Bosphore.  Yoruk Isik/REUTERS

Le Kremlin, qui avait demandé une enquête internationale sur l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, a immédiatement dénoncé l’“agression” américaine contre la Syrie et estimé que les relations entre les deux puissances pourraient en être affectées.

L’agence de presse Tass a annoncé que la frégate de la marine russe, Amiral Grigorovitch, armée de missiles Kalibr, a pris la direction du port de Tartous, en Syrie. Ici le navire aperçu, le 7 avril 2017, dans le détroit du Bosphore.  Yoruk Isik/REUTERS
L’agence de presse Tass a annoncé que la frégate de la marine russe, Amiral Grigorovitch, armée de missiles Kalibr, a pris la direction du port de Tartous, en Syrie. Ici le navire aperçu, le 7 avril 2017, dans le détroit du Bosphore.  Yoruk Isik/REUTERS
http://www.courrierinternational.com/article/vu-de-russie-apres-les-frappes-americaines-en-syrie-il-faut-poursuivre-la-guerre-et-la

الأمم المتحدة، النظام ارتكب جريمة حرب بقصفه مصادر المياه في دمشق – Syrie: le régime a bombardé une source d’eau de Damas, un crime, selon l’ONU


Syrie: le régime a bombardé une source d’eau de Damas, un crime, selon l’ONU

GENÈVE (AFP) 14.03.2017 – 13:31 
source d'eau de Damas 2016

L’armée de l’air syrienne a commis un “crime de guerre” en bombardant fin 2016 une source d’eau alimentant Damas, a dit mardi la commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie, démentant que cette source ait été contaminée par l’opposition.

“Les informations examinées par la Commission confirment que le bombardement” de la source d’eau, située à Wadi Barada, localité rebelle située à 15 km de la capitale syrienne, “a été effectué par les forces aériennes syriennes”, selon un document de la Commission transmis au Conseil des droits de l’Homme.

Contrairement à ce qu’affirmait alors le régime, cette source d’eau n’avait pas été contaminée par l’opposition, assure par ailleurs la Commission.

“Il n’y a pas de signalement de personnes souffrant de symptômes liés une contamination de l’eau avant le 23 décembre”, date à laquelle le bombardement s’est produit, pointe ainsi le rapport.

“Les bombardements aériens” menés par le régime ont alors “gravement endommagé la source” et privé d’eau potable plus de 5 millions de personnes”, dénonce la Commission.

“Alors qu’il y avait des combattants des groupes armés près de la source au moment de l’attaque, l’avantage militaire obtenu grâce à l’attaque était excessivement disproportionné par rapport à l’impact qu’elle a eue sur la population civile” et “équivaut à un crime de guerre”, concluent les enquêteurs.

Fin janvier, l’armée syrienne a repris la région de Wadi Barada qui lui échappait depuis 2012, une région cruciale pour l’approvisionnement en eau de la capitale.

 http://www.courrierinternational.com/depeche/syrie-le-regime-bombarde-une-source-deau-de-damas-un-crime-selon-lonu.afp.com.20170314.doc.mn2v5.xml

بيَّن تقرير لجنة التحقيق الدولية المستقلة التابعة للأمم المتحدة في شأن سورية أن القوات الجوية السورية قصفت عن عمد مصادر للمياه في كانون الأول (ديسمبر) في جريمة حرب أدت إلى قطع المياه عن 5.5 مليون شخص في العاصمة دمشق ومحيطها، بالإضافة إلى قصفها مجمع مدارس٠

وأضاف التقرير أن طائرة «سوخوي-22» أسقطت أربع قنابل على مجمع للمدارس في منطقة تسيطر عليها قوات المعارضة في تشرين الأول (أكتوبر). وأضاف أنه مع وصول موظفي الإغاثة أسقطت طائرة «سوخوي» أخرى أربع قنابل أيضاً. وفي المجمل قُتل 21 طفلاً و15 بالغاً وأصيب 114 آخرون٠

وتابعت اللجنة الدولية في تقريرها أن روسيا، حليفة النظام السوري، أنكرت وقوع الهجوم لكن أدلة من شهود وصوراً فوتوغرافية وصوراً التقطتها أقمار اصطناعية وشظايا قنابل أكدت تورط النظام السوري٠

وقال التقرير «توجد أسباب معقولة للاعتقاد بأن سلاح الجو السوري استهدف عن عمد مجمع المدارس في حاس». وقال التقرير أيضاً إنه في أول شباط (فبراير) قصفت طائرات، على الأرجح سورية أو روسية، مركز «الهلال الأحمر العربي السوري» في بلدة إدلب الموجود منذ وقت طويل والمعروف بعلاماته المميزة٠

وأضاف أنه في سلسلة جرائم حرب فإن أنماط الهجمات تشير أيضاً بقوة إلى أن قوات مؤيدة للنظام استهدفت بطريقة ممنهجة منشآت طبية. ويغطي التقرير الفترة من 21 تموز (يوليو) 2016 إلى 28 شباط (فبراير) هذا العام٠

L’ONU approuve enfin la création d’un groupe de travail sur les Crimes de guerre


 

onu-approuve

Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte enfin une résolution sur Alep

19 décembre 2016, 16:21 UTC

Les manœuvres politiques et les négociations qui ont tant duré ont enfin débouché sur une résolution du Conseil de sécurité autorisant le déploiement d’observateurs de l’ONU à Alep.

Source

Qu’a fait le Conseil de sécurité de l’ONU depuis le début du conflit syrien ?

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