Hama: amende 25 mille livres syriennes et emprisonnement d’un mois à celui qui ouvrira sa boutique…


Aucune aide financière prévue par le gouvernement syrien pour soutenir les commerçants et  l’économie du pays, obligés de fermer leurs boutiques à cause de coronavirus…

Souq de Hama

2020-03-22 |

Aujourd’hui, dimanche, le correspondant d’Alep Today dans la ville de Hama, qui est sous le contrôle du régime, a déclaré que le gouvernement du régime avait fixé une contravention et une peine d’emprisonnement pour ceux qui ouvriraient ses magasins dans la ville.

“Notre correspondant” a expliqué que l’amende financière est de 25 mille livres syriennes en plus de la « prison arbitraire » pendant un mois, soulignant que le gouvernement du régime a rendu ces décisions « par mesure de précaution pour empêcher la propagation du Coronavirus », comme elle l’a dit, en ignorant les files d’attente des familles dans les galeries du “Commerce syrien” sous son contrôle. Pour obtenir les rations de nourriture via la « carte à puce » et les boulangeries pour obtenir du pain.

Le “correspondant” a ajouté que la plupart des propriétaires d’entreprise ont perdu leurs revenus financiers après avoir été forcés de fermer leurs magasins, à la lumière des conditions de vie difficiles et de la détérioration de la réalité économique dans la plupart des zones sous le contrôle du régime d’Assad.

Il convient de noter que le gouvernement du régime a avisé les propriétaires de magasins de ne pas les ouvrir à partir d’hier, samedi, jusqu’à nouvel ordre, car le travail est limité aux cliniques, médecins, pharmaciens et hôpitaux, selon notre correspondant.

 

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Le gouvernement veut également… garantir des prêts et aider les travailleurs contraints de travailler partiellement face à la crise économique provoquée par l’épidémie de Covid-19. #coronavirus

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2020-03-21 | 1:53

حماة.. ٢٥ ألف ليرة وسجن لمدة شهر لمن يفتح محله

2020-03-22 |

أفاد مراسل حلب اليوم في مدينة حماة الخاضعة لسيطرة قوات النظام، اليوم الأحد، بأن حكومة النظام حدّدت مالية ومدّة سجن لمن يفتح محله في المدينة.

وأوضح “مراسلنا” أن الغرامة المالية هي ٢٥ ألف ليرة سورية إضافةً إلى “السجن العرفي” لمدة شهر، لافتاً إلى أن حكومة النظام أصدرت تلك القرارات “من أجل التدابير الاحترازية بمنع انتشار فيروس كورونا” وفق تعبيرها، متجاهلةً طوابير الأهالي على صالات “السورية للتجارة” للحصول على المواد الغذائية عبر “البطاقة الذكية” وعلى الأفران للحصول على الخبز.

وأضاف “المراسل” أن معظم أصحاب المحال التجارية فقدوا دخلهم المادي بعد إجبارهم على إغلاق محالهم، في ظل الظروف المعيشية الصعبة وتردي الواقع الاقتصادي في معظم مناطق سيطرة نظام الأسد.

الجدير بالذكر أن حكومة النظام أبلغت أصحاب المحال بعدم فتحها اعتباراً من أمس السبت وحتى إشعارٍ آخر، إذ يقتصر العمل على عيادات الأطباء والصيادلة والمشافي، وفقاً لمراسلنا.

Syrie: « Développement et modernisation » un parti politique formel pour commercialiser Assad…


Méchant-le-président2

Rayan Mohammed
18 mars 2020

Les années du conflit syrien depuis 2011 n’ont pas changé la nature du régime, mais ont plutôt accru son adhésion au pouvoir, ignorant les répercussions majeures de la guerre qu’il a menée contre les Syriens exigeant un changement, car ce régime est toujours dans son ancienne approche pour assécher complètement la vie politique en recourant à la création de partis décoratifs dont la mission est de glorifier Bachar al-Assad et la consolidation de son autorité et de celle de sa famille.

Dans ce contexte, le régime a autorisé un nouveau parti politique, qui a adopté un slogan lancé par Bachar al-Assad, lui même, après avoir pris le pouvoir pour succéder à son père au début du nouveau millénaire. Le nom reflète clairement la tendance de ce parti naissant et son discours qui tente de précéder le «Parti socialiste arabe baasiste», le parti au pouvoir en Syrie, pour glorifier Bachar Al-Assad et l’élever à un niveau supérieur à celui du peuple et de l’État.

La »commission des affaires du Parti” dirigée par le ministre de l’Intérieur dans le gouvernement di régoùe, le général de division Mohamed Rahmoun, a accordé il y a quelques jours une licence à un parti que ses fondateurs ont appelé « développement et modernisation », deux mois seulement après leur demande de licence, dans une indication que les dirigeants du système, y compris Assad lui-même a donné son feu vert au lancement de ce parti, qui est toujours enveloppé d’un mystère quant à savoir qui le dirigera. Des sources à Damas ont déclaré à Al-Arabi Al-Jadeed que le nouveau parti se prépare à une conférence générale pour choisir son secrétaire général et les membres de son comité central.

Le parti «Développement et modernisation» se définit, à travers sa page officielle sur Facebook, comme «une formation nationale qui prend la pensée de l’éternel leader et fondateur Hafez Al-Assad comme une approche et une méthodologie et travaille à mettre en œuvre les programmes lancés par le président Dr. Bashar Al-Assad dans la réforme, le développement et la modernisation à travers des élites nationales actives qui incluent tous les segments de la société syrienne qui aspirent à l’avancement de la patrie dans tous ses détails dans le cadre d’un parti politique opérant légalement sous le toit de la patrie ». Alors qu’il a résumé ses principes de base en « affirmant la souveraineté nationale, renforçant l’unité nationale, croyant aux questions nationales et centrales et soutenant les mouvements de résistance arabes et internationaux ».

Les observateurs ont vu que le nouveau parti est une renaissance des anciennes tendances de Bachar al-Assad qui remontent à son accession au pouvoir au milieu des années 2000, alors que l’on parlait beaucoup de ses efforts pour établir un parti de jeunesse libéral, dans le cadre des politiques d’ouverture à l’Occident et du coup d’État contre les concepts du “Parti socialiste arabe baasiste”, qui couvre le régime. Les deux Assad lui ont succédé depuis 1963. Cependant, l’agression américaine contre l’Irak en 2003, et les répercussions majeures qu’elle a laissées dans la région, en plus de l’assassinat du Premier ministre libanais Rafik Hariri en 2005, ont empêché l’émergence de ce parti par lequel Assad prévoyait de se vendre à l’Occident comme étant ouvert au renouveau de la vie politique en Syrie, rigide depuis 1963. Assad a essayé par le dixième Congrès du Parti « Baas » en 2005, un coup d’Etat contre le parti lui-même de l’intérieur en changeant sa théorie des bases adoptées depuis les années cinquante du siècle dernier. Lors de la conférence, le parti a adopté ce qu’on appelait “l’économie sociale de marché”, qui à l’époque était considérée comme un coup d’État contre le socialisme, l’un des principes du « Baas », et les gains des personnes à faible revenu, qui est le principal segment qui a porté le système sur ses épaules pendant des décennies.

Il est clair que le nouveau parti ne porte aucune direction politique sérieuse et réelle qui pousserait vers des solutions politiques à la question syrienne, mais plutôt un double du parti “Baas » en termes de glorification de la personnalité de Bachar al-Assad et de son élévation à un niveau supérieur au peuple et à la patrie. Il est à noter que le fondateur le plus éminent du parti est un jeune homme, âgé de 30 ans, est un candidat, né dans la ville d’Alep, qui détient un diplôme en beaux-arts et arts appliqués, le département de la décoration. Il est clair que ce jeune homme a une grande influence au sein du système, en raison de sa proximité avec la famille de Bachar al-Assad, car il est titulaire de plusieurs privilèges pour les médias, notamment l’agence de news russe, Russian News Agency, il est aussi conseiller au Conseil d’État.

Des sources à Damas ont déclaré à Al-Arabi Al-Jadeed qu’un candidat avait un vaste réseau de relations avec le personnel du régime et ses alliés du Hezbollah et des Iraniens, en plus des Russes. Les sources s’attendaient à ce que “de nombreux loyalistes du régime et cadres du parti Baas soient acceptés pour rejoindre le nouveau parti, en particulier ceux qui n’ont pas tiré de profits significatifs de leur appartenance au parti Baas, ou qui souhaitent préserver leurs profits et aspirent à de plus grands avantages ».

Un candidat avait déclaré dans un communiqué de presse que la majorité des fondateurs « appartiennent à l’idéologie du Parti socialiste arabe du Baas », expliquant que « certains d’entre eux étaient déjà affiliés au Baas et se sont finalement retirés, car il est à la recherche d’une nouvelle plate-forme après que le mou et la bureaucratie aient frappé certains des sites du Baas, mais ils continueront à porter ses principes et à travailler pour éduquer les gens sur les idées de feu le président Hafez Al-Assad ». Il a ajouté: « Le travail s’articulera dans deux directions parallèles. La première consiste à diffuser la pensée du chef immortel Hafez Al-Assad comme une approche qui a prouvé la réalité nécessaire et a révélé la profondeur de sa vision et de sa perspicacité, tandis que la seconde est la contribution derrière le leadership du président Bachar Hafez Al-Assad dans la mise en œuvre de ses programmes de réforme et de développement et en fournissant au pays une équipe nationale qui applique ses programmes ».

Pour sa part, un ancien chef baasiste, qui a demandé à ne pas être identifié, a déclaré à Al-Arabi Al-Jadeed que le parti Baas avait été témoin de tentatives similaires depuis la prise de pouvoir de Hafez Al-Assad (1970-2000), mais ce fut toujours un échec. Le chef de file a estimé que “tout parti a besoin d’un projet intellectuel pour le construire et assurer la continuité. Quant à la mise en place d’un parti sur la base d’une demi-feuille et de quelques citations et phrases, il ne peut pas continuer”. Accréditant qu’il s’agit d’un parti fondé sur la volonté et le désir du président Assad ».

Dans le contexte de ses tentatives de détruire la révolution syrienne en 2011, Assad a autorisé l’octroi de licences à des partis, et il y a maintenant 20 partis autorisés en Syrie, dont 10 partis qui ont été autorisés après le début de la révolution syrienne, mais ces partis sont tous des copies du parti “Baas » et ne portent aucune orientation de l’opposition, mais certains sont plutôt à la droite du parti “Baas socialiste arabe”, en termes de loyauté envers Bachar al-Assad. Hafez Al-Assad avait complètement gelé la vie politique après la huitième conférence nationale du parti « Al-Baas » en 1985, et le parti n’a tenu aucune conférence depuis cette date jusqu’à la mort du père al-Assad, lorsque la neuvième conférence nationale s’est tenue entre le 17 et le 20 juin 2000 et a choisi Bachar Al-Assad comme Secrétaire général. Selon une constitution rédigée par Hafez Al-Assad, ce parti était « le chef de l’État et de la société » et était orné de plusieurs partis sans poids et qu’Al-Assad a annexés en une entité appelée « Front national progressiste ».

Dans la constitution de 2012 rédigée par Al-Assad, le fils, le huitième article qui stipulait la direction du « Baas » pour diriger l’État a été supprimé, mais les faits sur le terrain n’ont pas changé, car le « Baas » est toujours le parti qui domine la vie politique, mais il n’est pas autorisé à s’immiscer dans la sécurité et les affaires militaires.

La rivalité russo-iranienne sur la Syrie à propos du parti s’est reflétée, chaque partie essayant de le dominer et de le diriger d’une manière qui correspond à ses intérêts, ce qui était évident il y a quelques jours, lorsque Bachar al-Assad a gelé les résultats des élections au niveau des branches et des personnes au sein de ce parti. Des sources à Damas ont déclaré que le gel est intervenu dans le contexte de l’opposition des Russes à la nomination de secrétaires de succursales et de personnes en raison de leur loyauté envers l’Iran, notant qu’il y avait une rivalité entre les dirigeants d’Al-Baas qui a conduit à la cristallisation de deux courants, le premier fidèle du côté russe et le second fidèle des Iraniens, ajoutant: Il ne reste plus du parti Baas Socialiste arabe que sont nom. Ce parti, qui adopte un discours arabe, promeut aujourd’hui la politique iranienne visant à changer l’identité arabe de la Syrie.

سورية: “التطوير والتحديث” حزب صوري لتسويق الأسد

ريان محمد – 18 مارس 2020

لم تبدّل سنوات الصراع السوري منذ عام 2011 من طبيعة النظام، بل زادته تمسكاً بالسلطة متجاهلاً التداعيات الكبرى للحرب التي خاضها ضد السوريين المطالبين بالتغيير، إذ لا يزال هذا النظام على نهجه القديم في تجفيف الحياة السياسية بشكل كامل من خلال اللجوء إلى إنشاء أحزاب ديكورية مهمتها تمجيد بشار الأسد وترسيخ سلطته وسلطة عائلته.
وفي هذا السياق، رخص النظام لحزب سياسي جديد، اتخذ من شعار أطلقه بشار الأسد بعد تسلمه السلطة خلفاً لأبيه مع بداية الألفية الجديدة اسماً له، ما يعكس بشكل واضح توجّه هذا الحزب الوليد وخطابه الذي يحاول أن يسبق حزب “البعث العربي الاشتراكي”، الحزب الحاكم في سورية، في تمجيد بشار الأسد ورفعه إلى مستوى أعلى من الشعب والدولة.

ومنحت “لجنة شؤون الأحزاب” برئاسة وزير الداخلية في حكومة النظام اللواء محمد الرحمون، منذ أيام، الترخيص لحزب أطلق عليه مؤسسوه اسم “التطوير والتحديث”، وذلك بعد شهرين فقط من تقدّمهم بطلب الترخيص، في مؤشر على أن قيادات في النظام، منها الأسد نفسه، أعطت الضوء الأخضر لانطلاق هذا الحزب، الذي لا يزال يكتنفه بعض الغموض لجهة الشخصيات التي ستتولى قيادته. وذكرت مصادر في دمشق لـ”العربي الجديد” أن الحزب الجديد بصدد التحضير لمؤتمر عام لاختيار أمينه العام وأعضاء لجنته المركزية.

ويُعرّف حزب “التطوير والتحديث” عن نفسه، عبر صفحته الرسمية على موقع “فيسبوك”، بأنه “تشكيل وطني يتخذ من فكر القائد الخالد المؤسس حافظ الأسد نهجاً ومنهجاً ويعمل على تطبيق وتنفيذ البرامج التي أطلقها سيادة الرئيس الدكتور بشار الأسد في الإصلاح والتطوير والتحديث من خلال نخب وطنية فاعلة تضم كل شرائح المجتمع السوري التي تتطلع إلى النهوض بالوطن بكل مفاصله في إطار حزب سياسي يعمل قانوناً تحت سقف الوطن”. في حين لخص مبادئه الأساسية بـ”تأكيد السيادة الوطنية وتعزيز الوحدة الوطنية والإيمان بالقضايا الوطنية والمركزية ودعم حركات المقاومة العربية والعالمية”.

ورأى متابعون أن الحزب الجديد هو إحياء لتوجّهات قديمة لدى بشار الأسد تعود إلى بدايات توليه السلطة في منتصف عام 2000، إذ كثر حينها الحديث عن مساعيه لتأسيس حزب شبابي ليبرالي، ضمن سياسات الانفتاح على الغرب والانقلاب على مفاهيم حزب “البعث العربي الاشتراكي” الذي يتلطى نظام الأسدين خلفه منذ عام 1963. إلا أن العدوان الأميركي على العراق عام 2003، والتداعيات الكبرى التي خلّفها في المنطقة، إضافة إلى اغتيال رئيس الوزراء اللبناني رفيق الحريري عام 2005، حالت دون ظهور هذا الحزب الذي كان الأسد يخطط عبره لتسويق نفسه للغرب على أنه منفتح باتجاه تجديد الحياة السياسية في سورية والجامدة منذ عام 1963. وحاول الأسد من خلال المؤتمر العاشر لحزب “البعث” عام 2005 الانقلاب على الحزب نفسه من داخله من خلال تغيير منطلقاته النظرية المعتمدة منذ خمسينيات القرن الماضي. واعتمد الحزب في المؤتمر ما عُرف بـ”اقتصاد السوق الاجتماعي”، والذي اعتُبر في وقتها انقلاباً على الاشتراكية، أحد مبادئ “البعث”، وعلى مكتسبات ذوي الدخل المحدود، وهي الشريحة الأساسية التي حملت النظام على أكتافها لعقود طويلة.

ومن الواضح أن الحزب الجديد لا يحمل أي توجّه سياسي جدي وحقيقي من شأنه الدفع باتجاه حلول سياسية للقضية السورية، بل هو نسخة مكررة من حزب “البعث” لجهة تمجيد شخصية بشار الأسد ورفعه إلى مستوى يعلو فوق الشعب والوطن. واللافت أن أبرز المؤسسين للحزب شاب لا يتجاوز عمره الـ30 عاماً، هو أسامة مرشحة، من مواليد مدينة حلب، ويحمل إجازة في الفنون الجميلة والتطبيقية قسم الديكور. ومن الواضح أن هذا الشاب له نفوذ كبير في النظام بسبب قربه من عائلة بشار الأسد، فهو صاحب عدة امتيازات لوسائل إعلامية على رأسها “وكالة الأخبار الروسية السورية RS”، ومستشار في مجلس الدولة.

وذكرت مصادر في دمشق، لـ”العربي الجديد”، أن “لدى مرشحة شبكة علاقات واسعة مع أركان النظام وحلفائه من حزب الله والإيرانيين، إضافة إلى الروس”. وتوقّعت المصادر أن “يقبل على الالتحاق بالحزب الجديد العديد من موالي النظام وكوادر حزب البعث، خصوصاً ممن لم يأخذوا مكتسبات مهمة من عضويتهم في حزب البعث، أو من يريد أن يحافظ على مكتسباته ويطمح إلى مكاسب أكبر”.

وكان مرشحة قال في تصريح صحافي إن غالبية المؤسسين “هم من المنتمين إلى فكر حزب البعث العربي الاشتراكي”، موضحاً أن “منهم من كان منتسباً بالفعل للبعث وقد انسحب أخيراً منه لأنه يبحث عن منبر جديد بعد أن أصاب الترهل والبيروقراطية بعض مواقع البعث، إلا أنهم سيبقون حاملين لفكره وسيعملون على توعية الناس بفكر الرئيس الراحل حافظ الأسد”. وأضاف: “العمل سيتمحور في اتجاهين متوازيين؛ الأول هو العمل على نشر فكر القائد الخالد حافظ الأسد كنهج أثبت الواقع ضرورته وكشف عن عمق رؤيته وبصيرته، أما الثاني فهو المساهمة خلف قيادة الرئيس بشار حافظ الأسد في تطبيق برامجه الإصلاحية والتطويرية ورفد الوطن بفريق عمل وطني ينتهج برامجه”.

من جهته، قال قيادي بعثي سابق، طلب عدم الكشف عن هويته، لـ”العربي الجديد”، إن “حزب البعث شهد محاولات مشابهة منذ فترة تولي حافظ الأسد للسلطة (1970- 2000)، إلا أنها كانت دائماً تبوء بالفشل”. ورأى القيادي “أن أي حزب بحاجة إلى مشروع فكري ليقوم عليه ويضمن الاستمرار، أما إنشاء حزب على أساس نصف ورقة وبعض الاقتباسات والجمل، لا يمكن أن يستمر”، معرباً عن اعتقاده بأن “الحزب الجديد سيكون ملتقى للانتهازيين والمتملقين، الباحثين عن فرص في الوصول السريع، معتمدين أنه حزب قائم على إرادة ورغبة الرئيس الأسد”.

Paris, ville fantôme.. Saraqeb aussi…


 

Paris-Ville-fantôme-mars-2020

Depuis peu, on entend “Paris ville fantôme” en raison du confinement de la population lié à l’épidémie Coronavirus (Covid-19).

Quels sont les points de comparaison entre les grandes villes comme Paris, Rome, Berlin, Bruxelles, etc… devenues fantômes, où les habitants se confinent volontairement par crainte d’attraper le méchant virus, et les habitants de certaines villes syriennes dont les civils étaient obligés de déserter/fuir physiquement leurs villes fuyant les bombardements meurtriers de l’aviation russe et du régime syrien …

 

Maarat al-Nouman, ville fantôme

Maarat-Al-Noumane-Ville-fantôme-2

 

Saraqeb, ville fantôme

Saraqeb-ville-fantôme2

 

Kafranbel, ville fantôme

Kafranbel-ville-fantôme

 

 

Le Monde est en guerre contre le CORONAVIRUS

Tandis qu’El-Assad est en guerre contre la population civile syrienne…

L'armée-d'Assad-Libère-la-syrie-du-peuple-syrien

 

 

La “poterie” et l’”épervier” –


La poterie et l'épervier - Le dictateur Bachar al-Assad

La “poterie” et l’”épervier”

Michel Kilo – 14 mars 2020
Al-Arabi al-Jadeed

La génération post-indépendance en Syrie croyait qu’il n’y a pas de pouvoir pour ceux qui trahissent la Palestine, ou abandonnent un pouce de terre syrienne, ou affament le peuple, ou violent leur liberté et sapent leur société en les accusant de contradictions qui subvertissent leur unité et déchirent leurs rangs, ou qui gouverne à sa guise et non pas avec la constitution et la loi, mais établit plutôt un système de tyrannie contre les droits de l’homme et de la citoyenneté, il construit son système sur la discrimination entre les gens, rejetant ses justes exigences … etc. Celui qui fait tout cela n’atteint pas le pouvoir ou le perd, car le peuple se révoltera contre lui, à cause de son incompatibilité absolue avec le patriotisme et ses valeurs.

Hafez al-Assad a gouverné la Syrie notamment avec ces politiques, contrairement aux aspirations des Syriens, des citoyens ordinaires et des élites, parce qu’il a construit son régime sur une formation sectaire présociétale / infranationale, et ne l’a pas assigné au peuple, et le Golan a été remis à Israël sans combat, il a établi une règle autoritaire hostile aux droits de l’homme, à l’égalité des citoyens devant la loi, et a géré la Syrie selon ses humeurs et ses tempéraments, il a agressé les Syriens de manière jamais rencontrée de pareille expansion et violence. Cependant, son règne a duré trente ans. La raison en est due à ces facteurs, qui ont formé un système complet qui a surpris les porteurs syriens de la culture, des politiques nationalistes qui se sont retrouvés sur une autorité à deux niveaux: l’un extérieurement visible habité par le gouvernement et la bureaucratie, et l’autre dirigé par l’État profond, décisionnaire unique contrôleur de l’État et de la société dont l’existence était secrète et mystérieuse. Car il n’est pas permis au peuple d’en savoir quoi que ce soit, et il est permis de tout savoir sur le peuple, et de pénétrer ses catégories d’une manière anarchique sans respect de la loi, bien sûr.

Avec la mort de Hafez al-Assad, la Syrie est passée de la tragédie à la comédie, dans sa forme la plus proche de la farce qui couvre tout ce qu’il dit et fait son fils Bachar, qui a failli tomber et faire ses valises pour partir, en 2012, si le général iranien, Qassem Soleimani, ne l’avait pas découragé, et le chef suprême Khamenei qui a ordonné le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, de le secourir. Lorsque ce dernier n’a pas pu remplir sa mission, Soleimani s’est rendu à Moscou à deux reprises, avertissant que l’effondrement du régime d’Assad était devenu une question de jours, et Poutine a décidé d’envahir la Syrie pour le sauver, comme il l’a dit dans un discours enregistré le 27 septembre 2015, en présence de ses généraux, après une manœuvre militaire au cours de laquelle ils lui ont montré leurs capacités aériennes militaires et de combat. Poutine a déclaré: Vous allez en Syrie pour sauver Assad, et les institutions de l’État … Les Gardiens de la révolution iraniens avaient déjà envahi la Syrie avant la révolution, pour empêcher la chute de son président et protéger son régime, car ce serait un prélude à la chute du régime de Téhéran.

Ces faits, qui éveilleraient le sentiment de honte pour ceux qui maintiennent leur position avec l’arme des envahisseurs étrangers, les invitent à occuper un pays qui ne lui appartient pas, n’empêchent pas Bachar al-Assad de placer derrière lui, lors de son allocution médiatique, une « Poterie » et un « Epervier » en bois, tout en exerçant son droit de parole pendant dix minutes, que les Russes l’ont autorisé à dire, au cours de laquelle il a prononcé un discours sous prétexte de “libérer” Alep … pour la dixième fois!. Quant à la « poterie », il a prétendu, ou l’un de ses proche menteur, que c’était un cadeau offert à Assad le père, par un soldat qui avait amené de l’argile du lac de Tibériade pendant la guerre de 1973, dont aucun soldat assadiste ne s’en est approché depuis la défaite de 1967, et il était rempli d’eau apportée par un autre soldat. Assad-père a dit à Clinton quand il a posé des questions à ce sujet: celle-ci (la poterie) est faites à partir d’argile du lac de Tibériade et pleines de son eau, que moi ou l’un de mes enfants y retournerons. Quant à l’ « épervier », un crédule s’en sert pour persuader ses victimes qu’une guerre de restitution de l’eau de poterie à Tibériade est imminente.

Assad, le père, a régné sur la Syrie avec morosité et tragédie, et son fils a régné avec la banalité des farces. Sans son insignifiance, il n’aurait pas imaginé qu’un seul Syrien croirait que quiconque a combattu “l’ennemi” pendant quelques heures dans le Golan, tandis qu’il a pilonné son « Peuple » neuf ans durant dans la plupart de ses villages et villes, pourrait sortir sa tête des décombres de son régime, pour libérer le Golan avec une fierté pleine de mensonges et avec un épervier qui ne vole pas.

الفخّارة والباشق

ميشيل كيلو – 14 مارس 2020

آمن جيل ما بعد الاستقلال في سورية بأنه لا حكم لمن يخون فلسطين، أو يتخلى عن أي شبر من الأرض السورية، أو يجوع الشعب وينتهك حريته ويقوّض مجتمعه بشحنه بتناقضات تخرّب وحدته وتمزق صفوفه، أو من يحكم بالهوى ولا يحكم بالدستور والقانون، بل يقيم نظام استبداد فرديا مناهضا لحقوق الإنسان والمواطن، ويبني نظامه على التمييز بين أبناء الشعب، ورفض مطالبه العادلة… إلخ. من يفعل هذا إما لا يصل إلى السلطة أو يفقدها، لان الشعب سيثور عليه، بسبب تنافي مواقفه المطلق مع الوطنية وقيمها.

حكم حافظ الأسد سورية بهذه السياسات بالذات، المخالفة لتطلعات السوريين، مواطنين عاديين ونخبا، ذلك أنه بنى نظامه على تكوين طائفي ما قبل مجتمعي/ ما دون وطني، ولم يسنده إلى الشعب، وسلم الجولان لإسرائيل من دون قتال، وأقام حكما استبداديا معاديا لحقوق الإنسان، ومساواة المواطنين أمام القانون، وأدار سورية بالهوى والمزاج، ونكّل بالسوريين بطرقٍ لم يسبق لهم أن واجهوا ما يماثلها في الاتساع والعنف. ومع ذلك، استمر حكمه نيفا وثلاثين عاما. يرجع سبب ذلك إلى هذه العوامل التي كوّنت منظومة كاملة وتفاعلية، وفاجأت حملة الثقافة السياسية الوطنية من السوريين الذين وجدوا أنفسهم حيال سلطة من طابقين: واحد ظاهري تسكنه الحكومة والبيروقراطية، وآخر للدولة العميقة، صاحبة القرار والخيار، والمتحكّم الوحيد بالدولة والمجتمع الذي اتسم وجوده بالسرية والغموض، لعدم جواز أن يعرف الشعب أي شيءٍ عنه، وجواز أن يعرف هو كل شيء عن الشعب، وأن يخترق فئاته بطرقٍ خارجة على القانون، بطبيعة الحال.

بوفاة حافظ الأسد، انتقلت سورية من المأساة إلى الملهاة، في أكثر صورها قربا من المهزلة التي تتلبس كل ما يقوله ويفعله ابنه بشار الذي كاد يسقط عام 2012، وحزم حقائبه للرحيل، لو لم يثنه عن فعلته الجنرال الإيراني، قاسم سليماني، لكن المرشد خامنئي أمر أمين عام حزب الله، حسن نصر الله، بإنقاذه. وبعد فشل الحزب في تحقيق مهمته، زار سليماني موسكو مرتين، محذّرا من أن انهيار نظام الأسد صار مسألة أيام، فقرّر بوتين غزو سورية لإنقاذه، كما قال في خطاب مسجل ألقاه يوم 27 سبتمبر/ أيلول عام 2015، بحضور جنرالاته، بعد مناورةٍ عسكرية أطلعوه خلالها على قدرات طيرانهم القتالية. قال بوتين: أنتم ذاهبون إلى سورية لإنقاذ الأسد، ومؤسسات الدولة… وكان الحرس الثوري الإيراني قد غزا سورية قبل الثورة، لمنع سقوط رئيسها ونظامه، بما أنه سيكون مقدمة لسقوط نظام طهران.

هذه الوقائع التي من شأنها أن تثير الشعور بالخجل لدى من يحافظ على موقعه بسلاح غزاة أجانب، دعاهم إلى احتلال بلاد ليست ملكه، لم تمنع بشار الأسد من وضع إناء من الفخار وباشق خشبي وراءه، وهو يمارس حقه في الحديث عشر دقائق، سمح الروس له أن يلقي خلالها كلمة بحجّة “تحرير” حلب… للمرة العاشرة. أما الفخارة فزعم هو، أو أحد كذبته، أنها هدية للأسد الأب من جندي جلب رملها من بحيرة طبرية في أثناء حرب عام 1973 التي لم يقترب جندي أسدي واحد منها منذ هزيمة 1967، وملئت بماء جلبه جندي آخر منها. وقد أخبر الأسد الأب الرئيس كلينتون حين سأل عنها: هذه مصنوعة من رمل بحيرة طبرية، ومليئة بمائها الذي سأعيده أنا أو أحد أبنائي إليها. أما الباشق، فيستخدمه ساذجٌ لإقناع ضحاياه بأن حرب إعادة مياه الفخارة إلى طبرية صارت وشيكة.

حكم الأسد الأب سورية بتجهم المآسي، ويحكم ابنه بتفاهة المهازل. ولولا تفاهته، لما توهم أن سورياً واحدا سيصدّق أن من حارب “العدو” سويعات في الجولان و”شعبه”، تسعة أعوام في معظم قراه ومدنه، يستطيع إخراج رأسه من ركام نظامه، ليحرّر الجولان بفخارة مليئة بالأكاذيب، وباشق لا يطير.

Errances du journalisme en Syrie


Errances du journalisme en Syrie

France 2 et Robert Fisk

paru dans lundimatin#231, le 24 février 2020

La capacité que l’on a à se projeter dans l’histoire d’un autre, d’un autre peuple, en l’occurrence le peuple syrien, ne tient pas seulement aux mystères de la trajectoire individuelle, ni à une disposition plus ou moins favorable pour se laisser prendre par le drame (le regard, la blessure, l’histoire) de celui qui subit la furie criminelle d’un régime aux relents génocidaires, ni même à la persistance de cette mémoire en nous, elle-même fragmentée et soumise à des temps contradictoires. Elle tient aussi à une chaîne informationnelle qui fabrique un temps contraint, le temps de l’indice et de la preuve, le temps de la manipulation objectivante de l’histoire en cours, et qui fourbit les armes pour les relativistes ou les négationnistes de tous bords.

Ce temps-là prend alors la forme d’un contretemps mortifère qui vient dissoudre le travail acharné des activistes syriens et de leurs relais, qui écrase ce travail dans l’espace nauséabond de la polémique, qui jette un voile de soupçon sur l’authenticité d’une construction à nue, parfois chaotique et désespérée (comment pourrait-il en être autrement ?) d’un récit des faits toujours et malgré tout adressé « au monde », à la face du monde. À sa face « vide et criarde » pourrait-on dire en prenant au sérieux les mots du boucher de Damas, lui qui profite de ce vide ou de cette absence de « monde » pour se refaire une légitimité en fait jamais totalement perdue. S’il en était autrement, le nord de la Syrie ne signerait pas le retour spectral d’un Srebrenica, ou d’un Varsovie, mais qu’importe, cela fait longtemps que nous savons comme ces comparaisons n’affectent en rien la marche de la destruction.

Se prendre les pieds dans un fil d’Ariane, tomber dans un mauvais labyrinthe{{}}

D’abord il y a eu un reportage sur France 2, intitulé sobrement « Idlib, la reconquête de Bachar El Assad  », signé Anne-Charlotte Hinet pour le journal de 20h du 15 février 2020, cinq petites minutes comme une plongée en eau douce dans l’empire du cool journalistique en temps de guerre. A-C Hinet est présente sur le terrain, au côté de l’armée, lotie d’une accréditation dont on sait déjà qu’elle n’est pas qu’un simple laissez-passer/laissez-voir, mais l’équivalent d’une cagoule pour l’ascension d’un sommet de propagande, ou d’œillères pour une course en sac dans les bras du régime. Avec la fine musique de l’innocence, et malgré quelques précautions d’usage, la petite voix déroule le roman de Bachar en alimentant la fiction d’une armée légale et laïque en lutte contre l’expansionnisme djihadiste.

« Depuis deux ans la ville de Ma’arrat al-Numan était sous le contrôle de djihadistes ayant fait allégeance à Daesh  »

On jette en pâture le nom d’une ville à un public occidental qui peine à placer la Syrie sur une carte, et on lui colle sur le dos, comme un poisson d’avril pas trop frais, le fameux drapeau noir. Mais quel sheitan se cache dans cette phrase anodine ?

Cette petite ville de 100 000 habitants située dans la province d’Idlib, tombée le 26 janvier de cette année est un exemple de ce qu’a été la révolution syrienne depuis ses débuts, malgré les multiples tentatives pour faire déborder son cours dans un lit sanglant : une réappropriation de l’espace politique muselé par le parti Baas, et une désaffiliation subversive face à certains artefacts sociaux-religieux [1]

[1] Pour comprendre la difficulté de cette opération, qu’on…

 

que l’on ne saurait percevoir en dehors du poids de la négation (négation de la vie) que ce régime imposait. Inutile de rappeler la force d’inventions politiques que furent les comités locaux, ni même les centres de médias alternatifs [2]

[2] On pense notamment au Ghouta Media Center, un important…

qui ont su prendre le relai, en temps de guerre, des médias traditionnels tout en se formant à marche forcée et dans des conditions où l’intégralité de l’existence était engagée. Là où il y avait des journalistes il y eut des héros, certains sont maintenant en exil, d’autres dans les camps, pour la plupart restés jusqu’aux tout derniers jours dans des villes dévastées, d’autres dont on ne retrouvera certainement jamais plus la trace. Les contraintes inhérentes à la clandestinité, aux coupures de courant en zones rebelles, et à l’arrêt stratégique des réseaux de téléphonie mobile ont produit une génération d’activistes qui ont su bricoler, et réinventer un métier, mais aussi maintenir des bibliothèques ouvertes [3]

 

[3] Les passeurs de Livres de Daraya, une bibliothèque…

 

, organiser des temps de jeux pour les enfants, reconquérir, enfin, des espaces de liberté aussi fragiles que nécessaires.On pourrait se demander pourquoi il a été si difficile de percevoir cet incroyable jaillissement de formes exemplaires quand il arrivait, cette trame de récits inspirants à même de remobiliser des émotions politiques toujours menacées de flaccidité et bien trop souvent, tournées vers nul lieu. « Chacun de nous a besoin de la mémoire de l’autre, parce qu’il n’y va pas d’une vertu de compassion ni de charité, mais d’une lucidité nouvelle dans un processus de la relation » écrivait Edouard Glissant. Il ne s’agit pas d’une identification symbiotique dangereuse avec un peuple déchiré par la guerre qui abolirait par là même la distance des corps souffrants et des mémoires impossibles, mais de prendre au sérieux la prouesse révolutionnaire, de sentir comme une certaine radicalité peut en aiguiser d’autres, de s’affilier, de se toucher, puisque de toute façon, la terre est devenue une « pomme de pain » comme l’écrit le poète syrien Omar Yossef Soleiman.

La question n’est pas seulement le mensonge cheap à l’heure de la soupe. Même un mauvais géo-politologue égaré dans ses cartes sait que al-Nosra et Daesh se font aussi la guerre, et que si al-Nosra est bien présent à Idlib, Daesh lui s’en tient éloigné. Pour ceux qui le chercheraient, il faut se rendre dans les zones désertiques à l’ouest de l’Euphrate, mais la promenade est périlleuse. Faire rentrer de force Ma’arrat al-Numan dans la boîte du terrorisme apocalyptique a des effets performatifs évidents quand l’on voit à quel point le maillage lexical de l’extrême droite empuantit l’espace public, et s’acharne à faire passer nos amis pour nos ennemis. En ces jours où l’on prévoit de construire un mur sous-marin [4]

[4] 27 kilomètres de filets-barrières au large de Lesbos,…

 

en Grèce pour refluer les embarcations remplies de gens en quête d’une terre vivable, en ces jours où des appels d’offres technologiques vont s’affronter et s’affrontent déjà pour savoir comment faire d’une ligne d’horizon un fil de rasoir, ce genre de reportage bas de gamme n’est pas qu’une mauvaise blague télévisuelle de plus. C’est une accolade au crime qui nous fait penser que l’enfer a ses petits soldats un peu partout, qu’ils s’exportent à table et demain, on le sait, dans les urnes.Comme l’écrit le juriste franco-syrien Firas Kontar [5]

[5] L’intégrité, la patience et l’ardeur de Firas Kontar…

sur Twitter :

« À quoi bon informer, mettre en contact des rédactions avec des syriens à Idlib, faire témoigner des rescapés de l’enfer à un moment de grande écoute quand France 2 fait l’apologie d’Assad et casse tout le travail de sensibilisation fait par les activistes syriens et leurs soutiens »

Cet « à quoi bon » est ce qui nous guette si la temporalité et l’écriture des événements imposés par le régime saturent de plus en plus les espaces d’information de grande audience.

Il aurait été plus sage de rappeler comment ces villes du nord-syrien sont devenues au fil du temps des déversoirs d’autres villes, une région se déversant dans une autre, à mesure que l’armée progressait, et que la cité en question, Ma’arrat al-Numan, a pu accueillir jusqu’à 100 000 de réfugiés de Hama et d’Idleb, avant d’être entièrement vidée par le défouloir incendiaire de l’alliance russo-syrienne. Ce ne sont plus des villes mais des lambeaux, des douches de ciment pulvérisé où chaque rue porte le nom d’un explosif, roquettes à sous-munition, bombes-barils, bombes incendiaires. Ville-refuge elle-même en quête d’un refuge impossible, acculée à la frontière turque, qui bientôt volera en morceaux si rien ne bouge. Ville pillée aussi, les biens des absents se retrouvant massivement sur les marchés, à quelques kilomètres de là  [6]

. Ce pillage systématique est pourtant bien documenté, dommage que Anne Daesh-Partout ne sache pas comment se servir de twitter, sauf pour bloquer ceux qui dénoncent ses méthodes. Pour une chaîne qui a perdu en 2012 le correspondant de guerre Gilles Jacquier, cet affront à la vérité signe un changement de cap qui est comme un crachat sur la tombe des journalistes morts en faisant leur travail. Nous pouvons rappeler ici la mémoire de Remi Ochlik et Marie Colvin assassiné.e.s dans le quartier de Baba Amr à Homs, il y a quasiment huit ans jour pour jour. Rendre impossible le travail de la presse en usant délibérément de sa puissance de feu a été, dès le début de la révolution, une des stratégies du régime.La journaliste aurait pu aussi bien vérifier l’information selon laquelle ce seraient les « combats » qui conduisirent au saccage du musée de mosaïque vieux de 4 siècles, quand deux barils de TNT largués par les hélicoptères du régime ont effectivement saccagé ce joyau ottoman en 2015. Daesh n’a pas le monopole de la destruction des sites archéologiques. Ces sites-là ne sont pas que des lieux de merveilles et d’histoire, ce sont aussi des gisements symboliques d’une culture au feuilletage complexe [7]

[7]  Autre exemple particulièrement parlant de ce…

 

, tout ce qui l’oppose à la réplétion mortifère d’une dictature kitsch.Signe d’un temps aux passions génocidaires, on a vu la semaine dernière des miliciens du régime défoncer à coup de masse des tombes [8]

de soldats de l’Armée Syrienne Libre, eux qui ont combattu la clef de voûte Daesh-Assad avec la même ardeur, on les a vus déterrer les cadavres, planter des crânes sur des piques. Après avoir acculé le peuple syrien jusque sous la terre, dans des réduits poussiéreux, dans des caves (pour ceux qui avaient la chance d’en posséder une) voilà que les assadistes exhument les morts en direct et jouent les fossoyeurs apocalyptiques. Les temps sont vraiment mauvais quand on s’acharne ainsi sur les cadavres des vaincus. On sait ce que cela veut dire : vous ne connaîtrez jamais le repos, jusque dans la mort vous serez bannis du genre humain. Quelle est la différence notoire entre ce geste-là et les parties de foot qu’organisait Daesh avec des têtes humaines ? Que la cohorte des spécialistes du Moyen-Orient qui défile sur les chaînes d’infos nous expliquent. Viendra le temps où l’on découvrira des charniers de plusieurs milliers de personnes, et les discours confusionnistes qui amalgamaient l’entièreté de l’opposition syrienne avec Al-Qaeda ou Daesh seront obligés de transférer une partie de leur logiciel anti-impérialiste suranné dans les méandres d’un négationnisme pur-jus. Ou alors ils devront se dédire publiquement, mais soyons sûr que la bassesse et l’arrogance de ces gens ( Chomsky, Assange, Berruyer, Claude El Khal, Lancelin, etc…) ne nous permettront pas d’assister à ça. Il y a, il y aura des batailles de chiffres comme il y a eu une bataille des images « invérifiables » lors des attaques chimiques, puisque c’est le propre des expériences génocidaires que de susciter ce déraillement pseudo-critique. Mais comme l’écrit plus justement Catherine Coquio : « la demande de preuve adressée au témoin fait partie de la destruction » [9]

 

[9] Le mal de vérité ou l’utopie de la mémoire, Catherine…

 

. On ne pardonnera jamais à cette gauche soi-disant radicale ses compromissions, on n’obéira à aucun chantage électoral de nature à recouvrir les failles pyrénéennes qui nous séparent dorénavant de leur bafouillis sinistre.Aucun mot non plus pour les manifestations des habitants de feu Ma’arrat Al-Numan contre le régime et contre Hayat Tahrir Al-Cham, aucun mot pour les étudiant.e.s de l’Université Libre d’Alep refusant le « gouvernement de salut » de HTS et sa volonté de museler l’étude, aucun mot pour ces sit-in pacifistes où femmes, hommes et enfants furent bombardés par l’aviation russe. S’élever contre une double tyrannie, risquer deux fois la mort, chanter Ash-shaʻb yurīd isqā an-niām [10]

[10] Le peuple veut la chute du…

 

sous les croisillons des sukhoi russes, dans l’insécurité alimentaire et médicale, ça n’existe pas, ça n’est pas digne d’être conté, on préfère aligner les quilles d’un orientalisme fascisant et tirer avec des boules de cristal sur tous ceux qui veulent sortir la « mémoire des prisons » [11]

 

[11] Récits d’une Syrie oubliée, Yassin Al Haj Saleh, Les…

 

syriennes, de la prison à ciel ouvert qu’ont bâtie la famille Assad et sa garde prétorienne pour la livrer en cendre aux seigneurs de guerre. Assad préfère régner sur un pays vide, régnant sur son règne, ou sur un reste de population exsangue dont il reconduit le rêve de l’« homogène », trancher au coutelas dans les communautés, tenir les gens par les cordes du ventre en les affamant et en neutralisant par-là les formes d’entraide, on ne cessera de rappeler l’épreuve d’une mort technique et organisée qu’il fait subir à son peuple, à l’aide de la Russie et de l’Iran.En effet, la politique expansionniste des acteurs de guerre signe à même les murs sa volonté sordide de recouvrement intégral. Les mercenaires russes de la PMC Wagner, cette grande manieuse de poudre et d’atrocités, qui paradaient tout sourire fin janvier à Ma’arrat al-Numan, s’amusaient à taguer « Alep est à nous » sur les murs de la ville en 2016. Le nazisme décomplexé, couplé à un stalinisme [12]

cœur battant (on sait la propension des deux à se serrer la main) travaillent plus que jamais le lexique de la propagande russe, qui tue ses opposants politiques [13]

jusque chez nous et qui affiche ouvertement son expansionnisme cadavérique sur le Moyen-Orient et l’Europe de l’est. La tentative de rapprochement symbolique de Macron et Poutine, un peu battue en brèche façon clown ces derniers jours, est certainement plus grave que les errances d’une pseudo-journaliste. Mais tout ça participe d’une même étoffe dont on voit les coutures devenir les agrafes d’un récit poussif, mais odieusement efficace, pour la réhabilitation d’Assad.« Idlib, ce n’est plus qu’une question de temps, et nous avons beaucoup de patience  » déclare, sûr de lui, un des militaires présents. Cette patience n’est que le prête-nom d’un incroyable cynisme des nations-autruches, apeurées, crétinisées, hallucinées par la force de plus en plus fractale du racisme institutionnel et par la peur des migrants, en baisant la mule de ceux qui jettent ces femmes et ces hommes sur les routes de la mort, pour engranger des profits d’externalisation et s’assurer une place chaude dans les sphères maudites du pouvoir. Ceux dont le travail ne consiste plus qu’à « adapter la perception du risque à l’exigence croissante de protection » dirait Roberto Esposito.

On a aussi le choix d’écouter hommes et femmes qui travaillent à rendre lisible les témoignages des syriens, celles et ceux qui ensorcèlent la dictée sociale quotidienne et ses effets d’insomnies, qui blessent les fétiches de l’époque, qui piratent ce capharnaüm des somnambules, ou de nous enfouir dans les draps sales des nations en attendant que la liaison commerciale Paris-Alep [14]

ne soit rouverte selon l’impératif-corbillard des « réalismes politiques ».

Robert Fisk, que reste t-il de celui « qui reste ? »

Robert Fisk, lui, sait la différence entre Daesh et al-Nosra, pires ennemis s’il en est, dans ce siècle à ennemis. Et il a d’autres qualités que n’a pas cette mauvaise journaliste. Ce « grand reporter » anglais né en 1946 a joué, notamment, un rôle fort dans le témoignage du massacre de Sabra et Chatila (Beyrouth-est) en 1982 par les milices phalangistes actives dans les zones occupées par l’armée israélienne. C’est lui qui a écrit ce livre fameux : Pity the nation. C’est lui ’qui est resté à Beyrouth’ pendant l’offensive israélienne alors que les journalistes étrangers pliaient bagages. Pour ceux qui avaient perdu sa trace en 2018 alors qu’il exprimait benoîtement ses doutes sur l’attaque chimique [15]

[15] J’invite ceux qui le peuvent à lire l’un des livres…

 

du régime à Douma, Arte nous donne l’occasion de le retrouver dans un reportage au long cours diffusé cette semaine : « En première ligne, les vérités du journaliste Robert Fisk  », qui se veut l’exposition d’une « méthode », méthode qui peut-être par la suite librement « critiquée ». Qu’à cela ne tienne.Plongé in media res dans la ville iranienne d’Abadan en 1980 pendant la guerre Iran-Irak, sur la ligne du front. Tirs d’armes légères, nuages de fumée âcre au-dessus des palmiers, snipers embusqués par-delà le fleuve Chat Al-Arab. Pétrole brûlant la peau du ciel, images-mobiles et cultes annonçant les futures guerres du Golf où les puits de pétrole cracheront l ’ « effondrement de l’univers stellaire » ( Leçons de Ténèbres, Werner Herzog) ou plus prosaïquement, la mort de la terre sur terre. La ville est réduite à son fantôme. Robert Fisk et ses suiveurs (combien sont-ils ?) tentent de quitter cet enfer, ce repère d’assaillants invisibles. La voix est haletante, la caméra malmenée, ils s’engouffrent dans une voiture et l’on entend ces mots « On cherche à se mettre à l’abri. On roule tête baissée. Tant qu’on roule vite, ça devrait aller. Ici Robert Fisk, correspondant du London Times  ». Un trouble nous saisit, l’homme qui parle est à l’avant d’une voiture, il est âgé, il ne dit rien, il est filmé de trois quarts depuis le siège arrière, inquiétante étrangeté. On comprend la déliaison temporelle entre la voix et l’image, qui annonce une autre situation de guerre : la voiture que l’on croyait à Abadan roule dans une nouvelle ville fantôme, celle de Homs en Syrie, en 2018. Grande famille des villes martyrs, qui ne cessent d’accoucher ses enfants monstrueux. Ce véhicule est le ressort d’une métaphore filmique où le long tissu des ruines sert de coutures à deux carnages de l’histoire contemporaine. Parachutage elliptique qui nous ressaisit dans l’éternel retour de la destruction. Transport moderne. Mais Mr Fisk, on le voit bien, n’est plus en âge de courir sous les balles des snipers. Il devra travailler autrement s’il veut continuer à faire du « terrain ». C’est la promesse d’une méthode renouvelée mais selon un paradigme identique : y être, et voir, témoigner depuis la blessure, en robinson, en dépit de l’âge et de la bonne disposition physique que ce genre de situation implique. On se prend à douter, quand on a lu par exemple le livre-document de Jonathan Littell, Carnet de Homs, (2012), où les conditions extrêmes du travail journalistique sont répliquées dans la fragilité d’une prise de notes au jour le jour, où l’on perçoit sous le texte la vigueur meurtrière d’une menace d’éradication, qui le commande. ( La première page du livre est d’ailleurs consacrée à la mort de Gilles Jacquier). Subrepticement, on aperçoit deux militaires sur une moto qui double le véhicule de Robert Fisk, ça dure un quart de seconde, mais on les voit fixer la caméra et partir au loin. Militaires, et poissons-pilotes, donc.

Fisk semble rompu aux villes-mortes, il dit même qu’on « pourrait tourner un film Hollywoodien ici », amer cliché du « théâtre de guerre », et de « la scène du drame » : l’on se demande s’il arrivera à écrire un scénario à la hauteur des espérances du régime. Il marche dans le corps creux de Homs, il se gratte la tête, il n’y a plus rien à voir, Mr Fisk. Mais un correspondant, ça doit correspondre. Et si possible, correspondre à la réalité, et c’est là tout le problème quand une guerre est un crible de déformations radicales qu’il faut traverser, pour ramener une image claire. Quelque chose de simple suffirait, mais l’on sait comme la simplicité est une épreuve, et là-bas, plus que jamais. « Y’a t’il quelque chose en nous qui autorise tout cela ? » s’interroge t-il devant l’abîme d’un monde effondré, renvoyant à une « grande question » qui relève bien trop souvent d’une métaphysique dépolitisante.

« Tous les évènements historiques nous parviennent modifiés par les déformations particulières avec lesquelles ils se sont reflétés dans la conscience des contemporains  » écrivait Nadejda Mandelstam en une autre époque de tourments. Il s’agirait de comprendre à quel type de déformation et de modification ce fabricant de « reflets » participe, lui dont le statut de grand reporter ne tient plus ici qu’à un régime d’exception, de permissivité offerte par le pouvoir en place. Installé dans un pick-up, il se dirige en bonne compagnie vers la zone chaude qui l’intéresse, la région d’Idlib dont on n’est pas prêt d’oublier le nom [16]

[16] « la pire catastrophe humanitaire du XXI ème » siècle…

« Content de vous revoir » glisse t-il à un militaire du régime occupé à son radio-émetteur, certainement pour annoncer à l’arrière-garde aux manettes que Tintin au pays du Cham est bien arrivé. Après une heure de route, petite pause à un poste d’observation et de combat situé à Jebel Akrad (à 15 kilomètres de la frontière turque), sur une crête, en face des positions « d’Al-Nosra ». On aperçoit, à bonne distance, des soldats rigolards et semble-t-il un peu assommés dans des vêtements militaires trop grands, des casques obsolètes, on lit sur les visages des nationalités diverses, des jeunes enrôlés pour 100 dollars perdus dans des boucheries qu’ils ne maîtrisent pas. Fisk va rencontrer le commandant de comité de sécurité d’Idlib, pas n’importe qui, donc, un de ceux qui organisent le siège et l’apoplexie maximale des populations civiles. Les canons sont encore chauds des échanges du matin. Arrivé dans un bunker improvisé, on est saisi par une image. Fisk s’empare de la jumelle longue portée des militaires, et regarde. Après un zoom hasardeux, la caméra suit un mouvement désordonné d’observation, et cela ressemble soudainement à ces centaines de vidéos de tirs d’ATGM que les rebelles partagent sur internet, aux mauvaises images floues, où l’on voit mal là où l’on se demande quoi regarder. « Ils sont partis, il n’y a personne, les villages sont déserts » dit-il. Surprise. Encore une fois, il n’y a rien à voir, si ce n’est, à pic, un paysage à l’étale battu par les vents, un treillis de champs et de villages abandonnés. « Vous voulez voir autre chose ? questionne le commandant, comme un père las qui demande à son gosse s’il veut faire encore un tour de grand huit. « Oui, tout ce qu’il est possible de voir. » Mais la paire de jumelles fixe seule ce pays déserté, le regard n’est pas là. Le témoin tiers-garant qui observe est désœuvré, rendu inopérant par le piège dans lequel il s’est jeté tout seul.C’est donc ça, la méthode du grand Robert Fisk ? Voir avec les yeux de l’aigle, prendre les yeux qu’on lui donne, et voir qu’il n’y a rien à voir, mais le faire là où on lui dit, et reporter le rien du vu sur un petit annuaire de poche ? Mais ce qui nous est offert à nous de voir, c’est son aveuglement volontaire et les coordonnés qui le rendent possible. Triste spectacle, auquel bien des correspondants [17]

[17] On pourrait citer le grand toxicomane shooté à…

 

se livrent encore en Syrie. Ça ne serait pas très grave si on était, effectivement, dans un parc d’attraction, et non sur les lieux mêmes d’un rapport de force unilatéral. Ce genre d’offrandes dont le régime raffole et qui a trouvé un pied à terre en hexagone grâce à la chaîne très à la mode du Kremlin, la très digne RT France. On dirait la mouche qui s’exprime depuis la toile de l’araignée et qui parle de sa vie de mouche, sans se rendre compte de ce qui l’attend. La séquence sous morphine s’arrête avec les paroles du commandant qui annonce ne pas avoir d’autres endroits « très chauds » à montrer parce qu’il y a un accord de « cessez-le-feu », comme une dernière mauvaise blague, puisque les feux, en Syrie, n’ont jamais cessé, si ce n’est dans la langue malade des hauts commissariats onusiens. Alors on voudrait faire comme à l’entrée du film, remonter dans la voiture, et traverser le temps pour entrevoir le Fisk qui ne se compromettait pas avec les régimes sanglants, pour être sûr de n’avoir pas rêvé.On trouvera peut-être une explication aux errements tardifs de quelqu’un dont on a pu saluer le travail auparavant. Comme une absolutisation de sa méthode qui tourne à la performance individuelle. Il faudra l’écouter encore :

« Je suis dans une position très privilégiée dans mon métier de journaliste. En tant que reporter, je suis dans la rue, je vais sur le front, je vois la guerre mais je suis aussi chroniqueur. La plupart d’entres eux vivent à New York, Londres ou Paris et la plupart des reporters ne peuvent pas être chroniqueurs. J’ai la chance d’être les deux. Donc quand j’écris une série d’articles sur la Syrie par exemple, c’est que je suis allé sur place, que je ne relaie pas ce que j’ai vu sur Youtube. (…) Quand on ne va pas sur le terrain, pour parler aux gens et voir ce qui se passe, on ne peut pas s’approcher de la vérité. » Il invite ensuite à renouer avec « le journalisme à l’ancienne », « se renseigner sur ce que l’on voit » et surtout « prendre des notes » et ce pour « s’approcher de la vérité  ». Voir est le maître mot, le sésame qui ouvre les portes non de la perception mais de la vérité. La vérité qui est un lieu physique donc, dans lequel on peut tremper sa plume, et se faire le témoin clé d’une réalité parcourue, traversée et incarnée. Le modèle ancien du bon « passeur ». Mais quand on se fait le témoin d’un manque organisé, d’un vide construit dont on ne voit pas les ressorts pourtant évidents, alors on ne fait que signer des deux mains la stratégie d’un pouvoir qui lui maîtrise à la perfection ce jeu-là. Il ne cherche pas à être cru mais à se trouver dans une position dans laquelle serait produit un équivalent formel de la vérité, et qui lui sert de substitut : ce substitut, c’est la légitimation pour fin. Cette leçon de journalisme-à-la papa est recouverte par la banalisation à l’œuvre qu’elle produit. On peut couper le son, la messe est dite.

On pourrait également interroger la solitude du grand reporter concurrencé de toutes parts par les vrais témoins du drame syrien. Ils sont sur Twitter, Facebook, Youtube, Telegram, on pourrait donc vanter les mérites de l’opensource sans faire l’impasse sur la critique nécessaire de ces grands consortiums capitalistiques. Il n’empêche, on préfèrera toujours à l’aventurisme et l’isolationnisme critique d’un Fisk l’étoilement et l’archipel des informations que l’on pourra trouver en se tissant une communauté d’amis lointains, ces vrais amis qui nous rendent le service de ne pas trop croire à la fiction d’un œil cyclopéen directement connecté au réel. « Nul homme n’est une île », à quoi l’on pourrait ajouter ( de mémoire ) cette phrase de Robert Linhart dans L’Établi critiquant « le monopole de la trajectoire individuelle » dont les occidentaux se pensent bien trop souvent les uniques sujets. À la rigueur sceptique jetée sur le témoignage des autres, Fisk réserve un accueil souverain à son propre système herméneutique. Ça ne serait que du cartésianisme en couche-culotte si cela ne prenait place, une nouvelle fois, dans une chaîne lexicale qui lave la politique meurtrière du régime.

« On ne peut avaler une grappe de raisins d’un seul coup, mais grain par grain, c’est facile » dit un proverbe haïtien. Beaucoup sont inquiets : cette grappe ressemble de plus en plus à un essaim de frelons.

Emmanuel Fouché

[1Pour comprendre la difficulté de cette opération, qu’on ne peut résumer ici qu’à grands traits, il faut lire 19 femmes, de Samar Yazbek, aux éditions Stock.

[2On pense notamment au Ghouta Media Center, un important groupe de journalistes- activistes indépendants du pouvoir en place et des groupes armés. On pouvait voir une exposition de photographies de l’un de ses membres, Firas Abdullah, à la mairie du IIe arrondissement de Paris au mois de janvier.

[3Les passeurs de Livres de Daraya, une bibliothèque secrète en Syrie, Delphine Minouial-Numan s ses cartes sait que aul lieu. menacées ons politiques en les sortant de leurs territoires édictés. ants, reconquérir

[427 kilomètres de filets-barrières au large de Lesbos, le nouveau projet du ministre grec de l’intérieur, Panagiotopoulos. Source : https://www.dezeen.com/2020/02/10/greece-floating-sea-border-wall-news/

[5L’intégrité, la patience et l’ardeur de Firas Kontar face à ceux qui l’attaquent quasi quotidiennement nous laisse admiratif. Le directeur des reportages de l’information de France 2 s’est défendu de relayer la propagande du régime en faisant place à toutes les paroles contradictoires, notamment celle de Ardavan Amir-Aslani. Manque de bol, ce dernier est une figure de Russia Today, un admirateur notoire de Poutine. Mauvaise blague, ou signe des temps ?

[7 Autre exemple particulièrement parlant de ce feuilletage historique : « La mosquée des Omeyyades à Damas fut d’abord une cathédrale – qui renferme toujours une relique du crâne de Saint-Jean-Baptiste- construite sur l’emplacement d’un temple romain dédié à Jupiter, lui même bâti sur les ruines d’un temple en l’honneur d’Hadad, le dieu araméen du tonnerre. » Leila Al-Shami, Robin Yassin-Kassab, Burning Country, L’échappée

[9Le mal de vérité ou l’utopie de la mémoire, Catherine Coquio, Armand Colin, collection ’Le temps des idées’, 2015

[10Le peuple veut la chute du régime

[11Récits d’une Syrie oubliée, Yassin Al Haj Saleh, Les prairies ordinaires

[15J’invite ceux qui le peuvent à lire l’un des livres les plus poignants de la révolution syrienne, « A l’est de Damas, au bout du monde. Témoignage d’un révolutionnaire syrien » de Majd al-Dik aux éditions Don Quichotte.

[16« la pire catastrophe humanitaire du XXI ème » siècle selon l’ONU.

[17On pourrait citer le grand toxicomane shooté à l’espace télévisuel consacré au Moyen-Orient, Régis le Sommier, si on n’était pas tout de suite pris de dégoût pour ce ventriloque d’Assad. C’est un nom parmi d’autres, et l’on ne peut mesurer qu’avec un sentiment d’impuissance l’influence de ces gens.

Syrie : le HCR appelle à mettre en sécurité les civils pris au piège par les combats dans la région d’Idleb


Le 7 février 2020, une fille porte un enfant plus jeune alors que des enfants et leurs familles fuient le sud d’Idlib et l’ouest d’Alep vers la partie nord d’Idlib et d’Alep en Syrie.
20 février 2020

Face à l’aggravation dramatique de la situation dans la province d’Idlib en Syrie, où près d’un million de personnes sont en grave danger, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a demandé jeudi une action urgente pour permettre aux personnes prises au piège dans le conflit de rejoindre des lieux en sécurité.

Plus de 900.000 personnes auraient déjà fui leurs foyers ou leurs abris à Idlib ces derniers mois. La plupart se trouvent désormais dans les gouvernorats d’Idlib et d’Alep au nord de la Syrie – ce qui aggrave encore la situation humanitaire déjà désastreuse, et ce dans des conditions hivernales difficiles.

« Nous devons faire cesser les combats, et il faut pouvoir accéder à la sécurité afin de préserver les vies », a déclaré le Haut-Commissaire. « Le Secrétaire général des Nations Unies a appelé les parties au conflit à respecter les règles relatives à la guerre. Chaque jour qui passe, cet appel se fait plus urgent. Des milliers d’innocents n’ont pas à supporter les effets de profondes divisions au sein de la communauté internationale, dont l’incapacité à régler cette crise va durablement ternir notre conscience collective internationale ».

« Comme par le passé, dans les moments de crise, je lance également un appel aux pays voisins, y compris la Turquie, pour qu’ils étendent les admissions, afin que les personnes en grand danger puissent trouver refuge – même si les capacités et le soutien du grand public y sont déjà mis à rude épreuve », a ajouté Filippo Grandi. « Pour ces pays, qui accueillent déjà 5,6 millions de réfugiés, dont 3,6 millions se trouvent en Turquie, le soutien international doit être pérennisé et intensifié ».

Plus de quatre millions de civils se trouveraient actuellement dans le nord-ouest de la Syrie. Plus de la moitié d’entre eux sont des déplacés internes. Beaucoup se trouvent en situation de déplacement depuis des années et ont été forcés de fuir à plusieurs reprises. Environ 80% des nouveaux déplacés sont des femmes et des enfants. De nombreuses personnes âgées sont également en danger.

Les besoins en matière d’abris sont critiques

Les Nations Unies ainsi que d’autres partenaires en Syrie et ailleurs travaillent depuis des semaines pour venir en aide aux personnes déplacées dans la région d’Idlib. Compte tenu de l’intensité et de l’ampleur des déplacements de populations, les besoins en matière d’abris sont critiques. Les conditions hivernales difficiles – la neige, les inondations, les températures négatives et la hausse des prix des combustibles – s’ajoutent encore aux difficultés et aux souffrances.

Les organisations humanitaires tentent de venir en aide à ces personnes par tous les moyens possibles, notamment par le biais d’envois transfrontaliers d’abris et de kits d’aide d’urgence depuis la Turquie. Les partenaires locaux sur le terrain font leur possible pour continuer à assurer un soutien psychosocial et une aide juridique ainsi qu’à fournir de l’assistance, et aider les personnes vulnérables à accéder aux services essentiels – mais beaucoup sont eux-mêmes pris dans la tourmente.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) cherche à aider près de 275.000 personnes pour leur distribuer des articles de première nécessité ainsi que 84.000 autres à l’intérieur d’Idlib pour leur fournir des abris. Le HCR a également prépositionné des stocks de matériel de secours dans la région, afin de répondre aux besoins immédiats de 2,1 millions de personnes, dont des tentes pour 400.000 personnes.

Le 7 février 2020, une fille porte un enfant plus jeune alors que des enfants et leurs familles fuient le sud d’Idlib et l’ouest d’Alep vers la partie nord d’Idlib et d’Alep en Syrie.
20 février 2020

Face à l’aggravation dramatique de la situation dans la province d’Idlib en Syrie, où près d’un million de personnes sont en grave danger, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a demandé jeudi une action urgente pour permettre aux personnes prises au piège dans le conflit de rejoindre des lieux en sécurité.

Plus de 900.000 personnes auraient déjà fui leurs foyers ou leurs abris à Idlib ces derniers mois. La plupart se trouvent désormais dans les gouvernorats d’Idlib et d’Alep au nord de la Syrie – ce qui aggrave encore la situation humanitaire déjà désastreuse, et ce dans des conditions hivernales difficiles.

« Nous devons faire cesser les combats, et il faut pouvoir accéder à la sécurité afin de préserver les vies », a déclaré le Haut-Commissaire. « Le Secrétaire général des Nations Unies a appelé les parties au conflit à respecter les règles relatives à la guerre. Chaque jour qui passe, cet appel se fait plus urgent. Des milliers d’innocents n’ont pas à supporter les effets de profondes divisions au sein de la communauté internationale, dont l’incapacité à régler cette crise va durablement ternir notre conscience collective internationale ».

« Comme par le passé, dans les moments de crise, je lance également un appel aux pays voisins, y compris la Turquie, pour qu’ils étendent les admissions, afin que les personnes en grand danger puissent trouver refuge – même si les capacités et le soutien du grand public y sont déjà mis à rude épreuve », a ajouté Filippo Grandi. « Pour ces pays, qui accueillent déjà 5,6 millions de réfugiés, dont 3,6 millions se trouvent en Turquie, le soutien international doit être pérennisé et intensifié ».

Plus de quatre millions de civils se trouveraient actuellement dans le nord-ouest de la Syrie. Plus de la moitié d’entre eux sont des déplacés internes. Beaucoup se trouvent en situation de déplacement depuis des années et ont été forcés de fuir à plusieurs reprises. Environ 80% des nouveaux déplacés sont des femmes et des enfants. De nombreuses personnes âgées sont également en danger.

Les besoins en matière d’abris sont critiques

Les Nations Unies ainsi que d’autres partenaires en Syrie et ailleurs travaillent depuis des semaines pour venir en aide aux personnes déplacées dans la région d’Idlib. Compte tenu de l’intensité et de l’ampleur des déplacements de populations, les besoins en matière d’abris sont critiques. Les conditions hivernales difficiles – la neige, les inondations, les températures négatives et la hausse des prix des combustibles – s’ajoutent encore aux difficultés et aux souffrances.

Les organisations humanitaires tentent de venir en aide à ces personnes par tous les moyens possibles, notamment par le biais d’envois transfrontaliers d’abris et de kits d’aide d’urgence depuis la Turquie. Les partenaires locaux sur le terrain font leur possible pour continuer à assurer un soutien psychosocial et une aide juridique ainsi qu’à fournir de l’assistance, et aider les personnes vulnérables à accéder aux services essentiels – mais beaucoup sont eux-mêmes pris dans la tourmente.

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) cherche à aider près de 275.000 personnes pour leur distribuer des articles de première nécessité ainsi que 84.000 autres à l’intérieur d’Idlib pour leur fournir des abris. Le HCR a également prépositionné des stocks de matériel de secours dans la région, afin de répondre aux besoins immédiats de 2,1 millions de personnes, dont des tentes pour 400.000 personnes.

Bachar Al-Assad s’engage à poursuivre l’offensive en Syrie


Bachar Al-Assad s’engage à poursuivre l’offensive en Syrie

« La violence dans le nord-ouest de la Syrie est aveugle », déplore le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires Mark Lowcock.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 06h47, mis à jour à 13h33

 

 

Les forces syriennes dans la région d’al-Lirmoun, au nord d’Alep, lundi 17 février 2020.
Les forces syriennes dans la région d’al-Lirmoun, au nord d’Alep, lundi 17 février 2020. LOUAI BESHARA / AFP

Porté par la reconquête de territoires et malgré les oppositions de la communauté internationale, Bachar Al-Assad ne compte pas mettre un terme à son offensive. Le président syrien s’est engagé lundi 17 février à poursuivre son avancée dans le nord-ouest du pays pour « libérer » l’ultime grand bastion tenu par les djihadistes et les rebelles.

Ses déclarations lors d’une allocution télévisée interviennent alors que les Nations unies (ONU) réitèrent leurs appels pour un cessez-le-feu dans la région d’Idlib et les territoires attenants, meurtris par les combats et les frappes aériennes.

Couloirs humanitaires

Depuis décembre, près de 900 000 personnes, en vaste majorité des femmes et des enfants, ont été déplacées, selon un nouveau bilan de l’ONU. « Ils sont traumatisés et forcés de dormir dehors par des températures glaciales car les camps (de déplacés) sont pleins. Les mères brûlent du plastique afin de réchauffer les enfants. Des bébés et de jeunes enfants meurent à cause du froid », s’est insurgé lundi dans un communiqué le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires Mark Lowcock. « La violence dans le nord-ouest de la Syrie est aveugle », a-t-il regretté, réclamant un cessez-le-feu, « seule option » selon lui.

La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a de son côté exprimé mardi son « horreur » face aux violences dans le nord-ouest syrien et réclamé la mise en place de « couloirs humanitaires ». Michelle Bachelet appelle dans un communiqué le gouvernement syrien et ses alliés, qui mènent depuis décembre une offensive dans l’ultime grand bastion tenu par les jihadistes et les rebelles, « à autoriser les couloirs humanitaires » et à faciliter le « passage des civils en toute sécurité ».

« La bataille pour la libération des provinces d’Alep et d’Idlib se poursuit, indépendamment des discours criards vides qui viennent du nord », a lancé lundi le président Assad, en allusion aux avertissements répétés de la Turquie voisine. Les forces gouvernementales ont reconquis dimanche la ceinture de localités entourant la métropole d’Alep, repoussant ainsi djihadistes et rebelles qui tiraient des roquettes sur la deuxième ville de Syrie.

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Ces derniers jours, les troupes de Damas ont aussi pris le contrôle de tronçons d’une autoroute reliant Alep à la capitale. Elles poursuivent depuis décembre leur offensive dans le nord-ouest, appuyées par l’aviation de l’indéfectible allié russe.

Plus de 380 civils ont péri depuis la mi-décembre dans les violences, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Et même si la métropole d’Alep a été reprise dans son intégralité fin 2016 par le pouvoir, des centaines de civils ont péri depuis cette date dans les tirs de roquettes et d’obus des djihadistes et des rebelles, d’après l’Observatoire.

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Ce sont les djihadistes de Hayat Tahrir Al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) qui dominent plus de la moitié de la province d’Idlib et des secteurs attenants dans celles d’Alep, de Hama et de Lattaquié. Ces territoires accueillent aussi d’autres groupuscules djihadistes, mais aussi des factions rebelles.

Tensions entre Damas et Ankara

Pour des experts, malgré la détermination du régime à reconquérir l’intégralité du bastion d’Idlib, djihadistes et rebelles pourraient préserver une partie de la province, si la Turquie voisine reste déterminée à entraver l’avancée du régime. Ankara, qui soutient des groupes rebelles, maintient des troupes dans le nord-ouest syrien et y a envoyé des renforts ces derniers jours. Accueillant déjà plus de 3,5 millions de réfugiés, la Turquie craint que l’offensive de Damas ne provoque un nouvel afflux de population vers sa frontière fermée.

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Illustrant les tensions entre Damas et Ankara, des affrontements d’une violence inédite ont opposé début février les soldats turcs aux forces syriennes dans le nord-ouest. Ces dernières années, le pouvoir de Damas a multiplié les victoires jusqu’à reprendre le contrôle de plus de 70 % de la Syrie. Déclenchée en mars 2011 avec la répression de manifestations pacifiques, la guerre en Syrie a fait plus de 380 000 morts.

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