Une sous-munition de fragmentation 9N24 non explosée est visible sur un terrain près de l’école Abdo Salama à Sarmin, dans le gouvernorat d’Idlib en Syrie, suite à une attaque menée le 1er janvier 2020. Des démineurs ont posé deux petits panneaux rouges près de la sous-munition, en guise d’avertissement quant au danger qu’elle représente. © 2020 Syria Civil Defense

(Beyrouth, le 22 janvier 2020) – Un missile balistique doté d’une ogive à sous-munitions et tiré par les forces syriennes a tué 12 civils, dont cinq enfants, dans une école et à proximité le 1er janvier 2020, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

Cette attaque menée contre l’école Abdo Salama à Sarmin, dans le gouvernorat d’Idlib, a immédiatement tué neuf civils, dont cinq enfants âgés de 6 à 13 ans. Trois autres adultes, y compris un enseignant dont le fils a également été tué, sont décédés par la suite en raison de la gravité de leurs blessures. Au moins 13 autres personnes – 12 enfants et un enseignant – ont été blessées lors de l’attaque.

« Après des années d’attaques brutales qui ont déjà tué ou mutilé tant d’enfants, le gouvernement syrien vient d’inaugurer la nouvelle décennie en tuant encore plus d’enfants et leurs enseignants en utilisant une arme interdite », a déclaré Lama Fakih, directrice de la division Crises et conflits à Human Rights Watch. « Le gouvernement syrien devrait mettre fin à son recours répugnant aux armes à sous-munitions, cesser d’attaquer des écoles et sanctionner ceux qui ont autorisé cette frappe. »

Selon les informations disponibles, l’attaque du 1er janvier a selon toute probabilité violé les lois de la guerre, qui interdisent les attaques délibérées ou indiscriminées contre des civils, et les qualifient de crimes de guerre. Plus de 100 pays – mais ni la Russie ni la Syrie – se sont engagés à protéger les établissements scolaires contre les attaques en approuvant la Déclaration sur la sécurité dans les écoles.

Les armes à sous-munitions sont interdites par une Convention à laquelle 107 États parties – mais ni la Syrie, ni la Russie – ont déjà adhéré. Ces armes sont interdites en raison de leur usage indiscriminé et du danger qu’elles représentent pour les civils sur le long terme. Elles explosent généralement dans l’air, dispersant alors des dizaines, voire des centaines, de petites bombes (les sous-munitions) sur une zone dont la superficie avoisine celle d’un terrain de football. De nombreuses sous-munitions n’explosent toutefois pas lors de l’impact initial, ce qui laisse au sol de dangereux fragments explosifs dont l’effet est comparable à celui de mines terrestres.

Débris d’un missile balistique 9M79M Tochka, équipé de sous-munitions et utilisé lors d’une attaque contre une école à Sarmin, dans le gouvernorat d’Idlib en Syrie, le 1er janvier 2020. © 2020 Syria Civil Defense
 

Human Rights Watch a examiné des vidéos et des photos des débris de l’arme, et l’a identifiée comme un missile balistique 9M79M Tochka, équipé d’une ogive contenant 50 sous-munitions à fragmentation de type 9N24. Selon le fabricant russe, chaque sous-munition 9N24 contient 1,45 kilogramme d’explosifs, et lors de sa propre explosion, se brise en environ 316 fragments.

Communiqué complet en anglais : www.hrw.org/news/2020/01/22/syria-cluster-munition-attack-school