Iran. Des milliers de personnes détenues de manière arbitraire risquent la torture


Contestation-en-Iran-novembre-2019

Iran. Des milliers de personnes détenues de manière arbitraire risquent la torture dans le cadre de la répression post-contestation

  • Des milliers de personnes arrêtées, dont des mineurs de 15 ans
  • Des détenus soumis à des disparitions forcées et à la torture
  • Au moins 304 manifestants tués d’après des sources crédibles

Les autorités iraniennes poursuivent leur répression féroce dans le sillage du mouvement de contestation qui a éclaté dans tout le pays le 15 novembre, arrêtant des milliers de manifestants, ainsi que des journalistes, des défenseurs des droits humains et des étudiants pour les empêcher de dire ce qu’ils pensent de cette répression impitoyable, a déclaré Amnesty International le 16 décembre 2019.

Elle a mené des entretiens avec des dizaines de personnes en Iran qui ont expliqué que, pendant les manifestations et dans les jours et les semaines qui ont suivi, les autorités iraniennes ont placé des personnes en détention au secret et les ont soumises à des disparitions forcées, à des actes de torture et autres mauvais traitements.

Au moins 304 personnes ont été tuées et des milliers ont été blessées entre le 15 et le 18 novembre lorsque les manifestations ont été réprimées en usant de la force meurtrière, selon des informations crédibles compilées par Amnesty International. Les autorités iraniennes refusent de confirmer le nombre de victimes.

« Des récits poignants de témoins laissent à penser qu’après avoir massacré des centaines de participants aux manifestations nationales, les autorités ont orchestré une répression à travers tout le pays destinée à instiller la peur et à dissuader les citoyens de raconter ce qui s’est passé », a déclaré Philip Luther, directeur des recherches sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

Des récits poignants de témoins laissent à penser qu’après avoir massacré des centaines de participants aux manifestations nationales, les autorités ont orchestré une répression à travers tout le pays destinée à instiller la peur et à dissuader les citoyens de raconter ce qui s’est passé.
Philip Luther, directeur des recherches sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International

 

Sur des vidéos authentifiées par le Service de vérification numérique d’Amnesty International et étayées par les déclarations de témoins, on peut voir les forces de sécurité iraniennes ouvrir le feu sur des manifestants non armés ne représentant aucun risque imminent. La majorité des décès recensés par l’organisation sont dus à des tirs au niveau de la tête, du cœur, du cou et d’autres organes vitaux, ce qui indique que les forces de sécurité ont tiré pour tuer.

L’ONU a déclaré détenir des informations selon lesquelles au moins 12 mineurs comptent parmi les victimes. D’après les recherches d’Amnesty International, il s’agit notamment de Mohammad Dastankhah, 15 ans, qui a reçu une balle en plein cœur à Chiraz, dans la province de Fars, alors qu’il passait près des manifestations en rentrant chez lui depuis l’école, et d’Alireza Nouri, 17 ans, tué à Chahriar, dans la province de Téhéran.

« Au lieu de poursuivre cette campagne de répression, les autorités iraniennes doivent libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues de manière arbitraire, a déclaré Philip Luther.

« La communauté internationale doit prendre des mesures urgentes, et s’appuyer notamment sur le Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui organise une session spéciale sur l’Iran en vue d’enquêter sur les homicides illégaux de manifestants et la terrible vague d’arrestations, de disparitions forcées et d’actes de torture infligés aux détenus, et de garantir l’obligation de rendre des comptes. »

Au lieu de poursuivre cette campagne de répression, les autorités iraniennes doivent libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues de manière arbitraire.
Philip Luther, Amnesty International

Une vague d’arrestations massives

Le 17 novembre, troisième jour des manifestations, les médias officiels ont relaté que plus de 1 000 manifestants avaient été interpellés. Le 26 novembre, Hossein Naghavi Hosseini, porte-parole de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, a déclaré que 7 000 personnes avaient été arrêtées. Les autorités n’ont pas encore donné de chiffres officiels.

Selon plusieurs sources indépendantes, les forces de sécurité ont effectué des rafles à travers le pays pour arrêter des citoyens à leur domicile ou sur leur lieu de travail.

Des adolescents de 15 ans seulement sont détenus avec des adultes, notamment à la prison de Fashafouyeh, dans la province de Téhéran, tristement célèbre pour la torture et les mauvais traitements qui y sont pratiqués. Les personnes arrêtées sont également enfermées dans des écoles et des casernes militaires.

Divers représentants du gouvernement, notamment le Guide suprême et le responsable du pouvoir judiciaire, qualifient les manifestants de « scélérats » et d’« émeutiers », et les associent à des puissances étrangères. Les médias étatiques réclament la peine de mort contre les « meneurs » des manifestations.

Sont également arrêtés et détenus arbitrairement des journalistes, des étudiants et des défenseurs des droits humains, notamment les militants des droits des minorités et des droits du travail, et des membres de groupes ethniques minoritaires.

Le journaliste Mohammad Massaed a été arrêté le 23 novembre après avoir publié un tweet sur la fermeture quasi-totale d’Internet entre le 16 et le 24 novembre. Il a été libéré sous caution quelques jours plus tard.

La militante Soha Mortezaei a été interpellée, comme des dizaines d’étudiants, lors d’une manifestation à l’Université de Téhéran le 18 novembre. Depuis lors, elle est en détention et n’a pas pu consulter d’avocat ni entrer en contact avec ses proches. Des membres des forces de sécurité de l’université avaient auparavant menacé de la torturer à coups de décharges électriques et de l’enfermer dans un hôpital psychiatrique.

Parmi les défenseurs des droits des minorités arrêtés figurent Akbar Mohajeri, Ayoub Shiri, Davoud Shiri, Babak Hosseini Moghadam, Mohammad Mahmoudi, Shahin Barzegar et Yashar Piri, tous interpellés sur leurs lieux de travail à Tabriz, dans la province de l’Azerbaïdjan oriental.

Certaines prisons et certains centres de détention seraient plus que surpeuplés. Le 25 novembre, le responsable du conseil municipal de Rey, dans la province de Téhéran, a fait part de ses préoccupations aux journalistes. Selon lui, la prison de Fashafouyeh connaît une très forte surpopulation et n’a ni la capacité ni les équipements pour accueillir un si grand nombre de détenus.

Au moins deux contestataires ont déclaré à Amnesty International qu’ils se cachent, craignant pour leur vie, et ont ajouté que beaucoup d’autres se trouvent dans la même situation.

L’un des deux a déclaré : « Je suis entré dans la clandestinité depuis que les forces de sécurité m’ont vu et filmé lors des manifestations. Ils m’ont donné des coups de matraque avant que je ne parvienne à fuir. Désormais je me cache, et j’ai une grave blessure à la jambe. Je ne suis pas en sécurité parce qu’ils sont passés chez moi pour m’arrêter. Ma situation en ce moment n’est pas très différente de la prison. »

Si certaines personnes arrêtées ont été relâchées, beaucoup sont encore détenues au secret et privées de tout contact avec leurs familles et leurs avocats. Plusieurs familles se sont dites très préoccupées par le sort de leurs proches qui ont besoin de soins médicaux, étant donné le bilan désastreux des autorités en termes de privation de soins médicaux pour les détenus dans les prisons.

Torture et autres mauvais traitements

Selon des récits de témoins et des preuves vidéo, certains détenus sont soumis à des actes de torture et à d’autres mauvais traitements, notamment des coups et des actes de flagellation. Selon l’un de ces témoins, un membre de sa famille libéré sous caution est réapparu avec des contusions et des coupures au visage et à la tête, et est tellement traumatisé par son expérience qu’il refuse de sortir dehors.

Une vidéo vérifiée et géolocalisée par le Service de vérification numérique d’Amnesty International montre des détenus menottés et conduits au poste de police de Mali Abad, à Chiraz, dans la province de Fars, avant d’être frappés, à coups de pied et de poing, par les policiers.

Si la communauté internationale ne se mobilise pas sur-le-champ, des milliers de détenus resteront exposés au risque de torture et de mauvais traitements.
Philip Luther, Amnesty International

Des sources crédibles ont informé Amnesty International que des centaines de détenus, dont des mineurs, ont été amenés par camions à la prison de Rajai Shahr, à Karaj, dans la province d’Alborz. D’après ces sources, les détenus, menottés et les yeux bandés, reçoivent des coups de poing et de pied, sont fouettés et frappés à coups de matraque, et ce tous les jours.

Des victimes et des témoins ont ajouté que les forces de sécurité iraniennes ont effectué des descentes dans des hôpitaux et des centres médicaux à travers le pays, arrêtant des manifestants blessés et les transférant dans des centres de détention, les privant ainsi de tout accès à des soins susceptibles de leur sauver la vie.

D’après une source, des agents des services de renseignement ont contraint les responsables d’un hôpital de la province du Khuzestan à leur fournir la liste des noms des patients nouvellement admis.

Un autre homme a raconté qu’il a été arrêté par des policiers en civil alors qu’il était sur le point de quitter l’hôpital dans la province d’Alborz, après avoir été soigné pour une blessure par balle à l’estomac. Il a dit avoir vu « de nombreuses personnes blessées par balles ou présentant d’autres blessures » au centre de détention.

« Les autorités sont tenues de protéger tous les détenus contre la torture et les autres mauvais traitements. Étant donné le recours systématique à la torture en Iran, il est crucial que des représentants de l’ONU, des détenteurs de mandat et des experts compétents puissent se rendre sans délai dans les centres de détention et les prisons afin d’y mener des investigations visant à établir les faits, a déclaré Philip Luther.

« Si la communauté internationale ne se mobilise pas sur-le-champ, des milliers de détenus resteront exposés au risque de torture et de mauvais traitements. »

Disparitions forcées et détention au secret

Dans des dizaines de cas signalés à Amnesty International, les détenus ont peu ou pas de contact avec leurs familles depuis leur arrestation et certains sont détenus dans des conditions qui s’apparentent à une disparition forcée, un crime au regard du droit international.

Des familles ont déclaré qu’elles se sont rendues dans des postes de police, des bureaux du procureur, des tribunaux révolutionnaires, des prisons et d’autres centres de détention pour rechercher leurs proches, qui ont « disparu », mais se heurtent à un mur de silence.

Selon les mères d’un groupe de défenseurs des droits des minorités arrêtés lors de descentes de police dans les provinces de l’Azerbaïdjan oriental et de l’Azerbaïdjan occidental, les autorités leur ont répondu qu’elles n’avaient « aucune intention » de leur fournir des informations.

« Nous pouvons faire tout ce que nous voulons de vos enfants. Nous pouvons les enfermer aussi longtemps que nous le souhaitons, même pendant 10 ans… Nous les exécuterons et vous ne pourrez rien y faire », a déclaré un représentant.

Parmi les victimes de disparitions forcées figure le militant kurde des droits du travail Bakhtiar Rahimi, arrêté sur son lieu de travail à Marivan, dans la province du Kurdistan, le 27 novembre. On ignore ce qu’il est advenu de lui depuis. C’est d’autant plus inquiétant qu’il souffre de problèmes rénaux et cardiaques et a besoin de traitements quotidiens et de soins spécialisés.

« Le monde ne doit pas rester silencieux pendant que les autorités iraniennes continuent de commettre des violations généralisées des droits humains en vue d’écraser la dissidence », a déclaré Philip Luther.

Un rapport révèle la face cachée sur les procédures de détention dans la « prison de Saidnaya » et ses conséquences


Détenus-Syrie-Ne-nous-oubliez-pas-2019

Enab Baladi – 14/11/2019

Un rapport révèle la face cachée sur les procédures de détention dans la “prison de Saidnaya” et ses conséquences
Afin de documenter les violations commises à l’intérieur de la prison de Saidnaya contre des détenus et de lever l’ambiguïté qui l’entoure, la « Ligue des prisonniers et personnes disparues de Saidnaya » a publié un rapport intitulé « La détention à Saidnaya: Rapport sur les procédures et les conséquences de la détention ».
Le rapport de 60 pages, dont Enab Baladi a obtenu une copie, est basé sur le témoignage de plus de 400 survivants de la prison de Saidnayadnaya entre août 1980 et avril 2017. Ses auteurs ont analysé ces données pour mettre en évidence les mécanismes d’arrestations par le régime syrien et leurs conséquences pour les détenus et leurs familles.

Malgré les difficultés d’obtenir des statistiques précises sur le nombre de détenus à la prison de Saidnaya, en raison du grand nombre d’exécutions extrajudiciaires, de tortures, de famine, d’absence totale de soins de santé et d’accès au monde extérieur, les auteurs du rapport ont fourni une estimation du nombre de détenus depuis son ouverture en 1987 jusqu’au début de cette année 2019, ils ont noté que le rythme de la détention s’était accéléré de manière « significative » après 2011.

Les auteurs du rapport ont tenté d’apporter des éclaircissements sur un certain nombre de questions, telles que: qui sont les détenus dans la prison de Saidnaya? Comment sont-ils arrêtés? Quelles sont les agences de sécurité qui les arrêtent? Dans quelles branches de sécurité passent-ils avant d’atteindre Saidnaya? Comment sont-ils poursuivis? Qu’est-ce qui a changé par rapport à la période d’avant 2011? Outre les effets psychologiques, physiques, sociaux et économiques du processus de détention sur la vie des détenus.

Le rapport concluait que les procédures et les conséquences de la détention après le début de la révolution syrienne avaient considérablement évolué, comme en témoigne la détention de plus de jeunes militaires et instruits, accompagnés de manière plus brutale dans leur traitement, les soumettant à toutes sortes de tortures physiques, psychologiques et sexuelles, ce que les auteurs du rapport ont attribué à la volonté du pouvoir de « laisser des effets physiques visibles accompagnant le détenu longtemps après sa libération, afin de semer la terreur dans les communautés rebelles ».
Le rapport incluait une explication détaillée des mécanismes de torture à l’intérieur de la prison, avec plus de 20 méthodes de torture physiques, notamment des coups avec des bâtons, le choc électrique, « le tapis volant », la « roue » et autres, qui ont été soumis à 100% des détenus, selon le témoignage de survivants, outre 24 méthodes de torture psychologique subies par 97,8% des détenus, et huit méthodes de torture sexuelle, 29,7%, compte tenu de la sensibilité associée à ce type de violation.

Des procès injustes et confiscation de biens

En ce qui concerne les procès des détenus à la prison de Saidnaya, le rapport indique que la majorité, en particulier les personnes arrêtées après 2011, ont été jugées par des tribunaux de « juridiction militaire » dépourvus des conditions minimales d’un procès équitable, sans toutefois permettre au détenu d’avoir accès à un avocat ou d’entrer en contact avec le monde extérieur. Plus d’un tiers ont été jugés par le (Tribunal de Sécurité Supérieure d’Etat) et environ 6,5% seulement ont été traduits devant le « tribunal du terrorisme ».

Selon le rapport, plus de 70% des détenus ont été dépouillés de leurs droits civils et militaires et plus du tiers des biens meubles et immeubles ont été confisqués. Les auteurs du rapport ont suggéré que l’État ait pris des décisions après 2011 visant à « saisir les biens des détenus après les avoir privé de leurs libertés ».
Le rapport contenait des recommandations soulignant la nécessité de fournir tout le soutien possible aux détenus et à leurs familles, ainsi que la famille des personnes disparues, la présence des survivants dans tout projet ou projet futur sur la justice en Syrie, ainsi que la pression sur la communauté internationale pour qu’elle prenne des mesures concrètes pour que les auteurs d’actes de violence et de crimes soient tenus pour responsables.

Abattoir humain

Amnesty International a documenté dans un rapport intitulé « The Human Slaughterhouse », publié en février 2017, que le régime syrien a procédé à des exécutions massives de différentes manières, à l’encontre de 13 000 détenus de la prison de Saidnaya, pour la plupart des civils, entre 2011 et 2015.
L’organisation a expliqué que les exécutions avaient lieu toutes les semaines ou peut-être deux fois par semaine, en secret, au cours desquelles des groupes d’une cinquantaine de personnes étaient pendus à mort.
Le rapport d’Amnesty de 52 pages était basé sur une enquête approfondie d’un an qui comprenait des entretiens et des témoignages de 84 personnes, y compris d’anciens gardiens de prison, des responsables, des détenus, des juges et des avocats, ainsi que des experts locaux et internationaux.
L’organisation a accusé le régime, décrivant la prison militaire de Saidnaya comme « le lieu où l’Etat syrien massacrait silencieusement ses citoyens ».
Il a également estimé dans son rapport que les pratiques antérieures « constituaient des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », soulignant que ces pratiques « continueraient vraisemblablement dans les prisons à l’intérieur de la Syrie ».
Des rapports répétés publiés périodiquement par des organisations de défense des droits de l’homme documentent tous les mauvaises conditions vécues par les détenus, en l’absence de nourriture et de médicaments, et les conditions de santé dans les centres de détention.
Cesar, pseudonyme d’un officier dissident du régime d’Assad, a révélé 55 000 images de 11 000 détenus tués sous la torture en 2014. Ces images ont été affichées au Sénat américain et ont provoqué de vives réactions dans les médias arabes et occidentaux.

تقرير يكشف المستور حول إجراءات الاعتقال في “سجن صيدنايا” وتبعاته

سجناء سوريون أمام مقر لشرطة النظام في دمشق – أيلول 2012 (AFP)

في سبيل توثيق الانتهاكات الحاصلة داخل سجن صيدنايا بحق المعتقلين، وكشف الغموض الذي يدور حوله، أصدرت “رابطة معتقلي ومفقودي سجن صيدنايا” تقريرًا حمل عنوان “الاحتجاز في صيدنايا: تقرير عن إجراءات وتبعات الاعتقال”.

التقرير الذي ورد في 60 صفحة، وحصلت عنب بلدي على نسخة منه، استند إلى شهادة أكثر من 400 معتقل ناجٍ من سجن صيدنايا، في الفترة ما بين آب من عام 1980 ونيسان من عام 2017، كما عمل معدوه على تحليل هذه البيانات لتسليط الضوء على آليات الاعتقالات التي يتّبعها النظام السوري، وتبعاتها على المعتقلين وعائلاتهم.

ومع صعوبة الحصول على إحصائيات دقيقة حول عدد المعتقلين في سجن صيدنايا، نظرًا لكثرة عمليات الإعدام التي تتم خارج نطاق القانون، وما يجري فيه من تعذيب وتجويع وغياب تام لوسائل الرعاية الصحية، ومنع من الاتصال بالعالم الخارجي، قدم معدو التقرير تقديرات عن أعداد المعتقلين الذين دخلوه منذ افتتاحه في عام 1987 حتى بداية العام الحالي 2019، مشيرين إلى تسارع وتيرة الاعتقال بشكل “كبير جدًا” وملحوظ بعد عام 2011.

وحاول معدو التقرير تقديم توضيحات حول عدد من التساؤلات، من قبيل، من المعتقلون في سجن صيدنايا؟ وكيف يتم اعتقالهم؟ وما الجهات الأمنية التي تعتقلهم؟ وما الفروع الأمنية التي يمرون عليها قبل الوصول إلى صيدنايا؟ وكيف تتم محاكمتهم؟ وما الذي تغيّر بالمقارنة مع ما كان عليه الحال قبل عام 2011؟ إلى جانب الآثار  النفسية والجسدية والاجتماعية والاقتصادية لعميلة الاعتقال على حياة المعتقلين.

وخلص التقرير إلى وجود تغييرات كبيرة في إجراءات وتبعات الاعتقال بعد بدء الثورة السورية عام 2011، تجلت باحتجاز عدد أكبر من فئة الشباب والعسكريين والمتعلمين، وترافقت بوحشية أكثر في التعامل معهم، عبر إخضاعهم لجميع أنواع التعذيب الجسدي والنفسي والجنسي، وهو ما عزاه معدو التقرير إلى “ترك آثار جسدية ملحوظة ترافق المعتقل لفترة طويلة بعد خروجه، بغية بثّ الرعب في المجتمعات المحلية الثائرة”.

وتضمن التقرير شرحًا مفصلًا لآليات التعذيب داخل السجن، مع وجود ما يزيد على 20 وسيلة تعذيب جسدية من بينها الضرب بالعصي والصعق الكهربائي و“بساط الريح” و”الشبح” و”الدولاب” وغيرها، وهو ما تعرض له 100% من المعتقلين بحسب شهادة الناجين منهم، إلى جانب 24 وسيلة للتعذيب النفسي الذي تعرض له 97.8% من المعتقلين، وثماني وسائل للتعذيب الجنسي تحدث عنها نحو 29.7%، في ظل الحساسية المرافقة لهذا النوع من الانتهاك.

محاكمات ظالمة ومصادرة للممتلكات

وفيما يخص المحاكمات التي يخضع لها المعتقلون في سجن صيدنايا، أوضح التقرير أن الأكثرية، خاصة من اعتُقلوا بعد عام 2011، حوكموا في محاكم “ميدانية عسكرية” تفتقد إلى أدنى شروط المحاكمات العادلة، مع عدم السماح للمعتقل بتوكيل محامٍ أو الاتصال مع العالم الخارجي،كما أن أكثر من الثلث حوكموا في “محكمة أمن الدولة العليا”، ونحو 6.5% منهم فقط عرضوا على “محكمة الإرهاب”.

ووفقًا للتقرير، تم تجريد ما يزيد على 70% من المعتقلين من حقوقهم المدنية والعسكرية، كما صودرت الأموال المنقولة وغير المنقولة لأكثر من ثلثهم، ورجح معدو التقرير وجود قرارات من الدولة بعد عام 2011 تهدف إلى “الحجز على أملاك المعتقلين بعد الحجز على حريتهم”.

وقدم التقرير توصيات تؤكد على ضرورة تقديم جميع أنواع الدعم الممكنة للمعتقلين وذويهم، وعائلات المفقودين، وحضور الناجين في أي خطط أو مشاريع عن العدالة في سوريا مستقبلًا، إلى جانب الضغط على المجتمع الدولي لاتخاذ إجراءات عملية لمحاسبة الضالعين في جميع الانتهاكات والجرائم.

مسلخ بشري

وكانت “منظمة العفو الدولية” وثقت في تقرير تحت عنوان “المسلخ البشري” نشرته، في شباط من عام 2017، إعدامات جماعية بطرق مختلفة نفذها النظام السوري، بحق 13 ألف معتقل في سجن صيدنايا، أغلبيتهم من المدنيين المعارضين، بين عامي 2011 و2015.

وأوضحت المنظمة أن الإعدامات جرت أسبوعيًا أو ربما مرتين في الأسبوع، بشكل سري، واقتيدت خلالها مجموعات تضم أحيانًا 50 شخصًا، إلى خارج زنزاناتهم، وشنقوا حتى الموت.

واستند تقرير المنظمة، الذي جاء في 52 صفحة، إلى تحقيق معمّق أجرته على مدار عام كامل، وتضمن مقابلات وشهادات لـ 84 شخصًا، بينهم حراس سابقون في السجن، ومسؤولون ومعتقلون وقضاة ومحامون، إضافة إلى خبراء محليين ودوليين.

ووجهت المنظمة الاتهام إلى النظام واصفة سجن صيدنايا العسكري بأنه “المكان الذي تذبح فيه الدولة السورية شعبها بهدوء”.

كما اعتبرت في تقريرها أن الممارسات السابقة “ترقى إلى جرائم حرب وجرائم ضد الإنسانية”، مؤكدة أنها “مستمرة على الأرجح في السجون داخل سوريا”.

وتتكرر التقارير الصادرة عن المنظمات الحقوقية بشكل دوري، وتوثق جميعها أوضاعًا سيئة يعيشها المعتقلون، في ظل نقص الطعام والدواء، والشروط الصحية داخل المعتقلات.

وسرّب “سيرز”، وهو اسم مستعار لضابط منشق عن نظام الأسد، 55 ألف صورة لـ 11 ألف معتقل عام 2014، قتلوا تحت التعذيب، وعرضت تلك الصور في مجلس الشيوخ الأمريكي، وأثارت ردود فعل واسعة في الإعلام العربي والغربي.

Libération-des-détenus-dans-prisons-du-régime

Des familles livrées à elles-mêmes pour découvrir ce qu’il est advenu de leurs proches disparus


Détenus-Syrie-Ne-nous-oubliez-pas-2019

Syrie. Des familles livrées à elles-mêmes pour découvrir ce qu’il est advenu de leurs proches disparus

Les familles de dizaines de milliers de personnes victimes de disparitions forcées ou d’enlèvements depuis le début de la crise en Syrie en 2011 vivent depuis des années dans une angoisse insupportable face aux dénégations du gouvernement et au manque de soutien de la communauté internationale, a déclaré Amnesty International le 30 août 2019.

À l’occasion de la Journée internationale des personnes disparues, Amnesty International appelle à une action internationale unifiée afin de soutenir les familles qui, depuis des années, sont livrées à elles-mêmes pour chercher leurs proches, en s’exposant bien souvent à de grands risques, ce qui s’ajoute au fait de devoir endurer les répercussions de la disparition.

Huit ans après le début la crise, le gouvernement syrien, les groupes armés d’opposition et les États jouissant d’une grande influence sur eux – la Russie, la Turquie et l’Iran – manquent à leur devoir envers les familles des personnes portées disparues ou victimes de disparitions forcées qui s’efforcent depuis des années de savoir si leurs proches sont morts ou encore en vie.
Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty Internationa

Selon l’ONU, environ 100 000 personnes ont été détenues, enlevées ou ont disparu en Syrie depuis 2011. Au moins 90 000 d’entre elles auraient été victimes d’une détention arbitraire et d’une disparition forcée entre les mains des forces gouvernementales, d’après le Réseau syrien pour les droits humains (SNHR).

Les familles des personnes disparues en Syrie se retrouvent sans appui pour rechercher leurs proches, et prennent souvent de gros risques.
Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty International

Amnesty International s’est entretenue avec 24 proches de personnes disparues, qui tous – à l’exception d’un homme – sont des femmes, réfugiées au Liban et en Turquie ou déplacées à l’intérieur de la Syrie. Tous ont relaté les profondes conséquences émotionnelles et psychologiques dues à l’incertitude durable, qui aggravent l’impact économique dévastateur.

« Les familles des personnes disparues en Syrie se retrouvent sans appui pour rechercher leurs proches, et prennent souvent de gros risques. Huit ans après le début la crise, le gouvernement syrien, les groupes armés d’opposition et les États jouissant d’une grande influence sur eux – la Russie, la Turquie et l’Iran – manquent à leur devoir envers les familles des personnes portées disparues ou victimes de disparitions forcées qui s’efforcent depuis des années de savoir si leurs proches sont morts ou encore en vie », a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty International.

Amnesty International estime que les disparitions forcées en Syrie depuis 2011 s’inscrivent dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique contre la population civile et, à cet égard, s’apparentent à des crimes contre l’humanité.

« Nous leur demandons [Russie, Turquie et Iran] d’user de leur influence en Syrie afin de permettre, au strict minimum, la création d’un Bureau central d’information chargé de rechercher les personnes disparues en Syrie, d’enquêter et de déterminer quel sort leur a été réservé et où elles se trouvent. »

Parmi les personnes victimes de disparitions forcées figurent des opposants pacifiques au gouvernement, dont des manifestants, des militants des droits humains, des journalistes, des médecins et des travailleurs humanitaires. D’autres ont été pris pour cibles parce qu’ils étaient perçus comme déloyaux à l’égard du gouvernement ou parce que certains de leurs proches étaient recherchés par les autorités. Les groupes armés d’opposition ont eux aussi enlevé des civils, dont des défenseurs des droits humains, et la plupart d’entre eux sont toujours portés disparus.

Nous leur demandons [Russie, Turquie et Iran] d’user de leur influence en Syrie afin de permettre, au strict minimum, la création d’un Bureau central d’information chargé de rechercher les personnes disparues en Syrie, d’enquêter et de déterminer quel sort leur a été réservé et où elles se trouvent.
Lynn Maalouf

Il incombe au gouvernement syrien et aux groupes armés d’opposition de prendre toutes les mesures possibles en vue de faire la lumière sur le sort réservé aux personnes portées disparues dans le cadre du conflit armé et de fournir aux familles toutes les informations qu’ils détiennent sur le sort réservé à leurs proches et le lieu où ils se trouvent.

Des familles traumatisées

*Sawsan, réfugiée et mère de quatre enfants vivant au Liban, a déclaré que son époux originaire de Daraya, dans le gouvernorat de Rif Dimashq, a été arrêté de manière arbitraire par les forces de sécurité des services de l’immigration et du contrôle des passeports à la frontière entre la Syrie et le Liban pour des raisons inconnues. Il a « disparu » depuis juin 2014.

Ils prévoyaient de quitter la Syrie et d’entrer au Liban, après la mort de leur fille décédée d’une maladie chronique du foie. « Ma fille est morte trois mois avant que son père ne soit arrêté. Il avait le cœur brisé. Aujourd’hui, c’est nous qui avons le cœur brisé pour lui, a-t-elle déclaré à Amnesty International.

« L’ONU a suspendu l’aide qui nous était destinée il y a deux ans, juste comme ça, ils ont stoppé sans poser de questions. Ils savent que j’ai trois enfants qui ont besoin de médicaments [pour traiter la même affection qui a coûté la vie à sa fille]… Je veux retourner en Syrie, où la vie est moins chère et où je peux séjourner chez des parents, mais ils [le gouvernement syrien] m’enlèveront mes fils, même s’ils sont malades et ne peuvent pas effectuer le service militaire. Ils s’en fichent. »

*Fida, mère de trois garçons et d’une fille, originaire de la Ghouta occidentale, dans le gouvernorat de Rif Dimashq, a raconté que son fils et son époux ont été arrêtés en 2014 et sont portés disparus depuis lors, et que son second fils a disparu depuis 2018.

Début janvier 2014, le gouvernement syrien a annoncé sa réconciliation avec les groupes armés de la Ghouta occidentale, jusqu’alors assiégée, et a affirmé que les civils seraient autorisés à quitter la zone. Pourtant, lorsqu’ils ont tenté de partir, l’époux et le fils de Fida ont été arrêtés par les forces de sécurité syriennes à un poste de contrôle à Sayyeda Zaynab, à l’est de Damas. Ils ne furent pas les seuls. Alors que les familles évacuaient la zone, les forces gouvernementales ont arrêté tous les hommes et contraint les femmes et les enfants à retourner dans la zone assiégée.

Le deuxième fils de Fida est resté dans la zone que le gouvernement syrien a assiégé jusqu’à ce qu’il en reprenne le contrôle en mai 2018 à la suite d’un accord de « réconciliation » avec les groupes armés d’opposition. Le jeune homme a obtenu une habilitation de sécurité, ce qui ne l’a pas empêché d’être arrêté et de « disparaître ».

Fida et sa famille ont cherché leurs proches auprès de plusieurs branches des services de sécurité, mais tous ont nié les détenir. Elle n’a pas vu ses deux fils et son époux depuis leur disparition, et n’a eu aucune nouvelle d’eux. Elle a confié avoir peur, si elle rentre depuis le Liban où elle s’est réfugiée en 2014, que les autorités syriennes ne lui prennent aussi son [troisième] fils.

*Fatma, une réfugiée syrienne qui vit en Turquie, a déclaré que son époux, dentiste à Alep, a été arrêté le 1er décembre 2012 à un poste de contrôle dirigé par la section de la Sécurité militaire, d’après des témoins qui se trouvaient avec lui dans un taxi. Elle est allée le chercher à la section de la Sécurité militaire de la ville d’Alep, mais ils ont nié qu’il s’y trouvait. Sa famille a payé une forte somme d’argent à plusieurs intermédiaires, qui se sont avérés être des escrocs.

Ma plus grande souffrance, c’est de ne rien savoir au sujet de mon mari. Si je savais qu’il est mort, ce serait préférable au tourment engendré par l’ignorance. Mes quatre enfants souffrent également.
Fatma, une réfugiée syrienne qui vit en Turquie

« Ma plus grande souffrance, c’est de ne rien savoir au sujet de mon mari. Si je savais qu’il est mort, ce serait préférable au tourment engendré par l’ignorance. Mes quatre enfants souffrent également. Ils ne cessent de me demander si leur père reviendra un jour et je ne sais quoi leur répondre. Je porte le fardeau de la guerre, le fardeau de la disparition de mon époux et le fardeau de mes enfants, toute seule. »

Tout comme Fida, *Laila, réfugiée syrienne originaire de Damas qui vit aujourd’hui au Liban, a raconté que son époux a disparu à un poste de contrôle en 2014, alors qu’il tentait de quitter la zone assiégée en Ghouta occidentale.

Avant de s’enfuir au Liban, Laila a désespérément tenté de retrouver son époux. Puis elle a renoncé, par peur des représailles des services de sécurité.

« Ma famille n’a pas d’argent pour me venir en aide. Je dépends de la carte du HCR pour une aide humanitaire. Ma maison à Boueida [dans le gouvernorat de Rif Dimashq] a été détruite, donc je n’ai nulle part où rentrer. Je suis forte, mais chaque jour est une lutte pour survivre. J’entends les gens parler et dire des choses comme : ” Elle est seule, elle n’a pas son mari avec elle “, a raconté Laila à Amnesty International.

Elle a aussi décrit les effets négatifs pour ses enfants : « Les enfants ont besoin de soins et d’argent. C’est difficile pour moi d’être leur mère et leur père. C’est impossible d’être les deux à la fois, car je ne peux pas combler tous les manques. J’ai beaucoup sacrifié. »

Une manière peu digne de révéler le sort des disparus

Jusqu’à présent, le gouvernement syrien n’a pas révélé les noms des personnes arrêtées de manière arbitraire et victimes de disparition aux mains des forces de sécurité syriennes, pas plus que le sort qui leur a été réservé ni le lieu où elles se trouvent. Certaines familles ont été informées de la mort de leurs proches en détention ou ont fini par découvrir qu’ils étaient morts en détention. Celles qui reçoivent un certificat de décès – unique élément de « preuve » fourni – sont légalement tenues de faire enregistrer le décès à l’état civil, afin d’obtenir un certificat officiel.

Le gouvernement syrien continue de manquer à ses obligations s’agissant de garantir le droit des familles de connaître la vérité, même lorsque les familles ont fini par apprendre la mort de leurs proches.
Lynn Maalouf

Amnesty International a examiné des copies de deux certificats de décès, qui comportent le nom du défunt, des informations relatives à deux témoins confirmant le décès et la cause de la mort, généralement une « crise cardiaque » ou un « accident vasculaire cérébral ». Les certificats portent le tampon de l’hôpital et la signature d’au moins un représentant de l’État.

En mai 2018, le gouvernement syrien a délivré des avis de décès officiels concernant des centaines de personnes qui avaient été victimes de disparitions forcées, sans informer leur famille ni fournir de certificat de décès délivré par un hôpital ou un médecin légiste. Amnesty International a examiné les copies de deux de ces avis délivrés par l’état civil à Damas, qui comportent le nom et le numéro national du défunt, le nom du père et de la mère et leurs numéros nationaux respectifs, la date de naissance, le lieu et la date du décès.

Le gouvernement syrien fait barrage activement et sciemment au droit des familles de connaître le sort réservé à leurs proches, prolongeant ainsi la douleur liée à l’incertitude qui taraude ceux qui restent, le plus souvent des femmes et des enfants.
Lynn Maalouf

Elle a interrogé quatre familles qui ont reçu une confirmation écrite de la mort de leurs proches disparus. *Samar a déclaré que son neveu, qui travaillait dans une institution gouvernementale à Damas, a été arrêté de manière arbitraire lors d’un raid effectué par les forces de sécurité du renseignement militaire mi-2015 et a par la suite disparu. « Il a deux filles. Ma sœur et son épouse l’ont cherché partout, mais tous ont nié le détenir. Elle s’est rendue à plusieurs reprises au tribunal militaire et dans les locaux de la police militaire, mais son nom ne figurait pas dans le registre [des personnes décédées]. »

« L’an dernier, elle [sa mère] s’est rendue à l’état civil pour obtenir un livret de famille afin d’inscrire ses enfants à l’école. C’est comme ça qu’elle a vu que son statut avait été changé en ” décédé “. Le certificat indiquait qu’il était mort en juin 2016 [la date exacte n’était pas mentionnée pour des raisons de sécurité]. »

« Le gouvernement syrien continue de manquer à ses obligations s’agissant de garantir le droit des familles de connaître la vérité, même lorsque les familles ont fini par apprendre la mort de leurs proches. Il ne révèle jamais les circonstances du décès de manière crédible – lorsqu’il le fait. Il ne restitue jamais les dépouilles des défunts pour qu’ils soient inhumés dignement et ne révèle pas le lieu où ils sont enterrés. Il fait barrage activement et sciemment au droit des familles de connaître le sort réservé à leurs proches, prolongeant ainsi la douleur liée à l’incertitude qui taraude ceux qui restent, le plus souvent des femmes et des enfants », a déclaré Lynn Maalouf.

Des familles plongées dans l’incertitude

Du fait de l’absence d’informations crédibles, même les familles qui ont obtenu un certificat de décès émanant d’un hôpital ou des registres de l’état civil ont bien du mal à croire à la mort de leur proche et à l’accepter, sans aucune autre preuve, notamment sans voir le corps. L’obligation de faire enregistrer le décès de leur proche, sans cette certitude ni cette preuve, ajoute à la cruauté à l’égard des familles et ne fait qu’appuyer l’idée que la divulgation d’informations doit absolument se faire de manière crédible et digne.

Nous n’arrivions pas à croire qu’il avait été tué. Nombre de nos amis et de nos parents ont reçu un certificat de décès et ont appris par la suite que leur proche détenu était en vie. Je veux le corps. C’est la seule façon pour moi de croire à sa mort.
Sana, une réfugiée syrienne qui vit en Turquie

*Wafa, une réfugiée syrienne qui vit au Liban, a déclaré que son époux et son fils avaient disparu en mai et juillet 2012 respectivement. Lorsqu’elle a cherché des réponses, la police militaire lui a dit qu’ils avaient été tués, sans qu’elle n’obtienne aucune autre information – aussi Wafa garde-t-elle l’espoir qu’ils sont encore en vie.

*Sana, une réfugiée syrienne qui vit en Turquie, a déclaré que son époux a disparu en octobre 2012 après s’être rendu au poste de police à Damas pour signaler le vol de son portefeuille. « Ma belle-mère est morte l’an dernier. Durant tout ce temps, elle n’a jamais renoncé à le chercher. Elle a déposé une requête pour disparition à plusieurs reprises, même après avoir reçu un certificat de décès de l’hôpital Tishreen confirmant son décès en date du 13 octobre 2013, a-t-elle déclaré à Amnesty International.

« Nous n’arrivions pas à croire qu’il avait été tué. Nombre de nos amis et de nos parents ont reçu un certificat de décès et ont appris par la suite que leur proche détenu était en vie. Je veux le corps. C’est la seule façon pour moi de croire à sa mort. »

* Les noms ont été modifiés pour protéger l’anonymat de ces femmes.

AMNESTY: Une vague d’hostilité contredit l’idée que les réfugié·e·s syriens rentrent de leur plein gré


 

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Liban. Une vague d’hostilité contredit l’idée que les réfugié·e·s syriens rentrent de leur plein gré

L’attaque qui a forcé des centaines de réfugié·e·s syriens à quitter Deir al Ahmar, un camp informel de la plaine de la Bekaa la semaine du 3 juin 2019 illustre clairement l’escalade des hostilités qui amène de nombreuses personnes réfugiées au Liban à rentrer en Syrie, malgré les violations du droit international humanitaire qui ont cours dans ce pays, a déclaré Amnesty International le 12 juin.

Depuis juillet 2018, les autorités libanaises organisent le retour de réfugié·e·s en Syrie et soutiennent qu’il s’agit d’une démarche totalement volontaire. Cependant, l’analyse réalisée par Amnesty International montre que des personnes sont poussées vers la Syrie sous l’effet conjugué de politiques gouvernementales restrictives, de conditions humanitaires déplorables et d’une discrimination endémique.

« Pour de nombreux réfugié·e·s syriens, la vie au Liban est marquée par la peur, les manœuvres d’intimidation constantes et un sentiment de désespoir. Bien que l’État libanais affirme que les retours en Syrie sont volontaires, des événements comme l’attaque de Deir al Ahmar montrent que le quotidien des réfugié·e·s devient insoutenable, ce qui ne laisse d’autre choix à beaucoup d’entre eux que de rentrer dans leur pays », a déclaré Lynn Maalouf, directrice de la recherche sur le Moyen-Orient à Amnesty International.

Pour de nombreux réfugié·e·s syriens, la vie au Liban est marquée par la peur, les manœuvres d’intimidation constantes et un sentiment de désespoir.
Lynn Maalouf, directrice de la recherche sur le Moyen-Orient à Amnesty International

L’organisation a constaté que les expulsions forcées, les couvre-feux, les raids constants dans les camps et les arrestations collectives rendaient la vie insupportable à de nombreuses personnes réfugiées au Liban, obligeant nombre d’entre elles à retourner en Syrie malgré les dangers.

« En ne protégeant pas les réfugié·e·s des attaques, du harcèlement ni des manœuvres d’intimidation et en appliquant des politiques iniques et restrictives qui leur rendent la vie plus difficile, les autorités libanaises alimentent une situation qui, de fait, contraint des réfugié·e·s à rentrer en Syrie, où ils risquent d’être interrogés dès leur arrivée, torturés et victimes de disparition forcée ou d’autres violations », a déclaré Lynn Maalouf.

Pour que le retour de réfugié·e·s en Syrie soit véritablement volontaire, il doit reposer sur un consentement libre et éclairé. Or, Amnesty International est convaincue que de nombreux réfugié·e·s syriens qui émettent le souhait de quitter le Liban ne sont pas en mesure de prendre une décision libre et éclairée, ce pour plusieurs raisons : les conditions déplorables dans lesquelles ils vivent au Liban, notamment la difficulté d’obtenir ou de renouveler leur visa de résidence, ce qui les empêche d’accéder pleinement aux services essentiels, et l’impossibilité d’obtenir des informations objectives et à jour sur la situation des droits humains en Syrie.

Par conséquent, les autorités libanaises ne respectent pas leur obligation de ne pas renvoyer de réfugié·e·s dans un endroit où ceux-ci risqueraient de subir des persécutions ou d’autres graves violations des droits humains (obligation de non-refoulement) car elles leur imposent des conditions qui, en réalité, les forcent à quitter le Liban.

Deir al Ahmar

Le 5 juin, les autorités libanaises ont ordonné l’évacuation du camp de Deir al Ahmar, qui accueillait 600 réfugié·e·s, car la situation était tendue depuis qu’un incendie avait eu lieu. Les personnes qui y vivaient s’étaient plaintes de l’arrivée tardive des secours, ce qui avait donné lieu à une altercation avec la population locale. Les travailleurs et travailleuses d’organisations non gouvernementales (ONG) qui étaient présents ont indiqué à Amnesty International que des hommes de Deir al Ahmar avaient menacé de brûler des réfugié·e·s dans leur tente, poussant nombre d’entre eux à fuir immédiatement.

Plus tard dans la soirée, au moins 50 hommes avaient attaqué le camp : ils avaient incendié trois tentes et en avaient démoli deux autres au bulldozer. Ils avaient hurlé des menaces aux réfugié·e·s : « Vous souillez notre sol – dégagez d’ici – brûlez ici et en enfer. » Aucun agent des forces de sécurité en faction n’était intervenu pour arrêter l’attaque. Un jour plus tard, les municipalités de Deir al Ahmar, de villages environnants et de la ville voisine de Baalbek avaient publié une déclaration ordonnant aux réfugié·e·s syriens de quitter Deir al Ahmar « pour leur propre sécurité ».

Aucun village des alentours n’a accepté d’accueillir les réfugié·e·s mais quelque 90 familles sur 120 ont finalement été autorisées, le 10 juin, à s’installer dans le village reculé de Mekna. La grande majorité d’entre elles vivent dehors dans les champs, sans électricité, eau, nourriture ni tentes, et sans aucun service essentiel à proximité.

En ne protégeant pas les réfugié·e·s des attaques, du harcèlement ni des manœuvres d’intimidation et en appliquant des politiques iniques et restrictives qui leur rendent la vie plus difficile, les autorités libanaises alimentent une situation qui, de fait, contraint des réfugié·e·s à rentrer en Syrie.
Lynn Maalouf

Des conditions déplorables

Autre élément illustrant à quel point l’atmosphère est devenue hostile aux personnes réfugiées au Liban, le Courant patriotique libre, un parti politique libanais, a organisé une réunion le 8 juin pour mobiliser l’opinion publique contre les réfugié·e·s et demander leur retour dans leur pays. Il a distribué des tracts portant le slogan « La Syrie est un pays sûr et le Liban ne peut plus faire face » et des affiches exhortant la population à « protéger les travailleurs et travailleuses libanais en dénonçant les réfugié·e·s qui violent le droit du travail ».

En avril, le Haut Conseil de défense, un organe militaire libanais, a fixé la date butoir du 10 juin pour la démolition de « toutes les structures semi-permanentes » en ciment et d’une hauteur supérieure à 1,5 mètre construites par des réfugié·e·s syriens dans des camps informels à Arsal, une ville du nord du pays. Selon un travailleur humanitaire en poste à Arsal, les autorités font pression sur les réfugié·e·s pour qu’elles démolissent elles-mêmes ces structures afin d’éviter les images de militaires détruisant de force des logements. Une vidéo examinée par Amnesty International semble montrer une réfugiée en train de démolir à la masse un mur en béton.

Par ailleurs, un document publié le 10 juin par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a révélé que les autorités libanaises avaient durci les restrictions imposées aux réfugié·e·s syriens et aux enfants de moins de 15 ans sollicitant un titre de séjour. Elles ont également émis un nouveau décret ordonnant l’expulsion de toute personne de nationalité syrienne entrée au Liban de façon irrégulière après le 24 avril 2019.

Environ 73 % des réfugié·e·s de Syrie vivent au Liban sans visa de résidence valable, soit parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer les 200 dollars de frais, soit en raison d’un retard de traitement des demandes par les autorités locales. Les réfugié·e·s en situation irrégulière risquent d’être placés en détention et de se voir imposer des restrictions d’accès à des services comme l’éducation et la santé.

Mettre fin aux « retours volontaires »

Amnesty International estime que, compte tenu du contexte coercitif dans lequel les retours en Syrie s’inscrivent, ils ne peuvent être volontaires. Par conséquent, les autorités libanaises ne respectent pas leur obligation au regard du droit international de ne pas renvoyer de réfugié·e·s dans un endroit où ils risqueraient véritablement de subir des persécutions ou d’autres graves violations des droits humains.

À ce jour, les civils qui rentrent chez eux doivent se soumettre à une « vérification de sécurité » qui comprend notamment un interrogatoire par les forces de sécurité syriennes, responsables de violations des droits humains généralisées et systématiques constituant des crimes contre l’humanité, y compris d’actes de torture, d’exécutions extrajudiciaires et de disparitions forcées.

« Il faut que l’État libanais élimine de toute urgence l’ensemble des facteurs coercitifs, comme l’impossibilité pour les réfugié·e·s d’obtenir des documents de résidence officiels et d’autres restrictions, ou cesse purement et simplement de renvoyer des réfugié·e·s en Syrie. La communauté internationale, pour sa part, doit mettre à disposition des fonds et des ressources suffisants pour réinstaller les réfugié·e·s et faire pression sur les autorités libanaises pour qu’elles ne renvoient pas de réfugié·e·s en Syrie tant qu’il ne sera pas établi clairement que le pays est sûr et que les droits des personnes qui rentrent seront protégés », a déclaré Lynn Maalouf.

Complément d’information

Le Liban accueille actuellement 938 531 réfugié·e·s syriens enregistrés auprès du HCR et 31 000 réfugié·e·s palestiniens venus de Syrie et enregistrés auprès de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

En outre, l’État libanais affirme qu’environ 550 000 réfugié·e·s vivent sur son territoire sans être enregistrés.

En mars 2019, la Direction générale de la sécurité a annoncé que 172 046 réfugié·e·s étaient rentrés en Syrie depuis décembre 2017 du fait de l’assouplissement des restrictions administratives et de la facilitation et de l’organisation des retours.   

Le Conseil de sécurité doit examiner les crimes contre l’humanité commis à Idleb


A medical facility in Kafranbel was among those destroyed in reported air strikes

Syrie. Le Conseil de sécurité doit examiner les crimes contre l’humanité commis à Idlib

Le gouvernement syrien, avec le soutien de la Russie, mène une offensive délibérée et systématique contre des hôpitaux et des établissements médicaux à Idlib et Hama, a déclaré Amnesty International le 17 mai 2019, alors qu’elle publie de nouveaux témoignages bouleversants livrés par des professionnels de santé de la région.

Jusqu’ici, la communauté internationale a totalement échoué à protéger les civils des horreurs de ce conflit.
Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International

Le Conseil de sécurité de l’ONU devant débattre de la situation dans le nord-ouest de la Syrie aujourd’hui, Amnesty International appelle à l’action et réclame que la Russie fasse l’objet de pressions au sujet des attaques délibérées contre 15 hôpitaux à Idlib et à Hama au cours des trois dernières semaines.

« Bombarder des hôpitaux qui dispensent des soins médicaux est un crime de guerre. Ces récentes attaques ont éliminé des possibilités de secours vitales pour les civils qui ont désespérément besoin de soins. Elles s’inscrivent dans le cadre de tactiques éprouvées qui consistent à cibler des structures médicales en vue de s’en prendre de manière systématique à la population civile et constituent des crimes contre l’humanité, a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International.

« Jusqu’ici, la communauté internationale a totalement échoué à protéger les civils des horreurs de ce conflit. Nous engageons les membres du Conseil de sécurité qui se réunissent aujourd’hui à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre un terme à l’offensive contre les civils à Idlib et amener les auteurs présumés de ces crimes affreux à rendre des comptes. »

Les employés de quatre hôpitaux à Idlib et à Hama ont déclaré à Amnesty International avoir été pris pour cibles alors qu’ils avaient donné leurs coordonnées GPS aux gouvernements syrien et russe.

D’après l’ONU et des organisations médicales syriennes, au moins 15 hôpitaux auraient été endommagés ou détruits à Idlib et à Hama depuis début mai. L’intensification des attaques a également causé le déplacement de 180 000 personnes. Au moins 16 organisations humanitaires ont dû suspendre certaines de leurs opérations à Idlib, aggravant une situation déjà très difficile, dans laquelle au moins 1,5 million de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence.

Bombarder des hôpitaux qui dispensent des soins médicaux est un crime de guerre. Ces récentes attaques ont éliminé des possibilités de secours vitales pour les civils qui ont désespérément besoin de soins.
Lynn Maalouf, Amnesty International

Amnesty International s’est entretenue avec 13 personnes au sujet des attaques qui ont récemment touché quatre hôpitaux et a vérifié des vidéos qui corroborent leurs témoignages.

D’après ces personnes, entre le 5 et le 11 mai, le gouvernement syrien a procédé à de multiples frappes aériennes contre l’hôpital Nabad al Hayat à Hass, l’hôpital Cave à Kafr Zita et l’hôpital chirurgical et l’hôpital Al Sham à Kafranbel. Tous ces centres médicaux, qui couvraient les besoins d’au moins 300 000 personnes dans le sud d’Idlib et dans le nord et l’ouest du gouvernorat de Hama, sont désormais hors d’état de fonctionner.

Hôpital chirurgical de Kafranbel

Le 5 mai 2019, vers 17 heures, des avions militaires du gouvernement syrien ont procédé à de multiples raids aériens contre l’hôpital chirurgical de Kafranbel, détruisant le premier étage où une pharmacie, des bureaux, une pièce de stockage et un local électrique étaient situés. Le sous-sol a subi de graves dégâts. Cette attaque a tué un patient et blessé son frère.

Les membres du Conseil de sécurité ont le devoir de privilégier la protection des civils assiégés en Syrie plutôt que leurs intérêts étriqués et les rivalités entre grandes puissances.
Lynn Maalouf, Amnesty Intenational

Selon un membre du personnel soignant qui se trouvait à l’intérieur de l’hôpital au moment de l’attaque, ces multiples frappes aériennes ont déclenché un véritable chaos.

« Nous avons amené les blessés au sous-sol. Alors que nous tentions de stopper les saignements, il y a eu un deuxième raid aérien qui a causé une coupure d’électricité… Ensuite, une troisième et une quatrième frappe aérienne. Nous avons seulement entendu les bruits des explosions et senti le sous-sol trembler… Nous avons mis en route l’oxygène parce qu’il n’y avait plus d’air. »

Les vidéos qu’a visionnées Amnesty International montrent des dégâts qui corroborent la thèse de frappes aériennes menées contre l’hôpital.

Hôpital Nabad al Hayat

Deux employés de l’hôpital Nabad al Hayat (Pouls de la vie) dans la ville de Hass ont raconté à Amnesty International que l’hôpital avait été évacué par mesure de précaution lorsque les attaques ont commencé à s’intensifier fin avril. Deux jours après l’évacuation, le 5 mai, le gouvernement syrien a effectué plusieurs raids dans la matinée et l’après-midi, détruisant l’hôpital. Tous les patients ayant été évacués, aucun blessé n’est à déplorer.

Selon le directeur du service chirurgie, l’an dernier, l’hôpital avait été réinstallé dans une zone éloignée, en périphérie de la localité de Hass. L’attaque du 5 mai était la troisième depuis qu’il avait été déplacé en mars 2018.

Alors que l’offensive contre Idlib s’intensifie, au moins 300 000 personnes n’ont plus accès aux hôpitaux. Nous sommes face à une catastrophe humanitaire, due à la cruauté du gouvernement syrien qui, avec le soutien de la Russie, continue de piétiner le droit international.
Lynn Maalouf, Amnesty International

Cet homme a expliqué : « Il y a trois jours, la ville de Kafranbel a été bombardée par des tirs de roquettes. Certains blessés ont été transférés aux domiciles de médecins et d’infirmières, afin que nous puissions au moins leur dispenser les soins d’urgence et qu’ils puissent survivre à leur transfert vers un autre hôpital. »

Amnesty International a vérifié la vidéo montrant une frappe aérienne qui touche un bâtiment dont la localisation correspond à celle de l’hôpital Nabad al Hayat.

Hôpital Cave à Kafr Zita

D’après deux professionnels de santé de l’hôpital Cave à Kafr Zita, le gouvernement syrien a procédé à au moins quatre raids aériens le 5 mai 2019, vers midi, endommageant gravement le bâtiment et le mettant hors service.

Un infirmier qui se trouvait dans l’hôpital au moment de l’attaque, avec d’autres professionnels de santé et un patient blessé, a décrit les quatre frappes successives qui ont débuté vers 11 heures du matin. Il a déclaré :

« Nous avions très peur que l’armée syrienne n’envahisse la ville et ne pénètre dans l’hôpital. Nous nous en sommes remis à Dieu et avons quitté le bâtiment. Après l’évacuation, il y a eu une quatrième frappe. »

Hôpital Al Sham

Un membre du personnel et un professionnel de santé de l’hôpital Al Sham, à Kafranbel, ont déclaré que deux raids aériens effectués le 11 mai 2019 avaient mis l’hôpital Al Sham hors d’état de fonctionner. Selon le directeur, son établissement avait été pris pour cible et réparé à de multiples reprises depuis 2018. Il a ajouté qu’ils allaient attendre la fin des frappes aériennes pour entamer de nouveau les réparations.

Les attaques contre les hôpitaux et les installations médicales dans les zones contrôlées par l’opposition sont devenues une marque de fabrique de la guerre en Syrie. Les hôpitaux à Alep, Deraa et dans le gouvernorat de Rif Dimashq ont été visés au cours des opérations menées par le gouvernement syrien pour reprendre le contrôle de ces zones. Dans de nombreux cas, les responsables des hôpitaux et les organisations humanitaires ont affirmé avoir donné leurs coordonnées GPS au gouvernement syrien, dans le but de prévenir ces attaques.

Une catastrophe humanitaire

Les attaques délibérées contre des civils et des biens à caractère civil, notamment des hôpitaux et d’autres établissements médicaux, bafouent le droit international humanitaire et constituent des crimes de guerre.

« Alors que l’offensive contre Idlib s’intensifie, au moins 300 000 personnes n’ont plus accès aux hôpitaux. Nous sommes face à une catastrophe humanitaire, due à la cruauté du gouvernement syrien qui, avec le soutien de la Russie, continue de piétiner le droit international, a déclaré Lynn Maalouf.

« Les membres du Conseil de sécurité ont le devoir de privilégier la protection des civils assiégés en Syrie plutôt que leurs intérêts étriqués et les rivalités entre grandes puissances. La Russie, en particulier, doit user de son influence pour obtenir que la Syrie cesse immédiatement ces attaques contre les civils et les hôpitaux, et mette en place des conditions permettant aux organisations humanitaires d’avoir accès en toute sécurité aux civils qui en ont besoin. »

Amnesty : Une enquête sans précédent révèle que la coalition dirigée par les États-Unis a tué plus de 1 600 civils pris au piège dans Raqqa


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Syrie. Une enquête sans précédent révèle que la coalition dirigée par les États-Unis a tué plus de 1 600 civils pris au piège dans Raqqa

  • Amnesty International et Airwars lancent un site Internet interactif qui recense des centaines de victimes civiles.
  • La plus grande enquête sur les victimes civiles dans l’histoire de la guerre moderne.
  • Les forces américaines, britanniques et françaises s’enfoncent dans le déni, ne reconnaissant que 10 % du nombre de décès de civils.


Amnesty international

Campagne: Aidez-nous à retrouver les disparu.es en Syrie

ساعدونا في العثور على المختفين في سوريا

منذ بدء الأزمة في سوريا في عام 2011، فُقد ما يربو على 75,000 شخص، أو اختفوا قسراً، داخل سوريا.

وبينما تبحث العائلات عن أحبائها المختفين، تُخضِع الحكومة السورية عشرات الآلاف من المدنيين والعاملين في مجال المساعدات الإنسانية والناشطين السلميين للاختفاء القسري أو الاعتقال التعسفي -لا لشيء إلا لنشر الخوف وسط المدنيين ومعاقبتهم جماعيًا.

ويتعرض الكثيرون للتعذيب أو لغيره من ضروب سوء المعاملة في السجون، وقد فارق ما يزيد على 15,000 شخصٍ الحياة في الحجز نتيجة لذلك.

وتتحمل جماعات المعارضة المسلحة المسؤولية أيضاً عن الاختفاء القسري لمئات الأفراد في المناطق الخاضعة لسيطرتها، وإخضاعهم للتعذيب، ولضروبٍ أخرى من سوء المعاملة.

“تمرّ الأيام ثقيلةً وصعبةً جدًا. أعيش على الأمل الذي يساعدني على الاستمرار، ويدفعني إلى العمل الحثيث من أجل الإفراج عنهما. لا أفقد الأمل بعودتهما أبداً. ودائماً ما أتخيل تلك اللحظة التي أسمع فيها بأنه قد تم الإفراج عنهما.”

– فدوى محمود، الناشطة السورية والعضوة المؤسسة لجمعية “عائلات من أجل الحرية”، وهي أم وزوجةٌ لرجلَين مختفيَين هما عبد العزيز الخير وماهر طحان.

وتتم هذه الممارسات كجزءٍ من حملةٍ واسعٍة النطاق ومنظَّمة ضد السكان المدنيين من جانب الحكومة السورية والجماعات المسلحة. وهي تمثّل انتهاكًا واضحًا للقانون الدولي، وتشكّل في العديد من الحالات، جرائم حرب.

نحن لن نقف مكتوفي الأيدي، ولن نسمح باستمرار هذا الوضع.

لذا، نحثكم على المبادرة بالتحرك فوراً، وعلى دعم عائلات المفقودين والمختفين في سوريا، وذلك من خلال حثّ روسيا والولايات المتحدة على ممارسة الضغط على الحكومة السورية والجماعات المسلحة كي تكشف النقاب عن مكان وجود ومصير أحبائهم المختفين.

منذ بدء الأزمة السورية في عام 2011، ُفقد ما يربو على 75,000 شخص أو اختفوا قسراً على يد الحكومة والقوى المسلحة السورية. نحثكم على الضغط على الحكومة السورية كي تكشف عن مكان وجود أو مصير المختفين.

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