Les ONG ne sont pas autorisées de s’approcher des habitants de la Ghouta déportés par le régime


 

La Syrie en une journée : le 17 mars 2018

  • Selon des militants dans la Ghouta orientale, les habitants déportés des villes reprises par le régime sont regroupés dans des casernes militaires ou des écoles. Aucune ONG n’a été autorisée à s’approcher de ces lieux.

  • Le régime a arrêté, ces jours derniers, la plupart des hommes de moins de 50 ans qui ont tenté de sortir de la Ghouta orientale en empruntant les corridors aménagés à cet effet.

2018-03-17-Arrestation des hommes aux sorties de la Ghouta

  • Tandis que l’étau se resserre progressivement sur la ville d’Afrin, 150 000 habitants ont fui les combats. Plusieurs départs d’incendies ont été enregistrés dans la ville.

Incendies aujourd'hui à afrin

  • Une colonne de l’armée turque est arrivée aujourd’hui au mont d’Anadan dans la province d’Alep. Elle va y installer un poste d’observation de la supposée désescalade stipulée par les accords d’Astana.

Une colonne turque en direction du Mont anadan

  • Des manifestations sont organisées ce week-end, dans le monde, pour célébrer le 7ème anniversaire du déclenchement de la révolution syrienne. Cette révolution a commencé en mars 2011, pour réclamer la liberté, la démocratie et la fin de la dictature en Syrie. L’utilisation excessive de la répression par le régime, a poussé une partie de l’armée à déserter et à rejoindre les manifestants, ce qui a mené au conflit armé d’aujourd’hui.

 

  • Des militants lancent une vaste campagne sur Twitter tout le week-end pour partager des informations sur les sept ans de révolution en Syrie : des archives, des vidéos, des souvenirs, des espoirs. Hashtag: RevolutionAgainstAssad  https://sites.google.com/site/revolutionagainstassad

 

  • L’image du jour : un chat blessé, hier, par les bombardements à la Ghouta orientale.

Un chat blessé, hier, à la Ghouta orientale

https://syrie.news/2018/03/17/syrie-journee-17-mars-2018/?ct=t(RSS_EMAIL_CAMPAIGN)

Advertisements

Syrie: Le massacre du XXIe siècle


Le massacre du XXIe siècle

TOPSHOTS

Tandis que la Ghouta orientale n’en finit pas de compter ses morts et ses blessés, au quatrième jour de l’offensive de l’armée de l’air syrienne sur cette enclave de la périphérie de Damas où sont assiégés, depuis 2013, quelque 400 000 habitants, la paralysie de la communauté internationale, qui ne parvient pas à adopter une position commune contre les massacres, faisait réagir la presse internationale.

Lire aussi :   Ghouta orientale : la communauté internationale indignée, mais paralysée

Une paralysie que dénonce le quotidien britannique The Guardian, dans une tribune intitulée « La Ghouta orientale est un autre Srebrenica, et nous détournons le regard une fois encore ». Consacrant sa « une » au sujet, le quotidien dresse un parallèle avec le siège de l’enclave de Srebrenica, durant la guerre de Bosnie, en juillet 1995, qui avait conduit au massacre de plus de 8 000 hommes et adolescents, sous les yeux d’une communauté internationale qui avait « détourné le regard ».

« Le Srebrenica syrien »

« Avec chaque enfant qui meurt, chaque acte de barbarie qui reste impuni, la Ghouta orientale ressemble de plus en plus à ce que Kofi Annan avait appelé un jour le pire crime jamais perpétré en Europe depuis 1945. La Ghouta orientale est en train de devenir le Srebrenica syrien », alerte le journaliste Simon Tisdall :

« A Srebrenica, quelque 8 000 hommes et adolescents musulmans furent massacrés en quelques jours. (…) Le tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie a plus tard déclaré que ces crimes constituaient un génocide. (…) La communauté internationale savait pourtant très bien ce que le général Radko Mladic [commandant en chef de l’armée de la République serbe de Bosnie] était en train de faire, et qu’un massacre était imminent. Elle a détourné le regard. L’agonie de la Ghouta orientale (…) est plus lente mais ignorée de la même façon. Encore une fois, des civils, dont de nombreux enfants, sont massacrés. Encore une fois, les pouvoirs occidentaux, avec des forces présentes dans le pays, refusent d’intervenir. Encore une fois, les Nations unies sont impuissantes. »

Et le journaliste de conclure : « Aujourd’hui, dans la Ghouta orientale, comme à Srebrenica en 1995, des crimes abominables qui pourraient constituer un génocide sont commis. En novembre, Mladic a enfin été reconnu coupable de génocide à La Haye. Cela a pris vingt-deux ans. Combien faudra-t-il encore que d’enfants meurent avant que justice ne soit faite en Syrie ? »

La chaîne américaine de télévision CNN reprend cette comparaison avec la situation en Bosnie dans une analyse intitulée « L’échec de la communauté internationale sur la Ghouta orientale », estimant qu’il s’agit d’un « tournant, comparable à d’autres moments critiques pour les droits de l’homme ces vingt-cinq dernières années ».

« Après trois ans d’horreur en Bosnie, il a fallu le massacre de Srebrenica pour pousser l’Occident à passer à l’action contre les Serbes de Bosnie », souligne CNN, avant de rappeler « l’appel désespéré » du haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme la semaine dernière :

« Au moins, la communauté internationale avait mis fin au conflit en Bosnie au bout de quatre ans. Mais après sept ans de conflit sanglant, le conflit syrien continue. Et l’échec à y mettre fin signe la faillite de la diplomatie internationale. »

Lire aussi :   En Syrie, tragédie humanitaire dans la Ghouta orientale

« Le massacre du XXIe siècle »

« Un massacre. Comment appeler autrement ce qu’il se passe dans la Ghouta, cette zone naguère agricole, ancien poumon vert de Damas, transformée ces derniers jours en enfer sur terre ? », s’alarme également le quotidien belge Le Soir, dans un article intitulé « Le massacre du XXIe siècle se déroule à un jet de pierre de Damas ».

« Si Srebrenica a été le massacre des années 1990, Sabra et Chatila et Halabja les massacres des années 1980, alors celui de la Ghouta orientale est celui de ce siècle… témoigne aussi dans le Guardian un médecin de la Ghouta orientale. Y a-t-il plus grand terrorisme que tuer des civils avec toutes sortes d’armes ? Est-ce une guerre ? Ce n’est pas une guerre. Cela s’appelle un massacre. »

« Ce régime et ses alliés reproduisent là les crimes dont ils s’étaient rendus coupables à Alep et cette sauvagerie est si atroce qu’on voudrait presque que ses auteurs l’emportent au plus vite, que ces monstres gagnent au plus vite, pour que cela cesse mais non, rien ne cessera », dénonce aussi le chroniqueur géopolitique Bernard Guetta, sur France Inter mercredi matin.

Lire aussi :   Syrie : dans la Ghouta orientale, chronologie d’un désastre humanitaire

« On veut terroriser la population, l’obliger à fuir »

« C’est un nouveau massacre, c’est pire qu’Alep », témoigne encore Raphaël Pitti, médecin de guerre qui s’est rendu de nombreuses fois en Syrie, au micro d’Europe 1 mercredi. En contact avec la population civile de la Ghouta, il atteste que « six hôpitaux ont été totalement détruits » au cours de la journée de mardi. « Ce ne sont pas des bavures. Les hôpitaux sont systématiquement détruits. On veut terroriser la population, l’obliger à fuir, à céder », dénonce-t-il :

« On est dans un état de siège déjà depuis plusieurs mois. La population est affamée, des enfants meurent. On est dans une situation épouvantable sur le plan humanitaire. »

M. Pitti se dit « effondré » par le silence de la communauté internationale, estimant qu’« on aurait dû prévenir cette situation, on la voyait arriver depuis plusieurs mois. Les convois de l’ONU ne pouvaient même pas rentrer à l’intérieur de la Ghouta pour approvisionner les populations ».

 

Eastern Ghouta is another Srebrenica, we are looking away again

 

Syrie : “La violence est dans les gènes de la famille Assad depuis 1970”


 

Syrie : “La violence est dans les gènes de la famille Assad depuis 1970”

Pour le politologue libanais Ziad Majed, le revirement de Macron sur Assad est immoral et dangereux, car la dictature alimente le terrorisme.

PAR LOUIS CHAHUNEAU

Modifié le 12/07/2017 à 11:09 – Publié le 11/07/2017

9413038lpw-9414874-article-syriaconflict-jpg_4417191_660x281

À Alep le 24 juillet 2016, dans la zone rebelle. 200 000 civils ont été assiégés et bombardés pendant des mois par le régime d’Assad avec le soutien russe. © AFP/ AMEER ALHALBI

Le 21 juin,

dans une interview accordée à huit journaux européens, Emmanuel Macron déclarait que la destitution de Bachar el-Assad en Syrie n’était plus la priorité de la France, faute de « successeur légitime », suscitant l’inquiétude de l’opposition syrienne. Le président de la République ajoutait : « Bachar, ce n’est pas notre ennemi, c’est l’ennemi du peuple syrien. » La semaine suivante, il accueillait à l’Élysée Riad Hijab, le coordinateur du Haut Comité de l’opposition en vue des négociations, et réaffirmait son soutien « au peuple syrien », brouillant la diplomatie française au Proche-Orient.

Le politologue libanais Ziad Majed, spécialiste de la Syrie et enseignant à l’American University of Paris, a cosigné une tribune dans le quotidien Libération du 3 juillet pour dénoncer « ce revirement diplomatique majeur ». Pour Le Point.fr, il explique pourquoi ces propos sont ambigus et placent la France « dans la position d’un État complice ».

Le Point.fr : La politique française envers la Syrie a-t-elle vraiment changé entre François Hollande et Emmanuel Macron ?

Ziad Majed : Oui, en tout cas au niveau du discours. La vision de Macron, défendue par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, consiste à s’allier avec la Russie dans une lutte plus virulente contre le terrorisme en Syrie. Cela rompt avec la politique de Hollande qui considérait que la lutte contre le terrorisme devait aller de pair avec une solution politique en Syrie, qui destituerait Assad. Macron n’y est pas opposé, mais explique que ce n’est pas la priorité et qu’Assad n’est pas l’ennemi de la France.

Emmanuel Macron a-t-il raison de dire qu’« Assad n’est pas l’ennemi de la France », mais « du peuple syrien » ?

Cette formule est dangereuse parce qu’elle exclut le peuple syrien de la communauté internationale. Un dictateur pourrait donc tuer, massacrer ? Cela alimente le terrorisme et la vengeance. Allez dire aux habitants là-bas que c’est de la « realpolitik ». Ça ne marche pas. Admettre que Bachar el-Assad est l’ennemi de son peuple, c’est reconnaître qu’il est criminel. Donc, il ne peut pas être légitime. L’argument ne tient ni au niveau pragmatique, ni au niveau éthique, ni même au niveau du droit international. Je comprendrais une coopération avec les Russes, mais avec des objectifs clairs et négociés à l’avance.

Entre 2005 et 2007, la plupart des djihadistes qui partaient combattre les Américains en Irak étaient manipulés par le renseignement syrien.

La France n’a-t-elle pas intérêt à ce qu’Assad reste au pouvoir, notamment pour reprendre la coopération entre les services syriens et ainsi améliorer son renseignement antiterroriste ?

Non, c’est un mythe, une illusion. Il y a eu quelques moments de coopération entre les services secrets français et syriens, mais cela a toujours fonctionné de manière très politique. Le régime syrien, quand il souhaite normaliser avec un État, lui fournit des listes, des noms, pour lui montrer qu’il est indispensable dans la lutte antiterroriste. Mais cela indique en réalité qu’il est impliqué dans les réseaux de terrorisme. D’ailleurs, ce n’est pas un secret qu’entre 2005 et 2007 la plupart des djihadistes qui partaient combattre les Américains en Irak passaient par Damas et étaient manipulés par le renseignement syrien, et en particulier par le beau-frère de Bachar el-Assad, Assef Chawkat, qui est mort en 2012 dans une explosion mystérieuse. Hafez el-Assad est également soupçonné d’avoir commandité l’attentat rue des Rosiers en 1982, ainsi que l’assassinat de l’ambassadeur français au Liban Louis Delamare à Beyrouth en 1981 (sa mort n’a jamais été élucidée, NDLR). Et le régime n’a plus les mêmes capacités au niveau du renseignement qu’il y a dix ans. Il est extrêmement épuisé. Les trois quarts du pays échappent à son contrôle. Il n’a pas de réseau dans la zone que contrôle Daech. Enfin, le terrorisme qui frappe la France a surtout été l’œuvre de citoyens français.

Le bombardement d’une base aérienne du régime par l’armée américaine s’inscrit-il dans une stratégie de long terme ?

C’était un acte isolé. Donald Trump a voulu marquer sa différence avec Obama : montrer que l’usage des armes chimiques entraînera une riposte immédiate des États-Unis. Mais la priorité des Américains en Syrie reste de détruire Daech en soutenant les Kurdes du côté de Raqqa.

Selon les renseignements américains, le régime serait sur le point de mener de nouvelles attaques chimiques. Quel serait l’intérêt pour Assad ?

Je ne pense pas qu’il y aura un énorme scandale si le régime réutilise le gaz sarin. Il l’a utilisé hier, et aujourd’hui, c’est le chlore. Il y a eu une telle banalisation de la mort en Syrie que plus rien ne surprend. Et s’il y a bien un domaine que maîtrise parfaitement le régime, c’est le dosage de la violence. En 2011, le régime ne s’attaquait pas aux manifestations dans les quartiers bourgeois où les gens s’habillent comme en Occident. En revanche, la mort s’est abattue dans les zones rurales, pauvres, sunnites, où les femmes sont voilées et les hommes barbus. Leur mort ne suscite pas la même réaction chez les Occidentaux. De plus, il y a un excès de violence incroyable dans les prisons de l’État. Ces histoires sont tellement inhumaines que beaucoup n’y croient même plus. La violence est dans les gènes de la famille Assad depuis 1970. Le régime pense qu’il survivra en humiliant sa population. Tous ceux qui veulent marcher la tête haute doivent être frappés jusqu’à la soumission. En arabe, on dit : « La mort ou la soumission. »

Penser que seul un dictateur est en mesure de tenir ce pays est totalement faux. On est en train de répéter les mêmes erreurs chaque décennie.

Dans quel état se trouve l’opposition syrienne ?

Après août 2013, et la volte-face d’Obama, l’opposition s’est sentie démunie et trahie, de sorte que beaucoup ont abandonné la lutte. Ce n’est pas une coïncidence si Daech est devenu puissant à partir de ce moment-là. Les forces islamistes de l’opposition se sont aussi renforcées, et les pays du Golfe leur ont rapidement apporté leur soutien. Au niveau international, l’opposition est représentée dans le Haut Comité en vue des négociations. Mais sur le terrain, il y a une fragmentation des forces : l’Armée syrienne libre, les forces islamistes et Fatah al-Cham. Ce dernier groupe n’est pas représenté dans la délégation au Haut Comité puisqu’il est considéré comme un mouvement terroriste.

Le problème, c’est que tous ces groupes très différents n’ont pas le même objectif politique. En Europe, on veut que l’opposition soit représentée par un seul homme, mais on oublie qu’elle est constituée d’acteurs de gauche, de droite, de libéraux, de communistes, d’islamistes, de tribaux, de féodaux… Ce morcellement est le fruit de 47 ans de dictature. La Syrie vit sous l’état d’urgence depuis 1963, et la prise du pouvoir par le parti Baas. Celui-ci a dissous les partis politiques, interdit les associations, la vie publique, monopolisé les médias. Et l’opposition politique, qui a depuis vécu en prison ou en exil, n’a jamais eu les ingrédients pour reconstruire un modèle politique.

L’opposition possède-t-elle encore la capacité nécessaire pour renverser Assad ?

Depuis l’intervention des Russes en septembre 2015, la chute du régime est devenue militairement impossible. Les Russes ont mené des dizaines de milliers de raids aériens. Certes, le régime ne contrôle que 24 % du territoire syrien, mais 65 % de la population vit dans ces zones qui concentrent les grandes villes comme Damas, Alep, Homs et Hama. Beaucoup de civils se sont réfugiés dans ces territoires, sous le contrôle du régime, pour éviter les bombardements. Bachar el-Assad a tout fait pour pourrir la vie des gens qui vivent dans les autres régions : les hôpitaux sont bombardés, et il n’y a pas d’eau ni d’électricité. Avant 2013, les gens documentaient les massacres pour témoigner au monde entier leur quotidien. Mais, depuis, ils le font pour leur mémoire parce qu’ils ont senti que tout le monde les avait abandonnés. Les islamistes avaient prédit cela. La relation quotidienne avec la mort a fait monter le poids de l’islam dans la société.

Les négociations de paix reprennent à Genève le 10 juillet. Peuvent-elles encore aboutir ?

Non. Les négociations ont commencé en juin 2012 avec l’idée d’une transition politique en Syrie. Puis, les Russes ont commencé à utiliser des termes comme « coalition » avec Assad, alors que les négociations visaient à mettre de côté le régime. Et les Nations unies ont ajouté une autre clause : « la lutte contre le terrorisme ». Or, les Russes considèrent toute l’opposition comme terroriste. Depuis, tout est bloqué. Les discussions à Astana, qui visaient à convenir de cessez-le-feu, ont abouti à la création de cinq zones de « désescalade » (celui de la ville de Deraa n’est pas respecté, NDLR). La moitié des groupes d’oppositions boycottent aujourd’hui les négociations, car les cessez-le-feu ne sont pas tous respectés.

Quelle solution préconisez-vous pour la paix ?

Ce ne sont plus les Syriens qui décident. La Russie et l’Iran gèrent leur diplomatie et veulent qu’Assad reste au pouvoir moyennant quelques réformes. Les Iraniens veulent garder le contrôle de Damas pour rester en contact avec le Hezbollah au Liban, la mer Méditerranée et la frontière israélienne. Les Russes veulent se poser comme les protecteurs du régime syrien tout en conservant leurs bases militaires à Tartous et Hmeimim. Mais penser que seul un dictateur est en mesure de tenir ce pays est totalement faux. On est en train de répéter les mêmes erreurs chaque décennie, sans apprendre des leçons du passé ni trouver les solutions. Ce n’est pas une coïncidence si Daech est apparu en Irak, en Syrie et en Libye. Il s’agit des régimes les plus atroces de la région. Saddam Hussein et Hafez el-Assad possèdent tous deux la même mentalité : des guerres, tout le temps, avec un écrasement des voix de l’intérieur. Et lorsqu’un État n’arrive plus à tout contrôler, la situation explose et, en l’absence de vie politique, ceux qui sont le plus structurés pour prendre la relève demeurent les djihadistes. L’intervention militaire en Libye (2011) n’est pas la première cause du chaos actuel, c’est surtout le non-accompagnement de la transition politique qui a mené à l’échec. L’Irak aussi a souffert d’une gestion défaillante après Saddam Hussein. En Syrie, il faut dès maintenant travailler à une transition politique.

http://www.lepoint.fr/monde/syrie-la-violence-est-dans-les-genes-de-la-famille-assad-depuis-1970–11-07-2017-2142309_24.php

Rassemblement à Azaz contre le PYD – PYDمظاهرات في عزاز للتنديد بقوات حماية الشعب الكردي


 

Un rassemblement populaire civil à Azaz (campagne nord d’Alep) pour demander à l’ASL (Armée Syrienne Libre) de reconquérir les villages occupés par le PYD /Force de Protection Populaire Kurde/٠

مظاهرة في مدينة اعزاز في ريف حلب الشمالي طالبت الجيش الحر باسترجاع القرى المحتلة من قبل وحدات حماية الشعب الكردي في ريفي حلب الشمالي والشرقي٠

تصوير: يحيى هنداوي

https://www.facebook.com/AleppoAMC/?hc_ref=NEWSFEED&fref=nf

مظاهرة في مدينة اعزاز في ريف حلب الشمالي طالبت الجيش الحر باسترجاع القرى المحتلة من قبل وحدات حماية الشعب الكردي في ريفي حلب الشمالي والشرقي.

 

19702524_441923516185356_6461282868682916611_n

Rassemble civil à Azaz, contre la présence du PYD (Branche du PKK en Syrie)

Syrie: “Le régime veut changer l’équilibre démographique du pays”


Syrie: “Le régime veut changer l’équilibre démographique du pays”

 Propos recueillis par Catherine Gouëset, le 12/05/2017

La guerre se poursuit en Syrie, malgré des négociations en cours à Astana sous l’égide du Kremlin. Témoignage de Brita Hagi Hassan, l’ancien “maire d’Alep-Est”.

“Le martyre des Syriens continue pendant que le monde regarde ailleurs”. C’est le cri lancé par Brita Hagi Hassan. Il a dirigé entre 2015 et 2016 le Conseil local d’Alep-Est, formé après que la rébellion en a chassé les forces du régime, en 2013. Cet ingénieur de 40 ans, natif de la capitale économique de la Syrie, a assisté au siège et aux innombrables bombardements imposés aux quartiers les plus peuplés d’Alep par le régime de Bachar el-Assad avant que ces quartiers soient vidés de leur population. 

Parti de la ville en juillet 2016 pour aller demander de l’aide aux pays européens, il n’a pas pu y retourner, en raison du siège imposé par l’armée du régime. Il vit désormais dans l’arrière-pays d’Alep. Contacté par L’Express, il témoigne des difficultés de millions de Syriens vivant dans les zones tenues par les rebelles, en particulier dans les gouvernorats d’Alep et d’Idleb dans le nord du pays, soumises depuis des mois à des frappes aériennes. 

Quelle est la situation dans les régions d’Idleb et d’Alep, tenues par les rebelles, où a trouvé refuge la population évacuée d’Alep-Est?

Le déplacement de populations ne s’est pas limité à la ville d’Alep. Il touche aussi les habitants de nombreuses régions de Syrie. Les conditions de vie des civils, installés dans des camps, pour la plupart, sont extrêmement difficiles. Les besoins vitaux les plus élémentaires ne sont pas assurés: beaucoup n’ont accès qu’à une eau insalubre. Et l’afflux de déplacés, en provenance des zones assiégées du reste de la Syrie se poursuit en direction de cette région, surpeuplée par rapport à ses capacités d’accueil.

La situation est aussi très dégradée en raison des bombardements continus depuis des mois. La plupart des hôpitaux et des centres de protection civile ont été détruits. Seuls fonctionnent encore ceux qui se trouvent sur la frontière syro-turque, ce qui est très insuffisant.

Le rapport de force entre groupes djihadistes et forces rebelles affecte-t-il les conditions de vie de la population dans ces régions?

Nous sommes contre Al-Qaïda et contre l’extrémisme. Daech et Al-Qaïda sont des fabrications du régime. C’est lui qui a sorti les djihadistes de ses prisons, lui qui les a laissés entrer en Syrie afin de donner à cette révolution, qui réclamait liberté et dignité, la couleur noire du terrorisme, dont personne ne veut en Syrie. À ce jour, l’armée libre [ASL] est la seule à les avoir combattus. C’est elle qui les a chassés d’Alep et de dizaines de villages et, récemment, de la périphérie de Damas. Elle demeure la seule capable de les chasser de toute la Syrie.

Le régime, lui, surfe sur le confessionnalisme et contribue à alimenter le terrorisme. Au lieu de combattre Daech ou Al-Nosra, il tue les civils, femmes et enfants compris, détruit les infrastructures vitales, à commencer par les centres de santé ou de protection civile.

Pensez-vous que l’accord de “désescalade” conclu à Astana sous l’égide de la Russie puisse offrir une voie de sortie de la guerre?

L’objectif affiché des discussions à Astana est la création de zones prétendument “sûres”. Rien de tel ne s’est produit jusqu’à présent. Bombardements, migrations forcées, sièges de villes et de quartiers entiers, affamés, se poursuivent.

LIRE AUSSI >> Des villes vidées de leur population après des années de siège

Le véritable objectif du régime d’Assad est clair: il s’agit de changer l’équilibre démographique du pays. La poursuite méthodique de déplacements de populations en est la preuve [De larges pans de population issues des villes ou quartiers hostiles au régime -en majorité sunnites, alors que le clan au pouvoir est alaouite, sont forcés de quitter ces zones, afin de permettre au régime de reprendre la main sur la “Syrie utile”]

Les frappes aériennes ont-elles diminué depuis l’annonce d’un accord sur des zones de “désescalade” par la Russie?

La diminution récente des bombardements dans le nord de la Syrie a été de pair avec leur augmentation dans les autres régions, aux alentours de Hama notamment, et la poursuite des déplacements de populations.

L’accord d’Astana, comme les précédents cessez-le-feu, est mort-né. Nous ne croyons pas à sa mise en application alors que nous avons demandé sans relâche un cessez-le-feu et l’arrêt des combats qui détruisent hommes, maisons et même la végétation.

Ces combats ont détruit 70% de la Syrie, coûté la vie à 600 000 Syriens et abouti au déplacement de 12 millions de personnes. Comment attendre la mise en oeuvre d’un cessez-le-feu, quand ceux qui sont désignés comme les garants – l’Iran et la Russie – sont les principaux responsables de ces crimes ?

Depuis qu’ont commencé les négociations à Astana, le feuilleton de la déportation des milliers de Syriens s’est poursuivi: Daraya, près de Damas, lors du sommet Astana 1, Le quartier de Waer à Homspendant Astana 2; Astana 3 pour Madaya et  Zabadani et Astana 4 pour Barzé et Qaboun. Et le feuilleton continue, sous les yeux insensibles du monde entier.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/syrie-le-regime-veut-changer-l-equilibre-demographique-du-pays_1907561.html#mWO5CdyHIe2kaYgD.01

L’intermédiaire entre LafargeHolcim et l’EI en Syrie est un soutien du FN, selon Mediapart


LafargeHolcim---Daech

L’intermédiaire entre LafargeHolcim et l’EI en Syrie est un soutien du FN, selon Mediapart

Directeur de la sûreté du cimentier franco-suisse, Jean-Claude Veillard s’était présenté aux dernières municipales à Paris sous la bannière du parti d’extrême-droite.

OLJ
03/05/2017

Le directeur de la sûreté du cimentier franco-suisse LafargeHolcim mis en cause pour avoir indirectement financé des groupes armés en Syrie pour permettre à une cimenterie de fonctionner en 2013 et 2014, est un soutien affiché de Marine Le Pen, selon des informations publiées mercredi par le site français d’informations Mediapart.

Le site produit plusieurs documents et témoignages dont il estime qu’ils montrent l’implication de Jean-Claude Veillard dans les transactions entre le groupe jihadiste Etat Islamique (EI) et la multinationale en 2013 et 2014. “Il était informé de chaque phase de la négociation avec les jihadistes”, assure Mediapart. “Il recevait copie des mails adressés à la direction et a dû donner son avis sur les décisions prises”, ajoute le site, publiant un échange de mails qui remonte à août 2014 dans lequel l’un des responsables de Lafarge en Syrie annonce qu’à la suite de ses discussions avec l’EI, l’entreprise devait fournir les pièces d’identité de ses employés sur place pour faciliter leur passage.

Selon Mediapart, M. Veillard était cinquième de liste du candidat du Rassemblement Bleu Marine, Wallerand de Saint-Just, soutenu par le FN, à l’occasion des élections municipales de 2014 à Paris. Pour rappel, M. de Saint-Just est le trésorier de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.

Le 24 avril, LafargeHolcim avait annoncé que son patron, Eric Olsen, allait quitter ses fonctions le 15 juillet pour tenter de désamorcer le scandale. Visé en France par une enquête judiciaire ouverte en octobre après une plainte du ministère des Finances, le cimentier avait diligenté une enquête interne au terme de laquelle il a reconnu que des mesures “inacceptables” avaient été prises pour permettre à un site de continuer à fonctionner en Syrie. Des erreurs de jugement “significatives”, contrevenant au code de conduite de l’entreprise, ont été commises, a admis le groupe qui a toutefois estimé que M. Olsen était hors de cause.
L’ONG française Sherpa et le Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l’homme ont également déposé une plainte pénale en novembre 2016.

Achetée en 2007 par le français Lafarge, la cimenterie au coeur du scandale est  située à Jalabiya, à 150 kilomètres au nord-est d’Alep. Elle avait été remise en service en 2010 après trois années de travaux qui avaient coûté environ 680 millions de dollars, ce qui en faisait le plus gros investissement étranger dans le pays en dehors du secteur pétrolier.

https://www.lorientlejour.com/article/1049828/lintermediaire-entre-lafargeholcim-et-lei-en-syrie-est-un-soutien-du-fn-assure-medipart.html

Bus d’évacuation des habitants de Foua et Kafraya carbonisés à Alep – Bilan 112 morts


Les-bus-chargés-d'évacuer-Foua-et-Kafraya-2

Syrie : des dizaines de morts dans un attentat visant des personnes évacuées près d’Alep

L’Observatoire syrien des droits humains fait état d’au moins 43 morts parmi les personnes qui devaient être évacuées, en vertu d’un accord conclu en mars.

Le Monde.fr avec AFP |  15.04.2017

Au moins 43 personnes ont été tuées, samedi 15 avril en Syrie, dans un attentat à la voiture piégée contre des bus près d’Alep, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG sise à Londres et disposant d’informateurs sur le terrain. Les bus attaqués transportaient des personnes évacuées la veille de localités prorégime, en vertu d’un accord signé en mars entre les rebelles et le régime, après la reprise d’Alep par le régime de Damas.

C’est à bord de ces bus que 5 000 personnes avaient été évacuées vendredi de Foua et Kafraya, deux localités loyalistes assiégées par les rebelles. « Le kamikaze conduisait une camionnette transportant de l’aide alimentaire et l’a fait exploser près des 75 bus » stationnés à Rachidine, secteur rebelle à l’ouest de la métropole, selon l’OSDH, précisant qu’il y avait aussi « plusieurs dizaines de blessés ».

La télévision d’Etat a imputé aux « groupes terroristes » — terme utilisé par le régime pour désigner rebelles et terroristes — la responsabilité de cet « attentat à la voiture piégée ». Parmi les victimes figurent quatre rebelles qui gardaient les bus et une personne non identifiée par l’OSDH.

Selon l’ONG et la télévision d’Etat, l’évacuation a repris quelques heures après l’attentat, et des bus transportant des milliers de personnes sont repartis vers leur destination finale.

Lire aussi :   Syrie : inquiétudes autour de l’évacuation de quatre villes assiégées

Difficiles évacuations

Avant cette attaque, des milliers de personnes évacuées de quatre localités assiégées, dont Foua et Kafraya, étaient bloquées depuis vendredi en raison de désaccords les empêchant de poursuivre leur chemin.

Vendredi, plus de sept mille personnes avaient été simultanément évacuées de Foua et de Kafraya et des localités rebelles de Madaya et de Zabadani, d’après l’OSDH. Ces évacuations, les dernières d’une longue série depuis le début, il y a six ans, de la guerre de Syrie, ont eu lieu vendredi en vertu d’un accord conclu entre le Qatar, soutien de la rébellion, et l’Iran, allié du régime de Bachar Al-Assad. Au total, plus de trente mille personnes sont censées être évacuées en deux étapes en vertu de l’accord conclu en mars.

Après leur évacuation à bord de bus, les combattants et civils de Foua et de Kafraya auraient dû se diriger vers Damas et la province de Lattaquié (Ouest), places fortes du régime. Les personnes évacuées de Madaya et de Zabadani devaient se rendre dans la province rebelle d’Idleb (Nord-Ouest).

Mais en raison de désaccords, les personnes évacuées de Foua et de Kafraya étaient bloquées à Rachidine, tandis que celles parties de Madaya et de Zabadani attendaient encore à Ramoussa, secteur loyaliste, également à l’ouest d’Alep.

http://www.lemonde.fr/international/article/2017/04/15/un-attentat-vise-des-personnes-evacuees-en-syrie_5111867_3210.html#tVoMM5YYIidC8KJ9.99

 

 

Syrie : quatre villes assiégées en cours d’évacuation

Des dizaines de milliers d’habitants sont évacués en bus des villes de Foua, Kafraya, Madaya et Zabadani, assiégées par les rebelles et le régime.

SOURCE AFP

Modifié le 14/04/2017 à 12:21 – Publié le 14/04/2017 à 10:09 | Le Point.fr 
La population évacuée est acheminée à Rachidine, une ville à l'est d'Alep tenue par l'opposition.
La population évacuée est acheminée à Rachidine, une ville à l’est d’Alep tenue par l’opposition. © AFP/ OMAR HAJ KADOUR
%d bloggers like this: