Le conflit Assad-Makhlouf: dynamique du systèmes et barbarie


Corrompus-Voleurs

 

AlModon-02/05/2020

Dans une première réponse officielle à la vidéo de Rami Makhlouf, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes du ministère des Communications du régime syrien a confirmé que les sommes à payer de Syriatel sont des sommes dues à “l’Etat”.
L’autorité a déclaré dans un communiqué sur sa page Facebook: « L’autorité confirme que les montants devant être payés par les entreprises de téléphonie cellulaire sont des sommes dues à l’État conformément aux documents existants et clairs, et ils ont été calculés sur la base des travaux de comités spécialisés dans les affaires financières, économiques, techniques et juridiques ».

Elle a ajouté que « afin de préserver le travail continu du réseau cellulaire et la fourniture continue de ses services aux citoyens, toutes les réserves des entreprises ont été prises en considération, en leur donnant les délais et les délais demandés, et, malgré l’illogique fourni, toutes les données et tous les chiffres qui ont été fournis ont été approuvés et la valeur réelle des montants à payer a été calculée ».

Elle a poursuivi: « Les montants à payer en deux phases ont été calculés, le premier en fonction des chiffres réels au cours des cinq premières années d’exploitation de 2015 à 2019 (selon la demande des deux sociétés et selon les données financières publiées), et le second en fonction des chiffres estimatifs présentés par chaque société ».

Elle a expliqué que « les contrats de gestion conclus par les entreprises de téléphonie cellulaire avec des entreprises « offshore » (objet du défaut fiscal) sont traités par les personnes concernées en la matière au sein du ministère des finances, et que les montants évoqués et dus n’ont rien à voir avec la question de l’évasion fiscale (qui est un autre sujet sur lequel nous travaillons). Par ses propres autorités) mais plutôt avec les montants dus par les deux sociétés qui doivent être payés pour atteindre l’équilibre des licences, sachant que le déséquilibre fiscal de ces contrats affecte la valeur de l’impôt sur le revenu et la valeur des bénéfices nets des actionnaires eux-mêmes.

L’autorité a souligné qu’elle “continuait à collecter des fonds publics (fonds du Trésor central) de toutes les manières légales, en tenant toujours compte de la poursuite des travaux de toute entreprise tenue de payer ses services aux citoyens dans toute la mesure possible et ne la dissuaderait pas de récupérer des fonds publics pour tenter de perturber ces travaux ».

Rami Makhlouf, président du conseil d’administration de la société « Syriatel », avait auparavant appelé le président du régime syrien, Bachar Al-Assad, à superviser personnellement les enquêtes sur l’accusation du gouvernement du régime, à Makhlouf, d’évasion fiscale.

Après une absence de plusieurs années, Makhlouf est apparu dans un enregistrement vidéo qu’il a publié vendredi sur sa page Facebook, dans lequel il a déclaré que “l’État n’a pas raison de remettre en question les dépenses de Syriatel, et qu’il revient aux anciens contrats convenus entre les deux parties, et qu’ils ont le droit de poursuivre l’autre partie sur la base de documents », exprimant sa volonté de les divulguer.

Règlements de compte au sein de la famille Assad


 

Règlements de compte au sein de la famille Assad

Les tensions au sein du clan dirigeant en Syrie, d’une virulence sans précédent, sont aggravées par des « révélations » dans la presse russe.

Bachar al-Assad et son cousin Rami Makhlouf, hier son homme-lige, devenu son adversaire acharné

En cette dixième année de guerre, les Syriennes et les Syriens ont pourtant un autre sujet de conversation que le conflit toujours en cours, entre autres à Idlib, les millions de réfugiés interdits de retour dans leurs foyers ou le risque de diffusion du coronavirus dans le pays. La « révélation » par un journal russe que le président Bachar al-Assad aurait offert à son épouse Asmaa une toile de David Hockney,« The Splash », d’une valeur de plus de 27 millions d’euros, a en effet provoqué la stupeur dans une population qui croyait avoir tout vu en matière de corruption de ses dirigeants. Que le dictateur syrien ait effectivement acheté cette toile à Sotheby’s importe désormais moins que la « révélation » d’un tel scandale par un média proche du Kremlin, sur fond de règlements de compte entre Bachar al-Assad et son cousin Rami Makhlouf, l’homme le plus riche de Syrie, hier pilier du régime, aujourd’hui cible de campagnes « anti-corruption ».

RIEN NE VA PLUS ENTRE LES DEUX COUSINS

Rami Makhlouf a été le principal bénéficiaire de la « libéralisation » économique menée par Bachar al-Assad une fois que celui-ci avait succédé, en 2000, à son père Hafez al-Assad, lui-même maître absolu de la Syrie durant trente années. Makhlouf s’est alors constitué un véritable empire, accaparant à son profit les « privatisations » d’entreprises publiques, investissant dans les nouvelles banques « privées » et, avec Syriatel, prenant une position dominante dans la téléphonie mobile. Avec une fortune évaluée en milliards de dollars, de 3 à 7 suivant les sources, Makhlouf est devenu le grand financier des milices pro-Assad, dont le rôle dans la répression du soulèvement populaire de 2011 a été déterminant. Makhlouf a aussi veillé à soutenir généreusement les activités « charitables » d’Asmaa al-Assad, l’épouse du despote syrien, notamment par le biais de son association Al-Boustan.

La montée en puissance de nouveaux profiteurs de guerre dans l’entourage présidentiel a entraîné, à partir de 2018, des tensions de plus en plus palpables entre Bachar al-Assad et son richissime cousin. Elles se sont accentuées avec le retour sur le devant de la scène d’Asmaa al-Assad, en août 2019, « totalement » guérie d’un cancer du sein contre lequel elle avait bataillé durant une année. La reconquête par le régime de la majeure partie du territoire syrien a entraîné une redéfinition du partage des dépouilles dans un pays ruiné, dont Rami Makhlouf fait à l’évidence les frais. Une partie de ses biens sont mis sous séquestre, des arriérés d’impôts très conséquents sont exigés, mais surtout le tabou de l’immunité du clan Assad est tombé. Tout récemment, quatre tonnes de haschich ont été saisies en Egypte dans une cargaison de lait d’une société de Makhlouf, tandis que les biens d’une autre société, Abar Petroleum, déjà visée par des sanctions américaines en 2018, ont été saisis, mais cette fois par le régime Assad. Makhlouf affirme, sans vraiment convaincre, avoir investi dans la société Abar d’hydrocarbures, sans lui être légalement lié.

LA RUSSIE JETTE DE L’HUILE SUR LE FEU

Ces tensions sans précédent entre les cousins Assad et Makhlouf ont été exacerbées par la publication de « révélations » très embarrassantes pour le dictateur syrien dans des médias proches du Kremlin, au premier rang desquelles le supposé « présent » de Bachar à Asmaa d’une valeur de 27 millions d’euros. De là à affirmer que de telles « révélations » constituent des représailles de Makhlouf à la campagne menée contre ses intérêts, il y a un pas que certains franchissent, rappelant que Mohammed et Hafez Makhlouf, le père et le frère de Rami, se sont tous deux installés à Moscou (Hafez Makhlouf était jusqu’en 2014 l’un des chefs des services syriens de sécurité). Mais le malaise est plus profond, avec mise en cause de la capacité d’Assad non seulement à reconstruire la Syrie, mais même à la gérer de manière « normale ».

Alexandre Aksenenok, vice-président du Conseil russe des affaires internationales (CRIA), et lui-même un diplomate chevronné ayant servi, entre autres, en Syrie, a ainsi publié sur le site du CRIA une analyse sévère pour le régime Assad: « il est de plus en plus évident que le régime est réticent ou incapable de développer un mode de gouvernement qui limiterait la corruption et le crime et permettrait la transition d’une économie de type militaire vers des relations commerciales et économiques normales ». Plus grave encore est la publication par l’agence russe Ria Fan d’une « enquête d’opinion » (sic) qui aurait été menée en avril 2020 auprès d’un millier de Syriens. 71,3% des sondés considèreraient la corruption comme le principal problème du pays, 53,1% voteraient contre Bachar al-Assad à la présidentielle de 2021 (32,1% pour) et 70,2% voudraient « l’émergence de nouveaux hommes politiques ». Ces chiffres n’ont naturellement aucune valeur en tant que tels et ne servent que de ballon d’essai pour une politique russe de plus en plus frustrée face à l’incapacité d’Assad à sortir, même superficiellement, d’une pure logique de guerre civile.

Déjà en 1984, Hafez al-Assad et son frère Rifaat s’étaient déchirés, alors qu’ils avaient sauvé, dans le bain de sang de Hama, deux ans plus tôt, leur régime menacé par une insurrection islamiste, doublé d’un soulèvement populaire. Les deux frères n’avaient évité de s’affronter en plein Damas que grâce à la médiation de l’URSS, qui avait « exfiltré » Rifaat al-Assad sur son territoire. Le bras de fer entre Bachar al-Assad et Rami Makhlouf n’a pas aujourd’hui la même dimension militaire, mais il est révélateur, une fois de plus, des contradictions constitutives de cet « Etat de barbarie » qu’est le régime Assad, pour reprendre l’expression du regretté Michel Seurat. La guerre que Hafez, puis Bachar al-Assad ont menée contre leur propre peuple est bel et bien au coeur de leur dynamique de pouvoir, quelles que soient les querelles qui agitent désormais le clan dirigeant.

Des hélicoptères israéliens bombardent des sites du Hezbollah et de l’Iran dans le sud de la Syrie et une base à Homs


Affrontement-des-sauvages-FR

1 mai 2020

«Al-Quds Al-Arabi» et agences: Il semble qu’Israël oeuvre à mettre ses menaces très au sérieux après avoir confirmé qu’il s’efforce defaire sortir l’Iran de la Syrie avant la fin de l’année. Après les frappes israéliennes successives sur des sites iraniens en Syrie, les médias du régime syrien ont déclaré hier que des hélicoptères israéliens avaient tiré plusieurs missiles depuis le Golan occupé sur des cibles dans le sud de la Syrie, dans un processus qui, selon des sources des renseignements, faisait partie d’une escalade des frappes contre des factions armées soutenues par l’Iran.

En outre, “les frappes israéliennes ont provoqué une série d’explosions sur une base militaire dirigée par le Hezbollah libanais soutenu par l’Iran”, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.
Le gouverneur de Homs, Talal Al-Barazi, avait déclaré, dans des déclarations à la télévision officielle syrienne, “qu’une caserne militaire de l’armée arabe syrienne à l’est de la ville de Homs a été attaquée, dont la nature n’est pas encore connue”.
L’agence de presse officielle (SANA) a cité le directeur de la santé de Homs, le Dr Hassan Al-Jundi, comme ayant “dix blessés dans les hôpitaux publics et privés de la ville résultant de la chute d’obus volatils” sur le site cible.

Une photo a été publiée montrant les nuages de fumée s’élevant du site et une autre des voitures endommagées à l’intérieur de la ville en raison des obus tombant
Des sources de l’opposition dans la région ont déclaré que l’attaque visait plusieurs endroits de factions armées près de Quneitra, dont le Hezbollah et l’Iran.
Selon certaines informations, l’attaque n’a causé que des dégâts matériels. Il n’y a eu aucun commentaire de l’armée israélienne.
Une source de renseignement régionale a déclaré qu’Israël intensifie ses raids en Syrie à un moment où le monde est occupé à faire face à l’épidémie du Coronavirus dans la région, y compris la Syrie.
De son côté, l’armée syrienne a déclaré hier qu’une série d’explosions survenues dans un dépôt de munitions à l’est de la ville de Homs et ayant fait des blessés, n’étaient pas dues à une “agression” comme annoncé précédemment, mais plutôt à “une erreur humaine”.
Il a déclaré dans un communiqué diffusé à la télévision officielle qu’il y avait eu des victimes, sans fournir de détails.
Il y a environ deux semaines, un drone israélien a visé une voiture transportant les forces du Hezbollah dans le sud de la Syrie, à la frontière avec le Liban, sans faire de victimes. Quelques jours plus tard, Israël a attaqué le centre de la Syrie près de la ville de Palmyre, ciblant les sources des agences de renseignement de la région qui étaient des positions et un centre de commandement pour les factions soutenues par l’Iran.
L’observatoire syrien des droits de l’homme a fait référence à des informations rapportées par des habitants de la région selon lesquelles des bruits d’explosions ont été entendus dans toute la ville de Homs.
Israël réitère qu’il continuera de répondre à ce qu’il décrit comme les tentatives de l’Iran de consolider sa présence militaire en Syrie et d’envoyer des armes avancées au Hezbollah.

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