Un hommage à la jeunesse révolutionnaire du Soudan – تحية لشبيبة السودان الثورية


Un hommage à la jeunesse révolutionnaire du Soudan

Jérusalem arabe – 18/02/2020
Gilbert Achkar

رأي-جلبير-Soudan-révoluton - 8
Hier, je suis rentré d’une visite de recherche au Soudan dont le but était d’explorer les mécanismes de la révolution qui avait éclaté dans les pays du Nil depuis le 19 décembre 2018 afin de pouvoir estimer le sort de la révolution plus précisément et correctement que ce que l’observation permettait de loin. J’écrirai plus tard ce à quoi je suis parvenu au cours de ma visite, dont j’ai beaucoup appris. Pour l’instant, dans cet article, je me contenterai de souligner la chose la plus importante que j’ai compris lors de ma visite, et j’avais ignoré son importance en observant la révolution soudanaise de loin sans contact direct avec les acteurs à l’intérieur du pays. Si j’ai une excuse pour avoir ignoré cela, c’est que les médias mondiaux vont rarement plus loin que la surface des événements et les pôles politiques qui y flottent sur cette surface. Les médias régionaux et locaux se concentrent davantage sur la politique de la superstructure que sur le suivi des dynamiques de base qui sous-tendent les développements sociaux et politiques. Cependant, il existait ce que j’avais négligé dans les médias soudanais et arabes, mais je n’ai pas reconnu son importance.

C’est ainsi que j’ai regardé depuis l’extérieur les événements du Soudan, et je vois dans le rassemblement des « Professionels Soudanais » et « les forces de la déclaration de liberté et de changement » les direction du grand mouvement populaire dont le pays a été témoin. Ce que j’ai négligé son importance, c’est qu’un autre cadre se déplaçait sous la surface de la lutte politique que j’ai suivie de loin, qui était le cadre pour donner l’impulsion révolutionnaire de base et donner au « rassemblement de professionnels » le rôle de porte-parole du mouvement populaire, lui donnant le pouvoir de décision mais sous son contrôle critique. Ce cadre est le réseau horizontal le plus important qui rassemble les organisations de jeunesse qui se font appeler les “Comités de Résistance”, qui se sont constitués dans les quartiers urbains comme dans les villages ruraux et ont organisé la révolution populaire. Les comités ont également veillé à organiser les services de base par le biais d’organes subsidiaires qu’ils ont appelés «comités de services» (ici les acronymes sont utilisés tels qu’ils sont utilisés au Soudan), car ces derniers, dans le cadre de l’organisation des services sociaux et de la distribution des produits de base, ont remplacé les «comités populaires» qui étaient les bras locaux du régime Omar el-Bachir. Les comités, entre ce qu’ils font, surveillent les boulangeries et les stations-service pour empêcher la contrebande à la lumière des conditions économiques critiques existantes, que le motif de la contrebande soit avide ou la quête par l’État profond de la complexité des conditions pour contrecarrer le processus de changement. Le contrôle exercé par les « comités de résistance » sur les institutions de la période de transition s’accompagne également d’une pression continue à travers des manifestations et des rassemblements pour achever la marche du changement et pour poursuivre les responsables de l’assassinat des manifestants et du massacre pour briser le sit-in et défendre ceux qui se sont rangés du côté de la révolution dans les rangs des forces armées, refusant de se soumettre aux ordres de tuer.

Au Soudan aujourd’hui, une fracture tangible existe entre la nouvelle génération qui a formé le corps principal du mouvement populaire, qui se caractérise par l’importance d’une participation active des femmes dans ses rangs, et les générations précédentes appartenant à des partis qui dominent la vie.

Les «comités de résistance» partagent une caractéristique fondamentale avec les phénomènes de jeunesse dont d’autres pays de la région arabe ont été témoins lors des deux vagues révolutionnaires qu’ils ont connues jusqu’à présent avec le premier «printemps arabe» en 2011. Ils ont, par exemple, certains traits communs avec la «coordination» qu’il connaissait. La première phase de la révolution syrienne, alors que c’était une révolution populaire dirigée principalement par des jeunes, cependant, les comités soudanais sont plus organisationnels et politiques que leur équivalent syrien. Les «comités de résistance» partagent également certains des phénomènes de jeunesse que le processus révolutionnaire a connus dans d’autres pays de la région, comme la Tunisie et l’Algérie, une autre caractéristique frappante est la sensibilité envers les partis traditionnels, et même la formule du parti en général. En effet, les « comités de résistance » comprennent une large majorité de non appartenant à des partis, ainsi qu’une minorité de partisans qui ne s’affilient pas publiquement à leurs affiliations et respectent l’indépendance des comités, en particulier parmi eux les communistes, hommes et femmes, qui jouent un rôle de premier plan dans toutes les activités de la révolution soudanaise. Cette sensibilité s’accompagne de rejet de la hiérarchie et de la centralisation, de sorte que les «comités de résistance» lient des formes de coordination horizontale qui ne dépassent pas la tâche de coordination à la centralisation de la décision. Ces comités sont une drôle de forme d’autorégulation locale, qui a choisi de ne pas être une organisation hiérarchique guidée par un leadership qui en émane. C’est la raison pour laquelle il a délégué au « Rassemblement des professionels soudanais » le pouvoir de parler au nom du mouvement populaire et de jouer le rôle de sa station médiatique. Le Rassemblement a habilement assuré la coordination du mouvement populaire et a pu transmettre des échos de ses différentes composantes à travers son site Internet et ses réseaux sociaux.

Au Soudan aujourd’hui, une fracture tangible existe entre la nouvelle génération qui a constitué le principal organe du mouvement populaire, qui se caractérise par l’importance d’une participation active des femmes dans ses rangs, et les générations précédentes qui dominent la vie de parti qui adhèrent à cette hégémonie, sans laisser la place aux jeunes et aux femmes à assumer le leadership. J’ai expérimenté cette faille à travers une expérience personnelle lorsque de nombreuses jeunes femmes et hommes du parti, ainsi que des non-jeunes, ainsi que l’opinion publique en dehors du cercle du parti, se sont rebellés contre la décision d’une direction de parti qui a suivi un comportement malheureux, tiré d’une époque dépassée et d’une méthode établie par un État bureaucratique qui s’est retrouvé en effondrement et est sortie de l’histoire, après que la décision ait été confinée aux mains de quelques vieils hommes.

Les étudiants de la Faculté des sciences économiques et sociales de l’Université de Khartoum ont organisé un colloque politique massif dans lequel j’ai parlé du «printemps arabe», suite à la décision de la direction du parti envisagée d’annuler le symposium qui m’avait appelé à le relancer au centre de son parti le même jour et à la même heure, et qu’elle l’avait annulée en expliquant les répercussions de la campagne à laquelle j’ai été exposé il y a quelques semaines par des takfiris de «récalcitrants» qui n’ont jamais hésité à soutenir des régimes qui opprimaient les soulèvements populaires, à l’instar du régime iranien, qui ont contribué de manière notable à la formation de l’appareil du régime d’Omar al-Bachir dans l’art de la répression et de la torture.

Écrivain et universitaire

تحية لشبيبة السودان الثورية

  القدس العربي-18/2/2020

عدتُ في الأمس من زيارة بحثية إلى السودان كان الغرض منها استكشاف آليات الثورة التي اندلعت في بلاد النيلين منذ 19 كانون الأول/ديسمبر 2018 وذلك بغية التمكّن من تقدير مآلاتها بصورة أدقّ وأكثر صواباً مما تسمح به المراقبة من بعيد. وسوف أكتب لاحقاً ما وصلت إليه في زيارتي التي تعلّمت منها الكثير. أما الآن وفي هذا المقال، أكتفي بالإشارة إلى أهم ما أدركته خلال زيارتي، وكنتُ قد أغفلت أهميته بمراقبتي للثورة السودانية من بعيد بلا تواصل مباشر مع فاعلات وفاعلين داخل البلاد. وإن كان لي عذرٌ عن إغفالي هذا، فهو أن الإعلام العالمي نادراً ما يذهب إلى أعمق من سطح الأحداث وما يعوم على ذلك السطح من أقطاب سياسية، كما يركّز الإعلام الإقليمي والمحلّي على مجريات السياسة الفوقية أكثر مما يهتمّ برصد الديناميات القاعدية التي تكمن وراء التطورات الاجتماعية والسياسية. ومع ذلك فقد وجد ما كنتُ قد أغفلته بعض الصدى في الإعلام السوداني والعربي، لكنّني لم ألتفت لأهميته.

هكذا تابعتُ من الخارج أحداث السودان وأنا أرى في «تجمّع المهنيين السودانيين» و«قوى إعلان الحرية والتغيير» قيادتي الحراك الشعبي العظيم الذي شهدته البلاد. وما أغفلتُ أهميته هو أن إطاراً آخر كان يتحرّك تحت سطح الصراع السياسي الذي تابعتُه من بعيد، وهو إطار صنع الزخم الثوري القاعدي وخوّل «تجمّع المهنيين» لعْب دور الناطق باسم الحراك الشعبي، مفوّضاً إياه سلطة القرار لكن تحت رقابته النقدية. هذا الإطار هو الشبكة الأفقية عظيمة الشأن التي تجمع بين الهيئات الشبابية التي تُطلق على نفسها اسم «لجان المقاومة»، وهي لجان تشكّلت في أحياء المدن كما في قُرى الأرياف وتولّت تنظيم الثورة الشعبية. وقد اهتمّت اللجان أيضاً بتنظيم الخدمات الأساسية من خلال هيئات فرعية سمّتها «لجان الخدمات» (استخدمُ هنا الأسماء المختصرة كما هي متداولة داخل السودان)، إذ حلّت هذه الأخيرة في وظيفة تنظيم الخدمات الاجتماعية وتوزيع السلع الأساسية محلّ «اللجان الشعبية» التي كانت أذرعاً محلّية لنظام عمر البشير المخلوع. وتقوم اللجان بين ما تقوم به بمراقبة المخابز ومحطات الوقود لمنع التهريب في ظل الظروف الاقتصادية الحرجة القائمة، سواء كان دافع التهريب الجشع أو سعي الدولة العميقة وراء تعقيد الظروف لإفشال عملية التغيير. كما تترافق الرقابة التي تمارسها «لجان المقاومة» على مؤسسات المرحلة الانتقالية بمواصلة الضغط من خلال التظاهرات والتجمعات من أجل إكمال مسيرة التغيير ومحاكمة المسؤولين عن قتل المتظاهرين وعن مجزرة فض الاعتصام والدفاع عن الذين انحازوا إلى الثورة في صفوف القوات المسلحة رافضين الانصياع لأوامر القتل.

في سودان اليوم شرخ ملموس بين الجيل الجديد الذي شكّل الجسم الأساسي من الحراك الشعبي، والذي يتميز بأهمية المشاركة النسائية النشطة في صفوفه، والأجيال السابقة المهيمنة على الحياة الحزبية

هذا وتشترك «لجان المقاومة» بسمة أساسية مع ظواهر شبابية شهدتها بلدان أخرى في المنطقة العربية خلال الموجتين الثوريتين اللتين عرفتهما حتى الآن بدءاً من «الربيع العربي» الأول في عام 2011. فلها، على سبيل المثال، بعض السمات المشتركة مع «التنسيقيات» التي عرفها الطور الأول من الثورة السورية عندما كانت ثورة شعبية يقودها الشباب بصورة رئيسية، بيد أن اللجان السودانية أرقى تنظيمياً وسياسياً من مرادفها السوري. كما تشترك «لجان المقاومة» مع بعض الظواهر الشبابية التي عرفتها السيرورة الثورية في بلدان إقليمية أخرى، مثل تونس والجزائر، بسمة ملفتة أخرى هي حساسية إزاء الأحزاب التقليدية، بل والصيغة الحزبية بوجه عام. ذلك أن «لجان المقاومة» تضمّ غالبية واسعة من غير المنتمين إلى أحزاب إلى جانب أقلية من المتحزّبين الذين لا يجاهرون بانتماءاتهم الحزبية ويحترمون استقلالية اللجان، ولا سيما بينهم الشيوعيات والشيوعيون ذوو الدور البارز في كل فعاليات الثورة السودانية. وتترافق هذه الحساسية بأخرى رافضة للهرَمية والمركزية بحيث تربط بين «لجان المقاومة» أشكالٌ من التنسيق الأفقي لا تتخطّى المهمة التنسيقية إلى مركزية القرار. هذه اللجان هي صيغة طريفة من التنظيم الذاتي المحلّي، آثرت ألّا تشكّل تنظيماً هرمياً توجّهه قيادة منبثقة عنه. وهو سبب تفويضها إلى «تجمّع المهنيين السودانيين» صلاحية النطق باسم الحراك الشعبي والقيام بدور محطّته الإعلامية، وقد تكفّل التجمع بمهارة بتنسيق الحراك الشعبي ونقلِ صدى شتّى مكوّناته من خلال موقعه على الإنترنت ووسائل التواصل الاجتماعي.

في سودان اليوم شرخٌ ملموس بين الجيل الجديد الذي شكّل الجسم الأساسي من الحراك الشعبي، والذي يتميّز بأهمية المشاركة النسائية النشطة في صفوفه، والأجيال السابقة المهيمنة على الحياة الحزبية والتي تتمسّك بتلك الهيمنة، غير فاسحة للمجال أمام الشبيبة وأمام النساء لتولّي القيادة. وقد اختبرتُ ذلك الشرخ من خلال تجربة شخصية حينما تمرّد العديد من الشابات والشباب الحزبيين، فضلاً عن غير الشباب وفضلاً عن الرأي العام خارج الدائرة الحزبية، تمرّدوا على قرار قيادة حزبية سلكت سلوكاً مؤسفاً، مستمدّاً من عصر بائد ومن أسلوب أرسته دولة بيروقراطية انتهى بها الأمر إلى الانهيار والخروج من التاريخ بعد أن انحصر الحكم فيها بين أيدي بضعة رجال هرمين.

فنظّم طلبة في كلية الاقتصاد والعلوم الاجتماعية في جامعة الخرطوم ندوة سياسية حاشدة تحدّثتُ فيها عن «الربيع العربي»، وذلك إثر قرار القيادة الحزبية المقصودة إلغاء الندوة التي كانت قد دعتني إلى إحيائها في مركز حزبها في اليوم والساعة ذاتهما، وقد ألغتها بتعليل ردّد ما وصلها من أصداء الحملة التي تعرّضتُ لها قبل أسابيع من قِبَل بعض التكفيريين «الممانعين» الذين لا يمانعون قط من تأييد أنظمة تبطش بالانتفاضات الشعبية، على غرار النظام الإيراني الذي كانت له مساهمة ملحوظة في تدريب أجهزة نظام عمر البشير على فنون القمع والتعذيب.

كاتب وأكاديمي من لبنان

About سوريا بدا حرية
،ضد الدكتاتور، ضد الفساد، ضد القمع، ضد العصبة الأسدية الحاكمة، ضد الأحزاب العقائدية السياسية والدينية والإثنية مع حرية الرأي، مع دولة ديمقراطية علمانية مع الحقيقة، مع الإنسان Vive la Résistance Palestinienne face à l’occupation sioniste

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