Syrie : l’ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat dans le nord-ouest


Syrie : l’ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat dans le nord-ouest

© UNICEF/Baker Kasem
Un enfant marche dans la neige dans un camp de fortune pour familles déplacées dans le nord-ouest de la Syrie.
18 février 2020

Alarmé par la détérioration rapide de la situation humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie et les souffrances des civils, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé mardi à un cessez-le-feu immédiat.

« Le Secrétaire général appelle à un cessez-le-feu immédiat. Le droit international humanitaire doit être respecté. Il n’y a pas de solution militaire. La seule voie vers la stabilité est une solution politique crédible et inclusive facilitée par les Nations Unies, conformément à la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

Le droit international humanitaire doit être respecté. Il n’y a pas de solution militaire –  le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres

Le chef de l’ONU a noté que l’offensive actuelle a déplacé près de 900.000 civils depuis le 1er décembre 2019, souvent à plusieurs reprises, des centaines de personnes ont été tuées au cours de la même période, et les hostilités approchent maintenant des zones densément peuplées.

Plus tôt dans la journée, la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a aussi exprimé son « horreur » face aux violences et l’ampleur de la crise humanitaire dans le nord-ouest syrien. Elle a réclamé la mise en place de « couloirs humanitaires » pour permettre aux civils de fuir les combats.

La cheffe des droits de l’homme de l’ONU a déclaré qu’il était cruel et incroyable que des civils, principalement des femmes et des enfants, vivant sous des morceaux de bâche plastique et dans des conditions de gel, soient bombardés.

Selon Mme Bachelet, des familles entières, dont certaines ont fui d’un coin à l’autre de la Syrie au cours de la dernière décennie, « constatent tragiquement que les bombes font partie de leur vie quotidienne ».

« Comment peut-on justifier le lancement d’attaques aussi aveugles et inhumaines? » a lancé Bachelet, dans un communiqué rendu public ce mardi à Genève.

« Aucun abri n’est plus sûr. Et comme l’offensive du gouvernement se poursuit et que les gens se retrouvent de force dans des zones de plus en plus petites, je crains que d’autres personnes soient tuées », a-t-elle relevé.

Des couloirs humanitaires

Michelle Bachelet a appelé le gouvernement syrien et ses alliés ainsi que les groupes rebelles, « à autoriser les couloirs humanitaires » et à faciliter le « passage des civils en toute sécurité ».

« La protection des civils est primordiale, et le mépris flagrant pour la vie et la sécurité des civils va à l’encontre des obligations que toutes les parties doivent respecter en vertu du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme », a mis en garde Mme Bachelet.

Le gouvernement syrien, soutenu par ses alliés, a lancé récemment une grande offensive militaire pour reprendre des zones clés à Idlib et Alep. Du 1er au 16 février, le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies a ainsi enregistré des incidents au cours desquels au moins 100 civils, dont 18 femmes et 35 enfants, ont été tués et de nombreux autres civils blessés à la suite des frappes aériennes et terrestres menées par les forces gouvernementales et leurs alliés. En outre, sept civils, dont deux femmes et trois enfants, ont été tués à la suite des frappes terrestres des groupes armés non étatiques.

La protection des civils est primordiale – Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l’homme

Depuis le 1er janvier de cette année, le Haut-Commissariat a enregistré la mort de 298 civils à Idlib et Alep. Environ 93% de ces décès ont été causés par le gouvernement syrien et ses alliés. De son côté, l’UNICEF indique depuis le début de l’année, 28 enfants ont été tués et 49 blessés dans la région. En outre, 10 installations médicales et 19 centres d’enseignement ont été directement touchés ou affectés par des frappes.

Face à un tel drame, la Haut-Commissaire a appelé d’urgence toutes les parties au conflit syrien, y compris les acteurs étatiques et non étatiques, à mieux protéger civils.

« Les civils qui fuient les combats sont entassés dans des zones sans abri sûr dont la taille diminue d’heure en heure. Et pourtant, ils sont bombardés. Ils n’ont tout simplement nulle part où aller », a-t-elle fait valoir, tout en ajoutant qu’il y avait un risque élevé que les civils ne puissent plus passer d’Idlib à d’autres zones en Syrie.

OIT/M. Creuset
La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet.

Offensive dans le nord-ouest syrien : 900.000 déplacés depuis décembre (ONU)

Le conflit dans le nord-ouest de la Syrie a provoqué la fuite de 900.000 personnes depuis le début de l’offensive de Damas en décembre 2019. Ce qui représente, selon l’ONU, le plus grand déplacement de personnes depuis le début du conflit en 2011. Selon les estimations onusiennes, environ 80 % des déplacés sont des femmes et des enfants.

A cet égard, l’UNICEF précise que depuis le 1er décembre 2019, plus de 500.000 enfants ont été déplacés par la violence intense qui sévit dans le nord-ouest de la Syrie. Des dizaines de milliers d’enfants et leurs familles vivent désormais sous des tentes et en plein air, dans un climat très froid et sous la pluie.

Par ailleurs, ces mouvements de populations et les hostilités ont perturbé les programmes réguliers de vaccination de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « ce qui augmente considérablement le risque d’apparition de maladies », a averti Tarik Jasarevic, porte-parole de l’OMS.

Le carnage dans le nord-ouest de la Syrie continue de faire un terrible bilan pour les enfants – Henrietta Fore, Directrice exécutive de l’UNICEF

Un centre de vaccination sur trois dans le nord-ouest est temporairement ou définitivement fermé en raison des hostilités et des zones qui ont été désertées. Pourtant, l’OMS prévoit une campagne de vaccination contre la polio le mois prochain, afin de tenir la polio à distance de la Syrie.

De plus, l’agence onusienne basée à Genève note qu’à la date de ce mardi 18 février, 74 établissements de santé ont suspendu leurs services à Idleb et Alep depuis le 1er décembre 2019, ce qui a directement réduit l’accès des civils aux soins de santé. Les dernières attaques ont eu lieu hier lundi après-midi, sur deux hôpitaux distincts à Daret Azza dans le gouvernorat d’Alep. Elles portent à 6 le nombre total d’attaques des infrastructures sanitaires cette année. Des raids dans le nord-ouest du pays qui ont fait une dizaine de morts et une trentaine de blessés.

Plus globalement, « le carnage dans le nord-ouest de la Syrie continue de faire un terrible bilan pour les enfants », a déclaré dans un communiqué Henrietta Fore, Directrice exécutive de l’UNICEF.

De son côté, Mme Bachelet s’est « alarmée » de « l’échec de la diplomatie » face à la crise syrienne, estimant qu’elle « devrait faire passer la protection des civils avant toute victoire politique ou militaire ».

« Je condamne dans les termes les plus fermes l’impunité persistante pour les violations du droit international humanitaire commises par les différentes parties au conflit », a conclu la cheffe des droits de l’homme de l’ONU.

Syrian father teaches daughter to cope with bombs through laughter – أب سوري يخفف وطأة الحرب في البلاد على طفلته الصغيرة، ويدربها على الضحك


Pour protéger sa fille du traumatisme de la guerre…un père syrien apprend à sa fille de rire

une vidéo partagée par des militants sur les réseaux sociaux montre un père syrien du nom de Muhammad Abdullah interrogeant sa fille de 3 ans, Silva, sur la prochaine voix: “C’est un avion ou un obus?”, Et la jeune fille a répondu: “Un obus … sa voix me fait rire.”

Syrian father teaches daughter to cope with bombs through laughter

18 févr. 2020
In video posted on social media, Abdullah Mohammad and his daughter Salwa, three, can be heard laughing at the sound of shelling in Syria. Mohammad, who moved his family from Idlib to Sarmada district, has tried to insulate his daughter from trauma by telling her the noise of bombs is part of a game. In September 2018, Turkey and Russia agreed to turn Idlib into a de-escalation zone in which acts of aggression are prohibited, but since then more than 1,800 civilians have been killed in attacks by the Assad regime and Russian forces

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Abdullah Mohammad et sa fille Salwa, trois ans, peuvent être entendus en riant au son des bombardements en Syrie. Mohammad, qui a déplacé sa famille d’Idlib dans le district de Sarmada, a tenté d’isoler sa fille des traumatismes en lui disant que le bruit des bombes faisait partie d’un jeu. En septembre 2018, la Turquie et la Russie ont convenu de faire d’Idlib une zone de désescalade dans laquelle les actes d’agression sont interdits, mais depuis lors, plus de 1800 civils ont été tués dans les attaques du régime Assad et des forces russes

 

بيروت: «الشرق الأوسط أونلاين»

حاول أب سوري أن يخفف وطأة الحرب في البلاد على طفلته الصغيرة، بأن يدربها على الضحك عند سماع صوت القذائف.

وأظهر فيديو تداوله نشطاء عبر مواقع التواصل الاجتماعي أبا سوريّاً يُدعى محمد عبد الله يسأل ابنته سيلفا، والبالغة من العمر 4 أعوام، عن الصوت القادم إليهما «هذه طائرة أم قذيفة؟»، لترد الفتاة الصغيرة «قذيفة… صوتها يجعلني أضحك».

Plus de 10 martyrs et blessés par une frappe aérienne russe sur les zones de déplacement au nord d’Idleb


https://i1.wp.com/www.syriahr.com/wp-content/uploads/2019/11/%D9%85%D8%B9%D8%A7%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%86%D8%B9%D8%B3%D8%A7%D9%86.jpg

Plus de 10 martyrs et blessés par une frappe aérienne russe sur les zones de déplacement au nord d’Idleb

18 février 2020

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a documenté, ce soir, le meurtre de 3 citoyens par le bombardement d’avions russes “garants” sur la ville de Termanine, au nord d’Idleb, et 8 autres personnes ont été blessées.
D’autre part, l’OSDH a documenté la mort d’un citoyen déplacé à Darat Azza, et une personne déplacée a été martyrisée en raison d’une frappe aérienne russe à la périphérie de Maarat al-Naassan dans la campagne d’Idleb, portant le nombre de martyrs civils à 5, au cours de la journée.

En revanche, les forces du régime poursuivent leurs bombardements sur les zones frontalières, qui étaient un refuge pour les déplacés.

Le nombre de raids d’avions de guerre russes visant Tarmanine, Ariha et Mhambal dans la campagne d’Idleb, en plus du périmètre et de la périphérie de Darat Azza et de la campagne d’Atareb dans la campagne d’Alep, est passé à 120 raids.
D’autres avions de combat ont effectué également des 12 raids ciblant des zones proches de la route “M4”.

Défense civile syrienne
@SyriaCivilDefe
1h
3 civils ont été tués et 9 autres blessés à titre préliminaire, et un incendie et des destructions massives de biens civils ont résulté de trois frappes aériennes russes qui ont visé la ville de Termanine, ce soir, mardi 18 février 2020.
# Casques blancs

Défense civile syrienne
@SyriaCivilDefe
9h
Un enfant a été blessé après avoir pris pour cible sa maison dans la ville de Mhambal dans la campagne ouest d’Idleb, à midi aujourd’hui, mardi 18 février 2020, par bombardement aérien par un avion de guerre des forces du régime syrien.
# Idleb_ sous le feu
# Casques blancs

Village de Mhambal - campagne d'Idleb-Blessure d'un enfant suite au bombardement de sa maison 18 fév 2020

أكثر من 10 شهداء وجرحى بقصف جوي روسي على مناطق النزوح شمال إدلب

وثق المرصد السوري لحقوق الإنسان، مساء اليوم، استشهاد 3 مواطنين بقصف طائرات “الضامن” الروسي على بلدة ترمانين شمال إدلب، كما أصيب 8 آخرين.
على صعيد متصل، وثق “المرصد السوري” استشهاد مواطن نازح إلى دارة عزة، كما استشهد أحد النازحين جراء قصف جوي روسي على أطراف معارة النعسان بريف إدلب، ليرتفع عدد الشهداء المدنيين إلى 5، خلال اليوم.
على صعيد متصل، تواصل قوات النظام قصفها للمناطق الحدودية والتي كانت ملجأ للنازحين.
كما ارتفع عدد غارات الطائرات الحربية الروسية التي استهدفت كل من ترمانين ومدينة أريحا ومحمبل بريف إدلب بالإضافة لمحيط وأطراف كل من دارة عزة والأتارب بريف حلب إلى 120.
كما نفذت الطائرات الحربية التابعة 12 غارة استهدفت المناطق بالقرب من طريق “M4”. 

Bachar Al-Assad s’engage à poursuivre l’offensive en Syrie


Bachar Al-Assad s’engage à poursuivre l’offensive en Syrie

« La violence dans le nord-ouest de la Syrie est aveugle », déplore le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires Mark Lowcock.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 06h47, mis à jour à 13h33

 

 

Les forces syriennes dans la région d’al-Lirmoun, au nord d’Alep, lundi 17 février 2020.
Les forces syriennes dans la région d’al-Lirmoun, au nord d’Alep, lundi 17 février 2020. LOUAI BESHARA / AFP

Porté par la reconquête de territoires et malgré les oppositions de la communauté internationale, Bachar Al-Assad ne compte pas mettre un terme à son offensive. Le président syrien s’est engagé lundi 17 février à poursuivre son avancée dans le nord-ouest du pays pour « libérer » l’ultime grand bastion tenu par les djihadistes et les rebelles.

Ses déclarations lors d’une allocution télévisée interviennent alors que les Nations unies (ONU) réitèrent leurs appels pour un cessez-le-feu dans la région d’Idlib et les territoires attenants, meurtris par les combats et les frappes aériennes.

Couloirs humanitaires

Depuis décembre, près de 900 000 personnes, en vaste majorité des femmes et des enfants, ont été déplacées, selon un nouveau bilan de l’ONU. « Ils sont traumatisés et forcés de dormir dehors par des températures glaciales car les camps (de déplacés) sont pleins. Les mères brûlent du plastique afin de réchauffer les enfants. Des bébés et de jeunes enfants meurent à cause du froid », s’est insurgé lundi dans un communiqué le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires Mark Lowcock. « La violence dans le nord-ouest de la Syrie est aveugle », a-t-il regretté, réclamant un cessez-le-feu, « seule option » selon lui.

La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a de son côté exprimé mardi son « horreur » face aux violences dans le nord-ouest syrien et réclamé la mise en place de « couloirs humanitaires ». Michelle Bachelet appelle dans un communiqué le gouvernement syrien et ses alliés, qui mènent depuis décembre une offensive dans l’ultime grand bastion tenu par les jihadistes et les rebelles, « à autoriser les couloirs humanitaires » et à faciliter le « passage des civils en toute sécurité ».

« La bataille pour la libération des provinces d’Alep et d’Idlib se poursuit, indépendamment des discours criards vides qui viennent du nord », a lancé lundi le président Assad, en allusion aux avertissements répétés de la Turquie voisine. Les forces gouvernementales ont reconquis dimanche la ceinture de localités entourant la métropole d’Alep, repoussant ainsi djihadistes et rebelles qui tiraient des roquettes sur la deuxième ville de Syrie.

Lire aussi Dans la région syrienne d’Idlib, « on approche du point de rupture »

Ces derniers jours, les troupes de Damas ont aussi pris le contrôle de tronçons d’une autoroute reliant Alep à la capitale. Elles poursuivent depuis décembre leur offensive dans le nord-ouest, appuyées par l’aviation de l’indéfectible allié russe.

Plus de 380 civils ont péri depuis la mi-décembre dans les violences, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Et même si la métropole d’Alep a été reprise dans son intégralité fin 2016 par le pouvoir, des centaines de civils ont péri depuis cette date dans les tirs de roquettes et d’obus des djihadistes et des rebelles, d’après l’Observatoire.

Lire aussi Un demi-million de Syriens ont quitté les zones de combats du Nord-Ouest en deux mois

Ce sont les djihadistes de Hayat Tahrir Al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) qui dominent plus de la moitié de la province d’Idlib et des secteurs attenants dans celles d’Alep, de Hama et de Lattaquié. Ces territoires accueillent aussi d’autres groupuscules djihadistes, mais aussi des factions rebelles.

Tensions entre Damas et Ankara

Pour des experts, malgré la détermination du régime à reconquérir l’intégralité du bastion d’Idlib, djihadistes et rebelles pourraient préserver une partie de la province, si la Turquie voisine reste déterminée à entraver l’avancée du régime. Ankara, qui soutient des groupes rebelles, maintient des troupes dans le nord-ouest syrien et y a envoyé des renforts ces derniers jours. Accueillant déjà plus de 3,5 millions de réfugiés, la Turquie craint que l’offensive de Damas ne provoque un nouvel afflux de population vers sa frontière fermée.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Sur la défensive militairement en Syrie, la Turquie menace l’armée d’Assad et la Russie

Illustrant les tensions entre Damas et Ankara, des affrontements d’une violence inédite ont opposé début février les soldats turcs aux forces syriennes dans le nord-ouest. Ces dernières années, le pouvoir de Damas a multiplié les victoires jusqu’à reprendre le contrôle de plus de 70 % de la Syrie. Déclenchée en mars 2011 avec la répression de manifestations pacifiques, la guerre en Syrie a fait plus de 380 000 morts.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Syrie, nouvelle épreuve de force entre l’armée

Syrie: 900000 déplacés à cause des violences dans le nord-ouest du pays


https://i2.wp.com/s.rfi.fr/media/display/2e9cc192-51a3-11ea-a956-005056bf87d6/w:980/p:16x9/000_1p25n3_1_0.jpg

Syrie: 900000 déplacés à cause des violences dans le nord-ouest du pays

Polémique sur la possibilité de dissoudre « Hayat Tahrir al-Cham » à Idleb, malgré le démenti de ce dernier


Deux-visage-Al-Jolani---Al-Assad-assassins-2019

Polémique sur la possibilité de dissoudre « Hayat Tahrir al-Cham » à Idleb, malgré le démenti de ce dernier

Arabe 21 – Yaman Nama, Sultan Al King
Lundi 17 février 2020

Un leader proche du siège de « Hayat Tahrir al-Cham » a assuré à “Arabi 21” qu’il y avait des délibérations au sein de la commission pour se résoudre

Des sources proches du Siège de « Hayat Tahrir al-Cham » ont démenti les informations faisant état de l’intention de la commission d’annoncer sa dissolution, conformément aux pressions locales et régionales, dans le but de retirer les prétextes utilisés par la Russie pour justifier ses attaques contre Idleb.

Le responsable de la communication avec les médias au siège de « Hayat Tahrir al-Cham », Taqi al-Din Omar, a décrit, lors d’une interview exclusive avec «Arabi 21», les nouvelles qui ont circulé comme des rumeurs sans fondement, tandis que le leader proche du corps, connu sous le nom de «Abu Khaled Salim», a confirmé qu’il y avait des discussions au sein de Tahrir al-Cham pour se résoudre, mais cela n’a pas pris forme, et la direction refuse toujours de se résoudre, que sous conditions, parmi lesquelles la formation d’une entité inclusive pour la révolution dans laquelle tout le monde fusionne et maintient les zones « libérées ».

Le chef Abu Khaled Salim a déclaré dans une interview à «Arabi 21» que «Tahrir al-Cham a prouvé son échec militaire et organisationnel, ce que personne ne s’attendait à ce que les gens les plus agressifs lui fassent face, de sorte que la Turquie lui a demandé de se dissoudre et de s’intégrer aux factions révolutionnaires, mais il y a toujours un fort courant à l’intérieur de la commission qui rejette la solution et exige une nouvelle structure ».

Salim a déclaré que « Hayat Tahrir al-Cham annoncera sa position dans les heures ou les jours à venir, après les réunions qu’elle va tenir au sein de sa structure et avec les autres factions ».

Les médias syriens avaient cité des sources anonymes au siège de « Hayat Tahrir al-Cham » confirmant que ce dernier se dirigeait vers sa dissolution, notant qu’il y avait une tendance turque à mettre fin à la commission, pour aider Ankara au niveau international dans son escalade contre le régime.

Cela survient après les défaites militaires majeures subies par les factions de l’opposition, en particulier la « Hayat Tahrir al-Cham », qui était le plus gros poids dans le nord de la Syrie.

Le leader proche des jihadistes, Al-Assif Abdul Rahman, a déclaré à que la possibilité pour « Hayat Tahrir al-Cham » d’annoncer une solution pour elle-même est très probable, mais il est très peu probable en ce moment où Idleb est exposé à une offensive violemmente par la Russie et le régime.

Il a ajouté que l’annonce de la solution de « Hayat Tahrir al-Cham » ne signifiait pas sortir et laisser les armes, mais plutôt entrer dans un nouveau projet, ou fusionner avec une faction déjà existante, en référence au “Front de libération nationale”, la formation soutenue par la Turquie.

Alors que les cercles politiques considèrent que la Turquie ne commencera à mettre fin au dossier de « Hayat Tahrir al-Cham » que si elle obtient des garanties internationales pour empêcher de nouvelles attaques contre Idleb, sous prétexte de la présence de factions “terroristes” en son sein.

Sur cette question, le journaliste et chercheur Khalil Meqdad estime que Tahrir al-Cham n’a pas aujourd’hui d’autres options, car elle semble obligée de se résoudre elle-même, et toutes les indications en sont indicatives, par conséquent, quelles que soient les tentatives de manœuvre auxquelles les défis doivent faire face, la question demeure: qu’est-ce que la commission a préparé pour ce scénario?

Meqdad a déclaré dans une interview à notre correspondant : “Tahrir al-Cham lors de la dernière bataille est apparu à son plus faible, et n’a pas fourni ce qui a été annoncé, car il est classé sur la liste du terrorisme, et la Turquie lui a demandé de se dissoudre”.

Dans le même contexte, le chef de file croit en “Tahrir Al-Cham”, dit “Abi Sulaiman Al-Badia”, que le monde ne soutiendra pas la révolution si la libération d’Al-Cham elle-même vient ou si elle reste, tout le monde sait que Daraa et Rastan n’avaient pas le corps, et tous les pays du monde bénis La victoire du régime et de la Russie est là, et il en va de même pour le Nord.

La Badia a déclaré dans une interview à «Arabi 21»: «La Turquie ne mènera pas une bataille avec le régime, et cela n’est pas dû à la présence de Tahrir al-Cham, car c’est un pays avec ses comptes, et l’organisation est une faction meurtrière qui a fait de grands sacrifices avec d’autres factions, et elle n’a pas fait ces sacrifices pour se dissoudre, revenir à sa maison, et quitter sa famille; il se battra jusqu’au dernier moment ».

Il souligne que “la commission a mené avec les autres factions les batailles récentes, qui sont plus importantes que la répulsion et les motivations, car elle a fourni tout ce qu’elle pouvait, mais la Russie et l’Iran soutiennent le régime, et ils possèdent ce que les factions n’ont pas, donc l’équilibre des forces est en faveur du régime à tous égards ».

Il affirme que “Tahrir al-Cham ne laissera pas tomber la révolution, et continuera à se battre pour elle. Elle est prête à se dissoudre si les factions constituent une entité globale qui défend la révolution”.

À son tour, le média, Ahmed Hassan, a estimé que “la question de la dissolution de la commission est soulevée lors des réunions qui se déroulent actuellement au sujet d’Idleb, car la Turquie ne communique pas directement avec la commission, mais par l’intermédiaire de médiateurs d’Ahrar al-Sham”.

Le militant a révélé dans une interview, qu ‘”il y a un désaccord au sein de la commission concernant la plupart des mouvements maintenant, car le mécanisme de coordination actuel avec l’armée nationale et l’engagement aux résultats des réunions turques avec les factions constituent un désaccord au sein de la commission entre la direction militaire et le groupe de campagne ouest d’Alep de la commission, mais Jusqu’à présent, le groupe de Golani est resté discipliné par les décisions de factions.

Hassan dit que « l’une des propositions présentées à la commission est de se dissoudre par décision du Conseil de la Choura, puis d’ouvrir la porte à la participation volontaire individuelle de ses éléments au sein des autres formations de l’armée nationale, ou de quitter l’action militaire de manière permanente, proposition qui ne reçoit pas l’approbation de la plupart des éléments et des dirigeants de l’autorité maintenant, ce dernier insiste sur des solutions qui maintiennent la force et la cohésion de la commission en changeant de nom ou en rejoignant une forme d’armée nationale, mais la commission considère qu’il s’agit d’un projet reporté qui attend actuellement la clarté du rôle turc. “

Selon les médias, “pour la même raison également, la commission a refusé de drainer sa force militaire face au régime dans des zones géographiquement exposées, car elle serait vaine et détruirait ses forces, et ne dissuaderait pas le régime en raison de la supériorité de l’aviation”.

 Il a souligné que « les transformations au sein de la commission ont eu lieu il y a quelque temps et avant le processus d’Idleb, où les éléments étrangers ont été retirés de l’autorité et ils sont moins de 1000 membres, dont certains sont partis de leur plein gré en raison du différend avec les instructions de l’autorité envers les factions, et d’autres sont sortis en raison des restrictions que subissent les dirigeants de l’autorité locale ».

 

جدل حول إمكانية حل “تحرير الشام” بإدلب رغم نفي الأخيرة

عربي21- يمان نعمة، سلطان الكنج
الإثنين، 17 فبراير 2020

أكد قيادي مقرب من هيئة تحرير الشام لـ”عربي21″ أن هناك مداولات داخل الهيئة لحل نفسها- جيتي

نفت مصادر من هيئة تحرير الشام، ما تردد من أنباء حول اعتزام الهيئة الإعلان عن حل نفسها، امتثالا للضغوط المحلية والإقليمية، وذلك بهدف سحب الذرائع التي تستخدمها روسيا لتبرير هجماتها على إدلب.

ووصف مسؤول التواصل الإعلامي في “هيئة تحرير الشام” تقي الدين عمر، خلال حديث خاص لـ”عربي21″ ما تم تداوله من أنباء بأنها إشاعات لا أساس لها من الصحة، فيما أكد القيادي المقرب من الهيئة الملقب بـ”أبو خالد سليم”، أن هناك مداولات داخل تحرير الشام لحل نفسها، لكن ذلك لم يتبلور لموقف، فما زالت القيادة رافضة لحل نفسها إلا بشروط، منها تشكيل كيان جامع للثورة يندمج فيه الجميع، ويحافظ على المناطق “المحررة”.

وقال القيادي أبو خالد سليم في حديث لـ”عربي21″ إن “تحرير الشام أثبتت فشلها عسكريا وتنظيميا، وهو أمر لم يكن أحد يتوقعه حتى أشد الناس عدواة لها، لذا طلبت تركيا منها حل نفسها والاندماج مع الفصائل الثورية، لكن ما يزال هناك تيار قوي داخل الهيئة يرفض الحل، ويطالب بوضع هيكلية جديدة لها”.

وأوضح سليم أن “تحرير الشام ستعلن موقفها في الساعات أو الأيام القادمة، بعد الاجتماعات التي تعقدها داخل هيكلها ومع بقية الفصائل”.

وكانت وسائل إعلام سورية، نقلت عن مصادر مجهولة في هيئة “تحرير الشام” تأكيدها أن الأخيرة تتجه نحو حل نفسها، مشيرة إلى وجود توجه تركي لإنهاء الهيئة، لمساعدة أنقرة دوليا في تصعيدها ضد النظام.

ويأتي ذلك بعد الهزائم العسكرية الكبيرة التي منيت بها فصائل المعارضة، لاسيما “تحرير الشام”، التي كانت تشكل الثقل الأكبر في الشمال السوري.

القيادي المقرب من الجهاديين، الأسيف عبد الرحمن، قال لـ”عربي21″ إن احتمالية إعلان “تحرير الشام” عن حل نفسها، واردة بقوة، لكن من المستبعد اتخاذها وإدلب تتعرض لهجوم شرس من قبل روسيا والنظام.

وأضاف أن الإعلان عن حل “تحرير الشام” لا يعني الخروج وترك السلاح، وإنما الدخول في مشروع جديد، أو الذوبان مع فصيل موجود سابقا، في إشارة منه إلى “الجبهة الوطنية للتحرير”، التشكيل المدعوم تركيا.

فيما اعتبرت أوساط سياسية، أن تركيا لن تبدأ بإنهاء ملف “تحرير الشام” ما لم تحصل على ضمانات دولية بمنع أي هجمات جديدة على إدلب، تحت ذريعة وجود فصائل “إرهابية” فيها.

وحول هذا الموضوع، يرى الصحفي والباحث خليل مقداد، أن تحرير الشام اليوم لا تملك خيارات أخرى، فهي تبدو مرغمة على حل نفسها، وكل المؤشرات تدل على ذلك، فمهما حاولت المناورة لا بد أن تواجهها تحديات، لكن يبقى السؤال ماذا أعدت الهيئة لهذا السيناريو؟

ويقول مقداد في حديث لـ”عربي21″: “تحرير الشام في المعركة الأخيرة ظهرت بأضعف حالاتها، ولم تقدم ما كانت تعلنه، فهي مصنفة على قائمة الإرهاب، وتركيا طلبت منها حل نفسها”.

وفي السياق ذاته، يرى القيادي الميداني في “تحرير الشام” الملقب بـ”أبي سليمان البادية”، أن العالم لن يقف مع الثورة إن حلت تحرير الشام نفسها أو في حال بقيت، فالجميع يعلم أن درعا والرستن لم يكن فيهما الهيئة، وجميع دول العالم باركت نصر النظام وروسيا هناك، والأمر نفسه ينطبق على الشمال.

ويقول البادية في حديث لـ”عربي21″: “تركيا لن تخوض معركة مع النظام، وهذا ليس سببه وجود تحرير الشام، فهي دولة لها حساباتها، والهيئة فصيل قاتل وقد قدم تضحيات كبيرة مع غيره من الفصائل، ولم يقدم تلك التضحيات لكي يحل نفسه ويرجع إلى بيته ويترك أهله، وسيقاتل حتى آخر لحظة”.

ويشير إلى أن “الهيئة خاضت مع الفصائل الأخرى المعارك الأخيرة، وهي أبرز من صد ودافع، كما قدمت كل ما تستطيع، لكن روسيا وإيران تدعمان النظام، وتمتلكان ما لا تمتلكه الفصائل، فميزان القوى لصالح النظام من كل النواحي”.

ويؤكد أن “تحرير الشام لن تخذل الثورة، وستبقى تحارب من أجلها، وهي مستعدة لحل نفسها إن شكلت الفصائل كيانا شاملا يدافع عن الثورة”.

بدوره، اعتبر الإعلامي أحمد حسن، أن “‏موضوع حل الهيئة مطروح ضمن الاجتماعات التي تجري حاليا بخصوص إدلب، فتركيا لا تتواصل مع الهيئة مباشرة بل عبر وسطاء من أحرار الشام”.

وكشف الناشط في حديث لـ”عربي21″‏، أن “هناك خلافا داخل الهيئة بخصوص معظم التحركات حاليا، حيث أن آلية التنسيق الحالية مع الجيش الوطني والالتزام بنتائج الاجتماعات التركية مع الفصائل تشكل خلافا داخل الهيئة بين القيادة العسكرية ومجموعة ريف حلب الغربي من الهيئة، لكن حتى الآن مجموعة الجولاني منضبطة بقرارات الفصائل”.

ويقول حسن إنه “‏من المقترحات المطروحة على الهيئة حل نفسها بقرار من مجلس الشورى، ثم فتح باب المشاركة الطوعية الفردية لعناصرها ضمن باقي التشكيلات من الجيش الوطني، أو ترك العمل العسكري نهائيا، وهو مقترح لا يحظى بموافقة من معظم عناصر وقيادات الهيئة حاليا، ‏فالأخيرة تصر على حلول تحافظ على قوة الهيئة وتماسكها مع تغيير الاسم أو الانضمام إلى تشكيل من تشكيلات الجيش الوطني، لكن تعتبر الهيئة هذا مشروعا مؤجلا حاليا بانتظار وضوح الدور التركي”.

وبحسب الإعلامي، فإنه “لنفس السبب أيضا، رفضت الهيئة استنزاف قوتها العسكرية حاليا في مواجهة النظام في المناطق المكشوفة جغرافيا، لأنها ستكون بلا جدوى وتدمر قوتها، ولن تردع النظام بسبب تفوق الطيران”.

وبيّن أن “التحولات داخل الهيئة تجري منذ فترة وقبل عملية إدلب، حيث تم إخراج العناصر الأجنبية من الهيئة وهم أقل من 1000 عنصر، بعضهم خرج برغبته بسبب الخلاف مع توجهات الهيئة تجاه الفصائل، وبعضهم خرج بسبب التضييق الذي تعرض له من قيادات الهيئة المحلية”.

%d bloggers like this: