Syrie : le conflit à Idlib perturbe les distributions de nourriture du PAM dans le nord-ouest du pays


 

Syrie : le conflit à Idlib perturbe les distributions de nourriture du PAM dans le nord-ouest du pays

OCHA
Des enfants jouent dans un camp pour personnes déplacées dans le sud d’Idlib, en Syrie.
14 février 2020

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) continue de fournir une aide alimentaire d’urgence aux personnes qui en ont désespérément besoin dans le nord-ouest de la Syrie, malgré l’escalade des hostilités qui a provoqué cette semaine une interruption de 24 heures des distributions de vivres.

« Nous sommes profondément préoccupés par le sort de milliers de familles qui ont dû quitter leur maison par des températures hivernales glaciales en quête de sécurité dans des camps déjà surpeuplés », a déclaré Muhannad Hadi, le directeur régional du PAM pour le Moyen-Orient, l’Asie centrale et l’Europe de l’Est.

Le PAM et ses partenaires sont confrontés à « des conditions de plus en plus difficiles » dans le nord-ouest de la Syrie. « Les organismes humanitaires ont été contraints mardi d’arrêter temporairement les distributions », a déclaré Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève lors d’un point de presse vendredi. Selon l’agence onusienne humanitaire, la récente recrudescence des hostilités a perturbé le mouvement des camions acheminant de l’aide vers la région depuis la Turquie.

Des rations alimentaires fournies aux déplacés

Face à cette situation, le PAM a prépositionné de la nourriture dans le nord-ouest de la Syrie pour répondre aux besoins croissants des populations vulnérables. Le l’agence onusienne et ses partenaires ont lancé en décembre une opération de réponse immédiate pour fournir des vivres à toutes les personnes déplacées.

Depuis le début de cette année, l’agence onusienne a fourni des rations alimentaires d’urgence prêtes à consommer à plus de 300.000 personnes déplacées. Cette nourriture peut être consommée sans cuisson et est légère à transporter. En outre, les partenaires du PAM ont distribué une aide alimentaire mensuelle à près de 900.000 personnes.

Selon le PAM, les civils continuent de payer un lourd tribut dans ce conflit syrien. Les bombardements intensifs de la ville d’Atareb ces deux derniers jours ont provoqué d’importants déplacements de population. A ce jour, les frappes aériennes et les affrontements armés dans le nord-ouest de la Syrie ont déplacé plus de 800.000 personnes depuis décembre 2019 – dont 80 % sont des femmes et des enfants.

Les familles déplacées se dirigent en direction du nord, vers des camps déjà surpeuplés près de la frontière entre la Syrie et la Turquie. Plus de 140.000 personnes ont été déplacées cette semaine. De nombreuses familles ont été forcées de fuir à pied en plein hiver, avec des températures nocturnes atteignant parfois -10 degrés Celsius. Au cours des neuf dernières années de conflit, les populations du nord-ouest de la Syrie ont déjà été déplacées à plusieurs reprises et dépendent fortement de l’aide humanitaire.

« Le régime détruit tout »


Les bombardements auxquels le territoire d’idleb est soumis, à des degrés divers, depuis l’automne 2018, se sont intensifiés au mois de décembre 2019. Ce déluge de bombes et d’obus a jeté 800 000 personnes sur les routes selon l’ONU, soit plus d’un habitant sur quatre de la poche rebelle, contrôlée par le groupe djihadiste Hayat Tahrir Al-Cham. La cadence de l’exode s’est accélérée ces deux dernières semaines, en raison de l’avancée des troupes loyalistes, qui ont récupéré le contrôle de l’autoroute M5, un axe stratégique, reliant Damas à Alep.

« Il n’y a pas de mots pour décrire ce que l’on vit, témoigne Souhaïb Assoufi, un jeune père de famille, joint par WhatsApp dans la ville d’Idlib. J’ai été obligé de fuir la répression du régime à déjà quatre reprises depuis 2011. Je me prépare pour mon cinquième déplacement forcé. Ce sera le plus dur. On manque d’argent, de médicaments et de nourriture. J’en suis à rêver de trouver une place dans une tente. »

« Le régime détruit tout »

L’hiver glacial qui s’est abattu sur la province d’Idlib, avec un thermomètre descendant jusqu’à – 11 °C, de la neige par endroits et de violentes bourrasques de vent, ajoute au calvaire des Syriens. Pour se réchauffer, les rescapés de la guerre font flamber tout ce qui leur tombe sous la main, pneus, habits ou sacs plastique. Des gestes désespérés qui ont coûté la vie à quatre membres d’une même famille, lundi, dans un camp des environs de Killi, au nord d’Idlib. Selon une source sur place, le père, son épouse et leurs deux enfants sont morts par suffocation, dans leur sommeil, après avoir brûlé des morceaux de charbon sous leur tente.

(…)

« Le régime détruit tout ce qui peut nous aider à continuer à vivre, s’insurge Nagib Bakour, un responsable des casques blancs, l’organisation de secouristes qui opèrent dans les secteurs tenus par la rébellion. Nous essayons autant que nous pouvons de soutenir la population, mais nous avons le sentiment que le monde entier nous a abandonnés. »

Un responsable humanitaire occidental, désireux de conserver l’anonymat, confirme le diagnostic. « Tout ce que la société syrienne avait réussi à maintenir, ces dernières années, en matière d’éducation ou de santé est en train de s’effondrer. C’est la panique, le sauve-qui-peut général. Il n’est même plus possible de distribuer de l’aide sur le terrain, car nos référents locaux ont disparu et ce serait l’émeute. On approche du point de rupture des mécanismes de résilience de la population. »

La panique pousse les déplacés internes à «des étendues glaciales»


14/02/2020
Idleb: Firas Karam

Hier, des personnes déplacées marchent dans la neige dans un camp de fortune installé dans la région d’Afrin, dans le nord de la Syrie (Reuters)

La panique des raids russes et syriens et l’avancement des forces du régime dans le nord-ouest de la Syrie ont poussé des centaines de milliers de personnes déplacées vers des camps installés en plein air et dans la prairie au milieu des gelées près de la frontière turque.

Le « al-Sharq al-Awsat » a accompagné la récente vague de déplacements de population de la campagne du sud-est d’Idleb et de l’ouest d’Alep, et s’est entretenu avec certains d’entre eux dans leurs lieux d’urgence de camps aléatoires où tous les éléments de la vie manquaient, qui s’étendaient le long des frontières.

Abu Munther a raconté après son déplacement de Saraqeb, à l’est d’Idleb: «Nous avons marché avec les gémissements et les cris de nos enfants, de nos femmes et le bruit des avions de guerre, et sous le couvert de l’obscurité. Le voyage a été éclipsé par la peur et l’étonnement, et j’ai pris ma famille et mes petits-enfants vers l’inconnu pour échapper à la mort ». Il a ajouté: «Cette nuit a été la nuit la plus difficile et la plus dure de ma vie, où j’ai marché avec les membres de ma famille à pied, portant un de mes petits-enfants avec une inquiétude que les montagnes du monde ne peuvent pas supporter. Notre seule préoccupation et des centaines de familles de notre ville était de s’éloigner des bâtiments de la ville, qui sont devenus une cible directe de tous les types d’armes.

D’un autre côté, les Nations Unies ont annoncé hier que l’attaque, du régime syrien soutenue par la Russie, contre le dernier grand bastion des factions de l’opposition dans le nord-ouest de la Syrie, a poussé plus de 800 000 personnes à se déplacer depuis décembre dernier, ajoutant que 60% des déplacés sont des enfants.

 

 

الهلع يدفع بنازحي إدلب إلى «براري الصقيع»

«الشرق الأوسط» تواكب هروب السوريين من الغارات والمعارك
  2020/2/14
نازحون يسيرون وسط الثلوج في مخيم مؤقت أقيم بمنطقة عفرين شمال سوريا أمس (رويترز)
إدلب: فراس كرم
دفع الهلع من الغارات الروسية والسورية وتقدم قوات النظام في شمال غربي سوريا، بمئات الآلاف من النازحين إلى مخيمات أُقيمت في العراء والبراري وسط الصقيع قرب الحدود التركية.

ورافقت «الشرق الأوسط» موجة النزوح الأخيرة لأهالي ريفي إدلب الجنوبي الشرقي وحلب الغربي، وتحدثت إلى بعضهم في أماكن إقامتهم الطارئة بمخيمات عشوائية تنعدم فيها كل مقومات الحياة، امتدت على طول الحدود.

وروى أبو منذر بعد نزوحه من سراقب، شرق إدلب: «سرنا مع نحيب وصراخ أطفالنا ونسائنا وصوت انقضاض الطائرات الحربية، تحت جنح الظلام. طغى على الرحلة الخوف والذهول، أخذت أسرتي وأحفادي إلى المجهول هرباً من الموت». وأضاف: «تلك الليلة كانت أقسى وأصعب ليلة مرت بحياتي، حيث سرت حينها وأفراد أسرتي مشياً على الأقدام أحمل أحد أحفادي إلى جانب همٍّ لا تحمله جبال العالم. همنا الوحيد ومئات الأسر من مدينتنا حينها هو الابتعاد عن أبنية المدينة التي باتت هدفاً مباشراً لكل أنواع الأسلحة».

من جهة أخرى، أعلنت الأمم المتحدة أمس، أن هجوم النظام المدعوم من روسيا على آخر معقل رئيسي لفصائل المعارضة في شمال غربي سوريا دفع أكثر من 800 ألف شخص إلى النزوح منذ ديسمبر (كانون الأول). وقالت إن 60% من النازحين أطفال.

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