Les avions de combat du régime ciblent des convois turcs dans la campagne d’Alep … l’aviation syrienne et russe tuent 16 civils pendant la journée… et environ 175 frappes aériennes visant la zone de “désescalade”


Carte-gouvernorat-d'Idleb-Situation-militaire-au-6-fév-2020-

Les avions de combat du régime ciblent des convois turcs dans la campagne d’Alep … et avec l’aide de l’aviation russe tuent16 martyrs civils pendant la journée … et environ 175 frappes aériennes visant la zone de “désescalade”

OSDH-10 février 2020

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a surveillé l’augmentation du nombre de martyrs civils au cours de la journée. 16 victimes, dont un citoyen tué par une frappe aérienne russe et un homme et un enfant par le bombardement des avions militaires du régime, sur la ville d’Atareb dans la campagne d’Alep, un enfant a également été martyrisé dans un camp pour les déplacées civils dans la campagne de KafrArouq, au nord d’Idleb , 3 citoyens ont été tués par des hélicoptères jetant des barils explosifs sur la ville d’Abyan.
L’Observatoire syrien de droit de l’homme a documenté un massacre de 9 personnes, dont 6 enfants, deux citoyens et un homme, à la suite des raids d’avions de guerre russes sur la ville d’Abyan dans la campagne occidentale d’Alep.
Dans ce contexte, les avions de combat du régime ont bombardé un convoi turc composé de plusieurs véhicules à proximité de la ville d’Atareb, à l’ouest d’Alep, qui a fait plusieurs blessés parmi les soldats turcs.

Plus de 426 000 civils ont été déplacés de la campagne d’Idleb vers le nord


426000 déplacés dans le nord-ouest de la Syrie
Défense civile syrienne
@SyriaCivilDefe
1h
Plus de 426 000 civils ont été déplacés de la campagne d’Idleb vers le nord, emportant certains de leurs biens et se dirigeant vers un sort inconnu, à la suite des opérations militaires continues lancées par al-Assad, les forces russes et iraniennes dans les territoires.
# Idleb_ sous le feu
# Casques blancs

Défense civile syrienne
@SyriaCivilDefe
2h
Les deux enfants, Maha Omar Al-Bureij, 1 mois, Imo Omar Al-Bureij, 4 ans, avec des brûlures causées par le déclenchement d’un incendie “dans la tente qui était leur maison à Darat Azza, à l’ouest d’Alep, ont été transférés à l’hôpital en raison de la gravité des blessures.
# Casques blancs

2 enfants brûlés à Darat Izza-Ouest d'Alep - 10 fév 2020

Défense civile syrienne
@SyriaCivilDefe
7h
Un certain nombre de tentes ont été incendiées dans le camp de Bab Al-Salamah au nord d’Alep, cet après-midi, le 10 février 2020, nos équipes ont pu contrôler le feu et sécuriser les civils sans blessés.
Nous souhaitons à tout le monde en sécurité.
# Casques blancs

Défense civile syrienne
@SyriaCivilDefe
14h
6 personnes ont été tuées et beaucoup d’autres blessées à la suite d’une explosion d’une voiture piégée dans la rue Raju dans la ville d’Afrin dans la campagne nord d’Alep, le lundi matin 10 février 2020.
# Casques blancs

Syrie: les tensions montent à Idleb entre Damas et Ankara, l’exode de civils continue…


AFP-10 fév 2020

AFP / Omar HAJ KADOUR Un combattant rebelle syrien tire une roquette dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 10 février 2020

Les tensions sont encore montées d’un cran lundi entre Ankara et Damas, de nouveaux affrontements meurtriers ayant opposé leurs soldats à Idleb, région de Syrie frontalière de la Turquie où l’armée syrienne avance pour reprendre l’ultime fief rebelle dominé par les jihadistes.

Depuis début décembre, les violences dans cette région du nord-ouest de la Syrie ont déplacé quelque 700.000 personnes selon l’ONU.

Lundi soir, Ankara, qui soutient certains groupes rebelles et dispose de troupes dans la région, a annoncé avoir “neutralisé” plus de 100 soldats du régime syrien, en réponse à la mort de cinq soldats turcs tués plus tôt dans la journée.

Ces affrontements interviennent dans un contexte de tensions inédites entre les deux pays, une semaine jour pour jour après des combats ayant fait une vingtaine de morts dans les deux camps à Idleb.

Ankara redoute que l’offensive de Damas, soutenu par Moscou, dans la région ne déclenche une nouvelle vague migratoire vers la Turquie, où plus de 3,5 millions de Syriens ont déjà trouvé refuge depuis 2011.

Une délégation russe se trouvait à Ankara pour faire baisser ces tensions. Les responsables turcs ont appelé Moscou à “assumer ses responsabilités” en tant qu’Etat garant de l’accord de cessez-le-feu parrainé par les deux pays et conclu à Sotchi en 2018, a rapporté l’agence turque Anadolu.

“D’après nos sources, 101 membres du régime ont été neutralisés, trois chars et deux canons ont été détruits et un hélicoptère a été touché”, selon un communiqué du ministère turc de la Défense lundi soir.

Il n’était pas possible de vérifier ces chiffres de manière indépendante dans l’immédiat. Côté syrien, ni les médias d’Etat ni l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) n’ont fait état de victimes dans les rangs des forces gouvernementales.

AFP / Omar HAJ KADOUR Des soldats turcs dans le village de Qaminas, au sud-est d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 10 février 2020

Plus tôt, cinq soldats turcs avaient été tués et cinq blessés dans un bombardement du régime de Damas sur des positions turques dans la province d’Idleb.

De son côté, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) avait rapporté des tirs de roquettes du régime sur l’aéroport militaire de Taftanaz, évoquant “des morts et des blessés” parmi les troupes turques.

– “Villes entières vidées” –

La semaine dernière, huit militaires turcs avaient déjà été tués dans un bombardement du régime Assad dans la région, où les forces de Damas encerclent trois des 12 postes d’observation tenus par les soldats turcs.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a d’ailleurs posé un ultimatum à Damas, lui demandant d’éloigner ses troupes des postes d’observation militaires turcs d’ici fin février.

Ankara a dépêché ces derniers jours des renforts et des blindés pour les déployer sur de nouvelles positions militaires. Lundi, un correspondant de l’AFP a pu voir des soldats turcs dans le secteur de Qaminas, au sud de la ville d’Idleb.

AFP / Abdulaziz KETAZ Des secouristes de la défense civile, connue sous le nom de Casques blancs, récupèrent une jeune fille des décombres d’un immeuble touché par des frappes aériennes sur la ville syrienne d’Abine Semaan, dans la campagne occidentale d’Alep, le 10 février 2020

Selon Fabrice Balanche, spécialiste du conflit syrien, les renforts turcs visent à entraver toute future progression de Damas. Ankara “se méfie de la Syrie et de la Russie qui pourraient avoir envie de pousser leur avantage sur le terrain et imposer une reconquête plus large que prévue”.

Un peu plus de la moitié de la province d’Idleb et des secteurs attenants des régions voisines d’Alep, Hama et Lattaquié, sont toujours dominés par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda).

Cette région de trois millions d’habitants abrite aussi d’autres groupuscules jihadistes et des groupes rebelles affaiblis.

Depuis début décembre, les violences y ont déplacé 689.000 personnes, a indiqué lundi à l’AFP David Swanson, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha).

“Des villes entières ont été vidées alors qu’un nombre croissant de civils fuient vers le nord”, souvent vers la frontière turque, a souligné M. Swanson.

– L’autoroute M5 –

Cette escalade de la tension entre Ankara et Damas survient alors que d’intenses bombardements menés par le régime et la Russie ont tué lundi 16 civils, dont 8 enfants, selon l’OSDH.

Ce bilan inclut neuf civils, dont six enfants, tués dans la nuit de dimanche à lundi dans des raids russes sur le village d’Abine Semaan, dans l’ouest d’Alep.

L’offensive du régime sur Idleb a tué plus de 350 civils depuis mi-décembre, selon l’OSDH.

Depuis dimanche, les frappes syriennes et russes se sont concentrées sur un secteur jouxtant l’ultime tronçon de la M5, autoroute stratégique qui relie la grande ville d’Alep, dans le nord, à la capitale Damas et au sud du pays.

Seuls deux kilomètres de l’autoroute traversant l’ouest de la province d’Alep échappent toujours aux forces du régime. Elles ont repris l’intégralité du tronçon traversant la province d’Idleb.

AFP / – Les forces de Damas se déploient près d’une autoroute Damas-Alep dans le sud de la province d’Alep, le 10 février 2020

Le front d’Idleb représente la dernière grande bataille stratégique du régime, qui contrôle actuellement plus de 70% du territoire national.

Le conflit en Syrie a fait plus de 380.000 morts depuis 2011 et jeté sur la route de l’exil plus de la moitié de la population d’avant-guerre.

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