Les enquêteurs de l’ONU dénoncent la poursuite de crimes de guerre en Syrie


© UNICEF/Delil Souleiman-Dans un camp de fortune à Ain Issa, en Syrie, une jeune fille porte de l’eau (photo d’archives).

11 septembre 2019

 

À l’aube de sa neuvième année, le conflit syrien est caractérisé par une intensification de la violence et continue de martyriser les civils, note la Commission d’enquête des Nations Unies dans son dernier rapport rendu public ce mercredi à Genève.

« L’escalade de la violence et les vagues de déplacements continuent de faire souffrir les civils au cours de la huitième année du conflit syrien », ont souligné les enquêteurs de l’ONU.

Ils ont aussi dénoncé les « attaques terroristes » de Hayat Tahrir al Sham (HTS) contre des positions militaires des forces progouvernementales à Idlib. « En dépit d’un accord conclu entre la Russie et la Turquie en septembre 2018 visant à établir une zone démilitarisée à Idlib, les militants du HTS ont lancé des roquettes sans distinction vers des zones contrôlées par le gouvernement », ont rappelé les enquêteurs de l’ONU, critiquant des opérations qui ont tué et mutilé des dizaines de civils dans les campagnes d’Alep et de Hama.

Le document dénonce également l’intensification des offensives aériennes et terrestres lancées par les forces progouvernementales pour chasser ces militants du HTS. Selon les enquêteurs de l’ONU, cette campagne menée à Idlib, au nord de Hama, à Lattaquié et dans l’ouest d’Alep s’est intensifiée et a détruit des infrastructures essentielles à la survie de la population civile, notamment des hôpitaux, des marchés, des écoles et des infrastructures agricoles. Ces raids aériens ont aussi conduit au déplacement de près d’un demi-million de civils.

Des enfants menacés d’apatridie

Le rapport épingle ensuite ces hostilités incluant « les opérations à grande échelle menées » par la coalition internationale dirigée par les États-Unis et les Forces démocratiques syriennes. Selon la Commission d’enquête de l’ONU, ces actions contre les derniers bastions de l’Etat islamique (EI) auraient entraîné la destruction massive de villes et de villages dans le gouvernorat de Deir ez-Zor. Cette situation a provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes vers le camp d’al-Hol où celles-ci restent dans des conditions difficiles depuis plusieurs mois.

Au moins 390 décès d’enfants dans ce site, en raison de la malnutrition ou de blessures qui n’ont pas été soignées, auraient pu être évités. Parmi les déplacés du camp se trouvent des enfants et des femmes yézidis. « Ces dernières sont confrontées à la perspective d’abandonner leurs enfants comme condition de leur retour dans leurs communautés », a souligné le rapport.

D’ailleurs, plusieurs enfants pourraient être apatrides, comme ils ne sont pas enregistrés, ou risquent d’être séparés de leurs parents. « Parmi les quelque 3.500 enfants du camp d’Al-Hol, y compris ceux nés d’un viol, la plupart sont absents ou ont perdu leurs documents d’enregistrement », ont ajouté les enquêteurs de l’ONU. « Supprimer la nationalité des parents a des conséquences graves et négatives pour les enfants », a déclaré le Président de la Commission, Paulo Pinheiro. Pour lui, « la politique des États membres visant à rapatrier les enfants sans leur mère sont également contraires au principe de l’intérêt supérieur de l’enfant ».

Des enlèvements et des cas de torture à Afrine

Par ailleurs, la Commission s’est penchée sur la situation à Afrine où la situation sécuritaire a continué à favoriser un environnement pour les violations des droits de l’homme. Des enlèvements et des cas de torture ont été observés ces derniers mois. « Les victimes d’enlèvements étaient souvent kurdes ou des personnes considérées comme riches qui pouvaient être extorquées », ont relevé les enquêteurs.

Dans les zones contrôlées par les forces gouvernementales, des civils, y compris des « retournés », sont victimes ces derniers mois d’arrestations et de détention arbitraires. « Dans les zones contrôlées par l’État, les schémas d’arrestations et de disparitions réapparaissent. Des centaines de familles ont été informées cette année avec peu d’explications que les parents disparus ne sont plus en vie », ont conclu les enquêteurs de l’ONU.

La Commission présentera ses conclusions lors d’un dialogue interactif de la 42ème session du Conseil des droits de l’homme prévu le 17 septembre prochain. Le rapport couvre la situation des droits de l’homme en Syrie du début de l’année au mois de juillet. Le document s’est appuyé sur plus de 290 entretiens et analyses d’imagerie satellitaire, de photographies et de vidéos.

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Effritement du bloc financier solide autour de Bachar al-Assad – تفتّت الكتلة المالية الصلبة حول بشار الأسد


 

Le-clan-Assad-&-CO

Le-clan-Assad-&-CO – et fortunes (chiffres antérieurs à 2011)

Effritement du bloc financier solide autour de Bachar al-Assad

Adnan Abdul Razzaq
11 septembre 2019

L’incertitude persiste dans le secteur des affaires en Syrie, à la suite des répercussions du conflit entre le président du régime, Bachar al-Assad et son oncle, Mohammed Makhlouf, qui a eu pour effet de « changer » les positions des décideurs économiques et des dirigeants de grandes entreprises économiques, comme la société de télécommunications détenue par Rami Makhlouf « Syrtel » et l’association « Al-Bustan » à Lattakiéh et donner leur administration, selon des sources de Damas, à l’épouse du président du régime, Asma Al-Assad.

Les sources ont indiqué qu’il y avait déjà eu des ajustements, après avoir infligé une amende à une trentaine d’hommes d’affaires pour payer en dollars, en échange de l’arrêt de l’enquête pour corruption et de profiter des conditions de la guerre, soulignant qu’il s’agissait du même procédé adopté par le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed. Ben Salman « mais imite la version taïwanaise ».

Selon des sources privées, les dollars ont été déposés dans des banques syriennes et Bachar al-Assad a personnellement décidé de les transférer au Premier ministre Imad Khamis, qui a convoqué la réunion du comité économique avant-hier et a chargé les ministres des Finances et de l’Économie et le gouverneur de la Banque centrale de Syrie de prendre des mesures propres à améliorer le taux de change de la chute de la livre syrienne qui a chuté à 693 livres, avant de récupérer après la poursuite des sociétés de changes et le financement de certains commerçants et le plus important,l’impact psychologique sur le marché monétaire.

Il a ajouté que l’une des conditions pour un règlement avec des hommes d’affaires, en plus de payer entre 100 et 150 millions de dollars chacun, devrait diffuser dans le centre économique des informations qui rassureraient les Syriens de ne pas effondrer leur monnaie et de nier tout désaccord avec l’État. Tandis que Wassim Qattan, parmi le plus important homme d’affaires poursuivi, a publié une déclaration dans laquelle il a confirmé sa position contre l’invasion du dollar, appelant à la conversion de sa déclaration en une initiative adoptée par des hommes d’affaires.

Des sources de Damas ont révélé que le prix du pétrolier iranien « Adrian Daria I », saisi en juillet dernier par la Grande-Bretagne au large de Gibraltar et libéré le 15 août, était à la charge de l’homme d’affaires Samer Al-Fouz « chose confirmé qu’il était l’acheteur du chargement ». Le pétrolier a été déchargé dans le port de Tartous et transporté vers les raffineries de Homs et de Banias.
(…)

En revanche, un ancien responsable syrien, lors de son contact avec notre correspondant, a déclaré qu’une partie de ce qui était dit était « entrée dans les rumeurs » et l’histoire est, à son avis, purement politique, concerne l’arrangement de la maison interne de la famille dirigeante d’Assad.

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Le-clan-Assad-Fr

Le clan Assad and Co – et fortunes (chiffres antérieurs à 2011)

تفتّت الكتلة المالية الصلبة حول بشار الأسد

عدنان عبد الرزاق
11 سبتمبر 2019

يستمر الغموض والتوجّس في قطاع الأعمال السوري، بعد تداعيات الخلاف بين رئيس النظام بشار الأسد وخاله محمد مخلوف، والذي أسفر عن “تبدل وتبديل” بمواقع القرار الاقتصادي ومديري شركات اقتصادية كبرى، كشركة الاتصالات المملوكة لرامي مخلوف “سيرتيل” وجمعية “البستان” بمدينة اللاذقية، وإيلاء إدارتهما، بحسب مصادر من دمشق، إلى زوجة رئيس النظام، أسماء الأسد.

وتشير المصادر لـ”العربي الجديد” إلى أن ثمة تسويات تمت بالفعل، بعد تغريم نحو ثلاثين رجل أعمال بدفع مبالغ مالية بالدولار، مقابل وقف متابعة التحقيق معهم بتهم الفساد والكسب غير المشروع والاستفادة من ظروف الحرب، مذكرين أنها الطريقة ذاتها التي اعتمدها ولي عهد السعودية محمد بن سلمان “لكن بنسخة تايوانية مقلدة”.

وبحسب المصادر الخاصة، فقد تم “إيداع الدولارات بمصارف سورية وأعطى بشار الأسد شخصياً قرار تحريكها لرئيس الحكومة عماد خميس، الذي دعا إلى اجتماع اللجنة الاقتصادية أول من أمس وأوعز لوزيري المال والاقتصاد وحاكم مصرف سورية المركزي، لاتخاذ إجراءات من شأنها تحسين سعر صرف الليرة التي تهاوت إلى 693 ليرة، قبل أن تتعافى بعد ملاحقة شركات الصرافة وتمويل بعض التجار والأهم الأثر النفسي بالسوق النقدية”.

وأضافت أن من شروط التسوية مع رجال الأعمال، فضلاً عن دفع مبالغ تتراوح بين مائة ومائة وخمسين مليون دولار، على كل واحد، أن يشيعوا بالوسط الاقتصادي أخباراً من شأنها طمأنة السوريين بعدم انهيار عملتهم وينفوا أي خلاف من الدولة”، فيما أصدر وسيم قطان، أهم الملاحقين، بياناً أكد خلاله وقوفه بوجه زحف الدولار، داعياً إلى تحويل بيانه لمبادرة يتبناها رجال الأعمال.

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وكشفت المصادر من دمشق أن ثمن حمولة ناقلة النفط الإيرانية “أدريان داريا 1” التي احتجزتها بريطانيا في يوليو/ تموز الفائت، قبالة سواحل جبل طارق، وتم الإفراج عنها في 15 أغسطس/ آب الفائت، تحملها رجل الأعمال سامر الفوز “وهذا مؤكد وهو من اشترى الشحنة”. وتم تفريغ حمولة الناقلة بميناء طرطوس ونقلها إلى مصفاتي حمص وبانياس.

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في المقابل، رأى مسؤول سوري سابق، خلال اتصاله مع “العربي الجديد”، أن بعض ما يقال “دخل بخانة الشائعات” والقصة برأيه سياسية محضة، تتعلق بترتيب البيت الداخلي للأسرة الحاكمة.

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