هل تضخم واشنطن والحشد خطر داعش – Washington et le Hachd exagèrent-ils le danger de Daech ?


Guerre-Sainte - عقلية داعش وأخواتها

Daech l’extrémiste – عقلية داعش وأخواتها

Washington et le Hachd exagèrent-ils le danger de Daech ?

Bagdad, Aktham Saifuddin – Ninive, Mohammed Ali – 21 août 2019

Rien ne regroupe les arguments des responsables américains et des factions du « Hach Chaabi/Mobilisation populaire » autres que de chercher à amplifier la menace de l’Etat islamique en Irak et la possibilité de son retour ou de sa réorganisation. Les avertissements des États-Unis et de la milice « Hachd » semblent similaires à cet égard, bien que la réalité sécuritaire irakienne suggère le contraire. Depuis le début du mois d’août, le pays n’a pas été témoin d’attaques terroristes importantes au niveau de la sécurité publique. Ainsi, à Bagdad et dans la province d’Al-Anbar, il n’y a pas eu d’attaque. Dans les gouvernorats de Kirkouk, Ninive et Salah al-Din, quelques-uns d’entre eux ont été commis, la plupart par des engins explosifs improvisés ou des assassinats visant des collaborateurs des forces de sécurité irakiennes issus de tribus arabes à la périphérie des villes.

À Bagdad, des responsables et des observateurs irakiens ont fait savoir que plusieurs parties internes et externes étaient intéressées à maintenir la carte de l’organisation terroriste active en Irak et à ne pas la brûler complètement ou à la transformer en une menace secondaire plutôt qu’en une menace principale.

Au cours des deux dernières semaines, les responsables et dirigeants armés de la « Mobilisation populaire », principalement auprès de factions liées à l’Iran, ont mis en garde contre ce qu’il appelle « le retour de l’Etat islamique » pour lancer des attaques qualitatives et majeures allant jusqu’au contrôle de villes irakiennes, selon le dernier communiqué du député Hassan Salem, un dirigeant des milices de «’Assaeb Ahl Al-Haq », dirigée par Qais al-Khazali. « Une force de 2 500 à 3 000 combattants de l’Etat islamique formés et équipés des dernières armes et équipements se préparent à l’attaque. Ils se trouvent dans la vallée de Houran, dans l’ouest de l’Irak », a déclaré Salem, portant la responsabilité au gouvernement irakien de « n’avoir pas pris ses responsabilités de décision appropriée face à cette menace ». Le chef du Hachd, Ali al-Bayati, a déclaré à son tour que l’État islamique attend des occasions de se redresser pour mener des attaques, et que le discours sur la fin de ses effectifs n’est pas vrai.

En réponse à ces déclarations, de nombreux responsables américains n’ont cessé de mettre en garde contre le danger persistant de l’organisation. Un rapport du Pentagone publié le 7 août a déclaré que l’Etat islamique avait renforcé ses capacités armées en Irak et a retrouvé sa capacité à lancer des opérations à long terme ou à mener plusieurs opérations simultanément.

Bien que les autorités irakiennes démentent ces informations et déclarations par le biais des déclarations du ministère de la Défense et du Service de la lutte contre le terrorisme, la dramatisation du danger de l’organisation porte ses fruits, en particulier dans les zones libérées de l’Irak, au nord et à l’ouest du pays.

Le Commandement des opérations irakiennes conjointes a réagi aux avertissements sur le danger du retour de « l’Etat islamique » et de son rassemblement en grand nombre dans le désert d’Al-Anbar, le qualifiant de « faux ». Le porte-parole de la cellule des médias de sécurité irakiens, le général Yahya Rasoul, a déclaré que les informations qui circulent sont « “imprécises et incorrectes, dont le but est de semer la confusion dans l’opinion publique et du citoyen irakien ». Il a souligné que « les forces irakiennes s’efforcent de soumettre toutes les villes à un suivi minutieux des opérations aériennes et terrestres ».
(…)

هل تضخم واشنطن و”الحشد” خطر “داعش”؟

بغداد، أكثم سيف الدين – نينوى، محمد علي – 21 أغسطس 2019

 

خان شيخون – Khan Cheikhoun


Syrie-Bombardement-Explosion

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20190820-avions-syriens-russes-convoi-armee-turque-idleb

 

Syrie: rebelles et jihadistes se retirent d’un secteur clé du nord-ouest

AFP – Publié le  | AFP Modifié le  –

Les jihadistes et rebelles ont été contraints mardi de se retirer de secteurs clés de la région d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, face à l’avancée des troupes du régime, soutenues par Moscou, sur fond de tensions entre Ankara et Damas.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les groupes anti-Assad ont quitté la ville stratégique de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb, ainsi que des secteurs dans le nord de la province voisine de Hama.

La majeure partie de la province d’Idleb et des segments des provinces voisines d’Alep, de Hama et de Lattaquié échappent toujours au contrôle de Bachar al-Assad, après huit années de conflit, malgré les reconquêtes de la majorité du territoire par le régime.

Cette région, dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) et abritant des groupes rebelles proturcs, est la cible depuis fin avril de bombardements quasi quotidiens de Damas et de son allié russe, qui ont tué plus de 880 civils selon l’OSDH.

Mardi, douze civils, dont trois enfants, ont été tués dans des raids contre plusieurs localités du sud-est d’Idleb, d’après l’Observatoire.

Parmi eux, neuf civils ont péri dans des frappes russes, selon l’OSDH.

Un porte-parole de HTS a nié dans un communiqué publié sur Telegram le retrait du groupe du nord de Hama, évoquant un “repositionnement” des combattants après d’intenses bombardements du régime.

Même son de cloche du côté du Front national de libération (FNL), une coalition regroupant plusieurs groupes rebelles pro-Ankara, qui a nié “catégoriquement”, dans un communiqué, les “rumeurs” concernant un retrait, évoquant un “redéploiement” tactique en vue de “poursuivre la résistance”.

Le retrait des rebelles et jihadistes intervient après que les forces du régime se sont emparées de la moitié de Khan Cheikhoun et ont réussi à bloquer l’autoroute Alep-Damas devant l’arrivée d’un convoi militaire turc.

Cette route, dans le viseur du régime depuis des mois, traverse Idleb et relie les deux métropoles sous son contrôle.

Un important poste d’observation turc dans la ville de Morek, à environ dix kilomètres au sud de Khan Cheikhoun, se retrouve désormais encerclé par les forces du régime et les soldats turcs ne peuvent se retirer qu’à travers des routes sous contrôle gouvernemental, a précisé à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Mais le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a exclu “pour le moment” tout retrait de Morek, l’un des postes d’observations possédé par Anakara à Idleb et dans ses environs, en vertu d’accords conclus avec Moscou.

“Jouer avec le feu”

Lundi, la Turquie avait dépêché un convoi militaire d’environ 50 véhicules, après l’entrée des forces prorégime dans Khan Cheikhoun.

Mais celui-ci avait dû s’arrêter après des bombardements russes et syriens qui ont tué trois civils, selon Ankara. Les trois morts sont des combattants rebelles proturcs, selon l’OSDH.

Ankara a “fermement” condamné l’attaque, exhortant mardi Damas à ne pas “jouer avec le feu”.

Le président syrien a répliqué en affirmant que “les derniers combats à Idleb ont révélé (…) le soutien clair et illimité d’Ankara aux terroristes”, lors de la visite d’une délégation russe à Damas.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a lui mis en garde contre de nouvelles attaques des jihadistes contre “les civils” et la base russe de Hmeimim.

“Nous avons prévenu nos collègues turcs que nous y répondrions”, a ajouté M. Lavrov lors d’une conférence de presse en Russie.

La Turquie, parrain de groupes rebelles à Idleb, est présente dans cette région en vertu d’un accord conclu en septembre 2018 à Sotchi afin d’éviter une offensive d’envergure du régime.

Cet accord, qui prévoyait la création d’une “zone démilitarisée” devant servir de tampon entre les territoires du régime et ceux tenus par les jihadistes et rebelles, n’a été que partiellement respecté, les jihadistes ayant refusé de se retirer.

“Maintenir Astana”

Selon l’analyste Sam Heller, du centre de réflexion International Crisis Group (ICG), il n’est pas clair si Damas et Moscou vont avancer “ou s’arrêter pour consolider leurs nouvelles positions et exercer des pressions sur Ankara” pour mettre en oeuvre l’accord de Sotchi.

Mais, “pour la Russie, maintenir la coalition d’Astana est une priorité”, a souligné l’analyste Samuel Ramani, en référence au processus de négociations sur la Syrie lancé en 2017 par Moscou, Ankara et Téhéran, dans la capitale du Kazakhstan (rebaptisée Nur-Sultan).

Depuis fin avril, plus de 400.000 personnes ont été déplacées par les violences, d’après l’ONU.

Mardi, le comité international de la Croix-Rouge (CICR) a qualifié la situation à Idleb, qui abrite environ trois millions de personnes, de “désastre humanitaire”.

“Une nouvelle escalade pourrait pousser des centaines de milliers de personnes supplémentaires à fuir”, a mis en garde Rehana Zawar, directrice du CICR en Syrie.

Déclenchée en 2011 après la répression par le régime de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé des millions de personnes

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