Moscou se vante à nouveau: nous avons essayé 200 types d’armes en Syrie


La Russie dit avoir « testé » 200 armes en Syrie, sans faire de victimes civiles

L’armée de Moscou a toujours nié avoir visé des civils dans ses bombardements, alors que l’Observatoire syrien des droits de l’homme compte près de 8 000 morts.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)

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Une patrouille de l’armée russe à Deraa, en juillet.

Viktor Bondarev n’est pas seulement le président de la commission de défense et de sécurité au Conseil de la Fédération de Russie, la chambre haute du Parlement. Il a surtout commandé les forces aériennes d’août 2015 à septembre 2017, quand Vladimir Poutine a déclenché une vaste intervention militaire – la plus importante de la Russie hors de ses frontières depuis l’Afghanistan – pour venir en aide à son allié syrien Bachar Al-Assad. C’est donc ce haut gradé, devenu sénateur de Kirov, qui s’est chargé du bilan, trois ans précisément après le début de cet engagement commencé le 30 septembre 2015. Depuis, selon lui, 63 000 soldats russes ont été envoyés sur le territoire syrien.

Ce chiffre est en hausse constante. En décembre 2017, le chef du Kremlin avait parlé de 48 000 militaires, ce qui tend à prouver que, malgré des déclarations répétées sur un « retrait » russe progressif de Syrie, les rotations sont restées inchangées, avec 5 000 soldats en moyenne envoyés sur place tous les trois mois. Autre indication commentée dans le document de neuf pages du général Bondarev : « La précision des frappes aériennes » aurait abouti à la destruction de « dizaines de milliers » de cibles – « dépôts de munitions, QG de commandement, zones fortifiées… » –, et « environ 100 000 terroristes ont été tués, dont 85 000 grâce au mérite de nos forces aériennes ».

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui possède un vaste réseau d’informations dans ce pays en guerre depuis 2011, dresse un bilan bien différent. Entre septembre 2015 et septembre 2018, les frappes aériennes russes, affirme l’ONG, ont provoqué la mort de 18 096 personnes, dont 7 988 civils, soit 44 % du total. Parmi les victimes figurent également 5 233 combattants de l’organisation Etat islamique et 4 875 autres de divers groupes rebelles, islamistes et jihadistes, a précisé Rami Abdel Rahmane, le directeur de l’Observatoire. Or, la Russie a

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