Pourquoi les syriens kurdes ont abandonné le projet “Rojava” ?


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Carte d’après l’Université d’Austin à Texas, datée de 1992 indiquant la présence des Kurdes en Syrie, Irak, Iran et la Turquie. En ce qui concerne leur présence dans la partie syrienne ils sont situés dans l’extrême nord-est et à Afrin au nord-est d’Alep.
Kurdish-inhabited area, by CIA (1992)*

Pourquoi les Syriens Kurdes du PYD ont abandonné le projet « Rojava »?

Par : Khurshid Delly, écrivain syrien kurde,
Khurshid Delly a travaillé dans des chaînes de télévision. Il a publié en 1999 l’ouvrage « La Turquie et les problèmes de la politique étrangère », ainsi que de nombreuses études et articles dans plusieurs journaux et sites Web.

Mardi 03 janvier 2017

Il y a près de quatre ans avait eu lieu la déclaration de l’auto-gestion, par des Kurdes de Syrie, de la province de « Rojava Kurdistan » qui signifie « l’Ouest de Kurdistan ».

Les 27 et 28 décembre 2016 a ensuite eu lieu la réunion de Rmeilan à laquelle avaient participé 165 personnalités politiques syriennes kurdes appartenant à des partis et organisations affiliées à la direction de « l’auto-gestion ». Une déclaration en est sortie annonçant l’annulation du terme « Rojava » et la proclamation d’une Fédération du nord de la Syrie. Cette dernière était présentée comme un projet de solution démocratique à la crise syrienne.

Cette décision avait été refusée par certains membres et des intellectuels kurdes. Certains l’ont considéré comme une trahison des aspirations nationalistes kurdes, d’autres sont allés plus loin en disant qu’il ne s’agissait que de l’aboutissement d’une transaction entre le régime de Bachar al-Assad et le Parti de l’Union démocratique kurde (PYD).

Les partisans de ce projet n’ont pas prêté beaucoup d’attention aux critiques, estimant que le contenu de ce nouveau projet était plus réaliste et plus acceptable aux niveaux local, régional et international. Ils ont souligné que cette décision ne signifiait pas la renonciation aux revendications nationalistes des Kurdes, dans la mesure où celles-ci seraient consolidées dans un cadre national syrien. Pour eux, en effet, cette fédération permettra la réalisation des revendications, loin des conflits identitaires ou nationaux. Et cela d’autant plus que les parties prenantes locales, comme les Syriaques et Assyriens, montraient leur mécontentement face au mouvement national kurde. Que l’on soit pour ou contre ce projet, il faut le placer dans le cadre d’une série de développements dramatiques en Syrie, notamment, après que le régime et ses alliés aient remporté militairement la bataille d’Alep.

Mais, les plus important de ces développements sont les suivants :

– Tout d’abord, l’annonce du nouveau projet est arrivée à un moment où des négociations entre le régime syrien et des partis kurdes se déroulaient dans la base militaire (russe) de Hmeimin, sous les auspices de la Russie. Bien que le premier tour des négociations n’ait pas débouché sur un accord, il a été convenu qu’un nouveau cycle de négociations aurait lieu, ce qui signifiait une reprise des relations entre les deux parties, après leur arrêt dans les dernières années.

– En second lieu, la révélation publique de la préparation en cours de négociations à Astana (Kazakhstan). Les Russes ont demandé aux Kurdes de former une délégation unifiée pour participer à ces négociations. Ils ont également annoncé qu’un nouveau cycle de négociations de Genève était prévue à partir du 8 février prochain.

– Troisièmement, l’annonce de ce projet est liée à l’opération « Bouclier de l’Euphrate » dirigée par la Turquie, et son extension vers la ville stratégique d’Al-Bab (sous contrôle de Daech). Les troupes turques et celles qui coopèrent avec elles s’approchent de cette ville, ce qui coupe la route au projet kurde (du PYD) qui visait à relier les cantons kurdes de ’Afrin et de Ayn Al-Arab (Kobané) jusqu’au Jazireh. Le projet d’un territoire à caractère nationaliste kurde s’en retrouve bloqué.

– Quatrièmement, le rapprochement russo-turc a poussé à l’annonce de ce projet de Fédération qui a eu une influence dans les développements de la crise syrienne, à la fois dans le domaine militaire comme politique. Et cela d’autant plus que cette convergence est doublement soutenue au niveau régional et international.

– Cinquièmement, l’existence d’un scepticisme profond parmi les Kurdes (du PYD) envers la possibilité que la nouvelle administration américaine, dirigée par Donald Trump, poursuive le soutien américain aux forces kurdes, comme c’était le cas à l’époque de Barack Obama qui se prépare à quitter la Maison Blanche. Les promoteurs de ce projet de fédération anticipent sur le tournant prévisible de la politique de la nouvelle administration américaine. Et cela d’autant plus qu’ils sont sont devenus pratiquement les seuls alliés de Washington en Syrie.

Globalement, les facteurs ci-dessus sont au cœur des raisons qui ont poussé les Kurdes (du PYD) à remplacer le projet « Rojava » par celui d’une Fédération du Nord de la Syrie. Si cette décision reflète un pragmatisme politique anticipant sur la situation et ses évolutions, le plus grand problème reste cependant interne aux kurdes qui souffre de la division résultant du conflit en cours entre le gouvernement kurde d’Erbil (Irak) et le PKK.

 

* Source stated “The following maps were produced. By the U.S. Central Intelligence Agency, unless otherwise indicated.” — Perry-Castañeda Library Map Collection at The University of Texas at Austin
http://www.lib.utexas.edu/maps/middle_east_and_asia/kurdish_lands_92.jpg linked from Perry-Castañeda Library Map Collection at The University of Texas at Austin

لماذا تخلّى السوريون الكرد عن “روج آفا”؟

خورشيد دلي

3 يناير 2017

بعد نحو أربع سنوات على إعلان كرد سورية الإدارة الذاتية، والإعلان عن إقليم “روج آفا كردستان – غرب كردستان”، جاء اجتماع رميلان الذي حضرته 165 شخصية حزبية وسياسية سورية كردية، وإعلان المجتمعين عن إلغاء مصطلح “روج آفا”، والإعلان عن فيدرالية شمال سورية، معتبرين أن الفيدرالية مشروع الحل الديمقراطي للأزمة السورية. قوبل القرار برفض أوساط كردية حزبية وثقافية، بل اعتبره بعضهم خيانة للطموحات القومية الكردية إلى درجة أن هناك من ذهب إلى القول إن ما جرى لم يكن سوى استكمال لصفقة بين النظام وحزب الاتحاد الديمقراطي الكردي٠ 
لم يبالِ أصحاب القرار كثيراً بالانتقادات، واعتبروا أن المشروع الجديد أكثر واقعيةً، من حيث المضمون والقبول المحلي والإقليمي والدولي، مؤكدين أن ما جرى لا يعني التنازل عن المطالب القومية للكرد، بقدر ما يعني تحصينها في إطار وطني سوري، على اعتبار أن الفيدرالية تحقق هذه المطالب، بعيداً عن الصدام القومي أو الهوياتي، خصوصاً وأن أطرافاً محلية، كالسريان والآشوريين، كانت تبدي عدم الرضى من الصبغة القومية الكردية للحراك الجاري. لكن، بعيداً عن هذه التبريرات، وكذلك الرفض، لا بد من النظر إلى الحدث في إطار جملةٍ من التطورات الدراماتيكية التي تشهدها سورية، بعد حسم النظام وحلفائه معركة حلب عسكرياً لصالحهم، ولعل من أهم هذه التطورات:٠ 
أولاً، جاء إعلان المشروع الجديد في ظل رعاية روسية لمفاوضاتٍ بين النظام وأحزاب كردية في قاعدة حميميم. وعلى الرغم من أن الجولة الأولى من هذه المفاوضات فشلت في التوصل إلى نتيجة، إلا أنه تم الاتفاق على جولة جديدة من المفاوضات، وهو ما يعني عودة مسار العلاقات بين الجانبين، بعد أن توقفت في السنوات الماضية. 
ثانياً، جاء الإعلان في ظل التحضيرات الجارية لمفاوضات أستانة، حيث طلب الروس من الكرد تشكيل وفد موحد للمشاركة في هذه المفاوضات، ولاحقاً الجولة الجديدة من مفاوضات جنيف المقرّرة في الثامن من فبراير/ شباط المقبل٠
ثالثاً، لم يكن الإعلان بعيداً عن تداعيات عملية درع الفرات، وتطور هذه العملية باتجاه مدينة الباب الاستراتيجية التي باتت القوات التركية والمتعاونة معها على أبوابها، ما يعني قطع الطريق أمام المشروع الكردي في ربط الكانتونات الكردية بين عفرين وعين العرب (كوباني)، وصولاً إلى الجزيرة، أي قطع الطريق أمام احتمال إقليم كردي بطابع قومي٠ 
رابعاً، لا يمكن النظر إلى هذا الإعلان بعيداً عن مفاعيل التقارب الروسي – التركي الذي تحوّل عاملاً مؤثراً في تطورات الأزمة السورية، بشقيها الميداني والسياسي، خصوصاً وأن هذا التقارب يحظى بدعمين، إقليمي ودولي٠ 
خامساً، ثمة شكوكٌ عميقة لدى الكرد بأن الإدارة الأميركية الجديدة، برئاسة دونالد ترامب، قد لا تواصل مسيرة الدعم الأميركي لهم، كما في عهد باراك أوباما الذي يستعد للرحيل عن البيت الأبيض. وبالتالي، تبدو هذه الخطوة استباقيةً لاستشراف مستقبل العلاقة مع الإدارة الأميركية واحتمال تخليها عنهم. وبالتالي، التخفيف من حدة التداعيات عليهم، خصوصاً وأنهم عمليا باتوا الحلفاء الوحيدين لواشنطن في سورية٠ 
مجمل العوامل السابقة هي في صلب الأسباب التي دفعت الكرد إلى التخلي عن “روج آفا” لمصلحة فيدرالية شمال سورية، وإذ كان القرار يعكس براغماتيةً سياسيةً على شكل استشراف للظروف والتطورات، فالإشكالية الكبرى تبقى في البيت الكردي الذي يعيش على وقع الخلافات، ويعاني من الانقسام نتيجة الصراع الجاري بين أربيل وقنديل على المشهد الكردي في الشرق الأوسط٠

https://www.alaraby.co.uk/opinion/2017/1/2/لماذا-تخلى-السوريون-الكرد-عن-روج-آفا-1
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