il avait fallu six ans de Révolution permanente


il avait fallu six ans de Révolution permanente pour éliminer Louis XVI, et encore imparfaitement, puisque la France n’était sortie de la Terreur que pour tomber en Bonaparte. Il suffira de cinq jours, à la fin de juillet 1830, pour briser à jamais la monarchie absolue: Charles X ira mourir en Angleterre.

Dumas était depuis longtemps républicain. Déjà en 1825 il avait eu son premier duel sérieux pour un “manteau à la Quiroga”.

(…)

pendant trois journées, les Trois Glorieuses, Dumas fait le coup de feu contre les troupe royales. Le jeudi 29 juillet, il conquiert avec une masse de peuple le musée de l’Artillerie. Aux intentions premières – trouver des armes – s’ajoute une odeur de pillage. Dumas, qui en vrai romantique a une conscience chatouilleuse de l’Histoire, s’efforce de sauver le plus précieux. Il coiffe le casque de François Ier, se saisit de son épée et de son bouclier, ajoute à la charge l’arquebuse de Charles IX, avec laquelle ce roi a peut-être fusillé, des fenêtres du Louvre, des protestants pourchassés pendant la nuit de la Saint-Barthélemy. En nouveau Bayard, Dumas regagne son appartement. Il aura encore le temps de sauver la cuirasse damasquinée du vainqueur de Marignan; et de retraverser Paris, moitié en armure Renaissance, moitié en habit 1830.A peine le temps de changer de chemise (il fait une chaleur infernale, en cette fin juillet, les nuits même ont une température d’émeute), et il part avec le peuple conquérir les Tuileries. Il y récupère un exemplaire de Christine relié en maroquin violet.

Dans la cour du palais, des hommes travestis en filles, avec les oripeaux des princesses enfuies, dansent la gigue.

La Révolution a les bras de manquer e poudre. Charles X, qui n’a peut-être pas encore compris qu’il est battu, risque, dans les imagination de reconquérir Paris avec des troupes fidèles…

(…)

“Lorsque le 27 juillet je rencontrai Delacroix du côté du pont d’Arcole et qu’il me montra quelques uns de ces hommes que l’on ne voit que les jours de révolution, et qui aiguisaient sur le pavé l’un un sabre, l’autre un fleuret, Delacroix, je vous en réponds, avait grand peur et me témoigna sa peur de la façon la plus énergique. Mais, quand Delacroix eut vu flotter sur Notre Dame le drapeau aux trois couleurs, quand il reconnut, lui fanatique de l’Empire, (…) l’étendard de l’Empire, ah! ma foi, il n’y tint plus: l’enthousiasme prit la place de la peur, et il glorifia ce peuple qui, d’abord, l’avait effrayé.”

Eugène Delacroix: La liberté guidant le peuple

Eugène Delacroix: La liberté guidant le peuple

Advertisements

About سوريا بدا حرية
،ضد الدكتاتور، ضد الفساد، ضد القمع، ضد العصبة الأسدية الحاكمة، ضد الأحزاب العقائدية السياسية والدينية والإثنية مع حرية الرأي، مع دولة ديمقراطية مع الحقيقة، مع الإنسان Vive la Résistance Palestinienne face à l’agression sioniste

Leave a Reply

Please log in using one of these methods to post your comment:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: